We own the night.

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MessageSujet: We own the night.   Lun 3 Déc - 23:47

Il venait d'être minuit au Claridge's. Lauren était en train de se rhabiller, elle enfilait tranquillement sa robe et ses chaussures. A côté d'elle, couvert par les draps qui avaient manifestement un peu souffert de quelques ébats torrides, était allongée sa dernière conquête, le chef opérateur du film qu'elle était en train de tourner. Cela n'avait pas été très difficile de l'attirer dans son lit. L'appartement de Lauren étant en travaux, elle créchait donc au Claridge's et y amenait ses divers coups d'un soir. Elle était assez détestable avec la gente masculine, d'ailleurs. Jamais elle ne rappelait ses conquêtes, à quelques exceptions près. Si les hommes sont des goujats, alors Lauren est aussi un sacré spécimen. Elle jeta un bref coup d'oeil vers le lit et le chef op, mais ne s'y attarda pas. La sentimentalité ? Pas son genre. Dans son manque de tact habituel, elle dit :
« Euh...tu comptes dormir là ? Je descends, et quand je remontre, j'espère que tu ne seras plus là. C'est pas l'auberge de jeunesse ici. » Elle ne daigna même plus poser son regard sur lui, tant elle le considérait à présent comme parfaitement inutile. Lauren avait tendance à considérer les hommes comme des objets sexuels, uniquement faits pour assouvir sa nymphomanie. Enfin, c'était bien plus compliqué que cela, évidemment, mais l'heure n'est pas à la psychanalyse.

Elle sortit de sa chambre, un peu énervée par ce mec collant. Il ne voulait pas non plus manger le petit déj avec elle, non plus ? Lauren descendit au bar de l'hôtel, elle avait besoin d'un bon breuvage pour affronter les autres réjouissances de la nuit. Oui, car elle avait prévu, vers deux heures du matin, de retrouver un autre membre de l'équipe de tournage, qui finissait très tard le travail, elle lui avait carrément donné un double de sa clef de chambre. On aurait presque pu, à ce niveau là, la traiter de péripatéticienne. "Mais Lauren Griffin est tellement plus que cela", vous aurait-elle répondu. Oui, elle parle à la troisième personne du singulier.

Une fois arrivée au bar, elle s'assit et commanda un dry martini, sa boisson de prédilection. Elle porta le verre à ses lèvres, quand elle vit Georgia Bowmann, probablement la fille la plus chaste qu'elle connaisse - il faut dire que Lauren fréquentait une majorité de filles totalement dévergondées comme elle. Un petit sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Elle appela Georgia, sans gêne, très fort, se moquant totalement de ceux qui l'entouraient. C'est simple, dès que Lauren entrait dans une pièce, elle était sûre d'en être la reine, et de pouvoir manipuler tous ceux qui s'y trouvaient à sa guise. Cela faisait plusieurs fois qu'elle voyait Georgia. A chaque fois, elle avait envie de la secouer violemment et de lui dire que non, le prince charmant n'existait pas, l’Âme sœur non plus, et qu'il n'était pas utile d'attendre jusqu'à ses 30 ans pour pouvoir goûter aux plaisirs de la chair. Et puis Lauren aimait à se dire qu'elle pouvait être un modèle pour elle, une icône. Evidemment, elle délirait totalement. Pour l'instant, Georgia n'avait pas du tout mis en pratique les conseils ô combien foireux de Miss Griffin. Dans son orgueil, Lauren n'admettait pas qu'elle ne fût d'aucune aide à Georgia. Enfin, au fond, elle le savait. Elle s'y prenait vraiment très mal pour lui prodiguer des "conseils". Elle invita la jeune femme à s'assoir à ses côtés, et elle lui
dit : « Georgia ! Ca me fait plaisir de te revoir...» Sans même lui demander son avis, elle dit au barman : « Ce sera la même chose pour elle, s'il vous plaît. » Puis, elle se pencha légèrement vers elle, un grand sourire aux lèvres, et lui dit : « Alors, raconte moi tout. Tu en es où ? Dis moi que tu as trouvé quelqu'un qui te plaît et qui pourrait te...» Elle allait dire quelque chose d'atrocement vulgaire. Alors elle se reprit aussitôt : « Pourrait...t'offrir tout son amour. » L'ironie était palpable dans ses paroles, et la situation l'amusait déjà beaucoup. Que les conseils de Tata Lauren commencent...


Dernière édition par Lauren E. Griffin le Sam 15 Déc - 16:52, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: We own the night.   Mar 4 Déc - 23:04

Le dernier. C’était une promesse que je m’étais faite, il y a quelques jours. Ce serait le dernier rdv avant d’oublier cette partie de ma vie pour toujours. Pourtant, je le sentais, je le savais, cette promesse ne serait pas tenue. Parce que finalement, ce n’est pas si facile de se défaire des gens, de cette habitude, de cette vie. Ce n’est pas en un claquement de doigt que je peux tout faire disparaitre. Et certains clients n’aiment pas que je disparaisse, que je décide de tout arrêter tout ça parce que j’ai trouvé un meilleur boulot. L’autre jour, il y en a un qui m’a demandé pourquoi j’arrêtais, pourquoi je quittais ce monde de luxe et paillettes, pour un vulgaire job de secrétaire. J’ai ri. Je n’aurai jamais pensé le faire avant, mais là, c’est sorti tout seul. Il ne voit que le luxe et les paillettes, mais il ne voit pas mon côté de l’affaire : caché cette rentrée d’argent à une famille et des amis, demander pardon tous les soirs à Dieu de faire ça. Je vends mon temps, certes, et pas mon corps mais peu de gens savent ce que ça représente vraiment. Ce n’est pas à prendre à la légère, ce n’est pas une chose facile. Je secoue la tête pour chasser ses pensées, qui me hantent toujours. Et elles le feront pendant longtemps encore. Je n’ai même pas pris la peine de cacher à Dante, que j’avais encore des rdv. Ca n’aurait servi à rien et il l’aurait découvert tout seul. Il a beau être gentil, et encore ce n’est pas le bon mot à employer en ce qui le concerne, et m’avoir sorti de cette vie, je ne peux pas brûler mon carnet de rdv et passer à autre chose. J’ai encore quelques engagements.

Je me dirige vers le restaurant du Claridge’s, qui est presque devenu une habitude pour moi. Parfois, j’ai l’impression que certains employés me reconnaissent, ce qui me met plutôt mal à l’aise. Je n’aime pas qu’on me reconnaisse. Après on va faire des associations bizarres et le jour où se rencontrera par hasard, dans un café ou à l’anniversaire d’un ami en commun, les questions fuseront et je n’aurai aucun moyen d’y échapper. Je pousse un soupir en pénétrant dans la salle et rejoins mon client de ce soir. Je suis plutôt gâtée car il fait parti des plus sympathiques, de ceux que je pourrais regretter, ou qui pourrais me manquer. Je secoue la tête une nouvelle fois et attrape le menu. Mr Stone fait la conversation pour deux, ce qui m’arrange. Je l’écoute parler de sa nouvelle trouvaille, de la femme qu’il a rencontrée il y a quelques jours et qui lui plait énormément, de son père qui ne va pas très bien. J’acquiesce régulièrement, glissant quelques commentaires appropriés, m’intéressant plus particulièrement à cette femme, qui semble représenter un grand intérêt. J’ai l’impression de faire face à mon fils et d’être rassurée, soulagée de savoir qu’il a rencontré quelqu’un et que ça semble bien parti. Je souris à cette idée, oubliant un instant sa présence, l’endroit où je me trouve. Un jour, je le serai vraiment. La soirée touche à sa fin. Mr Stone me remercie, regrettant déjà mon départ et l’arrêt de nos petites soirées. Il me quitte pour rejoindre son appartement tandis que je me dirige vers le bar. J’ai besoin d’un verre et un seul avant de rentrer et d’essayer d’oublier, de passer à autre chose. Je relève la tête en entendant mon nom et repère Lauren Griffin. Comment suis-je arrivée à fréquenter l’une des plus grandes actrices de sa génération ? C’est la question que je me pose à chacune de nos rencontres. On n’a rien en commun et nos vis sont complètement différentes, pourtant on se rencontre souvent. Elle me fait signe et je prends place à côté d’elle. « Lauren. » Pas le temps de répondre, elle commande déjà pour moi. Je fronce les sourcils en me demandant sur quelle boisson préférée de l’actrice je vais tomber cette fois-ci. Elle attaque directement sur son sujet de prédilection, le sujet sur lequel nous ne sommes et nous ne serons jamais d’accord. « Toujours pas. » Je souris et renifle légèrement la boisson qui se trouve devant moi. Martini, pas ce que je préfère mis ça ira. « Je suis toujours la même, malgré tes nombreux conseils. » Et ses démonstrations qui me mettent mal à l’aise. Heureusement qu’elle repart avec l’homme en question à chaque fois.
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MessageSujet: Re: We own the night.   Dim 9 Déc - 14:16

Des conseils. Oui, Lauren était persuadée d'être une femme mature et terriblement expérimentée. Elle était du genre à dire aux autres ce qu'ils devaient faire, à leur asséner des petites maximes sur le sens de la vie. Bref, c'était tout simplement une belle emmerdeuse. Avec Georgia, elle se sentait investie d'une mission supérieure. Elle devait lui montrer qu'elle ne pouvait pas demeurer vierge plus longtemps. C'était totalement déplacé de sa part, de donner des conseils sur un domaine aussi intime. Mais Lauren le faisait vraiment avec gentillesse. Elle était persuadée d'aider véritablement Georgia. Et puis elle l'aimait bien, cette petite étudiante. Cela lui faisait du bien, parfois, de fréquenter de gens éloignés du show business. Elle ne l'avait jamais dit à Georgia, qu'elle appréciait sa compagnie. Lauren ne parlait jamais de ses sentiments. Et avec l'amitié, elle n'était pas très douée. Bref, dans sa terrible maladresse, elle tentait de venir en aide à celle qu’elle croyait plongée dans une grande détresse. Sur ce point là, elle n’avait foncièrement pas tort. Mais Lauren était à mille lieues de se douter que Georgia avait vécu un événement traumatique semblable à un épisode ô combien malheureux de la jeunesse de l’actrice. Elle ne pouvait pas le savoir, après tout. Leurs conversations ne tournaient, pour l’instant, qu’autour des hommes et du sexe. Lauren était donc assise à côté de la jeune femme, qui lui dit qu’elle n’avait toujours pas goûté aux plaisirs de la chair. L’actrice fit une petite moue déçue, et but une gorgée de son martini pour se consoler de ce qu’elle venait d’apprendre. Puis, elle affirma qu’elle est toujours la même. Lauren poussa un petit soupir. Aussitôt, elle finit cul-sec son verre, et ajouta : « Bon, Georgia, ce n’est plus possible. Tu ne peux pas attendre toute ta vie que le prince charmant daigne se pointer. Parce qu’il ne viendra pas. Les hommes sont - pour la plupart - tous des cons. Ils font les considérer pour ce qu'ils sont : des objets sexuels. C'est dur à dire, mais c'est aussi simple que ça, tu sais. » Elle parlait comme si elle avait une expérience immense de la vie. Sauf que Lauren était handicapée des sentiments et n’avait même jamais été amoureuse. Elle paraissait assez cynique dans ses paroles, mais au fond, elle était terriblement romantique, du genre à regarder ‘Reviens moi’ en pleurant dans son oreiller. Pour ne pas se décrédibiliser, elle préférait passer ce genre de détails sous silence.

Lauren regarda un instant Georgia avec un petit sourire. Elle trouvait cela dommage qu’une fille jolie comme ça, sympathique et tout le toutim soit toujours célibataire. C’était sa vie, bien sûr, mais Lauren avait la vilaine manie de se mêler de ce qui ne la regardait pas. Pour le coup, elle n’était pas un exemple à suivre en matière de relations amoureuses. Sur le papier, elle était l’exact opposé de Georgia : nymphomane, sexuellement libérée, voire carrément débauchée. Mais au fond, elles n’étaient peut être pas si différentes que cela. Lauren ajouta alors, d’un ton cette fois-ci compatissant et presque sympathique – oui parfois, elle était gentille : « Je ne veux pas te paraître indiscrète mais tu étais avec un client, avant de venir ? ». Cette situation semblait plutôt triste aux yeux de Lauren, mais elle avait cru comprendre que Georgia avait arrêté son activité d’escort girl. En la voyant dans cet hôtel, Lauren en avait tout naturellement déduit qu’elle avait dû reprendre ce petit "boulot'. Elle commanda un nouveau martini. Puis, elle ajouta : « Au fait, si ça te dit, si tu as envie de rencontrer du beau monde, je peux réussir à te faire inviter à l'avant première de mon prochain film. Ça te dirait ? Les acteurs sont terriblement lunatiques, mais il y a deux trois types qui ont participé au film qui pourraient te plaire. Je peux te les présenter, je suis sûre que tu les aimerais bien. Je ne pense pas que Jésus t'en voudra si tu t'intéresses à d'autres personnes que lui. » Lauren voulait jouer l'entremetteuse. Pas sûr que cela marche. Elle espérait que Georgia ne prenne pas mal sa petite blague sur Jésus. Le pire, c'est que Lauren était elle-même très croyante. Une des rares choses qui la faisait tenir. Mais personne ne le savait. Encore un autre secret bien gardé.
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MessageSujet: Re: We own the night.   Mar 18 Déc - 22:42

Lauren a toujours eu cette facilité d’attraper l’homme qu’elle voulait ou même n’importe quel homme qui se trouve dans la pièce. J’ai l’impression qu’elle peut claquer des doigts et il y en aura toujours un qui abandonnera ce qu’il fait pour la suivre dans sa chambre. C’est assez impressionnant et aussi effrayant. Et malheureusement pour moi, elle a décidé de me montrer comment ça fonctionne. Sauf que je ne veux pas savoir comment ça fonctionne. Malgré ce que j’ai pu faire pour gagner ma vie, j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas aller trop loin. C’est important pour moi. Je sais que beaucoup se moquent de moi. Ils ne cessent de me répéter que la politique et la religion n’ont rien à faire ensembles et que ce n’est pas en priant tous les soirs et en parlent à Dieu que je vais changer quelque chose dans ce pays. Pourtant, même s’ils se moquent de ma religion et de ma vie dictée par la religion mais ça m’est égal. J’ai été élevée comme ça. J’ai du vivre pendant des années avec la foi, avec le sentiment que tout irait bien malgré l’accident qui a coûté la vie de maman, malgré les difficultés éprouvées par mon père à s’occuper de moi. Que devait-il répondre, faire quand j’avais besoin d’avoir des réponses ? Je n’affirme pas que Dieu m’a répondu ou qu’il me parle régulièrement, au contraire, je sais que ça n’arrivera jamais, mais il a été bien utile quand j’en avais besoin. J’aime aller à l’Eglise pour prier, pour allumer un cierge pour maman ou quelqu’un qui en aurait besoin. Ça me plait de parler, de me confesser à un inconnu qui saura me guider et m’apporter peut-être des réponses à quelques questions. Beaucoup de gens ne le comprennent pas mais ça ne me dérange pas plus que ça. Après tout chacun fait ce qu’il veut dans la vie. Je ne les oblige pas à se convertir, ils ne m’obligent pas à ne plus avoir de foi.

Je me reconcentre sur la conversation, me demandant ce qui va me tomber dessus ce soir. Avec Lauren, je m’attends à tout. Je bois une gorgée de Martini et manque de m’étouffer. Des objets sexuels ? Je sais que le prince charmant n’existe pas. Ça fait un moment, que j’ai arrêté de croire que j’étais une princesse et qu’il arriverait sur son cheval blanc mais cette généralité sur les hommes ne devaient pas fonctionner pour certains. Je suis persuadée qu’il y en a encore qui vaillent le coup. Ce soir, j’ai été plutôt chanceuse et si on s’était connus dans d’autres circonstances, Mr Stone m’aurait bien plu. Et Lauren a du tomber sur bien des hommes peu recommandables. Elle essaie de me faire comprendre que ça ne vaut pas le coup d’attendre le bon pour passer à l’acte mais peut-être est-ce à moi de lui prouver le contraire. Enfin, essayer du moins, parce que ce n’est pas gagné. Elle me demande si j’étais avec un client. J’acquiesce doucement et vide mon martini. « C’était un des derniers rdv. J’ai arrêté tout ça. » J’ai encore honte d’être venue ici. J’ai peur que d’autres apprennent que je suis venue ici, que j’en accepte encore et qu’ils croient que je suis de nouveau disponible. Elle ma propose ensuite de me présenter des hommes et fait une blague sur Jésus. J’attrape ma croix machinalement et me mords la lèvre. « Je... euh… ne sais pas si c’est une bonne idée. Je ne suis pas de votre monde. » Excuse minable qui ne satisfera pas Lauren. Mais sérieusement, je ne pense pas que ses collègues feront mon bonheur.
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MessageSujet: Re: We own the night.   Sam 5 Jan - 11:08

La finesse n'a jamais été mon fort. Je suis entière, démesurée, incontrôlable. Mes conseils à Georgia sont donc tout sauf subtils. Pourtant, j'ai une réelle affection pour cette fille. Je ne sais pas vraiment pourquoi d'ailleurs. Enfin si, mais je n'ai probablement pas envie de l'admettre. Je crois que je me reconnais un peu en elle. J'étais comme elle, avant de tomber dans le milieu de débauche qu'est le cinéma. A une vague époque de ma vie, j'allais tous les Dimanches à la messe, je croyais dur comme fer au prince charmant et je ne me comportais pas encore en marie couche toi là. J'étais déjà bien abîmée par la vie. J'espérais me refaire une virginité après le terrible évènement qui m'était arrivée alors que je n'étais qu'une adolescente. Mais très vite, je me suis retrouvée en proie à divers vices. Je devrais être un peu plus fine avec Georgia, probablement. Mais j'ai ma réputation de Lauren Griffin à tenir. Personne ne me connaît sous un jour réellement positif. Je ne veux pas que qui que ce soit fasse exception à la règle. Je me commande un autre martini. Néanmoins, je n'ai pas l'intention de finir ivre morte ce soir. Cela fait déjà une semaine que je me retrouve en tête des tabloïds, accusée d'être alcoolique. Je voudrais épargner à ma mère de me voir de nouveau sous ce jour pitoyable. S'il y a bien une personne dont l'opinion m'importe, c'est elle. On me sert mon martini. Je le porte à mes lèvres, et écoute Georgia. Elle n'a pas l'air réceptive à mes conseils de bonne fée. En même temps, ce n'est pas très étonnant. Elle n'a jamais été convaincue par mes arguments, ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer. Je m'y suis peut être mal prise avec elle. Il faudrait peut-être que je revoie ma stratégie. Je bois une gorgée, puis lui réponds : « C'est bien. Ça se passe bien les études sinon ? Je dois m'attendre à te voir bientôt au poste de premier ministre ? » J'ai l'air d'une vieille pie quand je dis ça. Heureusement que je lui sors un petit trait d'humour, cela compense. En tout cas, je suis vraiment intéressée par le déroulement de ses études. Personnellement, je n'en ai pas fait. Donc cela m'intrigue beaucoup. J'ai été du genre autodidacte. Dans une autre vie, j'aurais probablement fait des études de lettres. Mais le cinéma m'a choisie. Et ce n'est pas plus mal.

Et puis, la voilà qui refuse de rencontrer mes chers collègues. Georgia me vouvoie, en plus. Ce n'est pas la peine. Certes, je suis une personne extraordinaire, je ne vous le fais pas dire. Mais j'espère avoir une certaine proximité avec elle. Le tutoiement me semble donc de mise. En tout cas, je ne suis pas très surprise qu'elle refuse que je joue les entremetteuses. Pour me consoler de ce refus, je bois une gorgée de martini. Puis, je lui dis, un petit sourire au lèvres, voyant qu'elle serre son petit crucifix autour de son cou : « Très bien. Mais tu peux me tutoyer, Georgia. J'ai l'impression d'avoir 80 ans quand tu me vouvoies. » Je lui fais un sourire des plus malicieux et ajoute : « Enfin, si tu refuses, c'est peut être que...tu as rencontré quelqu'un, non ? » Je suis atrocement lourde, mais j'assume. Je me sens véritablement investie d'une mission concernant Georgia. J'espère bien qu'elle va se montrer un peu plus coopérative. En tout cas, j'ai décidé, dorénavant, d'éviter le blasphème et les blagues peu subtiles. Je suis convaincue que peu à peu, Georgia va s'ouvrir à moi. Je ne sais pas bien pourquoi, mais elle m'intrigue. Peut-être que j'ai trop bu de martini. Who knows ? Une chose est sûre : nous avons des choses en commun. Je le sens.
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MessageSujet: Re: We own the night.   Mer 23 Jan - 23:23

Lauren est jolie. Que dis-je, elle est magnifique. C’est une belle femme et malgré ce que la presse peut en dire, elle peut aussi se montrer gentille et généreuse. Après, je ne sais pas, peut-être qu’elle gagne quelque chose à venir me parler, à me conseiller, à être gentille avec moi. Mais je ne lui ai jamais rien demandé et je trouve ça gentil qu’elle essaie de m’aider. Même si parfois je me passerai bien de ses conseils et de tous ses mots crus. Oui je suis prude et innocente et gênée par certaines expressions. Parfois, c’est vraiment énervant mais je ne suis pas vraiment à l’aise avec ce monde. Tout à coup, elle semble s’intéresser à mes études. Elle me fait une blague sur mes fonctions. J’éclate de rire et secoue la tête. Ce n’est pas vraiment maintenant que je vais être premier ministre. Et encore, je ne suis pas sûre de le devenir un jour. Je veux changer les choses mais c’est un poste à hautes responsabilités et si un jour, quelqu’un découvre mon passé, je suis bonne pour un scandale qui éclaboussera toute ma carrière. Enfin, je suis bonne pour le scandale, que je sois premier ministre ou autre. Souvent, j’aurai voulu que toute ces années n’existent pas et que je ne sois pas inquiète qu’on découvre mon secret. Enfin en attendant, je vais tout faire pour que personne ne le découvre. Je vide mon martini et réponds enfin à Lauren. « Pas encore premier ministre mais qui sait, un jour peut-être même si je ne me fais pas trop d’illusions là-dessus. Mais sinon ça se passe bien. » Mr Von Brezen est incroyable. Il est professionnel, intéressant, un peu fantasque mais ça rend les journées moins longues.

Enfin, ça ne pourra jamais concurrencer les journées de Lauren qui doivent être exceptionnelles. Des décors qui changent, sans parler des tenues ou de ses collègues. Et tous ces voyages qu’elle doit faire. Visiter Paris, New-York, Tokyo, Berlin, Los Angeles. Tant de belles villes, qui donnent envie. Un soupir s’échappe de ma bouche tandis que je refuse son offre. Certes son monde de paillettes est différent du mien et nettement plus intéressant mais ce n’est pas le mien. Elle me demande de la tutoyer. J’acquiesce avec beaucoup de vigueur, prête à m’excuser de ne pas l’avoir déjà fait. C’est une petite habitude que j’ai de vouvoyer tout le monde. Un signe de bonne éducation dirait mon père. Je lui rends le sourire qu’elle m’offre. Gosh, elle est vraiment belle. Je grimace à l’évocation d’une probable personne que j’aurai rencontré, et secoue la tête une nouvelle fois. Ce n’est pas comme si je n’avais pas la possibilité de rencontrer quelqu’un mais ce n’est pas le cas. « Lauren, c’est très gentil de me faire ce genre de proposition et de m’aide à… rencontrer quelqu’un » Pour ne pas dire m’aider à coucher avec le premier venu. Je touche machinalement ma croix et reprends. « Je suis célibataire et personne en vu. Même si je serai ravie de diner avec un de tes collègues, je ne suis pas sûre que ça puisse fonctionner entre nous. » Sauf si ce-dit collègue cherche à se caser, donc se marier et avoir des enfants. J’ai un côté assez conservateur sur ce point-là. Enfin, je ne veux pas non plus avoir quinze enfants et rester à la maison toute la journée. Et celui qui ne le comprend pas n’est pas fait pour moi. Parce que j’ai envie de changer le monde, de faire avancer les choses, les états d’esprits. Mon regard se fixe sur mon verre vide, tandis que mes pensées se bousculent dans ma tête. Ce n’est pas en restant avec une idée fixe, conservatrice, et beaucoup trop vieille que je pourrai changer les états d’esprits. Tout ce que j’ai pu faire ou penser jusqu’à maintenant me fait douter de ma propre capacité à être capable de faire quelque chose plus tard. Je lève le bras pour faire signe au barman. J’ai besoin d’un autre verre.

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MessageSujet: Re: We own the night.   Mer 30 Jan - 19:58

L'amitié, ce n'est pas mon truc. Je n'ai pas beaucoup de vrais amis. Peut-être parce que je n'ai pas le temps de nouer de véritables relations avec les gens. Je suis sans cesse en tournage, à faire des photoshoots, à défiler sur le tapis rouge. En fait, je ne vis pas vraiment. Je suis devenue une espèce d'automate, bonne à sourire aux photographes et à jouer devant la caméra. On peut dire que le personnage de star que je me suis créé de toute pièce a presque effacé qui j'étais auparavant. La vie d'acteur est plus difficile qu'elle en a l'air, n'est ce pas ? Peut-être que si je suis si seule, c'est aussi à cause de mon caractère. Je le concède : je suis difficile à vivre. Je rentre quasiment toujours en conflit avec la gente féminine, et je ne peux m'empêcher de draguer toute personne de sexe masculin. Si Docteur Freud était là, il dirait probablement que je n'ai pas fini mon Œdipe. Voilà des élucubrations qui ne reflètent en rien ce que j'ai vécu par le passé. En tout cas, Georgia est une des rares personnes de mon entourage qui ne m'énerve pas, qui ne me hérisse pas le poil, qui ne me met pas sur les nerfs. En ce sens, elle n'est pas insignifiante à mes yeux. Ce n'est pas parce que je suis connue dans le monde entier que je n'ai d'affection pour personne. Bien sûr, je laisse souvent entendre au commun des mortels que je ne vis pas dans le même monde qu'eux, que je leur suis supérieure et j'en passe. J'en rajoute toujours. Il y a des soirs où je me considère plutôt comme en dessous de toute la populace, comme une moins que rien en somme. Mais ça, Georgia n'est pas censée l'apprendre. Comme toujours, je tiens à paraître, à garder la tête haute, à rester la star que tout le monde veut que je sois. Mais l'alcool aidant, il n'est pas sûre que je réussisse à cacher ma véritable nature très longtemps.

En parlant d'alcool...Georgia a l'air d'avoir une bonne descente, en contradiction avec la jeune femme irréprochable qu'elle semble être. Chacun a ses petits vices, n'est-ce pas ? La voilà donc qui répond à ma question et évoque son avenir. Une personne de sa droiture, au poste de premier ministre...Voilà qui ne me déplairait pas. Je pourrais aller aisément au 10. downing street en décapotable. Cela dit, ce n'est pas le moment de faire des plans sur la comète. Je dis à Georgia, dans ma volonté d'être sa guide spirituelle, son gourou, son maître à penser, moi Socrate, elle Platon : « Voyons Georgia, il faut croire en ses rêves. Il n'y a déjà pas grand monde pour croire en nous, alors il faut commencer par gagner une certaine confiance en soi si on veut accomplir quoi que ce soit. » Mes leçons sont ridicules, mais sincères. Et j'ai toujours aimé faire la morale aux gens, même si je sais bien que le niveau de mes maximes est un peu près équivalent à ce qu'on peut trouver dans high school musical. En tout cas, je suis bien placée pour parler de rêves et de leur réalisation. Je suis partie de rien. Je vivais vraiment sur la paille, et regardez où je suis maintenant ! Je suis peut être un peu idéaliste voire carrément utopiste, mais j'ai toujours tendance à penser que l'on peut réaliser ses rêves. En tout cas, je souhaite vivement que Georgia réalise les siens.

Puis nous passons à un sujet qui m'intéresse encore plus, évidemment. On ne peut pas dire que j'ai moi-même le temps de m'occuper de ma vie sentimentale. Je me contente de coups d'un soir. Ce que personne ne sait, c'est que je suis extrêmement romantique. Du genre à me faire des films de ce que sera mon mariage, la naissance de mon premier enfant, la remise de diplôme de mon ainé etc. Tout le monde me prend pour une débauchée insensible - ce que je suis peut être un peu - mais au fond, je crois vraiment en l'amour. Mais cela me décrédibiliserait totalement de le dire à Georgia, moi qui ne cesse de vanter auprès d'elle, depuis que nous nous sommes connues, les vertus d'une vie dissolue. Bref, je vais continuer à jouer ma Lauren Griffin. Pourvu que l'alcool ne me trahisse pas. En tout cas, les paroles de Georgia sont comme d'habitude très polies et sympathiques. Puis, je la vois commander un autre verre. C'est que Miss Bowmann se dévergonde ! Pour ma part, je viens de finir mon deuxième martini et j'ai déjà l'esprit un peu embrumé par l'alcool. J'ai bu trop vite. Heureusement, j'ai encore tous mes esprits et réponds à mon interlocutrice : « Pour que ça fonctionne ? Tout dépend de ce que tu recherches aussi... » Façon détournée de dire que je veux bien qu'elle me parle de l'homme de ses rêves, de ses envies de mariages et de marmots. Je suis persuadées que nous ne sommes pas si différentes que ça, au fond.

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