C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA

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MessageSujet: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   Lun 6 Mai - 0:15









je peux très bien me passer de toi.
✣ everything is fine without you.








~ lexia & apollon

Un jour comme un autre à Londres. Enfin presque puisque ce jour-là, j'avais laissé Jameson à ma mère, chose que je faisais rarement. Non pas par un manque de confiance à cette dernière mais simplement parce que j'avais du mal à lâcher mon fils pour toute une journée. Le lien que nous avions depuis que j'avais eu sa garde était très fort. Si j'ai fait cette démarche il y a quelques temps maintenant c'était tout simplement parce que j'avais enfin fait le deuil de l'enfant que Lexia avait perdu et que j'avais compris que je pouvais perdre le petit à tout moment. Mon but n'était pas de spolier Louanne de ses droits, aussi elle pouvait le voir un week-end sur deux et la moitié des vacances. Ainsi allait la vie depuis quelques temps. Ma carrière suivait son cour, tranquillement. J'avais plusieurs projets et j'en étais heureux. J'aurais aimé que ce succès soit celui de mon groupe mais l'ambiance lors des dernières répétitions était tellement mauvaise que s'en était même à se demander si nous avions été un jour, une bande d'amis unie. Je dois bien avouer que la faute est en grande partie mienne. Je n'aurais jamais dû coucher avec la fiancée de mon meilleur ami. J'avais semé la discorde entre eux deux et toute cette tension se faisait ressentir. Elle se sentait coupable, moi aussi. Elle s'en voulait d'avoir craqué, lui m'en voulait de l'avoir trahi. Quand j'y pense aujourd'hui, il me manque. Nous avions vécu tellement de choses ensemble... Je n'avais jamais imaginé devoir un jour me passer de lui...

S'il y avait bien d'une autre personne que je n'avais jamais cru devoir me passer c'était Lexia... Fut un temps où elle représentait absolument tout dans ma vie et s'il est vrai que je lui avais demandé sa main un peu précipitamment après une soirée de Noël désastreuse chez son père, je l'avais fait en toute sincérité, parce que je l'aimais. Notre relation avait mal commencé et elle s'était mal terminée. Les seules nouvelles que j'avais d'elle étaient par médias interposés et je refusais absolument toute question à son propos. Toute cette histoire était finie, à quoi bon remuer le couteau dans la plaie encore et encore. Il ne s'agissait même pas de tourner la page mais bien de l'arracher. J'avais été heureux d'arriver enfin à ne plus penser à elle, arriver à ne plus m'en vouloir à propos de notre fille bien que je m'en veuille toujours de l'avoir abandonné, parce qu'il n'y avait pas d'autre mot, elle dans une telle détresse.

A quoi penser à elle de toute façon ? Sûrement était-ce parce que j’avais décidé de passer un moment à Hyde Park et que cet endroit serait toujours rattaché au souvenir de la demoiselle. Heureusement je n’étais pas seul. A mes côtés marchait un labrador noir encore tout jeune, Shadow, mon chien. Il avait l’air heureux ici alors que j’avais dû mal à retenir un long soupire, fouillant dans mes poches pour sortir un paquet de cigarettes. Une fois entre mes lèvres, elle ne mit pas longtemps à s’embraser et mes pas ralentirent doucement. Jameson aurait adoré être là avec moi… Je ne prenais pas le temps de regarder les gens autour de moi, emporté dans mes pensées. C’est une odeur qui m’en tira ou plutôt un parfum que je connaissais très bien et qui me ramenait des mois en arrière, me rappelant l’instant même où j’avais déposé mes lèvres sur les siennes… Ça ne pouvait pas être elle après tout elle n’était pas la seule à le porter. Mon regard chercha naturellement qui pouvait me donner une telle gifle par rapport à mon passé. Assise sur un banc, à quelques pas de moi… Lexia…

Quelles étaient les probabilités pour qu’elle soit là le seul jour où j’y étais moi aussi ? Et quelles étaient celle pour que Shadow s’échappe, allant droit vers elle ? Maudit chien… Un nouveau soupire et je me mis à avancer vers elle, je ne pouvais rien faire d’autre de toute façon. S’il urinait sur ses chaussures, elle serait capable de dire que je l’avais fait exprès… « Shadow, viens ici. Shadow ! » Je relève mon regard pour tomber sur celui de la jeune femme… Bon sang ce que ça pouvait me faire mal de la voir.


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MessageSujet: Re: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   Lun 6 Mai - 19:27

je déteste le coeur de pierre que je suis devenue.

Fin de session pour Oxford, ce qui signifie début des corrections pour moi. Et un retour à Londres bien mérité, même avec une pile de copies aussi grosse qu'une édition originale des Misérables sous le bras. J'en viens à comprendre Daddy et le nombre de fois où il pouvait râler, à l'époque où il n'était pas encore à la retraite. Pourtant, cette activité me détend. Une poignée de copies, un grand latte dans un verre en carton, un stylo rouge et un banc à Hyde Park avec un ordinateur en équilibre précaire sur mes genoux: rien de mieux pour m’atteler à ma tâche de professeur. Cela me détend et, surtout, me permet de me vider la tête. Ne penser à rien d'autre qu'aux "Figures paternelles dans les tragédies de Shakespeare" en dix pages, Time New Roman 12, double interlignes. Plus sympa et moins cher qu'un psy.

Je soupire alors qu'un énième étudiant me raconte l'importance du fantôme dans Hamlet, complètement à côté de la plaque, comme beaucoup d'autres. Je souligne et rature et ajoute de petites remarques acerbes dans les marges, ces remarques qui me valent ma réputation entre les murs d'Oxford. On me dit froide et dure (quand on n'en vient pas directement aux insultes), mais pourtant juste. Ne jamais descendre un élève pour le plaisir. Mais, au prix que leur coûte une année à l'université, je ne vais pas non plus leur mâcher le travail, faut pas rêver. J'en ai merdé, quand j'étais à leur place il y a quelques années, alors ils vont merder aussi, point final.

Je dessine un cercle parfait autour d'un B lorsqu'un chiot noir fait son apparition à mes côtés, langue pendante et regard larmoyant. Avec un petit rire, j'abandonne mon travail pour caresser la bête derrière l'oreille. Je n'ai jamais été une pour les gros chiens - les deux minuscules bêtes me servant d'animaux de compagnie en sont la preuve - mais il y a toujours quelque chose d'adorable dans un chien pas tout à fait adulte.

- Bonjour, toi!

Cela suffit pour le mettre dans tous ses émois, queue partant dans tous les sens en prime, alors que je relève la tête pour chercher du regard le propriétaire de la bestiole. Et, évidemment, le propriétaire en question profite de ce moment-là pour rappeler le chien, et mon coeur manque un battement. Le sourire disparaît immédiatement de mes lèvres lorsque mon regard se pose sur Apollon, visage glacial et inexpressif. Je me redresse, abandonnant toute idée de devenir amie avec la boule de poil (le chien, pas Apollon... quoi que). En quelques gestes précis, je rassemble mes affaires. Ordinateur et copies en une pile parfaite sous mon bras, stylo dans ma poche, café en main, alors que je me lève avec une seule idée en tête: foutre le camp aussi vite que possible.

Pas un mot, pas même un regard pour lui. Je ne m'abaisserais pas à ce genre de comportement, sachant ô combien dangereux cela peut être pour moi. J'ai mis une croix là-dessus il y a bien longtemps, à grand renfort de Tristan et de téquila. La page est tournée, arrachée, brûlée, les cendres balancées à l'océan. Il est le passé, un passé que je m'efforce d'oublier. Un passé bien trop douloureux, bien trop présent avec cette cicatrice qui ne quittera jamais mon ventre. Autant ne pas remuer le couteau dans la plaie béante. Cela vaut mieux pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   Mar 7 Mai - 1:20









je peux très bien me passer de toi.
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~ lexia & apollon

Si on m’avait dit qu’un jour je verrais Shadow en train de se faire caresser par Lexia, j’aurais sûrement ri au nez de ladite personne. Déjà parce que les chiens de ce genre ce n’était pas sa came. Elle préférait les petites bêtes sans poil (chose plutôt surprenante si vous aviez vu l’état de ses jambes certains jours). Mais c’était surtout parce que je ne voulais plus la voir, pas à cause d’une possible haine que je lui portais mais parce que je savais que ce serait difficile. Nous avions eu une relation tellement forte… Je me souviens de ce jour où elle m’avait trouvé allongé dans mon lit, dévasté alors que je repensais à mon père et le jour où elle avait réalisé qu’elle avait eu du retard et qu’elle n’avait pas pris sa pilule… Nous avions aussi eu nos mauvais moments mais je voulais ne garder que les bons en mémoire. Nous étions toujours mariés dans un état aux USA. L’un d’entre nous aurait très bien pu faire les démarches, demander les papiers et les envoyer mais ça n’avait jamais été le cas… Je crois qu’elle comme moi voulions passer le plus vite possible après tout ce qui s’était passé. Je pense que si nous nous étions séparés, c’était plus d’un commun accord… Après m’être réveillé à l’hôpital, loin d’elle, sans nouvelle pendant plusieurs semaines, j’avais tout de même demandé à ma mère tout ce qui s’était passé. Pas un coup de fil l’un à l’autre. Juste le souvenir de ces baisers, ma colère et le noir, le vide complet. Oui j’étais en colère mais de là à mettre un terme à notre histoire… Lorsqu’elle avait appris que l’enfant que Lou attendait était le mien elle avait été terriblement en colère ce qui était plutôt normal mais si cela ne nous avait pas séparé… La perte de cet enfant et le silence qui avait suivi nous avait tout simplement brisé, autant elle que moi. J’aurais dû être à ses côtés, même si notre histoire devait se terminer après cette soirée.

A peine mon regard a-t-il croisé le sien qu’elle se lève, rassemblant ses affaires, comme si j’étais un bourreau et que le simple fait de me voir lui arracher le cœur. Je soupirais et attrapais la laisse du chiot, essayant de réfléchir à quoi dire. J’aurais cru qu’après tant de temps, tant de chansons écrites, dont une pour elle j’aurais su quoi dire mais ce n’était apparemment pas du tout le cas… Je me tournais pourtant vers elle, avançant. Elle voulait m’éviter mais j’avais besoin de lui parler, étrangement. Alors je décidais de la suivre, d’un pas ferme et décidé, attrapant l’une des copies qu’elle avait laissé sur le banc. « Lexia t’a oublié ça… Je sais que tu veux probablement plus me parler et plus me voir mais prends au moins ça. » Je m’arrêtais et tendais la copie vers elle qu’elle ne manquerait pas d’arracher de ma main dans quelques secondes. « Je parie que prendre un café et toutes choses que deux personnes normales font, même des ex c’est mort hein… » Je la regardais, espérant quelque part qu’elle dise oui mais je la connaissais trop bien pour ça. Je savais exactement ce qu’il allait se passer, elle me cracherait son venin comme elle l’avait fait pendant si longtemps avant que notre relation prenne une tournure sentimentale.


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MessageSujet: Re: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   Mar 7 Mai - 18:35

Je balançai mon café dans la poubelle la plus proche sans aucune délicatesse, talons claquant sur le macadam de Hyde Park. Vite, vite, partir de là le plus vite possible, avec toute l'élégance hautaine qui m'est propre. Je suis cruellement consciente que la Lexia d'il y a deux ans, la Lexia qu'il pensait connaitre, n'aurait jamais tourné les talons face à lui, aurait combattu comme la tigresse qu'elle était. Mais cette Lexia est morte, enterrée sous des mois passés en Nouvelle-Zélande, des sentiments jeté sur le papier de mes romans, une nouvelle carrière plus intimiste. Cette Lexia n'est plus que l'ombre d'elle-même, sans doute. C'est mieux ainsi, après tout, permettant à mon coeur meurtri de ne plus être piétiné par des crétins dans son genre.

Mais, évidement, il me rattrape et, me retournant à peine, je lui arrache la copie des mains avec hargne, pour la placer avec ses semblables entre mes bras. A peine un regard pour lui avant de reprendre ma route. Il peut continuer de me suivre comme bon lui semble, je le perdrais bien dans le métro au pire, ambiance Skyfall en prime. Si au moins il avait l'allure de Daniel Craig, cela vaudrait la peine...

Le petit rire, à la limite de l'hystérie sarcastique, s'échappe de mes lèvres avant même que je ne m'en rende compte.

- Un café ? Sérieusement ?

Je m'arrête net, me retourne pour lui faire face. Bras croisés sur la poitrine, copies et ordinateur faisant office de bouclier contre ce prince charmant d'une autre époque, maintenant à l'armure rouillée. Je lui offre un visage froide, impassible, et une voix du même genre, le sarcasme dégoulinant de chaque mot.

- Pourquoi pas. On pourra, je sais pas, parler de la météo et des résultats du rugby. Et puis on parlera de ton groupe minable, des films de ta mère. De mes romans, de ma nouvelle carrière, de ma vie à Oxford. Et puis un café deviendra un verre, et un autre, et on parlera de ton bâtard de gosse. D'à quel point j'étais une fiancée ratée, incapable d'être mère, incapable de porter ton gosse sans que ça parte en vrille. Et puis un autre verre, et je serais tellement bourrée que je te laisserais m'embrasser, et on finira chez toi, et je me barrerais en douce au milieu de la nuit. Et puis on fera comme si de rien n'était et on se reparlera pas pendant deux ans. Brillante idée, vraiment, McNeil !

Je lui offre un sourire glacial avant de ne tourner les talons à nouveau. Je me sens trembler, prends une grande respiration pour empêcher les larmes de me monter aux yeux. Non, pas maintenant, pas devant lui. Je ne serais pas faible devant ce crétin, il ne le mérite pas. Il ne mérite que l'impassible Lexia, l’inébranlable qui se prend tous les coups sans broncher, la forte, la puissante.

Je lui jette un dernier coup d'oeil par dessus mon épaule.

- J'ai fait mon deuil il y a deux ans, fais en de même. Et va le boire tout seul, ton café à la con.
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MessageSujet: Re: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   Sam 11 Mai - 15:23









je peux très bien me passer de toi.
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~ lexia & apollon

Moi aussi j’ai beaucoup changé depuis deux ans et je suis fier de dire que je ne suis plus le même qu’avant. Quand j’y repense je n’étais pas celui que je voulais être et je suis passé d’un homme qui jouait un peu trop au gamin à quelqu’un de plus mature. C’est entre autre grâce à Jameson, car lorsqu’un enfant arrive, il ne s’agit plus seulement de soi. Je ne suis plus l’idiot que j’étais et même si quelque chose au fond de moi me pousse à aller vers elle, à recoller les morceaux sans pour autant parler d’une histoire d’amour, je ne suis pas prêt à me mettre à genoux devant elle comme j’aurais pu le faire autrefois. Notamment parce que je ne suis plus amoureux. Si elle avait été capable de tourner la page et d’avancer, elle n’était pas la seule. Oui j’avais eu de la peine, oui ça avait été difficile de passer à autre chose mais il le fallait. La vie n’allait pas s’arrêter, le monde ne cesserait pas de tourner parce que j’avais perdu ma fiancée et l’enfant qu’elle portait en elle. Certaines personnes vivent des choses bien plus difficiles et s’en sortent parfaitement alors pourquoi pas moi ? De la volonté et du soutien, j’arrivais de nouveau à rire sans avoir cette arrière-pensée pour notre petite Johanna qui ne verrait jamais le jour et qui avait su me rendre plus triste que dans toute ma vie.

Elle fuit. Je ne l’ai jamais vu agir comme ça depuis le temps que je la connais. J’ai toujours cru la connaître mieux que personne et pourtant j’ai tort car jamais au grand jamais je n’aurais cru la voir fuir ainsi. Même après tout ce temps, Lexia sait me surprendre. Autrefois c’était en bien, aujourd’hui en mal. Pourtant c’est mal me connaître que croire que je vais la laisser filer comme ça, ne sait-elle pas que lorsque j’ai une idée en tête je suis sans doute l’homme le plus borné du monde ? Elle arrache sa copie de mes mains, plus aucun geste délicat entre nous, en même temps je ne m’attendais à rien d’autres. Son rire lui aussi à changer, à en faire frémir les enfants. Peut-être va-t-elle plu mal que je ne l’aurais pensé, ou peut-être est-elle simplement en colère, toujours autant. Je me contente de hocher la tête doucement, renouvelant ainsi simplement mon invitation pour ce café. La Lexia de « Who Are They ? » serait-elle de retour ? Son attitude en tout cas y ressemble. Son petit discours est pathétique, rien d’autres.

« Tu sais je crois qu’il faudrait me faire boire plus d’alcool que dans toute ma vie pour que je t’embrasse à nouveau. Et tu sais ce que tu reflètes avec ta pseudo colère ? Ca crève les yeux que t’as souffert et que tu souffres encore. Regardes toi, tu fuis. T’avais un caractère de merde avant mais au moins t’en avais un… Et traiter un enfant de bâtard, c’est bas. Et oui tu étais une mauvaise fiancée, terrible et tu es une épouse encore plus mauvaise. Et si tu ne vois pas de quoi je parle, j’ai qu’un mot à te dire : Vegas. »

Je soupire alors qu’elle se tourne à nouveau. Ce qu’elle peut être lâche. J’avais imaginé nos retrouvailles de différentes manières et croyez-moi rien ne comportait de baisers mais sûrement pas ça non plus.


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MessageSujet: Re: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   Mar 14 Mai - 14:27

Je n'ai plus l'habitude des contacts physiques, ni même de personnes se tenant trop près de moi. Mis à part Daddy, et Tristan lors de quelques soirées alcoolisées, et les quelques amants ici et là, je prends mes distances désormais. Jamais personne pour envahir mon espace personnel. Alors, qu'il se tienne aussi proche de moi lorsque je lui ai fait comprendre que cela me dérangeait, cela m'effraie. Il me fait peur, pour la première fois depuis que je le connais. Je ne sais pas ce qu'il me veut, et il pourrait m'attraper par le bras à tout moment avec une force que je ne saurais contrer. Alors oui, sans doute est-ce fuir, mais je ne compte pas rester quelque part où je me sens autant en danger – instinct de survie oblige.

Mais il me suit, encore et toujours, et je me demande combien de temps les gardes du parc mettraient à venir si jamais je commençais à crier. Ça serait joli, tiens, un « harcèlement moral », sur son casier judiciaire. Peut-être devrais-je demander une mesure d'éloignement, juste au cas où. Il faudrait que je téléphone à mon avocat.

Pour l'instant, mon seul but est de foutre le camp d'ici en vitesse, avec pour seul but de m'enfermer chez moi pour ne plus sortir de la semaine, à grand renfort de DVDs et de thé brûlant. J'essaie, tant bien que mal, d'ignorer ses propos. Pourtant, un mot final, clair et distinct, ne m'échappe pas. Vegas. Je ne comprends pas les sous-entendus derrière ce mot, ni même pourquoi il met cela sur la table. Mais ce simple mot, cette simple ville, fait remonter des souvenirs enterrés, des promesses brisées, un passé révolu. Et cela me met hors de moi.

La baffe part d'un coup, tellement sonore que cela en fait glapir une petite vieille passant à côté de nous avec son chien, et je la vois s'arrêter pour s'assurer que je vais bien. Elle fronce les sourcils puis, sans doute rassurée que la claque vienne de moi, reprend sa route, avec un dernier coup d’œil par dessus son épaule. Moi, je pointe l'index vers lui, à quelques centimètres à peine de son nez, dans un geste menaçant. Mes lèvres pincées ne forment qu'une fine ligne, des revolvers à la place des yeux. Nul besoin d'ouvrir la bouche, mes gestes sont assez clairs et explicites par eux-même. Un dernier geste du doigt, sec et nerveux, avant de ne tourner les talons pour ce qui semble être la millième fois. S'il ose faire quelque chose de plus, je hurle et lui plante mon talon haut dans le tibia.
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MessageSujet: Re: C'est fou ce qu'un crépuscule de printemps rappelle le même crépuscule qu'il y a dix ans || LEXIA   

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