xewood Ϟ haut les mains peau de lapin

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MessageSujet: xewood Ϟ haut les mains peau de lapin   Jeu 31 Jan - 17:32



haut les mains peau de lapin
stephen e. xenos & brune d. bloowmood

« Bon sang ça va me rendre dingue ! » soupirai-je en passant la main sur mon front. Vide. Désert. Voilà les qualificatifs qui suffisait largement à décrire l'état de mon réfrigérateur. Mon ventre se tord en écho à mon exaspération. Je suis affamée, et hormis un paquet de granola et deux tomates cerises qui se battent en duel, rien ne semble pouvoir assouvir ma faim dévorante. Comment ai-je pu être négligeante à ce point ? Je referme la porte en maudissant toutes ces fois où j'avais repoussé mon rendez vous caddie. Je regarde l'heure qui s'affiche sur mon micro onde avec option montre, vingt et une heure. Tous les magasins sont fermés, ou presque. Heureusement pour moi, il y a cette petite épicerie à quelques pas d'ici. De quoi me sauver de la famine. J'enfile hâtivement mon manteau, enroule mon écharpe autour de mon cou et m'empare de mon sac avant d'aller affronter le froid oxfordien.

Les rues sont presque désertes, les étudiants sont soit confortablement lovés dans leur petite chambre universitaire ou déjà installés à la table d'un bar. Il n'y a personne, excepté les deux-trois hommes en pull à motif jacquard qui promènent leur bichon maltais ou labrador sable avant d'aller se coucher. J'atteins rapidement la petite enseigne éclairée et me précipite à l'intérieur en espérant y trouver un peu de chaleur. En jeune fille bien élevée je salue le petit monsieur qui tient la caisse et me faufile entre les rayons. L'endroit est aussi dénué de vie qu'un cimetière. Je ne perçois que le grésillement d'un néon défectueux qui clignote au dessus de moi tandis que je m'efforce à comparer les prix des boîtes des raviolis. C'est tellement le néant et silencieux ici, que le tintement de la sonnette de la porte me fait sursauter. Je tourne par réflexe la tête et croise le regard familier du client qui vient d'entrer. D'abord étonnée de voir un professeur d'Oxford ici, je mets quelques secondes avant de mimer un bonsoir du bout des lèvres. Après tout, j'avais appris en maternelle que les profs n'habitaient pas dans l'école et n'y dormaient jamais. Ce sont juste des personnes comme vous et moi. Rien de bien extraordinaire jusque là. Il me fait un rapide signe de tête et je lui rends son sourire. Fin de l'histoire. Nous vaquons tous deux à nos occupations, passionnantes d'ailleurs.

Je poursuis mes emplettes en errant dans les rayons exigus, tenant mes articles d'un seul bras, l'autre étant occupé à les accumuler en un édifice instable. C'était toujours mieux que de se balader avec un des ces chariots à roulettes dont les grands mères raffolaient. Je retrouve ce charmant professeur dans cet endroit idyllique qu'est le rayon frais. Je repère aussitôt ce pot de tarama, avec cette texture rose dont je raffole entre deux pots de tzatziki. Je tends ma main et stoppe aussitôt mon geste en voyant celle de Stephen cherchant également à s'emparer de "mon précieux". Je le regarde, confuse. C'est comme lorsque vous croisez quelqu'un dans la rue, et que vous ne savez pas de quel côté il va, s'il passera par votre droite, votre gauche ou vous rentrera dedans. Et toi t'es là comme une idiote, à pas savoir quoi faire. « Vas-y, je t'en pris! » m'indique t-il. « Quelle galanterie. » Je souris et m'empare de mon dû. J'ai l'air d'une goinfre. Me jetant sur tout ce qui est comestible. C'est alors que la porte d'entrée s'ouvre brusquement, me surprenant une nouvelle fois. Instinctivement, mon regard se porte vers la source du bruit. J'en ai le souffle coupé. Mes yeux sont rivés sur cet homme cagoulé qui vient de débarquer. Je perçois son regard qui me dévisage rudement. Il me faut à peine quelques secondes avant de remarquer son 9mm qui balaye la pièce et ses occupants. Je suis paralysée, incapable d'esquisser le moindre mouvement. Le bruit de mes articles tombant avec fracas sur le carrelage, me ramène subitement à la réalité. « La caisse et vite. Pas d'histoires, pas de cris, no cops ou je tire. » Clair, net et précis. Je sais être très coopérative avec de tels moyens. Je n'ai de cesse de me répéter que tout se passera bien, que tant qu'on fait ce qu'il dit, il ne nous arrivera rien et que personne ne sera blessé. Je m'accroche à cette idée, espérant que tout ceci se termine rapidement. Mon cœur s'affole, m'assourdissant de ses battement précipités. Tambourinant douloureusement dans ma poitrine à mesure que la panique et l'effroi me tétanisent. Ma gorge se serre, et ma vision se trouble tandis que mes yeux deviennent humides. Ma mâchoire se contracte dans un espoir vain d'empêcher mes larmes de couler. La gamine de six ans en moi me crie de fuir et de me réfugier sous mon lit, de n'en sortir qu'une fois le cauchemar terminé. Je lui intime de demeurer silencieuse, de rester calme et sereine. Je lui prie de rester dans son coin et de me laisser gérer seule mon angoisse, de me laisser croire que je suis assez forte pour tenir le coup. Je ne détourne mon visage du braqueur que lorsque j'observe Stephen se poster devant moi. Le contact de sa main sur mon bras me sort de ma léthargie. Et dès lors je ne regarde que lui qui m'offre une vision beaucoup plus rassurante et apaisante que celle du canon d'une arme. Spontanément, je pose ma main libre sur la sienne et la serre légèrement. Je me rapproche de lui, m'agrippant à son bras, comme on s'accroche à une bouée de sauvetage. Je regarde le sol, puis ferme les yeux. Me chuchotant inlassablement que tout ira bien.

Quelques minutes, ou une éternité, je ne sais plus. Le temps semble s'être suspendu autour de nous. Enfermée dans une bulle cristalline, je m'applique à respirer profondément, inspirer et expirer de façon à ralentir mon rythme cardiaque, tout en restant focalisée sur la présence de Stephen à mes côtés, qui ne m'a jamais lâchée. Perdue quelque part, je suis ici sans l'être véritablement. Tout semble si irréel, et j'ai cru à tort pouvoir être préservée de tels évènements. Paradoxalement, lointaine et présente, je ne remarque même pas le malfrat s'échapper à grandes enjambées de la petite épicerie, d'ordinaire si paisible. Je suis terrifiée, derrière mes paupières, son image me poursuit, continue de me harponner de part en part. Creusant, soulevant et ramenant à la surface ces craintes que j'avais profondément enfouie. Et ça fait mal. C'est cette frustration douloureuse de me sentir si faible et vulnérable. Mes subterfuges pour tenter d'oublier, de me calmer, échouent lamentablement les uns après les autres. La terreur et l'adrénaline déferlent en moi, dans une seule et même vague destructrice, qui me submerge, qui me noie.

On m'attire quelque part. Quelque part où je me sens instantanément en sécurité. Stephen m'a prise dans ses bras. Je me blottis contre lui, recherchant la chaleur et la protection. Je peux entendre les battements de son cœur, aussi soutenus que le mien. Et je comprends alors qu'il est aussi apeuré que moi. Seulement, il semble tellement en pleine maîtrise de lui même. Il était mon seul repère dans cet endroit, dans cette situation, mon seul pilier sur lequel je m'étais appuyée. J'ai besoin de ça, j'ai besoin de lui. Je n'arrivais pas à l'expliquer et n'en éprouvais pas la nécessité. Je veux juste qu'il me garde encore quelques instants ainsi, car s'il me lâche, je sais que je ne parviendrai pas à me relever seule. « C'est fini, il est parti. Tu peux ouvrir les yeux. » Il me faut quelques secondes pour prendre pleinement conscience de ce que ces mots signifient. Puis, brusquement, mes nerfs lâchent. Je ne peux plus continuer ainsi et j'abandonne. J'enfouis mon visage contre lui, la respiration saccadée. Les sanglots soulèvent ma poitrine à chaque inspiration, des larmes salées inondent mes yeux, brûlant mes joues sur leur tracé jusqu'à la commissure de mes lèvres. Incapable de me ressaisir, je continue de pleurer. Comme une foutue pleurnicheuse. C'est fini m'avait-il dit. Il n'est plus là, il est parti, tout ira bien maintenant. Les choses s'arrangeront, elles doivent s'arranger. Lorsque je parviens enfin à retrouver un semblant de calme, je me défais lentement de son étreinte, sans le regarder. Je me sens suffisamment chétive et lâche pour ne pas vouloir le lire dans ses prunelles. J'essuie du revers de ma main les dernières larmes sous mes yeux rougis. Je n'arrive même pas à regarder le vendeur qui doit être probablement aussi ébranlé que nous. Je veux oublier, je veux tout effacer. Je lève timidement les yeux vers Stephen. « Je veux partir. Je... je voudrais m'en aller. Sortons d'ici Stephen. » murmurai-je d'une voix faible. Par pitié, quittons cet endroit sur le champ. Il efface d'un geste attentionné les perles cristallines qui avaient continué de couler sans le vouloir. Je ferme les paupières quelques secondes, juste par réflexe. Sa main glisse délicatement dans la mienne et je la serre légèrement « Je t'emmène chez moi, tu ne peux pas rester seule. Et pour tout t'avouer, je n'ai pas envie de rester seul non plus après ce qu'il vient de se passer. » J'hoche la tête en guise de réponse, quelque peu rassurée à l'idée de ne pas rester seule avec mon désespoir comme Dalida. Il n'y a rien d'autre à faire, à part se soutenir du mieux qu'on peut. J'aimerais pouvoir l'apaiser comme il le fait pour moi. J'aimerais lui dire que ça va aller, qu'il n'a pas de soucis à se faire, que tout ira bien. Je le veux vraiment, sauf que les mots ne me viennent pas. Ils restent coincés dans ma gorge qui se resserre toujours un peu plus quand je repense à ce qui vient de nous arriver. Je suis Stephen comme son ombre tandis qu'il nous guide à l'extérieur du magasin. Je jette un œil par dessus mon épaule, échangeant un bref regard compatissant avec le vendeur. Je le contemple, désolée autant pour lui que pour nous.

A peine un pied dehors, je sens l'air glacial s'engouffrer en moi, mordant ma peau. Malgré les quelques lampadaires, la ville est plongée dans le noir. Le silence s'entrecoupant des miaulements lascifs de chats, de l'eau qui s'abouchent dans les gouttières, et du vent sifflant sous les toitures. Je n'ai pas peur du noir, j'ai peur de ce qu'il peut s'y cacher. Et dans l'état où je suis, mon esprit se plaît à imaginer les pires scénarios possibles. Je me rapproche de Stephen, me rappelant que je ne suis pas seule à traverser tout ces évènements. « Ça va aller? » Sa voix, ce ton bienveillant suffiraient presque à calmer toutes mes peurs. Je lève les yeux vers lui, il est inutile de lui mentir. « Je n'en sais rien. Je n'arrive pas vraiment à réfléchir. Je...Je pense oui. Je pense que ça ira. Mais ne me lâche pas s'il te plaît. Pas encore. Pas tout de suite. » Je parle vite, au même rythme de mes pensées qui se bousculent. Je marque une courte pause et tente de reprendre plus lentement « Merci. Je veux dire, non enfin...j'aurais préféré que aucun de nous deux ne soit présent, mais merci. Juste...d'être là. Parce que pendant tout ce temps.. je suis en train de... de paniquer, de chialer, d'avoir peur de marcher seule dans le noir ! Et que t'es là et que toute de suite ça semble moins difficile. » Et merde. Voilà que à la simple évocation de ce qui s'est passé, je ressens à nouveau cette peur panique prendre possession de moi et mon cœur battre de plus bel. Je respire et m'ancre au regard bleu céleste de mon compagnon de route. Et ça me suffit. Il appose ses mains sur mes joues, ce peu de de chaleur humaine réchauffant quelque peu ma peau glacée. « Ne sois plus effrayée pour le moment! Je suis là, et je ne compte pas te laisser seule! Car même si je semble être calme et serein après ce qu'il vient de se passer, je n'en suis pas moins retourné. D'être là pour toi et de te soutenir me suffit pour que cela me semble à mon tour moins difficile. » Je le dévisage, et esquisse enfin un sourire. Je vois qu'il est sincère et je veux croire en ça. Je veux croire en lui. Qu'on le veuille ou non, on s'est malheureusement retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'ai jamais cru au destin, pas même au karma. Parce qu'on ne peut pas résumer toutes les choses, bonnes ou mauvaises, qui nous arrivent par des principes hypothétiques. C'est la vie qui est comme ça, life's bitch et tu peux rien y faire à part subir, tomber et te relever en attendant le prochain coup.

Je marche auprès de lui, les sens en éveil, sursautant au moindre bruit étranger. Plus nous nous éloignons de l'épicerie, plus je retrouve mon calme. « On est presque arrivés où tu habites à l'autre bout du monde ? » m'enquiers-je. Si ça se trouve, il me promène depuis le début et finira sûrement par m'abandonner dans une ruelle sombre, derrière un container de détritus, me laissant pour morte. Je suis exténuée et mon cerveau divague. Faites que je n'ai pas dis ça à voix haute. Je l'entend rire, craignant qu'il penche pour la seconde solution. « A vrai dire... nous sommes arrivés! » Je pousse un soupir de soulagement. Je me laisse entraîner dans l'enceinte du bâtiment, gravissant les escaliers menant au premier étage sans jamais le lâcher. Il m'invite ensuite à rentrer sans son appartement. Je le regarde fermer la porte, qui m'apparait alors comme une protection supplémentaire face au monde extérieur. Il fait bon ici, c'est joli et ça me fait un bien fou de voir autre chose, de pénétrer dans un lieu qui n'est pas effrayant. En d'autres circonstances, j'aurais sûrement été gênée de me trouver ici, chez un prof. Mais j'avais dépassé ce stade dès l'instant où cet inconnu cagoulé avait fait irruption dans l'épicerie et indirectement, dans nos vies. « Fais comme chez toi! Tu veux quelque chose à boire? ou tu veux seulement t'enfouir sous la couette? » lance t-il. « Les deux. De l'eau, s'il te plaît. C'est bien de l'eau. » L'idée de boire un verre de scotch ou de vodka m'avait effleuré l'esprit pour en ressortir aussitôt. D'une, parce que pur c'était immonde, et d'autre part, je savais pertinemment qu'avec mon état d'atonie avancée, un verre d'alcool aurait suffi à m'abbatre pour une longue nuit de sommeil. Et je ne voulais pas de camisole chimique ou de quoi que ce soit. J'enlève mon manteau et le pose soigneusement sur le canapé. « Huum...Stephen? Je t'en demande peut être trop ou quoi mais...est ce que ça te dérange si je dors avec toi ? Pas que ton canapé ait l'air inconfortable, non il est très chouette, c'est un superbe canapé d'ailleurs....Mais...Je veux pas dormir toute seule. C'est tout. C'est juste ça. » demandai-je en baissant les yeux, sans parvenir toutefois à masquer ma nervosité. Vus de l'extérieur, mes propos semblaient tellement étranges et innapropriés, et pourtant, j'étais persuadée qu'il me comprendrait.

Ma question reste en suspens quelques secondes à peine, suffisamment pour que le silence commence à m'inquiéter. Je m'empourpre aussitôt, tentant de cacher mon trouble en buvant quelques gorgées d'eau. Je sais que c'est inattendu, que la situation est autant embarrassante pour lui que pour moi, mais c'est un cas de force majeure. Je préfère largement le savoir juste à côté de moi, que de devoir le réveiller en grattant à sa porte en pleine nuit, en pleurs et fébrile parce que mes cauchemars m'auront empêché de fermer l'œil. Je repose mon verre tandis que mon hôte s'approche. « C'est un superbe canapé, mais très peu agréable pour dormir! Et cela ne me dérange pas. Je... Je vais te passer des affaires pour dormir, tu seras plus confortable! » Oh mon Dieu. Je bénis sa gentillesse et le fait qu'il n'ai ajouté aucune autre commentaire qui aurait eu le don de me rendre davantage nerveuse. J'esquisse un sourire, j'apprécie ce qu'il fait pour moi et j'ai la soudaine impression d'en abuser. Je ne veux pas apparaître comme une opportuniste, car je sais qu'il me serait possible d'essayer de profiter de la situation. Je sais également que beaucoup d'étudiantes rêvent d'être à ma place, ce n'est pas comme si Stephen n'était pas l'un des plus charmants professeurs de l'université. C'est pourquoi je ne veux pas que ça se sache. Personne ne doit savoir. C'est tellement facile de sortir les choses de leur contexte et je peux déjà imaginer toutes les déformations possibles qu'impliquent les circonstances actuelles. Je le suis silencieusement jusqu'à sa chambre. Parfaitement rangée d'ailleurs. « La salle de bain est là! Tu n'as besoin de rien d'autre? » Je suis du regard la direction indiquée, acquiesce et saisis les vêtements qu'il me tend, ravie qu'il soit si prévenant, m'épargnant de lui demander autre chose. « D'accord, merci. Et non je crois que c'est bon. Ah oui ! En fait, je veux bien une histoire du soir, une berceuse et un bisou de bonne nuit. Ça sera parfait. » Il m'intimide et je fais ce que je peux pour rendre la situation moins déroutante. C'est le bordel dans ma tête, j'ai encore du mal à realiser ce qui s'est passé, de ô combien c'était réel. Et parce que je ne pourrais pas éternellement me refugier dans les bras de quelqu'un quand je faiblis, j'essaie de plaisanter, de dédramatiser, c'est une manière  comme une autre de se préserver.

Je file vers la salle de bain, tatonne pour trouver l'interrupteur et finalement allumer la lumière. Je clenche juste la porte derrière moi pour la fermer. J'enfouis mon visage dans la paume de ma main, amorçant un facepalm ennuyé tout en soupirant. Je prends le temps de détailler mon air miserable dans le miroir puis je passe de l'eau sur mon visage aux traits fatigués. Je veux juste dormir et me relever en ayant tout oublié. Que la vie reprenne son cours, comme si rien ne s'était passé. C'est lâche d'essayer de faire celle qui n'a rien vu, rien entendu, de fuir, mais il faut croire que je le suis. J'ôte rapidement mes habits que je replie méticuleusement pour ne rester qu'en sous-vêtements. Puis j'enfile ceux que Stephen m'a prêté. Je ressors de la salle de bain, habillée d'un de ses larges tee-shirt, suffisamment long pour m'arriver à mi cuisse. Je retourne dans la chambre où la lumière est restée allumée. « Stephen ? » me hasardai-je avant d'entrer. Lui aussi s'est changé, et je dois dire que ce n'est pas une vision des plus désagréables qui se présente devant. J'essaie de regarder ailleurs, gênée et troublée à la fois. Non pas parce qu'il est torse nu, je ne suis pas impressionnable à ce point. Je suppose que c'est toute la situation qui me dépasse, qui nous dépasse. Je n'arrive pas à comprendre, à expliquer la confusion qui régne en moi. Mes pensées sont comme anesthésiées, et c'est reposant. C'est une sensation délicieuse que de ne plus s'inquiéter. De lâcher prise, juste un instant. « Tu peux entrer, j'éteins la lumière. » (Il va faire tout noiiiiir ! Ta gueule !) Je ne me fais pas prier et esquisse un pas vers le lit. Stephen s'avance alors vers moi, et je m'applique à ne regarder que ses yeux, uniquement. Je rougis légèrement quand il me sourit. Je réalise simultanément qu'il a éteint la lumière, et qu'il ne peut donc pas le voir, ce qui me rassure d'un sens. Je ne veux pas rendre la situation encore plus étrange qu'elle ne l'est déjà. Quoique "étrange" n'est pas un mot approprié. Et c'est justement parce que les choses semblent se faire si naturellement que j'en suis décontenancée. « Je... Je peux mettre un t-shirt si tu le souhaites! » C'est une plaisanterie, j'espère. « Non c'est bon. Te fais pas de soucis. Viens dormir. » Il est chez lui tout de même. Je m'impose déjà assez ainsi. Et puis ça serait un crime contre l'humanité que de cacher un si beau spectacle.

Je m'avance vers le bord du lit, celui le plus éloigné de la porte de la chambre, comme si je redoutais que quelqu'un puisse entrer et m'atteindre la première. J'ai juste peur du monstre dans le placard. J'interroge Stephen du regard, ne voulant pas le fâcher en lui volant son côté favori. N'entendant aucune protestation, je me glisse délicatement sous la couette, m'enveloppant dedans en faisant attention, de ne pas piquer toute la couverture. Je m'allonge sur le côté, face à Stephen, ramenant légèrement mes jambes sous moi. D'un geste habituel, je dégage les mèches blondes qui sont retombées sur mon visage. « Ne va pas voir. Reste. Dis moi juste si tu as bien fermé la porte d'entrée à clef. » demandai-je soudainement. C'est absurde, je le conçois. Stephen est là. On ne craint rien ici. Mais c'était plus fort que moi. Et cette question allait me tourmenter toute la nuit si je ne m'en étais pas assurée dès maintenant. Tout en espérant qu'il ne me prenne pas pas pour une psychopathe névrosée.

« C'est fermé à clef, je me suis même permis de fermer la porte de la chambre à clef, pour plus de sécurité! Pour autant que je sache, ce quartier est plus réputé pour les personnalités qui y vivent que pour des vols! » Mon air anxieux disparaît, et je me radoucis aussitôt. Son appartement et sa chambre m'apparaissent maintenant comme une forteresse inviolable. Et puis, mon preux chevalier monte la garde. Nous ne risquons plus rien et j'en suis convaincue. Il s'approche et dépose un baiser sur mon front. « Ton bisou de bonne nuit! Par contre, je ne veux pas te donner des cauchemars avec une berceuse, et pour les histoires du soir... les seules que je connais sont à propos de la politique... » Un large sourire étire alors mes lèvres, moi qui pensait qu'il allait oublier mes réclamations. Même si j'étais à moitié sérieuse lorsque j'avais sorti ça, j'appréciais son geste, comme toujours. D'ailleurs, je parle de lui comme s'il avait toujours été là, que c'était normal et habituel d'agir ainsi l'un envers l'autre. De se protéger, de se rassurer et de se trouver une utilité lorsque la situation semble nous avoir totalement échappée. Notre lien se tisse, puisant sa force à l'endroit même où notre récent traumatisme nous a laissé d'indéniables lésions. C'est comme ça. On ne peut rien faire, rien dire, juste constater et accepter. J'émets un léger rire. Il est parfait. Parvenant à me faire sourire, rire même, me sortir de ce mutisme dans lequel je me serais probablement enfermée s'il n'avait pas été là. « On va éviter la voix de dinosaure, et les passionnantes aventures des politiciens alors... » murmurai-je en laissant échapper un bâillement à la fin. J'ignore quelle heure il est, mais je suis exténuée.  « Essayons de dormir maintenant. » finis-je par dire sentant que je ne pourrais guère restée éveillée plus longtemps. A mon tour, je me redresse légèrement afin de déposer un baiser furtif sur sa joue « T'as bien mérité ton bisou de bonne nuit toi aussi. » affirmai-je en reprenant ma position initiale. J'avais fait ça spontanément, sans me poser de questions et n'en avait éprouvé pour la première fois aucune gêne. C'était surement une manière de lui rendre la pareille. Il en avait fait déjà beaucoup. Après tout ce qu'on venait de partager, il était inutile de prétendre à une certaine distance. Je me réfugie davantage sous la couette, la resserant sur moi, j'ai toujours un peu froid lorsque je suis fatiguée. « Fais de beaux rêves. » lui adressai-je doucement. Je le regarde une dernière fois, comme pour m'assurer que je ne suis pas seule. Qu'il est bel et bien là, et je sais qu'il ne me laissera pas. J'ai toujours peur de fermer les paupières, de revoir encore cette image qui me terrifie,ne redevenir cette pauvre gamine apeurée. Seulement, les choses sont différentes. Je sais qu'il me suffit de les rouvrir pour voir Stephen et me calmer. C'est fini m'avait il dit. Il est parti. Tout ira bien. Nous irons bien. Cette idée bien ancrée dans mon esprit, je cède enfin au sommeil qui m'emporte instantanément.

Fin


Dernière édition par Brune D. Bloomwood le Sam 30 Mar - 23:59, édité 64 fois
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MessageSujet: Re: xewood Ϟ haut les mains peau de lapin   Jeu 31 Jan - 21:00


✖ BRUNE BLOOMWOOD & STEPHEN XENOS ✖
« Oxford # Pear Tree # waitrose supermarket »
Durant l'heure qui précédait mon départ de l'université, j'étais astreint à m'occuper de quelques étudiants étrangers de première année pour les aider dans leur transition à Oxford. Je n'ai pas eu le choix. Il ne sera jamais venu à l'esprit de faire ces heures supplémentaires de tutorat à des étudiants ne suivant pas mes cours. Seulement, l'administration m'a assigné à cette mission; c'était une condition à ma réintégration à l'université après les méfaits de mai dernier. Pourtant, je ne regrette pas mon geste, aider un de mes élèves d'un petit-ami trop violent. Mais, frapper un élève que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement est exclu pour le corps professoral. Tandis que les étudiants étrangers assimilent les us et coutumes d'Oxford, j'essayais de passer le temps à jouer avec mon téléphone portable. Lorsque l'heure se terminait, les étudiants n'eurent même pas le temps de ranger leurs affaires que j'étais déjà sur le pas de la porte, pressé de m'enfuir tel un lycéen qui vient d'entendre sonner la cloche en fin de semaine. Un signe de la main pour les saluer, j'avançais d'un pas précis vers la sortie. Je ne veux pas être l'un de ses professeurs qui passent ses journées et ses soirées sur son lieu de travail; je veux profiter du peu de temps libre!
Sur la route pour rentrer à mon appartement, mon portable se met à sonner. "Alarme : Penser à faire les courses" Je grommelle en lisant mon alarme se déclencher afin de me rappeler de faire les courses. S'il y a bien une chose dont j'ai horreur, c'est faire les courses, pourtant j'aime faire la cuisine... mais faire les courses, une perte de temps colossale! Il faut que je passe par Pear Tree pour rejoindre mon appartement, et je connais une épicerie ouverte à toute heure qui s'y trouve. Je préfère faire marcher le commerçant du coin, et non les grandes surfaces qui sont hors de prix. Étant fils d'artisan boulanger, je comprends la difficulté pour ces commerçants de faire face aux grandes enseignes! Sur le chemin, je pense à faire ma liste de courses, j'aimerais éviter d'y retourner dans deux jours parce qu'ils me manquent des o-eufs! J'atteins la petite épicerie tenue par un charmant monsieur toujours agréable avec ses clients. Je passe le pas de la porte de l'épicerie et mon arrivée se fit entendre par un carillon. Je salue le commerçant qui se trouve derrière son comptoir. Je scrute la moindre personne présente et remarque un visage familier... Je ne parviens pas à mettre le prénom sur cette personne mais je reconnais une amie de Bonnie. Polie, elle me salue du bout des lèvres, et je lui fais signe de la tête en lâchant un léger sourire. Ma liste à la main, je parcours les petites allées dans l'espoir de trouver tout ce qui est marqué sur mon bout de papier. Tout en cherchant mes produits, j'essaye de retrouver le prénom de cette jolie blonde; je suis certain que Bonnie me l'a présenté un jour dans les couloirs de l'université ! J’aperçois le pâté de campagne puis le houmous, parfait, je peux les rayer de ma liste! Je n'ai pas remarqué que l'étudiante présente était dans le même rayon, et alors que je m’apprête à attraper le tarama, je vois une main se glisser pour tenter de l'attraper. Je me tourne et je la vois qui semble gênée. « Vas-y, je t'en pris! » J’esquisse un léger sourire. Je ne veux pas sembler affamer et égoïste en lui arrachant le pot de tarama des mains. « Quelle galanterie. » Le tintement de la porte interrompt mon envie de lui répondre que le geste est normal. Elle fut aussi arrachée à ses pensées par la sonnerie de la porte du magasin. Seulement, je n'y jette aucun de coup d'oeil, peu intéressé par connaître la personne qui vient de passer le pas de la porte. Je préfère me concentrer de retrouver le prénom de cette jeune étudiante. j'ai le doigt dessus, mais je n'y parviens pas à me le remémorer. Je vois son regard se fermer un peu plus alors qu'elle regarde toujours en direction de la porte. Les produits qu'elle porte tombe au sol, sans que je ne comprenne pourquoi. Elle semble effrayée! Je me retourne vivement, et je vois dans l'entrée cet homme cagoulé, nous pointant son arme à feu. Mon visage se ferme à mon tour; je n'ai jamais été confronté à une telle situation. « La caisse et vite. Pas d'histoires, pas de cris, no cops ou je tire. » C'est très clair! Loin de moi l'idée de faire le héros et me jeter sur lui pour s'emparer de son arme. Je me recule pour me rapprocher et me mettre devant elle, comme pour la cacher. Ma main effleure son bras, et je l'attrape fermement, comme pour essayer de la rassurer. Je ne veux pas paraître effrayé, ni même effronté face à l'agresseur, il pourrait prendre cela pour du défi de ma part. Je regarde l'homme charmant qui tient l'épicerie se dépêcher de vider la caisse, sans faire d'histoires. Il a compris que s'il agissait comme le souhaite l'homme cagoulé, il n'y aurait aucun problème.
Ce serait tellement imbécile si l'une des personnes présentes dans la petite épicerie souhaite s'interposer et vouloir stopper le voleur pour faire acte de justice. Je me sens tellement impuissant face à cet homme cagoulé comme je ne l'ai jamais été. J'essaye de garder mon sang-froid alors que je maintiens le bras de la jeune femme pour la rassurer. D'ailleurs, je sens sa main se poser sur la mienne en la serrant légèrement. Elle s'accroche à moi comme elle peut. Le temps passe si lentement, j'ai l'impression que le braqueur est là depuis des heures à nous pointer avec son arme. Je tente de m'apaiser intérieurement, pourtant mon coeur ne cesse de s'emballer à force de croiser le regard vide du braqueur. Le fait de protéger la jolie blonde en faisant rempart avec mon corps, me donne la force suffisante pour me sentir utile et dans un sens, courageux. Je serre de temps à autre sa main pour l'apaiser, je sens son souffle s'accélérer à force où le temps passe. Mon regard se détourne du voleur lorsqu'il a réussi à mettre toute la recette de la caisse dans son sac et s'enfuir aussi rapidement qu'il est entrée. Je balaye du regard l'épicerie, tout le monde est sain et sauf, même si chacun semble choqué par ce qu'il vient de se passer. Je me retourne doucement vers celle que j'ai protégée, gardant ma main dans la sienne. Sa tête est baissée vers le sol tout ayant les yeux fermés pour s'enfuir mentalement de la situation. Délicatement je l'approche vers moi pour la prendre dans mes bras et susurre à son oreille, « C'est fini, il est parti. Tu peux ouvrir les yeux. » Je la sens tremblante dans mes bras, je peux comprendre; même si je semble être calme après avoir vécu cette situation, je n'ai qu'une envie de rentrer chez moi et de me sentir en sécurité. Cette situation qui venait de se passer fut assez troublante et perturbante! Je ne peux m'empêcher de ressasser plusieurs fois dans ma tête la scène qui vient de se dérouler sous nos yeux. À chaque fois, je me sens démuni, incapable de faire quoi que ce soit! Il est très rare pour moi de me sentir faible face à un évènement ou une situation, et c'est très perturbant pour moi. J'ai réussi à rassembler le semblant de courage qu'il y avait en moi pour protéger la jolie blonde, qu'elle se sente un peu plus en sécurité à mes côtés. Je sais que cela ne suffira pas pour oublier le traumatisme que l'on vient de subir mais peut-être que cela l'aidera à ne pas se sentir seule. Je la garde contre moi, sentant son corps trembler contre le mien, toujours aussi apeurée. Elle parvient à percuter, à comprendre ce que je viens de lui dire. Tout est fini, il ne peut plus nous faire de mal! Son visage s'enfouit contre moi, comme pour trouver plus de sécurité et surtout d'apaiser son esprit. Mais ses nerfs lâchent d'un coup, sans prévenir! En l'entendant pleurer contre moi, je resserre mon étreinte, bien décidé de continuer de la protéger malgré le départ du braqueur. cet évènement est traumatisant pour quiconque, même moi un homme assez sûr de lui et rempli de confiance! La pression légèrement relâchée, elle se retire délicatement de mes bras, en essuyant les larmes qui ont coulé sur ses joues rougies par ses pleurs. La tête baissée, sûrement pour cacher son visage encore choqué par la situation, elle reste paralysé, incapable de bouger.
Doucement, elle relève la tête vers moi, les yeux embués par ses larmes. « Je veux partir. Je... je voudrais m'en aller. Sortons d'ici Stephen » me murmure-t-elle. Je lève délicatement la main vers elle, et je chasse les quelques larmes qui continuent de tomber. Elle connaît mon prénom, et je me sens pathétique de ne plus me souvenir du sien! J'attrape à nouveau sa main, elle ne peut pas être seule après ce qu'il vient se passer. « Je t'emmène chez moi, tu ne peux pas rester seule. Et pour tout t'avouer, je n'ai pas envie de rester seul non plus après ce qu'il vient de se passer. » Nous laissons nos produits étalés sur le sol, et nous avançons doucement vers la sortie. Le monsieur qui tient l'épicerie semble encore sous le choc, mais il reste calme. Discrètement, je lui demande ce qu'il va faire. Pas de police, il ne veut pas les alerter. Quelles sont les chances qu'ils retrouvent cet homme, personne n'a vu son visage, juste le blanc de ses yeux, et l'intensité de son regard. Je laisse ma carte avec mon numéro au commerçant, au cas où il est besoin d'un témoin de la scène. J'attire la jolie blonde effrayée à l'extérieur de l'épicerie, en m'assurant de ne pas voir de près ou de loin le braqueur, qui aurait pu rester aux abords. Je tourne ma tête vers elle. « Ça va aller? » Elle se tourne vers moi, pour planter le blanc de ses yeux dans les miens. Ces joues sont encore rougies, et ses yeux sont toujours humidifiés par les larmes qui ont coulé plus tôt. « Je n'en sais rien. Je n'arrive pas vraiment à réfléchir. Je...Je pense oui. Je pense que ça ira. Mais ne me lâche pas s'il te plaît. Pas encore. Pas tout de suite. » Elle parle rapidement avec honnêteté. Je ressers légèrement mon étreinte pour lui montrer que je ne vais pas la lâcher et que je suis là pour elle. Même si je suis encore choqué par ce que je viens de vivre, je me rassure tant bien que mal en me sentant utile pour elle, et d'être comme un piller sur lequel elle peut s'accrocher pour ne pas faillir. « Merci. Je veux dire, non enfin...j'aurais préféré que aucun de nous deux ne soit pas présent, mais merci. Juste...d'être là. Parce que pendant tout ce temps.. je suis en train de... de paniquer, de chialer, d'avoir peur de marcher seule dans le noir ! Et que t'es là et que toute de suite ça semble moins difficile. » J'esquisse un léger sourire, et je me mets face à elle. Je pose délicatement mes mains sur ses joues; je peux sentir que son coeur se met à battre à nouveau à l'idée de ressasser la situation que l'on vient de vivre. « Ne sois plus effrayée pour le moment! Je suis là, et je ne compte pas te laisser seule! Car même si je semble être calme et serein après ce qu'il vient de se passer, je n'en suis pas moins retourné. D'être là pour toi et de te soutenir me suffit pour que cela me semble à mon tour moins difficile. » Cet évènement nous a rapproché irrémédiablement. Je n'ai qu'une envie de la prendre dans mes bras pour la rassurer et qu'elle se sente plus en sécurité.
Nous avançons rapidement vers mon appartement afin de ne pas rester trop longtemps dans la pénombre d'Oxford. Je peux sentir qu'elle se calme plus nous nous approchions de mon appartement. « On est presque arrivés où tu habites à l'autre bout du monde ? » Je lâche un léger rire, puisque je savais que nous étions qu'à seulement quelques mètres de mon bâtiment. « A vrai dire... nous sommes arrivé! » Je ne la lâche pas alors que nous montions les marches du perron de mon bâtiment. Après quelques minutes pour monter les marches afin d'accéder au premier étage, nous entrons dans mon appartement, vide... rassuré de voir que June n'a pas crocheté ma porte d'entrée pour squatter. J'allume les lumières du salon, et je la lâche enfin. « Fais comme chez toi! Tu veux quelque chose à boire? ou tu veux seulement t'enfouir sous la couette? » Je m'avance vers la cuisine, ouverte sur le salon. Je suis terriblement gêné de ne pas arriver à me souvenir de son prénom, surtout qu'elle se rappelle très bien du mien. Je me vois mal, très mal, lui demander après tout ce qui vient de se passer serai très mal venu de ma part. Je trouverai bien une solution pour retrouver son prénom! « Les deux. De l'eau, s'il te plaît. C'est bien de l'eau. » Je me retourne vers elle, avec un léger sourire. Je comprends parfaitement, puisque je n'ai qu'une envie que c'est de filer dans mon lit pour finir rapidement cette journée et ne penser à plus rien. J'attrape deux verres, ainsi qu'une bouteille d'eau plate fraîche tout juste sorti du réfrigérateur; je m'approche d'elle en lui servant un verre, et je repose la bouteille après m'être servi à mon tour un verre. Je commence à me rendre compte que cela devient une fâcheuse habitude venant de ma part de ramener des jeunes étudiantes dans mon appartement, sans qu'il ne passe quoi que ce soit! Après avoir pris une gorgée d'eau, elle me regarde avec une certaine nervosité dans les yeux. « Huum...Stephen? Je t'en demande peut être trop ou quoi mais...est ce que ça te dérange si je dors avec toi ? Pas que ton canapé ait l'air inconfortable, non il est très chouette, c'est un superbe canapé d'ailleurs....Mais...Je veux pas dormir toute seule. C'est tout. C'est juste ça. » Je manque de recracher l'eau que je viens d'avaler. Je suis légèrement pris au dépourvu, il est vrai que ne m'attendais pas à ce qu'elle me demande cela. Mais il semble qu'elle soit tout aussi gênée de m'avoir posé cette question. Mais bizarrement, je crois que je ressens le besoin de ne pas être seul pour dormir, j'ai besoin de me sentir en sécurité dans mon propre appartement. Je me rapproche d'elle doucement. « C'est un superbe canapé, mais très peu agréable pour dormir! Et cela ne me dérange pas. Je... Je vais te passer des affaires pour dormir, tu seras plus confortable! » Je me sens un peu gêné, il faut l'avouer, et puis ce serait mentir de dire que je ne la trouve pas attirante ! Je lui fais signe de me suivre, jusqu'à ma chambre. J'allume la lumière, heureusement, j'ai pensé à ranger la veille, et à faire mon lit ce matin. Je me dirige vers mon armoire, et je cherche des vêtements confortables. « La salle de bain est là! Tu n'as besoin de rien d'autre? » dis-je en lui tendant quelques vêtements. « D'accord, merci. Et non je crois que c'est bon. Ah oui ! En fait, je veux bien une histoire du soir, une berceuse et un bisou de bonne nuit et ça sera parfait. » dit-elle en attrapant les vêtement. Je ne peux m'empêcher de rire légèrement à ses attentes; seul le bisou de bonne nuit m'intéresse. Je secoue légèrement la tête, je n'ai pas le droit de penser à cela; pas après un évènement pareil, et aussi parce qu'elle est une étudiante -certes, pas la mienne!-.
Elle s'enferme dans la salle de bain pour se changer. Je me passe les mains sur le visage comme pour réfléchir quelques secondes. Son prénom! J'attrape rapidement mon portable, et je me presse pour faire quelques recherches sur facebook. Je ne peux pas me coucher à ses côtés, sans parvenir à me souvenir de son prénom! Après avoir parcouru la liste des amis de Bonnie, je parviens à la trouver : Brune D. Bloomwood! Brune pour une sublime blonde! Je pose mon portable sur la table basse; et je commence à me déshabiller. Merde, je ne peux pas me permettre de dormir sans vêtements! J'attrape dans mon armoire un pantalon de pyjama, celui que je mets d'habitude, lorsque June ou Bonnie sont à l'appartement. J'ai une horreur de sentir un tissu sur moi lorsque je dors, mais je fais des exceptions lorsque je ne suis pas seul. Je ne veux pas effrayer Brune ou la mettre mal à l'aise! Je ferme les rideaux de ma chambre, et j'allume la lumière de ma table de chevet; puis je ferme la porte de ma chambre, comme pour me sentir plus en sécurité. « Stephen ? » Je tourne la tête vers la porte de ma salle de bain; je la regarde, habillé seulement d'un de mes vieux t-shirts. Je déglutis légèrement, je ne peux nier son physique attirant, et ses jambes nues que je ne peux m'arrêter de regarder, le temps de bien m'en souvenir plus tard. Je secoue la tête à nouveau, pour reprendre mes esprits. « Tu peux entrer, j'éteins la lumière. » Je détourne mon regard d'elle, pour ne pas retourner dans mes pensées et commencer à imaginer des choses. J'éteins la lumière et j'avance vers elle. Brune me regarde, et j'esquisse un léger sourire. Je me rends alors compte que je suis torse nu en face d'elle, je n'ai pas pris le temps de mettre un t-shirt. Inconsciemment j'ai dû m’interdire de porter un t-shirt, étant donné que j'ai horreur de dormir habillé. « Je... Je peux mettre un t-shirt si tu le souhaites! » Ce n'est pas mon intention de la mettre mal à l'aise ou de la gêner; la situation l'est assez! J'avance vers mon armoire à la recherche d'un t-shirt pour me couvrir. « Non c'est bon. Te fais pas de soucis. Viens dormir. » Je me tourne doucement vers elle, c'est agréable d'entendre la voix douce d'une jeune femme me demander de venir dormir... cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu cette sensation de ne pas être seul avant de me coucher. Je secoue la tête, à nouveau égaré dans mes pensées, puis je ferme le placard.
Je regarde Brune se diriger vers le lit, du côté le plus éloigné de la porte d'entrée; chose que beaucoup de femmes font! Elle me regarde pour s'assurer qu'elle ne me vole pas la place, je souris en lui faisant signe que non. A vrai dire, j'ai pour habitude de dormir au milieu du lit! J'avance à mon tour en direction de mon lit, me glissant délicatement sous la couette. Après cette soirée, j'ai l'impression que Brune et moi nous avons fait connaissance en accéléré; pourtant nous ne savons pas grand chose l'un de l'autre. Seulement, je peux sentir ce lien qui nous unit dès à présent, et aucun de nous ne peut contredire qu'il y a quelque chose de naturel qui se passe entre nous, comme si nous nous connaissions depuis toujours! C'est une situation étrange et agréable, il faut l'admettre! Je secoue légèrement mon oreiller afin qu'il se bombe pour poser ma tête dessus; puis après l'avoir posé, je tourne le visage vers Brune qui me regarde. Elle ramène quelques mèches derrière ses oreilles, dégageant son adorable visage. « Ne va pas voir. Reste. Dis moi juste si tu as bien fermer la porte d'entrée à clef. » Je comprends parfaitement sa crainte! « C'est fermé à clef, je me suis même permis de fermer la porte de la chambre à clef, pour plus de sécurité! Pour autant que je sache, ce quartier est plus réputé pour les personnalités qui y vivent que pour des vols! » Je m'approche d'elle, et délicatement, je dépose un baiser sur son front; « Ton bisou de bonne nuit! Par contre, je ne veux pas te donner des cauchemars avec une berceuse, et pour les histoires du soir... les seules que je connais sont à propos de la politique... » J'esquisse un léger sourire; j'aimerais lui dire que si elle ressent le besoin de s'accrocher à moi durant la nuit qu'elle le fasse, mais je n'ose pas, ce serait sûrement malvenu de ma part! Je la regarde me sourire, sûrement flatté de voir que je n'avais pas oublié sa réclamation. Je n'allais pas oublier ce baiser pour lui souhaiter bonne nuit; c'est une jeune femme exquise, et je ne peux m'empêcher de penser que je suis chanceux de m'endormir à ses côtés. Elle se met même à rire de ma blague foireuse sur les histoires de politiques; cela me rassure qu'elle commence à penser à autre chose. Je me dis que j'ai été utile pour elle, et qu'elle ne va peut-être pas se coucher en ayant peur. « On va éviter la voix de dinosaure, et les passionnantes aventures des politiciens alors... » me dit-elle en chuchotant avant de se mettre à bailler. « Essayons de dormir maintenant. » Je la regarde se redresser, a-t-elle oublié quelque chose? Je souris à nouveau en sentant son baiser sur ma joue pour me souhaiter à mon tour son bonne nuit. « T'as bien mérité ton bisou de bonne nuit toi aussi. » C'est étrange de voir comme notre relation se fait si naturellement, comme si nous nous connaissions depuis des années, alors qu'au final, nous sommes étrangers des histoires de l'un et de l'autre. Je lui chuchote un bonne nuit alors qu'elle se rallonge. « Fais de beaux rêves. » Je la regarde se blottir sous la couette à la recherche de la chaleur, et comme si elle ajouté une armure supplémentaire sur elle. J'ai l'envie de la prendre dans mes bras, pour la serrer contre moi, afin qu'elle se sente d'autant plus en sécurité. Mais je ne veux pas prendre ce risque. Mes yeux se ferment délicatement, et je m'endors en oubliant la mésaventure de la soirée.


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