la gadoue, la gadoue, la gadouuuue

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MessageSujet: la gadoue, la gadoue, la gadouuuue   Mer 22 Mai - 22:01

Sautillant joyeusement à travers la foule, j'observe la scène avec des yeux avides. JE VAIS VOIR MUSE EN CONCERT. Et je n'ai même pas payé ma place, qui pourtant ne devait pas être donnée. Il faut croire que Jack est un garçon beaucoup plus démonstratif et sérieux dans ses sentiments que moi. Je ferais part de la non réciprocité des dits sentiments plus tard. Une fois le festival terminé déjà. Je n'ai aucune morale que voulez-vous. MUSE !!! MUSE ILS SONT LA. Je bondis telle la gazelle - ou plutôt la girafe - et parviens à grappiller quelques rangées. J'entends de maigres protestations mais mon air menaçant et mes imposants talons compensés, portés avec la maîtrise de l'ex-mannequin que je suis, font leur petit effet. Jack tente de me rejoindre mais évidemment, les demoiselles, mécontentes que ma crinière rousse bloque la vue, n'entendent pas laisser ce grand mec athlétique en rajouter une couche. Ce couillon se fait bousculer et me rentre dedans, ce qui fait que mes chaussures, si merveilleusement inadaptées au terrain, m'entraîne dans une chute grotesque. Je me retiens par réflexe au bras de la jolie blonde devant moi, qui ne s'y attendant pas, tombe avec moi sur le sol boueux. Etalée sur le dos, de la terre dans les cheveux et une combi-short à fleurs bousillée, je me tourne péniblement vers la silhouette que j'ai renversée « Je suis désolée mon plus one est un garçon un peu trop enthousiaste. » Je me dresse sur mon séant et ajoute en tendant une main secourable et cordiale à la jeune femme « Jessie, ouais comme Jessie J et ouais c'est mon vrai prénom. Enchantée. Je te paierai le teinturier. Enfin... » Je coule un regard vers Jack et le désigne du pouce « Il te paiera le teinturier. »

Bien sûr, la demoiselle fait un peu la tête et lance un regard mauvais à Jack, qui le mérite bien. Elle ne manque toutefois pas de répartie et je trouve simplement dommage qu'elle soit aussi froide « C'est bon. Ça ira. C'est fichu de toute façon. Brune, comme Burne mais avec le R précédant le U. » Je tente un rire léger, histoire de détendre l'atmosphère, puis une fois debout et stable, j'époussette vainement ma tenue. Je lâche finalement avec un sourire en coin « Ton optimisme nous perdra tous Brune. » Je sens Jack s'approcher et faire une tentative pour passer sa main autour de ma taille ce qui lui vaut un coup de coude bien senti dans les côtes « T'es sérieux là? » Je coule un regard à la blonde, lève les yeux au ciel d'un air blasé et ajoute « Jack a apparemment un sens de l'humour qui n'a d'égal que son adresse. » La jolie blonde semble se dérider un peu et va jusqu'à titiller ce pauvre Jack en glissant avec un clin d'oeil « Pauvre petit. Est ce qu'il y a une chose pour laquelle il est doué ? » Je fronce le nez, lance un regard faussement - ou vraiment? - désespéré à notre vieil ami et finit par admettre dans un soupir « Il a de bons goûts musicaux, il faut lui reconnaître au moins ça. Et puis il est gentil, pas vrai Jackounet? » Je lui ébouriffe les cheveux avec une mine maternelle qui ne trompe personne, mais il se dégage d'un geste impatient et grommelle un peu dans son absence de barbe. Le voilà sans doute heurté dans sa masculinité. Quoique, il lui en faut beaucoup. Je sens alors quelques gouttes rafraîchissantes sur mon visage et me demande stupidement s'il a pris l'initiative de m'aider à me débarbouiller. Pourtant cette couche de boue est on ne peut plus à propos dans ces circonstances. On ne peut plus hipster, combi vintage et gadoue. Appelez moi Jane Birkin. Mais je n'ai pas besoin de suivre le regard inquiet de Brune pour comprendre ce qui nous arrive. « C'est décidément notre jour de chance. » résume la blondinette.

J'ai à peine le temps de hocher la tête, et de lâcher quelques jurons à l'encontre des puissances météorologiques, que le ciel semble s'ouvrir littéralement en deux. Une lumière aveuglante tombe et est suivi par un bruit monstrueux quelques secondes plus tard. Non seulement l'orage est redoutable, mais il est littéralement au dessus de nos têtes. Je regarde Jack, puis Brune, puis la scène, où le groupe continue à chanter pour l'instant. Mais mes yeux sont fixés sur tout ce matériel électrique. Les projecteurs. Les enceintes. Les câbles. Un éclair déchire à nouveau les nuages et j'ai l'impression de sentir la terre trembler quand le tonnerre se met à gronder. Je m'empare de la main de Jack et lance à ma nouvelle compagne d'infortune « Je ne sais pas vous les copains, mais mon amour de la musique s'arrête avec les risques d'électrocution. Qui est motivé pour manger thaï? Ou japonais, ou de la pizza ou bio. Mais à l'intérieur quelque part, à l'abri. » Je n'ai pas peur de l'orage, du moins pas cette peur irrationnelle qui pousse certaines personnes à se cacher sous leur couette au moindre rugissement des cieux. Mais je suis quelqu'un de relativement pragmatique, qu'il ne faut pas juger à ses choix de chaussures lors d'un concert. Et même si mourir pendant un concert de Muse me paraît honorable, je préfère retarder l'échéance.


Dernière édition par Jessie Jenzell le Sam 15 Juin - 17:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: la gadoue, la gadoue, la gadouuuue   Dim 26 Mai - 17:25

Rien que de voir les noms des groupes à l'affiche me donne le tournis. Je n'avais même pas eu à faire des pieds et des mains pour convaincre Elias de venir avec moi pour ce concert du tonnerre (c'est le cas de le dire hahaha). Je suis les traces de mon norvégien adoré qui nous fraie un passage au milieu de la foule pour s'approcher au plus près de la scène. Saperlipopette ! Deux grands gaillards, stature de Centurion, crête coloré jaune Cacatoès, encombrent mon champ de vision et m'empêchent d'admirer Bellamy chantant l'un des tubes du groupe. Eventuellement, j'aurais pu leur demander gentiment de se déplacer, mais je devais avouer que le tatouage de l'un représentant un ornithorynque dévorant un cuccurbitacée sous une inscription "I Love Barnabé" était assez dissuassif. Tant pis. Focus sur Muse. Sa voix, la musique, me transperce de part en part, et j'en ai la chair de poule. Je saute en rythme, rêvant d'un trampoline qui pourraient me propulser vers d'autres cieux comme la Team Rocket, reprenant moi aussi les paroles, quitte à m'en occire les cordes vocales. La foule s'agite suite à l'avancée de Matthew sur l'avant scène. Me voilà poussée en avant par des bourrins tendant leurs mains désespérément pour que la star les touche. Je jette un regard inquiet derrière moi. J'ai perdu Elias. À moins qu'il n'ai été téléporté par les illuminatis ? Et comme si les choses ne pouvaient pas été pire,  je perd brusquement l'équilibre et me voilà étalée sur le sol, mon jean et mon chemisier couvert de boue me collant à la peau. Le tout sous l'œil moqueur des autres spectateurs qui ne se pressent pas pour me porter secours. « Je suis désolée mon plus one est un garçon un peu trop enthousiaste. » s'excuse une jolie rousse, ses vêtements dans le même état que les miens. J'hoche la tête, je suis aussi embarrassée qu'elle au fond. J'attrape la main qu'elle me tend et me redresse, constatant en même temps qu'elle, les dégâts. « Jessie, ouais comme Jessie J et ouais c'est mon vrai prénom. Enchantée. Je te paierai le teinturier. Enfin... » « Il te paiera le teinturier. » Je suis son pouce du regard, et fixe d'un air désabusé ce fameux Jack. « C'est bon. Ça ira. C'est fichu de toute façon. Brune, comme Burne mais avec le R précédant le U. » dis-je séchement avant d'adresser un sourire à Jessie. Je ne lui en veux pas à elle. C'est son idiot de plus one qui m'importune  plus. Je me sens ridicule, j'ai froid et j'ai beau glisser mes mains sur mon jean pour enlever le surplus, j'ai toujours l'air d'une souillon. De toute façon, la boue c'est sexy que dans les magazines et dans l'épreuve de fort boyard.

« Ton optimisme nous perdra tous Brune. » Sa remarque m'arrache un sourire, et j'en oublie l'incident. Du coin de l'œil j'observe son compagnon tenter une approche et qui se retrouve coupé dans son élan par un coup de coude précis. « T'es sérieux là? »  C'est mal de se moquer mais je ne peux pas m'empêcher de pense que c'est mérité. « Jack a apparemment un sens de l'humour qui n'a d'égal que son adresse. » Je pouffe légèrement. Si ces deux là sont en couple, une chose est certaine, ce n'est pas Jack qui porte la culotte. « Pauvre petit. Est ce qu'il y a une chose pour laquelle il est douée ? »ajoutai-je en lui faisant un clin d'œil. Je retrouve ma bonne humeur. Et je me dis que ma tenue recouverte de boue ajoute au folklore au festival. Et puis c'est bon pour la peau à ce qu'il parait. Alors que je pensais pouvoir à nouveau profiter du concert, je sens une goutte d'eau sur mon bras. Croyant à une hallucination, je n'y fais pas attention avant d'en sentir une autre, puis une autre encore. Je jette un regard inquiet vers Jessie puis vers le ciel. « C'est decidemment notre jour de chance.» soupirai-je en observant les épais nuages qui s'avançaient vers nous. Pas besoin d'avoir fait dix ans d'études en météorologie pour comprendre qu'on allait se prendre un orage sur la tronche. 
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