to be or to be that is the question w/ cameron

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MessageSujet: to be or to be that is the question w/ cameron   Jeu 14 Fév - 3:35

Je m’insère dans la file d’attente du Starbucks avec l’idée de m’y installer pour quelques heures, entre deux consultations. J’ignore si ce que je prévois de faire a actuellement un sens, mais j’aimerai au moins essayer. Je commande un caramel macchiato, puis me laisse tomber sur un fauteuil, ajustant mes lunettes, épuisé par une nuit trop courte et harcelé par les coup de téléphone d’Amy, ivre et franchement désespérée. Je tire mon ordinateur de mon sac et ouvre un document word contenant une ébauche de pièce dont j’avais eu l’idée il y a deux ans. Je lis et relis, cela n’a rien de Shakespeare, et c’est sans doute un brin tiré par les cheveux, mais l’envie revient toujours. Si je pouvais terminer, je serais au moins fixé. Je suis tiré de ma rêverie lorsqu’une voix m’interpelle. « Docteur Howard ? » Je sursaute un peu et referme le clapet de mon ordinateur, sans doute par honte ou un sentiment qui s’en approche dangereusement en tout cas. Je suis le docteur Howard pour tout le monde, et parfois je me demande si je ne me torture pas à envisager de changer ça. Enfin Amy me dirait j’en suis certain, d’arrêter de me lamenter, ce que je fais un peu trop souvent à son goût en ce moment. « Cameron, j’ai été votre patiente, je ne sais pas si vous… » Je souris et lui tends une main chaleureuse. « Cameron bien sur, vous avez l’air d’aller mieux, cela me fait plaisir, asseyez vous si vous voulez. » Elle me sourit, et cela me touche, peut être parce que j’ai fatalement oublié tous ces gens que j’ai aidé. De ce job, je n’ai fini par retenir qu’une chose ; que l’humanité allait mal et qu’on ne pouvait pas aider les gens qui refusent de s’en sortir, de même qu’on ne pourrait pas soigner tous les maux de ces mêmes gens juste en le voulant sincèrement. Un de mes patients a vraisemblablement tué Daisy à cause d’une maladresse ou d’un mauvais diagnostique, mais j’ai pu aider Cameron ce qui devrait me consoler. « Ca va, mieux oui, merci. Le hasard fait bien les choses, si j’avais pensé vous recroiser au Starbucks un jour », Je prends une inspiration et grimace devant mon café. « C’est vrai que d’ordinaire, vous devez vous en souvenir, je ne suis pas franchement café, plutôt thé en fait, mais rien ne remplace celui de ma mère malheureusement. En fait vous auriez tout à fait raison de trouver ma présence ici parfaitement anormale. » Je m’autorise un rire. « Ce n’est pas très britannique. »

« Ca, pour sûr, non ». Je m’autorise un rire amusé tandis qu’elle poursuit finalement. « Mais il faut ce qu'il faut pour tenir la fatigue, non ? » Je hoche la tête, c’est une raison indéniable. « Cela dit, nous pouvons toujours jouer au cricket, vous aimez le cricket Cameron? » Cette question est d’un hors sujet assez impressionnant, mais un hors sujet britannique, ce qui peut être considéré comme un hors sujet moindre en fait. J’avale une gorgée de mon café et jette un coup d’œil à mon ordinateur. « Pas vraiment non, je n'ai joué qu'une fois et ça n'était pas très concluant... Est-ce que vous allez bien ? » La question me surprend. Ce n’est pas vraiment le genre de question que les gens me posent en général, pas à leur psy en tout cas. « C’est une vaste question, il y a quelque chose qui vous incite à la poser ? » Je remonte un peu mes lunettes et la fixe avec un sourire, de ceux qu’on utilise pour dissimuler la vérité qu’on refuse de voir soi même. Mais je le perd lentement lorsqu’elle aborde un sujet que je n’aurais sans doute jamais pu me préparer à voir naître dans un tel contexte. « Peu après notre dernier rendez-vous, j'ai appris, pour votre femme... » Je baisse un peu la tête, tentant de me ressaisir. Amy a raison, cela fait dix ans, dix ans pour soigner d’autres plaies sans savoir comment refermer la mienne. Il y a des choses qui arrivent pourtant, des choses contre lesquelles on ne peut rien, qui changent une vie mais qui ne doivent pas empêcher de vivre. « J'étais réellement désolée de l'apprendre, et profondément touchée, aussi. » Je hoche la tête, affichant une mine un peu confuse, comme si je ne savais pas moi même comment réagir. Je souris alors dans un réflexe totalement désordonné, comme pour lutter contre la vague de détresse qui me serre la gorge. « Oh. » j’avale ma salive et reprend mû par une émotion étrange, entre le déni et le choc. « Je suis désolée Cameron, je... » ne suis pas capable d’avoir cette conversation ? Pourquoi ? « J’espère avoir pu vous aider. » Je détourne le regard posant mes mains à plat sur la table, hésitant à m’enfuir pressé par le besoin de hurler la douleur que j’éprouve. Je prends cependant une inspiration difficile et articule. « Elle aimait les roses. » Je me lève brusquement. « Je vais acheter, une rose Cameron, peut être deux, j’ai besoin de... » Je m’arrête relève les yeux vers elle. Je dois faire face, dix ans se sont écoulés et j’ai l’impression d’être celui qui perd totalement l’esprit. « Est-ce que vous voulez que je vous accompagne ? . Je suis désolée, je...Je vais vous laisser, je ne voulais pas être si invasive. » Je lève la main comme pour l’arrêter, puis la laisse tomber le long mon corps. « Je vais bien, je vais très bien. Ne vous excusez pas Cameron, allons acheter ces roses. » Je m’arrête et lui accorde un regard perdu. « Seulement si vous y tenez toujours. » Elle hésite un instant puis répond finalement. « Allons-y, alors, on trouvera peut être un salon de thé au passage ?  » Un sourire de gratitude fait alors l’affront de s’esquisser sur mes lèvres, tandis que je répond en attrapant sa main avec douceur pour la presser le temps d’une demi seconde. « Merci. » Je prends mon sac et nous nous dirigeons ensemble vers la sortie. Quand l’air percute mon visage, je respire à nouveau.


Dernière édition par Henry S. Howard le Sam 16 Fév - 21:45, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: to be or to be that is the question w/ cameron   Jeu 14 Fév - 3:38

Quitter l’enfer quelques minutes pour faire un tour ne peut pas faire de mal, et c’est bien malgré moi au Starbucks, le café le plus proche du siège du journal, que j’atterris tant bien que mal. Je fais la queue pendant des minutes qui me semblent s’éterniser, et commande un cappuccino à un type qui semble s’endormir dans ses gobelets. Je soupire un peu en attrapant la boisson bouillante et pars en quête d’une place que je tarde à trouver. Mais je suis interrompue dans ma recherche car mes yeux accrochent une silhouette familière. Je m’arrête, hésite, dévisageant l’objet de interrogation sans parvenir à avancer. Pourtant, je reviens finalement à moi et m’approche de la table de celui que je reconnais comme ayant été mon psy, pendant la longue période qui a précédé la mort de James, celle où je tentais de me préparer à l’idée, puis pendant les quelques semaines qui ont suivi, ensuite. Il m’a été d’un grand soutien et d’un grand support, mais s’est toujours montré à la fois fin observateur et très discret. J’ai appris, quelques mois après avoir cessé la thérapie, qu’il avait eu une vie familiale lui-même des plus tragiques qu’il avait perdu sa femme et leur enfant dans des circonstances assez horribles. Je m’approche mine de rien, adoptant un air détaché et toussant un peu pour attirer son attention, malgré le fait qu’il semble plongé dans des occupations bien plus absorbantes. « Docteur Howard ? » Le docteur est de trop, sans doute, je sais bien, mais l’habitude reprend facilement le dessus. « Cameron, j’ai été votre patiente, je ne sais pas si vous… » Il referme brusquement le clapet de son ordinateur et je me demande si j’ai interrompu quelque chose d’important qu’il se refuse à faire maintenant que j’ai l’air de faire irruption dans un instant de tranquillité. Pour autant, il me tend sa main que je serre en souriant, doucement. « Cameron bien sûr, vous avez l’air d’aller mieux, cela me fait plaisir, asseyez-vous si vous voulez. » Je souris et dépose mon sac par terre avant de prendre place sur la chaise qui lui fait face, mon café toujours à la main. « Ca va, mieux oui, merci ». Je souris un peu et replace une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. « Le hasard fait bien les choses, si j’avais pensé vous recroisez au Starbucks un jour », j’ajoute, amusé. C’est étrange, la transition entre le moment où un homme est censé vous apporter des solutions à tous les problèmes que vous n’osez confier à personne, et le moment où il redevient juste un homme assis dans un café. Il inspire mais grimace aussi, et je me demande pourquoi il a commandé un café si la boisson lui est si désagréable. Je regarde mon propre café qui fume devant moi et me souviens cependant d'une époque où je détestais ça... « C’est vrai que d’ordinaire, vous devez vous en souvenir, je ne suis pas franchement café, plutôt thé en fait, mais rien ne remplace celui de ma mère malheureusement. En fait vous auriez tout à fait raison de trouver ma présence ici parfaitement anormale. » Il rit, et me je joins à lui tranquillement, avalant une gorgée de ma propre commande. « Ce n’est pas très britannique. » J'hausse une épaule, amusée. « Ca, pour sûr, non ». Je grimace un peu et soupire. « Mais il faut ce qu'il faut pour tenir la fatigue, non ? » En tout cas moi c'est pour ça que je bois du café. Je relève les yeux, un peu hésitante, et le fixe un instant franchement songeuse. Si j'avais su tout ce que je sais aujourd'hui à l'époque où j'étais en face de lui pour ma thérapie, est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Ca ne me regarde pas de toute façon, pourtant je ressens une sensation étrange, à y penser. « Cela dit, nous pouvons toujours jouer au cricket, vous aimez le cricket Cameron? » Je ris un peu et baisse les yeux sur ma tasse. « Pas vraiment non, je n'ai joué qu'une fois et ça n'était pas très concluant... » Je relève les yeux et hausse une épaule un peu défaitiste sans doute mais arborant toujours un sourire assuré. « Est-ce que vous allez bien ? » je demande, un peu comme un cheveux sur la soupe. Il relève les yeux vers moi et m'abandonne un sourire triste. « C’est une vaste question, il y a quelque chose qui vous incite à la poser ? » J'inspire, la question est étrange inutile de prétendre le contraire, et je ne peux de toute évidence pas prétexter un acquis de conscience ou une mine triste, c'est lui, de nous deux, qui est le psychologue. « Peu après notre dernier rendez-vous, j'ai appris, pour votre femme... » Je glisse une main maladroite sur ma nuque et me mords un peu la lèvre. « J'étais réellement désolée de l'apprendre, et profondément touchée, aussi. » J'acquiesce lentement, je me suis longtemps demandé à quel point m'entendre en thérapie plusieurs fois par mois était difficile pour lui considérant les circonstances qui entourent sa vie familiale.

« Oh. Je suis désolé Cameron, je... » Je secoue la tête, je n'aurais sans doute pas dû aborder le sujet mais je ne pouvais pas rester là, à prétendre ne pas savoir. La circonstance de la mort de son épouse rend la chose pire encore que la perte de James je n'en doute pas, mais le point commun est tellement flagrant, et savoir qu'il avait traversé la chose... Je me mords la lèvre, ne réplique rien, le laissant achever : « J’espère avoir pu vous aider. » Il pose ses mains sur la table, peine à reprendre son souffle, sans doute. Je soupire un peu, profondément remuée de le voir ici, et reste figée sur ma chaise. « Elle aimait les roses. » Il se lève, d'un coup, et je sursaute presque. « Je vais acheter, une rose Cameron, peut être deux, j’ai besoin de... » J'hoche lentement la tête, et hésite un instant, puis finis par me lever à mon tour pour lui faire face. « Est-ce que vous voulez que je vous accompagne ?  » J'inspire et mes mains se joignent, j'ai l'impression d'être redevenue une lycéenne fautive. « Je suis désolée, je...  » Je secoue la tête, il vaut mieux arrêter là l'étalage émotionnel de gaffes et se taire, je pense que c'est la meilleure solution. « Je vais vous laisser, je ne voulais pas être si invasive. » Mais il m'arrête en levant la main. « Je vais bien, je vais très bien. Ne vous excusez pas Cameron, allons acheter ces roses. Seulement si vous y tenez toujours. » Je ne sais pas quoi dire et me mords la lèvre, hésitante. Est-ce qu'il veut vraiment y aller, ou est-ce que le coup de blues était passager, dû au choc ? Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée mais je n'ai absolument pas la moindre idée de ce qu'il faut faire. « Allons-y, alors, on trouvera peut être un salon de thé au passage ?  » Je grimace un peu, soudainement très mal à l'aise. J'ignore ce qui m'a pris de lui parler de ça, en dehors de l'horreur évidente des propos soulevés, la chose est totalement inconvenable. Il sourit, et prend ma main qu'il serre un instant. Je souris aussi, hochant la tête, et l'écoute me remercier pour une raison qui m'échappe. « Merci. » Je souris un peu plus et hausse une épaule, ne prenant pas la peine de répliquer, me contentant de le suivre en dehors de ce café blindé qui prend des airs étrangement opressants, quand on y pense.
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