i'm so sorry w/ Annabella

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MessageSujet: i'm so sorry w/ Annabella   Lun 1 Avr - 20:56

J'enchaîne les conneries et comme la nature ne se refait pas, je viens de faire pour la deuxième fois de ma vie la pire trahison qu'une amitié entre deux filles puisse encaisser. Je raccroche mon téléphone avec lequel je harcèle le répondeur d'Annabella depuis près d'une demie heure, sans la moindre réponse de sa part. Il faut que je lui explique, que je m'excuse, douze fois, mille fois s'il le faut. J'ignore ce que je suis allée foutre dans le lit de Jude, j'ignore quelle folie étrange et méchamment destructrice me pousse à réitérer éternellement les mêmes erreurs pour me laisser captive de ma vie actuelle qui de toute évidence part vraiment en vrille. Je range mon téléphone dans mon sac et le passe à mon épaule, secouant la tête pour essayer de me souvenir du déroulement concret de la soirée d'il y a deux jours. J'avais tellement bu que l'idée de me taper un professeur a surmonté tout le reste. Le pire de l'histoire, c'est que Jude ne m'intéresse pas le moins du monde, pas plus que n'importe lequel de ces autres types alcooliques et trop fiers d'eux. La raison de mon désarroi est ailleurs, le transfert est évident comme il pourrait se plaire à me le dire, Henry Howard, si je n'avais pas soigneusement évité de le croiser depuis que je l'ai aperçu au Carling, orchidée et petite amie en prime. Je grimace, réprimant la vague de rage qui me monte, et mets ma capuche sur ma tête pour filer jusqu'à l'appartement de mon amie qui ne va sans doute pas le rester très longtemps. J'essaye de rappeler au cas où mais ne trouve, de nouveau, que la voix de son répondeur pour toute réponse. Je grimpe les marches de l'immeuble qui me séparent de chez elle, pour frapper quelques secondes plus tard à sa porte, essoufflée et fatiguée. « Bella, s'il te plait, ouvre moi, c'est Juliet ». Je frappe un peu plus fort et avec insistance. « Je ne partirai pas avant d'avoir pu te parler ». Je grimace un peu plus et glisse ma main dans mes cheveux. La porte d'entrée s'ouvre à la volée, sur le visage déformé par la colère de mon amie. « Qu’est-ce que tu veux? » J'ouvre la bouche pour répondre mais elle ne me laisse pas le temps de le faire, concluant plutôt : « Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, au cas ou tu ne l’aurais pas compris! » Je me mords la lèvre et acquiesce lentement. « Détrompe toi, j'ai  bien compris... » Ce n'est pas le moment de faire de l'ironie, je m'en doute. Mais je suis tellement anxieuse que je ne parviens pas à remettre mes pensées dans l'ordre. « Je t'en prie, laisse moi t'expliquer... Je ne voulais pas faire ça mais l'alcool... » Je pose ma main sur mes tempes et inspire.

Mais sa colère redouble et je serai bien idiote de ne pas comprendre. C'est une erreur que j'ai déjà faite dans le passé, à croire que finalement, rien ne me sert vraiment de leçon. Je soupire et la laisse répliquer sans rien dire, j'aimerai qu'elle me hurle dessus, tout plutôt qu'elle cesse d'être mon amie, une des rares personnes de cette université que je peux encore appeler comme telle. « Dans le genre excuse pitoyable, tu ne pouvais pas trouver pire » Je me mords la lèvre et baisse les yeux pour échapper aux siens qui me lancent des flammes. « Enfin, cela aura au moins eu le mérite de me conforter dans mon idée de départ - à savoir qu'on n'a plus grand-chose à se dire! D'ailleurs, tu diras à ton professeur adoré d'arrêter de saturer ma boîte vocale, vous vous fatiguez pour rien! » Mon professeur préféré ? Je secoue la tête et l'empêche de fermer la porte en la bloquant avec mon pied. « Faut croire que tu étais sérieuse tout à l'heure quand tu disais que tu ne lâcherai pas l'affaire avant de t'être expliquée...» J'acquiesce, n'osant rien dire à voix haute de peur qu'elle le prenne mal également. « Très bien. Alors, entre... Mais je te préviens, si tu te figures que je vais avaler tes salades, tu te trompes! » Je secoue la tête et inspire, tentant de mettre de l'ordre dans mes idées pour lui fournir des explications qui  à défaut de me disculper, pourraient la rendre plus clémente. « Je me déteste de t'avoir fait ça Bella, je te le promets, mais j'étais à peine consciente... »  Je glisse ma main sur mon front, tout ça n'arrange pas mon cas, mais l'alcool est là pour régler un autre problème, hautement différent de celui qu'on s'expose ici. « Je ne voulais pas coucher avec lui, il ne m'intéresse pas et je l'intéresse pas non plus, j'ai fait une énorme connerie et si tu savais à quel point je suis désolée... »  Je soupire, baisse les yeux et inspire, refusant de céder à toutes les difficultés et la détresse que j'éprouve en cet instant précis, parce que ça ne ferait que me rendre plus pitoyable encore, à ses yeux et aux miens. « Je suis désolée, et si je pouvais effacer tout ça, peu importe le prix, je le ferai, je te le promets... »

Mais le visage de mon amie n'annonce rien de bon. Je ne sais même pas ce que je ferai à sa place, et je comprends qu'elle m'en veuille, bien entendu. J'ignore comment annuler ce que j'ai fait, et ça me parait d'ailleurs bien impossible. Si elle avait ne serait-ce que la moindre idée d'à quel point je regrette ce que j'ai fait avec Jude, peut être qu'elle me pardonnerait. Si elle savait aussi ce qu'il a été raconté dans mon dos, elle cesserait peut être de lui porter autant d'intérêt. Mais ce n'est pas franchement à moi d'en décider, si ? « Le fait que tu aies été ivre ne change rien à la situation. Tu sais, j’ai longtemps essayé de te défendre, je me suis efforcée de faire taire les mauvaises langues, mais force est de constater que les rumeurs étaient bel et bien fondées. Je ne sais pas si je pourrais te pardonner Juliet, ni même si j’en ai envie… » Je secoue la tête et recule de quelques pas pour encaisser le coup, le choc de ce qu'elle vient de dire. Elle ne peut pas le penser, pas elle, pas à son tour, croire que je ne suis que cette traînée que tout le monde se tape, celle qui mérite les rumeurs. « Je ne suis pas comme ça, je ne voulais pas, tout ce que je veux c'est... » Je m'arrête avant de prononcer son nom, coupée dans mon élan par un sursaut de conscience. Lui dire que je suis amoureuse d'Henry Howard revient effectivement à confirmer ses dires, je suis bien celle que la rumeur prétend. Mais... « Je ne savais même pas que c'était Jude, Bella, si j'ai couché avec lui c'est uniquement parce que j'ai bu, et si j'ai bu c'est parce que le seul homme dont je sois amoureuse et le seul qui m'estime ne veut pas de moi ».

Elle me fixe, et l'espace d'un instant, l'agressivité semble quitter la pièce, ce qui me permet allègrement de respirer. « Un homme? Quel homme? Tu ne m'en as encore jamais parlé... On peut savoir qui s'est ou bien c'est top secret » Je baisse les yeux et déglutis, vu l'état de notre relation, je ne sais pas si c'est une si bonne idée de lui confier mes sentiments pour Henry Howard, particulièrement quand on sait comme Jude a agi après que nous ayons couché ensemble. Je soupire cependant, tenant plus aux rares amis que je possède qu'à ma réputation pour sûr.« Les gens disent vrai, je suis amoureuse de mon prof de neurosciences, Henry Howard. Il est mon psychiatre aussi, mais il ne s'est jamais rien passé entre nous, il refuse toute éventualité. » Je détourne les yeux, honteuse, et attrape mes mains pour m'occuper. « Je me fiche des autres, je m'en fiche totalement, mais je n'arrive pas à rester seule, c'est trop difficile, surtout avec les rumeurs et les coups bas des TroubleMakers ». Je me mords la lèvre et relève les yeux. « Ca ne justifie rien, sache juste que même si je sais que je t'ai fait du mal, ça n'était absolument pas mon intention ». Je suis une idiote, de toute façon, je le sais bien. Elle semble cependant lâcher un peu du leste et j'inspire. « J'ai peut-être été un peu dure avec toi...» Je secoue la tête, je mérite sa colère, sans aucun doute.  « Tu n'es pas l'unique fautive, mais... j'en sais rien, j'imagine qu'il fallait que je passe mes nerfs sur quelqu'un. Excuse-moi...» J'hausse une épaule, bien sûr que je suis la seule fautive. Boire n'est pas la meilleure idée que j'ai eu et pourtant je répète la chose tous les soirs, à un rythme bien trop régulier. Je mérite sans doute un peu les rumeurs qui circulent sur mon compte, mais l'hypocrisie générale me fait doucement sourire. « Pour ce qui est de cette histoire avec ton professeur/psychiatre, je t'avoue que je tombe dénue. Je pensais que tout avait été monté de toute pièce. Qu'est-ce que tu comptes faire? » Je secoue la tête. « Non, c'est vrai, et je ne sais pas ce que je compte faire, pour l'instant il est trop attaché à son éthique personnelle pour envisager quoi que ce soit, je crois ». J'hausse une épaule, et apprécie l'ironie de la chose ; ce n'est de toute évidence pas le cas de Jude qui s'est plu à déblatérer toutes ces immondices devant ses autres copains les profs sur mon compte, mais je tais ce détail.

« Tu veux boire quelque chose ? » Elle se sert un whisky et je secoue la tête, je crois que j'ai encore la gueule de bois de la veille, et de l'avant-veille, aussi. « Si tu préfères, j’ai aussi des boissons sans alcools » Je ris, de bonne grâce, je l'ai bien méritée celle-là, sans aucun doute. « Décidément, on s’est bien trouvées toi et moi. Victimes des mauvaises langues et des quand-dira-t ’on, il semblerait que nous ayons toutes deux un goût prononcé pour l’interdit ! A la nôtre » Elle s'installe dans le canapé, et je l'imite en hochant tristement la tête. Ce constat est terrible, pourtant, elle comme moi nous ne sommes que deux gentilles filles n'ayant pas demandé grand chose. « Tu es vraiment amoureuse de lui ? » Je me mords la lèvre, et mes yeux rencontrent les siens avec toute la sincérité que j'ai à ma disposition. J'acquiesce lentement, avant de prendre une inspiration pour tenter de mettre des mots sur ce que je ressens pour le Docteur Howard. « Je me sens vraiment bien quand il est près de moi, et je pense à lui tout le temps. C'est le seul homme qui m'ait jamais montré un peu de respect, tu vois ? » Je soupire, et mes doigts retracent les lignes des canapés. « Tu sais, je crois qu'il m'aime... bien, lui aussi, mais il ne l'admettra jamais, parce qu'il est mon professeur et que la situation est vraiment compliquée ». Sans oublier que mon père est quand même le doyen de l'université... « Et toi Bella, est-ce que tu l'aimes ? » Je ne sais pas si j'ai le droit de poser la question, mais en dehors de toute considération à l'égard de ce que j'ai fait, j'estime être en droit de m'inquiéter pour mon amie. Jude ne m'a pas vraiment montré son meilleur profil, et je suis soucieuse de l'avenir sentimental de Bella, elle est une des rares personnes d'Oxford à être encore mon amie... « Je ne sais pas. Je ne sais plus...» Je fronce le nez et hoche la tête doucement, évasive. « Je croyais être amoureuse de lui et puis, il y a eu cette petite incartade avec mon patron... » Je hausse les sourcils, un air interrogatif greffé au visage, ne sachant trop de quoi elle veut ou est en train de me parler. « Jude était très distant avec moi et j'en ai énormément souffert. Je sais que ce n'était pas très malin de ma part, mais je me suis laissée séduire par Alan. Aujourd'hui, je me sens vraiment bête. Le plus drôle, c'est qu'il aura fallu que Jude aille voir ailleurs pour que j'accepte enfin de me remettre en question...» Je souris légèrement et acquiesce, c'est malheureusement souvent comme ça que ça se passe. Je me demande à quoi ressemble son patron mais tais cette question, relevant les yeux vers elle pour tenter de lui communiquer un peu de soutien. « De toute manière, même si j'avais des sentiments pour lui; ça n'a plus d'importance maintenant. ». Je baisse les yeux, un instant, puis m'excuse de nouveau. « Je suis désolée ». Je n'ose pas lui raconter ce qui a en réalité suivi ma partie de jambes en l'air avec Jude. Je n'ai pas le droit d'en rajouter une couche. « Fais attention à toi, en tout cas. Ne le laisse pas te faire du mal, encore. » Elle m'offre un sourire léger et je devine qu'elle est triste, ce qui n'a finalement rien d'étonnant. « Rassure-toi, je n’en ai pas l’intention… Ça ne va pas être facile, mais je vais bien finir par l’oublier. D’ailleurs… Je sais que tu n’es pas la mieux placée pour répondre à ma question, mais ça m’aiderait si tu acceptais. » Je fronce les sourcils, me demandant ce qu'elle a derrière la tête, un peu mal à l'aise soudainement. J'espère qu'elle ne va pas me demander de compte rendu, parce que de toute façon, les souvenirs que je garde de cette soirée ne sont que très flous. « Est-ce que tu sais s’il y en a eu d’autres ? Des filles, je veux dire ? Est-ce qu’il t’as dit quelque chose ? Il y a des bruits qui courent à ce propos? » Je fronce le nez et secoue la tête doucement. « Il n'a rien dit à ce sujet... » Nous n'avons pas vraiment discuté de toute façon, il faut bien l'admettre. Cela dit, je lui dois une partie au moins de la vérité. « Il s'est vanté, par contre. Il a raconté dans la salle des profs qu'il m'avait... » Je grimace et m'arrête en plein milieu de ma phrase. « Enfin, tu sais quoi. Je ne sais pas s'il en était à son coup d'essai, mais il avait l'air assez fier de lui ».
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Dernière édition par Juliet K. Howard le Jeu 20 Juin - 15:39, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: i'm so sorry w/ Annabella   Lun 1 Avr - 22:30

Règle numéro une : ne jamais faire confiance à qui que ce soit. Quel pessimisme me direz-vous, mais pour ma défense; sachez que ma réaction est parfaitement légitime. Quand je fais un arrêt sur image et que je me replonge dans mon passé, c’est à cette conclusion que j’arrive: tout le monde ment, tout le temps, nous sommes tous égoïstes. Les amis? On ne peut jamais totalement s’y fier. Les mensonges? Les mensonges sont devenus monnaie courante, au même titre que la trahison. Naïve, gentille et bonne poire : ces qualificatifs m’ont toujours collé à la peau et certains en profitent. Comment leur en vouloir? A bien considérer la chose, j’ai probablement mérité ce qui m’arrive. Au fond, Jude ne m’avait rien promis. Nos petites querelles et son éloignement brutal sont tant de choses qui auraient du me mettre la puce à l’oreille, mais bêtement entichée, j’ai préféré fermer les yeux. Persuadée qu’il ne s’agissait que d’un problème de déontologie, d’une petite hésitation liée à un cas de conscience, j’ai refusé de voir la réalité en face, refusé de croire qu’il s’était lassé de moi, de mon corps et de cette liaison ridicule. En papillonnant de mon côté, je lui ai finalement laissé le champ libre. " Il faut que tu joues la fille froide et désintéressée " qu’on se tuait à me répéter, force est de constater que ce conseil ne m’a pas réussi. Qui plus est, je suis de plus en plus mal à l’aise au cabinet. Coucher avec mon patron une fois est une chose, mais reproduire inlassablement la même erreur commence à devenir ridicule. Ma vie est en train de partir en vrille et comme si ça n’était pas suffisant, il a fallu que Jude me remplace par l’une de mes plus proches amies. Juliet ou la fille qui a saturé ma boîte vocale. On m’avait pourtant prévenu à son sujet, mais ayant toujours eu pour politique de ne pas juger au premier coup d’œil, j’ai choisi de lui laisser sa chance. Quelle conne! Éteignant mon portable pour avoir la paix, je le pose sur la table du salon et vais m’avachir dans le canapé. Les Sœurs Kardashian passent à l’écran, mais au point où j’en suis, je saurais me contenter de pareilles futilités. Un paquet de bonbons sur les genoux, je m’enroule dans une couette et commence à regarder la dite émission quand on frappe à la porte. Pas vraiment d’humeur à recevoir du monde, j’ignore les coups qui se font pourtant de plus en plus forts. « Bella, s'il te plait, ouvre moi, c'est Juliet ». Elle ne manque pas d’air! « Je ne partirai pas avant d'avoir pu te parler ». Je lève les yeux au ciel et pousse un long soupir. Un juron m’échappe lorsque je quitte mon canapé pour aller lui ouvrir. « Qu’est-ce que tu veux? » je lâche plus froide que jamais en la découvrant sur le seuil de la porte. « Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, au cas ou tu ne l’aurais pas compris! » Elle se mord la lèvre et acquiesce d'un signe de la tête, ce qui ne manque pas de me faire sourciller. Si elle savait à quoi s'en tenir, pourquoi s'être donnée la peine de se déplacer? « Détrompe toi, j'ai bien compris... » Alors, va-t-en, je manque de répliquer, folle de rage. « Je t'en prie, laisse moi t'expliquer... Je ne voulais pas faire ça mais l'alcool... » Elle n'est tout de même pas sérieuse?! Je suis peut-être un peu trop naïve, mais certainement pas au point d'avaler de pareilles sottises! « Dans le genre excuse pitoyable, tu ne pouvais pas trouver pire » je lâche en l'affublant d'un sourire cynique. « Enfin, cela aura au moins eu le mérite de me conforter dans mon idée de départ - à savoir qu'on n'a plus grand-chose à se dire! D'ailleurs, tu diras à ton professeur adoré d'arrêter de saturer ma boîte vocale, vous vous fatiguez pour rien! » Forte de cette remarque, j'exerce une légère pression sur la porte pour la refermer, mais Juliet (qui semble déterminée à me fournir son explication ridicule) l'a retient avec son pied. « Faut croire que tu étais sérieuse tout à l'heure quand tu disais que tu ne lâcherai pas l'affaire avant de t'être expliquée...» Elle acquiesce d'un signe de la tête. « Très bien. Alors, entre... Mais je te préviens, si tu te figures que je vais avaler tes salades, tu te trompes! » Elle secoue la tête et inspire un grand coup, dans le but, j’imagine, de se donner un semblant de courage. « Je me déteste de t'avoir fait ça Bella, je te le promets, mais j'étais à peine consciente... » Et alors quoi? Elle compte me faire croire qu’il a abusé d’elle, peut-être? Elle croit vraiment que le fait qu’elle ait été ivre va changer quoi que ce soit? « Je ne voulais pas coucher avec lui, il ne m'intéresse pas et je l'intéresse pas non plus, j'ai fait une énorme connerie et si tu savais à quel point je suis désolée... » Pas autant que moi, je manque de répliquer sous le coup de la colère. D’un autre côté ma réaction peut sembler un peu excessive. Je n’ai pas vraiment été un modèle de vertu ces derniers temps et j’ai probablement ma part de responsabilités dans ce qui s’est passé. J’ai moi-même trompé Jude et à vouloir jouer avec le feu, j’ai tout bêtement fini par me brûler les ailes. Mais au fond, ce n’est pas tant le fait qu’il m’ait trompé qui me fait souffrir. Bien sûr ce n’est pas facile à encaisser, mais c’est de bonne guerre, car même s’il l’ignore, j’ai fait la même chose de mon côté… Ce qui me rend folle de rage c’est qu’il l’ait fait avec Juliet, l’une de mes seules amies, une personne en laquelle j’avais une confiance aveugle. « Je suis désolée, et si je pouvais effacer tout ça, peu importe le prix, je le ferai, je te le promets... » Elle a l’air sincère, mais ce n’est pas pour autant que je vais passer l’éponge. Juliet m’a fait énormément de peine et je ne suis pas certaine de pouvoir lui pardonner cette trahison. « Le fait que tu aies été ivre ne change rien à la situation. Tu sais, j’ai longtemps essayé de te défendre, je me suis efforcée de faire taire les mauvaises langues, mais force est de constater que les rumeurs étaient bel et bien fondées. Je ne sais pas si je pourrais te pardonner Juliet, ni même si j’en ai envie… » Même si Juliet m'a fait beaucoup de mal, je réalise après coup que j'y suis peut-être allée un peu fort. Il est vrai qu'il m'est déjà arrivé de la défendre ou d'essayer de démentir certaines rumeurs, mais je l'ai fait de mon plein gré et je n'aurais pas du lui balancer ça au visage - c'était mesquin et profondément injuste. « Je ne suis pas comme ça, je ne voulais pas, tout ce que je veux c'est... » Elle marque une courte pause et je baisse les yeux pour ne pas croiser son regard. Mes mots ont dépassé ma pensée et je le regrette sincèrement, mais je ne voudrais pas qu'elle croit que tout est arrangé pour autant. La vérité c'est que j'en ai assez de passer pour la naïve de service, celle que l'on trahi et qui pardonne tout. Je ne veux plus être cette fille, cela a trop duré! « Je ne savais même pas que c'était Jude, Bella, si j'ai couché avec lui c'est uniquement parce que j'ai bu, et si j'ai bu c'est parce que le seul homme dont je sois amoureuse et le seul qui m'estime ne veut pas de moi ». Je fronce les sourcils. Est-ce une ruse pour me faire plier ou bien la vérité? A en croire sa tête, je serais plutôt tentée de la croire. « Un homme? Quel homme? Tu ne m'en as encore jamais parlé... On peut savoir qui s'est ou bien c'est top secret » je lâche avec une pointe de sarcasme, bien que j'ai réellement envie d'en savoir plus. Même si elle semble hésiter un instant, Juliet se résout à lâcher le morceau. « Les gens disent vrai, je suis amoureuse de mon prof de neurosciences, Henry Howard. Il est mon psychiatre aussi, mais il ne s'est jamais rien passé entre nous, il refuse toute éventualité. » J'écarquille légèrement les yeux, surprise, il faut bien l'avouer. Je n'ai jamais accordé aucun crédit aux rumeurs qu'on pouvait bien colporter à son sujet, raison pour laquelle cette découverte me laisse pantoise. « Je me fiche des autres, je m'en fiche totalement, mais je n'arrive pas à rester seule, c'est trop difficile, surtout avec les rumeurs et les coups bas des TroubleMakers ». Comme je la comprends. Comme si mes relations amoureuses n'étaient pas suffisamment compliquées comme ça, il faut en plus que cette bande d'imbéciles en rajoute une couche. D'ailleurs, leur dernière plaisanterie m'est restée en travers de la gorge. « Ça ne justifie rien, sache juste que même si je sais que je t'ai fait du mal, ça n'était absolument pas mon intention. » Je vois bien qu'elle s'en veut, je sais qu'elle est sincère, mais une partie de moi est encore très en colère contre elle. « J'ai peut-être été un peu dure avec toi...» j'avoue presque à demi-mots. « Tu n'es pas l'unique fautive, mais... j'en sais rien, j'imagine qu'il fallait que je passe mes nerfs sur quelqu'un. Excuse-moi...» je bafouille en marquant une courte pause. « Pour ce qui est de cette histoire avec ton professeur/psychiatre, je t'avoue que je tombe dénue. Je pensais que tout avait été monté de toute pièce. Qu'est-ce que tu comptes faire? » Mine de rien, ça me fait de la peine de la savoir aussi mal. « Non, c'est vrai, et je ne sais pas ce que je compte faire, pour l'instant il est trop attaché à son éthique personnelle pour envisager quoi que ce soit, je crois ». Je soupire. Il faut croire qu’on a le chic pour faire les mauvais choix. « Tu veux boire quelque chose ? » Sans même attendre sa réponse, je me dirige vers le placard et me sers un verre de whisky. Il est un peu tôt pour ça, j’en conviens, mais j’en ai assez d’être raisonnable. « Si tu préfères, j’ai aussi des boissons sans alcools » j’ajoute, l’air rieur. Ma réplique n’avait rien de cynique, au contraire, je cherchais plutôt à lui faire comprendre que j’ai –finalement- décidé de passer l’éponge. « Décidément, on s’est bien trouvées toi et moi. Victimes des mauvaises langues et des quand-dira-t ’on, il semblerait que nous ayons toutes deux un goût prononcé pour l’interdit ! A la nôtre » je lâche, avant de me laisser tomber dans le canapé. Si elle a envie de boire, elle se servira. « Tu es vraiment amoureuse de lui ? » je finis par demander, même si de mon côté, je n’ai encore jamais osé me poser la question. Elle acquiesce d'un signe de la tête. On ne peut pas dire que je sois surprise. « Je me sens vraiment bien quand il est près de moi, et je pense à lui tout le temps. C'est le seul homme qui m'ait jamais montré un peu de respect, tu vois ? » Je fais "oui" de la tête et la laisse poursuivre. « Tu sais, je crois qu'il m'aime... bien, lui aussi, mais il ne l'admettra jamais, parce qu'il est mon professeur et que la situation est vraiment compliquée ». Finalement, en dépit de cet incident avec Jude, Juliet reste probablement la personne qui me comprenne le mieux. Ces révélations sur Henry ne font que l'affirmer. « Et toi Bella, est-ce que tu l'aimes ? » Je détourne le regard. « Je ne sais pas. Je ne sais plus...» je réplique en terminant mon verre d'un trait. « Je croyais être amoureuse de lui et puis, il y a eu cette petite incartade avec mon patron... » Je n'en ai encore jamais parlé à Juliet, ce qui explique pourquoi je suis aussi mal à l'aise. « Jude était très distant avec moi et j'en ai énormément souffert. Je sais que ce n'était pas très malin de ma part, mais je me suis laissée séduire par Alan. Aujourd'hui, je me sens vraiment bête. Le plus drôle, c'est qu'il aura fallu que Jude aille voir ailleurs pour que j'accepte enfin de me remettre en question...» Je guette sa réaction avec anxiété. Elle doit probablement se dire que je suis injuste de lui avoir jeté la pierre, sachant que j'ai moi-même été infidèle. « De toute manière, même si j'avais des sentiments pour lui; ça n'a plus d'importance maintenant. » Pour toute réponse, Juliet se contente dans un premier temps de baisser la tête. « Je suis désolée… » répète-t-elle, mais je n’ai pas envie de l’entendre s’excuser. Je la connais suffisamment bien pour savoir qu’elle était sincère tout à l’heure et je n’ai pas envie de la charger davantage. « Fais attention à toi, en tout cas. Ne le laisse pas te faire du mal, encore. » Je lui adresse un petit sourire, tout de même touchée qu’elle se fasse du souci pour moi. « Rassure-toi, je n’en ai pas l’intention… Ça ne va pas être facile, mais je vais bien finir par l’oublier. D’ailleurs… Je sais que tu n’es pas la mieux placée pour répondre à ma question, mais ça m’aiderait si tu acceptais. » Légèrement déroutée par mes propos, Juliet fronce les sourcils. « Est-ce que tu sais s’il y en a eu d’autres ? Des filles, je veux dire ? Est-ce qu’il t’as dit quelque chose ? Il y a des bruits qui courent à ce propos? » Quelque part, j’espère qu’elle me répondra que ce n’est pas le cas et qu’elle est à ce jour, sa seule incartade –mais je ne me fais trop d’illusions. Jude est un charmeur, il plaît aux femmes. Je le savais, je n’aurais pas dû me laisser avoir par ses belles paroles. Tant pis si aujourd’hui, je m’en mords les doigts.

« Il n'a rien dit à ce sujet... Il s'est vanté, par contre. Il a raconté dans la salle des profs qu'il m'avait... » Elle grimace et s'arrête soudainement de parler. Inutile qu'elle me fasse un dessin, j'ai bien compris de quoi il s'agissait. Petit ordure! « Enfin, tu sais quoi. Je ne sais pas s'il en était à son coup d'essai, mais il avait l'air assez fier de lui ». Réalisant qu'il a probablement fait la même chose avec moi, je me sers un autre verre que j'avale d'un trait. « Merci de m'en avoir parlé, tu me facilites la tâche! » Quand je pense qu'il y a encore quelques jours, je me sentais coupable d'avoir couché avec Alan, je réalise que j'ai été bien stupide. En plus de me tromper de son côté, cet enfoi** a probablement dû se payer ma tête. Il ne paie rien pour attendre! « Ce que je peux être bête! Quand je pense que je me suis laissée séduire par un abruti de son espèce, ça me rend malade! A croire que j'apprendrai jamais rien... » Diego, Edward, Alex, Jude... La liste commence à être longue...

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