et si je te présentais ton futur papa ? w/lucas

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MessageSujet: et si je te présentais ton futur papa ? w/lucas   Lun 21 Jan - 22:35

Onze heures. Je soupire en regardant mon téléphone, car je n’ai décidément pas envie de foutre les pieds dehors par un temps pareil. Il fait bien trop froid pour mettre ses enfants à l’école, c’est cruel pour eux ! Ainsi que pour les nourrices qui doivent s’en occuper pour la pause de midi. Cela ne fait que quelques jours que j’ai trouvé ce boulot mais déjà je comprends pour quelle raison personne ne veut le faire à ma place. Ces gosses sont infernaux et passent leur temps à mettre mon appartement sens dessus dessous. Heureusement, aujourd’hui, je n’en aurai qu’une à supporter et c’est celle que je considère comme la plus sage du groupe. J’enfile mon manteau ainsi qu’une paire de gants et ferme la porte d’entrée pour m’aventurer dans ces températures glaciales. La maternelle n’est pas bien loin, il me suffit d’une dizaine de minutes pour la rejoindre et j’attends encore un peu pour apercevoir cette jolie blondinette courir vers moi. Caroline m’aime bien, et pour moi qui n’aie jamais été à l’aise avec les enfants c’est un miracle. Puisque je ne peux pas la tenir par la main, elle monte sur mes genoux en prenant soin à ne pas me faire mal, je lui ai expliqué mon problème avec des termes simples et il me semble qu’elle a bien compris. Nous arrivons à mon immeuble rapidement, et tandis qu’elle observe encore les mécanismes de mon fauteuil roulant, nous pénétrons dans l’entrée. Elle va directement s’asseoir sur le canapé et je me joins à elle pour regarder les dessins animés avant d’aller préparer le repas. Mais bientôt, on frappe à la porte et étant confortablement installée avec la petite sur mes genoux, je n’ai pas le courage d’aller ouvrir. « Entrez, c’est ouvert ! » je me contente de m’égosiller en espérant que mon visiteur surprise m’entende. J’entends le bruit de la porte qui s’ouvre et se referme et je vois apparaître Lucas, une baguette de pain à la main. « Wow. Je tombe mal ? » Je l’observe un moment, ne comprenant d’abord pas pourquoi cette question mais il me suffit de suivre son regard pour réaliser le malentendu. Je dépose un baiser sur la tempe de Caro’ qui sonde l’inconnu de ses grands yeux bleus. Amusée par le quiproquo que je laisse s’installer, je lance d’une voix tout à fait naturelle : « Pas du tout ! Juste un petit moment de détente entre mère et fille ! » C’est une plaisanterie cruelle mais ô combien drôle à l’en voir se décomposer ainsi. « Je vois ». La gamine se tortille contre moi mais elle a l’air plus absorbée par ses cartoons que par notre conversation, dieu merci. Je n’ai pas envie de perdre mon boulot parce qu’elle aurait été tout raconter à sa mère. « Tu m’avais pas dit que t’avais une fille ». Sa réaction m’arrache un sourire et je n’arrive pas à le dissimuler comme je l’aimerais. Les meilleures blagues sont les plus courtes, aussi je décide d’abréger ses souffrances. « Ca va détends-toi, j’suis trop jeune pour être mère ! J’la garde tous les midis histoire de gagner un peu d’argent. » Dans l’espoir d’alléger un peu l’atmosphère, je continue sur un ton plus enjoué : « Wow, ça te fait un drôle d’effet ! Rassure-moi, tu sais que même si c’était ma fille ça pourrait pas être la tienne hein ? J’veux dire, niveau timing ça colle pas tellement donc pas la peine d’être aussi stressé ! » dis-je en lui adressant un clin d’œil. Il semble apprécier moyennement mon humour mais je ne m’en formalise pas trop, gageant seulement que c’était une mauvaise blague. « Non, sans rire ? Je croyais que tu venais peut être d’une autre planète où tout est plus rapide. Comme ces trucs de vampire, là… » Je fais signe à la gamine de descendre de mes genoux et roule jusqu’à la cuisine, où je commence à sortir ce qu’il faut pour un plat de pâtes. « Désolée, c’était pas très drôle. Mais t’aurais vu ta tête ! » Je me moque gentiment en remplissant la casserole d’eau. « Tu restes manger avec nous ? Spaghettis bolognaises au menu ! » Il paraît se détendre un peu et j’en suis soulagée. Je pose la casserole sur la gazinière et l’allume, avant de me tourner vers lui. « Je reste, si tu veux de moi, je meurs de faim et c’est ma pause déjeuner de pauvre ». Je grimace un peu, mais je suis ravie de l’accueillir ce midi. « Désolé, je devrais me détendre mais je me suis couché tard, et je travaille comme un fou, je suis fatigué ». Nous nous côtoyons depuis peu de temps mais je dois bien admettre que je l’ai rarement vu se détendre totalement, il a toujours l’air épuisé et au fond, cela me fait de la peine car j’aimerais pouvoir l’aider. « Tiens assieds-toi. J’m’occupe de la gamine, j’peux bien m’occuper de toi aussi ! » En parlant d’elle, je l’envoie se laver les mains avant de manger. « Si tu veux pour te détendre, j’ai de la morphine en quantité ! J’peux t’en céder à un bon prix. » Cette fois, le ton de ma voix ne laisse aucun doute sur la plaisanterie, hors de question que je m’improvise dealeuse de drogue.

L’entendre rire à ma proposition me fait sourire, c’est agréable de le voir de bonne humeur même si j’ai la vague impression qu’il est légèrement mal à l’aise. « Non, merci, ça ira, mais c’est gentil je note la proposition, si jamais je change d’avis ». Caroline revient et s’installe à table. Je termine le repas et sers les assiettes comme toute bonne maîtresse de maison. « C’est ton amoureux ? » La voix candide de la petite me fait relever la tête et j’hausse un sourcil en direction de Lucas. « Euh.. Non, non ma chérie, c’est.. C’est un ami. » Je tourne la tête vers elle en soupirant, puis m’adresse de nouveau à lui. « T’as d’la chance, d’habitude y a au moins trois ou quatre gosses qui courent dans tout l’appartement à c’t’heure-ci ! » Je préfère reprendre le ton enjoué que j’avais un peu plus tôt pour cacher la gêne que cette question provoque en moi. Cela semble anodin mais cette gamine ne doute pas qu’elle a mis le doigt sur quelque chose qui me pose un sérieux problème ces temps-ci. « En fait, j’aime les enfants ». Je prends une bouchée de spaghettis tout en l’observant d’un air surpris, car ce n’est pas vraiment l’impression qu’il donne. « C’est juste que c’est un sujet difficile ». Je ne suis pas certaine de comprendre, et j’ai peur de faire une gaffe. Alors je me contente de la seule question qui me traverse l’esprit. « Tu en as ? Ou.. Tu en as eu ? » Mon indiscrétion finira par devenir légendaire. Je soupire un peu et hoche la tête de droite à gauche. [color=indianred « Pardon c’est.. J’devrai pas poser ce genre de questions, j’voulais pas t’mettre mal à l’aise. »[/color] Il secoue la tête et c’est à mon tour d’être soulagée. Non que je n’aime pas les enfants mais les garder quelques heures durant me suffit déjà amplement. « Non, non, je n’ai pas d’enfant… Mais mon amie Megan, elle est séropositive, et elle a une petite fille dont je m’occupe ». Abasourdie, je me plonge dans mon verre d’eau dont je prends une longue gorgée en réfléchissant à sa situation pour le moins dramatique. « D’accord.. J’comprends mieux. Tu sais, je suis pas encore une professionnelle et j’me doute que tu seras pas forcément intéressé mais dans la mesure où mon appart’ s’est transformé en garderie, si jamais y a besoin.. J’suis là. » Je lui adresse un sourire rassurant en espérant qu’il saura s’en souvenir, car j’imagine sans mal comme ce doit être difficile de gérer cette petite et son boulot en même temps. « J’y penserai c’est gentil ». Ravie qu’il garde ma proposition en tête, je continue de savourer le repas en jetant quelques coups d’œil à Caroline qui semble se régaler. « Mais pour l’instant c’est moi que tu gardes et c’est déjà mal ». Je ris un peu et m’apprête à lui répondre quand Caro’ me demande à sortir de table. J’acquiesce en souriant et lui dis d’aller se brosser les dents avant de me tourner vers mon interlocuteur. « C’que tu n’sais pas c’est que mes services sont purement intéressés, j’espère bien une petite compensation plus tard ! » Ma main s’est glissée sur son genou mais je la retire aussitôt en étouffant un rire léger. « Je plaisante, t’inquiètes pas. De toute façon je n’aurais plus besoin de toi, maintenant que j’vais devenir une actrice riche et célèbre ! » Je souris en repensant à ce casting que j’ai réussi haut la main il y a quelques jours et songe déjà à des jours meilleurs.

« Je suis choqué par ce que tu sous-entends je te signale ». Je roule des yeux en soupirant, décidément, l’innocence feinte ne lui va vraiment pas. « Une actrice riche et célèbre ? Vraiment ? » En tout cas c’est bien ce que j’espère, même si je me doute que le parcours sera long et difficile.. « Je pourrais plus te parler si tu deviens riche, c’est une règle absolue que je suis depuis toujours, éviter les célébrités ». J’hausse les sourcils en m’attelant à débarrasser la table. « J’en suis pas encore là, mais j’ai été prise pour le casting d’un film, un second rôle. Faut bien commencer quelque part. » Puis je rajoute, plus pour le taquiner que par réelle vanité : « Même si j’deviens célèbre, tu continueras forcément à me fréquenter. Tu peux plus te passer de moi, ça s’voit dans tes yeux ! » J’empile les assiettes et il récupère les verres que nous mettons dans l’évier. « Je ferai peut être un effort pour toi ». Je lui adresse un large sourire tandis qu’il s’appuie sur le plan de travail spécialement adapté à ma hauteur. « Je pousserai peut être même le vice jusqu’à aller voir ton film, qui sait ? » Je rigole doucement. « J’espère que tu ne seras pas déçu dans ce cas, je n’ai ni scène de nu, ni scène lesbienne ! » Je lui fais signe de me suivre jusqu’au salon où Caroline est assise à la table basse avec une feuille et des crayons et m’installe difficilement sur le canapé sans prendre le risque de changer de chaîne de peur de m’attirer les foudres de la blondinette. « T'es une obsédée, en fait » je fais mine d'être outrée et lui assène un coup de coude dans les côtes pour me défendre. « N'importe quoi ! Je suis juste réaliste, c'est comme ça que les films marchent. Pourquoi tu crois que Scarlett Johansson fait autant d'entrée à chaque fois ? Pour son jeu d'actrice incroyable ? » Je roule des yeux, ironique, et soupire tandis que la petite m'apporte son dessin sur lequel je m'interroge. Deux bonhommes, visiblement amoureux à en croire le coeur qui trône au-dessus de leur tête, et la fille est en fauteuil roulant. J'ai peur de ce que je dois comprendre. « Merci ma puce.. Mais c'est qui ce garçon ? » que j'ose demander. « Ben lui ! » me fait-elle en pointant Lucas du doigt. Les gamins ont une fâcheuse tendance à parler sans réfléchir, et Caro me met dans une situation pour le moins embarrassante. D’ailleurs mes joues se mettent à rougir sans que je n’y puisse faire quoique ce soit. Je soupire longuement dans un sourire gêné et lui redonne son dessin. « Plutôt que de dire des bêtises, va te préparer, tu as école cet après-midi ! » Elle s’exécute aussitôt et je me tourne vers Lucas. « Désolée, c’est un peu gênant. Elle croit encore au prince charmant, j’ai pas l’cœur de lui dire qu’elle se trompe. » dis-je en reportant mon regard sur la télévision d’un air peut-être un peu triste. Sans doute ne se rend-il pas compte que les suppositions de la petite me font un peu mal au cœur, c’est probablement mieux comme ça de toute façon. « C’est normal qu’elle y croit encore, tant mieux » Je hoche la tête et tente de me détendre un peu. « Ca n’a pas d’importance, il faut laisser les enfants croire à la magie, tout ça »

« T’as sûrement raison. J’lui expliquerai que c’est une vilaine sorcière qui m’a coupé la jambe. » Ma voix est amère, je regarde ma jambe en soupirant longuement. « Je rentre à l’hôpital la semaine prochaine. » Je n’arrive pas à imaginer ce que sera ma vie avec une jambe en moins, peut-être ne vaut-il mieux pas d’ailleurs, rien que d’y penser j’en ai encore des vertiges. « Je vais pas te dire que c’est pas grave ni que ça va aller, ces conneries servent à rien » J’acquiesce en souriant doucement, j’ai entendu trop souvent ces mots pour savoir qu’ils sont totalement inutiles. « Mais t’es une battante, tu t’en sortiras mieux que d’autres à ta place, et un jour quand tu regarderas en arrière, tu ne seras même plus triste ». Un seul instant j’aimerais me dire qu’il a raison, mais cela semble si loin.. « Peut-être.. Qui sait, avec un peu d’chance j’rencontrerai un beau chirurgien esthétique qui arrivera à me reconstruire une jambe et j’redeviendrais jolie ! » J’ai beaucoup de mal avec cette opération à venir. Je suis en fauteuil roulant depuis deux ans déjà, je suis habituée au fait de ne plus marcher, mais l’esthétique me traumatise véritablement. « Arrête de raconter des bétises, le fait qu’il te retire une jambe ne fera pas de toi une fille moins jolie » Je rigole en secouant la tête et lui assène une petite tape sur le torse. « Sois pas stupide, j’ai des jambes magnifiques, s’il me les retire j’ai de quoi m’inquiéter ! Comment j’vais réussir à attirer de beaux jeunes hommes rencontrés à l’hôpital dans mon lit maintenant ? » J’apprécie qu’il tente de me rassurer, et m’autorise un sourire suite à cette remarque un brin provocatrice. « De la même façon que tu l’as déjà fait, sans que ça ne pose pas le moindre problème, ou alors ils seront bien cons » Il fait craquer ses doigts et je grimace car je ne supporte pas ce bruit des plus désagréables. « Faut pas que tu partes défaitiste, tout est dans la façon de se comporter. T’es pas intéressante parce que t’as deux jambes, c’est ailleurs, et ça, ça se perdra pas après l’opération » Je ne peux retenir mon sourire et décide de ramener un peu la bonne humeur. « Donc tu m’trouves intéressante, c’est pas juste parce que je t’offre le couvert que tu continues à v’nir me voir alors ? » dis-je en tirant la langue, taquine. « Ca joue, certes, mais non, c’est pas que pour ça, et je continuerais même après » Je roule des yeux en riant légèrement. « C’est pas dit que j’te supporte encore très longtemps, j’te préviens ! »

Caroline revient en sautillant après avoir enfilé son manteau et ses gants. « Désolée, le devoir m’appelle. J’dois la ramener à l’école. Remarque tu peux m’accompagner, sa maîtresse est absolument magnifique ! » Je me surprends à faire ce genre de proposition, mais n’éprouve finalement aucune jalousie à l’imaginer avec une autre que moi et cela me rassure grandement. « J’apprécie la proposition, vraiment, et j’y songerai, mais le devoir m’appelle aussi et il est nettement moins agréable qu’une maitresse canon… » Je hausse les épaules et me redresse à mon tour pour me hisser, au prix d’efforts physiques considérables, dans mon fauteuil. « Tu sais pas c’que tu rates ! Tant pis, avec un peu d’chance j’pourrai la garder pour moi ! » que je lance avec un clin d’œil entendu en attrapant mon manteau. « Si c’est le cas préviens moi, je songerai à me libérer le temps d’une soirée » J’éclate de rire en lui lançant un regard plein de sous-entendus et referme mon manteau. « Attention j’pourrai te prendre au sérieux ! » J’ouvre la porte et prends la petite sur mes genoux. Nous faisons un bout de chemin ensemble tandis que je réfléchis à cette éventualité particulièrement intéressante. Caroline semble écouter notre conversation d’une oreille et je prie pour qu’elle n’en comprenne rien. « Mais je suis très sérieux, enfin… » J’hausse un sourcil intrigué, ne sachant trop s’il plaisante ou s’il est vraiment sérieux. « Dans ce cas je risque de t’appeler très prochainement ! » Nous arrivons à une intersection à laquelle nous devons nous séparer ; je lui fais signe de se baisser pour déposer un baiser sur sa joue. « Bon, on se reverra du coup, mais sans doute pas sous peu. On se recroisera sûrement à l’hôpital ! » Il fait quelques pas mais se retourne pour me préciser : « Appelle moi, et n’hésite pas » J’esquisse un sourire et hoche la tête avant de prendre le chemin de l’école, le cœur léger.


Dernière édition par N. Alexandra Serrano le Dim 27 Jan - 1:32, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: et si je te présentais ton futur papa ? w/lucas   Lun 21 Jan - 23:07

Pause déjeuner. J'ai accepté d'assurer aussi un service de jour dans le bar pourri où je travaille déjà suffisamment si vous voulez mon avis, mais l'argent ne ment pas et quand on en a besoin, malheureusement, il n'y a pas 36 solutions. J'ai passé la soirée de la veille avec Megan et Grace, mais Megan s'est endormie plus tôt que nous, ce qui m'a laissé l'occasion de discuter longtemps avec la petite fille. De sa vie future, et du reste. Je suis fatigué, du coup, parce que discuter de la sorte m'a fait réfléchir à tout un tas de choses qui m'ont empêchées de dormir. Je profite de ma pause déjeuner pour me glisser dehors, dans le froid glacial qui règne. Je décide de rendre visite à Alexandra avec une baguette achetée en chemin, en bon pauvre que je suis. Il ne me faut que quelques minutes pour frapper à la porte de son appartement. « Entrez, c’est ouvert ! » Je m'exécute et fais presque comme chez moi, débarquant et fouinant pour la trouver. Je m'arrête en plein élan en découvrant... une enfant. « Wow. Je tombe mal ? » Elle embrasse la petite fille qui se tient sur ses genoux, et réplique : « Pas du tout ! Juste un petit moment de détente entre mère et fille ! »J’écarquille un peu les yeux et hoche doucement la tête. « Je vois ». Encore une fille avec sa mère, décidemment à croire que je les attire. J’inspire et ne sais trop que faire. « Tu m’avais pas dit que t’avais une fille ». Je croise les bras, étrangement dérangé. Fort heureusement, elle apporte une explication rationnelle à la situation – bien que finalement ça ne me regarde pas tellement. « Ca va détends-toi, j’suis trop jeune pour être mère ! J’la garde tous les midis histoire de gagner un peu d’argent. » J’acquiesce et secoue un peu la tête pour jouer les blasés en bonne et due forme. « Wow, ça te fait un drôle d’effet ! Rassure-moi, tu sais que même si c’était ma fille ça pourrait pas être la tienne hein ? J’veux dire, niveau timing ça colle pas tellement donc pas la peine d’être aussi stressé ! » Je ricane un peu et roule des yeux. « Non, sans rire ? Je croyais que tu venais peut être d’une autre planète où tout est plus rapide. Comme ces trucs de vampire, là… » J’attrape un morceau de pain et pose la baguette sur la table. Elle fait descendre la petite et je souris en me détendant un peu. « Désolée, c’était pas très drôle. Mais t’aurais vu ta tête ! » Elle s’affaire, remplit une casserole d’eau et me lance, taquine toujours : « Tu restes manger avec nous ou tu continues de faire la tête ? Spaghettis bolognaises au menu ! » J’acquiesce en souriant un peu. « Je reste, si tu veux de moi, je meurs de faim et c’est ma pause déjeuner de pauvre ». Je croise les bras et inspire. « Désolé, je devrais me détendre mais je me suis couché tard, et je travaille comme un fou, je suis fatigué ». Elle me montre une chaise et j’inspire en souriant, sincère cette fois. « Tiens assieds-toi. J’m’occupe de la gamine, j’peux bien m’occuper de toi aussi ! » La petite est envoyée se laver les mains et je souris un peu. Elle ne ressemble pas à Grace mais l’enfant sans doute m’y fait penser. « Si tu veux pour te détendre, j’ai de la morphine en quantité ! J’peux t’en céder à un bon prix. » Je ris cette fois et secoue la tête. « Non, merci, ça ira, mais c’est gentil je note la proposition, si jamais je change d’avis ». Je m’étire et baisse d’un ton. Comment expliquer que je me considère attaché à suffisamment d’enfants, déjà ? La petite réapparait avec son lot de questions : « C’est ton amoureux ? » Alexandra relève la tête vers moi et je fronce les sourcils. « Euh.. Non, non ma chérie, c’est.. C’est un ami. » J’acquiesce pour appuyer ses propos et baisse les yeux. Tout est tellement compliqué que la moindre chose me ramène une vue d’ensemble de ma vie en ce moment, qui n’est pas pour me réjouir franchement. « T’as d’la chance, d’habitude y a au moins trois ou quatre gosses qui courent dans tout l’appartement à c’t’heure-ci ! » Je ris un peu et hausse une épaule. « En fait, j’aime les enfants ». Je soupire un peu. « C’est juste que c’est un sujet difficile ». Je ris un peu et croise les bras en faisant un petit signe de la main à la petite fille.

« Tu en as ? Ou… Tu en as eu ? » Je fronce le nez et secoue la tête vivement, mais elle enchaine avant que je n’ai pu répondre. « Pardon c’est.. J’devrai pas poser ce genre de questions, j’voulais pas t’mettre mal à l’aise. » Je secoue la tête de nouveau et inspire. « Non, non, je n’ai pas d’enfant… » Je souris un peu et hausse une épaule. « Mais mon amie Megan, elle est séropositive, et elle a une petite fille dont je m’occupe ». Et à laquelle je me suis un peu trop attaché, je me retiens d’ajouter, de justesse. « D’accord.. J’comprends mieux. Tu sais, je suis pas encore une professionnelle et j’me doute que tu seras pas forcément intéressé mais dans la mesure où mon appart’ s’est transformé en garderie, si jamais y a besoin.. J’suis là. » Je souris un peu, reconnaissant, et acquiesce. « J’y penserai c’est gentil ». Je m’étire de nouveau et ferme les yeux quelques secondes. « Mais pour l’instant c’est moi que tu gardes et c’est déjà mal », je lance en riant, amusé. La petite demande rapidement à sortir de table et nous restons là pendant qu’elle va se laver les dents, sagement. Je mange tranquillement, quand elle se tourne vers moi. « C’que tu n’sais pas c’est que mes services sont purement intéressés, j’espère bien une petite compensation plus tard ! » Sa main glisse sur mon genou et j’hausse un sourcil sceptique, ne pouvant m’empêcher de rire, amusé. « Je plaisante, t’inquiètes pas. De toute façon je n’aurais plus besoin de toi, maintenant que j’vais devenir une actrice riche et célèbre ! » Je roule des yeux en terminant mon assiette et inspire. « Je suis choqué par ce que tu sous-entends je te signale ». Je porte la main sur mon cœur et roule des yeux. « Une actrice riche et célèbre ? Vraiment ? » J’hausse les sourcils et préviens : « Je pourrais plus te parler si tu deviens riche, c’est une règle absolue que je suis depuis toujours, éviter les célébrités ». Je l’aide à débarrasser la table sans interrompre notre conversation. « J’en suis pas encore là, mais j’ai été prise pour le casting d’un film, un second rôle. Faut bien commencer quelque part.» J’acquiesce, à l’écoute. L’histoire me rappelle étrangement celle d’Olivia mais inutile de parler de ça. « Même si j’deviens célèbre, tu continueras forcément à me fréquenter. Tu peux plus te passer de moi, ça s’voit dans tes yeux ! » Je ris un peu et hausse une épaule. « Je ferai peut être un effort pour toi ». En réalité, je le ferai surement. Perdre Olivia à l’époque sous prétexte qu’elle était en train de devenir une célébrité a été assez dur comme ça pour que je ne m’inflige de perdre une amie de nouveau. Les choses changent, les gens aussi, je suis moins borné. Je range les assiettes et m’appuie sur le plan de travail. « Je pousserai peut être même le vice jusqu’à aller voir ton film, qui sait ? » Elle réplique, vive : « J’espère que tu ne seras pas déçu dans ce cas, je n’ai ni scène de nu, ni scène lesbienne ! » puis m'invite à la suivre au salon où nous retrouvons la petite, concentrée devant la télé. « T'es une obsédée, en fait», je note à voix basse en roulant des yeux, amusé.

Mais elle roule des yeux comme si je venais de dire une absurdité – ce qui, je maintiens, n’est pas le cas – et réplique : « N'importe quoi ! Je suis juste réaliste, c'est comme ça que les films marchent. Pourquoi tu crois que Scarlett Johansson fait autant d'entrée à chaque fois ? Pour son jeu d'actrice incroyable ? » Je me marre un peu et secoue la tête, Scarlett Johansson a un jeu d’actrice incroyable, non ? Je ris de nouveau tandis que la petite lui apporte un dessins que j’aperçois de loin. « Merci ma puce.. Mais c'est qui ce garçon ? » Je regarde, intrigué et hausse un sourcil sceptique. « Ben lui ! » La gamine me pointe du doigt et je ris un peu en secouant la tête. C’est mignon de savoir que certains être sur cette terre et à cet âge croient encore à l’amour et tout ça. Je ne dis rien, me contente de m’enfoncer dans le canapé en la regardant. Elle semble soudainement mal à l’aise et je fronce le nez, me mordant un peu la lèvre. « Plutôt que de dire des bêtises, va te préparer, tu as école cet après-midi ! » La petite disparaît et Alex se tourne vers moi : « Désolée, c’est un peu gênant. Elle croit encore au prince charmant, j’ai pas l’cœur de lui dire qu’elle se trompe. » Elle rougit et je secoue la tête en souriant doucement. « C’est normal qu’elle y croit encore, tant mieux ». Je souris un peu plus et inspire. « Ca n’a pas d’importance, il faut laisser les enfants croire à la magie, tout ça ». Je ris un peu et m’étire. « T’as sûrement raison. J’lui expliquerai que c’est une vilaine sorcière qui m’a coupé la jambe. » Sa voix change de ton et je fronce les sourcils en la fixant d’un air interrogatif. L’explication ne tarde pas à venir cependant, tout s’explique en général. « Je rentre à l’hôpital la semaine prochaine. » J’acquiesce lentement, ne sais franchement pas trop quoi dire. « Je vais pas te dire que c’est pas grave ni que ça va aller, ces conneries servent à rien ». Je soupire, préfère être honnête. « Mais t’es une battante, tu t’en sortiras mieux que d’autres à ta place, et un jour quand tu regarderas en arrière, tu ne seras même plus triste ». Je soupire, ne sais qu’ajouter, entre ma sœur dans le coma et Megan qui meurt, tout autour de moi me parait tellement foutu en l’air que c’est à croire que je porte la poisse. « Peut-être.. Qui sait, avec un peu d’chance j’rencontrerai un beau chirurgien esthétique qui arrivera à me reconstruire une jambe et j’redeviendrais jolie ! » Je roule des yeux et secoue la tête. « Arrête de raconter des bétises, le fait qu’il te retire une jambe ne fera pas de toi une fille moins jolie ». Elle rit un peu et me frappe. « Sois pas stupide, j’ai des jambes magnifiques, s’il me les retire j’ai de quoi m’inquiéter ! Comment j’vais réussir à attirer de beaux jeunes hommes rencontrés à l’hôpital dans mon lit maintenant ? » Je ris un peu et roule des yeux. « De la même façon que tu l’as déjà fait, sans que ça ne pose pas le moindre problème, ou alors ils seront bien cons ». J’hausse une épaule en me faisant craquer les doigts. « Faut pas que tu partes défaitiste, tout est dans la façon de se comporter. T’es pas intéressante parce que t’as deux jambes, c’est ailleurs, et ça, ça se perdra pas après l’opération ». Elle sourit un peu et je l’imite, content de revenir à plus léger : « Donc tu m’trouves intéressante, c’est pas juste parce que je t’offre le couvert que tu continues à v’nir me voir alors ? » Je ricane un peu et roule des yeux. « Ca joue, certes, mais non, c’est pas que pour ça, et je continuerais même après ». Je lui fais un clin d’œil et m’étire de nouveau. Elle roule des yeux à son tour et je ne peux m’empêcher de rire. « C’est pas dit que j’te supporte encore très longtemps, j’te préviens ! » La petite revient vers nous, habillée de son manteau et de ses gants. « Désolée, le devoir m’appelle. J’dois la ramener à l’école. Remarque tu peux m’accompagner, sa maîtresse est absolument magnifique ! » Je souris et me redresse en secoue la tête. « J’apprécie la proposition, vraiment, et j’y songerai, mais le devoir m’appelle aussi et il est nettement moins agréable qu’une maitresse canon… » Elle se hisse dans son fauteuil et lance, amusée : « Tu sais pas c’que tu rates ! Tant pis, avec un peu d’chance j’pourrai la garder pour moi ! » Je ris un peu et hoche la tête : « Si c’est le cas préviens moi, je songerai à me libérer le temps d’une soirée ». Je plaisante et me marre un peu, enfilant mon propre manteau pour les suivre à l’extérieur. Reprendre le chemin du bar ne m’enchante pas vraiment mais je manque de moyens, il faut ce qu’il faut. Nous sortons de l’appartement et elle prend la petite sur ses genoux. « Attention j’pourrai te prendre au sérieux ! » Je ris un peu, nos chemins sont communs pour quelques mètres. « Mais je suis très sérieux, enfin… »

« Dans ce cas je risque de t’appeler très prochainement ! » Je dois la quitter là, et elle me fait signe de me baisser vers elle. Je m’exécute et elle dépose un baiser sur ma joue. Je souris, doucement, et me redresse, fourrant mes mains dans mes poches.. « Bon, on se reverra du coup, mais sans doute pas sous peu. On se recroisera sûrement à l’hôpital ! » J’acquiesce lentement et m’éloigne doucement, me retournant pour lancer au passage : « Appelle moi, et n’hésite pas ». Je lui jette un clin d’œil et me retourne pour retrouver mon job pourri.
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