Ton âme boite, mais toi tu crois courir

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MessageSujet: Ton âme boite, mais toi tu crois courir   Jeu 11 Oct - 12:37

Le cours de danse s’achève vers vingt heures, et je m’étire un peu, fatigué. Le temps de rejoindre mon appartement, et il sera probablement près de vingt et une heure, ce qui ne me laisse que peu de temps pour manger et me préparer pour un petit concert privé qui a lieu au 12 bar Club ce soir dans les environs de vingt deux heures trente. Je récupère ma veste et croise Stowe, qui vraisemblablement a décidé de goûter aux plaisirs de la vie en communauté en résidant dans l’internat de l’école. Je ricane intérieurement, ou presque et commente. « Tu devrais te dépêcher, la cantine va fermer. » Je hausse les épaules, certes un peu moqueur. Je crois que nous pourrions faire tous les efforts du monde pour rester dans la cordialité qu’il resterait entre nous toujours cette envie irrémédiable de s’opposer à l’autre le temps de joutes verbales toujours plus poussées. Notre passé oblige, je suppose que nous ne sommes pas vraiment prêts à devenir de bons amis, admirant mutuellement le talent de l’autre. Il faut se faire une raison. « Salut Murray, ça fait longtemps. » En réalité, pas plus de cinq minutes puisqu’on fait partie de la même classe, mais il est vrai que c’est la première fois que nous avons l’immense plaisir de nous retrouver tous les deux. Maintenant que January est là pour m’accompagner dans les exercices, ce n’est plus vraiment comme si j’avais besoin des aptitudes extraordinaires de Stowe et donc de lui adresser la parole. « Tu as raison, je vais me speeder un peu, ça serait dommage que je ne puisse pas manger ce soir. » Tellement dommage effectivement. « Epinards, steak haché et fromage blanc, comment louper ce repas de gala. »

Bien entendu, Carolyn n’est pas sans trouver quelque chose à dire à cela, et cela ne m’étonne pas plus que ça.  « Tu me croiras si tu le veux, mais le fromage blanc de l’école est pas si mauvais. Et il a un bon aérodynamisme, il vole bien quand on se sert de sa petite cuillère comme catapulte. » Je lève les yeux au ciel, quelle gamine, j’ai du mal à croire que ce soit seulement possible. Me voici donc face à la terreur de l’internat, ne lui manque plus que la casquette retournée pour parfaire l’image fort peu glorieuse que je suis en train de former dans ma tête. Ah les basses classes d’Oxford, il ne fallait pas vraiment s’attendre à une maturité exceptionnelle, mais celle-ci m’étonnera toujours. « Je suis impressionné, une vraie terreur. » Elle renchérit bien évidemment avec beaucoup de volonté, elle va finir par décidément manquer l’heure du dîner dans ce misérable internat, et l’occasion de bombarder de fromage blanc ses petites camarades de chambrée. « Wesh gros, Oxford représente si si, j'viens d'la té-ci moi, Lynroca en verlan ouaiiiis. »  Je grimace, mais elle s’amuse comme une petite folle. « Bonne soirée Lynroca, je te souhaite de toucher le maximum de personne avec ton fromage blanc, je pense que je vais commander japonais et aller au 12 Bar Club ce soir. Je penserai à toi à l’extinction des feus à 22H. » Elle cesse de ricaner et commence plutôt à se plaindre. « Mais… attends. Tu vas pas me laisser toute seule si ? Tu ne perçois pas ma détresse ? » J’ignore si elle est sérieuse, mais ses talents d’actrices ont toujours été déroutants. « Murray, Cambridge, Lysander, steuplé, m’abandonne pas, tu sais pas à quel point c’est horrible ici. » Je fronce un peu les sourcil et tapote son épaule. « Tu ne vas pas me dire que tu craques déjà au bout d’un mois. C’est vrai qu’à Oxford la chorale t’as pas tellement habituée à travailler, mais faut prendre le rythme Stowe! »
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Dernière édition par Lysander Tybalt Murray le Jeu 11 Oct - 12:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ton âme boite, mais toi tu crois courir   Jeu 11 Oct - 12:48

Assise sur l’un des bancs de pierre qui meublent le patio de l’école, je relis une dernière fois mon cours d’histoire de la musique. C’est bien la première fois que je stresse pour un contrôle. La cloche sonne vingt heures. Je range mes affaires et me promets de ne plus y toucher avant l’épreuve de demain après midi. Je dois profiter du temps libre qu’il me reste pour évacuer ma tension. Je charge mon sac sur mon épaule et prends le chemin du réfectoire, obéissant pour une fois à mon ventre gémissant. « Tu devrais te dépêcher, la cantine va fermer. » Je lève les yeux au ciel, ne reconnaissant que trop cette voix hautaine. « Salut Murray, ça fait longtemps. » C’est vrai, j’ai du compter sur ma chance pour ne pas être tombée sur lui depuis la rentrée. « Tu as raison, je vais me speeder un peu, ça serait dommage que je ne puisse pas manger ce soir. » Je m’efforce de garder un ton calme et courtois pour ne pas lui sauter à la gorge. Il continue sur la même lancée moqueuse. « Epinards, steak haché et fromage blanc, comment louper ce repas de gala. » Je serre les dents et me force à sourire. Il n’a pas changé, et dans un sens ça me soulage. Aussi étrange que cela puisse paraître, il me sert de base, de carburant. Sa présence me pousse à toujours donner le meilleur de moi-même, elle me rappelle pourquoi je suis dans cette école. « Tu me croiras si tu le veux, mais le fromage blanc de l’école est pas si mauvais. Et il a un bon aérodynamisme, il vole bien quand on se sert de sa petite cuillère comme catapulte. » Mon sourire se fait malicieux, signe que oui, j’ai déjà testé la propulsion de dessert sur les garces qui m’entourent. Puéril certes, mais tellement bon. Comme prévu, il semble exaspéré, je ne peux m’empêcher de rire. « Je suis impressionné, une vraie terreur. » Je secoue la tête, toujours en riant. C’est difficile de l’admettre mais il m’avait manqué. Je poursuis, toujours dans le même registre de l’auto-dérision. « Wesh gros, Oxford représente si si, j'viens d'la té-ci moi, Lynroca en verlan ouaiiiis. » Cette fois, je me mets à littéralement pleurer de rire. Je suis sur les nerfs depuis la rentrée, ça fait du bien de dire un peu n’importe quoi, et quoi de mieux que de le faire devant Lysander Murray. Il m’a vue dans tellement de situations incongrues que je n’ai plus honte de rien face à lui. Il n’a pas l’air particulièrement amusé. « Bonne soirée Lynroca, je te souhaite de toucher le maximum de personne avec ton fromage blanc, je pense que je vais commander japonais et aller au 12 Bar Club ce soir. Je penserai à toi à l’extinction des feus à 22H. » Je cesse de rire. « Mais… attends. Tu vas pas me laisser toute seule si ? Tu ne perçois pas ma détresse ? » Je prends une mine malheureuse qui toucherait même l’homme le plus insensible de l’univers. « Murray, Cambridge, Lysander, steuplé, m’abandonne pas, tu sais pas à quel point c’est horrible ici. » Il paraît désarçonné. « Tu ne vas pas me dire que tu craques déjà au bout d’un mois. C’est vrai qu’à Oxford la chorale t’as pas tellement habituée à travailler, mais faut prendre le rythme Stowe ! » Je grogne, secoue la tête. « Je ne te parle pas du boulot, je te parle des gens. Toujours à vouloir attirer l’attention, ils se sentent si supérieurs, ils n’ont peur de rien, ils sont tellement… tellement comme nous. Tu ne sais pas toi, moi je les côtoie tout le temps. » Je lui lance un regard plein de détresse et saisit le devant de son tee shirt. « Emmène-moi loin d’eux Murray. »

uc
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