what a surprise → ARTHUR

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MessageSujet: what a surprise → ARTHUR   Mer 8 Mai - 11:06

Jour de repos, de congé, peu importe. J'enfile des talons que je viens d'acheter et une robe toute aussi neuve et démesurément courte, allumant une cigarette pour me maquiller, ce qui s'avère fichtrement compliqué. Ma mère faisait tout le temps ça, fumer quand elle se mettait du mascara. Mais ma mère passait des heures chaque jour devant la glace à virer chaque imperfection qui pouvait encore habiter sa peau.Obsédée par son apparence physique, sa beauté ne l'a somme toute pas vraiment aidé à quitter ses complexes. J'ajoute une touche de gloss en écrasant ma clope dans un cendrier qui traîne là et me redresse, jetant un pull sur mes épaules pour quitter mon appartement. Revenir à Oxford n'était pas une si mauvaise idée, garder l'appartement de Londres l'était encore moins. Je passe la plupart de mes nuits au Casino, mais je sais que si je veux, je peux aussi rentrer et retrouver la solitude confortable de mon géantissime duplex. Je ferai bien une fête, d'ailleurs. Fuir est de famille et en ce moment, j'ai plutôt envie de laisser Papa s'occuper des énormes scandales qui agitent et menacent le casino ; entre le meurtre de Morgana Castelli, l'enquête permanente des flics et les soupçons qu'ils portent à la gestion de notre affaire, il me semble qu'il n'y a que Bart Hastings-Bass pour ne pas s'inquiéter outre mesure du tapage qu'il déclenche. Il a vaguement parlé de transférer momentanément son affaire, mais les conséquences seraient désastreuses pour les clients influents. Finalement, s'engager dans la voie du casino revenait un peu à réunir les mafieux des quatre coins d'Angleterre, et je n'ai toujours pas décidé si l'idée était bonne ou non, même si la réponse parait par ailleurs assez logique.

J'abandonne ma voiture et saute plutôt dans un taxi, la soirée promet d'être placée sous le signe de l'alcool. Le Vendome bar est parfait, il est peuplé de français élégants - j'aime l'accent français - et a le mérite de ne pas dispenser trop fort une insupportable musique - je me fais vieille, vous dites ? Je m'installe rapidement, à peine arrivée,et commande un verre de vin que je n'apprécierai qu'à la condition qu'il soit vraiment bon, je le sais. Le serveur m'apporte un gigantesque verre en cristal rempli de rouge qu'il dépose devant moi en m'assénant un sourire perdu. Je me demande un instant si je le connais, mais avant que le moindre commentaire sarcastique ne sorte de ma bouche, son patron le hèle un peu plus loin. Il m'abandonne, sans doute à regret, et non sans avoir lâché, dans un couinement de chien battu - tu n'as pas appelé. Oh god. J'avale une gorgée de mon verre, grimace, je n'aurais pas du prendre ça. Mais alors que je m'apprête à rejoindre le bar pour commander autre chose, mon regard croise un visage connu - et particulièrement désagréable. Je souris, fortement ironique, et maudis le sort qui s'acharne un peu, en ce moment. Je n'ai pas revu Arthur depuis qu'il a miraculeusement débarqué chez moi comme le pauvre type qu'il est. Il est installé là, drague une minette habillée comme une prostituée, je me demande s'il l'a payée. Je commande mon gin tonic habituel, balance un billet trop cher sur le comptoir et m'approche de sa table, volontairement provocatrice. J'ai l'impression qu'il déclenche chez moi les instants les plus vils, pourtant je ne peux pas m'en empêcher. Je tapote l'épaule de la minette-prostituée et hausse un sourcil quand elle se retourne. « Dégage de là, t'es trop bien pour lui, il ne te mérite pas. Et ce même dans l'hypothèse où il t'aurait payée », j'ajoute en penchant la tête pour toiser sa tenue. Je roule des yeux, tandis que la jeunette se lève, visiblement déstabilisée par mon entrée en matière. J'attends qu'elle quitte sa place pour m'y installer, déposant mon verre sur la table. « Arthur Beckett, moi qui me disais justement que le sort s'acharne... » Je trinque avec le verre posée devant lui, agressive. « Je vois que tu n'as pas perdu tes mauvaises habitudes ». Il semble surpris, pourtant cette entrée était réellement digne de moi.« Que veux-tu que je te dise. Il faut avouer que je m'emmerde un peu ces derniers temps. » Je ne retiens pas un ricanement amusé et avale une gorgée de mon verre sans tiquer. « Mais toi, que fais-tu à Londres ? Les affaires ? » J'hausse un sourcil curieux en me demandant s'il est trop bourré ou simplement complètement autocentré, ce qui ne m'étonnerait pas, finalement. « Je travaille à Oxford, dans le casino où tu t'es déjà pointé », je souligne, sarcastique, en secouant doucement la tête. « Je vis à Londres et ce soir est un soir de congé ». Je regarde sa cravate et son air défraîchi, il a bien changé depuis l'homme sûr de lui et plein d'entrain dont j'étais amoureuse. Les années l'ont sali, et je serai une menteuse si j'affirmais que ça ne me rend pas un peu la pareille. « C'est pas en traînant comme un pauvre mec dans les bars tous les soirs que tu réussiras à reprendre ta vie en main Arthur, t'es au courant ? » Je ne sais même pas pourquoi je m'engage dans cette voie là, étant donné que je suis bien loin du pardon en ce qui le concerne et que je me fiche pas mal qu'il souffre. Mais le voir aussi pitoyable me renvoie indéniablement une bien piètre image de moi même.


« Toi, tu ne dois pas être au courant que je n'ai aucune envie de reprendre ma vie en main. » Je secoue la tête, foutaises, encore. Qui a envie de rester aussi merdeux ? Il a fait ses choix, il s'est ramassé, tant pis pour lui, mais ne pas assumer le rend encore plus pitoyable. Comme si tout ça n'avait finalement été que vain, qu'une terrible histoire de malchance, plutôt que celle de sa cruauté insensible et d'une gamine naïve. « Je ne suis pas assez bourré pour te baratiner, ou chercher à m'en tirer, face à toi. » Je ricane et secoue la tête, il est devenu tellement loin de l'homme que j'ai aimé un jour, tellement différent, tellement... inconsistant. « Mais je comprends pas pourquoi tu jouerais les bonnes samaritaines. Pour la conscience ? Honnêtement, tu devrais déjà être en train de cracher sur mon cadavre, ça ne serait que justice. Je ne voudrais pas gâcher ta soirée, je vais picoler ailleurs. » Il termine son verre et se redresse, je me demande bien ce que vient faire ma propre conscience dans cette histoire. « Tu as raison, tu peux fuir Arthur, c'est tellement plus simple. Tu vas continuer à boire comme un trou, te pourrir la santé, et un jour quoi ? Te planter en voiture ? » Je ricane, soupire. « Je n'ai plus de conscience, elle n'a rien à foutre là-dedans, c'est sans doute pour ça que je perds mon temps, d'ailleurs. La vie m'a fait l'énorme surprise de te foutre de nouveau sur ma route et je la déteste pour ça, mais tu m'insultes une seconde fois en jouant les victimes d'un complot national qui est arrivé là sans faire exprès. L'homme que j'ai connu il y a quelques années, il aurait essayé d'arranger les choses, je crois. Si tu ne te supportes pas, sache que tu as bien raison, mais il ne tient qu'à toi de cesser d'être le roi des connards ». Non, je ne vais pas le ménager sous prétexte qu'il joue les tristes esseulés.
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Dernière édition par Blair V. Hastings-Bass le Jeu 16 Mai - 21:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: what a surprise → ARTHUR   Mar 14 Mai - 22:29

L'amertume. J'ai son goût sur la langue, j'ai l'impression que jamais je ne m'en débarrasserait. Comme une ombre ou un boulet accroché au pied, ça ne me quitte jamais, j'ai beau tenter de trouver toutes les distractions possibles et imaginables, ça n'est jamais suffisant. Shea est peut-être la seule à savoir me faire oublier ça, quelques secondes tout au plus, mais elle est à Cambridge, a une vie bien à elle, qu'elle ne devrait pas foutre en l'air. Pas comme moi quoi. La quarantaine ajoute une pointe d'aigreur à cette jolie recette, c'est con mais je suis obsédé par ce nombre. Le temps passe, sans se soucier de nos actions, quoi qu'il arrive, à ces anniversaires "ronds", on ne peut s'empêcher de faire un bilan. Le mien est très déprimant cette année : 40 ans, sans famille, sans enfant, sans emploi, sans but, sans rêve. Pour parfaire le tableau, je n'ai plus d'amis, mais en réalité, dans le milieu nécrosé et hypocrite de la politique, y a-t-il réellement une existence possible pour l'amitié ? Bon, en fait, Harper est peut-être la seule amie que j'ai. Une perle, cette fille. Je ne comprends pas comment elle peut me supporter. Ni pourquoi elle perd son temps à m'extraire des bars et à me foutre des raclées, espérant peut-être me changer. Mais j'ai toujours été le putain de sale type que je suis aujourd'hui. Y'a pas grand chose à garder, chez moi. Je repense au visage de Blair, quand j'ai débarqué chez elle. Ouais, j'ai bien besoin d'une bonne cuite ce soir.

Je me dirige naturellement vers le Vendome Bar, je pourrais aller dans bien d'autres endroits, mais ce soir, c'est celui-là. Un premier verre de whisky sec, pour bien commencer la soirée, même si j'ai déjà bu chez moi avant, l'apéro bien sûr, comment l'oublier. Une femme accroche mon regard, jeune, le genre aguicheuse et même un peu vulgaire, mais jolie. Je n'ai pas envie de rentrer seul chez moi cette nuit, je ne me pose même pas la question avant de demander au barman de lui offrir un verre de ma part. Finalement, c'est comme à la pêche, tu lances le filet, et tu vois si ça mord. Pour le coup, ça a très bien marché, elle m'a adressé un sourire enjôleur et s'est installée à côté de moi, sirotant allègrement son cocktail trop sucré. C'est presque du tout cuit, mais je continue mon numéro, sans honte. « Comment saviez-vous... » « ... que vous aimeriez ce cocktail ? Je l'ai deviné... Non, en réalité, c'est le serveur qui m'a dit ce que vous aviez commandé avant. » Elle se met à glousser, du tout cuit disais-je. Je n'ai aucun mal à réciter mon texte, sans même y penser, mais je commence à lui trouver tous les défauts du monde. Elle n'est pas franchement futée, ni très subtile, et sa voix un peu trop aiguë m'agace. Pourtant, rien ne transparaît sur mon visage, toujours en mode sourire séducteur. Du moins, jusqu'à ce qu'un élément perturbateur débarque. « Dégage de là, t'es trop bien pour lui, il ne te mérite pas. Et ce même dans l'hypothèse où il t'aurait payée » Je ne peux pas m'empêcher d'afficher un sourire amusé, même si je suis pris au dépourvu. Je laisse la jeune femme céder son siège, assez impressionné par les talents de Blair pour la tyrannie. « Arthur Beckett, moi qui me disais justement que le sort s'acharne... » Elle s'installe sur la chaise encore chaude, sans aucune gêne, je ne comprends pas trop son comportement. Je n'ai pas encore assez bu pour ne plus rien calculer, je suis même assez sobre pour l'occasion, comparé à d'habitude. « Je vois que tu n'as pas perdu tes mauvaises habitudes » Cette remarque me fait sourire malgré moi, je la laisse trinquer avec mon verre, encore un peu ahuri par la scène qui se déroule sous mes yeux. « Que veux-tu que je te dise. Il faut avouer que je m'emmerde un peu ces derniers temps. » Je vais tenter de faire en sorte qu'elle ne me balance pas son verre en pleine face, ce qui risque d'être malheureusement assez compliqué, fatalement ça arrivera. « Mais toi, que fais-tu à Londres ? Les affaires ? » Tentons la discussion banale, même si je sais qu'elle parviendra à retourner chacune de mes phrases. Elle aurait tort de s'en priver. Mais là, elle y va un peu fort. « Je travaille à Oxford, dans le casino où tu t'es déjà pointé. Je vis à Londres et ce soir est un soir de congé ». Je n'étais franchement pas dans un état alcoolisé à ce point, pas encore. Ça devenait de plus en plus difficile, car je résistais de mieux en mieux chaque jour. Toujours plus d'argent à dépenser dans ces liquides éthérés. « C'est pas en traînant comme un pauvre mec dans les bars tous les soirs que tu réussiras à reprendre ta vie en main Arthur, t'es au courant ? » J'hausse un sourcil et la toise, ne comprenant pas où elle veut en venir. Elle veut me donner un coup de pied au cul, que je remonte la pente ? Ça ne lui plaît pas, de me voir en pleine déchéance ? Je bois une bonne gorgée avant de répliquer. « Toi, tu ne dois pas être au courant que je n'ai aucune envie de reprendre ma vie en main. » Non, je ne la jouais pas pauvre petite chose perdue, à plaindre. C'était un réel constat. « Je ne suis pas assez bourré pour te baratiner, ou chercher à m'en tirer, face à toi. » Mes sourires amusés ont laissé place à l'amertume et le dégoût, de moi-même, j'ai plus aucune envie de m'amuser, ni de faire semblant. Un peu grognon, le Arthur ? Peut-être bien. « Mais je comprends pas pourquoi tu jouerais les bonnes samaritaines. Pour la conscience ? Honnêtement, tu devrais déjà être en train de cracher sur mon cadavre, ça ne serait que justice. » Je finis d'un trait mon verre de whisky, m'apprêtant à partir, j'évite toujours autant de croiser son regard, la culpabilité me revenant en pleine face. « Je ne voudrais pas gâcher ta soirée, je vais picoler ailleurs. »

« Tu as raison, tu peux fuir Arthur, c'est tellement plus simple. Tu vas continuer à boire comme un trou, te pourrir la santé, et un jour quoi ? Te planter en voiture ? » Je m'arrête, tout en restant dos à Blair. Qu'est-ce qu'elle cherche à faire ? Ça m'échappe complètement. « Je n'ai plus de conscience, elle n'a rien à foutre là-dedans, c'est sans doute pour ça que je perds mon temps, d'ailleurs. La vie m'a fait l'énorme surprise de te foutre de nouveau sur ma route et je la déteste pour ça, mais tu m'insultes une seconde fois en jouant les victimes d'un complot national qui est arrivé là sans faire exprès. L'homme que j'ai connu il y a quelques années, il aurait essayé d'arranger les choses, je crois. Si tu ne te supportes pas, sache que tu as bien raison, mais il ne tient qu'à toi de cesser d'être le roi des connards ». Ah oui, genre maintenant si je le décide je peux ne plus être un connard. Je peux effacé ce qui s'est passé, l'avortement, tout ça. « Il n'y a pas de retour en arrière possible, Blair. » Je me retourne, le regard triste. « Et j'en suis désolé. » Mes yeux fixent ensuite le sol, je continue, amer. « J'aurais beau tout faire pour me racheter, ça n'y fera rien. »

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