home to you → Mélaniiiie

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MessageSujet: home to you → Mélaniiiie    Ven 30 Nov - 20:51

115.000 £. J’entoure le chiffre et plisse le front, retirant mes lunettes et poussant un soupir à peine satisfait. Il faut que je trouve plus. Bien entendu, ce chiffre là ne vise que le préjudice subi mais il ne faut pas oublier tous les frais liés à la réparation des lieux, à l’engagement de plusieurs chefs de main d’œuvre… Il faudrait que je demande l'avis d'Alan, que je sache ce qu'il en pense et qu'il pose un deuxième regard sur le boulot déjà accompli. C'est la manière la plus logique de travailler, l'un avec le contrôle de l'autre. Mais cette affaire là est minutieuse et nécessité un examen un peu plus approfondi de la question que dix minutes entre un café et une stagiaire à sauter - sans aucun sous-entendu douteux. Je pousse un soupir, de nouveau, et referme le dossier jaune sur la pile de pièces triées qui sont déposées là. Je demande à la secrétaire de m'apporter un café et me frotte les yeux. Je suis fatigué, éreinté même, et les dossiers qui s'enchaînent et s'ajoutent aux problèmes familiaux que je connais en ce moment ne m'aide en rien. Je n'évite pas Gregory mais n'ai pas pour autant abordé le problème de nouveau avec lui. Tout ça sans même parler de Tristan ou Laureline que je n'ai même pas eu ni la prétention ni l'audace d'aller rencontrer pour tenter, tant bien que mal, de hisser les drapeaux blancs de la paix. Parce que c'est tout ce que je veux, en réalité : la paix. Qu'on se fréquente de temps à autre pourquoi pas, qu'on se dise bonjour, qu'on déjeune un jour. Je ne veux évidemment pas faire partie de la famille comme si j'étais là depuis toujours, une telle volonté serait bête, mais je sais aussi ce que c'est d'être le fils unique d'une mère très présente, et maintenant que les membres de ma famille ont gagné en nombre, j'aimerai si c'est possible au moins en profiter un peu.

Mais vu le scandale perpétré, le fiasco de la fête organisée par mon demi-frère, les regards assassins que me sert Leroy-Duchesne dès qu'il me croise, etc... je doute que ce soit réellement possible. Je jette d'ailleurs un oeil distrait au journal qui titre l'affaire de la soirée d'Halloween sur mon bureau et grimace. Je n'ai pas souvenir d'avoir participé à des évènements avec autant de déchéance, mais peut être est-ce parce que ayant rencontré Mel relativement tôt, je me suis coupé de ce genre de manifestations bien rapidement. Je fronce le nez, je ne sais trop que penser de tout ça. Un frère marié avec son cousin accusé de droguer des gens, ce n'est pas exactement ce que je m'attendais à trouver. Mais la présomption d'innocence régit mon métier, et comme dirait l'autre, on ne choisit pas sa famille. Peut être qu'il a juste besoin d'aide. Peut être que je devrais le faire, prendre officiellement sa défense dans l'affaire, qu'elle nous conduise ou pas à un procès. Ca nous rapprocherait d'ailleurs éventuellement, à la fin. Il verrait que je suis de bonne foi et pas franchement le dernier des idiots, et ce faisant, pourrait influencer sa soeur à, si ce n'est m'apprécier, au moins me laisser une chance ? Ce scandale, qui a eu lieu lors de l'avant première du film, était ridicule. Il ne faut pas qu'on reste sur si négatif ; il faut qu'on passe à autre chose et qu'on perpétue la lignée Faure sans animosité, je pense que tout le monde dans cette famille en a déjà vécu assez.

En parlant de famille, il est sans doute temps d'ailleurs que je rentre à la mienne. Je me détends un peu et souris en pensant à Mélanie qui m'attend sans doute dans la suite que nous habitons pour le moment au Claridge's. Il est d'ailleurs plus qu'urgent qu'on se trouve un appartement, un vrai endroit à habiter et à personnaliser comme bon nous semble. C'est ce qui manque au tableau teinté de perfections des mois à venir : bébé, mariage, boulots à succès et amour simple, fluide. Je soupire d'aise en me levant, bouclant mes affaires dans mon cartable, puis enfilant ma veste à la hâte. Je me fais un mémo avant de partir pour me rappeler d'aller voir Alan demain à la première heure et éteins la lumière pour quitter le grand bureau que j'occupe. Il fait un froid abominable dehors, signe sans doute incontestable que Noël approche. Noël et son lot de cadeaux, d'ailleurs, il serait plus que l'heure que je me mette à la recherche de ceux que je dois offrir. Je crois être convié à un déjeuner de Noël organisé je ne sais où, perspective légèrement angoissante mais qui doit néanmoins être honorée. Trop de choses à faire, trop d'idées en tête, je suis fatigué et le mal de crane que je ressens depuis plusieurs jours m'en est témoin. Je prends ma voiture et arrive très rapidement sur le parking du luxueux hôtel de mon père. Nous y sommes logés comme des rois dans une suite hors de prix où tout nous est apporté à tous moments de la journée.

Je trouve bien rapidement le chemin de ce que l'on peut sans trop s'avancer appeler notre chez nous - temporaire, évidemment - et entre sans faire trop de bruit, trouvant cependant ma future femme attablée à la grande table qui compose la salle de séjour de la suite. Je dépose mon cartable puis ma veste et m'approche lentement, laissant mes mains gagner ses épaules et m'abaissant à son niveau pour embrasser la base de sa nuque tendrement. « Comment allez-vous, Madame presque-Faure ? » Je souris et lâche ma prise sur ses épaules pour m'étirer un peu. « Tu as passé une bonne journée ? » Je m'approche du buffet et nous sers deux verres d'eau totalement rasoirs. « Qu'est-ce que tu regardes ? » J'écoute presque distraitement la réponse et avise plutôt ma montre. « On sort dîner, j'en ai marre de ce room service ? » J'ai envie d'un vrai restau, Londres m'a donné des goûts de luxe.
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MessageSujet: Re: home to you → Mélaniiiie    Dim 2 Déc - 23:49

La journée s'était déroulée sans encombre majeur, comme d'habitude. Mon travail me procurait quelques joies, mais n'était que trop peu divertissant. J'avais la désagréable impression de m'enfoncer sombrement dans un quotidien quelque peu ennuyeux. Une impression que faisait disparaître la vue de ce ventre nouvellement rond que moulaient mes vêtements avec grâce, et la simple perspective du foyer que j'étais en train de fonder, sans exiger l'aide de quiconque. Finalement, elle ne quittait que rarement mes pensées, et m'aidait à affronter les inconvénients du boulot qui était devenu le mien. Les diverses plaintes que je recevais dans mon bureau, la communication à établir entre divers services qui dépendaient tous du mien, les problèmes liés à la direction et à un poste à responsabilité. Alors qu'il m'arrivait de regretter ce choix, j'en tirais toujours quelques satisfactions. A commencer par la paye sacrément élevée pour un job de cette envergure, qui me permettait non seulement de dépenser sans avoir véritablement à compter, mais aussi d'épargner quelque peu pour le sort du bébé qui allait naître. Un bébé qui, je l'espérais, ne compterais que sur la monnaie de grand-papa, mais en mère prévoyante et souhaitant le meilleur pour son enfant, mieux valait que je garde un plan de secours. Ce que je m'appliquais à faire, donc, entre deux sacs à main Gucci et quelques robes Chanel. J'avais appris à ne rien me refuser, et même si l'absolue richesse était bien loin de frapper à ma porte, nous vivions tout de même dans un confort non négligeable. La suite oh combien luxueuse qui nous était réservés dans l'hôtel du père Faure, le Claridge's, visiblement connu des richesses de Londres alors que je n'en avais moi même jamais entendu parler jusqu'à ce qu'on nous y loge tels des divinités adorées, en était la preuve la plus éminente. Room service à toute heure, draps changés à notre retour, nul besoin de se soucier de vaisselle/ménage et autres boulots de roturiers, décidément, une vraie souveraineté nous avait été offerte. Un style de vie qui me convenait parfaitement, puisqu'il ne manquait que la couronne sur ma tête pour enfin me proclamer la princesse ayant hanté les rêves de mon enfance, mais qui ne semblait définitivement pas du goût de Nicolas. Peut-être n'était-ce qu'une impression faussée résultant d'une de mes pires craintes ? En tout cas, je l’espérais.

Il était tard. J'avais bossé plus que de coutume, et la journée avait été assez productive pour que je m'en aille sans craindre le moindre remord. S'ils avaient besoin de moi, je les connaissais assez bien pour savoir qu'ils n'hésiteraient pas à me le faire savoir en saturant mon téléphone de messages divers, voire d'appels catastrophés. Je ne leur étais pas spécifiquement nécessaire, mais j'avais quelques compétences dans ce domaine, et étant la directrice, je connaissais mieux que quiconque tous ceux qui travaillaient sous mon commandement. Ainsi, au moindre problème concernant mon secteur, j'étais non seulement la première informée, mais aussi celle qui devait se pointer le plus rapidement, afin d'éteindre les braises d'un conflit naissant. Soit, je m'en accommodais : il fallait bien des inconvénients pour se joindre au salaire que je recevais. Mais pour ce soir, j'avais bien assez travaillé, et j'usais et abusais encore de ce début de ventre tout rebondi pour faire naître la pitié dans leur regard, et m'épargner quelques heures supplémentaires non-nécessaires. Aucun machiavélisme la dedans, seulement un nouvel avantage trouvé à une situation qui n'était pas toujours réjouissante. Et même si les nausées ne s'étaient pas encore mises à faire de mes nuits des cauchemars perpétuels, je me doutais bien qu'elles ne tarderaient plus, désormais.

C'est à cette pensée et dans un soupir que je quittais le bureau, m'asseyant au volant de ma voiture pour prendre la direction du Claridge's. Il n'y avait pas à dire, c'était une sacré construction, où j'étais fière de 'vivre' (même si cette décision n'était que provisoire, malheureusement), et la réflexion s'imposait à moi dès lors que mon regard croisait l'imposant bâtiment. Très britannique, l'architecture n'en était pas moins enchanteresse, assez en tout cas pour réveiller le désir de douceurs et d'enfantillages sommeillant tout au fond de moi. Un hôtel fantastique, comme l'était notre suite, probablement l'une des plus classes de l'endroit. Suite que nous ne devions absolument pas à nos revenus, certes bons, mais probablement pas assez pour se louer un tel luxe à l'année. La patte, richissime, du père de Nicolas s'était greffée dans l'équation, un père que je me plaisais à apprécier, mais surtout à manipuler à ma guise. Gentil ours influençable, il appréciait tout particulièrement l'idée même de devenir grand père, et lorgnait toujours sur mon ventre rebondi, que je n'éprouvais aucun remord à agiter devant lui. Un acte qui avait des conséquences curieuses mais bénéfiques, et qui forçait monsieur Faure à ne plus compter son argent, cédant allégrement de bonnes parties de sa fortune à notre bonheur et à notre plus complet confort. Il avait tenu sa promesse, jusqu'à présent, et je n'étais absolument pas déçue de ses faveurs. Il n'y avait qu'à voir la luxueuse suite qui était la nôtre, beauté qui m'enchanta de nouveau à peine le seuil foulé.

Je m'étais installée devant la télévision, sur la grande table qui faisait face à l'entrée. J'avais zappé un bon quart d'heure, désappointée par l'absence totale de programmes intéressants, avant de me laisser happer par une chaîne d'informations en continue, retraçant toujours les mêmes événements. Un braquage dans une épicerie à Las Vegas, le nom du gagnant du loto, un certain Ivanov, probablement joueur russe extraordinairement chanceux, ainsi que la météo du lendemain -soleil mais froid- passaient en boucle. Alors que le désir, brusque, de me changer les idées dans une quelconque lecture traversait mon esprit, j'entendis la clé tourner dans la serrure. Nicolas rentrait de son travail, sans doute fatigué, peut-être même déprimé par divers événements involontaires qui auraient pu ruiner sa journée déjà harassante. Je me devais d'être là pour le réconforter, et lui rendre son retour à la maison des plus reposants. Ainsi, je voyais mon rôle de femme. Certes couverte de cadeaux hors de prix, mais offrant en échange un amour infaillible et une attention indéfectible. J'avais beaucoup à lui donner, sans doute autant que lui. Mes sentiments étaient sincères. Certes assombris de quelques pensées manipulatrices, mais néanmoins parfaitement réalistes et éternels. Je n'en doutais plus une seule seconde. « Comment allez-vous, Madame presque-Faure ? » Je souris à son baiser au creux de ma nuque, avant de répondre, avec un brun de taquinerie dans la voix : « Étrangement bien, mon très cher futur époux. Si l'on excepte cette brusque envie de fraises à la chantilly ! Je croyais que ces lubies surprenantes n'étaient qu'une invention des femmes enceintes dans l'unique but d'embêter leur mari... je suis obligée de revoir mon jugement. » Je lui souris avec douceur, sincèrement heureuse de le revoir. Alors que je l'embrassais tendrement encore ce matin pour lui souhaiter une bonne journée, j'avais la désagréable sensation de ne pas l'avoir vu depuis une petite éternité. Son absence était des plus odieuses à supporter, alors que sa présence m'était devenue si douce.. Je me devais d'admettre un amour sincère, et non une mascarade destinée à devenir une princesse. Mariage d'amour, et non arrangé dans l'unique but d'acquérir une position confortable et luxueuse. Une douce évidence qui forgea ce lumineux sourire sur mon visage, et qui s'accentua alors que je caressai tendrement mon ventre délicatement rebondi.

Il m’assiégeait de questions dont il ne devait probablement pas véritablement écouter les réponses. Pourtant, j'y réfléchissais et y apportait des explications correctes. Il semblait quelque peu fatigué, ou agacé d'une journée qui ne s'était pas véritablement déroulée comme il le voulait. « Tu as passé une bonne journée ? Qu'est-ce que tu regardes ? » « Une bonne journée, rien de spécial. Et je regarde les informations, il n'y a vraiment rien. Et toi alors, ta journée ? Tu n'as pas l'air extraordinairement en forme... » Mon ton s'était fait quelque peu inquiet, et je m'étais levée distraitement pour me saisir du verre d'eau qu'il me tendait, mais aussi et surtout pour déposer un délicat baiser sur ses lèvres. Oui, il avait l'air fatigué, ou un peu déprimé, du moins était-ce ainsi que je ressentais la mine amoindrie qu'il me présentait. Pourtant, il ne tarda pas à aller à l'encontre de mes inquiétudes en proposant un restaurant. Forcément, une proposition qui me combla de joie telle une gamine en attente de ses cadeaux de Noël. Je souris franchement, laissa glisser ma main le long de sa joue. « D'accord, on sort, mais alors il faut que je m'habille convenablement ! » lui lançai-je sans me départir de ce sourire lumineux, avant d'aller m'enquérir de la bonne tenue de mon dressing. J'optai, avec rapidité, pour une jolie robe beige, assez chaste pour paraître tantôt luxueuse, tantôt sobre. Je l'aimais particulièrement ces temps-ci, car elle faisait ressortir la forme de mon ventre avec un brio incomparable. Ainsi ne tardais-je pas à me présenter devant Nicolas, les cheveux délicatement ondulés flottant sur mes épaules, et mon sourire éclairant ma nouvelle grâce de femme enceinte. « Alors, n'auras-tu pas honte de ta future femme, ce soir ? » Autrement dit : 'dis moi que tu me trouves superbe, chéri.'
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MessageSujet: Re: home to you → Mélaniiiie    Sam 8 Déc - 1:43

Je souris avec une tendresse non dissimulée quand elle évoque les fraises chantilly. Je ne pensais pas être père tôt, et quand j'étais plus jeune et que j'observais ma mère enchaîner les hommes sans attache, mon modèle familial était un peu trop particulier pour que je m'imagine évoluer au sein d'une famille construite et stable. Pourtant, depuis que j'ai rencontré Mélanie, rien n'a jamais été aussi clair. C'est elle la femme de ma vie, peu importe les petites encombres qui pourraient survenir, et le fait de savoir qu'elle porte mon enfant et que bientôt nous serons mariés m'apporte une satisfaction qu'il est difficile de décrire par le simple usage des mots. Quand j'ai retrouvé mon père, ses traces en tout cas, déjà, et qu'il m'a ensuite été possible de le voir, de lui parler et plus encore de m'entendre avec lui, je me suis dit que j'avais là une chance inouïe d'équilibrer ma vie. Finalement, je n'ai pas souffert de grand chose. L'absence d'une figure paternelle a, certes, été difficile à combler tout au long de ma jeunesse, ce que ma mère ne voulait pas trop comprendre, s'entêtant à vouloir jouer sur les deux tableaux toute seule en me couvrant d'amour et en faisant de moi un fils unique très proche d'elle - trop parfois, sans doute -, me couvant d'attentions et de cadeaux tout droit venus de la poche de ses différents petits amis voire maris, et souvent nos rapports s'arrêtaient là. L'amour a toujours pris une forme particulière d'exhibition qu'il était quelques fois difficile de porter. Mais aujourd'hui, avec le recul, je ne regrette rien. Ma vie ne saurait être plus complète, plus parfaite qu'aujourd'hui, demain et pour les années à venir. Mon père m'a reconnu et accepte même de me parler et de me faire vivre pour l'instant, ma mère parle de venir ici nous rejoindre à Londres pour pallier son ennui parisien - ce dont je n'ai pas encore informé Mélanie qui ne s'entend pas vraiment avec sa future belle-mère pour l'instant, mais ça changera, j'en suis persuadé - ma future femme vit avec moi et attend notre enfant;

Bien entendu, reste le problème, pour le moment irrésolu, de mes frères et soeurs, Laureline et Tristan Faure qui pour le moment refusent de me parler ; mais je peux comprendre. Pour l'instant. Ils feront un effort finalement, un jour, non ? Je ne suis pas vraiment responsable du fait que notre père n'ait pas été au courant de mon existence avant que je ne vienne ici, ni même du fait qu'il soit leur père plus que le mien. J'aurais aimé moi aussi grandir avec lui, savoir plus tôt, et pourtant ça n'a pas été le cas. Rien que pour ça, je mérite leur clémence, non ? En plus de ça, il serait vraiment très agréable que je puisse faire profiter à mon enfant à venir de ses oncles et tantes que je ne pensais clairement jamais lui donner. Nous verrons tout ça en temps et en heure, je projette déjà et pour commencer de les convier à notre mariage pour tâter le terrain.

Nous échangeons quelques politesses sur la journée et elle semble vraiment emballée à l'idée de sortir, ce qui me permet d'éviter la question sur ma forme. Non pas que je sois déprimé d'une quelconque façon, ou que je sois tracassé, au contraire. Mais il faut reconnaître que les journées sont longues et que les dossiers affluent à une vitesse folle. Je suis fatigué plus que peu en forme, en réalité. Elle m'abandonne un moment à mon sort pour aller se préparer, avant même que je n'ai pu répliquer qu'elle était déjà superbe apprêtée comme elle l'était. Je souris un peu, amusé et requinqué par tant d'entrain. Je me sers un verre de whisky dans une carafe qui est laissée à notre disposition et régulièrement remplie, et ouvre la fenêtre sur le froid de la nuit épaisse qui est déjà tombée sur Londres. J'avale une longue gorgée, un peu songeur, et regarde le ciel quelques instants. Il reste tellement de choses à faire, pour l'organisation du mariage puis l'arrivée du bébé. J'aimerai que nous soyons installés dans un appartement pas trop loin d'ici ou du bureau pour le jour J, histoire de ne pas se trouver pris au dépourvu. Je dois admettre que la vie ici est agréable, et le fait de n'avoir à s'occuper de rien, pas même du dîner à faire ou de l'aspirateur à passer, est très reposant. Mais vivre dans un hôtel pour toujours et y fonder une vie de famille est un peu triste selon moi, et mérite au moins que l'on s'y refuse au bout d'un certain temps. Je m'entête cela dit à trouver un appartement suffisamment luxueux pour satisfaire ma femme et ne manquerais pas de nous offrir une femme de ménage qui pourra lui être assignée toute la journée même si elle le désire. C'est pour ça que je travaille tant, et que j'accepte tellement de dossiers. Les gros dossiers que le cabinet d'Alan me permet d'amasser me font gagner énormément d'argent, et j'espère toujours que ça finira par être assez pour nous offrir une vie de réel luxe.

Toujours est-il que le luxe commence ce soir. Je compte bien nous faire obtenir une table chez Ducasse au Mayfair, où ils ont plutôt intérêt à servir des fraises à la Chantilly à ma future femme si elle en veut. Je rentre dans la suite et referme derrière moi, bien rapidement pris par le froid qui annonce l'approche de Noel. J'enfile ma veste de costume et retire par contre ma cravate, laissant ma chemise un peu ouverte. Classe mais décontracté. Je me lave les mains dans le coin qui nous sert de cuisine et me rafraîchis un peu le visage, me redressant juste au moment où Mélanie quitte la salle de bain, changée et apprêtée. Elle s'approche de moi et j'abandonne mon verre vidé sur le meuble. Elle est vêtue d'une robe beige qui met parfaitement en valeur les arrondis de son ventre et j'y dépose ma main en l'attirant à moi dans un baiser. « Tu es superbe ma chérie » Je glisse une main dans ses cheveux et lui offre un sourire serein et épanoui de futur papa. « Le Mayfair conviendra-t-il à tes envies de femme enceinte ? » Je me décale pour prendre son manteau et le lui glisser sur les épaules, récupérant ensuite sa main pour l’entraîner vers la sortie de notre suite. Nous parcourons les quelques mètres jusqu'à l'ascenseur que j'appelle rapidement pour que nous puissions retrouver la voiture que j'ai abandonnée à un voiturier qui va me la chercher à la hâte.

Une fois le véhicule avancé, je lui ouvre la porte et nous filons en direction de l'hôtel de luxe, dont le restaurant nous accueille sur une promesse évidente de pourboire et de classe naturelle dont nous faisons montre et qui nous distingue de la plupart des autres jeunes de nos âges, plus intéressés par les sorties que par la vie, la vraie. Je lui tire une chaise et m'installe en face d'elle, attrapant la carte. « Il devrait y avoir ici de quoi soulager les envies que tu as pour deux ». Je prends sa main sur la table, admiratif de la beauté naturelle de ma femme. « On pourrait en profiter pour régler les détails du mariage qui posent problème... » Je souris en jetant un oeil aux luxueux plats qui nous sont proposés. « Je veux que tout soit parfait, pour toi. »
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MessageSujet: Re: home to you → Mélaniiiie    Lun 10 Déc - 16:55

La soirée s'annonçait parfaitement bien. La passer en la douce compagnie de Nicolas aurait probablement suffit à mon bonheur, mais sortir un peu me comblait de joie. M'extirper du quotidien, certes néanmoins prometteur, mais dénué de surprise, ne pouvait que faire naître ce délicat sourire sur mon visage auréolé d'une confiance aveugle et de la classe digne procurée par ce ventre tout rond. Les femmes enceintes et leur teint clair, et leurs caprices divins, tout cela n'étaient pas que des clichés, j'en avais aujourd'hui la preuve vivante. Et même si je n'avais pas encore été soumise aux sautes d'humeur ou aux nausées, je craignais que cela n'arrive plus tôt que prévu, me permettant d'accepter cette fois l'évidence que toutes les idées faites sur les demoiselles enceintes étaient justifiables. Toutes. Même le côté sombre du miroir, l'autre face de ce dé jusqu'à présent amusant, qui se transformerait bientôt en un cauchemar quotidien, jusqu'au jour béni ou cet enfant viendra au monde. Là alors, j'oublierais probablement, comme toutes les autres, les douleurs endurées pour son petit minois de nouveau-né. Ressemblerait-il plus à Nicolas ou à moi ? Parfois, je me perdais ainsi en ses vagues questionnements restés désespérément sans réponse, comme à cet instant précis, alors que, ma robe enfilée et mon regard jetant un œil à mon reflet dans le miroir, ma main se perdait sur mon ventre. Je ne lui avais jamais trouvé autant d'attrait. Mais ce soir n'était pas aux questionnements romantiques et niais, ce soir nous sortions, et je comptais bien faire honneur à mon futur époux en apparaissant rayonnante. Un trait de khôl pour souligner mes jolis yeux gris, et me voilà fin prête pour aller dîner au restaurant, glamour compris.

J'ignorais où il allait m'amener, et cela n'avait pas la moindre importance. Je savais déjà que le chic et la classe seraient très probablement au rendez-vous, une évidence qui m'emplissait de joie presque autant que le voir, chemise très légèrement ouverte et veste de cravate, l'élégance faite homme. Il était beau, mais ce sourire fier et amoureux qui illumina ses traits ne put que rajouter encore à son charme que j'estimais légendaire. Je goûtai à sa caresse avec délectation, avant de m'enquérir de ses compliments, tout autant que du lieu où nous allions nous rendre pour un repas en amoureux. Un de ces moments magiques où réapparaissent complicité et affection, nées depuis bien longtemps entre nous deux. « Tu es superbe ma chérie. Le Mayfair conviendra-t-il à tes envies de femme enceinte ? » Je laissai flirter un sourire satisfait sur mon visage. Le Mayfair, rien que ça ! Sans doute l'un des quartiers Londoniens que je préfèrais, non spécifiquement pour ses restaurants chics et délectables (quoi que..) mais surtout pour sa grande rue commerçante où se suivaient et se profilaient magasins de luxe en tout genre. Une sortie très prisée des femmes, particulièrement de celles qui, enceintes, contrôlaient moins encore les dépenses engendrées par la carte bleue. Bref, c'était un quartier beau et chic que j'aimais arpenter en toute circonstance, une affection particulière que je me gardai bien de cacher, et dont Nicolas avait parfaitement conscience. M'y emmener était donc plus aimable encore. « Jamais, oh grand jamais je ne refuserais une sortie au Mayfair. Si ce jour arrive, alors c'est que tu n'auras plus à faire à ta femme, mais à une inconnue. » Laissais-je entendre en souriant. Soit, alors en route pour le Mayfair, sourire éblouissant fiché sur le visage, la main de Nicolas enserrant la mienne, cour séjour dans l'ascenseur avant que la voiture ne vienne à nous. Je ne pouvais me lasser de ce luxe qui était devenu une habitude, mais que j'appréciais toujours comme au premier instant.

Une dizaine de minutes plus tard, nous étions arrivés à l'entrée de Ducasse. Nicolas avait vu les choses en grand. Sa main toujours dans la mienne, deux serveurs vinrent nous débarrasser de nos manteaux, avant que l'un d'entre eux nous guide jusqu'à une table pour deux, non loin de la fenêtre. La nuit était déjà tombée depuis un bon moment, et la salle était déjà presque pleine. Les prix exorbitants de sa nourriture ne gênaient pas, visiblement, tant que ceux-ci restaient en rapport avec la saveur de ses plats. Ils ne manquaient jamais de clients, chez Ducasse. Ce soir, nous venions grossir leur rang. « Il devrait y avoir ici de quoi soulager les envies que tu as pour deux » Je lui souris avec amusement alors qu'il posait sa main sur la mienne. Oui, la longue liste de plats tous plus appétissants les uns que les autres offraient de quoi satisfaire mes caprices de diva, et la nourriture étant l'un de mes objectifs primordiaux depuis que ce bébé volait mon énergie, j'avais là de quoi être parfaitement rassasiée. « Je crois bien, en effet, j'ai même des envies carnivores ! De la viaaaande. » laissais-je échapper en riant, alors que je le regardais enfin droit dans les yeux, soudainement sincère, écoutant ce qu'il avait de si intéressant à me dire. « On pourrait en profiter pour régler les détails du mariage qui posent problème... Je veux que tout soit parfait, pour toi. » Je laissais planer quelques instants de silence, admirant ses prunelles foncées. Nul envie de le mettre mal à l'aise, simplement le besoin de retrouver l'essentiel de mon esprit, d'assimiler ce qu'il venait de me dire, et de soulager cette soudaine poussée de sentiments incontrôlables. Peut-être était-ce ça, finalement, les sautes d'humeur des femmes enceintes. Une montée de larmes au beau milieu d'un restaurant chic sans véritable raison apparente -bon, d'accord, une jolie phrase de son chéri, mais tout de même-. Aussi eus-je besoin de batailler dur pour atténuer les battements de mon cœur, alors que je soulageai ma conscience. « Merci, Nicolas. » Merci de ? De me passer tous mes caprices comme si c'était la plus banale des évidences ? De m'entraîner ici dans l'unique but de me contenter, alors que, plutôt perspicace à son sujet, je le devinais extrêmement fatigué ? Ou simplement merci de partager ma vie ? Moi même, je n'en savais rien. Sans doute un peu des trois. Légèrement mal à l'aise après une telle franchise, je reportai mon attention sur le menu. Oui, de la viande. Nous parlerons mariage lorsque je me serais calmée.

Le serveur vint à mon secours, notant les plats que nous lui dictions, amenant sur notre table pain et eau. Évidemment, je n'avais le droit à aucune goutte de vin français, bébé oblige. Je m'y pliais, même si j'admettais volontiers que dans de tels moments, ce n'était pas un sacrifice des plus aisés. La brusque montée de chaleur enfin partie, je pus de nouveau plonger mes yeux dans ceux de Nicolas, tâchant vainement de faire comme si rien ne s'était passé. La face obscur de ce dé de la naissance venait de faire sa première apparition, et nul besoin d'inquiéter mon bien-aimé déjà fatigué avec de tels états-d'âme. « L'été prochain mon amour, le bébé dans les bras. Ça va passer tellement vite. » Cette fois, ce fut à mon tour de poser ma main sur la sienne, laissant apercevoir un sourire sincère de femme épanouie. Le mariage était parfois sujet de discorde, ou du moins d'anxiété lorsqu'il était question de la liste des invités, puisque la situation familiale peu claire de Nicolas nous interdisait d'avancer véritablement. Une évidence qui retardait tous les préparatifs, et stressait le jeune homme plus que cela n'aurait du. En tous les cas, son père serait bien présent, et en bonne place. Après tout, c'était lui qui finançait une bonne partie de la cérémonie. Enfin, peu importait, je n'avais aucune intention de lancer le sujet ce soir. « J'ignore en revanche quand je pourrais aller acheter ma robe, il faudra faire avec des mesures qu'on ne connait pas encore. Qui sait, peut-être que je me mettrais du temps à perdre le poids de la grossesse, ou peut-être pas, on ne sait rien. Mais en tout cas, il est parfaitement proscrit que tu vois la robe avant le jour du mariage. » Vieille époque, je tenais à cette seule petite coutume. Il fallait bien lui laisser un brun de surprise pour le jour fatidique. Une surprise qui, je l'espérais, ferais peut-être briller ses yeux de bonheur.
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MessageSujet: Re: home to you → Mélaniiiie    Mar 11 Déc - 13:18

Elle me remercie. De quoi, au juste ? Je ne parviens pas à comprendre, mais la gêne qui s'empare soudainement d'elle me semble significative. Je ne relève pas, pris de court, l'observe simplement qui baisse les yeux et se dérobe à sa confession. Nous semble ensemble depuis si longtemps maintenant, il me semble qu'elle est à mes côtés depuis toujours. Pourtant, elle a réellement changé ma vie - sans exagération. D'une maison cocooning où j'habitais avec ma mère, prenant ses caprices pour un mode de vie et forcé de m'occuper d'elle en tant que seul survivant masculin de sa façon de vivre, je n'ai appris qu'à faire de mon mieux pour qu'elle soit heureuse. Il m'a fallu de longues années pour comprendre que là n'était pas mon rôle, et rencontrer Mélanie m'a permis d'assimiler la chose. De fils à Maman un peu chétif, probablement trop timide et peu affirmé, je suis passé à homme, vrai homme. Protéger ma future femme et lui offrir une vie plaisante si ce n'est luxueuse est devenu une obligation de première ordre à laquelle aucune dérogation n'a jamais été et ne sera de toute façon jamais envisageable. Elle n'a pas besoin de me remercier, c'est moi qui le devrait, parce qu'elle m'a fait grandir, a augmenté mes perspectives de vie et mes attentes, m'a fait réagir face à une vie tracée d'avance. Un destin passable, de l'argent, certes, des conditions correctes, une femme discrète probablement trompée avec une secrétaire et autres éléments ennuyeux d'une vie trop prévisible. Mais Mélanie, à mes côtés, effacent tous ces risques de monotonie par sa seule présence. Elle me donne envie, chaque jour, de la conquérir de nouveau, de gagner et mériter son amour sans me poser ne serait-ce qu'une minute la question. C'est ce qui me donne le courage de travailler autant, de l'emmener diner régulièrement même qund je suis épuisé par une journée de boulot éreintante, de l'émerveiller, toujours plus. La bague qui brille à son doigt n'est que le signe d'une vie de défi, d'amour et d'exaltation. Elle fait de moi un homme meilleur et finalement, la demander en mariage était un geste égoïste pour rester toujours celui qu'elle a fait de moi et qui est nettement plus agréable à incarner que le Nicolas discrèt de ma vie d'avant.

Je me perds en réflexions mentales diverses, les yeux rivés sur ma future épouse qui cache toujours son trouble. Fort heureusement, le serveur interrompt ce moment d'intimité étrange en nous demandant de ce que nous souhaitons manger. Je la laisse commander puis demande à mon tour, commandant de l'eau pour ne pas tenter Mélanie en buvant du vin qui lui est désormais interdit. Il revient bien rapidement avec notre carafe et du pain, et il me suffit de me saisir d'un des morceaux pour réaliser à quel point j'ai faim. En général, j'avale un sandwich dans le bureau d'Alan entre midi et deux, et point final. Je rentre tard et les cafés enchaînés ne me sont pas d'une grande aide pour tenir le coup, et la fatigue me fait souvent oublier la faim. Je mange un morceau et attends que le sujet du mariage revienne pour m'armer d'un sourire et d'une inspiration qui chasse le moment étrange qui vient d'avoir lieu. Je souris, et hoche la tête. Le mariage, un enfant, nos projets d'installation qui je l'espère seront menés à bien, et la vie sera simplement parfaite. « Le temps va passer à une vitesse folle mais je suis tellement impatient. » Elle caresse ma main avec tendresse sur la nappe en tafetas blanc, et je ferme les yeux quelques secondes, tentant déjà de nous y voir, ce qui n'est en fait pas très difficile. « Notre vie sera tellement parfaite, je ne vois pas comment je pourrais être plus heureux. Si tu savais, seulement... » Quand je pense à ma future famille, les problèmes de frères, soeurs, et toutes les autres choses qui vont avec s'éloignent, s'éloignent vraiment. Je ne veux pas que cette période chargée d'émotions soit éclipsée par des gens qui ne veulent pas de moi dans leur famille. Je comprends et appréhende la réaction générale du clan Faure qui se retrouve dans une légitimité logique et normale qui vient de l'unité dont ils essayent, au moins, de faire preuve. Mais je ne vais pas empoisonner ma vie d'une attente inutile, attente qu'on me classe dans un autre dossier qu'indésirable. J'ai contact avec mon père, ma mère projette de nous rejoindre, Alan est mon ami et nous rencontrons des gens à l'occasion. Le cercle que je suis en train de me construire me convient parfaitement, y ajouter des frères et soeurs seraient un luxe que je peux trouver ailleurs s'ils me le refusent. Je réalise les choses au fur et à mesure que je les pense et m'en trouve soudainement vraiment apaisé. Tout va bien, je n'ai pas besoin de me sentir mal pour quoi que ce soit. Ils savent que j'existe, refusent de l'accepter, où est ma faute seulement ici sinon d'avoir grandi dans l'incapacité de chercher mon père ?

« Il faudra peut être songer à la faire faire sur mesure après la naissance, à quelques semaines avant le mariage ? » Je souris tendrement et hausse une épaule. « Peu importe que cela coûte cher si c'est pour rendre la cérémonie inoubliable. On ne se marie pas deux fois ». Certains si, mais nous, non. Je compte bien garder ma femme et le remariage n'est donc clairement pas une option. La fête doit être magique, du début à la fin, le plus beau jour de notre vie à tous les deux, le début d'une longue vie exempte d'embûches comme je compte le lui offrir. « Je respecterai la tradition bien entendu » Je souris et mêle nos doigts. « Ne nous portons pas la poisse, on ne sait jamais » Je lui fais un clin d'oeil et me redresse un peu. Je soupire légèrement et hausse une épaule déterminée. « Je pense que l'on devrait faire notre liste définitive. Je vais inviter Tristan, et Laureline, avec leurs compagnons et ils viendront s'ils le désirent. Je n'aurais rien à me reprocher, comme ça, et ça résoudrait pas mal de nos problèmes d'organisation ? »
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MessageSujet: Re: home to you → Mélaniiiie    Sam 15 Déc - 2:57

En réalité, j'ignorais même si le mariage allait vraiment changer quelque chose entre nous. Le quotidien semblait déjà si parfait ainsi. Un bébé à naître, un homme doux et tendre à mes côtés qui m'aimait vraiment chaque jour un peu plus, comme ne pouvait que l'affirmer le regard étincelant qu'il posait sur moi au quotidien. Le mariage ne serait que l'affirmation déjà certain d'un amour tout aussi véritable. Une affirmation dont nous ne semblions pas avoir besoin, mais que Nicolas m'offrait comme le gage d'un avenir qui s'avérait sous les meilleurs hospices. Pas une seule seconde je ne pourrais douter de lui, de cette volonté de me combler, de faire de moi une femme heureuse de son existence réjouissante. Je me voyais déjà mère, posant un regard tendre et énamouré sur l'enfant qui serait le fruit d'un amour brillant, le portant sur le canapé en cuir qui ornerait notre futur salon. Une maison. Je ne m'opposais pas à ce désir de trouver un foyer convenable, je comptais simplement sur Nicolas pour choisir le meilleur. Un lieu calme, exempt de tout ce qui ne nous correspondait pas, mais bien fourni en luxe et en décorations raffinées. Je me ferais garante de cet endroit et y apposerait ma patte de femme légèrement vénale, cette partie de ma personnalité qui finissait toujours par transparaître d'une manière ou d'une autre. Un côté un peu sombre que Nicolas avait su apaiser légèrement, mais qu'il exauçait tout de même. Il était cet être surprenant qui aimait chaque aspect de mon caractère, qui adorait tout ce qui composait cette silhouette féminine et cet esprit alambiqué. Il m'offrait tout le loisir d'être moi, tout en faisant ressurgir le meilleur. Je n'aurais pu choisir meilleur époux, j'en étais aujourd'hui convaincue, comme chaque jour depuis que ma route avait croisé la sienne. Les doutes s'étaient envolés depuis bien longtemps, et ne faisaient dorénavant plus partie de mon quotidien. Plus une seule seconde. Je n'avais pas hésité avant de lui dire oui. Une promesse qui jalonnerait l'intégralité de mon destin, mais que j'étais tout bonnement incapable de regretter. Une telle évidence m'éblouissait parfois. M'éblouissait toujours. D'une lumière joliment dorée qui ne deviendrait jamais obscurité.

Je le laissais parler, incapable de couper la véracité de ses paroles, qui s'écoulaient de lui comme si elles étaient de superbes évidences. Il était loin, le temps où nous craignions de nous avouer la vérité, ou nos sentiments devaient rester à l'intérieur de nous et ne pas se risquer jusqu'à la frontière de nos lèvres. Désormais, nous étions des amants et des amours, nous nous disions tout ce qui rôdait sur nos cœurs. Plus aucune question à se poser. Simplement des réponses à s'offrir. « Le temps va passer à une vitesse folle mais je suis tellement impatient. Notre vie sera tellement parfaite, je ne vois pas comment je pourrais être plus heureux. Si tu savais, seulement... » Il avait parfaitement raison. Suffoquant sous le bonheur, je n'aurais pu l'être davantage. Il avait su m'apporter l’apaisement et tout ce qu'il manquait à mon nirvana. Il était tout à mes yeux. Absolument tout. A tel point que je n'imaginais même pas un avenir radieux sans sa douce présence, qui avait su se faire nécessaire, comme de respirer ou de manger pour vivre. « Je fais plus que savoir, je le ressens aussi. Je ne voudrais passer ma vie avec personne d'autre que toi. Et peu importe si nous avons à affronter des coups durs, on y arrivera, ensemble. » Ensemble, comme le mariage nous promettait de finir nos jours. Ensemble, toujours ensemble. Pour l'éternité. N'était-ce pas une clause même de cette alliance 'divine' à laquelle nous nous apprêtions à celer nos âmes ? Je ne me trompais pas. Il ne faisait pas non plus d'erreur. Nous nous unissions pour notre amour, pour cet enfant, mais surtout pour nous. Comme si, désormais, plus rien d'autre ne manquait à notre bonheur.

Puis il ne tarda pas à orienter de nouveau la discussion sur les détails des préparatifs pour la cérémonie. Qui inventer, qui assoir à côté de qui à table, à quel traiteur laisser le soin de nous préparer un repas absolument parfait... ; tant d'interrogations agaçantes qui prenaient un temps démesuré mais qui nous assuraient un moment absolument parfait. Il fallait qu'il le soit, qu'il demeure un instant mémorable pour nous comme pour nos invités. « Il faudra peut être songer à la faire faire sur mesure après la naissance, à quelques semaines avant le mariage ? Peu importe que cela coûte cher si c'est pour rendre la cérémonie inoubliable. On ne se marie pas deux fois. » Non, certainement pas deux mariages. J'étais de cette vieille Angleterre, de ses épouses modèles qui refusaient ne serait-ce que la honte d'une vie de famille ratée, semblable à un fiasco légendaire. Je voulais mon destin proche de la perfection, et ferais tout pour y parvenir. J'avais déjà trouvé l'homme idéal, que me fallait-il de plus ? Il n'y aurait jamais deux mariages, c'était une certitude. Alors, Nicolas avait raison. Et le patriarche des Faure, si heureux d'avoir trouvé un nouveau de sa famille si digne de lui, ne s'y opposerait probablement pas. Lui aussi voulait le meilleur pour nous, à tel point qu'il n'était jamais très regardant sur la quantité d'argent qu'il fallait sortir de son porte-feuille. Et c'était sans compter sur les moyens plus que convenables de Nicolas, et, à moindre mesure, les miens. Nous n'avions réellement aucun soucis à nous faire de ce côté-là, c'était une garantie que j'avais prise peu après le réel début de ma relation avec Nicolas. Un point que moi, Mélanie Delacre, je ne pouvais décemment pas négliger. « Je respecterai la tradition bien entendu. Ne nous portons pas la poisse, on ne sait jamais. » Je me surpris à répondre à son sourire avec douceur, jetant un œil à nos doigts entrelacés sur la table. Ma bague y brillait de mille feux, une bague splendide qui était le signe même du commencement d'une vie toute aussi brillante. Le cadeau annonciateur d'une existence parfaite aux côtés de sir Faure. Nous avions tout du cliché du nouveau couple étouffé d'amour, et je m'amusais rien qu'à imaginer les regards envieux autour de nous, de tous ses pseudos-riches bouffis d'une hypocrisie rance et mordante. A une époque, j'aurais aimé être de leur monde. Maintenant, et grâce à Nicolas, je pouvais m'offrir les avantages de cette société morbide, en omettant les inconvénients. Moi, j'avais trouvé l'amour. Un amour qu'ils ne pourraient probablement pas s'acheter, malgré toute la bonne volonté du monde.

Avec un sourire dessiné sur le visage, je reportai mon attention sur Nicolas, assis en face de moi. Nos doigts entrelacés m'apportaient une confiance absolue en lui et en l'avenir. Je n'en manquais pas, évidemment, mais chaque marque de tendresse et d'affection était une évidence de plus qui allait dans ce sens. Brutalement, je revins au sujet de la robe de mariée. Un problème qui, en vérité, n'en était pas vraiment un.. ou un moindre. « Oui, c'est ce que je vais probablement faire. A vrai dire j'ai déjà trouvé la robe qui fera mon bonheur. » A mon tour, je le gratifiais d'un clin d’œil, attisant probablement sa curiosité. C'était vrai, j'avais eu un réel coup de cœur pour l'une des robes de la boutique, splendide création d'un beige merveilleux, bustier qui devrait me mettre superbement en valeur. Il ne me restait plus qu'à trouver coiffure, bijoux et maquillage, des problèmes qui passaient en second plan alors que Nicolas, déjà, abordait le sujet que j'avais voulu éviter pour lui épargner tout désagrément ce soir. Finalement, il y était venu de lui même, délaissant le visage clos qu'il arborait pourtant souvent dès lors qu'il en parlait. A vrai dire, son apaisement me surprenait. « Je pense que l'on devrait faire notre liste définitive. Je vais inviter Tristan, et Laureline, avec leurs compagnons et ils viendront s'ils le désirent. Je n'aurais rien à me reprocher, comme ça, et ça résoudrait pas mal de nos problèmes d'organisation ? » Je le regardai, bouche-bée, incapable de savoir instantanément la bonne manière de réagir. A ce sujet, je n'avais véritablement aucune certitude. Parfois, il en était plus blessé que d'autre, et je devais tâcher de deviner l'indéchiffrable sur son visage. Cette fois pourtant, alors que les cœurs étaient à la sincérité, je rapprochai nos deux mains entrelacés de mon visage, avant de le fixer droit dans les yeux, l'empêchant de s'extirper de mon attention. « Quoi qu'il arrive, tu n'auras rien à te reprocher, Nicolas. Ils ne sont rien. S'ils ne savent pas reconnaître que leur frère est un homme incroyable, alors ils ne valent absolument rien. Surtout pas que tu te préoccupes d'eux. » Je déposai un délicat baiser sur la main qu'il m'avait abandonné, et c'est cet instant que choisit le serveur pour nous apporter nos plats. Dans un soupir bruyant, incapable de ne pas lui laisser entendre mon mécontentement pour avoir été ainsi interrompue dans un tel moment, je lâchais pourtant sa main, laissant ainsi au serveur tout le loisir de déposer notre repas sur la table. De la délicieuse viande.. bon sang, qu'est-ce que j'avais faim ! Pourtant, avant de me jeter sur le plat et d'oublier toute bienséance, je reportai à nouveau mon attention sur Nicolas. « D'accord ? » Je me doutais bien qu'il n'oublierait pas ainsi ses lourds problèmes de famille, j'essayais simplement de l'apaiser. Comme j’apaisai désormais mon ventre, qui ne tarderait pas à m'en remercier. « Délicieux ! » laissais-je échapper, la première bouchée avalée.
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MessageSujet: Re: home to you → Mélaniiiie    Lun 17 Déc - 22:46

Les banalités presque logiquement s'effacent au profit de sujets moins agréables. Je me souviens avoir retrouvé le visage de mon père et en avoir éprouvé, à l'époque, une joie sans faille. Comment réagir autrement ? Ma mère m'a élevé dans la confiance d'aveux peu avouables qui l'ont conduite à me révéler bien rapidement qu'elle avait volontairement dissimulé mon existence à celui qui était mon père et qu'elle ne comptait pas m'aider à le retrouver avant que je ne sois en âge - raisonnablement en âge - de le rencontrer sans m'en trouver chamboulé. Je n'avais pas eu de psychodrames familiaux du style, mon fils, ton père est mort quand tu avais trois jours, ou encore il est parti parce qu'il ne voulait rien d'autre de moi que du sexe. Ma mère m'avait présenté les faits, m'assurant qu'elle était, depuis toujours, une femme forte et indépendante qui n'avait besoin de personne pour élever un fils comme moi et me mener, naturellement, à la grandeur d'âme qu'elle s'attendait à ce que je répande. La raison principale qui l'avait poussée à partir sans demander son reste était que l'autre femme, elle aurait sans doute besoin d'une épaule sous laquelle s'appuyer, surtout pour s'occuper de jumeaux.Ma mère a toujours très bien réussi à se faire passer autant pour l'héroïne que pour la femme bafouée, psychologiquement forte mais qu'on n'aide pas franchement à faire confiance aux hommes. Je l'ai d'ailleurs toujours vue comme un pilier de ma vie, jusqu'à ce que je ne quitte le nid pour me donner tout entier à Mélanie où les rôles se sont non pas inversés, mais au moins égalisés. De fils protégé et protecteur, je suis passé amant serein et fort, à l'instar de ce que ma mère m'a toujours appris à être. Et finalement, quand elle a estimé que le temps était venu, là elle a décidé de me parler de ma famille, de mes origines, et de mon père. Une fois son prénom divulgué - presque arraché à son secret - et avec l'aide non négligeable du nom de famille que je lui ai volé, il n'a pas fallu très longtemps pour que je retrouve sa trace. Homme d'affaire célèbre, propriétaire d'un hôtel de gros luxe victime d'une prise d'assaut récente. Une fois établi à Londres et embauché par Alan dans son gros cabinet, il ne m'a pas fallu patienter trop longtemps avant d'estimer que le moment était venu pour moi de me présenter devant lui pour lui expliquer le contenu de l'histoire. Il m'a semblé d'ailleurs, que le prénom de ma mère ne le laissait pas indifférent. Non pas qu'il ait conservé un quelconque bon sentiment à son égard ou en quoi que ce soit, plutôt une espèce de regret, d'interrogations. Ma mère de son côté, a toujours refusé d'établir le contact de nouveau, prenant le parti de rester éloignée de l'histoire. Ensuite, Gregory m'a raconté qu'il avait effectivement deux enfants, des jumeaux, mais qu'il était divorcé et fréquentait une nouvelle femme, Calypso. J'ai compris tout de suite je crois, que le passage devant les jumeaux ne serait pas aisé. En lisant les diverses dépèches ou articles que j'ai pu trouver, dans la presse ou ailleurs, sur des blogs étudiants vaseux, sur Tristan ou Laureline, et en apprenant que mon demi-frère (que j'appellerai comme ça qu'il le veuille ou non) était marié à son cousin, j'ai immédiatement retracé la différence de culture et d'éducation entre nous. Pourtant, ce dernier point m'a paru jouer en ma faveur ; puisque les conventions ne semblaient pas être le dada familial, alors un nouveau membre à ajouter à la famille n'aurait pas du être si difficile que ça à intégrer. Et pourtant, je ne me suis jamais autant trompé.

Il y a de ces images qui vous marquent à vie ; je crois que le visage de Tristan lorsqu'il a réalisé que j'étais son frère fait partie intégrante de ces moments particuliers qui ne s'effaceront jamais de ma mémoire. Je ne sais pas exactement qui il a eu le plus envie de tuer sur le moment, moi ou Leroy-Duchesne qui n'avait pas fait le lien, toujours est-il que le choc du moment a du lui laisser, à lui aussi, un souvenir impérissable. J'ignore quelle a été la réaction de Laureline en direct puisque je n'ai même jamais eu l'occasion de la rencontrer ou de lui parler un seul instant. Je ne sais pas si l'occasion se présentera, pour l'instant en tout cas je laisse mon père s'occuper de ses propres relations avec ses enfants qui en a déjà pris un coup et je me contente de m'occuper de ma famille à venir, qui elle me semble nettement moins désespérée que celle que je pensais déjà avoir. Alors oui, finalement, qu'importe que les courriers d'invitation se perdent, soient ignorés, ne trouvent de réponse, et qu'importe que trois ou quatre sièges restent inoccupés le jour de la cérémonie. Au moins, j'aurais rempli mon seul devoir : être un frère disponible et pas fermé. Qu'importe le reste, ils ne m'avaient pas manqué pendant toutes ces années et ça continuerait d'être le cas. Le principal était, bien évidemment, que je sois marié et heureux à la fin de la journée et que celle qui va devenir ma femme le soit aussi. Et notre bonheur ne dépend que de nous, et pas franchement de la présence des autres. Mon père sera là sans aucun doute, et ma mère aussi, c'est à priori tout ce qui compte pour moi et je n'ai pas franchement besoin d'autre chose.

Car oui, c'est bien là que sont les choses qui comptent. Même si le mariage n'est qu'une formalité substantielle de notre vie de couple, même si je n'ai pas besoin de dire oui pour lui dédier ma vie et passer près d'elle le restant de mes jours, il me semble que cette étape que l'on célébrera tous les deux ne sera que le point de départ à une vie commune heureuse, stable, mais surtout à une vie d'adulte sans précédent. Le fait de savoir que je vais devenir père et avoir la vie et l’éducation d’un enfant entre les mains ne manque pas de charme évidemment, mais c’est aussi un sujet d’angoisse que je ne peux pas démentir. Je sais qu’il est difficile d’être parent, et je sais aussi qu’on a les parents qu’on mérite. Je ne veux pas être un de ces pères trop stricts, trop évasifs, trop présents ou trop absents, et trouver le juste milieu relève bien évidemment du défi personnel. Cependant, je serai merveilleusement bien épaulé et c’est là le principal motif d’apaisement que je me trouve : Mélanie sera une mère formidable, j’en suis d’ores et déjà convaincu. Je ne sais pas ce que deviendra notre enfant, ni même comment je m’y prendrai avec lui, mais j’ai au moins l’assurance qu’il aura une bonne mère qui fera toujours tout ce qu’elle peut pour faire de son mieux au niveau affectif, relationnel et de l’éducation.

Merveilleuse mère et merveilleuse femme, ma vie ne pouvait pas être mieux réglée qu’aujourd’hui même. Elle joint nos mains et monte l’ensemble jusqu’à sa joue pour rassurer discrètement mes angoisses, avec cette même pudeur qui fait sans doute que je l’aime tant. En ça, elle a toujours différé des autres filles intéressées au lycée, ou à la fac. Plus naturelle, plus classe sans être outrageusement provocatrice. Pas comme ces lauréates des bancs d’Assas qui revendiquaient leur excellence en faisant courir des rumeurs les unes sur les autres et en cherchant purement et simplement un bon parti qu’elles pourraient castrer tranquillement pendant les dimanches d’ennui. Le monde de la bourgeoisie parisienne est finalement assez prévisible, et c’est sans doute l’aspiration de Mélanie à devenir une femme du monde tout en conservant son caractère pur, presque innocent, qui m’a séduit chez elle dans un premier temps. Il n’a jamais été question de couches de maquillage sans fin ou d’artifices pénibles ; juste d’une beauté naturelle qui ne se cache pas et se connaît bien, qui ne revendique rien mais qui propose plutôt. « D’accord », je réplique en acquiesçant lentement pour donner mon assentiment. Préparons les choses, il est l’heure maintenant de se détacher des problèmes sans importance pour faire face à ce qui est à la fois nettement moins problématique et beaucoup plus important. Le serveur revient et abandonne nos plats sur la table. Ma future épouse lance une remarque pleine d’appréciation et je souris en dépliant ma serviette pour la poser négligemment sur mes genoux, remplissant nos deux verres d’eau. Le plat, que j’ai bien rapidement fait de goûter, est évidemment délicieux comme on était en droit de s’y attendre en venant dîner ici. J’inspire et ferme les yeux quelques courts instants pour profiter de la sensation délicieuse de la viande de qualité qu’on m’a servi. J’adore, moi aussi, être riche et pouvoir profiter de plaisirs tels. Réellement.

« Au fait, tu as déjà pensé à des prénoms qui te plairaient ? » Je souris doucement en reposant ma fourchette pour avaler une gorgée d’eau. « Ma mère me harcèle pour qu’on appelle notre enfant Madeleine, comme elle, si c’est une fille, mais je l’ai avertie déjà qu’il en était hors de question, je suppose qu’elle n’a qu’à se faire à l’idée ». Je ne veux pas risquer de froisser mon épouse et ma mère n’a pas franchement son mot à dire là-dedans. « On n’a d’ailleurs jamais parlé du fait que tu veuilles ou non savoir le sexe de notre enfant avant l’accouchement ? » Je hausse un sourcil curieux, je n’ai que faire de le savoir avant ou pas, je préfère qu’elle se prononce elle-même sur la question. « Je suis en tout cas pour ma part vraiment largué, niveau prénoms… » Je ris un peu et récupère ma fourchette pour entamer plus sérieusement ma viande.
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