this is no more fun → calixte

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MessageSujet: this is no more fun → calixte   Mer 6 Mar - 12:41

J'enchaine les soirées difficiles et les écarts injustifiables, les portes claquées au nez, les refus répétés d'un professeur trop distant, et ma vie se résume ce soir à tous ces verres que je bois jusqu'à oublier toute conscience de moi même. Je pourrais partir et rentrer, m'engouffrer dans le premier taxi allègrement payé de la fortune de Papa, Papa si fier et si aimant, et pourtant je suis vissée à ma chaise, attendant, presque comme une prostituée attend son prochain client, qu'un type m'aborde et me porte le moindre intérêt. L'alcool me donne chaud, terriblement chaud, mais je ne peux pas quitter le bar évidemment. Cela ferait faillir le plan. Je pose ma tête sur ma main et observe, contemplative, les gens qui vont et qui viennent autour de moi. Des têtes traditionnelles, parfois moqueuses, parfois apitoyées, d'autres qui s'en foutent. Je ne comprends pas, depuis mon intrusion en petite tenue chez mon professeur, je n'arrive plus aussi bien qu'avant à prétendre que tout va bien. Son rejet me fait mal, terriblement mal, trop pour que je ne sois que déçue de ne pas pouvoir bénéficier de ses faveurs le temps d'une soirée. C'est mon coeur qu'il a atteint en me repoussant de nouveau, et si je ne compte pas abandonner ses suites, je dois admettre que j'ai pris un sérieux coup dans l'aile en le réalisant. J'espère trouver quelqu'un ce soir pour me changer les idées mais la seule chose à laquelle je parviens à prétendre, c'est l'étreinte de ses bras. Je frissonne et soupire, avalant de nouveau un verre cul-sec, tournant la tête pour aviser le type qui vient de s'asseoir à ma droite. « Bonsoir », je lance, en inspirant et pour retrouver une posture aguicheuse. « Salut. » Il se tourne vers le serveur auquel il commande, d'une voix assurée de l'habitué régulier : « S'il vous plaît ! Une pression pour moi et... Je vous offre un verre mademoiselle ? Je m'appelle Calixte. » Je souris un peu et acquiesce vivement : « Un gin tonic, merci... » J'attends que le serveur prenne note et me présente. « Moi Juliet », je réponds en remettant mes cheveux en place. « Vous êtes tout seul ? »

« Malheureusement oui. J'avais rendez-vous mais elle n'est pas venue. » Ca arrive. Je l'imite en hochant doucement la tête, avalant une gorgée de mon verre à mon tour. « Mais vous ? Que fait une si jolie demoiselle seule dans un bar ? Ce n'est pas votre place à mon avis. Qu'est-ce qui vous amène ici avec cet air si malheureux ? » Je souris un peu et tourne la tête vers lui en acquiesçant lentement. « C'est une très belle phrase, un peu clichée, mais très belle cela dit ». Je trinque et hausse une épaule sans oublier la teneur de sa question. « Je ne sais pas, c'est un rituel, un peu ? A un moment dans la journée vous vous dites que vous êtes seule et l'instant d'après, on vous retrouve dans un bar bondé en train de boire de l'alcool, c'est un cliché assez évident aussi, finalement. » J'avale, songeuse, une gorgée de mon verre, mais il décide de ne pas commenter et de changer de sujet plutôt, ce qui est réellement bienvenu. « Alors dites-moi Juliet, vous vivez à Oxford ? Que faîtes-vous dans la vie ? » Je penche la tête vers lui et hoche doucement la tête en jouant avec le parasol en papier qui orne le bord de mon verre. « Je suis étudiante en psy, à Oxford, oui. » Je fronce le nez, je n'habite pas loin d'ici ce qui s'explique sans doute par le fait que mon père est le doyen de la fac, ce que je garde pour moi. « Tu peux me tutoyer», j'ajoute, en faisant naturellement de même. « Et toi, alors ? » Sa tête ne me dit rien mais il y a tellement d'étudiants à Oxford que même s'il y était, ça ne serait pas très étonnant. « Oh moi... Je suis un ancien étudiant d'Oxford, en théologie. Après mes cinq ans d'études j'ai pris quelques années sabbatiques durant lesquelles j'ai parcouru le sud de la France. » J'acquiesce vaguement sans émettre de commentaire, mais impressionnée par l'idée de voyage. « Je suis rentré il y a à peine quelques mois. Je vis chez ma soeur Rose qui étudie l'histoire à l'université. » Rose en histoire ? You've got to be kidding me. Je retiens un commentaire acerbe et décide plutôt de ne rien dire, Rose Foster, si c'est bien elle dont il s'agit, ce que je pense, est la personne que je déteste le plus au monde mais son frère n'est pas désagréable à regarder. « Chouette programme, tout ça», je commente en terminant mon verre, cul sec. « Oxford te manquait pour que tu décides de revenir, ou les anglaises sont plus jolies ? »

« J'en ai vu des jolies filles en France, des touristes du monde entier. Aucune n'arrive à la cheville des anglaises. » J'hausse un sourcil curieux, vraiment ? Ca m'étonne un peu, les françaises ont très bonne réputation. « Rien ne vaut une belle anglaise blonde aux cheveux bouclés et aux yeux envoûtants. » Je plisse le front, me demandant si est en train de s'installer le jeu de drague auquel je pense ou pas. « On t'a déjà dit que tu avais des yeux magnifiques ? » Visiblement, oui. Il baisse d'un ton pour poursuivre d'une citation que je connais - parce que j'ai lu Roméo & Juliet après qu'Henry m'ait emmenée au théâtre il y a plusieurs mois maintenant. « Jamais avant cette nuit je n’avais vu la vraie beauté. » Bien sûr que c'est terriblement cliché, ça, personne ne pourra dire le contraire. Pourtant, je me mords la lèvre, avalant une nouvelle gorgée de mon verre et me laissant rougir sous l'impulsion du compliment. Je sais pertinemment ce qu'il veut, mais rien n'empêche d'y mettre les formes, et je mentirai si je disais que ses belles phrases toutes faites n'ont sur moi aucun impact. « Merci», je lance donc à voix basse moi aussi, hochant lentement la tête avant de replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je pose ma main sur sa cuisse pour signaler que j'ai compris le message et croise les jambes, m'armant d'un sourire espiègle tout en terminant mon verre.

« Vous ne semblez pas être le genre de femme à traîner seule dans les bars sans raison. Quoiqu'il est aussi fort possible que je me trompe... » Je relève les yeux vers lui et hausse une épaule. « Tu serai surpris», je réplique, un peu amusée. « On n'est jamais vraiment ici sans raison, de toute façon, il y a toujours quelque chose qui te trotte derrière la tête quand tu viens t'échouer seul au comptoir d'un bar, non ?» Je ris un peu, pas dupe, je connais ce jeu de séduction par coeur, objet de moultes répétitions.
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Dernière édition par Juliet K. Russell le Mar 21 Mai - 10:31, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: this is no more fun → calixte   Ven 8 Mar - 21:34

« Roooooooooose ? » J'entreprends de discipliner ma tignasse à l'aide de la brosse de ma cousine June. « Rose putain t'es où ? » Pas de réponse, je jette la brosse sur le meuble à produits de beauté de mes filles. Enfin « mes filles »... on se comprend. Je retourne à grandes enjambées dans ma chambre-salon et ouvre mon placard-porte-manteaux. « Juuuuuuuuuune Roooooooose vous avez vu ma chemise noiiiiiiire ? » Toujours pas de réponse, j'entends pourtant des gloussements venant de la chambre de ma soeur. Je vais tambouriner à la porte, plus qu'agacé par leurs gamineries. Elle se taisent, j'ouvre le battant à la volée. « Ma. Chemise. Noire. MAIS QU'EST-CE QUE ...?! » La-dite chemise (ou ce qu'il en reste) trône sur le lit au milieu de ces deux garces armées de ciseaux à tissus. « Désolées Cal, sussure ma diabolique cadette d'un air pas du tout désolé, on avait besoin de soie pour nos déguisements. Et ta chemise est parfaite. » Je respire profondément avant de rugir « EVIDEMMENT QU'ELLE EST PARFAITE, TU SAIS COMBIEN ELLE M'A COUTE ?! » Ou plutôt combien elle a couté à Fran... Je sors rapidement de la pièce. Pas le temps de me pomponner plus, la fille rencontrée sur internet m'a donné rendez-vous à 21h. J'enfile une autre chemise, mon blouson et je m'enfuis.
22h30, j'entre au Carling désespéré. La fille n'est pas venue, j'ai abandonné tout espoir et viens me réfugier dans le seul endroit d'Oxford qui ne me décevra jamais. Je n'aurais pas cru si bien dire. Accoudée au bar, une sublime créature blonde semble noyer un quelconque chagrin dans l'alcool. Je viens m'asseoir à ses côtés mine de rien. « Bonsoir » sa voix et sa position en disent long sur ses attentes. « Salut. » Je me tourne vers le serveur « S'il vous plaît ! Une pression pour moi et... Je vous offre un verre mademoiselle ? Je m'appelle Calixte. » Je lui tends la main, mon habituel sourire charmeur aux lèvres. Elle me rend mon salut accompagné d'un joli sourire. « Un gin tonic, merci... Moi Juliet. » Elle fait aller ses cheveux avant de poursuivre : « Vous êtes tout seul ? » Je hoche gravement la tête. « Malheureusement oui. J'avais rendez-vous mais elle n'est pas venue. » Je laisse passer un ange en prenant une gorgée de bière. « Mais vous ? Que fait une si jolie demoiselle seule dans un bar ? Ce n'est pas votre place à mon avis. Qu'est-ce qui vous amène ici avec cet air si malheureux ? » Sans se départir de son sourire, elle me répond d'une voix lointaine « C'est une très belle phrase, un peu clichée, mais très belle cela dit » Nous entrechoquons légèrement nos verres, puis je pose mon menton dans le creux de ma main pour mieux l'écouter. « Je ne sais pas, c'est un rituel, un peu ? A un moment dans la journée vous vous dites que vous êtes seule et l'instant d'après, on vous retrouve dans un bar bondé en train de boire de l'alcool, c'est un cliché assez évident aussi, finalement. » Je hausse une épaule en buvant une gorgée de bière. Qu'un homme vienne noyer sa solitude dans un bar est déjà assez triste, mais qu'une belle nana comme elle aie besoin de même me fait me demander ce qui cloche dans cet univers. Mais qu'importe, car j'ai besoin de compagnie aussi.
Je change de sujet, celui-ci étant trop sérieux pour une soirée pareille. « Alors dites-moi Juliet, vous vivez à Oxford ? Que faîtes-vous dans la vie ? » Elle semble un instant perdue dans ses pensées, la tête baissée, me laissant tout le loisir de l'admirer. « Je suis étudiante en psy, à Oxford, oui. » Je souris en me remémorant les années mémorables de ma vie d'étudiant. « Tu peux me tutoyer. Et toi alors ? » Je hausse un sourcil et une épaule. « Oh moi... Je suis un ancien étudiant d'Oxford, en théologie. Après mes cinq ans d'études j'ai pris quelques années sabbatiques durant lesquelles j'ai parcouru le sud de la France. » Je bois et porte mon regard sur les étagères de bouteilles. « Je suis rentré il y a à peine quelques mois. Je vis chez ma soeur Rose qui étudie l'histoire à l'université. » Relatée de la sorte, ma vie semble bien inintéressante. Mais après tout, j'aurais quelque chose à raconter, je vais pécho ce soir.
« Chouette programme, tout ça. Oxford te manquait pour que tu décides de revenir, ou les anglaises sont plus jolies ? » Elle vide son verre d'un coup, je m'empresse d'en faire de même avant d'hausser un sourcil entendu. « J'en ai vu des jolies filles en France, des touristes du monde entier. Aucune n'arrive à la cheville des anglaises. » Je pose mon menton au creux de ma paume. « Rien ne vaut une belle anglaise blonde aux cheveux bouclés et aux yeux envoûtants. » Je prends un air lointain pour lui demander d'un air innocent « On t'a déjà dit que tu avais des yeux magnifiques ? » Je baisse la voix une nouvelle fois pour lui souffler « Jamais avant cette nuit je n’avais vu la vraie beauté. » Cacher que mes intentions envers cette fille, Juliet, sont loin d'être innocentes serait mentir, mais j'aime bien faire les choses, et les filles faciles ne m'intéressent pas. J'aime le challenge et ma compagne de ce soir est loin d'avoir l'air cruche. Je l'observe intensément, sourit en voyant des joues rougir délicieusement et bois avec elle. Aucun de ses gestes ne m'échappe et tout en elle exprime son accord pour continuer le petit flirt que je viens de débuter. Dieu merci, mon souvenir des anglaises était bon. Certes la plupart des françaises possédaient des atouts physiques indéniables -et ne parlons pas des nordistes- mais il était totalement impossible de les séduire avec simplement des belles paroles, un peu d'esprit et un sourire charmeur, il fallait avoir le porte-feuilles derrière. Les anglaise que j'ai rencontrées semblaient être plus spirituelles. « Merci. » Je hoche la tête sans pouvoir empêcher mon regard de glisser sur la courbe de son cou.
Je sais qu'il est inutile de préciser la provenance de ma citation : ça me ferait passer pour un vantard. Sans compter qu'elle paraît déjà la connaître. « Vous ne semblez pas être le genre de femme à trainer seule dans les bars sans raison. Quoiqu'il est aussi fort possible que je me trompe... » J'aimerais savoir ce qui l'amène ici pour éviter tout faux pas. Le décès d'un proche, une mauvaise note ou une déception amoureuse ? En tous cas, rien que je ne sois pas en position de lui faire oublier, encore faut-il que je sois aiguillé sur la marche à suivre pour ne pas commettre d'impair. « Tu serais surpris.  On n'est jamais vraiment ici sans raison, de toute façon, il y a toujours quelque chose qui te trotte derrière la tête quand tu viens t'échouer seul au comptoir d'un bar, non ?  »  J’acquiesce avec un adorable sourire contrit. Elle n'a pas tout à fait tort, c'est vrai que si je suis ici c'est pour oublier ma défaite avec mon rencard de ce soir et avec l'espoir d'en trouver un autre. C'est à ce moment que je devrais inviter Juliet à prendre un verre chez moi... Si j'avais un chez-moi. Je jure intérieurement et fais la promesse de me mettre dès demain à la recherche d'un boulot et un appart. Je glisse tout de même à tout hasard, espérant qu'elle comprenne l'allusion «  On s'entend mal ici non ? Ca manque vraiment d'intimité.  » Un instant, je crains d'avoir été trop brusque, mais tenter de me reprendre ne ferait que m'enfoncer.

uc.
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