business and news → Anastasia

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MessageSujet: business and news → Anastasia    Sam 8 Déc - 23:55

Bon, après tout le boulot accompli ces derniers temps, je crois que le directeur tyrannique en moi peut prendre des vacances. Et par vacances, comprenons nous bien, je n'entends pas prendre le large vers les caraïbes pour trois semaines de glande - ce que je ferai sans doute un peu plus tard dans l'année. Non, ce que j'entends par vacances, c'est lâcher les fesses des jeunes filles qui s'occupent de l'accueil, et des gens passablement ennuyeux qui peuplent le casino dès 20 heures et perdent des milliers de livres dans les machines à sous sans se remettre en question la moindre minute. Je dois m'occuper d'autres choses, d'autres gens, d'autres activités.
La mise en place d'un réseau clandestin dans les sous-sols d'un Casino ultrafréquenté d'Angleterre, et surtout de Londres, n'a rien, croyez moi, rien d'aisé. Il a fallu des semaines de réflexion et de mise en place pour parvenir à fixer tous les détails qui posaient encore des difficultés. Trouver les gens, de confiance, des personnes classes et non pas les derniers des idiots pour hanter les couloirs et être capable de fuir ou de mentir si la moindre faille venait à être repérée. Trouver des gens assez véreux, aussi, assez véreux pour nous regarder trafiquer et faire notre business sans s'en offusquer, sans vouloir fuir ou parler un peu trop à qui de droit. Je savais que je trouverai en ma fille une des rares personnes de confiance que je pouvais espérer compter dans mes effectifs. Même Colin est trop jeune et trop instable pour un tel emploi. Bien entendu, tout ça n'est que professionnel, et il ne vaudrait mieux pas que je trouve ma fille en train de s'aspirer une ligne ou de coucher pour gagner de l'argent dont elle n'a de toute évidence pas besoin - merci qui ? J'ai un profond respect pour les gens que j'emploie, mais je suis un père de mauvaise foi, comme tous les pères du monde.

J'appelle l'ascenseur et reboutonne ma veste. Les sous sols ne sont jamais ouverts avant 22h30, voire 23h parfois, quand les clients se font rares. Le monde de la drogue, comme celui de la prostitution, est un monde à part, qui vit lentement, et qui vit tard la nuit. Ce qui me laisse approximativement une bonne heure et demie au moins pour aller rendre visite aux réels acteurs du casino, ceux qui animent les sous sols, s'occupent de la sécurité et des clients, vendent la drogue et vont de nous des gens très riches et très luxueux. Je souris un peu en sortant de mon ascenseur, la première chambre du dernier étage, juste après celle de Blair qui loge ici aussi quand elle ne veut pas retourner à Londres, dans la suite Trish, est celle d'Anastasia. Anastasia est une jeune femme que j'emploie depuis quelques semaines et qui s'est rapidement fait une place et de choix ici. Réclamée par les clients, certains exigent même qu'elle les accompagne pour jouer sur les différentes tables de l'étage supérieur, ce qui fait d'elle une fille très intelligente et qui doit être très prudente. D'autant plus que sa soeur ainée, une certaine Svetlana, me colle aux basques pour que je la vire et qu'elle puisse retrouver ses droits sur sa soeur, ce que j'ai bien évidemment refusé de faire à plusieurs reprises, me gardant bien de laisser le message. Ne déconcentrer personne. Cette Svetlana semble d'ailleurs oublier que sa petite soeur si chérie soit-elle est très largement majeure et sans doute bien mieux chez moi que dans la rue. Ces filles ne sont pas là contre leur gré, et le moyen de paiement est plus que correct. Le luxe, voilà ce que j'offre. Nos clients sont toujours surveillés, tout est sécurisé. Je ne vois vraiment pas de quoi qui que ce soit se plaint, je pourrais le faire moi même si je n'avais pas un milliard de choses à faire. Coucher pour gagner sa vie, le plus vieux métier du monde mais aussi le mieux pensé.

Je frappe trois coups secs et attends que la jeune femme ouvre, en fourrant mes mains dans ma poche. J'ai apporté quelques primes de Noel avec moi, il faut bien leur donner les moyens de faire encore plus ce qu'elles veulent. Quand elle ouvre enfin la porte, je m'arme d'un sourire et zappe, comme à mon habitude, les politesses. « Je viens en paix, avec deux nouvelles éblouissantes. Tu permets? » J'entre sans demander mon reste, quelle insupportable violation de la vie privée ! Ma main glisse dans la poche intérieure de ma veste et j'en sors une enveloppe contenant quelques billets fort sympathiques « Une prime de Noel pour que tu puisses offrir des cadeaux à qui tu veux, ou à toi même aussi, meilleure option ». Je croise les bras et souris de plus belle. « Et une grande nouvelle. Le 31, personne ne travaille, mais vous êtes tous conviés à célébrer la nouvelle année avec nous pour la soirée James Bond. Qui sait, quelques rencontres d'hommes en vrai, ça ne peut pas faire de mal. Ou de femmes d'ailleurs, comme tu préfères » J'inspire et hausse une épaule.« Comment ça va, sinon ? »
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MessageSujet: Re: business and news → Anastasia    Dim 9 Déc - 11:13

L'heure était déjà tellement avancée dans la matinée quand elle avait pris l'ascenseur pour remonter se coucher que les premiers rayons du jour commençaient à faire une timide apparition. Heureusement, la soirée n'avait pas consisté à changer de bras toutes les heures, choses qu'elle redoutait toujours un peu. Un tel rythme est toujours compliqué à tenir. Mais par son naturel joyeux et sociable, la jeune femme avait réussi à élargir son métier non plus au rang d'objet sexuel mais bien de dame de compagnie à qui on pouvait aisément demander de passer par la case plus intime. Et son client de ce soir avait le chic pour oublier ce genre de détail. Soixante-dix ans, une fortune à ne plus en voir le bout, une odeur de cigare tellement forte qu'elle suffisait à soulever l'estomac de Anna dès qu'elle l'apercevait, mais un humour à toute épreuve. Et ce qu'il cherchait avec elle, ce n'était pas vraiment une soirée de charme même si elle l'avait quelque fois emmené jusqu'au sous-sol. La plupart du temps, il l'accaparait pour la soirée, l'appelant son « porte-bonheur » dès qu'ils s'agissait de lancer les dés. Elle acceptait bien sagement son rôle, ravie de passer une soirée pleine de rire. Et au moins, le vieil homme repartait toujours du casino le sourire aux lèvres même si il avait perdu une petite fortune, non seulement aux jeux mais aussi en s'offrant la compagnie d'une escort pour toute la soirée. Un sourire aux lèvres, elle attend que l'ascenseur ait fini sa course jusqu'au dernier étage où se trouvait sa suite, offrant une vue imprenable sur la ville d'Oxford qui commençait à s'éveiller alors que la jeune femme n'aspirait qu'à une chose : dormir.

Enfin, elle pousse les battants de sa suite et rapidement, se déleste de sa robe. Une robe noire, soulignant ses formes sans pour autant lui donner un air vulgaire mais dans tous les cas, l'uniforme de travail était plus que plaisant au casino. Robes de grands couturiers, chaussures à talons hors de prix, lingerie raffinée et j'en passe. Rien que dans sa suite, elle avait dû accumuler des dizaines et des dizaines d'objets qu'à une certaine époque, elle n'aurait même pas espérer pouvoir posséder un jour. Bien sûr, rien ne lui appartenait réellement puisque tout avait été un cadeau de son patron, Mr Hastings-Bass. Mais pour l'instant, elle savourait cette effervescence de biens comme un don du ciel. Nouveau sourire aux lèvres quand l'eau chaude de la douche italienne caresse sa chevelure disciplinée. Si la jeune femme n'a aucun problème avec le fait de vendre son corps à de parfaits étrangers, une soirée de calme n'est jamais de refus. Et se faire de l'argent pour jouer au casino ? C'était une des choses qu'elle appréciait dans la vie. De l'argent facile et pour une bonne cause puisqu'elle contribuait en quelque sorte au bonheur de ces hommes.

Les cheveux enroulés dans une serviette, long peignoir de soie blanche imprimé de motifs floraux noué autour de la taille, elle se dirige d'un pas lent, un peu fatiguée, vers la partie salon de la suite. Assez étrange de se faire loger sur son lieu de travail, encore plus d'y être considérée comme une cliente mais cette facette de l'emploi l'avait tout de suite ravi. Et puis la suite était d'une beauté sans nom. Meublée dans un style moderne, elle se séparait en quatre grandes pièces : chambre, salon, salle de bain et bien sûr un immense dressing qui débordait de vêtements, chaussures, sacs à main et accessoires. Chambre et salon ouvraient sur de grandes baies vitrées et une terrasse permettait de profiter des rayons du soleil l'été. Bref, un lieu parfait pour une vie qu'elle n'aurait pu souhaiter autre à ce moment précis. Assise dans un des fauteuils de cuir, la jeune femme glisse une cigarette entre ses lèvres, le regard perdu dans les lumières de la ville.

Elle manque de lâcher son briquet tant les coups sur la porte la surprenne. Pourtant elle n'attend personne et aucun client ne monte dans sa suite privée. Relâchant sa chevelure humide de son écrin de coton, elle se dirige vers l'entrée après avoir reposé sa première cigarette de la journée, alors autant dire que le visiteur impromptu avait intérêt à être quelqu'un d'important ! Et effectivement, il l'était. Un large sourire éclaire le visage de la jeune femme alors qu'elle ouvre la porte pour laisser passer son patron. On ne dit jamais non aux bonnes nouvelles de toute façon. Retournant prendre place sur le fauteuil de cuir, le peignoir bien noué autour d'elle -heureusement-, elle allume la cigarette avant d'attraper l'enveloppe qu'il lui tient. Il faut qu'elle se retienne de faire des bons de joie partout dans la chambre même si elle se trémousse déjà dans son siège à l'idée de la petite folie qu'elle pourra s'offrir avec ce pactole. Il y a bien cette montre chez Dior qui lui fait de l'oeil depuis trop longtemps … ou alors la robe de soirée Versace sur laquelle elle a flashé l'autre jour … Mais bon, elle a encore le temps d'y penser. Et surtout d'oublier la période des fêtes. N'ayant plus de famille qui souhaite lui adresser la parole ou en vie, Noël se fera seule. Ou pas si un client décidait que passer les fêtes de fin d'année dans sa famille, c'était trop dépassé et honnêtement, elle préférait la deuxième option. Au moins, ça lui éviterait d'avoir le cafard.

Et puis une soirée à la James Bond pour clôturer l'année 2012, voilà qui allait mettre un point final parfait à une année qui finissait pourtant bien et permettre un départ serein vers la suite de sa vie. Elle lève un sourcil à la réflexion de Bart sur sa sexualité avant de rire doucement. Les femmes non, ce n'est pas sa tasse de thé. Mais il est vrai qu'il lui est arrivé de faire des concessions pour certaines clientes. Et puis, une soirée où elle ne travaille pas lui laissera l'occasion d'approcher des hommes de la haute sans aucune intention cachée, simplement pour le plaisir de flirter. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle vendait son corps pour gagner sa vie que le sexe devait se résumer au commerce ou même le fait de charmer un homme, tout simplement. Elle expire une longue bouffée de fumée blanche avant de sourire, les pieds ramenés sous ses fesses.
« Je dirais que tout va super bien. Mr Schönberg était content de sa soirée malgré le fait qu'il a dû perdre je ne sais combien d'argent sur les tables aujourd'hui ? »
En tant que grosse fortune fréquentant ce casino, Schönberg ne passait inaperçu aux yeux de personne, et certainement pas aux yeux du patron, encore moins de Ana. Et en tant que chouchou du monsieur, c'était toujours un plaisir que de l'accueillir pour une soirée et la plupart du temps, son tarif habituel se trouvait rehausser par de somptueux cadeaux.
« Et pour vous ? La soirée n'a pas été trop compliquée ?  »
Gérer un casino pareil ne devait rien avoir de simple et puis autant faire la conversation maintenant qu'il semblait avoir pris ses aises dans sa suite.
« Je vous sers un verre ? »
Déjà la jeune femme s'était dirigée vers le mini-bar pour en tirer une des petites bouteilles de champagne dont on le remplissait quotidiennement et dont elle avait fini par raffoler.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: business and news → Anastasia    Dim 9 Déc - 16:51

La capacité de détachement de cette gamine m'impressionnera toujours. Elle est à peine plus jeune que Blair, c'est vrai, pourtant je ne peux pas m'empêcher de faire le rapprochement. Fut une époque pas si lointaine où ma fille n'était pas juste la grande insensible qui martyrise les hommes plus qu'elle ne se laisse martyrisée, et je suis toujours impressionné de voir comment une femme, mieux qu'un homme sans doute, s'érige une carapace pour éviter de voir les problèmes en face, en admettant seulement qu'il y en ai. Or Anastasia ne semble pas avoir le moindre problème eu égard à son activité professionnelle chez moi, et c'est d'autant plus surprenant que sa soeur qui est venue me voir plusieurs fois semble elle penser que la situation de la jeune femme est catastrophique. Elle me rétorque bien rapidement que tout va super bien et vient le moment de faire le bilan sur le gros client de la veille, un pourri qui ne sait pas jouer au poker ni à rien d'autre d'ailleurs, et qui vient ici perdre de l'argent - et m'en faire gagner, donc. Sans mentionner le fait qu'il soit particulièrement friand de petits sachets de poudre blanche à l'occasion, et qu'effectivement, c'est un client régulier d'Anastasia dont il apprécie particulièrement la compagnie. Quand il quitte le Casino, en général sur les coups des 2/3 heures du matin, heure à laquelle sa femme arrête de croire qu'il est toujours en train de travailler sur le rachat d'une société commerciale de Londres, il passe toujours me voir pour me remercier de mon accueil. Il vient ici environ une ou deux fois par semaine, pose les mêmes exigences : il veut être servi comme un Roi, en échange de tout l'argent qu'il perd. Ca tombe bien, c'est relativement en accord avec la politique de la maison. Il a bien essayé de faire copain-copain deux ou trois fois, et malgré le fait que ce soit un homme en apparence très bien, je me refuse à avoir une conversation banale avec un des clients que je ne connais pas. Je ne suis pas là pour me faire des amis, les amis ont toujours des exigences bien particulières, des réductions, des jetons gratuits et autres extravagances insupportables qu'on peine à réfréner.

« Très bonne soirée oui, il a dit qu'il n'attendrait pas aussi longtemps que la dernière fois pour revenir cette fois » Je ricane un peu, si sa pauvre femme savait. Il faut dire que Madame est particulièrement désagréable à regarder, surtout comparée à une jeune beauté russe comme Anastasia qui en plus doit être nettement plus réactive dans l'enceinte de la chambre. Je ris un peu à l'idée et inspire. « Et oui en effet, il a perdu pas mal mais je ne vais pas m'en plaindre, tout ce qu'il perd est ça en plus de gagné pour les gens qui eux, savent jouer ». J'hausse une épaule amusée. Les gens riches comme ce Shönberg, sont persuadés que leur argent et leurs comptes en banque mirobolant leur donne un don particulier pour toutes les pratiques de riches - le casino, le poker, les soirées de luxe, le golf, l'achat d'un yacht ou d'un hôtel particulier en France où ils ne vont jamais - alors qu'en fait ces pratiques là ne leur servent qu'à perdre inutilement leur argent, pour éviter qu'il ne dorme trop longtemps sur des comptes off-shore basés en Suisse. Ce qui du reste est totalement idiot, mais en même temps, on apprend de ses erreurs et de ses échecs, il est donc plutôt logique qu'ils s'y mettent un jour. On ne peut pas tous être naturellement doués pour le maniement d'argent, c'est triste, mais aussi très satisfaisant. Heureusement pour ce Shönberg que le ridicule ne tue pas sans quoi il serait possiblement déjà mort, non ?

« Blair veille au grain et plus on avance dans le temps, plus la gestion des soirées est simplifiée par la connaissance de la gestion. Donc non, ça va, même si c'est légèrement stressant, j'ai quand même réussi à gagner un peu à la table de Black Jack » Je lui fais un clin d'oeil amusé et hausse une épaule. « Un verre oui, pourquoi pas ? » Je souris et m'assois sur un fauteuil qui traine là, dans l'entrée histoire de ne pas non plus m'incruster et m'installer dans sa suite - je reste le patron, pas le harceleur psychopathe. « Tu fais vraiment de l'excellent boulot, donc ne pense pas une seule seconde que ce que je vais te dire remet en cause ta place ici... » Oui je sais, ne pas trahir la grande soeur, mais j'ai déjà changé d'avis. « J'ai rencontré ta soeur, hm... Svetlana ? » Je grimace un peu et avale une gorgée de la coupe qu'elle m'a donné. « Une sacré sainte nitouche si tu veux mon avis. Quoi qu'il en soit je l'ai priée de ne pas te déconcentrer en considérations psychodramatiques diverses et je l'ai congédiée, et je n'ai absolument pas l'intention de me mêler de vos histoires de famille... Quoi que si elles contiennent des ragots, pourquoi pas ! » Je ricane et secoue la tête : « Je plaisante. Bref, je disais donc, elle est venue ici, elle te cherche, elle voulait que je te licencie mais j'ai dit non ». Je croise les bras et termine ma coupe.
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MessageSujet: Re: business and news → Anastasia    Dim 16 Déc - 1:10

La jeune femme sourit discrètement. Il était sûr qu'une soirée « compliquée » était bien différente de l'un à l'autre. Si elle n'avait jamais affaire aux problèmes de gestion d'un casino, elle n'avait jamais eu le plaisir de considérer que son plus gros soucis consistait à compter ses jetons en quittant une table de jeu. Il était plutôt de l'ordre de continuer à jouer une parfaite comédie et d'en tirer le meilleur profit. Pas si éloigné du poker au final et il se pourrait bien que si elle décide de s'y mettre, la demoiselle devienne rapidement une experte en bluff. Et puis avec une fille comme Blair, il n'y avait aucun doute sur le fait que papa n'avait plus grand chose de l'ordre de l'administratif pour s'inquiéter. Cette femme l'avait toujours impressionné, sûrement parce qu'elle avait une façon de prendre Ana de haut qui était particulièrement déplaisante, comme si une fille de sa condition n'avait pas à s'abaisser à adresser la parole à une employée de son père, encore moins une prostituée. Mais après tout, peut-être que la tête de Ana ne lui revenait tout simplement pas. Dans tous les cas, cela faisait longtemps qu'elle avait jeté l'éponge quant à l'espoir totalement infondé qu'elles puissent un jour devenir de bonnes amies ….

Lentement elle se lève avant de verser le champagne dans les flûtes mises à disposition dans la suite. L'aliment de base depuis qu'elle travaille ici et que l'appétit ne fait plus vraiment partie de son quotidien. De toute façon, il fallait qu'elle entretienne une ligne parfaite alors réduire les quantités de sa gourmandise compulsive n'était pas vraiment un mal. Même si c'était à coup de coupe de champagne – et qu'au final, ce n'était pas tellement moins calorique que de craquer pour un carreau de chocolat. Revenant à son siège, elle croise les jambes, rabattant l'étoffe de soie sur ses cuisses. Ana avait beau n'avoir aucun problème à se donner aux hommes, sans aucun état d'âme, dans sa suite, elle n'était pas la prostituée mais la femme. Alors autant garder un minimum de décence. Ses sourcils se froncent suite au discours de son employeur, ne comprenant pas très bien où il pourrait en venir. Pourtant il ne lui semblait pas avoir eu vent d'un événement particulier dont il aurait fallu la mettre au courant. Un nœud se forme immédiatement dans sa gorge alors que ses yeux fixent Bart. Entre surprise et mélancolie, il était difficile de distinguer ce qui l'animait à cet instant précis. Qu'est-ce que Svet viendrait faire ici ? Il lui avait semblé pourtant très clair qu'elle ne souhaitait plus être associée à sa petite sœur après l'enterrement de leur mère. Elle s'en souvenait parfaitement. Pendant la cérémonie, elles n'avaient pas échangé un mot, ce qui pouvait être compréhensible au vu des circonstances mais à la fin, elles s'étaient contentées de partir chacune de leur côté, sans plus jamais donner de nouvelles. Alors qu'est-ce qu'elle pouvait bien chercher à présent ? La chercher ? La faire licencier ? Qu'est-ce qu'elle avait en tête ? Si Svetlana avait réellement voulu la « sortir de là », elle aurait pu s'y prendre bien plus tôt, quand Ana offrait déjà ses charmes en échange de cadeaux coûteux. Il n'y avait plus rien à sauver et surtout personne qui souhaitait être secouru.

Pendant ce qui lui semble un long moment, elle boit à petite gorgée le verre de champagne, la cigarette se consumant entre ses longs doigts fins sans qu'elle n'aspire une seule bouffée. Puis se rendant compte de son absence, elle revient à elle et adresse un léger sourire à son employeur.
« Non pas de ragot. Et pas grand chose d'intéressant à raconter. »
Mais la colère avait déjà cédé la place à l'incompréhension dans les entrailles d'Ana. Pourquoi maintenant et pourquoi vouloir tenter de détruire la stabilité qu'elle avait eu tant de mal à trouver ? Ici, non seulement elle était en sécurité mais elle avait tout ce qu'elle souhaitait. De l'argent, des vêtements de luxe, l'accès à une suite prestigieuse, un jacuzzi dans sa salle de bain. Bien sûr me direz-vous, une famille ne s'achète pas avec de l'argent. Mais même avant de s'engager dans le réseau de Bart, ce concept était trop abstrait pour Ana. Un père absent, une mère morte et une sœur qui déserte. Ce terme n'avait aucun sens, voilà tout ce qu'il y avait à dire. Finissant sa coupe et écrasant le mégot de sa cigarette entièrement brûlée à présent, elle se reprend en agitant ses cheveux encore humides. Pas question de s'étendre sur le sujet douloureux qu'était sa sœur, encore moins de lui expliquer les raisons qui lui font éviter de poser des questions. Parce qu'après tout, elle serait bien en droit de demander ce que sa sœur a pu dire d'autres, ne serait-ce que si elle avait un message pour elle … Mais au vu de leur relation, la jeune femme avait préféré laisser l'information coulé et ne pas relevé. Affronter les problèmes de face n'avait jamais été sa grande spécialité.

Tentant de trouver une transition à cette parenthèse gênante, elle refait glisser l'enveloppe de la prime de Noël entre ses doigts avant de sourire malicieusement à Bart.
« Vous allez fêter Noël en famille ? Enfin … désolée, c'était totalement indiscret, ça ne me regarde pas. »
Un léger rire lui échappe. Oui pour le coup, ce n'est pas vraiment une question que l'on pose à son patron, encore moins quand il vient de vous parler d'un élément qui pourrait chambouler votre vie telle que vous la connaissez aujourd'hui.
« Et sinon, vous apportez en personne leur prime de Noël à tous les employés de ce casino ou j'ai le droit à un traitement de faveur ? »
Si le regard se veut séducteur, il est avant tout provocateur. Loin d'elle l'idée de pousser au vice son patron mais tous les moyens sont bons pour faire oublier le désagréable passage concernant Svetlana.
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