just sayin I'm the boss w/ Lauren

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MessageSujet: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Ven 4 Jan - 3:17


    Sortir seul, ça n'existe pratiquement plus. C'est tout juste si j'ai la paix pour aller aux chiottes, puis encore les toilettes ont été jusqu'à présent un lieu privilégié des petites escapades spontanées d'amours interdits - on fait comme on peut, comme on dit. Alors sortir dîner, ça implique d'être accompagné, d'aller dans les plus beaux endroits et d'être remarqué. Je crois que ça me plait au fond de tout et je ne peux pas dire que j'ai vraiment connu autre chose dans ma vie, puisque j'ai toujours bossé dans le milieu, avec les gens tout aussi désespérés ayant à ce point besoin de l'attention et de l'admiration des autres. En ce qui me concerne, je n'en ai pas besoin, je l'obtiens simplement sans vraiment faire de grands efforts, tout cela à cause de ma position, de l'argent. Personne ne peut tourner le dos à ce genre de succès, car même si on n'est pas vraiment en sa faveur, on ne peut pas nier que c'est ainsi que le monde tourne. Ce soir, je sors avec une jeune et jolie mannequin roumaine qui ne prononce pas un mot d'anglais, de quoi être encore plus à l'aise puisque nul besoin de me casser les couilles à faire la conversation de long en large en ayant au final rien de pertinent à exprimer et simplement pas l'envie de l'engager. Je bredouille quelques mots, merci aux origines roumaines de ma mère et les quelques rares visites que nous avons fait à sa famille dans la mère-patrie lorsque j'étais adolescent, rien que le nécessaire pour la faire rire un peu et communiquer avec elle les banalités. De toute façon, elle n'en a plus que pour deux jours à être en ville, elle s'envole vers les States très bientôt pour son prochain photoshoot à New York. J'ai toujours été fasciné de voir combien le manque d'argent se fait sentir lorsqu'on est pauvre ou du moins, de condition humble et lorsqu'on est plein à craqué, tout vient à nous sans qu'on ait à lever le petit doigt et encore moins à payer. Par exemple, cette mannequin que je baise depuis une semaine qu'elle est en ville alors que je sais à peine lui faire la conversation - mais je lui paie les soupers dans les plus grands restaurants, ce genre de choses - ou bien la bouteille de champagne qu'on a nous a servi gratuitement, aux frais de la maison... Il faut dire que mon père avait de très bonnes relations un peu partout, qu'il a toujours été bien généreux avec les gens et les entreprises qu'il appréciait. Un bon consommateur, quoi ! et les commerçants lui rendaient bien. De ça aussi, j'ai hérité, d'un nom à honorer en tout cas. Quelquefois il m'arrive de me sentir comme dans la mafia italienne, couvert de tout ce respect et de tous ces cadeaux ridicules que je pourrais me payer dix fois tandis que d'autres ont peine à payer la facture de l'entrée.

    La main posée sur celle de ma compagne de la soirée, elle me fait les yeux doux, je lui rends bien en caressant délicatement sa main, lui demandant si elle a aimé (nous ne sommes encore qu'à l'entrée, celle-là même que certains ne pourraient pas se payer) et je prends de mon autre main ma coupe de vin, que je porte à mes lèvres. Décontracté, indifférent, c'est la face que je montre à tout le monde de toute manière, mon nouveau visage, et je m'y sens particulièrement bien. Pas trop de souci à me faire des autres, pas même de ma propre personne, je n'ai qu'à me laisser ainsi guider sur la vague et tout se passe pour le mieux. J'aperçois alors une tête connue, de longs cheveux d'or, et ce visage, ce regard. Le mien se fige sur elle, un mince sourire apparait sur mon visage. Comme toujours, la voici qui fait une entrée digne de ce nom et voilà qu'elle se fait remarquer, qu'elle attire tous les regards sur elle et sa silhouette fantastique, presque irréelle. Je baisse les yeux, écoutant ma belle qui m’interpelle en s'obstinant à me parler dans sa langue, quelques mots d'anglais mais franchement elle se débrouille tout juste pour dire mon nom (ça mon nom, elle sait le dire, le chuchoter, même le crier). Je tourne la tête vers elle sans l'écouter, tout juste en la voyant, puisque mon esprit est ailleurs et a été dérobé par l'entrée grandiose de Lauren dans le restaurant. Elle a probablement droit au même genre de traitement que je peux avoir, puisque je vois déjà d'ici le serveur s'affairer à lui trouver une table alors qu'elles étaient déjà toutes occupées par des réservations pour la soirée. Voyant le serveur passer à côté de moi, se dirigeant vers une table réservée sans doute pour la préparer pour Lauren malgré tout, je l'arrête. « Excusez-moi. Madame est une amie, je vous prierais de l'inviter à ma table. » Ma table. J'ai beau être accompagné, c'est moi qui décide et ma mignonne ne saurait même pas comment le dire si cela la dérangeait. Je souris d'ailleurs à la petite roumaine, la trouvant presque ridicule dans sa robe à payettes et ses bijoux tellement grossiers. Ah, elle n'a rien à voir avec le charme naturel et la prestance de Lauren, mais cela m'a bien satisfait tout de même, sa beauté est vive. Je suis du regard le serveur qui rejoint Lauren à l'entrée et qui lui fait part de mon invitation par un signe de tête en ma direction. Mon sourire s'agrandit encore un peu quand je la vois lever les yeux sur moi. Je lui fais un signe de tête en guise de salutation. Elle ne pourra pas refuser, surtout pas depuis que je suis celui responsable des quelques millions qui lui seront versés une fois le tournage de son prochain film terminé.


Dernière édition par Darcy J. Orwell le Sam 2 Mar - 6:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Ven 4 Jan - 23:21



Une journée de tournage s'achève. Je suis éreintée. Aujourd'hui, j'ai dû tourner une scène d'amour avec un acteur que je déteste, dont l'odeur nauséabonde et les baisers bien trop langoureux n'ont d'égal que sa grossièreté permanente. Le pire, c'est que toutes les filles de Grande Bretagne le trouvent à tomber. Mesdemoiselles, si vous aviez sa langue collée dans votre gosier pendant une journée, vous changeriez d'avis. Bref, je n'ai qu'une envie : me défaire de toute trace de ce crasseux, m'enfouir dans mes draps et y rester pour l'éternité. A peine suis-je rentrée à l'hôtel que mon estomac crie famine. Je décide donc de me rendre au Galvin at Windows. Un endroit hors de prix où j'ai mes habitudes. Les serveurs me connaissent, se plient en quatre pour moi, c'est à peine s'ils ne me donnent pas la becquée. Voilà le privilège d'être une star : on fait tout pour vous. Parfois, si on pouvait être Lauren Griffin à ma place, cela m'arrangerait. C'est fatigant d'être moi, vous savez. Bref, je m'habille sur mon 31 pour l'occasion, bien décidée à étaler ma superbe face à tous ces gens qui ne m'arrivent pas à la cheville. Cheveux détachés, robe noire très près du corps, stilettos, un peu de rouge aux lèvres, et me voilà prête. En fait, si je me rends dans ce restaurant, c'est aussi pour y rencontrer un éventuel milliardaire russe. En général, mon passage dans ce restaurant se solde par une partie de jambes en l'air, dans ma chambre d'hôtel, ou quand l'envie se fait très forte, dans les toilettes même de l'endroit. Il y a plus glamour, je vous l'accorde. L'argent m'importe peu (aussi étrange que cela puisse paraître) mais je suis toujours extrêmement amusée de fréquenter des gens fortunés. Je découvre en général le vide complet de leur esprit. Enfin, pour me sauter, ils n'ont pas besoin d'être intelligents. Juste un minimum séduisants. Conduite par mon chauffeur au restaurant, je croise son regard dans le rétroviseur. Comme d'habitude, je sens qu'il désapprouve ma conduite. Demain, je serai probablement en photo sur la première page du Sun, avec ma dernière conquête au bras, tous deux dans un état d'ébriété avancé. Mon chauffeur, Marcus comme je le surnomme, le sait bien. Il essaie bien de jouer les chaperons mais cela ne marche pas. Je n'ai jamais été obéissante. Je fuis son regard et m'attarde sur les lumières londoniennes qui défilent derrière la vitre. Qu'est ce que j'aime cette ville. Pour rien au monde je n'irai m'installer à Los Angeles comme le font les grandes stars de mon acabit. Au moins ici, toute conduite extravagante passe comme une lettre à la poste, ce qui n'est pas le cas outre-Atlantique.

Arrivée dans le restaurant, je décide de faire une entrée fracassante, dont j'ai le secret. Une fois à l'intérieur, je pousse une grande exclamation doublée d'un sourire sincère au maître d'hôtel, lui dis à quel point je suis heureuse de revenir dans cet endroit qui m'est cher, et donne négligemment mon manteau à une serveuse. Je parcours la salle du regard, bien droite, le menton légèrement relevé, je juge l'assistance, balaye du regard tous ces gens que je considère totalement insignifiants en comparaison à ma sublime personne. Je remarque que certains sont impressionnés de me voir en chair et en os, eux qui ne m'ont rencontrée que dans les salles de cinéma ou à la télévision. J'aimerais qu'une foule acclame mon nom. Mais patience, cela arrivera quand je sortirai du restaurant. Je commence à connaître ce petit rituel. Malheureusement, toutes les tables sont prises. Qu'à cela ne tienne, Lauren Griffin ne se fera pas refouler d'un restaurant ! Le maître d'hôtel ne cesse de s'excuser, bafouille quelques mots que je ne comprends pas et cherche avec empressement une table, même réservée, à me donner. Je cherche du regard un homme seul à sa table - j'ai l'habitude de me faire inviter. Manger tout de seule est de surcroît un peu pathétique. Mais quand on est Lauren Griffin, on peut tout se permettre, y compris le ridicule. Je reste plantée au niveau de l'entrée, quand un des serveurs me fait un signe de tête. Je lève les yeux et croise le regard de Darcy Orwell, le producteur du film que je tourne en ce moment même. Je ne peux m'empêcher de lui faire un sourire complice, jusqu'à ce que je remarque qu'il est accompagné. Voilà qui ne me plaît que très moyennement. Je réponds néanmoins à son petit signe de tête. Au lieu d'être offusquée qu'il conjugue la compagnie de deux femmes, je choisis de prendre la situation avec le sourire. Je ferais bien de Darcy mon quatre heures, si seulement il ne m'avait pas blessée dans mon égo. Dire qu'il n'était, il y a quelques années, qu'un pauvre second rôle, et qu'il est maintenant producteur, donc mon supérieur. Cela dit, il est bien trop charmant pour que je lui en veuille très longtemps. Je m'installe donc à la table, et ne peux m'empêcher de jeter un regard plein de dédain sur la compagne de soirée de Darcy. Il pourrait faire mieux, tout de même... Je me garde de lui dire pour ne pas blesser la pauvre demoiselle. Je déclare alors : « Darcy, tu as beaucoup de choses à te faire pardonner, tu sais. J'espère que tu es au courant que j'ai passé ma journée en petite tenue avec l'infâme Daniel Sanders. » Il est le producteur. Indirectement, toute cette histoire est de sa faute. Je ne lui en veux pas vraiment, évidemment. J'aime bien le provoquer un peu. J'ajoute, le regard plein de malice : « Mais d'abord, présente moi ta charmante créature. » Évidemment, je n'en crois pas un mot. Je suis bien plus charmante qu'elle. Son accoutrement est totalement en désaccord avec cet endroit. J'adresse un sourire à Darcy qui dévoile toute l'étendue de l'ironie de ma remarque. Je ne peux pas résister plus longtemps à faire dans le sarcasme. Je me penche vers lui, officiellement pour remettre le premier bouton de sa chemise et lui chuchote à l'oreille : « Dis donc, tu n'es pas très regardant sur les filles que tu sautes. ». Je fais dans l'exagération et la provocation, bien évidemment. Il ne va pas regretter de m'avoir invitée à sa table.



Dernière édition par Lauren E. Griffin le Dim 6 Jan - 0:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Sam 5 Jan - 6:07

    On se croirait dans ces idioties de téléséries pour les jeunes, vous savez celles où l'on se fait la compétition pour la popularité, où les réputations s'enflamment ou se cassent en un rien de temps, où nul ne sait dire la vérité à moins que cela serve ses intérêts. Quelquefois je m'en aperçois, j'éprouve un profond mépris, puis je me laisse aller avec la vague. J'appartiens à ce monde, je dois bien assumer cela. Ce n'est pas si pire après tout, quand on cesse de réfléchir et qu'on joue le jeu, car l'avantage de ne vraiment compter pour personne est qu'on peut tout de même être essentiel à bien des gens, sans compter qu'on n'a pratiquemment aucun effort à fournir pour cela. Voyez Lauren, elle est un bon exemple de ce que j'avance : je ne suis rien pour elle, il n'y a pas si longtemps j'étais même encore moins que rien, un simple acteur avec qui elle devait faire semblant de bien s'entendre pour la caméra, car nos personnages étaient amis dans le long-métrage dans lequel nous avons joué tous les deux, elle la vedette, moi en second rôle parce que je n'ai jamais véritablement fait d'efforts pour que ma carrière d'acteur démarre, le seul pouvoir de mon père suffisant à me faire obtenir de bons rôles, ça et les cours de théâtre depuis tout petit me donnant tout de même une certaine capacité à jouer. Ceci étant dit, j'aime mieux cette position aujourd'hui, quoi que superficielle et complètement vide de sens, que celle que j'avais à ce moment dernier où je jouais à ses côtés, ô grande actrice à ne pas contrarier sous aucun prétexte sinon crise immédiate sur le plateau, et je me souviens combien j'étais naïf ! Naïf, persuadé que les gens avaient tous du bon, que j'avais encore bien du temps devant moi pour faire tous mes choix de vie et pour profiter, faire des rencontres, tomber amoureux, toutes ces bêtises.. Deux ans et des miettes plus tard à peine et déjà, ma pensée s'est complètement modifiée. Je joue le jeu et je m'en fous. C'est déjà mieux qu'être l'imbécile de service, pris pour un nul par mademoiselle, tout juste regardé par ses grands yeux de reine.

    Comme je l'avais prévu, je n'ai pas besoin de m'éreinter pour qu'elle accepte l'invitation que je lui ai envoyé par l'entremise du serveur. Lorsqu'elle vient me rejoindre, je souris. Que puis-je faire d'autre ? Après tout, c'est la moindre des choses puisqu'elle daigne m'honorer de sa présence magnifique. Pour autant, je ne cesse pas mes cajoleries à ma compagne de l'instant. Avant même de répondre à Lauren, c'est l'autre que je m'adresse. « Acesta este un prieten.. » C'est une amie à moi. Encore heureux que je sache exprimer le minimum. Je reporte mon attention toute entière vers Lauren, qui est là à se plaindre de ce qui lui rapporte quelques millions. Un léger rire traverse mes lèvres et je me contente de hausser les épaules, amusé. « Mais Lauren, cela arrive pour parfois moins que ça. Tous les coups ne valent pas aussi cher. » Me permettrais-je de juger ouvertement ses déboires à droite et à gauche, inévitablement toujours en première page des quotidiens londoniens et même d'ailleurs dans le monde, qui font jaser les gens du milieu ? Certainement pas, puisque je suis en quelque part son égal et que j'y ai souvent droit aussi, quoi que dans mon cas, les articles à mon sujet sont souvent bien plus des flatteries que des nouvelles trépidantes insinuant un certain goût à se conduire mal, tel que c'est le cas pour Lauren. Moi, je ne finis pas bourré, et finir au lit est considéré dans notre société moderne comme une réussite pour un homme qui se respecte. Nous sommes sexuellement libérés et tant mieux, cela ouvre donc les possibilités au maximum. Daniel Sanders reste quand même un parfait imbécile dont seul la belle gueule lui permet de jouir d'un pareil succès et d'un rôle qui lui fait tenir la tête d'affiche aux côtés d'une diva comme Lauren, mais ce n'est pas de mes affaires. J'ai bien sûr approuvé la signature de son contrat, mais j'ai d'abord et avant tout écouter les intuitions du réalisateur qui voulait lui et pas un autre pour le rôle. Pourquoi m'y serais-je opposé alors que son nom sur une affiche de film fait vendre et c'est là mon seul souci : vendre le film.

    Ma compagne se contente de sourire bêtement depuis tout à l'heure, ayant simplement acquiescé à ma brève présentation. Disons que mon attention s'est détournée d'elle, même si je tiens toujours sa main dans la mienne d'une façon bien ridicule, comme si j'étais un amant, amoureux transit prêt à tout pour sa chérie. Cela me plait d'agir ainsi, et ceux qui me connaissent depuis longtemps sauront que j'ai toujours eu un penchant quelque peu romantique malgré mes maintes aventures en tous sens. Bien des femmes, et même des hommes, passent par mon lit, mais je sais bien les traiter s'ils m'apporte satisfaction et bonheur. Je n'ai pas à me plaindre de la compagnie de Flora ces derniers jours au contraire. Je la trouve charmante, quoi qu'extravagante inutilement comme ce soir. Je ne suis toutefois pas étonné que Lauren en fasse la remarque aussitôt que l'occasion se présente. « On ne peut pas tous être comme toi », je réponds alors haut et fort, tandis qu'elle s'était plutôt penchée pour me chuchoter à l'oreille que je n'étais pas très difficile. Je souris d'autant plus que j'apprécie la subtile confusion qui me semble apparaitre sur son visage quelques secondes. « Ne te fatigue pas, Lauren, Flora ne comprend pas un mot d'anglais. » Mon regard rencontre le sien. « Flora est mannequin, roumaine, et en visite dans notre belle ville pour un photoshoot. Elle repart, déjà, dans deux jours. » Je tourne la tête vers Flora qui sourit, la pauvre qui tente visiblement de ne pas avoir l'air trop idiote dans notre conversation et qui semble visiblement être au courant qu'elle en a tout l'air malgré tout. Je ne peux pas lui en vouloir, elle serait sans doute largement plus à son aise si elle pouvait converser avec nous normalement.

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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Sam 5 Jan - 18:07

Darcy et moi, on a bien une chose en commun : le cinéma. Et je pense qu'il serait d'accord avec moi pour dire que le milieu est loin d'être celui auquel on rêve. Une fois que vous êtes acteur, vous n'êtes plus qu'un pantin, destiné à vous plier aux moindres désirs d'un réalisateur tyrannique, à répondre à des interviews insignifiantes et à sourire devant les photographes. Finalement, votre personnalité, vos goûts, vos aspirations, tout cela importe peu. Les gens ne vous voient qu'à travers vos rôles. Les producteurs qu'à travers tout le fric que vous pouvez leur rapporter. Cela dit, je ne me serais jamais vue ailleurs que dans ce milieu. J'ai toujours eu besoin de faire parler de moi, d'attirer l'attention, d'être entourée par le crépitement des flashs. Mais jamais, ô combien jamais je n'aurais pensé que quand on est une star, on peut être aussi seul. Finalement, j'ai bien peu d'amis. Les gens sont tous intéressés par mon fric ou par ma plastique, qui est, je le reconnais, avantageuse. C'est sûr que ça fait chic de dire qu'on a couché avec Lauren Griffin. Mais enfin, le résultat est toujours le même : je me retrouve inévitablement seule. Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer de lier des relations avec des gens "normaux". Mais cela ne dure jamais. A croire que c'est moi qui ne tourne pas rond. Je vais finir seule, dépressive et avec 10 chats. Cela dit, l'heure n'est pas à la dépression. Je pourrai faire ça tranquillement ce soir dans ma chambre d'hôtel. Cela fonctionne toujours comme ça maintenant. Tout le monde me dit suicidaire, dépressive et alcoolique. A croire que les journalistes et le public ont l’œil pour déceler vos vices cachés. Je ne suis pas bien au courant de ceux de Darcy - je ne lis jamais la presse à scandales - mais je serais curieuse de découvrir ce qu'il cache derrière ses petites remarques cinglantes et ses beaux yeux bleus. Je fais un petit signe au serveur pour qu'il nous apporte les menus, et j'écoute Darcy parler à sa dulcinée. En une langue non identifiée. Cela doit être une langue de l'Est. Je hausse les sourcils, étonnée. M'aurait-il caché certains de ses talents ? Je lui fais un sourire, puis l'écoute ajouter une petite remarque sarcastique. J'ai bien l'impression qu'il en train de me vanner sur mes nombreuses conquêtes amoureuses. Je ne peux pas m'empêcher de lui dire, même si nous ne sommes pas seuls : « Tu es vexé de ne pas en faire partie, peut-être ? » Ben quoi, je suis persuadée que tous les hommes sur cette planète me veulent dans leur lit. J'ai été élue la femme la plus sexy en 2012. Alors vous voyez, peut être que je ne me fais pas des idées...

Je jette un coup d’œil sur la compagne de soirée de Darcy. Elle a manifestement l'air un peu à l'Ouest. Au moins, elle ne se la ramène pas et est assez souriante. C'est déjà pas mal. Une fille plutôt jolie qui ne dit pas un mot. Voilà qui plaît aux hommes, sans doute. C'est sûre qu'elle a l'air un peu moins chiante que moi. Vous me direz...ce n'est pas compliqué ! Le serveur se ramène, nous commandons tour à tour ce que nous souhaitons manger. Je me rends compte que la demoiselle a un fort accent de l'Est. Je remercie le serveur, et il file vers les cuisines. Je re-concentre mon regard sur les deux "tourtereaux" quand je constate que Darcy tient la main de la jeune femme. Je dois avouer que je suis un peu jalouse. Et que je n'ai surtout pas envie de tenir la chandelle. A dire vrai, mon orgueil est tel que je ne supporte pas qu'on me résiste. Ma psychanalyste m'a maintes et maintes fois expliqué pourquoi. Ses explications ne m'ont jamais vraiment convaincue. En tout cas, je ne comprends pas comment une fille aussi quelconque peut se taper Darcy, alors que moi, je me retrouve toujours face à l'échec le concernant. A croire que je m'y suis mal prise jusqu'ici. Bref, Darcy me répond. Comme toujours avec ses sarcasmes. Finalement, il m'explique que sa compagne ne comprend rien à notre conversation. Elle a donc dû choisir son plat au pif. J'en conclus également que Darcy ne doit pas avoir de grandes discussions avec elle. On nous apporte de quoi boire. J'ai commandé du champagne. Tandis que le serveur nous sert, je dis à mes deux compagnons de soirée : « C'est pratique d'être avec une personne qui ne parle pas anglais. C'est sûr qu'au moins, elle ne risque pas de t'embêter. Si elle a des frères, qu'elle me les présente. » J'ai choisi de ne pas trop critiquer cette pauvre fille. Ce serait vraiment trop profiter de sa condition d'étrangère qui ne parle pas anglais. Et je suis mal placée pour juger Darcy étant donné que je suis une grande adepte des coups d'un soir. Dans son cas, au moins, il a l'air de garder cette fille un peu plus longtemps qu'une nuit. J'ai déjà sorti une petite réplique cinglante un peu plus tôt, il va peut être falloir que je me calme si je veux avoir une chance de faire opérer mon charme fou sur Darcy. On va voir qui c'est qui a les commandes....!

Nous sommes à présent servis en champagne. Je saisis ma coupe, et trinque avec mes compagnons de soirée. Je porte la coupe à mes lèvres, bois une gorgée, puis je dis : « Dans deux jours, pour te consoler de ce départ terrible, je t'invite à boire un verre à mon hôtel. Tu as vu comme je suis charitable... » Évidemment, je ne le suis pas. Il doit bien déceler l'ironie dans mes paroles, vu le sourire amusé que je viens de lui faire. Je reprends une gorgée de champagne. Il y a de fortes chances pour que je ne sorte pas sobre du tout de ce restaurant. Mes yeux rivés sur Darcy, je lui dis : « Tu peux lâcher sa main, je ne crois pas qu'elle va s'envoler. » Je n'ai pas pu réprimer ma jalousie sur ce coup là. Il est vrai que j'ai du mal à ne pas être le centre complet de l'attention. En tout cas, vu comment Darcy me fixe aussi, j'ai bien l'impression qu'il est bien moins intéressé par sa compagne de soirée que par moi. Serais-je déjà en train de gagner la partie ?

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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Sam 5 Jan - 20:50

    Pour elle, la réputation compte. Alors, elle se prête au jeu comme nous tous qui sommes assis à cette table dans toute la classe dont nous sommes capables. Je suis persuadé que notre seule présence épate déjà plusieurs, quoi que je suis le moins tête d'affiche des trois, malgré que je suis aussi le plus friqué. Lauren, c'est inutile d'expliquer, n'importe qui la reconnaitrait et ce n'importe où sur la planète et Flora, elle a participé à la dernière campagne de Gucci, ce qui lui confère une popularité certaine même si elle ne jouit sûrement pas d'une aussi grande reconnaissance lorsqu'elle se promène en public. Les gens reconnaissent bien moins les minettes qui apparaissent sur les affiches pour vendre des sacoches ou des chaussures que celles qui nous embêtent pendant 1 heure 45 assis devant son écran de cinéma. J'ignore complètement sa remarque sur ma soi-disant déception / frustration de ne pas faire partie de son tableau de chasse. Pourtant, je souris, car au contraire, cela me fait me réjouir autant que possible. Pour quelle espèce de raison je voudrais céder à ces "tentatives" d'avances alors que je peux, comme je le fais, les refuser et y prendre encore probablement plus de plaisir ? Je ne doute pas des charmes de Lauren ni du fait qu'une nuit en sa compagnie m'apporterait une certaine satisfaction bien sûr, mais je refuse simplement de renoncer à ce jeu et à la voir y jouer comme une reine elle-même. Elle répond à mes provocations, quoi que légères, en s'attaquant à ma compagne ou en tout cas indirectement, et je ne lui en tiens pas rigueur. Ce n'est pas faux, mais je suis quelqu'un d'une grande simplicité tout au fond du coeur et je n'ai pas besoin de beaucoup pour être relativement heureux quand je m'en donne la peine. Enfin, je suis aussi un homme de hauts très hauts et de bas très, très bas. Je suis dans une bonne passe, ce qui me rend ainsi généreux et adorable, en tout cas avec Flora. Nos coupes pleines, nos commandes passées, tout s'annonce pour que cette soirée soit tout à fait excellentes et je ne m'attendais à rien de moins. Heureusement que j'aime les surprises, même que je les adore, et donc la présence de ma chère Lauren ne peut qu’illuminer encore plus ce repas. De plus, j'ai fait une bonne action en empêchant qu'on libère une table déjà réservée pour mademoiselle. Quelqu'un sera content de ne pas être dérangé ce soir, même s'il ne le saura jamais. Je suis vraiment d'humeur généreuse.

    « Dans ton hôtel, hm..» Je l'observe, cherchant peut-être en fait à saisir ce qui se cache vraiment derrière ce regard pétillant et légèrement hautain. J'ignore s'il y a vraiment quelqu'un derrière la Lauren que je connais, et que les médias font connaitre au monde entier à la moindre occasion, mais je le découvrirai sans doute éventuellement. Nulle presse pour quoi que ce soit, j'apprécie les développements lents quelquefois. « Ne serait-ce pas une invitation galante, Lauren ? Venant de toi, ça m'étonne. » Je soupire, faussement exaspéré. Non en fait, c'est qu'il n'y a rien d'étonnant du tout. Ce n'est pas la première fois qu'elle s'essaie ainsi à me tirer dans ses filets. Bien sûr, c'est une invitation tentante, je ne peux pas dire le contraire, mais je ne sais vraiment pas quel intérêt à long terme je pourrais trouver à coucher avec elle, mais alors là... aucun. Le pire est sans doute de ne pas pouvoir comprendre à cent pour cent ses motivations. Je doute que ce désir qu'elle a s'arrête à mes beaux yeux ou à une réelle envie de me faire partager ces draps. À mon avis, elle pourrait tout aussi bien souhaiter me jeter le plus rapidement possible ou me trainer dans la boue auprès des médias qu'elle affectionne tant. Je ne doute pas que certains lui sont dans la poche et ne publient que si elle le désire... Et Lauren aime tant parler d'elle ! Peut-être bien qu'elle ne souhaite que m'avoir dans la poche, me prendre par les sentiments d'une quelconque façon.

    Mais alors, la meilleure partie débute lorsqu'elle me demande pourquoi je tiens la main de Flora ainsi, avec une quasi obsession. Je souris de plus belle, ravi de son mécontentement. Je tourne alors la tête vers ma douce compagnie des derniers jours à qui je souris et je réponds à Lauren sur le ton le plus doucereux du monde : « C'est qu'il me faut profiter des moments qui passent, ceux-ci s'envolent si rapidement.. » dis-je en faisant miroir à sa réplique pour effet d'ironie. Mais je crois qu'elle me manquera un peu, la petite roumaine, car il y a un moment que j'ai pas eu l'occasion de vivre une aventure semblable dans la plus grande simplicité, sans prise de tête rien. Au moins, les choses sont claires. Sexe, sorties de luxe, bon temps, sourires et mains tenues dans les grands restaurants, voilà le deal. C'est pitoyable de mentir à ses conquêtes, non ? Je ne suis pas de ce genre. Alors enfin, nos plats arrivent. Je lâche la main de Flora enfin, pour lui permettre de manger comme elle le veut. Je débute ma propre assiette, adressant un sourire moqueur à Lauren. Il n'y a pas vraiment de gagnant à cette partie on dirait, rien qu'un éternel commencement sans savoir de quel côté cette balance penchera vraiment. Ne dit-on pas que l'équilibre est le secret pour rester saint ?

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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Dim 6 Jan - 17:22

Darcy a le mérite de m'intriguer. En général, je me lasse des gens. Avec lui, les choses sont différentes. Au départ, il est vrai que je l'ai traité avec dédain, quand il n'était relégué qu'aux seconds rôles. Je faisais tout pour l'impressionner, moi la star diva à ses heures perdues. Tout cela n'est qu'un rôle. Mais de toute façon, ma vie est devenue une vaste pièce de théâtre. Il n'y a plus grand chose de vrai qui ne m'arrive. Maintenant que Darcy est le producteur du film que je tourne en ce moment, les choses ont changé. C'est vrai que j'ai envie de reprendre le contrôle, de me venger de sa position de supériorité par rapport à moi, en quelque sorte. Mais il n'y a pas que ça. J'ose espérer qu'il n'y a pas que ça. Sinon cela ferait de moi une complète salope manipulatrice. Or, j'ai tout sauf envie de ressembler à cela. Vous me direz, il n'est pas facile de lutter contre sa propre nature...Non, si je m'acharne autant, si je ne me lasse pas de lui faire autant de propositions explicites, c'est bien parce qu'il me résiste. Après tout, s'il venait à céder, tout ce petit jeu serait fini. En matière de relation avec les hommes, ce que je préfère est bien la séduction. Plus l'entreprise est longue, plus je suis enchantée par tout le processus. Voyez mes liens avec l'avocat Alan Wagner par exemple. Je le drague - harcèle ? - depuis des mois. Il est complètement imperméable à mes avances. Cela me rend complètement dingue. Et cela m'enchante. Avec Darcy, c'est différent. Peut être parce que nous avons plus de choses en commun. Que je suis sûre qu'il pourrait me comprendre. Cela dit, je ne suis pas du genre à me livrer à ceux que je connais mal. De toute façon, qui aurait envie d'entendre les confessions intimes de Lauren Griffin ? Croyez moi, ce n'est pas joli joli. C'est bien le drame de ma vie : être tout à fait différente de l'image de la star timbrée que j'affiche mais ne pas pouvoir montrer aux autres qui je suis vraiment. En même temps, c'est rassurant de se cacher derrière cette image créée de toutes pièces. Même le nom que je porte actuellement n'est pas le mien...Cela dit, loin de moi l'idée de parler de tout cela à Darcy. Du moins pour le moment. Je ne voudrais pas l'ennuyer. Non, je préfère continuer mon entreprise de séduction massive. Si cela ne marche pas, tant pis. J'aurais au moins pris du plaisir à le faire. En tout cas, je suis contente d'être en compagnie. Je souffre terriblement de la solitude. Je n'aurai probablement pas supporté d'être un soir de plus seule à ma table. Et j'aurais sûrement encore été attirée par des penchants très nocifs...Mon regard se dirige alternativement sur Flora et sur Darcy. Je leur souris. J'ai décidé de ne pas être trop cynique et méchante ce soir. Cela n'a jamais été une bonne technique de drague, que de déverser sa bile pour un rien.

Ma proposition alléchante semble amuser Darcy. Je lui ai clairement proposé un rendez vous. Je sais très bien qu'il viendra, juste pour le plaisir de me résister. J'ai trouvé en Darcy un partenaire de jeu très plaisant, et je suis persuadée qu'il ressent la même chose pour moi. Je ne compte pas jouer avec ses sentiments, l'écraser ou le manipuler à ma guise. Je ne suis pas une garce à ce point là. Par contre, j'aimerais juste un peu redorer mon orgueil. Sa petite remarque est pleine d'esprit, comme toujours. Il est ironique, évidemment. Cela n'a rien d'étonnant que je lui propose ça. Je me fatigue sûrement pour rien. Toute fille lambda abandonnerait cette conquête impossible. Mais j'aime les défis. Et plus Darcy me résistera, plus je serai tenace. Je ne me fatigue jamais, sachez le. Le regard pétillant, je lui dis : « Oh non, tu me connais. Je suis professionnelle, je me disais qu'une petite réunion de travail nous ferait le plus grand bien. » Évidemment, je mens, mais j'affiche mon ironie très clairement à travers mon sourire. Je me penche légèrement et ajoute : « Alors, je dois prendre cela pour un oui ? » Je reviens sans cesse à la charge. Je n'ai pas froid aux yeux, et jamais honte de dire ce que je pense. Bref, suite à ma petite crise de jalousie, Darcy déclame une réplique bien stéréotypée et chargée d'ironie comme lui seul sait les faire. Je ne peux m'empêcher de sourire. Je décide de jouer le jeu et renchéris : « Profitons de tous les plaisirs que peut nous offrir la vie alors. Y compris ceux de la table. » On vient de nous servir. Je commence à manger, jetant de temps à autre des regards discrets sur mes compagnons de soirée.

Je prends des gorgées de champagne et me dis que la compagnie de cette Flora est un peu intempestive. Je pense que je pourrais parler avec encore plus de liberté si la demoiselle n'était pas là. En fait, Darcy m'intrigue. Finalement, je le connais bien peu. Je ne le connais que d'un point de vue professionnel, pas personnel. Je ne sais quasiment rien de son histoire, de son réel caractère, des espoirs qui l'animent. Je suis du genre égocentrique, mais parfois, il m'arrive, par miracle, de m'intéresser aux autres. Il est hors de question que nous nous racontions notre vie point par point. D'ailleurs, il y a des points de la mienne que je souhaite absolument passer sous silence. Mais j'aimerais connaître un peu mieux Darcy. Après tout, quoi de plus légitime puisque nous sommes amenés à travailler ensemble, et peut-être pas pour la dernière fois ? Le risque est le suivant : si je lui montre que j'éprouve un réel intérêt pour sa personne, il risque de croire qu'il ne s'agit que d'un jeu, que d'une partie de ma grandiose entreprise de séduction. Mais il m'arrive d'être sincère. J'aimerais l'être plus, évidemment. Cela dit, il est bien plus simple de mentir, de jouer un rôle. Au moins, on n'est jamais déçu de soi-même, jamais blessé, quand on s'amuse à être quelqu'un d'autre. Je prends un ton journalistique et dis : « Alors, Monsieur Orwell, dîtes nous tout, qu'est ce que ça fait de travailler avec Lauren Griffin ? » Façon détournée de recueillir ses impressions sur ma propre personne. Mais connaissant Darcy et ses traits d'esprit, il ne risque pas d'être sincère.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Lun 7 Jan - 0:51

    Le silence de ma compagne m'est moins agréable en la compagnie de Lauren, qui l'écrase complètement cela va de soi, que lorsque je me suis trouvé seul avec elle ces derniers jours. Lui faire visiter les moindres recoins de la ville a été un plaisir, car il est faux de croire qu'on communique uniquement par les mots, et je ne parle pas de sexe ici même si cela nous a aidé aussi à socialiser... si je peux me permettre le terme. Avec Lauren qui est là, je ne m'adonne plus à mes petites cajoleries presque ridicules, pas autant en tout cas. Je me suis contenté de sa main, et encore maintenant que nous mangeons je l'abandonne presque entièrement. Je ne vais pas me mettre à bredouiller mes quelques mots en romain pour impressionner Lauren, parce qu'en fait je crois que je suis terrible, encore heureux que Flora me comprenne. À vrai dire, je n'ai envie d'impressionner personne. J'ai appris ces derniers temps qu'il suffit d'un peu d'esprit, de beaucoup d'argent et d'une certaine classe pour acquérir bonne réputation dans notre monde moderne. Il devient presque lassant de n'avoir qu'à fournir aucun effort, j'ai quelquefois l'impression que la vie est un truc aussi bête que jouer aux Sims, c'est-à-dire contrôler l'existence d'un paquet de gens sans savoir vraiment quoi en faire. Du haut de mon poste, c'est ce que je fais puisque je contrôle le boulot de pas mal de gens, tant les acteurs que les réalisateurs dont les projets sont sélectionnés pour être produits par la boite, que les tonnes de personnes sur les équipes techniques et même les secrétaires et assistant(e)s qui travaillent pour nous à la gestion des choses plus techniques de la boite. C'est aussi pour cela qu'une fille comme Lauren me plait à ce point, c'est qu'elle se distingue du lot. Avec elle, aucune chance de s'ennuyer même une seconde, elle a toujours les mots pour vous tenir alerte. Elle m'amuse aussi, comme être là et me demander ce que ça fait de travailler avec elle, à la troisième personne bien entendu. J'ignore si elle désire une vraie réponse, mais évidemment je ne lui fournirai qu'une demie. « Intéressant, je dirais. Madame est plutôt difficile et fait des crises à toutes les occasions, se plaint de travailler avec l'acteur le mieux payé de tout Londres, mais quand elle a la chance de travailler avec des biens mieux, elle n'est pas contente non plus. En somme, un peu diva. » Je la regarde avec un petit sourire narquois. Eh bien, elle n'avait qu'à formuler la question autrement si elle voulait que je lui dise ce que moi, je pense d'elle. Parce que maintenant, ce que je lui ai servi n'est que ce que tout le monde sait et qu'elle ne pourra nier, des banalités en somme. Quant à la petite allusion à cette fameuse fois où nous avons joué ensemble et où elle m'a traité comme je ne sais quel dernier venu, c'est encore une fois une simple vérité.

    Alors que mon attention toute entière est consacrée depuis de longues minutes à Lauren et ses questions pleines de sous-entendus, Flora prend subitement la parole m'annonçant qu'elle s'excuse un instant et qu'elle va aller à la salle de bain. J'acquiesce en la regardant partir, portant de nouveau mon regard sur la blondinette que j'ai invité à nous rejoindre plus tôt dans la soirée. Je ne peux pas dire que je me sente véritablement mal de ne pas m'être davantage occupé de la petite mannequin, sachant qu'elle n'est pas vraiment là pour moi comme personne, mais largement plus pour la réputation que cela a d'être vue en ma compagnie, et les moments de luxe que cela offrent également. J'ai assez l'habitude de cette facilité auprès des femmes, non pas qu'elles se jettent toutes dans mes bras quand même je n'ai pas cette prétention et ce serait déformer la réalité, mais il suffit parfois d'être légèrement entreprenant et j'obtiens ce que je veux. Je suis généreux, c'est bien connu, et elles ont toutes droit à un traitement spécial... le temps que ça dure. Je regarde alors Lauren en silence, songeur. Puis, je lui dis sur le ton le plus neutre du monde : « Alors, Lauren, et si tu m'invitais dès maintenant, je suis certain que Flora comprendrait que je ne puisse pas la raccompagner à sa chambre d’hôtel et qu'elle se fera un plaisir de m'attendre quelques heures. » Mon regard ne la quitte pas, guettant la réaction qu'elle aura. Peut-être bien que oui, je cherche à la déstabiliser, mais alors je crois que j'y parviens. Quoi de mieux que de dire exactement ce que l'autre personne passe son temps à sous-entendre, bien que je ne sache pas exactement où cela me mènera. Je suis véritablement fasciné par elle, il est d'ailleurs bien faux de dire que j'y suis indifférent. Je suis comme ça dans tout depuis un moment, je me lasse, j'ai besoin de plus de stimulation. Depuis tout à l'heure, j'apprécie cette nouvelle partie de notre petit jeu qui est en cours et je dois bien reconnaitre que Flora est un obstacle. Je lui sers un large sourire, attendant sa réponse du coup maintenant que nous sommes seuls. Ce qui m'amuse aussi, c'est que Lauren a beau être provocatrice jusqu'au bout des ongles, c'est aussi une fille qui tient à bien paraitre, à moins que mal paraitre ne lui apporte une certaine popularité. En d'autres mots : paraitre aux bras d'un riche millionnaire même complètement bourrée, ça lui va. En revanche, être mêlée à une histoire dans laquelle la petite mannequin roumaine piquerait une de ces crises en public, ça ne l'enchanterait pas. Cette fois, sa réponse m'est tout à fait imprévisible et ça me plait. Est-elle capable de me dérober ainsi à la fille avec qui je dois coucher ce soir, même pour rien, juste pour qu'on boive un verre à son hôtel ? Me fera-t-elle le plaisir d'accepter ou encore m'éconduira-t-elle parce que l'idée ne vient pas d'elle ? Surprends-moi, Lauren.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Jeu 17 Jan - 22:14

Cette soirée m'amuse au plus haut point. Darcy trouve toujours le moyen de me faire sourire, avec ses répliques pleines d'ironie. En fait, j'ai constamment l'impression que nous sommes en train de jouer une scène, tous les deux. A croire que ma vie a été définitivement contaminée par le cinéma...En tout cas, je ne peux pas dire que je passe une mauvaise soirée en sa compagnie. La mannequin ne me dérange pas. De toute façon, qui pourrait faire de l'ombre à Lauren Griffin ? En tout cas, par des voies détournées, j'ai demandé à Darcy ce qu'il pense de moi. Je sais pertinemment qu'il va me répondre avec ses sarcasmes habituels. En même temps, on ne peut pas dire que ma question invite à une réponse très franche. J'ai toujours été très préoccupée par l'avis des autres, même si je fais mine de ne vivre que pour ma propre personne. Quand on est une star de cinema, le regard qu'autrui peut poser sur vous vous importe énormément. Bref, la réponse de Darcy me fait sourire. Je sais très bien qu'il ne le pense pas vraiment. Mais il y a un peu de vérité dans ce qu'il dit, bien sûr. Oui, j'ai des airs de diva, oui j'aimerais que le monde entier soit à mes pieds (n'est-ce pas déjà le cas ?), oui j'ai tendance à me considérer au dessus du commun des mortels. Tout cela n'est qu'une façade. C'est ce personnage complet de Lauren Griffin que je me suis créé. Quand je vous dis que ma vie est devenue du cinéma...Je ne juge pas utile de répondre à ses sarcasmes, qui, au demeurant, me font bien rire. J'ai atteint un certain degré d’auto dérision qui fait que j'accepte assez bien la critique. Surtout quand elle vient de Darcy. Je ne saurais définir la nature exacte de nos relations, mais une chose est sûre : j'apprécie sa compagnie. Qui serait encore plus agréable, ma foi, si nous étions seuls et dans un lieu un peu plus intime. Je reste persuadée qu'un jour ou l'autre, il succombera à mes charmes, comme bien d'autres avant lui. Mais son terrible orgueil semble l'empêcher de répondre à mes avances. Que les hommes sont compliqués.

En tout cas, je n'ai pas de doute sur la capacité de Darcy à amener un peu près n'importe qui dans son lit. Et puis, finalement, il ne suffit pas de grand chose pour plaire aux femmes, vous savez. Humour, charme et argent, voilà un trio gagnant. Cela dit, il y a toujours le risque de tomber sur un maniaco dépressif ou un maniaque compulsif. Mais ce sont peut-être les plus drôles. La prétendue normalité est bien ennuyeuse. Nous sommes tous un peu fous et toqués. Certains exposent leurs névroses au grand jour, d'autres non. Je fais partie de la première catégorie. A quoi bon cacher cette petite part de folie que nous avons en nous pour être "normal", moral, pour bien rentrer dans les carcans de la société ? Non merci. J'ai toujours eu cet esprit de rébellion, cette volonté d'être différente des autres, et je suis prête à parier que Darcy est de cet acabit. C'est peut-être pour cela que je m'entends bien avec lui et que je prends tant de plaisir à le titiller. Je suis perdue dans mes pensées quand Flora dit quelque chose d'inaudible à Darcy et file aux toilettes. Ah, enfin seuls ! Pas pour longtemps. Mais il faut profiter de toute occasion qui pourrait me permettre de mettre en pratique mon plan machiavélique de séduction. Oui, je ne m'avoue jamais vaincue. Si mes charmes n'ont pour l'instant pas eu d'effet majeur sur Darcy, je suis persuadée que ce soir, les choses vont changer. J'aimerais qu'une foule scande mon nom pour m'encourager, mais à l'évidence, on ne peut pas tout avoir. La réplique de mon compagnon de soirée m'étonne et m'intrigue à la fois. Je suis un peu déstabilisée, troublée par ce qu'il vient de dire. Depuis quand est-il celui qui fait des sous-entendus ? Tout cela ne faisait pas partie de mon plan. Dans ma jalousie extrême, j'ai bien évidemment envie qu'il passe sa soirée avec moi et pas avec cette fille. Je sens très bien que lui aussi préférerait peut-être ma compagnie ce soir. Désarçonnée, très surprise par ce qu'il vient de me dire, je regagne mes esprits et essaie de dire du ton le plus détaché possible : « Dis donc, je ne pensais pas que tu serais aussi pressé, Darcy. Puisque tu désires si ardemment ma compagnie, je t'invite alors... » Evidemment, comme quasiment toujours avec lui, je n'ai pas pu m'empêcher, malgré toute ma bonne volonté de lui faire un peu de charme. C'est plus fort que moi. Flora revient. Elle regagne son siège et nous sourit. Je dis à mon cher producteur : « Vas y, dis lui que tu es cordialement invité à boire un verre avec moi. Tu n'as qu'à lui dire que c'est pour le travail, ça paraîtra moins suspect. » Croyez le ou non, mais j'ai un peu de peine pour cette fille. Elle va attendre une soirée que son preux chevalier revienne. Mais mon moment de charité ne dure qu'un temps. Je suis tout de bien contente de pouvoir accaparer Darcy. Une certaine avancée a déjà été faite.

***
**

Après discussions, explications en roumain, addition, mine désappointée de Flora, nous voilà sortis du restaurant. La jeune mannequin rentre en taxi à son hôtel. Quant à Darcy et moi, nous montons dans ma voiture avec chauffeur. Je sens tout de suite le regard désapprobateur de l'individu au volant. Sauf que, ce qu'il ne sait pas, c'est que Darcy est différent des autres hommes que je connais. Déjà, je ne me le tape pas. Première différence avec une grande partie de la gente masculine que je fréquente. De plus, il est bien plus intéressant et amusant que les types que je fréquente habituellement. Mais je me garde bien de lui dire. Son orgueil est déjà surdimensionné, il passe déjà son temps à affirmer qu'il est maintenant mon "patron", je ne vais pas lui donner des raisons de plus de continuer dans cette voie. Dans la voiture, je regarde Darcy à la dérobée, persuadée qu'il est accaparé à regarder Londres qui défile derrière les vitres. Il faut que je calme mes instincts de nympho, sinon il risque de partir en courant. Cela dit, quelques mots m'échappent - je n'arrive décidément pas à me contrôler :

« Tu sais, en général, quand Lauren Griffin ramène un homme à bord de sa voiture, ce n'est pas pour jouer au scrabble. »

Je l'ai dit d'un ton amusé, mais au fond, je pèse mes mots. Ah, Darcy, pourquoi résister plus longtemps ?

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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Sam 26 Jan - 16:27

    Au fond, je ne gagne rien à jouer à ce jeu, seul un peu de distraction. Il est faux de croire que coucher avec elle me renverserait, ce pourrait même être d'autant plus amusant que j'ignore complètement quelle tournure prendrait notre relation dans un tel cas. Je m'y refuse tout de même inlassablement, sans doute parce que je fais partie des hommes cruellement éternellement insatisfaits pour qui le désir apporte une forme de jouissance plus recherché que le plaisir charnel en lui-même. Je suis gavé du plaisir, j'en prends comme j'en veux auprès de pratiquement n'importe qui. Ce qui est vraiment spécial, c'est de ne pas y céder, ce que je fais avec Lauren d'ailleurs. LÀ, il y a vraiment un défi, et j'ignore moi-même comment se concluront les choses puisque je ne suis pas prêt du tout à parier que je saurai demeurer aussi distant tout le temps, sachant que ses tactiques de drague sont assez efficaces, que la jeune femme n'est pas sans éveiller quelques instincts en ma personne, si ce n'est même quelques idées tordues, des fantasmes, voire des émotions bien concrètes. Je suis devenu allergique aux émotions à force de me laisser submerger par elles, trop aimant et pourtant incapable de trouver la personne avec qui partager ce genre de relation véritablement, à la fois incapable de faire un choix définitif comme si une seule femme ou un seul homme n'avait pas la capacité à elle-seule (lui-seul) de m'apporter la satisfaction recherchée sur tous les aspects ; sexe, bien-être, complicité, intérêts à partager, etc. Il y a aussi les déceptions qui s'accumulent, qui finissent par créer un masque de profonde lassitude et qui délogent les croyances. Je crois en l'amour ; l'amour me submerge de tout côté chaque jour, lorsqu'une nouvelle tête blonde ou rousse, mais parfois brune je l'accorde, se dessine dans mon esprit pour s'y graver un instant, quelques temps. Je n'arrive pas à allier désir physique, chimie de personnalité et complicité. Je me porte maitre dans chacun de ces trois domaines, mais jamais lorsqu'ils sont tous alliés. Alors, aussi bien multiplier les expériences, ne jamais être déçu de personne parce que personne n'en a plus le pouvoir, et apprendre sur les autres autant que sur moi-même au travers de tout cela.

    Ainsi, la demande d'invitation n'avait d'autre but que d'apporter une variante dans cette petite compétition d'orgueil entre elle et moi. Je suis un calculateur en général, mais pas sur ce coup, parce qu'il est d'autant plus intéressant d'ignorer la suite des choses, de la vivre seulement et de la laisser se construire toute seule. Je suis ravi de la voir réitérer l'invitation dans le présent, ravi qu'elle morde à l'appât que j'ai tendu parce que j'en ai cruellement besoin. J'ai besoin de sortir des habitudes, de distraire mon esprit qui plombe vers le bas lorsque rien ne l'amuse, et le moment s'y prête tout simplement. Quoi qu'on en pense, je ne suis pas indifférent au sort de Flora, la douce petite roumaine et certains seraient peut-être surpris de savoir que je l'apprécie vraiment. Cela ne m'empêche pas, lorsque le repas est terminé, de lui annoncer tout simplement que je dois raccompagner mademoiselle Griffin "pour affaires", ce que je lui explique dans sa langue, tandis que je lui passe son manteau sur les épaules. Je feins un sourire naturel malgré son air dépité et suspicieux, tandis que Lauren appelle son chauffeur, car il a été convenu que nous prendrions sa voiture, la mienne pouvant servir à ramener Flora à son hôtel. Je suis un salaud et elle le sait, un salaud construit qui se donne bien du mal pour tenir ce rôle sans oublier son texte, et ça aussi elle l'aura deviné, je le comprends dans sa façon tout de même bien tendre de m'embrasser avant de me laisser filer sans négocier outre mesure. Flora m'attendra, c'est ce qu'elle a dit, et seul la fin de la soirée, selon la façon dont elle se déroulera avec Lauren, m'apprendra si elle le fera vraiment. Je suis conscient de briser quelque chose, car même si la jeune mannequin savait bien que notre relation n'était que temporaire et futile parce que dépourvue de suite, je suis peut-être bien en train de gâcher nos derniers jours en laissant libre cours à mon esprit fantasque.

    Une fois dans sa voiture, j'ignore complètement le chauffeur de Lauren dont je constate tout de suite le point de vue. À ses yeux, je suis un de plus dans le tableau de chasse de Lauren. Qui sait, peut-être a-t-il raison, mais je laisse mon esprit s'occuper du paysage londonien défilant. Du plus loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours détesté ce climat maussade et gris, pluvieux bien sûr, à la fois d'éprouver une affection toute particulière pour cette ville qui est celle de ma naissance. À ces pensées, puis celles dirigées vers Flora dont la perspective de l'avoir blessée ne m'enchante pas mais reste assumée, vient se substituer les mots de Lauren qui m'interpelle. Je souris brièvement, parce que je remarque qu'elle ne peut s'empêcher d'ainsi attirer l'attention sur elle. C'est inévitable, tout simplement. « Je déteste jouer au scrabble. » dis-je alors, sur un ton évasif, posant sur son propre regard le mien, moqueur et légèrement provocateur. « Et dans mon grand enthousiasme de recevoir cette invitation, je voudrais bien apprendre quels sont les passes-temps de mlle Griffin, en dehors de la comédie. » Parce que, non, je n'ai pas la véritable intention d'apprendre ce qu'elle fait dans les moindres détails hors du boulot, la phrase est bien sûr sarcastique, mais j'ai envie de la connaitre. Je doute qu'elle se limite à ce qu'on dit d'elle dans les médias, qu'elle n'est qu'une jolie actrice avec un certain talent, nymphomane et alcoolique, prête à se livrer à toutes débauches afin de meubler un peu le temps de son existence pas ordinaire. Je ne joue pas dans le sentiment, je ne suis pas là non plus pour prétendre à percer à jour les grands mystères de sa personnalité secrète - c'est ce que j'en pense -, mais je suis prêt à tenter le jeu de voir ce qu'elle a à proposer à ce stade 2 de notre petite rivalité.. magnétique.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Mer 30 Jan - 21:22

L'amour du jeu. Voilà pourquoi je fréquente Darcy, je le titille, je cherche à l'énerver. J'ai toujours adoré jouer de la sorte. Mes motivations premières étaient très claires dans ma tête : prendre du pouvoir sur lui, lui montrer que sa nouvelle position de producteur ne changerait rien, peut- être me venger un peu, aussi. Pour se faire, j'avais décidé d'utiliser ma meilleure arme : mon charme. Sauf que, jusqu'à preuve du contraire, cela n'a pas très bien marché. Avec le recul, je me dis que je dois mal m'y prendre. Ou sinon, c'est Darcy qui cache des choses en son for intérieur. Bref, la question n'est pas là. Cette soirée, je veux la passer en sa compagnie parce que je trouve tant de plaisir à essayer de le séduire et à ce qu'il me résiste sans cesse. Je ne serais pas mécontente, bien sûr, s'il venait à me céder. Mais il est tellement plaisant d'user de mes charmes que je n'ai pas envie que cela finisse tout de suite. En tout cas, le seul obstacle à notre petite joute oratoire est vite évincé. Flora ne reste pas avec nous. Évidemment, je jubile de voir que Darcy m'a préférée à sa compagne de soirée. A croire que je suis un tant soit peu intéressante. En tout cas, c'est un signe qu'il apprécie ma compagnie. J'en suis bien évidemment ravie. Mon orgueil a été terriblement blessé quand je suis redevenue une simple actrice, vouée à subir les caprices du producteur qu'est Darcy. Bien sûr que je veux me venger. C'est un sentiment bien naturel. Sauf que je sens bien que je ne suis pas complètement maîtresse de moi-même. Plus le temps passe, plus je doute de moi, moins j'ai confiance en mes capacités à le faire tomber dans mes filets. Il y a bien une carte que je n'ai pas encore jouée et qui pourrait remporter la mise : la sincérité. Depuis le début de la soirée, je joue à la Lauren Griffin. Je me vante, ne parle que de moi, me présente sous le jour le plus honorable. Tout cela est incroyablement superficiel et ne reflète pas qui je suis vraiment. Cela dit, je suis tellement habituée à jouer ce rôle que je me suis moi même forgé que je n'arrive pas à m'en défaire. Peut-être que Darcy pourrait arriver à me faire baisser la garde, qui sait ?

Nous voilà donc dans ma voiture. Je ne me sens pas totalement à l'aise. Je ne sais pas bien pourquoi mais j'ai l'impression que je ne maîtrise pas la situation. Que Darcy est imprévisible au possible. Habituellement, j'ai toujours un plan. Là, je sèche. Je dois bien constater, à mon grand désespoir que...Darcy me déstabilise. Je ne parviens pas vraiment à mettre des mots sur cette sensation. Il ne vaut mieux pas que je me torture maintenant. Je penserai à cela plus tard. Mieux vaut profiter de l'instant. A mon allusion perverse, Darcy réplique de façon laconique. Je sais bien qu'il a parfaitement compris le sous entendu qui se cachait derrière mes paroles. Au lieu de cela, il fait tout pour me provoquer. Je ne vais pas m'en plaindre : le jeu n'en est que meilleur. Je lui adresse un sourire amusé puis l'écoute me parler de nouveau. Je sens l'ironie dans ses mots. Mais en tout cas, il semble avoir envie de me connaître. Hum, on ne me l'avait jamais faite celle là. En général, les gens se contentent de voir l'image que je leur offre. Ils sont toujours impressionnés par mon côté star-nymphomane-dévergondée-et-alcoolique-de-surcroît. Mais Darcy n'est pas dupe. Je passe brièvement en revue ce que je pourrais lui dire de mes passes-temps. Il vaudrait mieux que je fasse un petit tri dans ce que je vais lui répondre. Et puis, de toute façon, j'aime attiser sa curiosité. Je veux garder un peu de mystère auprès de lui. Il ne vaut mieux pas qu'il découvre tous les recoins de ma personnalité, sinon il risque d'être quelque peu effrayé. La réciproque est aussi vraie. Il n'est pas bien facile de dire ce que je fais à part jouer, puisque le cinéma et le théâtre constituent un peu près 90% de mon temps. Le reste, je le passe à mener une vie incroyablement dissolue et libertine. Néanmoins, je ne me démonte pas, le fixe droit dans les yeux et lui dis : « Quand je ne joue pas, je fais de grandes balades dans Londres, à la nuit tombée. J'aime tellement vivre ici, j'ai le sentiment d'y avoir toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Donc je sors, seule, qu'il pleuve ou qu'il vente. En général, je m'habille comme un sac, juste pour me fondre dans la masse, et j'expérimente, le temps d'une soirée, ce que ça fait d'être une personne "normale". Cela fait du bien. Je parle à des inconnus, je regarde des immeubles ou des monuments devant lesquels je ne m'arrête jamais en temps normal, je m'assieds face à la Tamise et je me laisse bercer par la rumeur de la ville et de l'eau. C'est probablement ce que je préfère dans mon quotidien. » Je m'étonne moi-même de ma petite tirade, et surtout...de mon honnêteté. Bien sûr, je n'ai évoqué qu'un seul de mes passes-temps. J'en ai bien d'autres. Mais c'est vrai que celui-ci me fait un bien fou. J'y trouve tellement de quiétude. Le sentiment de n'être qu'une personne parmi tant d'autre, pas grand chose à l'échelle de l'univers. Cela peut paraître naïf. J'ai toujours gardé une certaine candeur pour ces choses là et la capacité à m'émerveiller d'un peu près tout. Je suis loin d'être une pessimiste désabusée et lassée de la vie. J'ai des tendances dépressives, certes, mais je me rends toujours compte que j'aime la vie plus que tout.

Voilà, j'ai un peu vidé mon sac, et je me sens incroyablement vulnérable maintenant. On peut dire que pour la première fois de la soirée, j'ai parlé librement, sans chercher à jouer, à impressionner ou à plaire à Darcy. J'ai été vraiment moi-même. Est-ce que cela va durer ? Pas sûr. Je n'ai pas révélé de secret capital sur ma personnalité, mais en tout cas montré que je n'étais pas la star imbue d'elle-même comme je me laisse souvent entendre. En tout cas, je décide d'abandonner définitivement tous mes plans concernant cette soirée. Ce qui ne veut pas dire que je ne souhaite plus plaire à Darcy, bien sûr. Je ne le quitte pas du regard et lui dis : « Et toi alors, à part draguer des mannequins et me martyriser, tu fais quoi de tes journées ? » Bien sûr, j'en rajoute. J'ai retrouvé mon sourire espiègle et mon ton cinglant. Mais ma question est vraiment sincère elle aussi. Darcy m'intrigue parce que je ne sais pas grand chose de lui, finalement. Rien des motivations qui l'animent, de ses aspirations, et toujours pas ce qu'il pense réellement de moi. Nous n'allons pas tarder à arriver à mon hôtel. J'aimerais que cette discussion dure des heures. Bien sûr, j'aime quand nous nous cherchons, quand nos remarques se font sarcastiques et désabusées. Mais quand la sincérité s'invite et que l'orgueil s'efface, les choses sont nettement plus intéressantes. La sincérité serait peut être, après tout, la meilleure des séductions...
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Dim 3 Fév - 5:27

    Je suis confronté à elle, à tous ses attraits qu'elle met en évidence rien que par sa façon de se tenir où de me jeter ses rires et ses sourires en pleine gueule, avec toute la subtilité dont une femme est capable, et à la fois avec cette volonté et cette poigne de fer à laquelle je ne résiste pas. Quoi qu'il en soit, je suis parfaitement conscient de l'attraction immense qu'elle exerce sur moi et je songe que je ne suis pas le premier à être dans cette voiture à cette même place sur la banquette arrière, à subir les regards de travers de son chauffeur mais à n'en avoir purement rien à battre, à ne pouvoir m'empêcher de penser combien ses courbes sont douloureuses, attrayantes, cruelles ! et je savoure mon malheur, bien sagement et d'ailleurs je l'ai même cherché. Quelque part au fond de moi, je dois avoir cette tendance légèrement masochiste et je ne m'en porte pas plus mal, quand je pense combien la présence de Lauren éclipse complètement l'envie que j'ai pu avoir de Flora, et j'en avais envie vraiment. Cela me frustre un peu aussi, car les femmes ont toujours eu ce pouvoir de séduction sur moi, cette capacité de me faire tourner la tête toutes autant qu'elles sont, de me faire plier à leurs moindres caprices sans être capable d'une miette de réflexion et de rationalité.. Avec les hommes, j'ai un peu plus de tenue. Je ne sais comment l'expliquer, et cela n'exclue pas d'ailleurs les attirances aussi fortes ni même les sentiments sincères, je crois en fait n'avoir été amoureux véritablement que des hommes de toute ma vie, mais les femmes, je les voudrais toutes. Il n'y en a pas une que je ne trouve pas jolie, chez qui je ne découvre pas mille et une richesses et dont la sensibilité ne me séduit pas jusqu'à m'obséder complètement de la posséder. Je suis un coureur de jupons, avec chaque fois cette vraie idée de romantisme, ce désir puissant de satisfaire mademoiselle de tout ce que je possède sans limite, et cela s'estompe toujours. L'amour me lasse, le sexe aussi d'une certaine façon, c'est sans doute pour cela que toute la place revient aux jeux comme celui-ci. Il ne faut pas non plus croire que j'ai tant de liaisons dans le genre de celle que j'entretiens avec Lauren, car c'est bien faux. Elle parvient avec un assez grand talent à conserver mon attention toute entière sur elle et je ne renie pas cela, je me prête volontiers.

    J'ai les yeux rivés sur elle toujours dans cette voiture, acceptant ses paroles avec un plaisir tout nouveau d'avoir l'impression de passer à un stade supérieur. Ses mots sortent de nos habitudes, c'est-à-dire qu'elle se met à en dévoiler un peu plus sur elle, sur ce qu'elle est vraiment en dehors des apparences à priori faciles à cerner. Je l'écoute avec un léger sourire, le regard pétillant de la soif d'elle que je laisse me couler dans les veines sans chercher trop à l'assouvir pas plus qu'à la freiner. Je ne sais pas si nos habitudes auprès du cinéma me facilitent la tâche, mais je n'ai aucun mal à visualiser ce qu'elle me raconte, à me l'imaginer se balader tel qu'elle le dicte par des temps pluvieux, vêtue de n'importe quelle bricole rien que pour profiter un peu de la possibilité d'être quelqu'un d'autre... ou bien d'être elle-même pour changer, c'est là que l’ambiguïté persiste et cela me fascine. « Je ne drague pas les mannequins, je vis avec elles des relations de courtes durées.. mais je suis sincère. » dis-je alors doucement, ne laissant pas trop de temps s'écouler parce que même si je ne joue pas un jeu d'orgueil, je ne souhaite pas me montrer trop attendri par ce qu'elle vient de me conter. C'est quelque chose à quoi j'excelle ; ne pas trop dévoiler mes cartes et lorsque je le fais, c'est tout à fait arbitraire et parce que j'ai pensé que ce serait plus efficace dans un but ou un autre. J'ai appris avec le temps, inconsciemment sans doute, à ne pas laisser les émotions parler trop vite, jamais. Bien sûr, la sincérité est toujours quelque peu subjective, je ne suis pas parfaitement convaincu de ce que j'avance moi-même quand je dis que je suis sincère avec ces filles... Je le suis dans la mesure où je ne suis pas le genre d'homme à faire de belles promesses et que je sais me montrer plutôt charmant, plutôt attentif.. le temps que ça dure. « Et je ne te martyrise pas, si tu dis ça c'est que tu me sous-estimes grandement.. » Cette fois, je lui sers un léger sourire moqueur. « Je déteste Londres. Mais les gens y sont moins coincés, moins froids qu'en Amérique, ce qui aide ma sincérité... Alors j'y resterai peut-être un temps. Depuis que mon père est mort, ma mère espère que je retourne définitivement là-bas. Je préfère de loin martyriser les jeunes acteurs et actrices prodiges ici... » J'évite la question. Enfin, je lui en donne un peu quand même, peut-être plus qu'elle ne se l'imagine, car parler de ma famille, ma mère particulièrement celle-ci étant devenue le pire problème de mon existence depuis qu'elle est veuve sachant que j'ai vécu toute ma vie auprès de mon père en ayant connaissance de ses maintes aventures extraconjugales et que ma mère a toujours été trop stupide ou trop naïve pour s'en rendre compte même aujourd'hui, alors en faire part à Lauren est un pas de géant. Pourtant, je bifurque un peu la conversation, je ne suis pas prêt à dévoiler ce que je suis, ce que je fais de mon temps.. Il subsiste peut-être un peu de méfiance, mais c'est surtout que je suis un type profondément blessé de toute confiance accordée aux gens dans le passé. Il m'en faudra un peu plus pour me laisser aller aux confidences des promenades pluvieuses, quoi que celles de Lauren me font rêver.

    Le silence s'installe quelques instants. Je n'ai pas détourné le regard d'elle, je ne puis m'y résoudre à vrai dire. Lorsque nos regards se croisent, je lui souris un peu. Mi-amusé, mi-sérieux... songeur, peut-être. Je sens toujours le regard de son chauffeur qui se pose sur nous à toute occasion à travers le rétroviseur, mais je me balance de son opinion et tout autant du fait qu'il écoute sûrement notre conversation depuis que nous sommes entrés dans la voiture. J'ignore la relation qu'il entretient avec Lauren, peut-être est-il même jaloux, mais je sens aussi que ce ne sont pas de mes affaires. Pas maintenant. « Si je te faisais l'amour.. » je commence, sans gêne aucune, et pourtant sur un ton doux, parce que sur ce coup j'ai choisi d'en dévoiler un peu. « Je suis cérébral, je sais... Je ne suis pas persuadé que ce serait aussi bon que de te désirer. » Et diable, il me semble que la tension entre nous a augmenté de dix crans rien qu'à prononcer ces mots, qu'à formuler tout haut cette envie, ce sous-entendu. Je souris un peu plus, puis je détourne la tête et me met à observer les bâtiments illuminés qui défilent à l'extérieur, me réfugiant hors de cette attirance magnétique qu'elle met en marche avec grand succès. Bien sûr, je ne cherche pas à insulter Lauren, car je suis bien convaincu qu'elle sait satisfaire un homme. Ce n'est pas de cela que je parle, mais le désir est si doux dans sa promesse d'infinité, tandis que la chair ne peut que s’essouffler dans son plaisir finalement un peu limité..

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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Dim 3 Fév - 21:11

Me voilà dans une situation délicate. Dans une voiture avec Darcy, mon chauffeur qui me foudroie du regard - il s'est toujours cru pour mon chaperon...-, avec la furieuse envie de me laisser aller à mes désirs avec mon compagnon de soirée. Je tente tant bien que mal de me calmer. Une chose est sûre : tout ne se passe pas comme je l'avais prévu. Et je n'ai pas l'habitude qu'on me résiste autant. Darcy ne me fait pas douter de mes charmes, loin de là. Je sais bien que je l'attire. Au moins un tout petit peu. Notre jeu me délecte et me frustre à la fois. Il est tout à fait jouissif de le titiller de la sorte, de lui balancer des répliques bourrées de sous-entendus à la figure et de lui adresser des regards très suggestifs. Par contre, j'ai de plus en plus de mal à rester stoïque et à ne pas me laisser aller à mon désir. Je ne suis pas habituée à attendre aussi longtemps. Darcy me fait carrément languir. Une attente à la fois délicieuse et insupportable. Mais je ne fais rien pour forcer les choses, preuve que finalement, la situation actuelle me plaît assez. Je n'ai absolument plus de contrôle sur la situation, et cela me fait un bien fou. Ce n'est pas la première fois que je fais une rencontre dans un restaurant et que je ramène la personne en question dans mon hôtel. En général, je ne m'embarrasse pas de grands discours sur ma vie. Je me contente de consommer, avec la fureur de vivre qui me caractérise. J'ai toujours eu peur que les choses et les gens m'échappent. Quand je trouve quelqu'un qui me plaît un tant soit peu, je ne laisse pas m'échapper. Le schéma est toujours le même : on finit rapidement dans mes draps qui en ont vu passer d'autres, le lendemain je file ou c'est à lui de le faire, et on ne se rappelle jamais. C'est une pure consommation sexuelle. Quelque chose de presque automatique. Je ne suis même pas sûre d'y prendre un vrai plaisir. Plaisir de la chair, certes, mais je le fais toujours sans sentiments, et souvent en état d'ébriété. Ma vie n'est devenue qu'une consommation effrénée de tout ce qui m'entoure : fric, sexe, alcool. Je ne prends plaisir à rien.

Par contre, ce soir, on peut dire que notre échange me réjouit. Darcy est tout à fait différent des autres hommes que je peux fréquenter, et je suis moi-même tout à fait différente de ce que je peux être d'habitude. Je sens que je me révèle peu à peu. Ce soudain regain de franchise semble lui plaire. Il n'est plus question que je joue à la star prétentieuse et hautaine mais que je lui laisse entrevoir une autre facette de ma vraie personnalité. Mon petit récit sur mes promenades dans Londres achevé, Darcy me parle de ces relations avec les mannequins. Le ton de sa voix a brutalement changé. Le voilà qui me sert un euphémisme qui me fait sourire, mais pas de moquerie cette fois. Des relations sincères avec ces filles ? A bien y penser, c'est possible. Il avait l'air affectueux avec cette mannequin roumaine. Pour ma part, je ne suis pas de ce genre là, puisque mes relations amoureuses n'en sont pas vraiment, je me contente de m'envoyer en l'air, et ne cherche pas plus loin. Le pire, c'est que je suis extrêmement romantique, contrairement à ce que tout le monde peut penser. Mais j'ai bien trop peur de perdre le contrôle de moi-même si je me laisse aller à la sentimentalité. Je préfère vivre tout ça en mon for intérieur, satisfaire mes besoins sexuels de façon mécanique et jouer la désabusée de service. Au fond, je crois vraiment en l'amour mais cela décrédibiliserait mon personnage de cynique que de l'avouer. Les sarcasmes de Darcy reprennent de plus belle. Je ne vais pas l'encourager là dedans, je me contente de lui sourire. En tout cas, la situation prend une autre tournure quand Darcy me parle de ses parents. Je fronce légèrement les sourcils. Ce sujet me met un peu mal à l'aise. Non pas que je ne m'intéresse pas à Darcy et à sa vie familiale. Mais tout cela me renvoie à la mienne. On peut dire que je n'ai pas été gâtée niveau famille. Néanmoins, je prête une oreille attentive à ce qu'il me dit. Voilà qu'il déclare que son père est mort. Je ne trouve rien à répondre à cela, je ne vais quand même pas lui dire que je suis désolée de ce décès. Ces mots d'excuses ne servent en général pas à grand chose si ce n'est à enfoncer le couteau dans la plaie. Je ne voudrais pas m'étendre sur ce sujet. Mais sa référence à des acteurs prodiges me fait sourire. Evidemment, je me reconnais parmi ces mots. Je ne peux jamais totalement mettre mon orgueil en sourdine. Histoire que notre discussion ne se concentre plus sur nos parents et sur des sujets graves, je lui dis : « Tu ne peux pas rentrer aux Etats Unis, quand même...Comment tu ferais sans ton actrice tarée de service ? » Un peu d'auto dérision n'a jamais fait de mal à personne. Pour le coup, j'en ai vraiment pas mal. En tout cas, si Darcy venait à retourner aux Etats Unis, ce serait bien dommage. Nos dialogues ont toujours été houleux, très mouvementés, nos relations de travail en dent de scie...Et c'est ce qui fait tout le charme de ce lien un peu spécial qui nous unit. Nous tangons entre la haine et la séduction. Et je sens que je risque d'être, ce soir, une bien mauvaise équilibriste.

Un silence pesant s'instaure. La tension ne cesse d'augmenter. Je recroise le regard de mon chauffeur, qui me fera encore une réflexion demain. Il se prend pour mon père. Je mène ma vie comme je l'entends, et ne me laisserai pas importuner par ses regards. Je prends le parti de l'ignorer et fixe Darcy, en répondant à son sourire. Je m'attends à ce qu'il me comble encore de ses sarcasmes quand il évoque la possibilité de me faire l'amour. Je suis évidemment extrêmement surprise qu'il lance ça comme ça, en passant, de façon tout à fait normale. Je ne suis pas habituée à ce qu'il me parle de façon aussi directe, mais je ne vais pas m'en plaindre. L'atmosphère commence à devenir vraiment érotique, et ce n'est pas pour me déplaire. Les confidences de Darcy, prononcées sur un ton doux et particulière agréable me surprennent mais sur le fond, je suis d'accord avec lui. Je comprends tout à fait ce qu'il veut dire. Tout ce petit jeu de séduction, ce désir toujours grandissant est fondamentalement encore plus jouissif que l'acte en lui-même. Néanmoins, je doute de mes capacités à me satisfaire uniquement de ce plaisir purement intellectuel, fait de mots, de regards et de sous entendus. Il y a toujours un moment où le corps prend le dessus, sans pour autant être abandonné par la raison, bien sûr. A cet instant précis, je sens que je perds totalement le contrôle de mes émotions et mes désirs. Je ne peux pas rester plus longtemps à discuter comme ça, de choses aussi explicites, sans rien faire. Le plaisir des mots est une chose, le plaisir du corps en est une autre. Et je ne sais pas si je peux éternellement me satisfaire du premier. "Faiblesse, ton nom est femme", disait Hamlet. Shakespeare avait peut être raison. Tant pis si je vais à l'encontre de ce que vient de me dire Darcy, tant pis si je vais trop vite ou que j'agis de façon inconsidérée. Je ne peux pas m'empêcher de me rapprocher doucement de lui. Je n'attends pas qu'il dise quoi que ce soit, qu'il proteste, je l'empêche définitivement de parler quand j'emprisonne ses lèvres entre les miennes, l'espace d'un instant. Je savoure ce délicat baiser, presque innocent, tout à fait contrôlé. Il n'a rien de fougueux, mais disons que c'est un avant goût et une manière de le provoquer encore un peu plus. Je détache mes lèvres des siennes et lui dis à l'oreille, tandis que ma main descend le long de son torse : « Alors c'est si terrible que ça que de se passer des mots ? Cela ne me semble pas déplaisant pourtant. » Je rêve de recommencer ce que je viens de faire mais il faut que je me contrôle un minimum. La voiture vient de se garer. Nous sommes arrivés.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Lun 11 Fév - 23:45

    Des actrices tarées, il y en a un peu partout, ce n'est pas propre à Londres. C'est ce que je lui dirais si je n'étais pas si déconcentré par tout le reste, si elle ne tenait pas captive mon attention sans me laisser d'autres choix que de ne penser qu'à sa présence. C'est comme ça pour tout, mes sentiments à l'égard de Lauren sont tout ce qu'il y a de plus mitigés, sachant que j'éprouve un certain mépris pour cette figure "ordinaire" qu'elle représente, pour le cliché qui fait partie de son personnage. Elle n'est pas la première à se la jouer diva du monde, les gens de cinéma ont souvent ce penchant et ce n'est pas unique aux femmes, et d'ailleurs celle qui m'a servi de femme durant la dernière année était du même type, blonde également, avec ces grands yeux auxquels je ne pouvais pas échapper malgré que Miranda, elle, je la méprisais sincèrement pour le passé qu'elle avait eu avec mon père. M'être marié avec elle avait été une sorte de psychanalyse, sans que jamais je ne comprenne vraiment mes motivations, et ça a duré un temps avant de s'écrouler littéralement, ce qui nous a valu à elle et à moi, mais surtout à moi puisqu'elle en était la source, une couverture médiatique épouvantable. Ceci dit, bien que Lauren me rappelle un peu mon ex-femme et qu'elle manque légèrement d'originalité en me servant son attitude de déesse, je ne vois qu'elle. Elle demeure spéciale, quelque chose chez elle vient me chercher... Au fond, elle me touche et si je ne m'attendris pas devant ses sourires et ses regards provocateurs, ses mots, tout ce qu'elle me jette au visage à chacune de nos rencontres, c'est parce que j'ai trop d'orgueil et d'expérience pour me laisser avoir de la sorte.... Enfin, je crois. J'y crois un peu en prononçant ces mots quoi que je me montre légèrement provocateur moi-même. Je ne cherche rien ou alors, je ne peux pas admettre que je cherche désespérément son attention et son désir à elle. Le fait qu'elle m'agace, qu'elle fasse autant de sous-entendus... Bien sûr, ce n'est pas désagréable et cela flatte l'ego d'un homme, mais je crois que c'est au-delà de ça. Cela a peut-être quelque chose du goût de l'interdit, car elle représente aussi ça, une collègue, quelqu'un que je paie pour exerce un job - le cinéma est un job comme les autres -, une femme inaccessible ou alors seulement trop accessible, avec qui il n'y a rien d'autre que la promesse de l'instant présent.

    Je ne peux pas dire que je cherche moi-même autre chose que cela, que ce soit maintenant ou de façon générale, mais il y a toujours eu ce "petit quelque chose" et j'y ai cru si longtemps, à l'amour véritable. Je choisis souvent de me mettre dans les situations où il est bien certain, hors de doute raisonnable, que le temps ou les circonstances me sépareront assez rapidement de ma conquête, histoire que nulle complication de quelque nature ne puisse se présenter. Mais je n'ai pas le temps de penser à ça, je sens qu'elle se rapproche d'un siège, ce qui me fait reporter mon regard dans sa direction. Je suis sur le point de dire quelque chose, de questionner de nouveau ce qui se passe et qui a quelque chose d'un peu ridicule tellement c'est facile : le producteur esseulé, riche, divorcé, blasée et la jeune actrice à la beauté époustouflante qui ne s'oppose pas de limite, cette situation parfaitement prévisible et parfaitement dépourvue d'originalité.. Mais Lauren en juge autrement, et je succombe au baiser qu'elle prend dès la première seconde où ses lèvres frôlent les miennes. Je suis déconcerté, soudainement élevé autre part dans d'autres pensées, l'absence de pensées devrais-je dire, car même si le baiser est bref, il me convainc. Je suis un peu figé, songeur, quand elle me murmure sa remarque sur les actions concrètes, ce à quoi je n'excelle pas je dois bien l'admettre. Elle a la main posée sur mon torse, je laisse l'écho de ses paroles résonner dans mon esprit sans ajouter quoi que ce soit pour le moment. J'adopte sa réflexion, comme quoi les mots, non, ne sont pas toujours ce qu'il y a de plus utile.

    Le timing est parfait, la voiture se gare et l'arrêt du véhicule me sort de ma bulle, je lève les yeux vers le chauffeur qui nous jette un dernier regard avant d'ouvrir la portière de mon côté et de descendre sans un mot dirigé à celui qui offre sans doute toujours ce regard aux hommes que Lauren ramène. Cette dernière lui adresse quelques mots tandis que je m'éloigne légèrement de la voiture vers l'hôtel, l'attendant sans pouvoir éteindre cette envie qu'elle a faite augmenté en moi de façon terriblement exponentielle. Lorsqu'elle me rejoint enfin, je me tourne vers elle et je la regarde quelques secondes tandis qu'elle parle, sans l'écouter. Je fais un pas vers elle pour l'approcher et répondre à son précédant baiser. Il y a fort à parier que si le voyage ne s'était pas terminé à cet instant, j'aurais eu du mal à retenir mes ardeurs malgré la présence de son chauffeur. Oh ciel, pourquoi céder ? Quel intérêt ? La force me manque, ou plutôt l'envie domine pour le moment. Tant que la porte de sa chambre n'est pas franchie, ce ne peut être si dangereux de jouer à un niveau supérieur. Cette fois, je prends le contrôle de notre étreinte, l'enfermant vaguement entre mes bras, mes mains allant rejoindre plus ou moins sagement le creux du bas de son dos, avec leurs envies baladeuses et cette retenue qui ne peut que présager la défaite des bonnes intentions.

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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Mar 19 Fév - 21:35

Tout ne marche pas selon ce que j'avais prévu. A vrai dire, j'étais jusqu'alors tellement habituée à ce que mes avances soient rejetées par Darcy que cette situation était assez confortable. Il n'y avait finalement jamais aucune prise de risque entre nous. Sauf que ce soir, les choses semblent changer. A croire qu'un petit voyage dans ma voiture a des effets tout à fait bénéfiques chez mon cher producteur. Après l'avoir embrassé, je me dis que je n'aurais peut être pas dû. Certes, c'était bien agréable. Là n'est pas la question. Le problème, c'est que j'ai un mauvais pressentiment. Je sens que je me prends un peu trop goût à ce jeu de séduction. Cela me déplaît beaucoup. J'ai toujours un grand contrôle sur ce qui se passe dans ma vie : je gère mon image auprès des médias, choisit soigneusement mes rôles, contrôle tous ceux qui sont à mon service. Mais avec Darcy, les choses sont toujours sur le fil du rasoir. Je ne me sens pas totalement en sécurité dans cette situation : c'est à la fois assez angoissant et en même temps terriblement excitant. J'ai quand même un sacré don pour me retrouver dans de pareilles situations. Mais c'est ce danger, cet interdit, qui me plaisent entre nous. Bref, la voiture se gare et je vois bien que mon chauffeur désapprouve ce que je viens de faire. Je laisse Darcy sortir, et me penche légèrement vers mon chauffeur pour lui dire : « Arrête de me regarder comme ça. Tu n'as pas ton mot à dire sur qui je fréquente. Je te demande que de manier un volant. C'est quand même pas compliqué, si ? » J'ai été un peu sèche, mais autant mettre les choses au clair. Je ne supporte pas qu'on me fasse la leçon. Il est vrai que je n'ai pas toujours su ce qui était bon pour moi et que c'est souvent tous ces gens qui m'entourent qui m'ont aidée. Mais ce soir, je sais bien que Darcy n'est pas qu'une vulgaire conquête à ajouter à mon tableau de chasse. Mon fidèle cocher n'a donc pas à s'inquiéter. Je m'extirpe de la voiture, un peu énervée par les agissements de mon chauffeur. Encore un peu embarrassée par ce qui vient de se passer dans la voiture, je tente de faire comme si de rien était. Je ne regrette pas foncièrement mon geste, mais j'ai juste du mal à accepter cette nouvelle situation. Je suis tellement pas encore habituée à ce que Darcy soit aussi réceptif. Mais je ne vais pas m'en plaindre. Comme si de rien était, je lui dis : « Bon, toujours ok pour un verre ? » Je m'apprête à rentrer dans l'hôtel quand Darcy se rapproche de moi. Nos lèvres se rencontrent de nouveau. Ses mains glissent dans mon dos. J'entoure son cou de mes bras, et l'embrasse plus fougueusement que la première fois. Je resserre mon étreinte, je m'abandonne un peu trop d'ailleurs. Ah, Darcy, tu vas causer ma perte. Je retrouve mes esprits et détache doucement mes lèvres des siennes. il va falloir qu'on arrête de faire ça, sinon je risque d'y prendre goût. Je lui adresse un sourire sincère et glisse ma main dans la sienne. Rien à faire s'il y a des paparazzi dans le coin. Je ne suis plus à ça près. En tout cas, je n'ai plus envie de boire un verre avec lui au bar de l'hôtel. Il y a bien trop de monde. Je préfère boire un verre sur la terrasse de ma chambre. Un lieu un peu plus intime. Je sais bien qu'il est très risqué de s'aventurer par là, mais pour l'instant, je me contrôle un tout petit peu. Si cela n'en tenait qu'à moi, je m'allongerais, totalement offerte sur mon lit. Mais pour l'instant, je veux encore faire monter la tension. Pourvu qu'elle soit torride.

Je l'emmène à l'intérieur de l'hôtel. Plusieurs membres du personnel m'adressent un petit sourire. Oui, ce n'est pas la première fois qu'ils me voient rentrer ici avec un homme. Mais ils ne savent pas que Darcy est particulier à mes yeux. Il a beau ne pas avoir été toujours aimable avec moi, m'avoir fait payer mon attitude quand nous étions tous les deux acteurs...Je ne lui en tiens pas rigueur. Et toutes mes vaines idées de vengeance sont abandonnées. Je n'ai plus aucune emprise là dessus. J'ai presque l'impression que mon machiavélisme et mes idées de génie habituelles m'ont quitté. Cette attirance magnétique qui s'exerce entre nous m'empêche de continuer à élaborer des plans. Je ne peux que me laisser aller à mes envies et profiter de cette soirée - voire nuit - qui s'offre à nous. Nous prenons l'ascenseur, toujours dans un silence complet. Je ne trouve plus vraiment grand chose à dire. J'ai envie de parler pourtant, continuer d'explorer la personnalité de Darcy qui m'a toujours intriguée, mais rien ne vient. Mais merde, c'est mon job de tous les jours ça, baratiner, dire n'importe quoi aux journalistes ! Sauf que cette fois-ci, je ne peux plus la jouer à la Lauren Griffin, continuer à sortir mon numéro de nympho fantasque. C'est presque reposant, d'ailleurs, d'être vraiment moi-même le temps d'une soirée. Bref, nous sortons de l'ascenseur, nos regards se croisent de temps à autre, et je sens mon désir monter grandement. Pourtant, je ne veux pas tout de suite faire ce que j'ai tant l'habitude de faire. J'aime tellement cette phase de jeu, de séduction, ces regards à la dérobée, ces sous entendus, ces petits gestes...J'ouvre la porte de ma chambre et laisse entrer Darcy à ma suite. Heureusement, tout est très bien rangé. C'est déjà un grand pas que je le laisse venir ici, la lumière ouverte et à une heure pas si tardive que ça. Cette chambre me ressemble beaucoup. Quand j'y amène des conquêtes, je me débrouille toujours pour que nos ébats se fassent dans la pénombre ou dans un état d'ébriété avancé. Entrer ici, c'est vraiment commencer à me connaître. La décoration me ressemble vraiment : des photographies de stars des années 50, mes vinyles empilés dans un coin, des photos des rares personnes qui comptent pour moi forment un patchwork désordonné sur un des murs.

Je glisse de nouveau mes doigts entre ceux de Darcy et l'emmène vers le balcon. Nous sommes au dernier étage de l'hôtel. La vue sur Londres est absolument magnifique de là. Toutes ces lumières, la rumeur de la ville, le London Eye au loin...Je me tourne doucement vers Darcy, mon visage à quelques centimètres du sien, et lui dis : « Tu vois, à chaque fois que je vais mal, que quelque chose cloche dans ma vie, je viens là. Je me sens toute petite face à l'immensité de la ville. Cela me fait relativiser. Mais bon, quand je suis accompagnée, c'est toujours mieux. » Je lui adresse un petit sourire complice. J'ai beau faire diversion, mon désir ne s'est pas éteint. Au contraire, il me ravage. Je n'ai même pas envie de prendre un verre et me lancer dans des badinages avec Darcy. Dans la voiture, un peu plus tôt dans la soirée, j'ai commencé à entrevoir des détails de la vie de mon cher producteur que je ne connaissais pas. Bien sûr, je voudrai en savoir plus. Mais je n'ai vraiment plus envie de me lancer dans des tirades. Maintenant que je sens qu'il est à deux doigts de me céder totalement -d'ailleurs, ne l'a t-il pas déjà fait ? -, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin. Je lui glisse à l'oreille, bien décidée à exciter aussi son désir : « Darcy...pourquoi tu me fais languir comme ça? C'est une torture.. » Tandis que je dis cela, je descends lentement mes mains le long de son torse, puis je les pose sur la ceinture de son pantalon. J'ai bien envie de continuer dans la provocation. Je détache la boucle de sa ceinture. Je n'en peux plus d'attendre. A quoi bon nier l'évidence ? Pourquoi se contenir ? Il n'y a plus qu'un petit pas à franchir et peut-être pourrons nous définitivement céder à la tentation.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Sam 2 Mar - 6:17

    Je ne fréquente pas les hôtels ; et ceci n'est pas un mensonge pour paraitre plus vertueux que je le suis. Certes, je me fais invité car ce ne sont pas tous ceux qui me titillent au point de captiver mon attention et surtout mon désir qui possèdent ce palace de luxe où inviter et moi, j'invite très peu. Il n'empêche, c'est faux, c'est symétrique, c'est chic, c'est papier peint et cie, très peu pour moi. Lorsque nous passons la porte, je n'accorde pas un instant mon attention aux gens de l'accueil, ils ne m'intéressent pas. Je suis fasciné par Lauren et son assurance, sa beauté, sa solitude.. parce que c'est ce qui me frappe le plus, je crois, si je n'étais pas aussi dérangé par mon désir de plus en plus peu civilisé. Le temps se suspend pendant le parcours jusqu'à sa chambre, l'inconnu m'allèche diablement trop fort, mais je me laisse porter par ses intentions à elle. Franchement, vais-je jouer les diables et lui fausser compagnie, lui refuser ce désir qui pétille et explore dans mes veines ? C'est tout juste si je parviens à me souvenir ce que je trouvais si important dans le fait de ne pas lui céder, et la réalité m'apparait que je n'en avais simplement pas encore eu envie comme maintenant. C'est tout juste une question d'intensité du désir, car Lauren m'a toujours provoquer de l'émotion forte, voilà seulement que je ne la désire pas que sexuellement, au charnel s'agrémente presque malicieusement le romantique, et je la désire avec tout le grandiose des sentiments. Cela a véritablement une valeur, à défaut d'avoir du sens.

    Je jette un coup d'oeil aux murs de sa chambre, je me laisse envahir d'elle, car cet endroit est le sien. Cette chambre est hors du temps, hors du concept classique de l'hôtel qui me déplait tant, car il n'y a strictement rien de pré-fait, tout est Lauren. Je n'ai pas davantage de temps pour découvrir son univers qu'elle prend ma main. Je pose mes yeux sur elle doucement, avec un calme épatant, un laisser-aller pur, et je la suis me guider jusqu'au balcon. La vue y est magnifique, tout est simplement parfait. Pourtant, rien de ce que je vois ne parvient à me fasciner plus qu'elle, que cette chimie qui a commencé à se construire depuis tout à l'heure, qui a pris une tournure différente de nos habitudes. Je l'écoute me parler, car je me délecte de ses mots bien que je n'aie pas cette force d'en trouver moi-même dans un tel instant. Comment expliquer ? L'entendre me dire sincèrement ses pensées est le plus grand aphrodisiaque qu'elle n'aurait pu dénicher, parce que j'ai toujours eu soif de cette sensation d'authenticité. Je ne suis pas dupe, la vie ne m'aura jamais montré autre chose que des amours déchus, que des instants uniques qui ne trouvent jamais écho dans le quotidien de la suite des choses, mais j'aime me laisser prendre au jeu. J'aime croire à l'amour, même si je n'y crois pas. C'est ma condition essentielle, je ne peux pas faire autrement. Certains me qualifient de coureur de jupons, de pantalons, et pourtant je ne fais que chercher en chacun-e ce qu'un-e seul-e ne m'aura jamais donné. Je suis insatisfait, éternellement. Alors, pourquoi je la fais languir ? Parce que c'est douloureux, parce que cette douleur n'a d'égale que le désir que j'éprouve pour elle, parce que je veux faire dans l'excès, parce que je ne me contente pas, jamais, de ce qui n'est pas à des sommets. Je ferme les yeux tandis qu'elle pose la question, sa main éveillant un frisson tout le long de mon corps. Je pourrais devenir si... animal. Les pensées qui me traversent l'esprit tandis qu'elle détache la boucle de ma ceinture sont malsaines. Comme j'ai envie de la posséder à l'instant, comme j'ai envie de la soumettre à mes désirs, mais comme je me sens capable d'infinités pour lui rendre cette satisfaction..

    Le passé ; viré. Personne n'y pense plus, ça n'existe plus. Le futur ; au diable. J'ai peu à faire de ce que cette soirée causera ou ne causera pas, dans le moment. Le présent ? Lui-même s'éteint, l'instinct dicte des actes que je ne résonne pas. Il ne me faut que quelques secondes pour m'embraser, elle n'avait pas besoin d'en faire plus. Alors légèrement brusquement, je l'attire contre moi, m'emparant cette fois d'elle sans souci de retenue, incapable dans cet élan de rester ainsi sur place, l'appuyant alors contre le mûr de la chambre, juste à côté de la porte. Je l'embrasse fougueusement, glissant l'une de mes mains contre sa taille, sa cuisse.. Si bien que je m'aventure à remonter sa robe, à toucher sa peau. Mon besoin est plus que tactile, j'ai du mal à ne pas m'accrocher à elle, à avoir envie de la dévorer. Je quitte ses lèvres un instant, croise son regard, puis soupire doucement, glissant sa culotte sur ses cuisses. Oh, je saurai me retenir de me précipiter. C'est seulement qu'elle n'a encore aucune idée du bourreau que je peux être, contre mon propre désir et contre le sien.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Lun 4 Mar - 21:15

Je n'ai décidément pas tous mes esprits ce soir. Je ne sais pas si c'est le champagne que j'ai bu au restaurant qui me fait cet effet là, mais en tout cas, je suis assez surprise de l'issue de cette soirée. Quand nous étions encore au restaurant avec la mannequin roumaine, j'étais absolument persuadée de repartir dans mon hôtel seule, mes avances une fois de plus déclinées par Darcy. Force est de constater que j'ai définitivement gagné. Mais, au fond, toute ma stupide histoire de vengeance n'a plus cours. Je voulais faire payer Darcy. Lui prouver que j'avais le contrôle et que sa nouvelle position de producteur ne changerait rien. Finalement, toute cette lutte d'égos semble définitivement terminée. Du moins pour ce soir. Si jamais nous nous laissons effectivement aller à nos envies, qui dit que demain les choses changeront ? Rien n'est sûr à ce niveau. En tout cas, tout ce qui se passe échappe plus ou moins à mon contrôle et mon plan de vengeance se retrouve maintenant totalement enfoui en mon esprit. Je suis tellement obnubilée par mon désir pour Darcy que plus rien n'existe pour moi. Il ne m'arrive pas souvent d'être autant investie dans une conquête d'un soir. En général, mes parties de jambe en l'air font partie d'une routine absurde, d'une pure satisfaction mécanique, pas sentimentale pour un sou. Là, je sens bien qu'il y a quelque chose de nouveau. Je préfère d'ailleurs ne pas me pencher sur ce que j'éprouve effectivement à cet instant - hormis mon désir bien sûr - cela risquerait de m'effrayer. Je ne suis pas vraiment du genre à me demander ce que je ressens, je me contente d'agir. En tout cas en emmenant Darcy dans ma chambre, mes intentions sont on ne peut plus claires. Je me perds dans son regard, attends qu'il réponde à ma demande. Mais il ne dit rien. Il a toujours eu ce côté un peu mutique, et quand il ouvre la bouche, il parle avec plus de parcimonie que moi. Cela m'intrigue. A présent, le silence est pesant. Je ne le quitte pas des yeux, attends qu'il dise quelque chose, qu'il réponde à ma question. Il y a quelque chose de très lourd dans l'atmosphère. Nous nous titillons depuis le début de la soirée, nous devisons sur notre vie, nous nous cherchons. L'attente est à la fois délicieuse et insupportable. Je n'ai pas le temps de réfléchir bien longtemps à la situation car Darcy m'embrasse soudainement, et je me retrouve plaquée contre un des mur de la chambre. Je ne l'avais pas vu venir. Je m'abandonne à ce brusque baiser, plus rien ne traverse mon esprit, si ce n'est un vif soulagement. Je sens bien qu'à présent, il n'est plus question de séduction. J'ai définitivement gagné. Mais au fond, il ne s'agit même plus d'un jeu. J'y ai mis bien trop d'entrain. La chose est extrêmement dangereuse. Enfin, ce n'est pas le moment de me torturer les méninges. Il s'agit à présent de profiter.

Nos langues se rencontrent, mes mains glissent dans le dos de Darcy, et je sens bientôt les siennes contre mes vêtements. Puis elles touchent directement ma peau. Ce contact, je dois bien l'avouer, provoque quelques frissons en moi. A ce rythme là, je vais devenir complètement dingue - je le suis déjà, cela dit. Il faudrait que je me calme, mais à cet instant précis, je n'arrive plus à raisonner. Je m'abandonne totalement à lui, à ses mains, à ses lèvres. Une fois notre baiser rompu, nos regards se croisent de nouveau. Une chose est sûre : le Darcy froid et peu réceptif à mes appels a définitivement disparu. Je le préfère nettement comme ça. Je me garde bien de lui dire, toute tentative de sarcasme serait malvenue. Toute parole gâcherait tout, pour l'instant. A quoi bon parler quand nos gestes et nos regards parlent pour nous ? Je me remets à peine de ce soudain baiser que Darcy fait glisser ma culotte contre mes cuisses. Jusqu’à ce qu’elle tombe à terre. Tout va très vite, mais c'est à mesure de notre excitation. Que nos étreintes soient courtes ou non, il est certain qu'elles seront intenses. Je n'ai rien contre me retrouver plaquée contre un mur par Darcy, mais comme dans toute chose, j'aime aussi parfois avoir un peu le contrôle. Je pose ma main sur son torse et l'incite à reculer. Jusqu'à mon lit. Là, je le pousse carrément dessus. J'ai beau être assez romantique, j'ai toujours aimé un peu la brusquerie dans la chambre à coucher. Je m'imprègne quelques instants de cette vue, qui ma foi n'est pas désagréable. Avoir un homme à sa merci est tout à fait plaisant. Je ne le quitte pas du regard et finis par venir me placer à cheval sur lui, tenant ainsi ses hanches entre mes jambes. Je me penche vers lui, et mes lèvres vont à la rencontre de son cou. Je détache petit à petit les boutons de sa chemise. J'ai tellement envie de lui que j'aurais pu infliger un très mauvais traitement à sa pauvre chemise, comme carrément faire sauter tous ses boutons mais je m'en garde, il ne faudrait pas être trop brutale non plus. Finalement, je parsème son torse de baisers, descendant petit à petit le long de son corps. A cet instant, il pourrait y avoir une explosion dehors, des coups de feu ou je ne sais quoi, je crois que je n'entendrais rien. Je continuer d'imprimer la marque de mes lèvres contre sa peau puis finis, une fois arrivée près de son bassin par lui enlever son pantalon. Nous ne sommes pas tout à fait à égalité en matière de vêtement à cet instant précis, mais il ne tient qu'à lui de m'enlever ce qu'il me reste encore.

Sadique que je suis, je ne continue pas plus loin ma lente descente le long de son corps - ce n'est pas l'envie qui manque - mais m'empare de nouveau de ses lèvres, très doucement. Je prends un plaisir non dissimulé à faire ce que je fais. Cela m'interpelle d'ailleurs. Il sera toujours temps d'y réfléchir demain. Oh, et puis non, ne pensons pas à demain. Je le tiens donc enfermé entre mes cuisses et cette situation de contrôle m'est très plaisante. Enfin, connaissant l'orgueil naturel de Darcy et me doutant d'un soupçon de brusquerie dans ses gestes, je suis prête à parier qu'il est bien du genre à vouloir inverser la tendance. D'ailleurs, je ne lui opposerai pas une grande résistance car après tout, son plaisir sera aussi le mien. Je romps ce nouveau baiser puis ne peux m'empêcher de le regarder un instant, un petit sourire aux lèvres. Je n'avais absolument pas prévu que je serais tant embarquée, tant conquise. Cela m'inquiète presque. Mais quand mon regard s'attarde sur le sien, je finis par me dire que mes doutes sont injustifiés. Après tout, le seul mot d'ordre qui vaille, à présent, est de s'abandonner...
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Lun 22 Avr - 4:49

    Quelle raison d'être a l'orgueil ? Mon expérience me dit que sa seule qualité est celle d'empêcher de commettre toutes sortes d'erreurs que l'on risque bien de regretter très tôt. Je regretterai assurément de laisser mes envies prendre le contrôle de la situation avec Lauren, car je suis incapable de jouer ce jeu de sorte qu'il ait une issue positive. Mes aventures sont celles d'un soir, se limitent à un plaisir physique peut-être intense, mais limité. Je franchis une ligne de non-retour avec elle, je m'implique plus que de coutume. Cela n'a rien à voir pourtant avec la façon que j'ai de la toucher ou de l'embrasser, de rester bien là à laisser le temps poursuivre son cours sans freiner nos élans qui deviennent de plus en plus pressants. Non, je m'implique autrement, émotivement. Il ne faut pas croire que je suis le genre d'homme à m'enticher, d'ailleurs je refuse complètement de tomber amoureux de qui que ce soit depuis qu'il m'a été donné de me convaincre que l'amour était une connerie de la pire espèce, mais je sais déconner dans ma tête ; croire que je suis si fusionnel avec quelqu'un que ça ne peut qu'être transcendant, que toutes les idioties de l'humanité et de ma vie somme toute un peu pathétique, peuvent être oubliées parce que cet Autre existe et vit à côté de moi, partage avec moi quelque chose d'absolument indescriptible. Je passe mon temps à être déçu et ce n'est pas les autres qui provoquent ce sentiment chez moi, c'est moi-même. Je me fais des idées, je me dis des choses que je ne pourrai jamais avouer à personne sous peine d'avoir une honte terrible d'être si incapable de contrôler mes émotions. Alors, c'est pour cela que je ne dis rien, que je me replie entièrement dans mes pulsions sexuelles dévorantes et que je me laisse entrainer dans cette folie, ici sur ce lit, dans cette chambre qui la caractérise si bien. La douleur me creuse, dans le bas du ventre, me donne des frissons dans le dos que je ne pourrais ni définir d'agréables ni de désagréables. Je n'ai pas vu le temps filer entre le balcon et ce lit d'ailleurs, je n'ai pas vu ma chemise quitter mon corps, je la regarde trôner au dessus de moi. J'attrape ses hanches, je profite de la vue, je devine ses courbes. Je désire les apprendre une par une, je savoure cette idée d'ailleurs pendant qu'elle se penche sur moi. Je ne peux faire autrement que de fermer les yeux lorsqu'elle m'embrasse partout, accélérant mon impatience. Pourtant, je suis patient. Lorsqu'elle est de nouveau au dessus de moi, ses cheveux lui tombant sur les épaules, je saisis immédiatement sa robe, que je lui fais passer au dessus de la tête, pour la laisser tomber à côté du lit. Je la regarde, mes mains remontant immédiatement vers sa poitrine que je caresse d'une main délicatement. Cela ne dure qu'un temps, trop vite j'en veux plus.

    Alors le revirement s'effectue, je la repousse un peu brusquement et l'allonge sur le lit sous moi, l'entourant rapidement de mes bras, je remonte une main, le temps de caresser ses cheveux d'or. J'ai toujours eu un faible, elle me gagnait d'avance rien qu'à la couleur de ses cheveux. Mais c'est évidemment beaucoup plus que ça. D'ailleurs, il y a bien autre chose pour m'emprisonner ainsi dans cette passion. Je me redresse alors, sensible à la moindre parcelle de son corps, sur lequel je m'accorde plus d'un coup d'oeil, et je m'autorise à y goûter, à l'embrasser, en laissant mes mains découvrir en même temps, la caressant tendrement jusqu'à ne plus pouvoir résister.

    ***

    Lauren est toujours dans mes bras. J'ai les yeux clos ; je n'ai aucune envie de les ouvrir. Un drap seul couvre légèrement son corps, duquel je sais sa poitrine à moitié découverte encore. Je le sais, parce que je l'ai regardée longuement, enivré de ses moindres charmes. À présent, je fais ce qui est possible pour que le moment ne s'étouffe pas pour passer au suivant. Inévitablement, l'après ne peut être de la même magie. J'ignore ce qu'on se dira, mais aucun mot ne sera à la hauteur. Je caressais ses cheveux il y a un temps encore, mais ma main s'est immobilisée. Pourtant, je ne suis pas du tout sur le point de m'endormir, je suis seulement figé par l'ampleur de cet instant avec elle. J'ouvre enfin les yeux, et suis surpris de la voir s'être retournée, me regardant aussi alors. Je ne dis rien, toujours rien. On a beau repoussé l'après, il se cogne à nous, il est là, il s'impose lourdement. Je lutte du plus fort que je le peux contre lui, j'attire Lauren vers moi plus près encore. Je l'embrasse sur le front en plaçant lentement ses cheveux derrière ses oreilles, derrière son épaule. Elle est d'une beauté terrible. J'ai pourtant l'habitude de ne jamais m'éterniser dans les chambres qui ne sont pas les miennes. Je ne passe jamais la nuit avec ceux ou celles que je séduis, qui me séduisent, le temps d'une nuit et même de plusieurs. C'est une des premières façons de garder sa liberté, mais encore plus tout son esprit. Les Autres sont toujours d'un tel danger pour Soi. « Tu me tues. » Je souris légèrement. Que dire ? Elle me tue, littéralement. J'ai cette sensation que ce moment est un important, l'a été en tout cas. Je ne sais me détourner de ce désir que j'éprouve d'être près d'elle. C'est au-delà du désir d'elle.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Jeu 25 Avr - 19:16

Je dérape. Je le sens. Habituellement, il y a quelque chose de mécanique quand je fais l'amour avec qui que ce soit. Toujours sans sentiments, rien. C'est une satisfaction purement physique, totalement rodée. Mais là, tout est différent. Darcy me bouscule dans mes habitudes. Je me sens perpétuellement dans un espèce d'entre-deux avec lui. Il est imprévisible, parfois carrément sec quand il me parle. Et en même temps, il a quelque chose de terriblement séduisant. Un certain mystère émane de lui et il a ce côté dandy et homme à femmes qui me plaît tellement...Mais je pensais que ce ne serait qu'une attirance physique, entre nous. Qu'est ce que j'ai pu être naïve, ce sur ce coup là. Je sens que j'éprouve un peu plus qu'une simple attirance pour Darcy. Et je m'en veux terriblement. Ce n'est pas mon genre de me laisser aller à la sentimentalité. Les héroines que j'incarne à l'écran le font, mais pas moi. Voilà, j'ai manqué à mon "éthique", au code que je m'impose en matière de relations humaines. Au départ, coucher avec Darcy, c'était un défi teinté de vengeance, à mes yeux. Mais jamais, jamais, je n'aurais pu prédire que mon orgueil, ma haine, ma soif de revanche s'évaporent aussi vite pour laisser place à autre chose. Je ne me reconnais plus. En même temps, je me dis que c'est l'euphorie du moment qui dicte des sentiments si troubles en moi. Demain matin, tout cela n'existera peut être plus et nous pourrons retourner à nos petites existences. Je sais que je me pose trop de questions, que je ne devrais tout simplement profiter du moment. Mais c'est plus fort que moi. Je suis du genre anxieuse. Et le fait que j'éprouve bien autre chose qu'une pure attirance physique pour Darcy me laisse perplexe. Je sais pas ce qu'il y avait dans le champagne que nous avons bu tout à l'heure, mais en tout cas, ça n'a pas vraiment l'effet escompté sur moi...

Je domine Darcy, sur lui, et il m'enlève ma robe. Je frissonne sous ses caresses, je ferme les yeux. Et puis, il me retourne et me voilà contre le lit, lui au dessus de moi. Un petit sourire se forme à la commissure de mes lèvres et je me perds dans la contemplation de son visage. Ce visage qui a souvent été amère envers moi. Mais là, je suis saisie de voir dans ses yeux à quel point il me désire, à quel point il aime ce moment que nous passons tous les deux. Il me touche les cheveux - j'ai toujours su qu'il avait un faible pour les blondes hitchcockiennes. Tendrement, il m'embrasse, me touche du bout des doigts. Je soupire, sous ses caresses. Et puis l'étreinte, tant attendue.

***

Nous sommes réveillés mais aucun son ne sort de nos bouches. J'ai les yeux rivés vers la fenêtre de ma chambre, qui offre une vue incroyable de Londres. La fenêtre laisse filtrer les doux rayons du soleil. Tiens tiens, même lui est de sortie pour nous. Je ne sais pas quoi dire, pas quoi faire. Cela gâcherait tout. J'ai passé une nuit incroyable, bien sûr. Il y avait quelque chose d'au-delà de la simple union de nos deux corps. Mais je ne veux pas m'appesantir là dessus. Je me torturerai les méninges une fois que Darcy sera parti. Cela fait bien longtemps que je ne suis pas restée au lit avec un homme, une fois le matin venu. En général, je m'éclipse ou vire l'individu en question. Mais là, j'aime sentir la présence de Darcy à mes côtés, sa main dans mes cheveux. Je me retourne doucement quand je le vois ouvrir les yeux. Un petit sourire se dessine sur mes lèvres. Je le regarde, en silence, quand il m'attire contre lui.. J'entoure son cou de mes bras et le laisse m'embrasser le front. Il y a quelque chose de si romantique et de si tendre chez lui...Je ne l'avais jamais soupçonné jusqu'à hier soir. Et puis, il dit quelques mots. "Tu me tues"... Je me demande bien comment je dois prendre cela. Sûrement comme un compliment. Ou une façon détournée de laisser parler ce qu'il ressent. Je suis terriblement sentimentale ce matin et cela me sidère. Je dépose un petit baiser sur ses lèvres et lui dis : « Je ne veux pas que tu partes... » Quand il partira, quelque chose sera brisé... Je pose sa tête sur son épaule et glisse mon index le long de son torse. Je me demande bien quelle tournure pourrait prendre notre relation. Mais ce n'est pas le moment de faire des pronostics sur l'avenir. Mon naturel revient néanmoins et je ne peux m'empêcher de lui dire, un sourire mutin aux lèvres :
« Ca va, tu ne regrettes pas trop ta petite mannequin ? » Je parie qu'il l'avait déjà oubliée.
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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Jeu 9 Mai - 17:23

    Il y a quelque chose d'incroyablement déjà vu dans ce réveil ce matin. Non pas que je vive ce genre de choses si souvent, mais justement là est toute la bizarrerie. Ce n'est pas la première fois que je tarde à quitter le lit d'une copine momentanée, j'ai toujours eu tendance à avoir du mal à partir quand je ne l'ai pas fait au beau milieu de la nuit comme un voleur, mais cette fois-ci est largement différente. Enfin, c'est mon sentiment, car bien sûr je ne sais pas exactement ce qui se passe dans sa tête au moment où elle dit qu'elle ne souhaite pas que je parte. Ça non plus, ce n'est pas la première fois que j'entends ces mots, mais ils sonnent à ce point différemment qu'ils me tordent le coeur en quelque sorte. La vérité, c'est que je n'ai pas envie de partir non plus, alors là pas du tout. Heureusement qu'elle reprend un peu ses habitudes et qu'elle me nargue gentiment au sujet de Flora, car tout ceci aurait pu devenir beaucoup trop émotif et je ne sais pas si je suis prêt à affronter ce genre de choses. J'affiche donc un léger sourire moqueur en arquant un sourcil, perplexe mais visiblement amusé. Qu'est-ce que ça peut bien changer de toute façon ? Pour être honnête, j'y ai bien pensé une ou deux fois, j'ai éprouvé une certaine culpabilité à l'idée de l'avoir laissée seule, mais tout s'est passé comme si ça n'aurait simplement pas pu être autrement. Je le crois : Lauren et moi devions nous trouver, et qui que ce soit aurait été dans le chemin n'aurait pu qu'être écarter avec aussi peu de sensibilité que ça a été le cas pour "ma petite mannequin". En somme non, je ne la regrette pas et même pas du tout. J'admire les traits fins du visage de Lauren alors qu'elle se moque. Ça lui va bien la moquerie, il ne faut pas s'étonner qu'elle se donne ces airs plus que régulièrement en public. En ce moment, ça arrive à m'amuser complètement, sachant que je sais aussi avec certitude qu'il peut y avoir une toute autre Lauren. Laquelle est la plus vraie ? C'est bien difficile de le savoir, mais une chose est certaine : les deux me plaisent terriblement.

    « Il n'y a pas grand chose que je regrette. » Non, ceci n'est pas une affirmation sur l'ensemble de ma vie, ce serait bien faux. C'est uniquement par rapport à cette nuit, tout ce qui s'est passé et ceci inclut d'avoir laissé en plan ma compagne des derniers jours et ce, même si elle s'envole aujourd'hui même pour retourner chez elle en Roumanie. Je me dégage tout doucement d'elle, alors qu'elle était blottie contre mon épaule, et je me retourne pour mieux la voir. Je lui souris doucement et je pose un baiser sur ses lèvres. D'ailleurs, une fois y goûtant, je ne peux que le prolonger un long moment sans me soucier de ce que j'allais dire et faire. Lorsque je le romps enfin, je replace une mèche de ses cheveux. « Il le faut bien, sinon de quoi j'ai l'air ? » j'ajoute, toujours espiègle. Mais ce n'est pas tout, je ne la quitterai pas ce matin rien que pour l'air que ça me donne de le faire ou de ne pas le faire, mais parce que j'ai du boulot qui m'attend surtout. Les gens avec qui je bosse ont l'habitude de mes retards, mais je me fais toujours un point d'honneur de ne pas excéder une heure de retard, il ne faut jamais trop abuser des gens. « Je serais un très mauvais producteur si je ne m'occupais que d'une seule actrice.. » Je m'écarte alors d'elle définitivement, me levant enfin du lit. J'ai pendant quelques secondes l'impression d'avoir la tête qui tourne quelque peu. La réalité n'est jamais facile à prendre de plein fouet et c'est précisément ce qui se passe.

    Tiré du lit, on dirait que tout redevient comme avant.. Pourtant, rien en peut plus être pareil entre elle et moi, même si j'ignore complètement quelle tournure les choses prendront. Je préfère laisser le temps faire son œuvre et je sais aussi qu'il nous faut retourner à nos trucs chacun de notre côté avant de pouvoir le savoir. Pour le moment, ce n'est qu'étrangeté désagréable, parce que j'ai bien l'impression que quelque chose se brise en mettant fin à ce moment. Il en est de la vie qui va ainsi, qui ne peut se limiter aux bons moments. Les relations (ou liaisons, appelons-ça comme on veut) qui fonctionnent sont celles qui justement, passent le cap de la normalité et du jour, de la continuité dans le temps... Et d'ailleurs, je me demande pourquoi je me surprends à penser au temps, quand on sait bien que nous sommes deux individus à ne pas vraiment faire durer nos relations. Je me fais sans doute des idées, c'est idiot, car ce n'est pas mon style.


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MessageSujet: Re: just sayin I'm the boss w/ Lauren   Mar 21 Mai - 23:24

    Et bien, je n'aurais jamais imaginé que nos animosités passées finissent ainsi. Remarquez, avec moi, ça se finit souvent sous les draps. Mais avec Darcy, ce n'était pas gagné, orgueilleux qu'il est. En début de soirée, il y avait aussi un obstacle de plus, cette mannequin roumaine. Évidemment, elle n'a pas fait long feu. Je ne suis pas bien étonnée que Darcy l'ait délaissée pour passer la nuit avec moi. C'est mon orgueil qui parle, bien sûr. J'ai beau avoir tous les défauts du monde, j'estime être une personne relativement intéressante et assez "peu commune". Pour le bien être de la gente masculine, il vaut bien mieux pour eux que toutes les filles ne soient pas comme moi. Je me rends bien compte que je suis parfois difficilement supportable. Le naturel revient au galop ce matin, puisque je n'ai pas pu m'empêcher, sans une pointe d'ironie, de faire allusion à la petite mannequin. Mais Darcy ne répond pas directement à ma question. Il affirme ne pas regretter grand chose de cette nuit. Moi non plus, évidemment. De toute façon, je ne suis pas trop du genre à m'en vouloir, à espérer que les choses se soient passées autrement. J'ai enfin eu ce que je voulais, je ne vais donc pas m'en plaindre. Maintenant, l'avenir est plus qu'incertain. Il s'est définitivement passé quelque chose cette nuit, une étape dans notre "relation". En même temps, je ne suis pas du genre à m'attacher aux gens. Je le refuse catégoriquement. Je suis bien trop volage pour cela. Notre petite guerre d'avant ne pourra en tout cas pas reprendre. Ou seulement par pure dérision. Je regarde son beau sourire puis prolonge le baiser qu'il pose sur mes lèvres. Ensuite, il me parle avec son espièglerie habituelle. Finalement, nous réussissons à rester nous même quoi qu'il arrive, nous continuons de parler avec sarcasme et ironie. Heureusement, sinon tout cela serait un brin trop sentimental à mon goût.

    Mais la réalité est là, et cette petite parenthèse doit s'achever. Il le faut bien. Évidemment, je suis un peu triste parce que j'ai eu si souvent cette impression dans ma vie, que les bons moments s'évaporent aussi vite qu'ils sont apparus. Ma vie est quand même sacrément pourrie, contrairement aux apparences. Ce genre de bouffée d'oxygène que j'ai eu avec Darcy, cela ne m'arrive pas si souvent que cela. En tout cas, le quotidien va reprendre ses lois. D'ailleurs, le revoilà qui évoque nos carrières respectives. Pourtant, en cette fin de soirée et cette nuit, nous étions tous sauf l'actrice célèbre et le producteur à succès. Cela fait d'ailleurs du bien, parfois, de ne plus jouer ce rôle de l'actrice complètement fantasque. Darcy ne s'en rend peut être pas compte mais il a eu un aperçu de ma "vraie" personnalité. Un aperçu seulement parce que je n'aime pas me révéler entièrement. Toujours espiègle, je ne peux m'empêcher de répondre : « Ne me dis pas que tu traites toutes les actrices comme moi... » A vrai dire, je n'attends même pas de réponse à cette question. Je sais bien que Darcy, aussi séduisant qu'il soit, ne couche pas avec toutes les actrices qu'il côtoie. Et puis, j'ose espérer être un peu une privilégiée, le concernant. Le voilà qui quitte le lit. Je ne vais pas le retenir, ce serait tout à fait pathétique. Je le regarde se rhabiller, en me disant que décidément, tout passe trop vite. On a vraiment jamais le temps de profiter des gens et des choses. J'ai toujours eu cette impression dans ma vie, rien de nouveau donc, à ce niveau. Mais il faut bien reprendre nos activités.

    D'ailleurs, de mon côté, je dois aussi me motiver, m'extirper de ce lit et accueillir ce fichu interviewer dans un des salons de l'hôtel où je réside. Je mets quelques temps à me confronter à la réalité. Et la réalité est moche. Même quand on est une star, croyez moi. J'ai l'impression que toutes les journées se ressemblent, que rien n'égaye mon quotidien. Cela dit, quand Darcy quitte ma chambre, un petit sourire se dessine à la commissure de mes lèvres. Il vient peut être de partir mais nous ne sommes pas faits des adieux.


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