there we go → Julian

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MessageSujet: there we go → Julian   Lun 25 Fév - 1:29

Encore une de ces fichues soirées à laquelle je dois me traîner tant bien que mal alors que, on l'aura bien compris, je préférerai mille fois rester chez moi. En plus de ça, la collègue qui devait m'accompagner est malade, ce qui fait qu'il a fallu que je donne l'invitation, il y a quelques heures seulement, à Julian pour qu'il m'accompagne. Nous représentons le même journal ce soir et je suppose que c'est ce qui explique que je l'attende plantée là dans le hall d'un restaurant vraiment très luxueux dont la privatisation a conduit à l'aménagement en salle buffet et musique chic. Comme d'habitude, je ne sais pas trop ce que je fais ici, mais je commence à m'habituer à cette étrange sensation d'intrusions aux grandes soirées du genre, étant donné que je les enchaîne pas mal depuis quelques semaines. J'évite néanmoins d'approcher l'alcool pour l'instant, inspirant profondément en attendant de voir arriver mon beau-frère, pianotant du bout des ongles contre une table à côté de laquelle je me suis installée pour fuir les vieux pervers du coin - ces riches hommes d'affaires qui célèbrent les ouvres caritatives en touchant des millions et en mangeant du caviar. Fort heureusement, si je n'ai pas dix mille livres à abandonner dans l'urne de récolte de l'argent ce soir - parce que oui, cette soirée est une soirée de charité - je n'aime pas non plus le caviar, ce qui me rachète presque à mes propres yeux. Il finit par arriver, non sans retard bien entendu, le contraire m’aurait étonné mais je n’ai pas grand-chose à dire dans la mesure où je l’ai fait venir à la dernière minute pour une raison complètement bidon. Si Anaïs n’avait pas été malade, il aurait pu poursuivre sa charmante vie loin de là et tout aurait été très bien. A croire que le sort s’acharne un peu. « Dis-moi, tu en as fait des efforts ce soir ! Tu serais presque désirable si j’avais vraiment faim. » Je roule des yeux, les hostilités qui commencent déjà me poussent à attraper une coupe de Champagne qui se trouve malencontreusement sur ma route. « Bonsoir Julian, ton professionnalisme sans limite m’impressionne toujours autant ». Les gens s’affairent et je n’ai strictement aucune envie d’aller leur adresser la parole, en réalité. Il a toujours réponse à tout et ne tarde donc pas à répliquer, évidemment : « Si tu voulais vraiment que je sois professionnel, tu ne porterais pas ce genre de robe. Et puis quand tu m’as invité tu savais à quoi t’attendre je suppose, d’ailleurs je m’étonne encore que tu n’aies pas choisi quelqu’un d’autre. Je suis persuadé que Baxter de la compta’ aurait été ravi de t’accompagner ; j’ai entendu parler d’un de ses rêves érotiques qui te mettait en scène et ça avait l’air.. torride ! » Je lui fiche un coup dans l’épaule parce que les joutes verbales peuvent bien devenir physiques maintenant, il m’exaspère tellement que je ne sais plus quoi répondre. « Il n’avait rien à faire ici de toute façon, le but étant d’écrire quelque chose pour le publier demain, je crois qu’à part les chiffres il ne maitrise pas grand-chose ». J’avale ma coupe d’un trait et la claque sur un plateau d’argenterie. « Veille à ne pas te laisser déconcentrer par une simple robe, parce qu’il y en a des centaines dans le coin, et je n’ai pas envie de m’attarder des heures ici, aussi agréable que me soit ta compagnie ». Je lui offre un sourire insolent, particulièrement irritable, sans aucun doute.

uc!


Dernière édition par Cameron Roxon-Kennedy le Lun 25 Fév - 18:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: there we go → Julian   Lun 25 Fév - 1:51

Comme à mon habitude, je suis en retard. Non que j’ai réellement quelque chose à faire qui m’empêche d’arriver à l’heure, disons que c’est ma façon à moi de remercier Cameron qui me traîne à cette soirée caritative comme son parfait petit chien. A l’origine, je n’étais pas supposé mettre un pied dans ce restaurant mais cette crétine d’Anaïs a dû rentrer chez elle pour cause de maladie, ou décès ou je ne sais plus quelle raison dont on se fiche éperdument, et j’ai naturellement dû prendre sa place en annulant mes plans au dernier moment, ce qui a le don de me mettre d’assez mauvaise humeur dans la mesure où ils consistaient en une charmante jeune femme que je ne reverrais sans doute jamais. J’arrive donc quinze bonnes minutes après l’heure convenue, et comme je m’y attendais, ma patronne m’attend à l’écart de tous ces gens trop biens pour elle. J’avance donc vers la jolie blonde et en guise de bonsoir, feins une révérence d’un sourire narquois. « Dis-moi, tu en as fait des efforts ce soir ! Tu serais presque désirable si j’avais vraiment faim. » je lui lance d’un ton moqueur en venant me placer à ses côtés pour observer la bande de requins qui se fait passer pour les sauveurs de la planète en dépensant les millions qu’ils ont gagné sur le dos de petits asiatiques payés une misère pour fabriquer leurs chaussures immondes. Ma présence l’agace déjà ? Elle n’hésite en tout cas pas à attraper la première coupe de Champagne venue et je l’imite aussitôt, songeant que pour supporter cette soirée nous aurons tous les deux besoin de boire. « Bonsoir Julian, ton professionnalisme sans limite m’impressionne toujours autant » Mon regard se porte sur la robe qu’elle porte avec une grande élégance, je dois bien le dire, et je la détaille sans vraiment de discrétion avant de m’intéresser à cette nuée d’hypocrites qui se félicitent encore et toujours d’être les maîtres du monde. « Si tu voulais vraiment que je sois professionnel, tu ne porterais pas ce genre de robe. Et puis quand tu m’as invité tu savais à quoi t’attendre je suppose, d’ailleurs je m’étonne encore que tu n’aies pas choisi quelqu’un d’autre. Je suis persuadé que Baxter de la compta’ aurait été ravi de t’accompagner ; j’ai entendu parler d’un de ses rêves érotiques qui te mettait en scène et ça avait l’air.. torride ! » Je fais tinter ma coupe contre la sienne et la porte à mes lèvres en ricanant. Elle me lance un coup dans l’épaule et j’hausse un sourire, amusé qu’elle ose prendre de telles initiatives, elle qui a toujours évité tout contact physique avec moi. « Il n’avait rien à faire ici de toute façon, le but étant d’écrire quelque chose pour le publier demain, je crois qu’à part les chiffres il ne maitrise pas grand-chose » Sa coupe ne fait pas long feu, décidément, cette femme me surprendra toujours. Je décide alors de l’imiter, songeant que nous aurons besoin de boire tous les deux pour supporter cette soirée même si elle pourrait très vite s’avérer plutôt intéressante. « Veille à ne pas te laisser déconcentrer par une simple robe, parce qu’il y en a des centaines dans le coin, et je n’ai pas envie de m’attarder des heures ici, aussi agréable que me soit ta compagnie » « Allons, il me faut bien plus qu’un beau décolleté pour me distraire. Même s’il est vraiment agréable à regarder… » je laisse glisser mes yeux sur sa poitrine sans la moindre discrétion, presque certain d’effacer aussitôt le sourire arrogant qui trône sur son visage. Elle croise les bras, rehaussant ainsi ses seins magnifiques pour mon plus grand plaisir. « Julian, s’il te plait, fais en sorte d’écourter cette soirée tu veux » Aussitôt, elle attrape une autre coupe de Champagne et je laisse échapper un léger rire en secouant légèrement la tête. « Sois pas aussi désagréable, on a tout ce qu’il nous faut ici ! De l’alcool, des milliardaires que tu pourrais charmer pour espérer hériter et de jolies demoiselles. » Mais je doute que ma petite blague la fasse vraiment rire, aussi je reprends un peu mon sérieux en croisant les bras et en me tournant vers la salle. « Bon. Je vais aller faire un tour, on ne sait jamais, des fois qu’une femme jalouse débarque pour trouver son mari au bras d’une de ses maîtresses mieux liftée qu’elle. Tu m’accompagnes ? » dis-je d’une voix plus douce en lui tendant mon bras, un sourire faux affiché aux lèvres.

Cameron hésite un instant mais finit par se laisser aller et c’est ensemble que nous commençons à arpenter la foule en saluant quelques invités. Elle me désigne alors un couple de retraités et me les présente brièvement, d’une façon qui me surprend plus ou moins. Ces deux adorables personnes seraient sans doute plus à leur place dans un hospice que dans une soirée caritative. « Ce sont les Carter, ils rentrent de deux ans en Afrique du Sud et ils ont fait un chèque de plusieurs millions de livres ce soir » « Ils devraient instaurer une limite d’âge dans ce genre de soirée, j’ai l’impression d’être au beau milieu d’un cimetière. » Je m’apprête à râler encore un peu mais on ne m’en laisse guère le temps, ils approchent. « Cameron, James ! Vous êtes resplendissante ce soir. » J’ai mal entendu. J’ai forcément mal entendu. Je lance un regard à celle qui m’accompagne et qui est, je le crois, aussi estomaquée que je peux l’être. James. Ce prénom résonne dans ma tête et m’achève d’un coup, comme si j’en perdais tous mes moyens. Incapable de prononcer le moindre mot, je me contente de sourire bêtement et de faire un signe de tête poli au vieux qui visiblement n’a pas l’air de se rendre compte de mon erreur, et je réalise que mon bras tremble faiblement sous le coup du choc. Elle ne sait pas quoi dire non plus, et je crois que c’est à cet instant précis que je réalise qu’au fond, nous souffrons de la même douleur. Nous aimions James tous les deux, sans doute que la tristesse que je lis dans son regard se reflète dans le mien. Un long moment, nous restons silencieux parce que que répondre à ça ? « Bonsoir… » Je comprends bien que les mots lui manquent et qu’elle ne sait plus quel comportement adopter. Inconsciemment peut-être, je resserre ma prise autour de son bras comme si je cherchais à la soutenir d’une quelconque façon. « Julian, c’est Julian Wagner » Je hoche la tête sobrement pour appuyer ses dires et décide de prendre le relais en constatant qu’elle ne peut continuer. « James était mon frère jumeau. Il nous a quittés l’année dernière. » dis-je d’une voix incroyablement posée et calme aux vues des circonstances. Je laisse planer un silence lourd mais, professionnel jusqu’au bout, je reprends et salue Mme Carter poliment avant de tendre la main à son mari. « Enchanté. J’ai entendu parler de votre voyage en Afrique, j’ai toujours rêvé de visiter ce pays. Tout s’est bien passé ? » Et alors que la dame s’extasie sur ses souvenirs de vacances, je coule un regard rassurant à Cameron pour lui faire comprendre que j’ai la situation en main et qu’elle peut si elle le souhaite prendre un moment pour se ressaisir. « Tout ça a l’air réellement passionnant » Je me félicite alors d’avoir écouté le récit du couple jusqu’au bout, conscient qu’elle n’a probablement pas retenu un traitre mot de ce qu’ils nous ont expliqué. Ils finissent par s’éloigner et elle lâche mon bras presque aussitôt. « Si j’avais pu anticiper, je ne t’aurais jamais demandé de m’accompagner » Elle ne pouvait pas savoir, évidemment, et j’imagine que cette erreur lui aura fait aussi mal qu’à moi. Je n’aime pas me laisser attendrir par cette mine déconfite qu’elle arbore mais force est de constater que je ne suis décemment pas en mesure de m’énerver contre elle et ce même si j’ai grand besoin d’évacuer la colère qui m’anime continuellement depuis la mort de mon frère. « Ne sois pas stupide, même moi je sais qu’t’y es pour rien. » que je lâche simplement en attrapant une seconde coupe de Champagne à un serveur qui passe par là. « Je crois que… Que j’vais aller prendre l’air cinq minutes. Il fait trop chaud ici. » Prétexte minable pour dissimuler une fuite en avant, parce que je ne supporte pas l’idée qu’elle se rende compte combien je suis faible quand on aborde ce sujet.

Je tourne les talons et me noie dans la foule pour rejoindre au plus vite le balcon que j’ai aperçu un peu plus tôt. Je vais m’accouder à la balustrade pour observer le ciel, une habitude qui ne m’a jamais réellement quittée depuis mon enfance. Mon regard se perd dans le vide un instant, mais bien vite les escarpins de Cameron claquent sur le carrelage. « On pourrait peut-être rentrer chez nous » Je suis un peu surpris que cette conversation avec les Carter l’ait chamboulée à ce point, elle qui est si professionnelle en temps normal. « Tu avais sans doute un programme passionnant à tenir, on écrira sur les Carter ? » En vérité, je n’avais pas grand-chose de plus intéressant à faire ce soir. Mais il est vrai que je serais sans doute bien mieux chez moi. « Si tu savais comme c’est difficile de te voir tous les jours, Julian… » Mes paupières se ferment soudain, parce que je n’ai pas le cran d’assumer ce calvaire que je lui fais vivre quotidiennement en lui imposant ma simple présence. Je n’ose pas imaginer ce que ce doit être, de côtoyer la réplique parfaite de son défunt mari chaque jour. Et pourtant je continue, et je continuerai sans doute encore longtemps. « Le Champagne est bon, c’est déjà ça » Mes lèvres esquissent un fin sourire amusé, et j’ose enfin la regarder. « Pourtant comme tu le dis si bien, je suis loin d’arriver à la cheville de James. Je comprends pas comment les gens peuvent nous confondre. On n’a rien en commun. » Cette constatation me brise le cœur, et mon égo en prend un coup à m’ouvrir ainsi à celle que je prends un malin plaisir à détruire. Je me reprends alors et use d’une voix plus assurée. « Le Champagne est bon, mais tu devrais faire attention si tu ne veux pas que ton cher beau-frère abuse de toi à l’arrière de sa limousine. » Comme pour me provoquer, elle termine sa coupe d’une traite et elle en est déjà, il me semble, à la troisième. « Ne sois pas idiot, tu ne ferais jamais ça » J’aurai envie de lui crier que si, je le ferais parce que je suis le connard de service et que de me taper la veuve de mon frère jumeau est un défi plutôt intéressant, mais je me contente de passer près d’elle en laissant ma main glisser dans le bas de son dos et d’approcher mes lèvres de son oreille. « Tu crois ? » Et sans attendre sa réponse, je rentre à l’intérieur, bien décidé à faire mon boulot correctement sans me laisser démonter par les divagations d’un vieux fou.

« Julian » Je ne me retourne pas et attend qu’elle arrive à ma hauteur puis nous nous éclipsons dans un bain de foule qui nous insupporte tous les deux. « Y a-t-il encore de vieux amis à toi que tu voudrais me présenter ? » dis-je non sans un sourire sarcastique en plongeant mon regard azur dans le sien, dans lequel je peux aisément lire que cette soirée ne l’amuse plus du tout. Je soupire, las, et lui fais alors une offre qu’elle va probablement s’empresser d’accepter. « Tu devrais rentrer. Je n’ai pas besoin de toi pour écrire l’article, de toute façon. » Elle semble surprise, ce qui est largement compréhensible vu la façon dont je la traite habituellement. « C’est vrai, tu es un bon journaliste » C'est à moi d'hausser un sourcil, amusé qu'elle ose me faire un compliment. « Je vais rentrer, oui. Merci. » Je hoche la tête, dissimulant mal la déception de finir cette soirée seul et elle continue. « Tu sais où me trouver si besoin, professionnel, bien sûr » Puis elle tourne les talons et j'en profite pour attraper une coupe de Champagne qui passe par là avant de me remettre au boulot, décidément beaucoup moins motivé que lorsque je suis arrivé.
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