how about a wheelchair racing ? ☼ lucas

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MessageSujet: how about a wheelchair racing ? ☼ lucas   Sam 15 Déc - 22:20

« Mademoiselle Serrano ? On va vous emmener faire vos radios. » Je lève la tête vers l’infirmière de service et la gratifie d’un faux sourire enthousiaste. Alors qu’elle s’apprête à pousser mon fauteuil, je lui lance un regard noir qui la dissuade aussitôt. Je suis bien capable de me débrouiller seule, il a fallu que j’apprenne en un peu plus d’un an. L’examen dure un peu moins d’une heure et lorsque je sors du service, on me demande d’attendre la visite d’un médecin pour interpréter les résultats qui ne sera pas disponible avant deux bonnes heures. Agacée, je roule jusqu’au distributeur de friandises, et au prix d’un effort physique considérable, parviens à me dresser suffisamment pour insérer une pièce dans la fente de l’appareil. Le coca qui en ressort est bien frais, et après l’avoir siroté tranquillement dans la salle d’attente, je décide d’arpenter les couloirs de l’hôpital. Je vais sans doute y passer pas mal de temps, autant que je commence à m’y habituer dès maintenant. C’est sans réellement le vouloir que je me retrouve donc dans l’aile des hospitalisations longues, et alors que j’avance dans le couloir sans trop faire attention, mes cale-pieds heurtent un jeune homme planté devant une chambre, l’air résigné. « Oh pardon ! Désolée, les freins du véhicule sont pas encore tout à fait au point ! » dis-je en laissant échapper un léger rire nerveux. « Ce n'est rien, ça va... » L'inconnu semble ravaler un grognement, peut-être aurait-il réagi différemment si je l'avais bousculé sur mes deux jambes. Force est de constater que parfois, mon handicap me rend service. « Ca doit pas être facile de contrôler ça... » Je dois bien admettre qu'il a raison. Après un an passé assise dans cette chaise, j'ai encore du mal à en contrôler les moindres mouvements même si étrangement les gens sont toujours persuadés que c'est un jeu d'enfant. « Tu crois pas si bien dire. Mais bon, quand j’rentre pas dans des inconnus j’m’en sors plutôt pas mal. J’ai la chance d’avoir un fauteuil de compétition, et des heures d’entraînement à Mario Kart. » Comme toujours quand je fais une gaffe, je tente de rattraper le coup avec un trait d’humour. J’imagine que dans mon état, rien ne peut m’être plus bénéfique que mon optimisme légendaire, et j’ai toujours adoré en faire profiter les choses même si je réalise bien vite que la raison de sa visite n’était sans doute pas sujet à rire. « J’pourrai p’tet t’offrir un truc à grignoter ou à boire, pour me faire pardonner de t’avoir presque amputé d’une jambe. J’ai repéré deux ou trois distributeurs qui rendent le double de monnaie, c’est rentable ! » A force de visiter chaque recoin de l'endroit, je commence vaguement à connaître les lieux et les bons plans. « J'ai pas déjeuner, alors, pourquoi ?» Ravie qu'il accepte ma requête, je le regarde jeter son reste de café à la poubelle ainsi que les fleurs qu'il abandonne sur le meuble en me demandant à qui elles étaient destinées. « Je suis pas très attendu de toute façon », Je ne suis pas certaine de comprendre, mais préfère ne pas relever de peur d'aborder un sujet délicat. Si je suis souvent encline à évoquer ma maladie, ce n'est pas le cas de tous et j'ignore encore à qui il venait rendre visite et pourquoi. « Les machines à sous, dans quelle direction alors ? » D'un sourire enjoué et dans une manœuvre pour le moins laborieuse, je fais demi-tour en lui désignant le couloir du fond. « Par contre essaie de pas lambiner, j’ai du mal à prendre le rythme de vous autres valides. Si tu n’veux pas que j’te sème et que je mange ton déjeuner toute seule, t’as intérêt à marcher vite ! » Ce ne sont que de gentilles taquineries, et il m’a l’air d’être le genre de garçon à avoir besoin de se changer les idées. Nous avançons de quelques pas et bientôt, nous arrivons devant le fameux distributeur qui fait bien des heureux. « Bon par contre.. J’te conseille pas leurs sandwichs tout emballés là, tu risquerais d’attraper une grippe intestinale avec ça. Remarque t’es au bon endroit. Tu veux quoi ? » Tout en parlant, je commande un kinder bueno qui tombe dans la machine et difficilement, je me penche pour attraper mon achat.

« Leurs chips là, ça ira très bien... » Je compose le code des chips qu’il m’a indiquées et lui tend son repas avant de me diriger près des fauteuils installés à quelques mètres, afin qu’il puisse s’asseoir s’il le souhaite. « On dirait que tu passes beaucoup de temps ici, je me trompe ? » A sa remarque, je ne peux m’empêcher de rire. « Dans les hôpitaux ouais. Celui-là j’le connais pas encore très bien. J’suis plus ou moins nouvelle en ville. Enfin même dans c’pays. J’suis française, mais bon les hôpitaux anglais ressemblent aux nôtres, en tout cas la bouffe y est tout aussi dégueulasse. » Je grimace en songeant aux assiettes insipides qui nous sont servies à la cafeteria puis reporte mon attention sur mon interlocuteur. « Et toi, tu viens souvent ici ? » Mes doigts s’attaquent à l’emballage qui entoure mon chocolat et c’est avec un plaisir non dissimulé que je grignote la première barre. « Oh j'ai toujours rêvé de visiter la France, ma mère aimait beaucoup aussi, à l'époque... » La France a toujours été un pays particulièrement touristique et j’avoue n’avoir jamais compris pour quelle raison. « Le seul truc intéressant en France, c’est le french kiss ! » A part quelques boutiques de luxe sur les champs Elysées et une tour en fer, je ne vois pas ce qu’on trouve de si exceptionnel à ce pays. Certainement pas ses brillants chirurgiens en tout cas. « Ma soeur est ici depuis quelques années. Cet hôpital est pas si terrible qu'on pourrait le croire, tu verras... » Ses mots piquent ma curiosité. Si sa sœur est ici depuis plusieurs années, cela implique quelque chose de particulièrement grave et j’espère n’avoir pas été indiscrète, mais son expression m’indique qu’il ne m’en dira sans doute pas plus. « De toute façon vu ceux que j’ai déjà visités, ça peut pas être pire ! » Il fallait bien avouer que certains services méritaient une sévère correction de la part de l’inspection du travail. C’est en entamant ma seconde barre chocolatée qu’il m’avoue la raison de sa visite, et je me sens franchement conne. « Elle est dans le coma. Je peux te demander ce qu'il t'est arrivé, ou je m'abstiens ? » Je lui adresse un regard désolé, comme si j’y pouvais quelque chose, et laisse échapper un soupir. « Désolée. J’suis trop curieuse des fois. Il m’est arrivé.. Une opération bénigne pratiquée par un mauvais chirurgien. Y a deux ans, j’me suis fait opérée pour quelque chose de très simple mais le chirurgien était incompétent et m’a loupée ; depuis j’suis en fauteuil. Du coup j’passe régulièrement par la case examens, au cas où un miracle se soit produit dans la nuit. » Je ne comprends pas pour quelle raison les médecins s’acharnent sur mon cas. Ma pathologie est tellement rare qu’il a fallu que les meilleurs s’y intéressent, et même eux n’ont rien pu faire pour moi. Avec le temps, j’ai appris à accepter mon sort, à prendre la chose avec philosophie en songeant qu’il y a toujours plus malheureux que moi. La pauvre sœur de ce jeune homme est dans le coma depuis apparemment un bon moment et n’a aucune garantie de se réveiller un jour, comment pourrai-je me plaindre de ma condition ? « C'est pas de chance... J'espère que ton miracle arrivera.. » Je hoche la tête positivement, comme si j’y croyais encore mais en réalité j’ai abandonné l’espoir de remarcher il y a quelques mois déjà.

« Peut-être un jour qui sait ! En attendant je profite quand même, tout le monde a pas la chance de pouvoir rouler sur ceux qu’on n’aime pas et d’être pardonné instantanément parce qu’on est handicapé ! » Mais je réalise alors qu’il pourrait se vexer de ma plaisanterie et me ravise. « Enfin.. Toi c’était un accident hein, j’le jure. Au fait, moi c’est Alex. » dis-je en lui tendant la main. « Lucas, enchanté... et ravi de savoir que donc tu ne me détestes pas et que ce n'est pas la raison pour laquelle tu m'es rentrée dedans ! » Ce garçon me fait rire, et ce n’est pas désagréable en cette longue journée passée à l’hôpital. Si seulement chacune de mes visites pouvait se passer aussi bien, j’irai plus volontiers ! « Contrairement aux idées reçues les handicapés ne détestent pas toujours ceux qui savent marcher ! Enfin j’dois admettre que j’aime bien les humilier de temps en temps en leur montrant que le fauteuil ça a ses avantages aussi. » J’avale mon second kinder en quelques secondes, roule le papier entre mes mains et le jette dans la poubelle. Panier ! J’aurais été une basketteuse géniale sans doute. « D’ailleurs, puisque tu n’es pas attendu.. » Mon regard, où brille une lueur de malice, s’est arrêté sur un fauteuil abandonné à l’entrée d’une chambre puis vagabonde jusqu’aux yeux de Lucas. C’est un défi que je lui lance, mais pas sûre qu’il soit le genre de gars à s’amuser dans de telles circonstances. Rien ne coûte d’essayer ! « Celui qui arrive le plus vite à l’accueil. Si j’gagne, tu m’donnes ton numéro de téléphone. Si tu gagnes, c’est moi qui t’donne le mien ! » « Pour le coup, c'est moi qui pars nettement désavantagé ! » Cela fait maintenant un an que je roule dans ce fauteuil et j’en ai acquis une certaine maîtrise, contrairement à lui. « En plus tu te plains, mais être assise toute la journée, c'est nettement moins fatiguant. » Là-dessus, il n’a pas tort. Sauf que je suis une jeune fille dynamique et énergique, et je ressens le besoin de bouger sans arrêt. « Un deux... trois... GO ! » Enfin, il lance la course. Dans un élan incroyable, je démarre au quart de tour et ne tarde pas à le distancer. Malheureusement pour lui, cela fait trop longtemps que je m’entraîne à ça pour lui laisser la moindre chance de gagner et c’est dans cette optique que je passe entre les infirmières et parfois même bouscule quelques patients, non sans être correctement réprimandées mais je n’y porte aucune attention, trop concentrée sur ma course. « C'est trop difficile je vais perdre » Bientôt, j’arrive à quelques mètres de l’accueil et jette un œil derrière moi, il est encore loin. Mes bras endoloris parviennent à me pousser jusqu’à la victoire et je m’arrête devant l’accueil en manquant de me planter la tête la première dans le comptoir. Essoufflée, j’entends mon adversaire qui me suit de près. « Alors ? Pas si simple hein ! Enfin t’façon j’suis imbattable à c’jeu-là. Du coup tu m’dois un numéro d’téléphone. Mais bon, si tu veux pas m’le donner, je prends aussi les chèques, le cash mais pas les cartes bleues par contre. » J’affiche un sourire vainqueur et lui serre la main en guise de respect pour lui. Mais bientôt, une infirmière un peu trop zélée vient jusqu’à nous et me regarde d’un air sévère. « Mademoiselle Serrano, nous sommes dans un hôpital ici, pas sur une piste de karting ! Monsieur, j’vous prierai de ne pas l’encourager, elle dérange les patients qui ont besoin de calme. » Je grimace et secoue la tête. Pourquoi faut-il toujours qu’un rabat-joie vienne m’interrompre ? Le fait que l’infirmière connaisse déjà mon nom est mauvais signe. Celle-ci nous lance un regard désapprobateur et tourne les talons, mais j’éclate de rire tant je trouve la situation cocasse. « Désolée ! Tu devrais pas traîner avec moi, je suis un élément perturbateur. » « Pas besoin de t'excuser, je me fiche pas mal de ce que cette infirmière mal lunée dit en réalité... » La réponse de mon interlocuteur me surprend un peu mais j’en suis flattée, mon caractère a tendance à en effrayer plus d’un et je ne saurais expliquer pourquoi mais je suis heureuse de constater qu’il ne prenne pas peur. « Ca m’rassure ! Si j’te fais pas peur ça veut sûrement dire que t’es aussi dingue que moi. Bon du coup.. » Je sors mon téléphone et tape son nom dans mes contacts avant de le lui tendre afin qu’il enregistre son numéro, même si je ne suis pas certaine d’avoir le courage de le rappeler. Je n’ai jamais été une grande timide mais il m’arrive d’être nerveuse avec certains garçons. « Le prochain coup que j’ai un rendez-vous ici, je t’appelle et tu viendras me tenir compagnie ? » Il me rend mon portable que je range dans la poche de ma veste. « D'accord, deal alors. Tu as le droit de m'appeler d'ailleurs, évidemment... » Depuis que je suis en fauteuil, je ne suis jamais sortie avec un garçon. Jamais de vrai rencard, parce que la plupart fuient en voyant les roues qui m’accompagnent au quotidien. Lucas a l’air de vouloir que je l’appelle et j’avoue ne pas comprendre pour quelle raison.

« C’est marrant, d’habitude les mecs ne regardent même pas les filles en fauteuil. Tu es donc vraiment fou. Mais ça m’plaît ! » Je dis ça sur le ton de la plaisanterie, car je n’ai pas suffisamment de cran pour assumer pleinement ce que je pense dans ces cas-là. « Une fille est une fille, assise ou debout...» Sa réplique me fait largement sourire, parce qu’il est bien rare de tomber sur des hommes qui ont la même façon de penser. « Pas de quoi en faire un drame.» A ces mots je ne peux m’empêcher de répliquer d’une manière peut-être un peu déplacée. « Disons qu’ça peut sembler compliqué pour certaines.. Activités. » Mais chassez le naturel et il revient au galop, c’est pourquoi j’en rajoute un peu. « Pourtant comme tu disais, on se fatigue beaucoup moins à être assise toute la journée, du coup la nuit on est d’autant plus énergiques ! » Je ramène mes cheveux roux en arrière et les noue en une queue de cheval, tout en toisant la réaction de mon interlocuteur avec un sourire amusé. Il pose ses mains sur les accoudoirs de mon fauteuil et, déstabilisée par le regard qu'il plante dans le mien avec un aplomb impressionnant, je n'ai pas le courage de détourner la tête. « Est-ce que tu essayes de me faire une proposition indécente alors qu'on se connait depuis deux heures ?» J'aurai aimé contrôler ma réaction mais je ne peux empêcher un sourire timide de s'installer sur mon visage, accentué par la couleur rose que mes joues prennent presque instantanément. Je me penche doucement vers lui en ne quittant pas son regard. « J'pourrai oui. Après tout, on vient de faire une course de fauteuil roulant dans un couloir plein de gens qui vont mourir, tu vois bien que la décence c'est pas mon truc. » Puis je me renfonce dans mon siège sans jamais baisser les yeux. « Effectivement, à bien y réfléchir, ça me parait plus si indécent que ça...» J'essaie de me détendre comme je peux afin de reprendre un peu d'assurance mais visiblement je ne cesse pas de rougir, ce qui devient franchement gênant. « Mais tu sais pas dans quoi tu t'embarques...» J'hausse un sourcil, un peu surprise de cette mise en garde mais décide de la prendre à la rigolade comme bien souvent même s'il me semble qu'il ne plaisante pas tant que ça. « Devrai-je me méfier ? Je te rappelle que je peux te rouler dessus quand je veux, ce serait plutôt à toi de faire attention ! » Puis, me sentant légèrement plus à l'aise, je pose une main sur son genou en souriant doucement. « J'dois donc en conclure que ce genre de proposition ne te déplairait pas ? » J'ai du mal à donner une explication à mon comportement. Moi qui suis d'habitude si franche et directe, je me trouve à faire des ronds de jambe à un inconnu que je ne reverrai sans doute jamais. Je me sens ridicule rien qu'à songer à l'image qu'il doit avoir de moi. « J'ai eu des propositions bien moins intéressantes,crois-moi.» Sa phrase m'arrache un rire. Je ne doute pas de la véracité de ses propos, c'est un jeune homme particulièrement séduisant qui a dû essuyer un certain nombre d'offres pour le moins désagréables. « Tu es une femme attirante, je ne vois pas pourquoi ça me déplairait...» Je retire ma main de son genou et la repose sur le mien en baissant légèrement les yeux. « Je n'sais pas, tu pourrais être gay. Ou marié, ou eunuque. Si c'est le cas tu peux m'le dire, j'essaierai de ne pas trop me moquer. » dis-je d'un sourire malicieux en penchant légèrement la tête sur le côté. Mes doigts vont machinalement jouer avec une mèche qui tombe sur mon visage et je la coince derrière mon oreille. « De toute façon, cette conversation n'a pas de suite. On est dans un hôpital, alors certes il y a des chambres un peu partout mais je suis pas sûre que ce soit vu d'un très bon oeil. » Je soupire légèrement en constatant que ce n'est pas encore aujourd'hui que je me débarrasserai du manque évident qui s'est installé depuis l'apparition de ce fauteuil. « Et alors, tu n'es pas éternellement enfermée ici, si ?» Presque immédiatement, il me fait retrouver le sourire et j'acquiesce, forcée de reconnaître qu'il a raison. « Je peux aussi t'emmener manger un hamburger, parce que je suis un vrai gentleman.» Le mot hamburger fait voleter des étoiles dans mes yeux, car même si cela ne se voit pas, je suis une grande gourmande de toutes ces nourritures mauvaises pour la santé. « Tu peux m'appeler, en tout cas, c'est ce que je voulais dire.» « Si j'ai droit au hamburger alors j't'appellerai avec grand plaisir ! » et alors que je me penche pour déposer un baiser sur sa joue, je suis interrompue par mon infirmière, à croire qu'elle me suit partout. Je me redresse aussitôt et lui adresse un sourire faux. « Mademoiselle Serrano, le médecin va vous recevoir. Vous me suivez ? » « J'ai le choix ? » « Vous devriez venir en tout cas, il y a du nouveau. » me dit-elle d'un air grave. Je soupire en jetant un regard désespéré à Lucas. « J'arrive tout de suite. » Puis elle repart sans un mot. « Bon.. Il semble que le devoir m'appelle ! » Je n'ai aucune envie de suivre cette infirmière, d'autant que son visage n'annonce rien de bon mais la curiosité l'emporte et je me résigne à quitter le jeune homme. « Bon courage, alors, j'espère que ça ira. Je reste encore quelques heures dans les parages si... besoin.» Ses lèvres se posent sur ma joue, et ce contact électrique me fait rougir à nouveau et je prend la direction du bureau que l'on m'avait indiqué un peu plus tôt en gardant bien en tête la proposition de Lucas, qui s'avère finalement des plus intéressantes.


Dernière édition par N. Alexandra Serrano le Sam 5 Jan - 2:16, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: how about a wheelchair racing ? ☼ lucas   Sam 15 Déc - 23:40

Les couloirs de l'hôpital, que je ne fréquente que trop souvent. J'ai apporté des fleurs, comme d'habitude, même si elles ne servent plus à rien depuis longtemps. L'idée commence à se frayer un chemin dans mon esprit et ça me rend honteux d'imaginer que ma soeur est peut être bien morte et qu'il est peut être temps de la laisser partir. Megan refuse de me donner son avis sur la question et j'ai déjà eu celui de ma mère, rien de bien nouveau à l'horizon finalement. Je tremble un peu en commandant un café brûlant que j'avale presque automatiquement, me demandant, comme toujours quand j'entre dans ce fichu hôpital, pourquoi ma vie est-elle partie autant en vrille à un moment où tout semblait pourtant s'apaiser. Si Jen n'avait pas eu d'accident, j'aurais quitté le domicile familial, je serai passé la voir régulièrement, j'aurais détesté mon beau-père comme tout fils normal et quoi ? Je n'aurais peut être jamais rencontré Lia. Le raisonnement fait des boucles dans mon cerveau fatigué, tout le mauvais apporte aussi du bon. J'inspire et m'aperçois que je suis planté devant la porte de la chambre quand je ressens un étrange - et un peu douloureux - impact au niveau de mes molets. Je me mords la lèvre et manque de laisser échapper un grognement de douleur, me tournant vers une jeune femme dans un fauteuil roulant qui s'excuse aussitôt. « Oh pardon ! Désolée, les freins du véhicule sont pas encore tout à fait au point ! » J'acquiesce et me mords l'intérieur de la joue, puis inspire calmement. « Ce n'est rien, ça va... » Je pose les fleurs sur un petit meuble et me penche pour me masser un peu. « Ca doit pas être facile de contrôler ça... » je lance dans une tentative de sourire décrispée. « Tu crois pas si bien dire. Mais bon, quand j’rentre pas dans des inconnus j’m’en sors plutôt pas mal. J’ai la chance d’avoir un fauteuil de compétition, et des heures d’entraînement à Mario Kart. » Je la fixe un instant puis ris un peu en hochant la tête, me redressant, amusé. C'est une belle façon de voir les choses. « J’pourrai p’tet t’offrir un truc à grignoter ou à boire, pour me faire pardonner de t’avoir presque amputé d’une jambe. J’ai repéré deux ou trois distributeurs qui rendent le double de monnaie, c’est rentable ! » J'hausse un sourcil et regarde les fleurs et le café largement refroidi que je tiens à la main. « J'ai pas déjeuner, alors, pourquoi ?» J'acquiesce lentement et abandonne le gobelet dans une poubelle. « Je suis pas très attendu de toute façon », je lance, dans une tentative pour faire de l'humour moi même. « Les machines à sous, dans quelle direction alors ? »

« Par contre essaie de pas lambiner, j’ai du mal à prendre le rythme de vous autres valides. Si tu n’veux pas que j’te sème et que je mange ton déjeuner toute seule, t’as intérêt à marcher vite ! » J'hausse un sourcil sceptique et presse donc le pas, la laissant prendre le chemin adapté que je ne connais pas. « Bon par contre.. J’te conseille pas leurs sandwichs tout emballés là, tu risquerais d’attraper une grippe intestinale avec ça. Remarque t’es au bon endroit. Tu veux quoi ? » J'hausse une épaule. « Leurs chips là, ça ira très bien... » Je ricane un peu et acquiesce. « On dirait que tu passes beaucoup de temps ici, je me trompe ? » Je la fixe un peu, trop curieux sans doute. « Dans les hôpitaux ouais. Celui-là j’le connais pas encore très bien. J’suis plus ou moins nouvelle en ville. Enfin même dans c’pays. J’suis française, mais bon les hôpitaux anglais ressemblent aux nôtres, en tout cas la bouffe y est tout aussi dégueulasse. Et toi, tu viens souvent ici ?[/color] » J'acquiesce pour la première partie de sa phrase et fronce un peu le nez. « Oh j'ai toujours rêvé de visiter la France, ma mère aimait beaucoup aussi, à l'époque... » J'inspire et avale une chips en grimaçant. « Ma soeur est ici depuis quelques années. Cet hôpital est pas si terrible qu'on pourrait le croire, tu verras... » Je souris légèrement pour lui donner un peu d'espoir si tant est que ce soit possible. « Elle est dans le coma. Je peux te demander ce qu'il t'est arrivé, ou je m'abstiens ? » Elle pousse un léger soupir et semble presque gênée par la teneur de sa question. Pas de quoi, pourtant. Ce n'est pas comme si je ne m'étais pas fait à l'idée depuis que les choses sont ainsi. Les premières semaines, les premiers mois, peut être même les premières années ont été difficiles et je l'accorde volontiers. Mais le temps qui passe vous apprend à vivre avec les aléas de la vie et maintenant, raconter est devenu moins pénible. Oublier le sera, laisser aller aussi, sans aucun doute. « Désolée. J’suis trop curieuse des fois. Il m’est arrivé.. Une opération bénigne pratiquée par un mauvais chirurgien. Y a deux ans, j’me suis fait opérée pour quelque chose de très simple mais le chirurgien était incompétent et m’a loupée ; depuis j’suis en fauteuil. Du coup j’passe régulièrement par la case examens, au cas où un miracle se soit produit dans la nuit. » Je grimace à mon tour et écarquille les yeux. « C'est pas de chance... J'espère que ton miracle arrivera.. » Je ne crois pas vraiment en ces choses là mais j'ai appris qu'on était parfois forcé de le faire pour ne pas sombrer.

« Peut-être un jour qui sait ! En attendant je profite quand même, tout le monde a pas la chance de pouvoir rouler sur ceux qu’on n’aime pas et d’être pardonné instantanément parce qu’on est handicapé ! » Je ris un peu mais elle n'a pas l'air d'y croire tellement, plutôt d'être résignée dans le sens inverse. Je pousse un léger soupir de nouveau et souris lorsqu'elle se présente : « Enfin.. Toi c’était un accident hein, j’le jure. Au fait, moi c’est Alex. » Je lui tends ma main alors qu'elle me propose la sienne et hoche doucement la tête. « Lucas, enchanté... et ravi de savoir que donc tu ne me détestes pas et que ce n'est pas la raison pour laquelle tu m'es rentrée dedans ! » Je m'amuse un peu et avale une autre chips que mon ventre réclame clairement. « Contrairement aux idées reçues les handicapés ne détestent pas toujours ceux qui savent marcher ! Enfin j’dois admettre que j’aime bien les humilier de temps en temps en leur montrant que le fauteuil ça a ses avantages aussi. » Je souris un peu et hoche la tête. Ca doit être difficile d'arriver à un tel raisonnement par la force de la pensée, je ne peux m'en montrer que plus admiratif. « D’ailleurs, puisque tu n’es pas attendu.. » Son regard brille étrangement et elle passe de moi à un fauteuil abandonné. Je me demande si... « Celui qui arrive le plus vite à l’accueil. Si j’gagne, tu m’donnes ton numéro de téléphone. Si tu gagnes, c’est moi qui t’donne le mien ! » Apparemment oui. Je ricane un peu et jette l'emballage de mes chips dans la poubelle - bien moins classieusement qu'elle. « Pour le coup, c'est moi qui pars nettement désavantagé ! » Je ris un peu et m'empare du fauteuil laissé là, m'installant dedans à la hâte. « En plus tu te plains, mais être assise toute la journée, c'est nettement moins fatiguant. » Je lui assène un clin d'oeil et me place au même niveau qu'elle. « Un deux... trois... GO ! » Je me lance dans la course et lutte contre les roues qui y mettent de la mauvaise volonté. Je suis très évidemment bien rapidement devancé, et l'exercice s'éprouve bien plus fatiguant que je ne l'aurais imaginé. « C'est trop difficile je vais perdre » Je contourne tant bien que mal une femme offusquée qui me regarde avec un air désespéré. Dernière ligne droite, l'accueil apparaît, mais j'ai déjà perdu.

« Alors ? Pas si simple hein ! Enfin t’façon j’suis imbattable à c’jeu-là. Du coup tu m’dois un numéro d’téléphone. Mais bon, si tu veux pas m’le donner, je prends aussi les chèques, le cash mais pas les cartes bleues par contre. » Je ricane un peu et m'apprête à lui donner mon numéro de téléphone, mais nous sommes interrompus par une infirmière aux airs courroucés qui s'approche à grands pas. « Mademoiselle Serrano, nous sommes dans un hôpital ici, pas sur une piste de karting ! Monsieur, j’vous prierai de ne pas l’encourager, elle dérange les patients qui ont besoin de calme. » Je la fixe et roule des yeux, masquant mon exaspération pour ne pas déclencher un conflit mondial. « Désolée ! Tu devrais pas traîner avec moi, je suis un élément perturbateur. » Je secoue la tête et hausse une épaule en riant un peu. « Pas besoin de t'excuser, je me fiche pas mal de ce que cette infirmière mal lunée dit en réalité... » Elle semble surprise et l'espace d'un instant, ça me fait rire. « Ca m’rassure ! Si j’te fais pas peur ça veut sûrement dire que t’es aussi dingue que moi. Bon du coup.. » Je me montre du doigt, dingue moi ? non ! et ris de plus belle, ne retrouvant mon sérieux que lorsqu'elle me tend son téléphone où une page de création de contact est ouverte. « Le prochain coup que j’ai un rendez-vous ici, je t’appelle et tu viendras me tenir compagnie ? » Je tape mon numéro et enregistre, hochant lentement la tête en signe d'acquiescement. « D'accord, deal alors. Tu as le droit de m'appeler d'ailleurs, évidemment... » Je lui fais un clin d'oeil amusé et m'étire.

Elle semble surprise de ce que je lui dis et réplique bien rapidement : « C’est marrant, d’habitude les mecs ne regardent même pas les filles en fauteuil. Tu es donc vraiment fou. Mais ça m’plaît ! » Je ris un peu et hausse une épaule. « Une fille est une fille, assise ou debout...» Je secoue la tête et fourre mes mains dans mes poches.« Pas de quoi en faire un drame.» Je souris, amusé et inspire. « Disons qu’ça peut sembler compliqué pour certaines.. Activités. » Je vois. J'hausse un sourcil, elle a sans doute piqué ma curiosité. « Pourtant comme tu disais, on se fatigue beaucoup moins à être assise toute la journée, du coup la nuit on est d’autant plus énergiques ! » Je souris un peu et pose mes mains sur les accoudoirs de son fauteuil, plutôt détendu. « Est-ce que tu essayes de me faire une proposition indécente alors qu'on se connait depuis deux heures ?» Je plante mon regard dans le sien, amusé, et inspire. J'ai l'habitude de jouer à la drague, non pas que je sois irrespectueux ou irréfléchi, mais les rencontres me connaissent relativement bien. C'est pour le reste que je suis moins doué. Elle ne baisse pas les yeux mais s'arme d'un sourire nettement moins assuré et ses joues rosissent légèrement. « J'pourrai oui. Après tout, on vient de faire une course de fauteuil roulant dans un couloir plein de gens qui vont mourir, tu vois bien que la décence c'est pas mon truc. » Elle s'est approchée un peu parlant, et s'enfonce de nouveau dans son siège aussitôt après. « Effectivement, à bien y réfléchir, ça me parait plus si indécent que ça...» Je soupire un peu et hausse une épaule. « Mais tu sais pas dans quoi tu t'embarques...» Je lui fais un clin d'oeil un peu amusé et hausse un sourcil sans bouger. « Devrai-je me méfier ? Je te rappelle que je peux te rouler dessus quand je veux, ce serait plutôt à toi de faire attention ! » Je ris légèrement mais garde quand même très largement mon sérieux. Je ne suis pas un psychopathe dangereux, pas grand risque de ce côté là, mais les choses sont plus compliquées qu'elles n'y paraissent. « J'dois donc en conclure que ce genre de proposition ne te déplairait pas ? » Je souris un peu plus cette fois, presque attendri par la tournure de la phrase - on m'a rarement fait ce "genre de propositions" avec autant de tact je crois. « J'ai eu des propositions bien moins intéressantes,crois-moi.» Je lui fais un clin d'oeil et inspire. « Tu es une femme attirante, je ne vois pas pourquoi ça me déplairait...»

Elle retire sa main qu'elle avait glissée sur mon genou et je souris de plus belle. « Je n'sais pas, tu pourrais être gay. Ou marié, ou eunuque. Si c'est le cas tu peux m'le dire, j'essaierai de ne pas trop me moquer. » Je ris cette fois de nouveau, franchement amusé par la tournure des choses et aussi assez impressionné parce qu'elle ne se démonte pas. « De toute façon, cette conversation n'a pas de suite. On est dans un hôpital, alors certes il y a des chambres un peu partout mais je suis pas sûre que ce soit vu d'un très bon oeil. » Je me redresse, lâche le fauteuil et hausse les épaules. « Et alors, tu n'es pas éternellement enfermée ici, si ?» Je glisse une main dans mes cheveux sans me départir de mon sourire. « Je peux aussi t'emmener manger un hamburger, parce que je suis un vrai gentleman.» Je ricane un peu malgré moi, évidemment l'humour est de retour.« Tu peux m'appeler, en tout cas, c'est ce que je voulais dire.» Elle semble intéressée par ma proposition - la deuxième du nom - « Si j'ai droit au hamburger alors j't'appellerai avec grand plaisir ! » Elle à peine le temps d'effleurer ma joue d'un baiser que l'infirmière bougonne revient à la charge. « Mademoiselle Serrano, le médecin va vous recevoir. Vous me suivez ? » « J'ai le choix ? » « Vous devriez venir en tout cas, il y a du nouveau. » Sa tête ne donne franchement pas envie de la suivre et j'assène un regard compatissant à ma nouvelle amie, fourrant bêtement mes mains dans mes poches. « J'arrive tout de suite. Bon.. Il semble que le devoir m'appelle ! » J'acquiesce lentement, il faut moi même que j'aille voir Jen. « Bon courage, alors, j'espère que ça ira. Je reste encore quelques heures dans les parages si... besoin.» Je lui assène un clin d'oeil et dépose à mon tour un baiser sur sa joue, attendant qu'elle s'éloigne pour retourner du côté de la chambre de ma soeur.
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