I'll change my mind | oliflore

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MessageSujet: I'll change my mind | oliflore   Dim 30 Déc - 20:07

La sonnerie retentit et je pousse un soupire de soulagement en quittant mon dernier cours de la journée. Trois heures d'amphi sur les algorithmiques vous en tuerait plus d'un, comme en témoigne la tête de la plupart de mes pauvres compagnons d'infortune, et je dois avouer que même si j'adore les études que je fais, j'aurais bien besoin d'un bon café right now. C'est pourquoi je m'empresse de me diriger au Caffè Nero qui est, pour mon grand plaisir, à seulement quelques minutes de l'université – j'imagine que c'est fait exprès mais bon whatever on s'en fout. Une vague de chaleur m'emplis de toute part quand j'entre dans le café, délaissant mon écharpe que je fourre à la va-vite dans mon sac de cours, et j'inspire un grand coup – j'adore les odeurs qui se dégagent de lieux dans ce genre, que ce soit café, chocolat, ou que sais-je. Je me place dans la queue avant de commander un grand latte et un cookie, puis m'installe tranquillement à une table. Je suis entrain de jouer à fruit ninja sur mon portable en buvant distraitement ma boisson quand un éclat doré attire mon regard. Je relève la tête et croise le regard de la dernière personne que je souhaite voir en ce moment : Flore. Je pries pour qu'elle m'ignore, qu'elle prétende ne pas m'avoir vu, mais bien évidemment, elle n'en fait rien et s'approche de ma table. « Salut. Je peux m’asseoir? » Je l'observe un instant, pesant le pour et le contre. « Je t'en prie » je lui dit finalement en hochant la tête. Je ne peux pas lui dire non, pas vrai? « Je sais que tout cela a un air de déjà-vu et que tu en as probablement assez d’entendre ça, mais je suis désolée pour la dernière fois. Ça ne m’arrive pas très souvent, mais je suis sincère Oliver. Je ne sais pas ce qui me prends. J’ignore pourquoi je te repousse ou la raison pour laquelle je te parle aussi mal. C’est juste que… » Je suis sur le point de lever les yeux au ciel, mais me retiens de justesse. J'en ai assez de ses excuses. Assez que ça soit les montagnes russes avec elle. Je sais qu'elle a un passé difficile, qu'elle a du mal à faire confiance aux gens. Mais je lui ai prouvé plus d'une fois qu'elle pouvais me faire confiance. Et puis, la façon dont elle me traite est abominable. Mais parce que je suis un imbécile, parce que, malgré tout ses efforts, je ne voulais pas la laisser tomber, je lui pardonnais ses crasses. Sauf que je ne sais pas encore combien de temps ça va durer, combien de temps je vais le supporter. Je ne sais pas. Et le pire, c'est que je le sens, je le sais, je lui ai déjà pardonné. Je ne lui en ai même jamais vraiment voulu. Et si je l'ai évité, c'est uniquement parce que je... je... « Je commence à t’apprécier et pour être tout à fait franche, ça m’effraie » J'écarquille les yeux, avalant de travers. Pendant deux bonnes minutes, je tousse, sans parvenir à reprendre ma respiration. Quelle idée de boire pendant qu'elle me parle aussi. Ça finis par se calmer, néanmoins, et j'inspire un grand coup, avant de plonger mon regard dans celui de Flore. « Je... » Je m'interromps afin de me racler la gorge. « Je ne sais pas quoi dire, Flore. Tu t'excuse, okay, cool. Tu m'apprécie. Great. Mais en quoi ça m'assure que tu ne vas pas encore une fois me traiter comme de la merde dans un futur proche? » Ah. Je ne lui ai peut-être pas complètement pardonné, en fait. Mais en même temps, ce n'est pas comme si je n'ai aucune raison d'être en colère contre Flore. Avec elle, c'est constamment un coup oui un coup non, et j'en ai marre. Je peux comprendre qu'elle ai des problèmes de confiance, qu'elle ne soit pas du genre à être amie avec des mecs, et qu'elle ne comprenne pas pourquoi je m'efforce d'être sympa avec elle, je ne comprends pas vraiment non plus, pour être honnête. Mais quoi qu'il en soit, ce n'est pas une raison pour me traiter comme elle le fait. Je ne mérite pas ça, et j'aimerai qu'elle se rentre dans la tête que je ne fais pas ça pour la blesser derrière. « En rien...» Je secoue la tête de droite à gauche avec un soupire. J'aurais dû m'en douter. « Je ne peux pas te le promettre, mais si tu m'en laisses l'occasion je suis prête à essayer. Tu sais, je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un comme toi. Tu es probablement l'un des seuls garçons avec qui je puisse avoir une réelle conversation, le seul qui n'attend rien de moi. J'aime bien traîner avec toi et j'ai été extrêmement touchée que tu me consoles l'autre soir au parc...» Je souris et grimace à la fois en me rappelant cette soirée. Je sais que c'est tout ce que j'obtiendrais d'elle, que c'est sa façon de me remercier, et que c'est déjà beaucoup venant d'elle. « Tu sais que je ne te ferais jamais de coup bas, pas vrai ? Tu peux me faire confiance, Flore. Jamais je ne te blesserais, je te le promets, et je veux vraiment que tu puisse me faire confiance » je lui dis, la regardant droit dans les yeux. Je marque une courte pause, et reprend, un petit sourire aux lèvres. « Bien sûr, ça ne veut pas dire que je t'ai complètement pardonné, mais que je comprends pourquoi tu agis de la sorte. » Je lui fait un clin d’œil. « J'attends des efforts de votre part, mademoiselle. » Je dis ça sur le ton de la plaisanterie, mais au fond, je suis plus que sérieux. Je pense être quelqu’un de plutôt sympa, mais je n’aime pas être traité comme une sous-merde, merci bien. « Tu as conscience que tu ne me changeras pas, n'est-ce pas? » Je lève les yeux au ciel, mais hoche la tête. Bien sûr que j’en ai conscience. « Je n'ai pas l'intention de revenir sur mes paroles, je t'ai promis de faire des efforts et je le ferai! Seulement, il va falloir te montrer patient. C'est tout nouveau pour moi: l'amitié avec un garçon ou le fait de faire confiance à un homme. Pour ma défense, mon père n'est pas un exemple de fiabilité donc bon... Enfin bref... Parle-moi un peu de toi. Tu fais quoi à part te prendre des vestes par de petites garces en mal de reconnaissance? » Je me mords la lèvre. Pour être tout à fait honnête, j’aimerai vraiment en savoir un peu plus sur son père. « Heu je heu… étudie ? » Je ne sais pas quoi dire d’autre. Disons que mes activités en dehors de la fac risquent de me faire passer pour un parfait idiot auprès de Flore. « Mais encore? Tu dois bien sortir un peu? Ou faire une activité physique? Tout le monde a des passes temps et je doute que tu dérobes à la règle... » Je m'agite sur mon siège, mal à l'aise. Cette conversation me rend extrêmement inconfortable. Elle me rappelle pour la centième fois depuis qu'on se connaît que Flore et moi n'avons rien en commun. En dehors de notre couleur de cheveux et d'yeux, je veux dire. Mais sinon, rien. Nada. « J'essaie juste de m'intéresser un tant soit peu! Après, que tu passes ton temps à geeker sur ton pc ou que tu t'adonnes à des jeux pervers, je m'en moque! Je veux juste apprendre à te connaître! Tu sais déjà tellement de choses à mon sujet, il est temps de rééquilibrer tout ça! » Je me mords la lèvre, et prends une grande inspiration. « Je vais être honnête... j'ai extrêmement peur que tu me juge. Que tu me prenne pour un loser. Pas que je n'en suis pas un, hein, obviously je suis loin d'être aussi cool que les gens avec qui tu traîne, mais je n'ai pas besoin qu'on me le rappelle. » Je marque une pause, me rendant compte que je suis complètement incompréhensible. « Si tu vois ce que je veux dire. » J'imagine que non. « Tu réalises tout de même que si tu t'inquiètes en permanence de mes réactions ou éventuels jugements, notre relation va être compromise! Surtout que ces appréhensions n'ont pas lieu d'être! Je sais bien que j'ai l'air un peu superficielle au premier abord, et peut-être que je le suis au fond - mais je n'ai pas l'intention de me foutre de toi parce que tu passes ton temps enfermé dans ton sous-sol à jouer aux jeux vidéos ou parce que tu n'aimes pas sortir... » Great. Je me sens super méga coupable maintenant. Elle a raison, je le sais bien. Et je n'aurais pas du partir du principe qu'elle se foutrait de ma gueule, c'est vraiment pas cool pour elle. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Je ne suis pas habitué à trainer avec des gens qui ne sont pas aussi – si ce n'est plus – geek que moi. « Et puis en toute franchise les "losers" que je connais sont loin d'être aussi mignons que toi! En ce qui me concerne, je ne te rangerais pas dans cette catégorie » Il faut plusieurs secondes à mon cerveau pour assimiler ce qu'elle vient de dire, secondes pendant lesquelles je reste là, à la fixer avec un air de parfait abruti – pour changer. Finalement, le truc qui me sert de cervelle se décide enfin à fonctionner normalement, et je rougis comme une tomate – vous vous y attendiez pas, hein ? J'ouvre la bouche, la referme, fronce les sourcils, rouvre la bouche, la referme. Je déglutis, essayant tant bien que mal de connecter mes deux neurones. « Je... erm... » Non, c'est pas encore ça. On reprend du début, Oliver. « Heu... Merci... I guess. Hum. » Bon, au moins, j'ai réussi à prononcer des mots, c'est un progrès. « Et je n'y joue pas dans mon sous-sol. » Je rougis encore plus (oui, c'est possible). « Aux jeux vidéos, je veux dire. Dans le salon, c'est très bien, et puis, c'est plus proche de la cuisine. » Woha, attention, tentative d'humour messieurs dames ! Félicitation, Monsieur Stylinson, on applaudit, l'important c'est de participer après tout. Ça a l'air de marcher en tout cas, puisqu'elle rit – et non, on ne parlera pas d'à quel point ça me fait plaisir, merci bien. « Dois-je en déduire que tu es un gros mangeur? Parce que si c'est le cas, on va bien s'entendre toi et moi! » J'éclate de rire. « Tu peux, oui ! La bouffe c'est ma vie ! Notre frigo est plein à craquer, et quoi que je fasse, j'ai toujours de la nourriture à mes côtés. Je sais que je n'en ai pas l'air, mais je mange comme quatre. » C'est vrai, je mange tellement que parfois, mes amis ont peur de me voir exploser. Et pourtant, je suis une vraie crevette ! « Tu trouverais forcément ton bonheur si tu fouillais dans nos placards, on a tellement de nourriture qu'on sait même pas quoi en faire parfois. Mais c'est pratique quand on invite des gens à la maison, on a toujours de quoi les sustenter. » C'est une règle à la maison : avoir de quoi nourrir et amuser les invités. C'est comme ça que nos parents nous ont élevé, Larry et moi. Et puis, soyons honnête, il n'a que vingt ans, je sors à peine de l'adolescence – enfin, presque – alors la bouffe, c'est essentiel. « Bon je suis vraiment désolée de t’abandonner comme ça, mais je vais devoir y aller… Une amie m’attend pour réviser. » Un sourire étire mes lèvres, et je hausse un sourcil, dubitatif. Flore, réviser ? « Te moques pas ! Je sais aussi être studieuse! C’est très rare, je te l’accorde, mais ça m’arrive ! » Un ricanement m'échappe. « Mais je ne me moque pas ! » je m'exclame, toujours entrain de rigoler. Puis je me mords la lèvre, hésitant un moment. Finalement, je me lance. On est censés être sur la voie de l'amitié, pas vrai ? « Ça te dirais de, heu... venir à la maison un de ces quatre ? Je pourrais t'initier à la geek attitude » Je lui fait un sourire hésitant. « Tu peux refuser, hein, je comprends » j'ajoute brusquement, désireux de ne pas passer pour le dernier des imbéciles si elle refuse. « Avec plaisir ! » J’écarquille les yeux. Ah bon ? « Je te laisse mon numéro. Appelle-moi et on fixera une date ! » Elle écrit son numéro avant de m’embrasser sur la joue. Je reste un instant abasourdie avant de secouer la tête, reprenant mes esprits. Puis je sors mon portable afin de créer un nouveau contact, me demandant comment je vais trouver le courage de l’appeler.

FIN


Dernière édition par Oliver R. Stylinson le Ven 31 Mai - 9:34, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: I'll change my mind | oliflore   Ven 11 Jan - 12:37

OLIFLORE - I'LL CHANGE MY MIND.
Je quitte l’amphithéâtre en trombe et m’empresse de rejoindre la bibliothèque universitaire. Je n’ai pas été très studieuse ces derniers temps et il faut absolument que je rattrape mon retard sous peine de rater mon année -et de me faire déshériter. Je ne pense pas que Peter mettrait ses menaces à exécution si je venais à échouer, mais dans le doute, je préfère m’en tenir au marché que l’on a conclu à savoir: j’excelle à l’école et maintient la réputation de la famille en échange de quoi, il me laisse tranquille. De toute manière, j’aime ce que je fais et j’ai toujours rêvé de devenir neurochirurgienne alors, je ne le fais pas pour lui. Fêtarde incontestée ou pas, il y a un temps pour tout et à un moment donné il faut savoir se remettre en question et assumer ses responsabilités.

Une heure plus tard.
Mon ventre gargouille depuis dix bonnes minutes lorsque je décide de faire une petite pause. Je rassemble donc mes affaires et quitte la bibliothèque en direction du Caffé Nero, situé à deux pas de l’université. Affamée, je commande un expresso et un muffin avant de partir en quête d’une table reculée. J’ai peut-être quitté la fac, mais je suis bel et bien décidée à travailler. Le destin, quant à lui, semble en avoir décidé autrement puisqu’au lieu de trouver une table, je croise le regard d’Oliver. Un soupire m’échappe et l’espace d’une fraction de seconde, j’hésite à rebrousser chemin. Cela aurait probablement été la meilleure chose à faire étant donné qu’on finit toujours par se disputer, mais pour je ne sais quelle raison, ça m’ennuie d’être ‘en froid’ avec la petite tête blonde. « Salut. Je peux m’asseoir? » je demande en esquissant un petit sourire. « Je t’en prie. » Il a hésité. L’espace d’un instant, j’ai même cru qu’il allait m’envoyer balader. Mais comment l’en blâmer? A chaque fois qu’il fait un pas vers moi, je me débrouille pour le repousser, réduisant tous ses efforts à néant. Oliver est probablement l’unique personne qui se donne du mal pour moi, l’un des seuls garçons qui ait réellement envie d’apprendre à me connaître -et un jour il en aura assez d’essayer; je n’aurais plus que mes yeux pour pleurer. En temps normal je m’en ficherais, mais il y a toujours ce petit quelque chose qui me ramène vers lui, cette attraction inexplicable, cette envie d’être avec lui. Est-ce de l’amour? De l’attirance physique? Même pas. Je ne sais pas ce que c’est. Comme je l’ai dis, c’est inexplicable, je ne comprends pas. « Je sais que tout cela a un air de déjà-vu et que tu en as probablement assez d’entendre ça, mais je suis désolée pour la dernière fois. Ça ne m’arrive pas très souvent, mais je suis sincère Oliver. Je ne sais pas ce qui me prends. J’ignore pourquoi je te repousse ou la raison pour laquelle je te parle aussi mal. C’est juste que… » Alors quoi Flore? Tu ne vas tout de même pas te dégonfler?! « Je commence à t’apprécier et pour être tout à fait franche, ça m’effraie » Je lui épargnerai le blabla habituel comme quoi nous sommes trop différents pour être amis, parce que je sais que ce n’est pas ce qu’il a envie d’entendre. Pris d'une vilaine quinte de toux parce qu'il a avalé de travers, Oliver met quelques minutes avant de se calmer -minutes durant lesquelles je me suis débrouillée pour éviter de croiser son regard. « Je... Je ne sais pas quoi dire, Flore. Tu t'excuse, okay, cool. Tu m'apprécie. Great. Mais en quoi ça m'assure que tu ne vas pas encore une fois me traiter comme de la merde dans un futur proche? » Je grimace en réalisant qu'il vient de mettre le doigt sur quelque chose de fondamental. Je suis une personne compliquée et mes réactions sont totalement imprévisibles. Je peux très bien passer des heures à discuter avec quelqu'un et l'envoyer balader le lendemain - comme ça, sans raison valable. Le pire dans tout ça c'est que je suis incapable de trouver la raison qui me pousse à réagir de cette manière, à souffler constamment le chaud et le froid - disons simplement que c'est comme ça que j'ai toujours fonctionné et que j'ai beaucoup de mal à changer mes vieilles habitudes. « En rien...» je lâche dans un soupir. « Je ne peux pas te le promettre, mais si tu m'en laisses l'occasion je suis prête à essayer. Tu sais, je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un comme toi. Tu es probablement l'un des seuls garçons avec qui je puisse avoir une réelle conversation, le seul qui n'attend rien de moi. J'aime bien traîner avec toi et j'ai été extrêmement touchée que tu me consoles l'autre soir au parc...» Un merci n'aurait pas été de trop, mais j'en ai suffisamment dit. « Tu sais que je ne te ferais jamais de coup bas, pas vrai ? Tu peux me faire confiance, Flore. Jamais je ne te blesserais, je te le promets, et je veux vraiment que tu puisse me faire confiance » me dit-il en affrontant mon regard. C'est bizarre, mais pour une fois, je serais bien tentée de baisser la tête... « Bien sûr, ça ne veut pas dire que je t'ai complètement pardonné, mais que je comprends pourquoi tu agis de la sorte » lance-t-il dans un clin d'oeil ce qui m'arrache un sourire. L'atmosphère se détend progressivement et j'en suis soulagée. Honnêtement, je n'aime pas être fâchée avec le blondinet. « J'attends des efforts de votre part, mademoiselle. » Et je promets d'essayer, je suis sincère. « Tu as conscience que tu ne me changeras pas, n'est-ce pas? » Il lève les yeux au ciel. « Je n'ai pas l'intention de revenir sur mes paroles, je t'ai promis de faire des efforts et je le ferai! Seulement, il va falloir te montrer patient. C'est tout nouveau pour moi: l'amitié avec un garçon ou le fait de faire confiance à un homme. Pour ma défense, mon père n'est pas un exemple de fiabilité donc bon... Enfin bref... Parle-moi un peu de toi. Tu fais quoi à part te prendre des vestes par de petites garces en mal de reconnaissance? » je lâche avec cynisme, même si sa réponse m'intéresse vraiment. « Heu je heu… étudie ? » Amusée par sa réaction, j'esquisse un sourire. « Mais encore? » j'insiste, pas réellement convaincue par sa réponse. Je veux bien croire qu'il soit studieux, mais j'ai du mal à l'imaginer constamment plongé dans ses bouquins. « Tu dois bien sortir un peu? Ou faire une activité physique? Tout le monde a des passes temps et je doute que tu dérobes à la règle... » Ma voix se brise dans un éclat de rire et j'ajoute sans même lui laisser le temps de répliquer quoi que ce soit « J'essaie juste de m'intéresser un tant soit peu! Après, que tu passes ton temps à geeker sur ton pc ou que tu t'adonnes à des jeux pervers, je m'en moque! Je veux juste apprendre à te connaître! Tu sais déjà tellement de choses à mon sujet, il est temps de rééquilibrer tout ça! » Pourquoi aies-je l'impression d'avoir fait une bourde monumentale à chaque fois que j'ai le malheur de lui poser une question?! Je veux bien faire des efforts et essayer de baisser ma garde, mais si de son côté, ses joues s'empourprent dès que j'essaye d'en apprendre un peu sur lui, on risque d'avoir du mal à devenir amis. « Je vais être honnête... j'ai extrêmement peur que tu me juge. Que tu me prenne pour un loser. Pas que je n'en suis pas un, hein, obviously je suis loin d'être aussi cool que les gens avec qui tu traîne, mais je n'ai pas besoin qu'on me le rappelle. » Il marque une courte pause, durant laquelle je le fixe sans rien dire « Si tu vois ce que je veux dire. » Réfléchissant à la manière la plus sympathique de réagir à tout ça, je garde le silence quelques secondes encore et finis par dire « Tu réalises tout de même que si tu t'inquiètes en permanence de mes réactions ou éventuels jugements, notre relation va être compromise! Surtout que ces appréhensions n'ont pas lieu d'être! Je sais bien que j'ai l'air un peu superficielle au premier abord, et peut-être que je le suis au fond - mais je n'ai pas l'intention de me foutre de toi parce que tu passes ton temps enfermé dans ton sous-sol à jouer aux jeux vidéos ou parce que tu n'aimes pas sortir... Et puis en toute franchise » j'ajoute sans même y réfléchir « les "losers" que je connais sont loin d'être aussi mignons que toi! En ce qui me concerne, je ne te rangerais pas dans cette catégorie » je conclus en affichant un franc sourire. Surpris par mes propos, il commence à me fixer sans rien dire. Ses joues s'empourprent à nouveau, mais bizarrement ça ne m'agace pas. Cette réaction m'arrache même un sourire attendri. Il a l'air adorable... WHAT? Est-ce bien moi qui vient de penser ça? Oliver Stylinson est adorable? Ma pauvre petite Flore, tu te ramollie, je songe avec amusement quand monsieur se décide enfin à reprendre la parole. « Je... erm... Heu... Merci... I guess. Hum. Et je n'y joue pas dans mon sous-sol. » Il marque une courte pause et rougit de plus belle « Aux jeux vidéos, je veux dire. Dans le salon, c'est très bien, et puis, c'est plus proche de la cuisine. » Sa remarque m'arrache un petit rire. La situation est vraiment étrange. Même si je ne suis pas du genre à me laisser impressionner, je dois bien avouer que tisser une amitié avec quelqu'un comme Oliver m'effraie. C'est tout nouveau pour moi et je ne suis pas certaine d'y arriver. Coucher à droite et à gauche est tellement plus facile. Au petit matin, tout est oublié. Mais lier une amitié avec un garçon? Ça ne m'est pas arrivé depuis un certain temps, trop longtemps. « Dois-je en déduire que tu es un gros mangeur? Parce que si c'est le cas, on va bien s'entendre toi et moi! » Je sais que je n'en ai pas l'air, mais il ne faut pas se fier aux apparences. En réalité, je passe mon temps à grignoter. Seulement, je fais énormément de sport et j'ai un métabolisme qui me permet de ne pas prendre de poids. Autant en profiter! Il éclate de rire. « Tu peux, oui ! La bouffe c'est ma vie ! Notre frigo est plein à craquer, et quoi que je fasse, j'ai toujours de la nourriture à mes côtés. Je sais que je n'en ai pas l'air, mais je mange comme quatre. » Ça nous fait au moins un point commun. « Tu trouverais forcément ton bonheur si tu fouillais dans nos placards, on a tellement de nourriture qu'on sait même pas quoi en faire parfois. Mais c'est pratique quand on invite des gens à la maison, on a toujours de quoi les sustenter. » Pour toute réponse, je laisse échapper un petit rire. « Bon je suis vraiment désolée de t’abandonner comme ça, mais je vais devoir y aller… » je lâche après avoir jeté un coup d’œil à ma montre. « Une amie m’attend pour réviser. » Un sourire étire ses lèvres. « Te moques pas ! Je sais aussi être studieuse! C’est très rare, je te l’accorde, mais ça m’arrive ! » « Mais je ne me moque pas ! » s’exclame-t-il en essayant tant bien que mal de refouler un fou rire. J’en conviens, c’est difficile à concevoir, mais c’est pourtant la vérité. Mes études sont pour ainsi dire la seule chose que je prenne réellement au sérieux. Il serait surpris de voir le mal que je me donne pour réussir. « Ça te dirais de, heu... venir à la maison un de ces quatre ? » J’écarquille les yeux, surprise par sa proposition. Celle-là, je ne l’avais pas vu venir. « Je pourrais t'initier à la geek attitude » ajoute-t-il en souriant. « Tu peux refuser, hein, je comprends. » J’esquisse un petit sourire. « Avec plaisir ! » Il a l’air si étonné, que j’ai presque peur qu’il tombe de sa chaise. « Je te laisse mon numéro » je poursuis en me munissant d’un stylo pour l’écrire sur la paume de sa main. « Appelle-moi et on fixera une date ! » Sur ces belles paroles, je me lève, dépose un baiser sur sa joue et m’éclipse.


TO BE CONTINUED tongue
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