Étincelle [Henry] [Terminé]

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MessageSujet: Étincelle [Henry] [Terminé]   Lun 4 Mar - 2:07

La recherche était de ce genre d’activité professionnelle qui exigeait une certaine dose d’instinct et beaucoup de dépassement de soi. De la persévérance aussi. Beaucoup. Car on pouvait parfois passer de longs mois sans qu’aucune expérience ou observation n’aboutissent. Et puis, soudainement, après une longue traversée du désert, on tombait sur un minuscule indice qui redonnait espoir. C’était ce genre d’indice que le Dre Sarah Jones tenait serré contre son cœur, parcourant à grandes enjambées les couloirs de l’université, le cœur battant. Ce n’était probablement rien. Un truc de rien du tout. Mais ça pouvait signifier énormément. Peut-être même un renversement paradigmatique crucial.

Elle toqua trois coups à la porte du bureau d’Henry.


« Henry…? C’est Sarah! »

La porte s’ouvrit sans attendre. Un rapide coup d’œil par-dessus l’épaule d’Henry lui permit de constater que son collègue était en pleine séance de correction et elle esquissa un sourire.

« Une tasse de thé ? » lui demanda-t-il, réflexe typiquement britannique. L’art du thé… Sarah avait fait une étude comparative sur la culture du thé dans ses jeunes années à la fac. Travail qu’elle avait adoré. Son prof, un peu moins.

« Volontiers. »

Elle prit place, le précieux document qu’elle venait d’imprimer toujours précieusement dans sa main. Son regard balaya le dessus du bureau de son collègue et elle demanda d’un ton dégagé :

« Je te dérange…? »

Question purement rhétorique. Elle ne s’attendait pas à une réponse, positive comme négative. Et même si elle était positive, elle s’en ficherait comme de ses premières chaussettes.

« Absolument pas. » Sarah sourit d’un air entendu. À la bonne heure! Une tasse fumante se retrouva bien vite devant elle, mais elle n’y toucha pas tout de suite. Boire son thé brûlant était un acte pratiquement suicidaire pour la langue.

« Tu voulais me voir ? » Sarah ne répondit pas tout de suite, lissa le document qu’elle avait entre ses mains et le tendit à Henry. « Ce sont les résultats de la dernière étude menée par mon équipe de recherche. Il faudra sans doute la répliquer, mais cela pourrait très bien laisser croire que la maladie mentale serait de nature… eh bien, culturelle! » Un sourire de gamine devant sa nouvelle poupée éclairait son visage et l’anthropologue se tenait au bout de la chaise, excitée et à l’affut du moindre changement dans les traits d’Henry.

« Well, ça me semble intéressant, cela dit tu insinues que je ne pourrais pas soigner un japonais, ce qui me semble réducteur. »

Sarah roula des yeux en entendant la remarque de son collègue. Il était complètement à côté de la plaque, mais elle n’eut pas le temps de répondre, car déjà, il reprenait la parole.

« Si ça ne te dérange pas, j’aimerai prendre le temps de la lire dans son intégralité. Je pourrais te la rendre demain à la première heure, et te donner un avis plus tranché. Je suis d’un ennui terrible quand je me plonge dans des recherches. »

«Oh mais non, c’est bon, vas-y, tu peux lire, le temps que je boive ce thé ! »

Et elle prit la tasse, fixant intensément son collègue… qui ne lisait toujours et qui la fixait en retour. Elle cligna des yeux, souriant exagérément bêtement, la tasse de thé entourée de ses mains communiquant la chaleur à ses paumes.

« Vraiment, je suis vraiment pas drôle dans ces cas là. »

Sarah se contenta de continuer à sourire, ramenant sa tasse à ses lèvres pour siroter prudemment une gorgée de thé.

« Pourquoi, est-ce que tu...me regardes comme ça ? »

« Hmm? » fit-elle, en baissant sa tasse. Et en reprenant un air plus sérieux, et moins déstabilisant pour son collègue. « Roh… Si on peut même plus rigoler, mon pauvre ami… Mais détendez-vous, Henry! Tenez! Venez avec moi au Carling, ce soir. Ça va te décrisper. » Son franc-parler avait encore frappé, mais il n’y avait pas de quoi s’offusquer venant de la part de Sarah.

La proposition de Sarah avait pris de court son collègue qui s’était mis à hésiter. S’il ressortait encore une de ces excuses dont il avait le secret, elle ne répondait plus de rien.

« J’ai des... »

« Des…? » l’incita-t-elle à continuer, haussa un sourcil et se penchant vers le bureau. Henry ne termina jamais sa phrase et finit par se rétracter

« D’accord. »

Sarah se laissa choir sur le dossier de la chaise, un air satisfait sur le visage.

« À la bonne heure! Retrouve-moi au bas vers 21h! »[/b] s’exclama-t-elle joyeusement, vidant sa tasse cul sec. Elle se leva brusquement sur ses jambes, avisant l’heure. « Ouh là… j’dois filer! À c’soir! » Et elle partit.

TERMINÉ
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MessageSujet: Re: Étincelle [Henry] [Terminé]   Lun 4 Mar - 2:59

Je fronce un peu les sourcils devant l’absurdité d’une copie, relisant et relisant, me demandant si je n’ai pas manqué un concept important ou une remarque brillante qui n’aurait pas attiré mon attention jusque là, mais non. Étonné de trouver une copie aussi mauvaise dans le tas de copies d’une université aussi prestigieuse, je songe un moment aux étudiants qui fréquentent ma classe avant d’avoir un doute sur l’identité du rédacteur. Je relis une nouvelle fois la copie, et redresse mes lunettes lorsqu’une voix m’interpelle derrière la porte. « Henry…? C’est Sarah! » Je relève la tête, et referme mon parapher remettant la correction de cette copie à plus tard. Je me lève assez vivement pour aller ouvrir. Je m’efface pour laisser ma collègue entrer. « Une tasse de thé ? » Je mets en route la bouilloire et sors ma propre tasse tout en cherchant une réponse dans son regard. « Volontiers. » Elle accepte, et je m’exécute alors, assez machinalement. Faire le thé aux gens qui viennent discuter avec moi dans ce bureau c’est une mauvaise habitude que je ne perdrai pas facilement, j’en bois ma mère toute la journée. « Je te dérange…? » Question à laquelle, il n’y a bien souvent qu’une réponse possible : « Absolument pas. » Je souris et dépose la tasse devant elle avant de m’asseoir de nouveau derrière mon bureau. « Tu voulais me voir ? » L’anthropologue ne touche pas à sa tasse de thé et me tend un document tout en souriant, comme victorieuse. Je m’en saisis et l’inspecte après avoir déposé un sucre juste à côté de sa tasse encore fumante. J’ajuste mes lunettes sur mon nez, haussant parfois un sourcil tandis qu’elle commente.  « Ce sont les résultats de la dernière étude menée par mon équipe de recherche. Il faudra sans doute la répliquer, mais cela pourrait très bien laisser croire que la maladie mentale serait de nature… eh bien, culturelle! » Je laisse échapper un rire amusé. Le fait culturel n’est pas à écarter évidemment, mais il est amusant qu’elle vienne apporter ce genre de résultat à un médecin. Au delà des cultures, nous avons tous un cerveau possédant les mêmes faiblesses qui permettent en autre de pouvoir mettre au points des traitements efficaces partout dans le monde. Je repose sa recherche sur mon bureau et avale une gorgée de thé tout en souriant. « Well, ça me semble intéressant, cela dit tu insinues que je ne pourrais pas soigner un japonais, ce qui me semble réducteur. » Je ris un peu pour lui montrer que je plaisante. « Si ça ne te dérange pas, j’aimerai prendre le temps de la lire dans son intégralité. Je pourrais te la rendre demain à la première heure, et te donner un avis plus tranché. Je suis d’un ennui terrible quand je me plonge dans des recherches. » Désinvolte, ma collègue se contente de répliquer amusée. «Oh mais non, c’est bon, vas-y, tu peux lire, le temps que je boive ce thé ! » Je ne vais pas lire cette recherche maintenant, j’ai moi même besoin d’un thé, et pas de ceux que je sers dans mon bureau. « Vraiment, je suis vraiment pas drôle dans ces cas là. » Elle me fixe, et je ne comprends pas vraiment pourquoi, ce qui me fait froncer les sourcils et reposer ma tasse de thé pour l’interroger. « Pourquoi, est-ce que tu...me regardes comme ça ? » Je hausse un sourcil et repose la recherche.

Sarah râle, et s’amuse. Il est vrai que je ne suis pas vraiment l’homme le plus détendu du monde, ce qui pour un psychiatre pourrait être un comble. J’ai bien entendu tenté les antidépresseurs, et autres médicaments avant d’accepter la situation et décider de faire face, ce qui n’est encore aujourd’hui, pas une mince affaire malgré tout. « Hmm? Roh… Si on peut même plus rigoler, mon pauvre ami… Mais détend toi, Henry! Tiens! Viens avec moi au Carling, ce soir. Ça va te décrisper. »  Le Carling ? Je ne suis vraiment pas sûr que ce soit une bonne idée, vraiment pas. J’ai pris l’habitude de décliner ce genre de propositions en trouvant toujours des excuses plus fantasques les unes que les autres. Je m’apprête d’ailleurs à sortir la meilleure et la plus crédible à savoir celle des copies à corriger quand mon regard percute celui de ma collègue. « J’ai des... » Je suis vraiment pitoyable, et je crois que je vois ce dont Amy veut parler ou même Juliet. Je suis incurablement ce genre d’homme à dire non sans jamais laisser de chance, au nom d’une femme enterrée depuis presque dix ans. Voilà ma vie. Ce serait sans doute mieux pour tout le monde, si j’essayais seulement. Amy cesserait de s’en faire pour moi, et Juliet ? Juliet abandonnerait ses idées délirantes pour aller de l’avant. Aller de l’avant c’est finalement ce que tout le monde attend de moi. « D’accord. »

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