SEX SFR ✖ We share the same sun

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MessageSujet: SEX SFR ✖ We share the same sun   Mer 6 Mar - 21:19


✖ SLOAN RYAN & STEPHEN XENOS ✖
« Oxford # Redbridge # Queen's Lane Coffee House »
Je contemple le combiné que je viens de reposer. Emprunt à un certain doute qui m'envahit après cette conversation, je commence à percuter ce que je viens d'entendre et surtout accepter : Sloan vient de me donner rendez-vous dans "notre" café oxfordien se trouvant à Redbrige. Je n'y ai pas mis les pieds depuis des années, évitant à tout prix de m'approcher de près ou de loin de cet endroit. Je suis assez surpris que Sloan me donne rendez-vous au Queen's Lane Coffee House; ce café représente beaucoup pour nous, pour notre relation d'antan. Je ne dois pas me mettre trop la pression, nous avons réussi à garder une relation amicale et stable malgré la débâcle de notre couple. J'ai une petite heure avant de me rendre à Redbrige, le temps nécessaire pour me remettre les idées en place, faire un brin de toilette pour être présentable, puis faire le chemin à pied de Water Eaton -où se trouve mon appartement- à Redbrige.
J'avance d'un pas sûr vers le Queen's Lane Coffee House où mes souvenirs, mes idées et mes pensées s'entremêlent dans ma tête... ça en devient un bordel monstre! Je resserre légèrement contre moi ma sacoche, effrayé à l'idée de la perdre par mégarde puisque je ne suis pas assez concentré. À l'approche du café, mon coeur s'accélère légèrement, comme à chaque fois que je revois Sloan. J'aperçois sa silhouette au travers de la vitrine, et je suis bien décidé à entrer dans le café. Sloan ne remarque pas mon entrée, concentré sur la consommation qui se trouve sur la table; une seconde s'y trouve, était-elle avec quelqu'un ou avait-elle déjà commandé mon café avec une pointe de caramel. « Sloan? » me hasardai-je dans un murmure avant de lui faire face. Elle sursaute légèrement, sûrement perdue dans ses pensées. Son regard fixe le mien et Sloan se lève pour me faire face. Un large sourire vient éclairer son visage, toujours aussi ravissante, peu importe la situation. Comment ne pas tomber sous le charme de cette femme? « Stephen » À chaque fois que je la rencontre, je ne sais pas comment réagir : dois-je l'enlacer, dois-je l'embrasser, dois-je lui serrer la main. Ce n'est jamais évident pour deux personnes qui ont été en couple de retrouver une relation amicale dite normale. Notre couple était d'une telle intensité qu'il est difficile à présent d'oublier ces moments. « Tu es venu. » J'esquisse un léger sourire; l'idée de m'exempter de ce rendez-vous m'est passé par la tête, mais l'envie de revoir Sloan était trop présente en moi! J'avance doucement vers elle, et je dépose un léger baiser sur sa joue pour la saluer. « Il n'y a aucune raison pour que je ne vienne pas! Au contraire! » Je tire la chaise vers moi, puis je m'y assieds, fixant les deux consommations sur la table. Je pose mes yeux à nouveau sur Sloan, détaillant son visage; un visage que je peux oublier, et qui me donne toujours une envie de sourire. « C'est moi, où tu as pensé à me commander ma fameuse boisson? » Je suis ravi de voir qu'elle n'a pas oublié le détail du caramel dans mon café; il y a des choses comme ça, que tu ne peux pas effacer de ta mémoire. Même son rire n'avait pas changé depuis le moment où je l'ai rencontré. « Contente de voir que tes goûts n'ont pas changé. » J'esquisse un léger sourire, mon goût surprenant pour l'ajout de caramel dans le café l'a toujours fait sourire, et j'ai souvent eu le droit à quelques remarques de la part de Sloan. Je ne peux pas m'empêcher de décrocher mon regard d'elle, d'ailleurs, elle semble tout droit sortie de la douche ce qui la rend d'autant plus attirante! Je dois avouer que j'ai un faible pour les femmes au naturel, c'est celle qui dégage le plus! « J'espère n'avoir pas trop chamboulé tes plans en te donnant rendez-vous ici...Tu n'avais rien de prévu au moins ? » J'aimerais lui dire que je changerai tous mes plans pour elle, que peu importe ce que je fais ou avec qui je suis, je viendrais dans la minute si elle a besoin de moi! Mais je pense que si je lui avouais cela, elle commencerait à se poser des questions, et ce serai justifié de sa part! « J'étais en train de corriger des copies, alors merci de m'avoir donné une excuse pour les fuir! » S'il y a bien une chose dans le boulot de professeur qui me prend sérieusement la tête, c'est bien de corriger des copies. Le seul point positif, c'est de pouvoir sélectionner les meilleures perles de copies, et de les publier sur internet! Je me rappelle du moment où j'ai annoncé à Sloan que j'allais devenir professeur à Oxford, elle a eu une longue crise de rire! Il est vrai que lorsqu'elle m'a connu en étant étudiant à Oxford, j'étais loin d'être étudiant modèle.
Je décroche mon regard d'elle pour le poser sur ma tasse de café toujours aussi fumante. J'hésite un instant à lui demander la raison de ce rendez-vous quelque peu inattendu; mais de nature curieux, j'ai vraiment besoin de savoir. « D'ailleurs j'étais bien surpris que tu me donnes rendez-vous... une raison particulière? » Je trépigne d'impatience de savoir la nature de ce rendez-vous, mais je fais attention de ne pas me montrer trop curieux face à elle. Sloan n'a jamais été très doué pour annoncer quoi que ce soit, et il semble que cela n'a pas changé depuis tout ce temps! « Je... J'ai une excellente nouvelle à t'annoncer, en fait. Le metteur en scène dont je t'ai déjà parlé, celui qui dirigeait la pièce dans laquelle je jouais l'an passé. Il... » JJe suis pendu à ses lèvres, impatient de connaître cette nouvelle qu'elle a souhaité me partager. J'ai toujours soutenu Sloan dans son choix de carrière, mais aussi dans tous ces choix. Je sors de mes pensées lorsque je sens le téléphone de Sloan se mettre à vibrer sur la table. Je ne veux pas m’immiscer dans sa vie, mais curieux de nature, je ne peux pas m'empêcher de jeter un coup d'oeil. Je ne parviens pas à lire parfaitement ce qui est écrit sur son téléphone; les prénoms Kelcey & Isobel, rien de plus. Je ne me pose pas plus de question, mais c'est lorsque je vois la réaction de Sloan que je commence à émettre des doutes. Pourquoi panique-t-elle ainsi; et se force à sourire pour éviter de montrer quoi que ce soit. « Bref, j'ai le premier rôle de sa nouvelle pièce ! » Je secoue la tête, elle me sort à nouveau de mes pensées; j'ai la fâcheuse tendance à vite m'éparpiller dans ma propre tête. Je remets ces mots dans ma tête, et dans l'ordre, pour être sûr d'avoir bien compris. Premier rôle, nouvelle pièce! Je me mords la lèvre, m'empêchant d'aller l'enlacer pour la féliciter. Ce rôle ne m'est plus attribué! « C'est génial Sloan! Je suis ravi pour toi, c'est une superbe nouvelle! » Impulsivement, j'attrape une de ses mains posées sur la table, pour la mêler à la mienne. « Premier rôle alors! Tu le mérites; tout arrive à un moment donné ! » C'est alors que je me rends compte que je tiens sa main, commençant à entremêler mes doigts avec les siens; brusquement, je retire ma main, légèrement gêné d'avoir fais cela. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris de retirer si rapidement ma main, comme si mon geste était déplacé. Pourtant, c'est Sloan, la fille avec qui j'ai partagé des années de ma vie, sûrement les meilleures! Je n'arrive pas à agir comme un ami normal, il y a toujours le spectre de notre relation qui plane autour de nous. Je ne sais pas pour elle, mais je ne peux pas oublier les moments que l'on a passés ensemble, encore moins au Queen's Lane! Se sentir gêné à ses côtés est un sentiment qui m'est désagréable, et puis cela ne nous ressemblait pas. Il est vrai que nous avons mis un certain temps à nous reparler, puis à nous revoir, après notre rupture. Même si c'était mutuel, nous avions toujours autant de sentiment l'un pour l'autre; seulement, on se déchirait et notre relation devenait toxique ! J'esquisse un léger sourire, pour cacher cette gêne après ce geste. D'ailleurs, en la regardant, elle semble surprise, soit par nos doigts qui s'entrelacent, soit parce que j'ai vivement retiré ma main. « Oui, tout arrive à un moment donné… »
Je pose mes mains sur ma tasse afin de les contrôler, je ne veux pas m'égarer à nouveau. J'ai le contact facile, j'aime sentir la présence de l'autre. Je n'arrive pas à décrocher mon regard de Sloan, la regarder m'est paisible. Cette femme a tellement de charme que cela en est presque malsain parfois; mes pensées divaguent lorsque je la vois s'essuyer avec délicatesse les lèvres. Je baisse la tête pour me concentrer sur autre chose. Ma tasse; jolie tasse au contenu toujours aussi fumant. « Mais, comme rien n'est vraiment officialisé, inutile de s'attarder là-dessus... Alors, à toi de me raconter ! Combien d’étudiants as-tu traumatisé depuis que tu bosses à la prestigieuse Oxford ? » Mes yeux se reposent à nouveau sur elle; pourquoi pense-t-elle que j'ai traumatisé des élèves? Pour me venger de mes professeurs à l'époque où j'étais encore un étudiant? « Au contraire tu sais, il faut s'attarder dessus ! Je veux tout savoir sur cette pièce et ton rôle. » J'apporte ma tasse à mes lèvres, je peux sentir l'odeur délicate du café mêlé au caramel; un breuvage qui m'a toujours suivi depuis mon adolescence ! Mes lèvres s'aventurent à toucher le liquide fumant; je grimace légèrement, trop chaud, trop trop chaud! Je repose ma tasse, et la mets de côté en attendant que celle-ci refroidisse. « Je ne suis pas ce genre de professeur qui traumatise ses élèves... Mais je dois bien avouer que... » Je ferme les yeux un instant, dois-je vraiment le dire?! « que j'ai frappé un élève il y a quelques mois! Hm; j'ai dû aller chez le psychologue afin qu'il s'assure que je sois apte à enseigner à nouveau! » Cette histoire va suivre toute ma vie, mais je ne regrette en rien mon geste ! J'ouvre à nouveau les yeux, pour poser mon regard anxieux sur Sloan. Je ne souhaite pas qu'elle ait une image différente de moi; certes elle m'a connu quand j'ai fait les pires conneries de ma vie, et elle m'a aidé à m'assagir. Seulement, je ne m'attendais pas à ce qu'elle réagisse de la sorte. Avoir un fou rire... C'est si hilarant que ça d'avoir frappé un élève? Honteuse, elle cache son visage grâce à ses mains. J'esquisse un léger sourire, elle n'a vraiment pas changé. « Hum, pardon, pardon… » Elle est toute pardonnée! Quand on replace notre passé commun, elle ne doit pas être si surprise du geste que j'ai eu envers cet élève. Je ne suis pas quelqu'un qui a souvent des excès de colère, je suis plus quelqu'un de pacifique; mais il m'arrive d'exploser, et de ne plus me contrôler. Elle est souvent venue me chercher au bureau du doyen de l'université après avoir frappé un étudiant. « Stephen Eryx Xenos ! Je pars quelques années à Londres et voilà ce que vous devenez. » Ce regard espiègle et ce sourire taquin résonnent en moi, comment ai-je pu laisser partir une femme comme elle ! J'ai souvent regretté la façon dont notre couple a explosé, et il m'arrive fréquemment de penser à ce que pourrait-être ma vie si elle était toujours à mes côtés. Assez de nostalgies et remords, j'ai cessé de ressasser le passé. Sloan me tire à nouveau de mes pensées lorsqu'elle glisse sa main dans la mienne, posée sur la table. « Je suis désolée... Mais te connaissant, je suis sûre qu'il l'avait bien mérité ! Et si tu es de retour à Oxford c'est, qu'en fin de compte, tu es un bon enseignant dont ils ne peuvent se passer, n'est-ce pas ? » Je la fixe, ne décrochant plus mon regard du sien. « En effet, c'était le cas! Un petit con qui pensait pouvoir forcer une fille à l'embrasser dans les couloirs d'Oxford. Et lorsque je suis venu vers lui pour l'arrêter, son insolence et son impertinence m'ont vraiment mis hors de moi. » Rien que d'y penser je me sens bouillir. Je n'accepte pas qu'on traite mal les femmes, les forcer, les battre, les torturer mentalement. Je suis peut-être vieux jeu parfois, mais une femme il faut savoir la courtiser et surtout la respecter! Je serre légèrement la main de Sloan; je ne peux imaginer mon comportement si quelqu'un agit mal envers elle! « Je suis un bon enseignant; mes élèves n'argumenteront pas avec ça! Certes, je ne suis pas un prof conventionnel! À chaque fin de cours, c'est bien moi le premier sorti... ça n'a pas changé ! Et que dire des étudiants qui s'amusent à faire les couillons en cours, un peu comme moi à l'époque. J'admets de les encourager et de m'amuser de leur comportement! » Cependant, il y a une chose qui m'obsède en ce moment, c'est de connaître l'étudiant qui s'amuse à me mettre en tête des chansons horripilantes à longueur de journée. Oh, le jour où je vais mettre la main sur lui, il va comprendre qu'il ne faut pas avoir affaire à moi! Sloan semble être quelques secondes dans ses pensées, sûrement à essayer de se projeter une image de moi en étant professeur. Je n'étais pas destiné à devenir professeur mais j'aspirais à devenir journaliste politique depuis tout petit. J'ai eu l'habitude de côtoyer de nombreux journalistes depuis ma plus tendre enfance. Ma mère travaillait à l'époque à l'ambassade d'Écosse à Athènes, et elle m'emmenait souvent au travail pour s'occuper de moi. Mais dès lors où je suis devenu l'assistant de mon professeur, j'ai senti que c'était fais pour moi.
Le visage de Sloan s'éclaircit avec ce léger sourire espiègle qui lui va si bien. « Je serai bientôt comédienne à plein temps à Londres, tu es enseignant à Oxford... Finalement, on peut dire que l'on s'en est pas trop mal sorti. » Un sourire se dessine sur mes lèvres; seulement, c'est un sourire qui veut cacher ce que je ressens réellement. Sloan baisse les yeux, et je pense savoir ce qu'elle pense. C'est une observation qui a le mérite d'être limpide; rompre nos fiançailles a sûrement était la meilleure chose qui nous soit arrivée, malgré nos sentiments profonds pour l'un et l'autre. « Tu as raison! Nos vies ont plutôt bien tournés! » Seulement, il y avait bien quelque chose de manquant dans ma vie, c'est une relation vraie et pure. Depuis ma rupture avec Sloan, je n'ai jamais retrouvé ce qu'il y avait entre elle et moi, avec une autre personne. J'ai eu des relations charnelles, sans forcément de lendemain, comme pour combler le vide de ma solitude. J'aimerais pouvoir avoir à nouveau la chance de rentrer du travail dans un appartement avec de la vie. Je secoue la tête pour ne pas ressentir un certain malaise, c'est assez désagréable d'y penser. C'est alors que je sens les doigts de Sloan faire des ronds dans la paume de ma main, comme avant. À la fois agréable, déroutant, et triste. « Ceci dit, même si la tentation est parfois forte, je n'ai encore jamais frappé personne, moi ! » Je lâche un rire, elle parvient toujours à trouver le mot pour rire pour échapper à une situation gênante. Elle a toujours aimé me titiller sur certain point sensible ou non; sa façon bien à elle de jouer avec moi. « Au contraire, il faut laisser la tentation prendre le dessus, et ce, pour n'importe quoi. Que ce soit pour les excès de colère ou bien, pour les envies charnelles. » Peut-être que je me fourvoie, mais j'ai l'impression de ressentir cette alchimie qui ne nous a jamais quitté après tout ce temps. Le fait qu'elle joue avec ma paume de main comme dans le passé, et aussi que je ne parviens pas à décrocher mon regard d'elle. Je l'admets qu'à chaque fois que je revois Sloan, j'ai une envie irrépressible de la prendre dans mes bras, et surtout de l'embrasser. Je lui en veux d'avoir ce pouvoir sur moi! Après que l'on se voit, je n'arrive pas à décrocher mon esprit d'elle, comme si elle m'hypnotise, et que durant un certain temps, je suis obnubilé par elle, jusqu'à ce que je parvienne à reprendre mes esprits. « Écoutes, quelqu'un a dit un jour que 'tout désir que nous cherchons à étouffer couve en notre esprit et nous empoisonne. Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder.' C'est assez véridique dans n'importe quelle situation. Je ne sais plus qui a dit cela, aide-moi c'est toi la littéraire! » Le rire de Sloan résonne dans ma tête comme un souvenir qui ne s'est jamais effacé de ma mémoire. C'est si bon de l'entendre rire, et cela me rassure de savoir qu'après toutes ses années je parviens toujours à la faire rire. Bien sûr, c'était un rire moqueur à mon égard, mais je lui ai tendu une si belle perche qu'elle ne pouvait pas rater! « Oscar Wilde, imbécile. » Mes lèvres dessinent un léger sourire sur mon visage. La gêne présente au début de ce rendez-vous est rapidement effacée par notre alchimie qui ne nous a jamais abandonné.
Peut-être suis-je le seul à le ressentir, mais je ressens cette petite chose qui nous a fait tomber amoureux l'un de l'autre. Je laisse Sloan entremêler mes doigts avec les siens, sans faillir une seule seconde; mon regard ne parvient pas à se décrocher du sien. Même si je connais parfaitement Sloan, je ne parviens pas à savoir ce qu'elle ressent à ce moment donné... a-t-elle autant envie de moi que moi d'elle. Car oui, il faut mettre les mots sur ce à quoi je ne cesse de penser depuis que mon regard s'est posé sur elle à travers la vitre : j'ai cette envie viscérale de l'embrasser et de lier à nouveau nos corps. Je me méprends sûrement, et je vais très probablement m'en vouloir d'avoir pensé à elle de cette façon. Seulement, notre relation passée nous a lié à jamais! J'étais prêt à finir ma vie avec elle; il était clair que c'était la future mère de mes enfants, et la femme avec qui j'allais me lier à jamais. Je n'ai jamais retrouvé ce désir que j'avais et j'ai pour elle à travers une autre femme. Il n'y a bien que Sloan pour me faire ressentir autant d'émotion à la fois! « Tu me connais, c'est juste que je n'aime pas la violence... Hum, ton appartement est loin d'ici ? » Je suis assez surpris par sa question, mais je ne me laisse pas montrer cette émotion. Pourquoi a-t-elle subitement l'envie de voir mon appartement?! Il est vrai que j'ai déménagé à Water Eaton, il y a de cela quelques mois, et qu'elle n'a jamais eu l'occasion d'y passer. Mais pourquoi tout à coup, elle a envie d'y aller? « Je... Oui, mon appartement n'est pas loin! » Mes pensées se rassemblent, peut-être que je ne suis pas le seul à ressentir cette envie irrépressible d'être seul avec elle. J'esquisse un léger sourire, heureux à l'idée de me retrouver seul chez moi... avec elle! « Tu veux qu'on y aille? Nous n'en avons que pour quelques minutes à pied... » Mes yeux ne cessent de la fixer la dévorant du regard; nos doigts s'entrelacèrent sans se lâcher. Et nous avons même oublié de boire nos consommations ! Mes pensées osent espérer que finalement, Sloan ressent tout autant cette alchimie toujours intacte entre nous. Je détaille chaque réaction de sa part : elle se mordille la lèvre et ces yeux se plissent légèrement avec malice. À cet instant, je reconnais ce regard et cette habitude qu'elle a de jouer avec sa lèvre. Je suis à présent certain que ce que je ressens, est bien réciproque. Aurais-je le temps de me contenir et de m'empêcher de l'embrasser avant d'être à mon appartement?! Mes pulsions m'inquiètent, mais comme je viens de lui dire, il ne faut pas réprimer ses tentations, au contraire, il faut les consumer!
Lorsqu'elle retire sa main entrelacée avec la mienne, je ressens comme un vide. Néanmoins, je la suis du regard alors qu'elle semble résolument motivée à se rendre à mon appartement. Je suis comme scotché à ma chaise, ne me lassant pas de la regarder. Elle s'approche de moi, apprêter pour sortir dans le froid glacial oxfordien. Je me tourne vers Sloan, alors qu'elle pose ses mains chaudes sur mon visage. Cette sensation me procure un frisson qui parcoure tout le long de mon corps. Brusquement, Sloan me prend de court lorsqu'elle dépose un léger baiser sur mes lèvres, qui attise d'autant plus le désir que j'ai pour cette femme! Je plonge mon regard dans le blanc de ses yeux, me freinant un maximum pour ne pas lui sauter dessus. Après tout, je suis professeur dans cette ville, et certains de mes élèves pourraient me voir. « À moins que tu aies envie de terminer ton café au caramel... » Je secoue la tête de droite à gauche, « Au diable mon café caramel ! » disais-je en souriant. À mon tour, je dépose un baiser sur ses lèvres, un baiser qui me démangeait tellement de lui donner. Je me lève à mon tour, et en un instant je suis prêt à sortir du Queen's Lane. Je pense que cet endroit est vraiment devenu incontournable pour nous. Je pose les yeux sur elle, et avec naturel, j'attrape sa main avec délicatesse. J'attire Sloan à l'extérieur pour nous rendre le plus rapidement à mon appartement. Je ne parviens pas à effacer ce sourire de mon visage. Mes yeux se posent sur Sloan, et un regard complice s'échange comme nous avions tant l'habitude d'avoir par le passé. Les minutes semblent être si longues pour atteindre mon appartement, mais j'ai plaisir de marcher à ses côtés en gardant sa main dans la mienne.

✖ FIN ✖


Dernière édition par Stephen E. Xenos le Lun 25 Mar - 23:35, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: SEX SFR ✖ We share the same sun   Jeu 7 Mar - 0:47


✖ STEPHEN XENOS & SLOAN RYAN ✖
« Oxford # Redbridge # Queen's Lane Coffee House »
Assise en tailleur sur mon lit défait, je contemplais l’intérieur de mon appartement de Redbridge, ressassant dans mon esprit ce que je venais de faire. L’idée de contacter Stephen m’était pourtant apparue comme une évidence, comme à chaque fois que ma vie prenait un nouveau tournant. Cependant, j’étais encore surprise d’être passée à l’acte. Un rayon de soleil vint alors éclairer la pièce et j’aperçu mon reflet dans le miroir qui me faisait face. Je semblais déconfite, prête à vider mes entrailles à tout moment. Je me levai subitement, me dirigeant vers la salle de bain et enclenchant la douche pour m’y glisser sous une eau glaciale, de quoi remettre de l’ordre dans ma tête. Le studio dans lequel je vivais ressemblait à celui d’une jeune étudiante d’Oxford mais, à chaque fois que je me retrouvais dans les rues de ce quartier, je me sentais chez moi et ma vie prenait tout son sens. Les cheveux encore humides, j’entrai dans le Queen’s Lane, une habitude qui ne m’avait jamais quittée. J’avais ce perpétuel besoin de me raccrocher à ce qui m’avait forgée. Je m’installai à ma table habituelle, collée à la vitrine. Lorsque la serveuse me fit signe, je lui signalai une commande supplémentaire. Un café caramel en plus de mon éternel café noir bien serré. Je n’étais pas sûre que Stephen arriverait à temps, je ne parvenais même pas à me convaincre qu’il viendrait. Commander à sa place le ferait arriver… Bon sang, pourquoi avais-je besoin de me rassurer ainsi ?

Les deux tasses fumantes sur la table, je me mis à les regarder avec attention et, à cet instant précis, un lot de souvenirs prit possession de tout mon être. « Sloan ? » Le murmure, aussi doux soit-il, me percuta de plein fouet et je redressai la tête vers lui comme une girouette, le regard humide. Je me levai fébrilement, un immense sourire se dessinant sur mon visage sans que je ne parvienne à le contenir. « Stephen » J’avais envie de l’étreindre mais j’étais comme paralysée, mon regard parcourant chaque trait de son visage comme si mes yeux venaient d’apercevoir le soleil après une éternité confinés dans l’obscurité. « Tu es venu. » Il s'avança alors vers moi et déposa un instant ses lèvres sur ma joue pour me saluer. Son odeur s'aventura jusqu'à mes narines, cette même odeur qu'il avait laissé sur de nombreuses affaires après notre rupture et dont j'inspirais le parfum lorsque les regrets s'emparaient parfois de moi. « Il n'y a aucune raison pour que je ne vienne pas ! Au contraire ! » Je l'imitai lorsqu'il s'installa à table, ne parvenant pas à le lâcher du regard. Je croisai mes mains sous la table, comme à chaque fois que le stress m'accaparait. Il me paraissait en forme, ce qui me fit immédiatement regretter mon aspect négligé. Ma peau n'avait pas encore eu le temps de se réchauffer après la douche, je n'avais aucun maquillage et mes cheveux séchaient en ondulant dans tous les sens. « C'est moi, où tu as pensé à me commander ma fameuse boisson ? » Je laissai échapper un léger éclat de rire à sa remarque. La première fois que l'on s'était donné rendez-vous dans ce café, j'avais été surprise par la douceur qu'il avait commandée. Dès lors, je le charriais dès que je le pouvais. « Contente de voir que tes goûts n'ont pas changé. » Mes mains se réchauffant sur ma tasse fumante, je me sentis aussi à l'aise qu'à l'époque. Je réalisais enfin que j'étais face à Stephen Xenos, mon Stephen Xenos. « J'espère n'avoir pas trop chamboulé tes plans en te donnant rendez-vous ici...Tu n'avais rien de prévu au moins ? » J'esquissai un sourire avant de dévier mon regard vers la rue de l'autre côté de la vitrine. Un couple de jeunes étudiants passèrent main dans la main et, contrariée par cette image, mes yeux fuyaient de nouveau pour retourner s'attarder sur le visage de l'homme qui me faisait face. « J'étais en train de corriger des copies, alors merci de m'avoir donné une excuse pour les fuir ! » Je tournai la cuillère dans mon café en tentant d'imaginer le Stephen de l'époque dans cette situation. Sur le moment, cela me sembla inconcevable, à moins qu'il ne le fasse nu comme un ver dans son canapé, un reste de pizza de la veille trainant sur la table basse. Dès lors, je fus curieuse de savoir comment l'homme qu'il était aujourd'hui réagissait lorsqu'un étudiant venait perturber ses propres cours ; quel genre d'enseignant était-il devenu ; comment diable corrigeait-il ces fichues copies ?

Mais avant que je ne puisse combler mon désir d'en savoir plus, il me devança : « D'ailleurs j'étais bien surpris que tu me donnes rendez-vous... une raison particulière ? » J'avais envie de lui rétorquer qu'il n'y en avait aucune, que j'avais simplement envie de parler à la fois de tout et de rien en sa compagnie mais j'étais une terrible menteuse. Je n'étais clairement pas douée pour les annonces, aussi bonnes soient-elles. Je n'appréciais surtout pas être le centre de l'attention. Pourtant, mon coeur savait qu'il ne me fallait rien de particulier pour avoir envie de lui donner rendez-vous. Mais il se battait avec ma raison, celle qui me soufflait qu'après de telles relations, la simplicité ne l'était plus jamais. « Je... J'ai une excellente nouvelle à t'annoncer, en fait. Le metteur en scène dont je t'ai déjà parlé, celui qui dirigeait la pièce dans laquelle je jouais l'an passé. Il... » C'est alors que mon téléphone, posé sur la table, se mit à vibrer. L'écran afficha un nouveau message dont on pouvait lire l'émetteur et les premiers mots : KELCEY -Isobel est à Paris. On se v... Paniquéé, je me saisi du téléphone et inspirai profondément en haussant les épaules et m'efforçant de sourire. « Bref, j'ai le premier rôle de sa nouvelle pièce ! » Dans ma tête, les pensées s’agitaient. Mon portable sous la main, je repensai au début de message que j’avais pu lire. À l’évidence, Kelcey m’invitait de nouveau à Londres sans but professionnel. Habituellement, l’idée de me rendre chez lui était quelque chose que j’envisageais avec enthousiasme. Quand je quittais Oxford pour le rejoindre, je ressentais un sentiment d’évasion, comme si je devenais une autre personne. Comme lorsque je me retrouvais sur scène. La Sloan que Stephen avait en face de lui n’était pas la même que celle qui entrelaçait son corps avec cet homme. Cette Sloan là n’avait ni famille, ni passé. Elle s’abandonnait et ne suivait que son instinct, sans scrupule ni aucun remord.

Je vois les traits de Stephen s’agiter, je crains le pire jusqu’à ce que son visage s’illumine et me ravit. « C'est génial Sloan ! Je suis ravi pour toi, c'est une superbe nouvelle ! » À cet instant, mon corps se liquifie de soulagement et de joie. Je ne perçois même pas sa main venir s’attacher à la mienne, sa réaction me comblant au point qu’il n’y a plus que nous deux au Queen’s Lane. « Premier rôle alors ! Tu le mérites ; tout arrive à un moment donné ! » Je ris d’allégresse. Mais nos doigts s’entrelacent, je le sens enfin. Je profite de ce court instant, comme si nous étions encore en couple et qu’aucun nuage ne venait assombrir notre avenir commun. Ma vie actuelle était telle que, si j’avais rencontré Stephen ce jour même, si je l’avais surpris à commander un café avec du caramel et que j’étais venue railler l’inconnu qu’il aurait été, peut-être que… Mais l’uthopie prit fin lorsqu’il retira sa main soudainement. Je le regardai d’un air désanchanté mais avec l’esquisse d’un sourire. « Oui, tout arrive à un moment donné… » La gêne était palpable et je ne le supportais pas. Ce n'était pas ce que je voulais entre nous. Ce n'était pas « nous ». Je bus une gorgée du café encore bouillant et, après avoir reposé la tasse, m'essuyai les lèvres du pouce en tentant de ne pas me laisser submerger par mon imagination en m'y attardant. Il fallait décidément passer à autre chose avant que mon impulsivité ne me donne des regrets. « Mais, comme rien n'est vraiment officialisé, inutile de s'attarder là-dessus... Alors, à toi de me raconter ! Combien d’étudiants as-tu traumatisé depuis que tu bosses à la prestigieuse Oxford ? »

L’image que j’avais de Stephen était loin d’être celle du professeur stricte et exigeant, mettant à bout ses élèves. Mais je le savais suffisamment créatif pour en déconcerter plus d’un, tout en passionnant la majorité. « Au contraire tu sais, il faut s'attarder dessus ! Je veux tout savoir sur cette pièce et ton rôle. » Tout savoir sur cette pièce, c’était également devoir parler de Kelcey et, après le message que je venais de recevoir, je n’avais plus aucune envie de partager cela avec Stephen. Pourtant, j’avais beaucoup de choses à lui raconter. C’était d’ailleurs pourquoi je l’avais convoqué, après tout. D’autant plus que ce projet me passionnait et qu’il me permettrait de m’affirmer enfin dans le monde très fermé du théâtre londonnien. Le rôle que Kelcey m’avait confiée valait de l’or. Je devais incarner une chanteuse à succès des années 40, amoureuse d’un homme que la guerre viendrait lui enlever. Le premier acte était bouclé et la présentation aux journalistes avait été inattendue. Mais le reste était en cours d’écriture et les répétitions étaient en suspens tant que la production ne donnait pas son accord. Les exigences de mon metteur en scène étaient telles qu’elles ne cessaient de retarder la naissance de la pièce. Et, même si je parvenais encore à vivre avec l’argent que j’avais gagné l’année précédente, je craignais de devoir à nouveau reprendre un travail insignifiant pour parvenir à payer mon loyer. J’étais proche d’atteindre mon rêve, mais il me fallait faire preuve d’encore plus de persévérance pour le vivre pour de bon.

La grimace de Stephen me sortit de mes idées mélancoliques. Son côté douillet était ce que je trouvais le plus charmant chez lui et c'était ce qui m'avait fait craquer lors de notre première rencontre. « Je ne suis pas ce genre de professeur qui traumatise ses élèves... Mais je dois bien avouer que... » Suspendue à ses lèvres, ses paupières soudainement closes me déconcertèrent. Je ne savais pas à quoi m'attendre. « que j'ai frappé un élève il y a quelques mois ! Hm ; j'ai dû aller chez le psychologue afin qu'il s'assure que je sois apte à enseigner à nouveau ! » Je m'esclaffai de rire avant de porter mes mains à mon visage pour le cacher partiellement, subitement prise de honte. Je toussotai afin de reprendre mon sérieux mais je sentai des larmes nerveuses naitre au coin de mes yeux. « Hum, pardon, pardon… » Je serrai mes lèvres pour réprimer mon comportement euphorique, totalement déplacé au vu des circonstances. « Stephen Eryx Xenos ! Je pars quelques années à Londres et voilà ce que vous devenez. » Mon regard débordait de malice. Bien que la situation semblait grave, elle résonnait en moi comme si Stephen avait été une nouvelle fois convoqué chez le doyen suite à un mauvais comportement en amphithéâtre. Ce fût à mon tour de lui saisir la main, dans un geste tendre et amical. « Je suis désolée... Mais te connaissant, je suis sûre qu'il l'avait bien mérité ! Et si tu es de retour à Oxford c'est, qu'en fin de compte, tu es un bon enseignant dont ils ne peuvent se passer, n'est-ce pas ?» Mes traits s'étaient débarrassé de toute espièglerie, laissant place à une expression compatissante. Mon regard était franc et plein de douceur, tandis que la paume de ma main se réchauffait dans la sienne. « En effet, c'était le cas ! Un petit con qui pensait pouvoir forcer une fille à l'embrasser dans les couloirs d'Oxford. Et lorsque je suis venu vers lui pour l'arrêter, son insolence et son impertinence m'ont vraiment mis hors de moi. » Son regard était pénétrant, plein de sincérité. Je le reconnaissais bien dans son récit. Il n'était pas du genre à accepter qu'on s'en prenne aux plus faibles et n'hésitait jamais à intervenir dans ce genre de situation. Je me souviens que, lorsque j'étais à ses côtés, je me sentais toujours en sécurité. Tant qu'il était près de moi, rien ne pouvait m'atteindre et, encore aujourd'hui, avec sa main serrant un peu plus fort la mienne, je me rendis compte que ce sentiment était intact. « Je suis un bon enseignant ; mes élèves n'argumenteront pas avec ça ! Certes, je ne suis pas un prof conventionnel ! À chaque fin de cours, c'est bien moi le premier sorti... ça n'a pas changé ! Et que dire des étudiants qui s'amusent à faire les couillons en cours, un peu comme moi à l'époque. J'admets de les encourager et de m'amuser de leur comportement! » Je parvenais enfin à me représenter Stephen en enseignant. J'étais rassurée qu'il n'ait pas changé. Après avoir mis fin à nos fiançailles, je m'étais souvent remise en cause. Je me tourmentais sans cesse, regrettant de m'être engagée à changer son comportement. Cela partait pourtant d'une bonne intention, car je ne supportais plus le voir gâcher ainsi ses capacités et enfouir ses meilleures qualités. Mais la pression familiale qui pesait de plus en plus lourd sur mes épaules m'avait certainement conduite à le pousser au-delà de qui ce m'était permis. Je devais également admettre que le fait qu'il ne me laissait pas toujours prendre part à ses fresques n'arrangeait pas les choses. « Je serai bientôt comédienne à plein temps à Londres, tu es enseignant à Oxford... Finalement, on peut dire que l'on s'en est pas trop mal sorti. » Je baissai les yeux sur ma tasse vide. Dire cela était admettre que rompre nos fiançailles avaient toujours été la bonne décision. Même si je le savais depuis longtemps, cela restait un point sensible, une étape de ma vie qui me marquerait à jamais. Partir à Londres seule n'avait pas été aisé, mais ce que j'y avais vécu m'avait rendu plus forte et indépendante. Mon index faisait des cercles sur sa paume, comme à l'époque. Je relevai la tête, souriant à pleines dents. « Ceci dit, même si la tentation est parfois forte, je n'ai encore jamais frappé personne, moi ! » Son rire raisonna jusqu'à mes oreilles comme une chanson familière, un air qu'on ne peut s'empêcher de fredonner dès l'instant que l'on entend les premières notes et, qui nous projette inconsciemment à un moment particulier de notre vie. Je me sentais bien. La présence de Stephen me donnait désormais le sentiment d'être chez moi et d'être là exactement où je devais être. Il n'y avait plus d'embarras, il n'y avait que lui et moi. « Au contraire, il faut laisser la tentation prendre le dessus, et ce, pour n'importe quoi. Que ce soit pour les excès de colère ou bien, pour les envies charnelles. » À cet instant, mes doigts cessèrent tout mouvement, comme si le temps venait de se suspendre. Les tentations charnelles, j'y avais cédé. Si j'avais déjà eu envie de frapper Kelcey après une journée intensive de répétitions, je n'avais eu aucun scrupule à perdre tout contrôle le soir de cette fameuse présentation de notre nouvelle pièce aux journalistes. La colère qu'il provoquait en moi à cette époque avait décuplé mon désir lorsqu'il s'était inséré dans la loge des artistes. La tentation avait pris le dessus sur tout le reste.

Mais, à cet instant précis, Kelcey était à des kilomètres de mon esprit. J'avais oublié le message qu'il m'avait envoyé, il n'occupait plus aucune place dans ma tête, j'étais entièrement dévouée à Stephen et tout mon corps le ressentait. Mes membres étaient comme des aimants, seul le peu de clarté que mon esprit possédait m'empêchait de lui sauter dessus. « Écoutes, quelqu'un a dit un jour que 'tout désir que nous cherchons à étouffer couve en notre esprit et nous empoisonne. Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder.' C'est assez véridique dans n'importe quelle situation. Je ne sais plus qui a dit cela, aide-moi c'est toi la littéraire! » Je me mis à rire, baissant mon regard sur nos mains nouées et répondit sans prendre le temps de réfléchir. « Oscar Wilde, imbécile. » Je replongeai mon regard dans le sien. J'en avais presque oublié la beauté de leur iris. Désir, tentation, charnelle... Notre rendez-vous avait pris une tournure à laquelle je ne m'étais pas préparée. Peut-être étais-je la seule de nous deux à ressentir ce bourdonnement au creux de mon ventre, peut-être que mon imagination me jouait des tours... Je n'avais plus la tête au raisonnement, je n'avais plus aucune lucidité. Un pincement au coeur me souffla les mots suivants à l'oreille : Ciel ait pitié de moi, et je pris le risque de foncer dans le mur : mes doigts s'entrelacèrent dans les siens avec intensité, sans que mon regard ne fléchisse. « Tu me connais, c'est juste que je n'aime pas la violence... Hum, ton appartement est loin d'ici ? » Un, deux, trois... Allais-je survivre ou pas ? « Je... Oui, mon appartement n'est pas loin ! » Je l'avais déconcerté, certes. Mais sa main encore nouée à la mienne me rassura : je ne l'avais pas effrayé. Son regard ne s'était pas non plus détourné, je percevais même ces petites ridules rieuses au coin de ses yeux, qui se manifestaient à chaque fois que quelque chose animait Stephen. Je sentais ma poitrine s'affoler, mon souffle devenir difficile. Je me mordis la lèvre d'impatience. « Tu veux qu'on y aille? Nous n'en avons que pour quelques minutes à pied... » Je sentis son regard me consumer. Nous étions sur la même longueur d'onde, le lien ensorceleur qui existait entre nous n'était pas altéré.

Je déviai mon regard sur nos tasses. Si la mienne était quasiment vide, la sienne avait été à peine entamée. Je lâchai sa main et me levai, l'air plus résolu que jamais. J'enfilai ma veste en jean, enroulai mon écharpe autour de mon coup et pris mon sac. Je contournai la table et m'approchai de Stephen, me baissant suffisamment pour que nos visages soient à la même hauteur. Je saisis son doux visage de mes deux mains et déposai un baiser furtif sur ces lèvres qui m'avaient tant manqué. Mes mains encadrant son visage, mes yeux fixèrent les siens avec détermination. « À moins que tu aies envie de terminer ton café au caramel... » Il secoua la tête, prit au dépourvu. « Au diable mon café caramel ! » Son sourire me réchauffa le coeur et le baiser qu'il me rendit agita tous mes sens. Mon coeur battait la chamade. Je ne savais pas si ce que nous faisions était raisonnable, je ne songeais pas aux conséquences. Je vivais l'instant présent avec intensité. Nous avions été crée l'un pour l'autre, cela avait toujours été mon intime conviction. Et, à présent que nos corps et nos âmes s'étaient retrouvés, je me sentis entière à nouveau. Il glissa sa main dans la mienne et, je me laissai entraîner à l'extérieur de cet endroit témoin depuis longtemps de notre histoire. Le vent frais ne me fit aucun effet, le sang coulant dans mes veines étant si chaud. Je ne pouvais m'empêcher de sourire, le suivant avec gaité tandis que nos mains étaient nouées. Le regard qu'il m'adressa par dessus son épaule me confronta à nos plus belles années. Je sentais presque le rayonnement du Printemps percer les nuages surplombant la ville. La route semblait infinie et, malgré l'impatience qui me submergeait, j'en profitais avec délectation, comme si tout pouvait s'arrêter d'un instant à un autre...

The end.

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