let's have a drink, or two, or... too many → henry

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MessageSujet: let's have a drink, or two, or... too many → henry   Sam 2 Mar - 1:29

Ewwwwwwwwwwwwww. Non, mais, vraiment : ewwwwwwwww. Ce type me colle et franchement, l'alcool ne m'aide même pas à relativiser le dégout qu'il m'inspire, tant physique que lorsqu'il me susurre les mots dégoutants que je préférerais ne pas entendre, malgré mon taux d'alcoolémie. « Laisse-moi tranquille tu veux », je demande d'une voix un peu trop aiguë pour être crédible. « Fais pas ta prude Juliet tu t'es envoyée tout le bar, alors un de plus... » Il ricane et s'empare de mes hanches pour me ramener contre lui. Je vascille, grimace et ris à mon tour, comme toujours, secouant vivement la tête. « Oui mais... noooooon. » Je le pousse pour m'écarter, tenant à peine debout sur les talons que j'ai voulu faire la fière d'enfiler ce soir. Je plisse le front pour distinguer la sortie, il me faut de l'air. Accrochée au mur, tant bien que mal, je parviens finalement à rejoindre l'extérieur, mais mon harceleur me donne du fil à retorde. « Allez, reviens, on va bien s'amuser tous les deux, plus qu'avec tous les autres tu verras... » Ewwww. Je secoue la tête et entreprends de prendre la fuite, mais courir est impossible, je suis bien trop bourrée pour ça. « Reviens bordel, on peut faire ça vite fait aux chiottes si tu préfères ! » Ding ! mon instinct de fille prend le dessus sur mon instinct de bourrée pour une demie seconde et je fais volte face, plissant le front et tendant un doigt en avant, comme pour tenter de le menacer. « La ferme, tu me DÉGOÛTES ! » Et j'éclate de rire, ce qui ne renforce pas vraiment ma crédibilité. De nouveau, tandis que l'autre soupire et disparais à l'intérieur du Carling, je fais demi tour pour reprendre mon chemin, mais sursaute en tombant nez à nez avec... mon professeur de neuro... neuquoi, déjà ? Ouch. C'est mon psy, aussi, ce qui me déclenche un nouvel accès de rire. « Docteeeeur Howard, mais qu'est-ce que. vous. faites. ici ? » Je pose mes mains sur mes hanches, mais relève une main pour lui indiquer que j'ai besoin d'une courte pause avant de pouvoir entendre sa réponse. Je me penche, retire mes chaussures, et me redresse, bien plus petite maintenant. « Reprenons ». Mais il m'interrompt, à son tour. « Si je puis me permettre, nous reprendrons une fois que vous ne serez plus au miieu de la route mademoiselle Russel! » Je baisse les yeux pour observer ce qu'il pointe du doigt et finalement, à force raisonnements poussés, je finis par comprendre de quoi il s'agit. « Ooooh ! » Je relève les yeux et acquiesce, esquissant un pas chassé vers le trottoir, que je rate, bien entendu, me rattrapant, instable, à la veste de mon professeur pour ne pas tomber. Je reste accrochée un instant et me redresse, grimpant sur le trottoir mes chaussures à la main. « Oooups, pardon, je suis confuse... » Je ris un peu et me mords la lèvre. « Qu'est-ce qu'on disait ? » J'ai la tête qui tourne et je crois que je le vois en double... Il me soutient toujours et je me demande pourquoi, fronçant le nez en essayant de me rappeler si j'ai un problème quelconque qui m'empêcherait de tenir debout. Mais non, je ne vois rien de spécial. Cela dit... la position n'est pas franchement inconfortable, bien au contraire.Et cette odeur, son odeur... Je ferme les yeux un instant, simplement ramenée à la réalité lorsque j'entends sa voix de nouveaux : « Vous m’avez demandé ce que je faisais ici, et je vous répond maintenant: sauver votre vie Juliet, activité tout à fait honnorable. » Je rouvre les yeux et plante mon regard dans le sien, me mordant fortement la lèvre. « Aww, vous êtes mon sauveur ! » Je souris de plus belle et glisse mes mains autour de son cou, prenant un peu plus mes aises. « Est-ce que je rêve? Je ne crois pas non mais en même temps, l'alcool, tout ça... » Je pose ma tête contre lui et referme les yeux. « Je suis vraiment fatiguée. » Et j'ai l'impression qu'on tourne en rond, aussi, oula.

« Je suppose que vous allez sécher mon cours de huit heure ? » Je rouvre les yeux et secoue vivement la tête, surprise qu'il me pose la question. « Aaah ça, non, surement pas... » Je ris un peu et inspire, prenant sur moi pour me redresser complètement et plonger mon regard dans le sien. « Vos cours, ce sont les seuls que j'aime, je ne peux pas râter ça ! » Je ris comme si je venais de dire la chose la plus drôle de la soirée, hochant vivement la tête pour appuyer mes propos. « Je viens quand même à vos cours, même après ces soirées là ». Parce que oui, évidemment, elles sont régulières, comment prétendre autrement ? « Je vous autorise à sécher celui-là. Vous devriez vous reposer. » Oh ? Voilà qui est vraiment très gentil... Toujours appuyée contre lui, je le laisse poursuivre en tentant de me concentrer sur ce qu'il dit. « Toutes ces histoires de neurotransmetteurs vont vous donner mal au crâne, et vous savez que quand je m'emballe il est très dur de me suivre, vous rattraperez le cours. » Je souris un peu et hoche doucement la tête. « Vous m'aiderez ? » Je relève les yeux vers lui et demande dans un sourire presque attendri. « Pourquoi vous êtes si gentil ? J'en connais pas des gens aussi gentils, moi... C'est normal que je craque, après » J'hoche vivement la tête, c'est de sa faute, en fait. « Je ne suis pas gentil, je suis votre médecin, je veux que vous alliez bien. » Je grimace et secoue un peu la tête, il ne me donne pas l'impression d'être mon médecin, là, tout de suite. Nous bougeons un peu et j'inspire, attrapant son bras pour me mettre en mouvement. « Je vais vous raccompagner Juliet. » Je souris un peu. « Je peux rentrer toute seule ! » J'affirme ça en vascillant un peu. « Papa va pas être content... » Il me sourit et j'ai envie de fondre sur place tant son sourire me charme. « Plus encore si vous passez la soirée dehors, et puis ce n’est pas la première fois, vous l’avez dit vous même. » J'acquiesce, ce n'est pas exactement faux. Je me mords la lèvre, puis prends mon temps avant de lui donner raison, m'abstenant de répondre, changeant complètement de sujet. « Je vous aime bien, Docteur Howard...» Je crois qu'il avait déjà compris, mais j'essaye de le dire autrement cette fois-ci, néanmoins. « Vraiment bien. » C'est râté je crois. « Allons y. » Je soupire parce qu'il ne répond pas, mais retrouve rapidement un sourire joyeux en m'appuyant sur lui pour avancer. « Vous voulez savoir un truc vraiment incroyable ? » Je glousse un peu, et pose une main sur ma bouche. « Mon oncle, Ken, il était marié à votre soeur, avant. » Je tourne la tête vers lui et acquiesce vivement guettant sa réaction. Il se tourne vers moi et son visage s'éclaire un peu, je crois. « Kenneth est votre oncle ? » J'acquiesce vivement et resserre un peu son bras. « Vous vous entendez bien avec lui ? » On ne sait jamais, des fois que Ken serait pris d'une envie de faire un quelconque dîner avec Monsieur Howard son ami et Mademoiselle Russel sa nièce, après tout ? « Disons qu’il était mon meilleur ami et qu’il a brisé le cœur de ma sœur. Elle est tout pour moi, je l’ai en quelque sorte choisie plutôt que lui, Amy avait besoin que je reste de son côté et uniquement du sien. » Je crois que même alcoolisée, je peux comprendre ça. Je n'ai pas vraiment réfléchi à la chose avant, parce que Ken est mon oncle et qu'il est un des rares à comprendre qu'il y a autre chose dans ma vie que les cours et la fac, ce qui fait que, fatalement, j'ai tendance à le suivre et à le soutenir dans ses choix, mais ce n'est pas pour autant que j'approuve tout ce qui a été fait ou que je blâmerai Amy pour la colère qu'elle lui voue. « Pourquoi moi Juliet ? » Je fronce un peu le nez et replace une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, avant de ricaner franchement. Pourquoi ? « Vous êtes incroyablement séduisant », je réponds d'abord, en tentant en vain de me hisser sur la pointe des pieds pour être un peu plus à sa hauteur. « Pourquoi ça vous dérange à ce point, Docteur Howard ? » Je m'arrête soudainement d'avancer et ne le lâche pas, me plaçant cela dit en face de lui, pour avoir des explications. « Vous ne me trouvez pas attirante ?» Il regarde le ciel et s'y perd quelques instants. « Cela n’a absolument rien à voir, vous le savez bien. » L'instant se charge d'autre chose, et je vacille un peu, à cause de l'alcool peut être mais à cause de l'émotion qui transpire soudain de notre conversation... « Vous êtes jeune, vous avez bien mieux à faire que d’entretenir des sentiments pour une personne qui refuse de ressentir quelque chose de nouveau. J’ai perdu beaucoup ces dernières années Juliet, je ne suis pas certain que je guérirai un jour, mais vous... » Sa main se dépose sur mon épaule et, face à lui, je glisse la mienne au niveau de son coeur, clignant des yeux. « Je veux vous guérir. Vous serez heureuse Juliet, plus heureuse que vous pensez l'être aujourd'hui. » Je baisse les yeux un instant et me mords la lèvre, presque triste, maintenant. J'inspire avant de plonger mon regard dans le sien de nouveau. « Je peux vous aider, moi aussi...» Je laisse ma main en place et mon regard dans le sien, les yeux presque humides. « Non, vous ne pouvez pas. Ce n’est pas votre rôle. » Je secoue la tête, et ne bouge pas d'un milimètre, n'osant pas par peur de le ramener à la réalité, qu'il se dérobe, s'écarte ou s'éloigne. « Ce n'est pas parce que vous êtes psychiatre que personne ne peut prendre soin de vous », je réplique, lui offrant un léger sourire. « Un jour, vous me laisserez faire partie de votre vie, Docteur Howard », je ris un peu maintenant et hausse une épaule.

Il m'offre son bras de nouveau, pour que nous reprenions la marche. « Vous avez déjà décidé pour moi. Et comme je ne peux pas vous envoyer dans un univers parallèle dont vous ne pourriez pas vous échapper, je suppose que je dois pour l’instant veiller à vous ramener chez vous sans encombre et faire avec l’idée que vous faites déjà partie de ma vie. » Je marche, et me contente donc de cette réponse pleine de promesses, selon moi et l'alcool qui circule dans mes veines. « A ce sujet, même si je ne doute pas que vous ayez trouvé vos lectures intéressantes, j’aimerai récupérer mes essais. » J'ouvre la bouche dans une expression proche du choque, et y plaque ma main. « J'ai beaucoup aimé», je réponds, ne cherchant même pas à nier. Je comptais lui rendre, de toute façon. « Vraiment vous avez aimé ? » Il se tourne vers moi, et semble surpris. Surpris parce que ses écrits sont trop compliqués pour une jeunette comme moi ? Visiblement, non, il semble réellement anxieux à propos de mon opinion. « Ou bien vous voulez me flatter ? Vous n’êtes pas obligée de dire cela pour me faire plaisir, vraiment pas, soyez sincère, réellement. » Je secoue la tête en gardant le sérieux que j'abordais déjà tout à l'heure en ne disant que la vérité. « Non, je suis sincère, j'ai beaucoup aimé vos écrits.» Je souris et hoche la tête, encourageante. Nous tournons, et marquons l'arrêt. C'est ma rue, et ma maison est tout prêt, je suppose qu'il est donc temps qu'on se quitte. « J’imagine, que vous serez bien plus discrète sans moi. De plus, de nombreuses aventures m’attendent ce soir. J’ai des clés à récupérer, si je ne veux pas dormir dehors et cela risque de se compliquer si ma soeur s’endort avant que je rentre. » Il me rend mon bras et je fouille dans ma poche pour trouver mes clés que je sors, victorieuse. « Merci M. Howard...» Je fais un pas vers lui et m'accroche à son col un instant, me hissant sur la pointe des pieds pour claquer un baiser sur ses lèvres. Je m'écarte rapidement et m'éloigne avant que ce ne soit lui qui me repousse, et je file directement en lui faisant un petit signe de la main pour rejoindre ma maison. « Bonne nuit !» Je ne me retourne pas et ne m'interromps que pour enfoncer les clés dans la serrure. J'attends d'être rentrée à l'intérieur de la maison pour me laisser aller contre la porte et éclater de rire, plaquant ma main devant ma bouche pour rire en silence et ne pas me faire démasquer aussi tard. Mon coeur bat la chamade et je me mords la lèvre, retirant mes chaussures pour monter dans ma chambre, cherchant qui appeler pour partager ce que je viens de faire, ou vivre, ou peu importe.


Dernière édition par Juliet K. Russel le Lun 4 Mar - 3:11, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: let's have a drink, or two, or... too many → henry   Sam 2 Mar - 2:16

Je cherche Amy partout, à croire que j’ai fini par la perdre dans une ville franchement petite, ce qui est un brin embêtant puisqu’il est tard et qu’elle ne m’a pas laissé les clés de son appartement ou je suis censé dormir, puisque j’ai cours à huit heures. Ce qui promet entre autres, plusieurs références approximatives et micros cassés, si je ne la trouve pas rapidement. Évidemment, lui téléphoner aurait été la solution si elle ne l’avait pas éteint plus tôt dans la soirée pour éviter les coups de fils de Kenneth à propos de son week-end romantique à Rome. Je soupire, continuant à débarquer dans les bars en pleine nuit, sous les remarques un peu moqueuses de certaines de mes étudiantes qui ne s’attendaient vraisemblablement pas à me trouver ici. « Docteur Howard, on ne vous imaginait pas fréquenter ce genre de bars... » J’encaisse le regard lance un peu confus. « Moi non plus vraiment, vous seriez étonnées de ce que les gens sont capables de faire ! » Voilà qui sort totalement de mon cadre professionnel. Je suis à moitié réveillé et pas franchement apte à faire face à ce genre de situation. Mon téléphone sonne enfin, et je décroche. « Tu es où ? ...Oui, j’aurais aimé avoir les clés oui, j’arrive j’en ai pour quelques minutes. Si tu pouvais, préparer un thé et ne pas t’endormir, je te serais vraiment reconnaissant.... J’ai cous à huit heures Amy, ce n’est en rien amusant, il y a des étudiantes à moi là bas. Elles se moquent ! » Je secoue la tête et raccroche, prenant le chemin de la sortie, sous les regards toujours amusés des étudiants. Je parie qu’elle ricane. Je sors sans regarder devant moi, quand on m’interpelle de nouveau. « Docteeeeur Howard, mais qu'est-ce que. vous. faites. ici ? » It's happening again.  Je relève vivement la tête, et m’apprête à resservir mon excuse, mais celle que je reconnais comme étant Juliet Russel -une fois de plus- me fait signe de lui laisser un moment. Je referme la bouche et la regarde se déchausser. « Reprenons ». Je m’avance un peu et désigne la route pour l’instant déserte. « Si je puis me permettre, nous reprendrons une fois que vous ne serez plus au miieu de la route mademoiselle Russel! » « Ooooh ! » Oui oh. C’est sans doute le mot de la situation. Elle tente par un coup de folie d’imiter Michael Jackson dans son clip de thriller pour regagner le trottoir, mais échoue finalement dans mes bras, après avoir agrippé ma veste. Le hasard, vraiment. « Oooups, pardon, je suis confuse... » Prévoyant sa chute imminente comme pourrait le faire la nasa avec une météorite, je préfère continuer la soutenir, croisant son regard embué par l’alcool. « Qu'est-ce qu'on disait ? »  Je la fixe sans trop oser bouger et répond presque instantanément sans quitter son regard. « Vous m’avez demandé ce que je faisais ici, et je vous répond maintenant: sauver votre vie Juliet, activité tout à fait honnorable. » Je ne cille toujours pas, me demandant quelle attitude adopter. Je ne peux décemment pas la laisser s’effondrer sur le sol sans compliquer on ne peut plus les choses, mais pas plus rester dans cette position fortement dérangeante compte tenu de nos antécédents.

« Aww, vous êtes mon sauveur ! » Kind of. Elle ouvre les yeux et passe ses bras autour de mon cou, geste dont je ne peux pas la blâmer, la jeune étudiante profitant là de circonstances atténuantes ainsi que d’une raison tout aussi diminuée, bien que je ne me fasse pas d’illusion sur les probabilités que ce genre de scène se reproduise de nouveau et ce lorsqu’elle sera parfaitement sobre. « Est-ce que je rêve? Je ne crois pas non mais en même temps, l'alcool, tout ça... » Elle s’installe plus confortablement, se fichant apparemment du reste.« Je suis vraiment fatiguée. » « Je suppose que vous allez sécher mon cours de huit heure ? » Je souris un peu, ce ne sera malheureusement pas mon cas. « Aaah ça, non, surement pas... » Elle rit et tente de se redresser, me déclenchant un sourire malgré moi. « Vos cours, ce sont les seuls que j'aime, je ne peux pas râter ça !  Je viens quand même à vos cours, même après ces soirées là ». Je hausse les épaules et gagne de nouveau son regard. « Je vous autorise à sécher celui-là. Vous devriez vous reposer. » Je la maintiens toujours avec douceur. J’aimerai lui demander pourquoi toutes ces soirées en pleine semaine, mais ce n’est sûrement pas de son thérapeute dont elle cherche la compagnie ce soir. « Toutes ces histoires de neurotransmetteurs vont vous donner mal au crâne, et vous savez que quand je m'emballe il est très dur de me suivre, vous rattraperez le cours. » «Vous m'aiderez ? » Elle sourit. Je ne vais pas la contrarier ce soir, je crois que ce sont elle a besoin tout de suite, c’est bien d’une bonne nuit de sommeil. Je connais Amy dans ces moment là, elle oubliera tout demain matin avec un peu de chance. « Pourquoi vous êtes si gentil ? J'en connais pas des gens aussi gentils, moi... C'est normal que je craque, après » Je ris un peu. « Je ne suis pas gentil, je suis votre médecin, je veux que vous alliez bien. » Je hausse un peu les soucil, et l’a laisse s’appuyer sur mon bras pour reprendre la marche. « Je vais vous raccompagner Juliet. » Juliet s’exclame alors, refusant mon aide. « Je peux rentrer toute seule ! » Je secoue la tête et anticipe un mouvement pour la réceptionner lorsqu’elle vacille. « Papa va pas être content... » Je hausse un sourcil curieux, il est vrai qu’elle est très jeune, cela ne m’étonne pas qu’elle vive finalement encore chez ses parents. « Plus encore si vous passez la soirée dehors, et puis ce n’est pas la première fois, vous l’avez dit vous même. » Je soutiens son regard et lui souris aimablement. « Je vous aime bien, Docteur Howard...» Je soutiens son regard, un peu coupable, ayant réellement l’impression d’entretenir son coup de cœur sans le vouloir pourtant. « Vraiment bien. » « Allons y. » Je lui offre mon bras afin qu’elle puisse marcher avec mon aide. Nous avançons cette fois-ci et je me laisse guider en silence. Silence rapidement rompu par la voix de Juliet « Vous voulez savoir un truc vraiment incroyable ? » Je hausse un sourcil, je crois que cette enfant sait comment me surprendre en tout état de cause. « Mon oncle, Ken, il était marié à votre soeur, avant. »  Je tourne vivement la tête vers elle, soudain piqué de curiosité. « Kenneth est votre oncle ? » Je laisse échapper un rire amusé malgré moi. « Vous vous entendez bien avec lui ? »  Je hausse de nouveau les épaules. Comment résumer ? Ai-je seulement besoin de m’épancher sur le sujet avec elle ? Je l’ignore, sans doute, peut être, de toute évidence, elle aura oublié cette conversation une fois debout et je ne peux pas toujours fuir la conversation. Je suis son psychiatre, et ironiquement je fais tout pour l’empêcher de me parler, ce qui rend notre relation médecin/patiente passablement compliquée, insensée, irréaliste ? « Disons qu’il était mon meilleur ami et qu’il a brisé le cœur de ma sœur. Elle est tout pour moi, je l’ai en quelque sorte choisie plutôt que lui, Amy avait besoin que je reste de son côté et uniquement du sien. » Je baisse les yeux, puis les relève pour croiser son regard. « Pourquoi moi Juliet ? » Je lance soudainement comme un cheveux sur la soupe. Je fronce un peu le nez, pas sûr de vouloir m’aventurer sur ce terrain là.  « Vous êtes incroyablement séduisant », Je secoue la tête, comme si c’était difficile à croire. Je ne me trouve pas séduisant, comment un homme qui a perdu tout ce qu’il avait pourrait il paraître séduisant aux yeux d’une fille saine d’esprit. Malgré mes efforts dans ce sens, je ne fais que prétendre sans réellement retrouver celui que j’étais avec Daisy. J’avais beau avoir fait les mauvais choix en matière de carrière, je le vivais terriblement bien avec elle, parce que dans le fond son bonheur m’importait déjà à l’époque plus que le mien. La voir heureuse, me rendait heureux, c’était presque suffisant. Son enthousiasme toujours débordant, son optimisme, je n’aurais jamais pu la suivre un tant soit peu tel que je suis maintenant. Elle, reste figée dans ma mémoire, toujours incroyablement jeune et aventureuse, ce que je ne serai sans doute plus jamais sans elle. « Pourquoi ça vous dérange à ce point, Docteur Howard ? » Son bras quitte le mien, et elle s’arrête alors se postant face à moi les mains sur les hanches. Je relève les yeux tandis qu’elle me pose alors une question stupide.« Vous ne me trouvez pas attirante ?» Je rejette un peu la tête en arrière et fuis son regard pour contempler les étoiles, cherchant mes mots plutôt qu’autre chose. Je prends une inspiration et articule lentement. « Cela n’a absolument rien à voir, vous le savez bien. » Je baisse de nouveau les yeux, mû par une étrange émotion. A quoi bon se cacher maintenant. « Vous êtes jeune, vous avez bien mieux à faire que d’entretenir des sentiments pour une personne qui refuse de ressentir quelque chose de nouveau. J’ai perdu beaucoup ces dernières années Juliet, je ne suis pas certain que je guérirai un jour, mais vous... » Je pose ma main sur son épaule et lui souris bienveillant. « Je veux vous guérir. Vous serez heureuse Juliet, plus heureuse que vous pensez l'être aujourd'hui. »

La conversation prend un tournant inattendu, et ma jeune étudiante semble réellement touchée par mes paroles, à moins que l’alcool, ne donne toute son intensité à l’instant, si on ajoute à cela l’esquisse de sentiments qu’elle pense éprouver pour moi, cette admiration illusoire dans laquelle elle se noie pour fuir un quotidien qui ne lui apporte pas ce qu’elle cherche, mais non. Sa main se pose sur mon cœur et je ne bouge pas, me contentant de l’observer, si fragile, si proche de moi. Je n’ai pas l’habitude d’être celui qui parle, et c’est vraisemblablement des pensées trop personnelles, qui n’auraient sans aucun doute jamais du franchir mes lèvres. Comment pourrait-elle seulement comprendre ce que je ne parviens pas moi même à rectifier chez moi ?  « Je peux vous aider, moi aussi...»  « Non, vous ne pouvez pas. Ce n’est pas votre rôle. » Je souris un peu triste, comme pour ne pas la heurter, ce que je fais depuis quelques semaines à chaque fois que je me préserve de ses tentatives d’intrusion dans ma vie privée. La ténacité doit cependant faire partie de son caractère. « Ce n'est pas parce que vous êtes psychiatre que personne ne peut prendre soin de vous », Je peux lui accorder un point pour cette brillante réflexion, mais cela ne change rien au problème de fond. « Un jour, vous me laisserez faire partie de votre vie, Docteur Howard », Elle rit et je lui tend de nouveau mon bras détaché, mais prévenant. « Vous avez déjà décidé pour moi. Et comme je ne peux pas vous envoyer dans un univers parallèle dont vous ne pourriez pas vous échapper, je suppose que je dois pour l’instant veiller à vous ramener chez vous sans encombre et faire avec l’idée que vous faites déjà partie de ma vie. » Je hausse un sourcil, et ajoute plus léger. « A ce sujet, même si je ne doute pas que vous ayez trouvé vos lectures intéressantes, j’aimerai récupérer mes essais. » Essais qui ont étrangement disparu depuis que mes affaires se sont retrouvées en sa possession le temps d’environ deux minutes amplement suffisantes pour orchestrer cet odieux vol. Nous reprenons notre marche, et je me laisse de nouveau diriger lorsque Juliet honteuse ajoute à mi voix.  « J'ai beaucoup aimé» Un sourire innocent enfantin se dessine alors sincèrement sur mes lèvres, alors qu’une part de moi tient à me mettre en garde contre le probable mensonge qu’elle pourrait fournir pour servir ses intérêts. Je me tourne un peu vers elle et répnd. « Vraiment vous avez aimé ? » Je cherche plus intensément à capter son regard et ajoute en parlant bien plus rapidement. « Ou bien vous voulez me flatter ? Vous n’êtes pas obligée de dire cela pour me faire plaisir, vraiment pas, soyez sincère, réellement. » Malgré l’alcool, elle reste sérieuse, ce qui doit pouvoir être considéré comme un gage de sincérité, enfin je l’espère. « Non, je suis sincère, j'ai beaucoup aimé vos écrits.» Je hoche la tête tandis que nous tournons à l’angle d’une plus petite rue, ce qui signifie sans doute que nous approchons de la fin du voyage. « J’imagine, que vous serez bien plus discrète sans moi. De plus, de nombreuses aventures m’attendent ce soir. J’ai des clés à récupérer, si je ne veux pas dormir dehors et cela risque de se compliquer si ma soeur s’endort avant que je rentre. » Je ris un peu et lui rend délicatement son bras. « Merci M. Howard...» Je hausse les épaules, m’amusant entre autre de sa façon d’alterner les manières dont elle m’appelle, mais me retrouve pris au piège de ses mains qui se saisissent dès à présent de mon col. Incapable de réagir, je me laisse docilement faire et ses lèvres atteignent rapidement les miennes sans que je ne puisse seulement analyser le geste. Alors que mon cerveau se remet péniblement en marche ahuri, elle a déjà disparu, me lançant un dernier signe. Seul au milieu de la ruelle, je fronce les sourcils interloqué avant de faire demi tour en me massant la tête, incrédule.
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