INTRIGUE : réunion de pré-rentrée

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MessageSujet: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Mer 3 Oct - 19:05


INTRIGUE OXFORD
réunion de pré rentrée

Comme chaque année à Oxford parce qu'on est une université qui aime se targuer d'être l'une des meilleures du monde, le doyen et Mark Buckley se sont divisé les élèves dans deux grands amphithéâtres afin de faire un long et très barbant discours sur la grandeur d'Oxford et les challenges à relever cette année, présentant l'administration et les divers clubs artistiques comme la chorale ou encore le club de théâtre. Barbant discours de pré-rentrée vous avez dit ? C'était sans compter l'intervention des troublemakers. Après avoir coupé le jus d'une attraction à sensation et inondé Bonnie d'un liquide rouge qu'on ne préfère pas identifier, ils ont décidé de marquer votre rentrée en remplaçant le tabac contenu dans les cigarettes de Mark par du cannabis. Voilà qui promet d'être intéressant surtout que ce n'est pas le seul tour prévu au programme par nos troubles fêtes ! Tiens tiens, voilà Mark qui s'avance.




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[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

♪ I think I'm gonna be sad, I think it's today, yeah. The girl that's driving me mad is going away. She's got a ticket to riiiide, she's got a ticket to riiiiiide, she's got a ticket to ride, but she don't care. ♫


Dernière édition par Sergent Pepper le Mar 26 Mar - 0:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Ven 5 Oct - 9:58

J’ouvre les yeux exactement une minute avant la sonnerie de mon réveil, persuadé d’avoir entendu des pleurs de bébé. Je reste aux aguets un instant, les yeux ouverts dans l’obscurité mais rien, pour une fois, l’appartement est on ne peut plus silencieux. Je souris et désactive le réveil posé sur ma table de nuit pour ne pas risquer de réveiller Garance qui dort paisiblement de l’autre côté de lit. Je sors discrètement de la pièce en priant pour que Benjamin et Louise me laisse le temps de prendre un café avant de réclamer mon attention. Une fois dans la cuisine, j’enclenche la machine et au moment où les premières gouttes de café tombent dans la tasse, des pleurs se font entendre. Avant d’aller voir les enfants, je fais un rapide détour par notre chambre à coucher pour murmurer à Garance qui, machinalement, s’était redressée dans un demi-sommeil : « Tout va bien ma chérie, je m’en occupe ! » J’allume la lumière de la chambre des enfants et prends Louise dans mes bras pour la bercer doucement. Je lui chuchote à l’oreille : « Chut chut chut, on va essayer de ne pas réveiller ton frère et on va gentiment aller prendre un biberon. » Je retourne dans la cuisine avec Louise qui se calme peu à peu dans mes bras. Je m’assois sur un tabouret haut en donnant à manger à ma fille. Pour la première fois de ma vie, l’idée de reprendre le travail après les vacances d’été ne m’enchante guère. Le rythme de la famille va évidemment changer, c’est Garance qui s’occupera des enfants à la maison pendant que je serais à l’université. Elle a accepté de travailler à la maison pendant les premiers mois de nos enfants, ce qui ravit Monsieur et Madame de Maison-Neuve qui rêvent sûrement encore que leur fille soit une mère de famille et femme au foyer comblée. Bien sûr, Garance n’a pas même envisagé l’hypothèse de quitter son boulot, elle continue à écrire ses articles entre deux biberons et deux couches à changer. Garance, le visage encore un peu endormi, nous rejoint dans la cuisine. « Allez, Maman prend la relève, on va laisser Papa se préparer ! » J’embrasse Garance tandis qu’elle prend Louise dans ses bras. « Ben dors encore, c’est un miracle qu’ils ne se soient pas réveillé en même temps ! » Je jette un dernier coup d’œil dans la chambre des enfants où Benjamin dort encore paisiblement et file à la salle de bain. Une fois propre, rasé et habillé convenablement pour la réunion de pré-rentrée, j’embrasse Garance et dit en enfilant ma nouvelle veste de costume acheté spécialement pour cette rentrée 2012 : « Si tu as le moindre problème avec Benjamin et Louise tu m’appelles hein ! » Elle me fait signe de ne pas m’inquiéter et je descends quatre à quatre les escaliers de l’immeuble pour monter en voiture. Le trajet jusqu’à l’université n’est pas long et j’ai le temps d’allumer la radio qui joue Alabama Song, me rappelant, je ne sais pourquoi, la rentrée dernière. Après m'être garé, je file dans la salle des professeurs pour prendre un café et récupérer les paquets de cigarettes que je laisse sur mon lieu de travail puisque Garance refuse de voir un paquet à la maison. Sur le chemin je croise quelques collègues qui me saluent, prennent des nouvelles des enfants, passent le bonjour à Garance et m'encouragent pour le speech de pré-rentrée que je dois faire dans une petite demi-heure. Cette année, le doyen m'a désigné pour lui servir de bras droit. Je descends dans la cour de l'université pour fumer une cigarette avant la réunion. Une fois dehors, je m'adosse contre un mur éclairé par le soleil matinal. A la première bouffée, je reste étonné devant l'étrange gout de cannabis qui émane de la cigarette que j'ai entre les doigts. L'odeur n'est, de plus, pas trompeuse. Mais c'est absolument impossible que mes Lucky Strike est un gout de joint. Une seule solution, la fatigue m'a fait confondre gout et odeur et ce sont les jeunes gens à côté de moi qui fument autre chose que des clopes avant la réunion. Je me tourne vers le groupe d'étudiants à ma gauche et le dit avec un ton mi sévère mi amusé : « Dis donc les jeunes, attendez au moins le milieu de l'année pour fumer des joints devant l'université avant votre première heure du matin, c'est moi qui gère l'Amphi B cette année en plus et je n'ai pas envie de m'adresser à des légumes ! » Je tire encore sur ma cigarette et essayant de me persuader que le gout d'herbe est uniquement un fantasme. Il est vrai que cela fait bien longtemps que je n'ai pas touché à une drogue quelconque. Depuis mon mariage avec Garance il y a treize ans en fait... Et l'interdiction de fumer à la maison ne fait que renforcer la nostalgie de mes jeunes années. J’avais fait exprès d’arriver à l’université quelque peu en avance pour avoir la possibilité de revoir quelques points de mon discours si besoin, mais à la fin de ma première cigarette, je me sens confiant. Peut-être un peu trop même, pour quelqu’un qui a appréhendé cette rentrée toute la semaine. Pour passer le temps et ne plus penser à ce discours, j’allume une autre cigarette, qui a, évidemment le même gout que la première. Le doyen, qui traverse la cour pour entrer dans le bâtiment me dit : « Nous aurons dix minutes de retard Mark. » Très bien, parfait, juste le temps pour une dernière cigarette. Tous les sièges ou presque sont pleins lorsque je pénètre dans l’amphithéâtre B. Sans perdre une minute, je m’avance vers l’estrade et m’adosse au bureau. Il n’empêche que j’ai la tête qui tourne un peu… Je regarde bouché bé l’assistance et après l’arrivée des derniers retardataires, je commence mon discours. « Mesdames et messieurs, jeunes filles et jeunes hommes, chers étudiants. » Pause. Je ne sais pas du tout où je dois en venir avec ce discours… Je décide d’improviser comme je peux, l’inspiration viendra peut-être… « Bien le Bonjour, ou Bonsoir, ou comme vous voulez !» J’ai l’air enthousiaste, un peu trop enthousiaste même par rapport à la situation mais j’ai du mal à trouver mes mots. « Si nous sommes ici en cette heure si matinale... Bien trop matinale à mon gout, je ne sais pas ce que vous en pensez mais si j'étais doyen, j'interdirai les cours si tôt le matin, c'est scandaleux. » J'explose de rire en me rendant compte du ton de campagne présidentielle que je viens de prendre. « Mais je ne suis pas doyen, ce qui est bien triste, je vous l'accorde mais c'est sûrement parce que je suis encore trop jeune et trop séduisant... Mais enfin si vous voulez mon avis il s'agit clairement de discrimination ! Or nous sommes tous contre la... » Dieu que ce mot est compliqué à articuler. Je dois m'y reprendre à plusieurs fois pour qu'il sorte compréhensible de ma bouche. « Di-scri-mi-na-ti-on. Alors aujourd'hui, tous ensemble, tous unis dans cet amphi B, nous allons nous révolter ! » Je ne sais comment, je me retrouve debout sur le bureau face à tous les étudiants. « Je fatigue donc je vais maintenant écouter VOS arguments, VOS revendications, parce que je sais que vous en avez ! Ne soyez pas timides, on peut parler de tout et n'importe quoi, ça restera entre nous. Et n'oubliez pas, un monde nouveau et meilleur est possible, alors commençons par cette université, ensemble nous pouvons faire changer les choses! Je vous écoute... »


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Mer 10 Oct - 19:26

La rentrée à Oxford me met toujours d’excellente humeur, pas que je n’apprécie pas les vacances, mais je suis particulièrement heureux de pouvoir la passer une fois de plus avec les gens que j’aime. Caro sera aux abonnés absents, mais le fait d’avoir Andrea avec moi, me rassure quelque peu et c’est donc avec une certaine joie de vivre que je prépare rapidement le petit déjeuner. Je dresse le couvert sur le table en verre, et me laisse tomber devant mon café déjà douché et habillé. Le temps à l’extérieur est plutôt grisâtre, voilà qui devrait inciter monsieur Leroy-Duchesne à mettre son joli pull bleu marine. En vérité, la combinaison spatiale serait sans doute plus de rigueur quand on sait que les troublemakers seront forcément de la partie. L’intitulé sur leur blog est plutôt clair et on ne sait jamais tellement à quoi s’attendre avec eux. D’ailleurs il y a du remue ménage dans la salle de bain, ce qui m’indique que son altesse a enfin daigné se lever, je souris un peu en avalant une gorgée de café. Quelques minutes passent au gré de mes tartines beurrées et il s’installe près de moi après un rapide baiser. « Tu as bien dormi ? ». Je hoche la tête et m’étire un peu. « Oui. Je suis heureux qu’on fasse ça ensemble une année de plus. » Je lui tend une tartine, et termine la mienne. Egoïstement, cette situation me ravit, et j’espère que le calme obtenu ces dernières semaines est bien là pour durer, qu’il ne sera pas amené à regretter sa décision. Il y a beaucoup de choses que j’aimerai faire cette année, et en particulier prendre de bonnes résolutions quant à ma vie en dehors de mon mariage. Je n’ai pas toujours pris les bonnes décisions, parfois au détriment de mes amis et des activités que j’avais l’habitude de pratiquer en dehors. « Moi aussi je suis heureux ». Il prend une gorgée de café, et pose sa main sur la mienne. Je frisonne un peu et souris. « Même si tous nos amphi sont séparés cette année ». Je presse un peu sa main et commente. « Je suppose que ça cultive, le désir de se retrouver plus souvent entre tes cours barbants de droit pendant les interclasses... » L’allusion est abominablement perverse. « Quoi qu’il en soit, je pense pas que ce soit négatif, de faire des choses séparément, ça cultive l’intérêt qu’on a l’un pour l’autre. Ainsi je vais te laisser le club de Théâtre cette année, on ne va pas se chamailler pour un premier rôle d’autant plus que Melle Castelli semble avoir un jugement tout à fait biaisé, en revanche il est hors de question que je renonce à la présidence de l’association Oxbridge, même si cela signifie, organiser des soirées avec cette très désagréable Tara Dayris, et m'absenter plus souvent. »

Je préfère le prévenir. L’année dernière était un peu l’année des repérages pour un Leroy-Duchesne, mais je ne doute pas du fait qu’Andrea puisse désirer prendre plus d’importance dans la vie de l’université, nous avons eu toujours cette fâcheuse tendance à poursuive les mêmes buts, mais c’est aussi sans doute ce qui nous rapproche. A dire vrai, je ne cherche pas à ce qu’il abandonne, si compétition il doit y avoir entre nous, je lui fais confiance pour ne pas se priver de la mener de la meilleure manière qui soit, tout ça se réglerait de toute façon d’une manière ou d’une autre. Inutile de préciser laquelle serait la plus plébiscitée. « Je suis très doué en théâtre c’est la seule raison qui justifie son jugement biaisé » Je ricane un peu, et le coupe, mais il ne m’écoute pas. « Elle a envie de toi, ça se voit. » Je secoue la tête et bois une énième gorgée de café. « La présidence de l’association Oxbridge n’est pas quelque chose que je prise. Surtout avec le stage à Londres et tout le reste… Par contre je compte m’inscrire comme tuteur pour le tutorat, cette année » Je hoche la tête, m’abstiens d’émettre également mes réservations sur tout ce qui est des élections de présidence d’association étudiante. Si les capacités d’Andrea dans l’art d’organiser des soirées sont bien en dessous des miennes, je dois avouer qu’il serait un concurrent sérieux pour tout ce qui se rattache à l’administration. « Veille quand même à ne pas trop trop cultiver ton intérêt pour moi en passant ta vie tout seul, d’accord ? » Il se lève et débarrasse, je l’imite et embrasse sa tempe au passage. « Tu ne me laisserais pas faire de toute façon. » « En effet, je ne te laisserai pas te débarrasser de moi. » Il prend une légère inspiration. « On est vraiment en avance », Je me laisse entraîner dans la salle de bain, et nous regarde avec un sourire amusé dans la glace. Je n’ai pas de mal à imaginer les pensées qui le traversent, mais me saisis du peigne, pour remettre en place mes cheveux un peux trop rebelles. Je me tourne vers lui et lui tend l’objet en murmurant d’une voix sucrée. « Mais pas assez en avance pour ça. » J’embrasse sa joue et m’asperge de parfum avant de le laisser terminer sans mon aide, loin de la tentation de perdre quelques bonnes minutes de plus ici.

Il finit par me rejoindre, et nous prenons le chemin de l’université, bras dessus, bras dessous, et ce pour ma part, avec une certaine fierté. Je salue les gens que je connais, et ignore ceux que je n’ai jamais voulu connaître. C’est ainsi que nous échouons dans l’amphi B, ou le professeur Buckley d’une humeur inébranlable semble prêt à en découdre avec l’administration de la fac qui n’a pas l’air de lui convenir du tout ce matin. A moi non plus d’ailleurs, et puisqu’il se propose pour changer les choses, c’est assez moqueur que je lance. « Je propose qu’on supprime la chorale d’Oxford, il va sans dire que le niveau s’affaisse d’année en année et ridiculise chaque fois un peu plus notre prestigieuse université lors des compétitions de fin d’année. » Je souris rayonnant de médisance et ajoute, pour la forme. « Malgré les efforts louables, de Miss Steele. » Ce n’est pas tous les jours, qu’on a face à soi, un professeur de littérature qui abuse des produits bios, le jour même de la rentrée, autant marquer le coup. « Mon compagnon ici présent, vous en parlerait mieux que moi. » Je donne un petit coup de coude à Andrea, comme pour le mettre au défit, de l’ouvrir à ce sujet. Allez Andrea, accompagne moi, laissons la plèbe oxfordienne nous détester un peu plus.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Mer 10 Oct - 19:46

Comme l’année dernière, il s’est levé particulièrement en avance, pressé par une envie furieuse de reprendre le chemin des cours. Enfoui sous la couette, j’envoie ma main interrompre la sonnerie insupportable et harcelante du réveil qui résonne dans la chambre pour me tirer du lit. Je suis sans doute moins guilleret que lui à l’idée de retourner en cours mais tout de même, j’ai vite fait de me lever pour filer directement dans la salle de bain. Les marques de son passage sont partout, tandis que je me lave puis m’habille, m’assurant au passage que mes affaires sont prêtes dans mon sac pour partir.
Je m’extirpe finalement de la salle de bain et le rejoins au salon où il est installé devant son café sur notre magnifique table en verre hors de prix. Je lui offre un sourire et m’approche de sa chaise pour déposer un baiser sur ses lèvres avant de gagner ma propre place en attrapant un croissant au vol. « Tu as bien dormi ? » je demande en souriant un peu plus, avalant une gorgée de café en découpant un morceau de pain. « Oui. Je suis heureux qu’on fasse ça ensemble une année de plus. » Il me tend un bout de pain que j’attrape sans broncher, hochant la tête en laissant mon sourire s’agrandir de lui-même. « Moi aussi je suis heureux ». J’inspire et avale une gorgée de café en posant ma main sur la sienne un instant. « Même si tous nos amphi sont séparés cette année ». Il resserre un peu sa main sur la mienne et réplique : « Je suppose que ça cultive, le désir de se retrouver plus souvent entre tes cours barbants de droit pendant les interclasses... » Je ricane un peu en manquant de recracher le café que je suis en train d’avaler tant l’allusion me parait claire. « Quoi qu’il en soit, je ne pense pas que ce soit négatif, de faire des choses séparément, ça cultive l’intérêt qu’on a l’un pour l’autre. Ainsi je vais te laisser le club de Théâtre cette année, on ne va pas se chamailler pour un premier rôle d’autant plus que Melle Castelli semble avoir un jugement tout à fait biaisé, en revanche il est hors de question que je renonce à la présidence de l’association Oxbridge, même si cela signifie, organiser des soirées avec cette très désagréable Tara Dayris et m’absenter souvent. » J’acquiesce et m’étire un peu, amusé par son jugement sur Mme Castelli. « Je suis très doué en théâtre c’est la seule raison qui justifie son jugement biaisé ». Je roule des yeux et m’absorbe quelques secondes dans la contemplation de mon café. Je me ressaisis rapidement et l’avise en souriant toujours. « La présidence de l’association Oxbridge n’est pas quelque chose que je prise. Surtout avec le stage à Londres et tout le reste… Par contre je compte m’inscrire comme tuteur pour le tutorat, cette année ». Aider son prochain est toujours noble… Je me lève et attrape nos tasses pour les débarrasser. « Veille quand même à ne pas trop trop cultiver ton intérêt pour moi en passant ta vie tout seul, d’accord ? » Je lui assène un clin d’œil amusé et disparais vers la cuisine pour ranger la vaisselle.

Il m'imite et a bientôt fait de me retrouver dans la cuisine. Il embrasse ma tempe et je souris un peu tandis que lui réplique : « Tu ne me laisserais pas faire de toute façon. » J'hoche la tête, en effet, il est peu probable que je le laisse s'éloigner de moi s'il s'avérait qu'il songeait sérieusement à le faire. Je suis tragiquement ou heureusement dépendant et le voir trop absent aurait bien rapidement pour effet non pas de me laisser me livrer sur le sentiment en lui même de manque ; mais plutôt d'entrainer une réaction qui ne laisserait aucun doute possible sur combien ma vie est dépendante de la sienne, peu important l'indépendance dont on se revendique tous les deux. « En effet, je ne te laisserai pas te débarrasser de moi. » Je souris et inspire. « On est vraiment en avance », je souligne en roulant des yeux et en filant vers la salle de bain, l’entraînant avec moi. Il s’empare du peigne et semble croire que je suis animé de pensées perverses qui nous retiendraient ici pour quelques minutes encore. « Mais pas assez en avance pour ça. » Je roule des yeux, lui embrasse ma joue et quitte la pièce sous un concert de soupirs que je lui assène.

Une fois prêts, nous nous lançons à l’assaut d’Oxford qui est restée inchangée depuis que je la connais. Il prend mon bras tandis que nous foulons les allées de l’université dans une liberté qui n’a pas toujours été la nôtre. Je le laisse parader auprès des gens qu’il croise et connait ou pas visiblement en me contentant d’observer d’un œil distant. J’ai toujours été un garçon populaire et connu, de la maternelle aux années d’université. Lier l’excellence à la réputation a toujours été un fondement de mon existence. Mais la popularité acquise au fil des années n’est pas la même que celle à laquelle Tristan a toujours aspiré, et le calme détermine ma réputation au même titre que les scandales rythment la sienne. Je respecte la chose ; préfère ne pas y être mêlé cependant. Nous atterrissons d’ailleurs bien rapidement à la réunion de prérentrée ou le célèbre prof de littérature, cible favorite des TroubleMakers, se répand en discours anarchistes qui me font sourciller. « Je propose qu’on supprime la chorale d’Oxford, il va sans dire que le niveau s’affaisse d’année en année et ridiculise chaque fois un peu plus notre prestigieuse université lors des compétitions de fin d’année. » La voix qui s’élève vient d’à côté de moi. Je me tourne vers Tristan qu’un sourire anime. Son regard brille tandis qu’il poursuit sans la moindre gêne : « Malgré les efforts louables, de Miss Steele. » Je secoue la tête de désapprobation et me tasse sur ma chaise. « Mon compagnon ici présent, vous en parlerait mieux que moi. » Je le fixe un moment, interloqué, et secoue la tête en sentant l’agacement me monter au même ryhtme que la gêne. Je trouve certes que la chorale d'Oxford est pitoyable - ou en tout cas qu'elle n'a même pas sa place dans une compétition face à celle de Cambridge - mais je n'ai pour autant ni envie de priver les gens qui apprécient d'y être ni envie d'en débattre devant une assemblée d'étudiants et l'administration regroupée. « A vrai dire, euh, non, je n’ai rien à dire... ». Je croise les bras et hausse une épaule et grimaçant légèrement. « Le niveau pourrait être meilleur mais ça ne vaut pas la suppression pour autant... ». Je détourne les yeux et inspire, me tassant un peu plus, légèrement gêné.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Mer 10 Oct - 20:18

Mon téléphone sonne pour la septième fois en tout juste une dizaine de minutes. Je daigne donc entre ouvrir un oeil pour partir en quête de mon Blackberry dans les tréfonds de mes couvertures. Je consulte le journal des appels. Le deuxième et le cinquième sont de Lemon. Le dernier de Tristan. Tous les autres de mon cher petit frère. Je regarde l'heure. 8h04. 8 octobre. Ils sont sérieux? J'écoute le message vocal de Thomas, dont l'amusement transparaît clairement à travers son flegme éternel. Fuck 'em. Je vais pour m'enterrer sous ma couette quand il appelle de nouveau. Je décroche en désespoir de cause « Laisse moi dormir, ça sert à rien les pré-rentrée. » Sa réponse m'enchanterait si je n'avais pas dormi trois heures. « Tu reprends la fac début octobre, tu peux bouger ton cul de feignasse et aller en cours. Donne l'exemple un peu soeurette. » Je fais la moue, inutilement bien sûr et rétorque « Tu fais chier. Je t'aime. » puis raccroche brutalement. Bon je suis levée. Je me prépare un café à verser dans mon mug thermos, enfile un jean qui a connu des jours meilleurs, un sweat de la fac et une vieille paire de Ben Simons. Quelle bande d'enfoirés. J'envoie un message commun à quelques-uns de mes amis, histoire de leur préciser l'humeur du jour « J'arrive. Fatiguée. Hate everything. »

Je déboule dans l'amphi, bizarrement pas si rempli et m'installe derrière mon couple de gays préféré, en leur plantant à chacun une bise sur la joue. J'avale quelques gorgées de café et lance « Pourquoi on continue à venir à ces trucs? » Mais ils n'ont pas le temps de me communiquer leur sagesse, ce très cher Mark Buckley, qu'aucun des L2 d'histoire, de littérature et de droit de l'an passé ne saurait oublié, se lance dans un discours de rentrée des plus lyriques. What the fuck? Il est pas sensé être père de famille? Parce que là, il est défoncé hein. Je ne jette pas la pierre, mais je sais les reconnaître et d'après ce que je sais, c'est pas hyper professionnel. Mais bon, puisqu'il nous propose de prendre la parole... Bien entendu, je ne suis pas la seule à m'empresser de sauter sur l'occasion et Tristan me devance -surprise - « Je propose qu’on supprime la chorale d’Oxford, il va sans dire que le niveau s’affaisse d’année en année et ridiculise chaque fois un peu plus notre prestigieuse université lors des compétitions de fin d’année. Malgré les efforts louables, de Miss Steele. Mon compagnon ici présent, vous en parlerait mieux que moi. » Le dit compagnon s'enfonce sur sa chaise, très visiblement honteux. Oh Andy. « A vrai dire, euh, non, je n’ai rien à dire... Le niveau pourrait être meilleur mais ça ne vaut pas la suppression pour autant... » Toujours le diplomate. Mais il me tend la perche.

« Non mais même tu ne suffirais pas à sauver ce désastre ambulant. No offense. Mais bon, entre ça et certains étudiants qui sèchent allègrement les cours pour faire Dieu sait quoi... » Je ne fais allusion à personne voyons. « Puis plus sérieusement, je suis d'accord avec vous Monsieur, il est indécemment tôt, à la limite si on nous payait le petit déjeuner, vu le prix qu'on paye pour user nos vêtements sur les bancs d'amphi hein. » Quelques culs serrés s'offusquent, le corps professoral fronce les sourcils, mais il y a fort à parier que l'état de non sobriété de Buckley jouera en notre faveur. « Oh ça va, faites pas la tête. Je suis de mauvaise humeur quand on me tire du lit comme ça et que j'ai pas encore pris mon café. Par contre, je propose qu'on discute de l'état des toilettes du bâtiment de langues antiques. Parce que je pense qu'ils sont là depuis la création de l'université et je peine franchement à voir leur valeur historique. » Je retourne à mon café, laissant la traîner de poudre exploser ailleurs et espérant susciter suffisamment de débats échaudés pour ne pas avoir à prendre le blâme. Et qui sait, peut-être que ça rendra cette journée un tant soit peu intéressante.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Jeu 11 Oct - 0:14

Mon miroir ce matin doit être mon meilleur ami, réunion de pré rentrée oblige. J'adore ce genre d'évènements, et même si ce n'est pas moi qui occuperait la plus grande part du discours, il n'en sera sûrement pas de même pour l'attention visuelle. J'aurais pu faire le boulot de Mark ce matin, j'aurais adoré ça à vrai dire, mais on me laisse tout de même le théâtre à défendre, et peut être même l'ensemble des enseignements artistiques d'Oxford s'il venait à manquer par bonheur quelques profs. J'essaye de ne pas en faire trop mais celle qui se prend pour mon reflet a tout simplement l'air d'une pute. J'en fait trop, je tamponne un peu mes lèvres avec un mouchoir qui bien vite devient écarlate, estompe comme je peux mon eye-liner et pour le mascara... Tant pis. C'était toujours un peu trop mais voulait on vraiment être invisible devant un public ? En vérité ce n'était pas un public mais pourquoi pas le considérer ainsi, je préfère ça plutôt que de me dire qu'il n'y aura qu'une poignée d'étudiant encore ensommeillé, mâchant comme des bêtes, le regard vide et vitreux. Bien heureusement c'est loin de la réalité la plupart du temps. De toute façon l'amphi peut être blindés d'autant d'ahuris que Dieu le veux, il y aura Andréa. Il est studieux et sérieux, il sera forcément présent. Peut être même que son pervers de cousin sera de la partie aussi, se faisant passer pour son chaperon... Ça me répugne et me désole. J'esquisse une grimace involontaire devant le miroir, me passe deux trois coups de blush sur les joues et me jette dans ma penderie.
Je ne dois rien laisser au hasard ! Je pose mon index sur mes lèvres tout en tenant ma serviette de ma main libre et me donne le temps de la réflexion. Sans regarder mes pieds, j'enfile mes escarpins. Hors de question de fouler le sol de la fac sur du plat. Je me décide enfin, j'ai pris une chemise noire transparente et asymétrique, un peu boyish dans la coupe mais qui reste sophistiquée à mon sens. Avec ça je n'ai plus aucun doute, j'enfilerai ma jupe crayon !

Les joies du train jusqu'à Oxford... Au début de l'été j'espérais en avoir fini avec ça mais mes plans ont changés. Finalement je garde le club de théâtre à Oxford à côté de mes cours à la LSOA. Je sais bien qu'Andréa allait s'inscrire à Londres puis s'est ravisé, comme moi, mais il ne faut pas croire que je construit ma carrière selon ses plans d'étude. Peut être que ça a été l'élément déclencheurs mais passons. Toujours est il que ça me fout un peu le cafard de revenir ici, comme si je n'avais pas été capable d'avancer, comme si c'était un échec. Ce n'en est pas un bien sûr mais c'est comme ça, je n'arrive pas à le ressentir autrement.

Mark n'est pas encore là, Miss Steele non plus, sûrement occupée à coucher sur papier ses élans lyrique ou à développer un cancer de la gorge. Moi aussi je fume, mais elle c'est une usine de combustibles... Bref, je ne suis pas la première arrivée mais je ne suis pas en retard. Je sers quelques mains puis installe les dépliants relatifs au club de théâtre. En me retournant, j'observe les quelques étudiants déjà présents. Andréa est là, et comme prévu Faure deuxième du nom également. J'adresse un sourire à mon étudiant, naturellement, à celui que je dois observer, impuissante, se faire avoir par un... Ça me dégoute encore un peu plus, pour la deuxième fois de la journée. Comment peut on faire ça à un être aussi fragile et innocent qu'Andrea ? Peut être faudrait il que j'aille lui parler à la fin de cette réunion, cela fait un moment après tout...
Cette histoire me rend malade mais bien heureusement Mark arrive, en retard, mais il arrive, avec le sourire. Je me joint au rang d'oignon que forme le corps professoral présent puis me prépare à capter quelques regards, quelques réactions aux discours de Buckley bien sûr mais en ma direction également. Au début je n'écoute pas vraiment ce que raconte Mark, je suis trop occupée à observer discrètement Andréa. Je ramène mes cheveux derrière mes oreilles en laissant glisser ma main contre la peau de mon cou jusqu'à ma poitrine puis... Non, c'est totalement déplacé, je m'interrompt sur le champs avant d'avoir l'air d'une idiote.
De toute façon dons les rangs, on ne me prête guère d'attention et tout le monde semble un peu agité. « Mais je ne suis pas doyen, ce qui est bien triste, je vous l'accorde mais c'est sûrement parce que je suis encore trop jeune et trop séduisant... Mais enfin si vous voulez mon avis il s'agit clairement de discrimination ! Or nous sommes tous contre la... » Mais qu'est ce qu'il raconte ? Je me penche légèrement afin de l'observer avec un peu plus de précision, et le voit tenter péniblement d'éternuer ou quelque chose dans ce goût là ? Il a juste l'air d'un épileptique ! « Di-scri-mi-na-ti-on. Alors aujourd'hui, tous ensemble, tous unis dans cet amphi B, nous allons nous révolter ! » Nous nous lançons avec mes collègues des regards interrogateurs, visiblement pantois les uns comme les autres. Et comment ne pas l'être, Mark perd complètement les pédales ! Puisque personne ne semble décidé à mettre un terme à cette blague qui risque en plus de lui coûter cher, je m'extirpe tout doucement du rang des professeurs pour passer derrière et interrompre Mark avant qu'il n'aille plus loin. Mais trop tard ! J'arrive devant le bureau quand il est déjà monté dessus et scande « Je fatigue donc je vais maintenant écouter VOS arguments, VOS revendications, parce que je sais que vous en avez ! Ne soyez pas timides, on peut parler de tout et n'importe quoi, ça restera entre nous. Et n'oubliez pas, un monde nouveau et meilleur est possible, alors commençons par cette université, ensemble nous pouvons faire changer les choses! Je vous écoute... »  Quel idiot ! J'essaie de tirer un peu sur son pantalon pour le faire réagir et lui crie tout en chuchotant. « Mark ! MARK ! Qu'est ce que tu fabrique, descend ! » Il ne m'écoute même pas et pour cause, un étudiant s'est déjà empressé de prendre la parole. « Je propose qu’on supprime la chorale d’Oxford, il va sans dire que le niveau s’affaisse d’année en année et ridiculise chaque fois un peu plus notre prestigieuse université lors des compétitions de fin d’année. Malgré les efforts louables, de Miss Steele. » Quel sale petit arrogant prétentieux ! « Mon compagnon ici présent, vous en parlerait mieux que moi. » Cette fois je ne peux pas m'empêcher de faire les yeux ronds devant tant d'audace, ou plutôt de culot. Exactement comme je le pensais, ce garçon ne se prive pas de pousser Andréa dans le précipice. Je prie pour que tout se passe bien. S'il te plaît Andréa ne dit rien ! « A vrai dire, euh, non, je n’ai rien à dire... » Dieu soit loué. Je lui adresse un sourire qu'il n'a sûrement pas remarqué mais qu'importe, il ne se laisse pas avoir si facilement et c'est le principal. « Le niveau pourrait être meilleur mais ça ne vaut pas la suppression pour autant... » Il aurait pu s'abstenir de cette remarque mais il se terre déjà dans son siège. Le pauvre. Je suis déjà folle de rage envers celui qui prétend être certainement la personne la plus importante de sa vie. Comment peut on être à ce point malsain et dénué de toute morale. Cette fois c'en est trop, tout en continuant de remuer l'ourlet du pantalon de Mark, je m'empare du micro mais une étudiante se permet la parole encore une fois. Je la reconnais très bien, C'est Rose Foster, une ancienne élève. « Non mais même tu ne suffirais pas à sauver ce désastre ambulant. No offense. Mais bon, entre ça et certains étudiants qui sèchent allègrement les cours pour faire Dieu sait quoi... Puis plus sérieusement, je suis d'accord avec vous Monsieur, il est indécemment tôt, à la limite si on nous payait le petit déjeuner, vu le prix qu'on paye pour user nos vêtements sur les bancs d'amphi hein. Oh ça va, faites pas la tête. Je suis de mauvaise humeur quand on me tire du lit comme ça et que j'ai pas encore pris mon café. Par contre, je propose qu'on discute de l'état des toilettes du bâtiment de langues antiques. Parce que je pense qu'ils sont là depuis la création de l'université et je peine franchement à voir leur valeur historique. » Pour qui se prend elle ? Je ne la connaissait pas si prompte à la contestation. Pour qui se prennent ils tout les deux ! Le micro déjà en main, je ne laisse pas passer ma chance cette fois ci.
« Mademoiselle Foster, si vous avez tant à exprimer il fallait vous inscrire à la chorale pour tenter de remonter le niveau qui vous semble si bas. Merci monsieur Faure par ailleurs de la considération que vous portez à Miss Steele, elle en sera touchée j'en suis sûre quand vous devrez vous en expliquer auprès d'elle. » J'adresse déjà au dernier un regard noir mais on me fait signe de me calmer derrière moi. Il est vrai que j'ai peut être été trop loin, quoique. Si je le pouvais je ferai mon possible pour ruiner ce prétentieux sur place. Je couvre le micro de ma main puis me tourne vers les autres prof. « Ces gamins sont insolents et irrespectueux, quelqu'un doit les remettre en place ! » Je me tourne vers Mark. « Mark ! Descends ! » Malheureusement, ma main n'avait pas suffit à véritablement couvrir mes vociférations... Je n'ai jamais été d'un naturel violent mais en la présence de Monsieur Tristan Faure, c'est plus fort que moi apparemment. « Bien, n'en déplaise à nos âmes politiques outrecuidantes en soif de justice dans l'assemblée, il me semble que nous avons eut assez de revendications pour la matinée, alors... » J'hésite un instant à parler dans le micro mais me risque finalement à la faire en lançant une œillade à Mark « Si Monsieur Buckley voulait bien se donner le peine de descendre... du bureau afin que nous puissions continuer cette réunion dans le calme et la sérénité ?... »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Jeu 11 Oct - 15:11

« Oxford. Bienvenue à Oxford. » Sans attendre, je presse le bouton d’ouverture des portes. Le timing est parfait. Je descends du wagon au ralenti, savourant mon effet. Mon corps svelte est sublimement mis en valeur par la petite robe noire achetée pour l’occasion et mes jambes lisses n’ont jamais parues plus fines et allongées que terminées par ces escarpins aux talons vertigineux. Je rajuste mon perfecto, cale mon sac à main au creux de mon coude, pose mes immenses lunettes de soleil sur mon nez et sors une cigarette 100’s, que je porte à mes lèvres sans l’allumer. Alors que j’avance dans la gare, je me sens délicieusement observée. C’est bon de revenir dans son royaume. Je me sens comme… Serena Van Der Woodsen. Je repère rapidement trois étudiants sur le parvis, très jeunes. Des lycéens ou des petits nouveaux de la fac. Ils me dévisagent un moment, jusqu’à ce que le garçon s’approche de moi. « Tu es Carolyn Stowe ? » Je hoche la tête, toujours cachée derrière mes lunettes. « Wahou… On te disait partie à Londres. » J’esquisse un sourire. « En effet, mais je suis revenue pour la journée. J’ai quelque chose à faire à l’université. » Le gamin semble fondre comme neige au soleil. « Ca tombe bien, on y va aussi, on t’amène si tu veux, ma mère nous attend dans la voiture. » Il me montre le véhicule en question, un tas de ferraille gris mat. Je grimace en m’imaginant débarquer ainsi sur mon territoire. « Merci mais non merci, j’aime autant prendre un taxi. » Il semble se décomposer. Il me rappelle tant Alden que je me sens obligée de faire un geste pour lui, une flatterie, comme on ferait pour un chiot malheureux pour lui donner le sentiment d’être aimé. « Mais si tu avais du feu, ça m’arrangerait bien. » Un sourire éclatant, un coup de cheveux en arrière, je crois que le pauvre garçon est au bord de l’apoplexie. Il s’empresse de sortir son briquet et de l’actionner. Je me penche sur la flamme et souffle longuement par le nez. « Merci, tu es un amour mon grand. » Pour un peu, il saignerait du nez. J’agite la main en m’éloignant. « Allez, à une prochaine fois peut être ! Taxi ! » Un cab s’arrête à ma hauteur, je m’engouffre dedans après avoir écrasé ma cigarette à peine entamée sur le bitume.

J’arrive à la fac quelques minutes après. Les gens me saluent, un peu étonnés de me voir ici. Mes pas me mènent directement à l’amphithéâtre B, où se déroulera comme chaque année le discours de pré rentrée. Hors de question que je rate ça. Je cherchais un moyen de faire mes adieux à mes camarades en bonne et due forme, quoi de mieux qu’un rassemblement officiel pour ça ? La porte est entr’ouverte pour que les retardataires puissent entrer sans perturber le déroulement de la réunion. Je m’adosse au mur et écoute sans surprise les efforts de Tristan et Rose pour faire fermer la chorale. Rien que pour ça, j’aurais du rester. Morgana Castelli lève la voix pour faire taire mes insolents amis avant de s’occuper de Mr Buckley qui s’amuse sur son bureau. C’est mon moment. Je claque la porte pour avoir l’attention de tous, et descends lentement jusqu’à l’estrade, savourant mon effet. Je saisis le micro après m’être raclée la gorge. « Mes amis, mes camarades, mes comparses. Je ne pouvais décemment pas vous quitter sans un petit discours. » Des soupirs s’élèvent, mais personne ne semble étonné par ma petite mise en scène. Je les ai trop habitués à mes frasques pour qu’ils en soient encore perturbés. « Parce que oui, je vous quitte. Je m’en vais vivre ma passion à Londres. Oh, certes, ce n’est pas loin, mais la séparation est déjà rude et une partie de mon cœur restera toujours parmi vous. Chers sujets euh… amis, il est temps pour moi de vous dire au revoir. Rose, Rosie, ma Rosette, je te laisse la garde de l’université avec confiance, je sais que tu feras ce qu’il faut pour ne pas que les autres s’ennuient. Tristan mon coeur, je compte sur toi pour venir me voir à Londres et pour me soutenir, la vie va être dure là bas. Andy chéri, prends soin de toi et des autres, tu es le mieux placé pour ça. Lemon, tu seras à jamais ma sœur, ma meilleure amie. Alden, j’aurais voulu que notre histoire dure plus longtemps… » La séance de dédicaces s’éternise, je coupe court en entendant les premiers grognements. « Pour finir, les choristes, ne vous découragez pas, j’ai foi en vous. Ne laissez pas les autres vous abattre. Faure, Foster, que je ne vous entende plus dire du mal de ma… Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? » Je me tourne vers notre cher professeur, toujours perché sur sa table. « Dès le matin, c’est pas très sérieux quand même… »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Jeu 11 Oct - 17:30

La réunion de pré rentrée. A vrai dire, c'était ma première année dans cette université et je ne pensais pas pouvoir rater ce grand événement. Le matin dans mon petit appartement, je m'étais levée le sourire aux lèvres, persuadée que cette journée allait être des plus parfaites. Un petit oiseau s'était perché sur un arbre en dehors de l'immeuble et chantait déjà joyeusement pour mon plus grand plaisir. Mes jambes m'avaient porté vers mon frigo rapidement pour prendre un petit déjeuner divin. J'avais eu la folle idée de me faire des pancakes et tout s'était très bien déroulé. J'étais fameuse pour mes efforts en cuisine, par contre pour les résultats .. Ce n'était pas toujours ça. Je mangeais donc à ma faim avant d'aller prendre ma douche. L'eau contre ma peau eut pour effet de me relaxer, et de me préparer un peu plus au fait qu'il faudrait peut-être que je prenne la parole durant cette réunion. Après tout, je ne pensais pas que Mr Buckley ou le doyen feraient toute la conversation. Peut-être que j'allais être étonnée. Je sortais de la douche tranquillement et enfilais une petite robe à fleurs avec un gilet à manches courtes. Colorée pour aujourd'hui. J'enfilais un serre tête dans ma chevelure et me maquillais légèrement. J'aimais prendre soin de moi mais jamais excessivement : il me suffisait d'un peu de mascara et parfois de l'eye liner pour constituer mon look du jour.

J'étais partie, une fois prête, vers l'université d'Oxford. Je n'habitais pas loin, mais ne possédant pas de voiture, j'étais obligée de prendre les transports en commun ce qui prit un peu de temps. Durant le voyage, j'ouvrais un nouveau livre pour m'occuper. Ne saviez vous pas que j'aimais la lecture ? C'était un de mes passe-temps favoris. Au lieu de regarder la télé comme beaucoup, j'ouvrais mon bouquin et me relaxais dans mon canapé confortable. Je faillis rater mon arrêt mais finalement pus arriver jusqu'à l'université. Je pris un peu de temps pour trouver la salle où se passait ce fameux discours mais plusieurs voix à l'intérieur m’accueillirent. J'étais en retard ! La réunion avait déjà commencé ! Je serrais les dents et allais m'asseoir silencieusement à côté d'une jeune femme très mignonne que je ne connaissais pas, ni de vue ni d'autre chose. Je reconnus dans le rang en face de moi la chevelure folle d'Andrea. Je lui tapotais légèrement l'épaule pour qu'il se retourne et lui adressais un sourire. « Salut ! » Puis je me rassis à ma place.

Alors que je venais d'arriver, quelqu'un vint sur la scène.  « Mes amis, mes camarades, mes comparses. Je ne pouvais décemment pas vous quitter sans un petit discours. »  Je ne la connaissais ni d'Eve ni d'Adam et il ne me semblait pas qu'elle puisse faire partie du corps enseignant ou du personnel de l'établissement. Je l'observais avec suspicion. Elle semblait faire comme si tout le monde devait s'intéresser à elle et son départ, mais cela ne semblait pas être le cas. Plusieurs soupirs ou grognements autour me confortèrent dans mon opinion. « Parce que oui, je vous quitte. Je m’en vais vivre ma passion à Londres. Oh, certes, ce n’est pas loin, mais la séparation est déjà rude et une partie de mon cœur restera toujours parmi vous. Chers sujets euh… amis, il est temps pour moi de vous dire au revoir. Rose, Rosie, ma Rosette, je te laisse la garde de l’université avec confiance, je sais que tu feras ce qu’il faut pour ne pas que les autres s’ennuient. Tristan mon coeur, je compte sur toi pour venir me voir à Londres et pour me soutenir, la vie va être dure là bas. Andy chéri, prends soin de toi et des autres, tu es le mieux placé pour ça. Lemon, tu seras à jamais ma sœur, ma meilleure amie. Alden, j’aurais voulu que notre histoire dure plus longtemps… » Je ne connaissais personne dans son petit discours et en profitais pour regarder les gens autour de moi. « Pour finir, les choristes, ne vous découragez pas, j’ai foi en vous. Ne laissez pas les autres vous abattre. Faure, Foster, que je ne vous entende plus dire du mal de ma… Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? » Je fronçais les sourcils. De la drogue ? Dans un établissement comme celui-ci ? Ce serait tout de même honteux .. « Dès le matin, c’est pas très sérieux quand même… » Je m'éclaircissais la gorge comme pour demander qu'on passe à autre chose. Je ne connaissais pas Mr Buckley personnellement mais s'épancher sur ce qu'il fumait ou non ne semblait pas très intéressant.

Je me penchais vers ma voisine [HJ : rose]. « Excusez moi, je suis arrivée en retard et je n'ai pas tout suivi .. Quel était le sujet de conversation initial ? Avant que cette fille ne fasse ses adieux .. D'ailleurs, la connaissez vous ? Je m'appelle Margot. » J'avais l'impression d'avoir un peu trop parlé. Je ne voulais absolument pas paraître pompeuse, mais polie plutôt ..
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Jeu 11 Oct - 22:38

J’attache mes cheveux dans un chignon rapide, sur le haut de ma tête. Et dire qu’en France, c’est à la mode. Toutes les filles en porte un. C’est étudié, attaché au millimètre près. Je lève les yeux au ciel. Sérieusement, c’est le truc le plus con pour s’attacher les cheveux et maintenant toutes les filles passent une demi-heure pour le faire à la perfection. C’est hallucinant de voir comment une simple coiffure peut devenir à la mode, en peu de temps. J’attrape mon mascara et applique une dernière couche sur mes cils. Je souris à mon reflet et libère la salle de bain pour Gemma. Ce n’est pas vraiment le jour pour arriver en retard. J’enfile une veste et attrape mon carnet de notes pour le mettre dans mon sac. Je prends celui-ci avec moi, en quittant ma chambre et le laisse sur le canapé. Je file dans la cuisine pour ma première tasse de café de la journée. D’ordinaire, je bois beaucoup de café mais aujourd’hui, je vais encore plus en avoir besoin. Je regarde ma montre et fronce les sourcils. « Gemmaaaaa ! T’es prête on doit y aller ! Je sais que ce n’est que la pré-rentrée mais quand même. » Elle me rejoint dans la cuisine, en souriant. Je lui souris en retour, dépose ma tasse dans l’évier et attrape mon sac, prête pour ma dernière année d’étude.

J’abandonne Gemma, qui rejoint Chandler et pénètre dans l’amphi, rempli d’élèves, visiblement ravis de venir aussi tôt pour cette réunion. Je choisis une place sur le côté et sors mon carnet de notes, pour au moins donner une bonne impression. Si jamais les profs ont quelque chose de nouveau à dire, je serai prête à le noter. Ca s’agite sur l’estrade et je souris à Ophélia, qui m’a remarqué. La défaite de la chorale d’Oxford a été difficile mais elle ne perd pas confiance. Puis elle est de nouveau demandée dans le monde de la musique, ce qui est génial pour elle. « Ça a commencé ? » Je secoue la tête quand j’entends la voix de Gemma qui s’installe à côté de moi. Mr Buckley se lance dans un discours de bienvenue. J’écoute vaguement, préférant surfer sur mon téléphone. Généralement le début n’est pas intéressant. J’entends quelques mots, fronçant les sourcils de temps en temps, ne comprenant pas trop où il veut en venir. Puis tout à coup, Gemma me donne un coup de coude. Je relève la tête pour trouver Mr Buckley sur le bureau, prêt à révolutionner la fac avec l’aide des élèves. « Je ne le savais pas révolutionnaire. Encore moins, après la naissance de ses jumeaux. » J’assiste tranquillement au spectacle qui s’offre devant moi, écoutant les commentaires de ceux qui ont osé prendre la parole. Tristan Faure est le premier et je tique en entendant le nom d’Ophélia. Certes la chorale n’a pas brillé cette année, ni les années auparavant mais je n’aime pas trop qu’on remette en cause le travail de ma cousine. L’intervention d’Andrea ne sert pas à grand-chose. Je lève les yeux au ciel et c’est au tour de Rose de prendre la parole. « Puis plus sérieusement, je suis d'accord avec vous Monsieur, il est indécemment tôt, à la limite si on nous payait le petit déjeuner, vu le prix qu'on paye pour user nos vêtements sur les bancs d'amphi hein. » Je ricane avec Gemma, tandis que certains professeurs s’offusquent. Mon regard s’arrête sur Mlle Castelli, essayant de faire descendre Mr Buckley du bureau.

Décidément cette réunion est plus intéressante que prévu. J’ouvre mon carnet pour prendre quelques notes, en mémoire de ce qu’il se produit. Ca ne m’étonnerait pas que certains filment la scène et que les vidéos fassent le tour de la fac dès demain. Mlle Castelli prend le micro pour arrêter Rose et rabrouer Tristan. C’est assez étrange de la voir s’en prendre à d’autres élèves que ceux du club théâtre. « Ces gamins sont insolents et irrespectueux, quelqu'un doit les remettre en place ! Bien, n'en déplaise à nos âmes politiques outrecuidantes en soif de justice dans l'assemblée, il me semble que nous avons eut assez de revendications pour la matinée, alors... Si Monsieur Buckley voulait bien se donner le peine de descendre... du bureau afin que nous puissions continuer cette réunion dans le calme et la sérénité ?... » Ça devient encore plus intéressant quand Carolyn Stowe s’avance dans l’amphi pour piquer la vedette. Wow, je suis assez impressionnée par le spectacle qui se joue ce matin. Finalement, ça valait le coup de se lever. J’échange un regard avec Gemma qui ne s’attendait pas à ça non plus. Chacun a le doit à sa petite dédicace et les murmures se font plus fort dans l’amphi quand la raison de tout ça est enfin révélée. « Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? Dès le matin, c’est pas très sérieux quand même…» J’hausse un sourcil, légèrement surprise. Je me doute bien que ce n’est pas sa première fois mais je ne pensais pas qu’il était capable de se fumer un joint avant une réunion comme celle-ci. Pas de chance pour lui, ce n’est pas quelque chose que les élèves sont prêts à oublier. Je me redresse pour chercher Lucy du regard. Elle a toujours apprécié Mr Buckley, j’ai hâte d’entendre ses commentaires.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Jeu 11 Oct - 23:02

Les choses commencent enfin à devenir intéressantes. Pendant une réunion de pré-rentrée, qui l'eu crû. Je savoure quelques gorgées de café - pas si bon que ça en vérité, je le fais toujours trop corsé - tandis que l'agitation s'empare de l'assemblée. On chuchote dans les rangs, les professeurs sont estomaqués par le soudain élan lyrique de leur collègue. Etrangement, seule mademoiselle Castelli semble avoir gardé un peu de bon sens et décide de prendre les choses en main. A vrai dire je pense que c'est plus pour se donner en spectacle, étant donné qu'elle est maquillée comme une voiture volée et sapée comme une femme d'affaire trop sexuée d'un film 80's. « Mademoiselle Foster, si vous avez tant à exprimer il fallait vous inscrire à la chorale pour tenter de remonter le niveau qui vous semble si bas. Merci monsieur Faure par ailleurs de la considération que vous portez à Miss Steele, elle en sera touchée j'en suis sûre quand vous devrez vous en expliquer auprès d'elle. » Je lève les yeux au ciel avec une moue indifférente mais daigne adresser un faux sourire d'excuse pour le corps professoral. S'il la laisse prendre la tête des opérations, les choses pourraient bien empirer.

« Bien, n'en déplaise à nos âmes politiques outrecuidantes en soif de justice dans l'assemblée, il me semble que nous avons eut assez de revendications pour la matinée, alors... Si Monsieur Buckley voulait bien se donner le peine de descendre... du bureau afin que nous puissions continuer cette réunion dans le calme et la sérénité ?... » Je soupire, quel trouble-fête ! Et pauvre Mr. B, il avait l'air de si bonne humeur. Je ne sais pas si l'absorption de substances illicites étaient volontaires ou non mais cet homme est mon héros du jour et je risque de prendre une option de littérature cette année. Mais heureusement, même quand on s'y attend le moins, on peut compter sur Carolyn Stowe pour redonner un peu de piment à la situation. God bles her. Je ne lui dirais certainement pas, mais cette allumée notoire me manquera sans doute un peu. Je la regarde donc se diriger vers l'estrade d'un oeil attendri, notant à peine la fille qui s'assoit à côté de moi.

« Mes amis, mes camarades, mes comparses. Je ne pouvais décemment pas vous quitter sans un petit discours. Parce que oui, je vous quitte. Je m’en vais vivre ma passion à Londres. Oh, certes, ce n’est pas loin, mais la séparation est déjà rude et une partie de mon cœur restera toujours parmi vous. Chers sujets euh… amis, il est temps pour moi de vous dire au revoir. Rose, Rosie, ma Rosette, je te laisse la garde de l’université avec confiance, je sais que tu feras ce qu’il faut pour ne pas que les autres s’ennuient. Tristan mon coeur, je compte sur toi pour venir me voir à Londres et pour me soutenir, la vie va être dure là bas. Andy chéri, prends soin de toi et des autres, tu es le mieux placé pour ça. Lemon, tu seras à jamais ma sœur, ma meilleure amie. Alden, j’aurais voulu que notre histoire dure plus longtemps… » J'en aurais presque la larme à l'oeil dis donc. Je lui envoie un baiser à l'évocation de mon nom, notant d'ailleurs qu'elle me laisse sa couronne en quelque sorte. Je suis la Blair à sa Serena. Mais je doute que notre règne soit similaire. « Pour finir, les choristes, ne vous découragez pas, j’ai foi en vous. Ne laissez pas les autres vous abattre. Faure, Foster, que je ne vous entende plus dire du mal de ma… Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? Dès le matin, c’est pas très sérieux quand même… » J'éclate de rire en voyant ma théorie confirmée. Le brouhaha n'en fini pas et la gamine à ma droite en profite pour toussoter d'un air réprobateur avant de me demander « Excusez moi, je suis arrivée en retard et je n'ai pas tout suivi .. Quel était le sujet de conversation initial ? Avant que cette fille ne fasse ses adieux .. D'ailleurs, la connaissez vous ? Je m'appelle Margot. »

Je fronce les sourcils, un peu étonnée. Where the hell have you been girl? Mais je dois me rendre à l'évidence que si nous avons grandi, mûri (ou non) et appris à nous aimer dans cette ville et sur les bancs de cette faculté, les nouveaux venus n'ont pas la moindre idée de ce qui se joue. Grands Dieux. L'idée que des gens puissent ignorer qui est Carolyn me paraît tellement absurde. Mais je daigne lui répondre, mon humeur s'étant légèrement améliorée depuis mon arrivée. « On faisait la révolution parce que Mr Buckley a apparemment forcé la dose ce matin et nous a invité à faire nos réclamations. On était à deux doigts de réussir à faire fermer cette stupide chorale, mais miss Castelli s'en est mêlée et puis... » Comment expliquer Caro à des gens qui ne connaissent pas le phénomène? « Elle est arrivée. C'est Carolyn Stowe. Et elle parle de moi. » Modeste, toujours. Je désigne Tris et Andy d'un geste de la main et poursuis « Enfin de nous. Donc oui je la connais. Je t'expliquerai bien, mais il est trop tôt et je t'invite donc à jeter un oeil au blog des TroubleMakers à l'occasion. Ou de venir nous voir au Carling, tu comprendras par toi-même. Ou tu peux demander une interview à Caro, ça lui ferait plaisir. » Je ricane, puis glisse « Ah et tu n'es pas obligée de parler comme si tu dînais avec la Reine hein, Oxford ne veut pas dire cul serré, ça c'est Cambridge. Bref, bienvenue au paradis Margot. » Je lève mon thermos vers elle, comme pour trinquer dans le vide et lui adresse un sourire avant d'avaler quelques gorgées de café. Puis, pour saluer comme il se doit le discours d'adieux de notre propre queen bee - qui est quand même beaucoup plus drôle que Tara Dayris - je me lève d'un bond et applaudis à tout rompre, rapidement imitée par d'autres étudiants. Un nombre non négligeable a l'air plus confus qu'enthousiaste, mais c'est l'effet qui compte. J'agiterai volontiers un mouchoir blanc pour la forme, mais je ne suis pas une lady victorienne et ne me promène donc pas avec ce genre de choses sur moi.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Sam 13 Oct - 17:47

Toute cette ambiance me paraissait tellement spéciale. Tout le monde semblait se connaître et j'étais comme le vilain petit canard parmi tous ces beaux oiseaux blancs. Je n'avais aucune idée de ce qui se passait, ni qui étaient tous ces intervenants. J'étais totalement décalée. Et cela ne provoquait que de la gêne, chez moi. Je ne savais même pas comment j'avais eu l'idée de parler à ma voisine car ce n'était pas un comportement habituel chez moi. Elle semblait sympathique et j'avais donc mis les pieds dans le plat : j'espérais sincèrement qu'elle réagisse de manière agréable. Je ne voulais pas me recevoir des phrases méchantes parce que j'avais osé ouvrir la bouche. Je ne prêtais plus attention à ce qui se passait sur la scène et étais tournée vers cette jeune femme. Elle avait l'air jeune mais semblait comprendre tout ce qui se passait : elle n'était pas en première année, comme moi. « On faisait la révolution parce que Mr Buckley a apparemment forcé la dose ce matin et nous a invité à faire nos réclamations. On était à deux doigts de réussir à faire fermer cette stupide chorale, mais miss Castelli s'en est mêlée et puis... » Stupide chorale ? J'avais entendu parler de cet atelier mais n'avais pas souhaité y participer. Si je n'avais pas eu cette audition traumatisante, sûrement que j'y serais. Alors pourquoi l'appelait-elle ainsi ? Était-elle si mauvaise que ça ? Y avait-il des gens peu sympathiques dans cette assemblée sur le thème du chant ? Je n'en savais rien. Je n'avais pas envie qu'ils ferment la chorale même si je n'étais pas dedans. « Elle est arrivée. C'est Carolyn Stowe. Et elle parle de moi. » Carolyn Stowe. Cette fille qui semblait se prendre vraiment au sérieux. Je ne l'aimais pas particulièrement pour l'instant, mais ce n'était qu'une première impression : il ne fallait jamais s'y fier. Qui sait, j'aurais peut-être l'occasion de lui parler à un autre moment et de découvrir que c'est une chouette fille.  

« Enfin de nous. Donc oui je la connais. Je t'expliquerai bien, mais il est trop tôt et je t'invite donc à jeter un oeil au blog des TroubleMakers à l'occasion. Ou de venir nous voir au Carling, tu comprendras par toi-même. Ou tu peux demander une interview à Caro, ça lui ferait plaisir. » Je hochais la tête comme si je comprenais tout ce qu'elle disait mais clairement, ce n'était pas le cas. Je connaissais vaguement les TroubleMakers mais je trouvais le concept de leur initiative tellement .. stupide que je ne voulais pas m'en mêler. J'étais passée une fois au Carling mais l'ambiance ne m'avait pas plus plu que ça. Quand à demander une interview à Carolyn, je n'étais pas sûre que ce soit une bonne idée. « Ah et tu n'es pas obligée de parler comme si tu dînais avec la Reine hein, Oxford ne veut pas dire cul serré, ça c'est Cambridge. Bref, bienvenue au paradis Margot. » Mes joues rougirent. Je n'étais pas habituée à parler, et j'avais tendance à m'exprimer comme j'écrirais. Je ne répondis rien pendant plusieurs secondes avant de répondre à son geste au thermos par un verre invisible dans ma main, et la regarder se lever pour applaudir véhément le petit discours qui venait d'être fait. Comme plusieurs autres personnes le firent, je me levais pour applaudir timidement. Je me rasseyais ensuite en soupirant. « En fait, tu t'appelles comment ? » Car je m'étais présentée, mais elle, non. Peut-être qu'elle croyait que je la connaissais déjà, mais je connaissais tellement peu de monde dans cette université que c'était impossible. « Je suis désolée de t'avoir posé cette question, enfin, c'est juste que je suis en première année donc je ne connais pratiquement rien de ce qu'il se passe ici .. » Je me grattais la tête timidement. Je n'arrivais pas vraiment à me décoincer.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Sam 13 Oct - 23:14

Et là c’est le drame, Andy veut assez logiquement la boucler et m’égorger en sortant et Rose en rajoute une couche pendant que le professeur Buckley joue au Marsupilami sur son bureau, sous les regards désespérés de ses collègues. Le tout semble sortit d’un bon film comique et voilà qu’on en vient à parler de l’état des chiottes. J’acquiesce absolument d’accord, quand Miss Castelli se saisit du micro, pour tenter de rétablir l’ordre et me crier sa haine. Andy pense toujours que je suis de mauvaise foi, mais je peux vous assurer, ne serait-ce qu’à l’emploi du rouge à lèvres qu’elle a envie de se le faire, en admettant qu’il soit le seul. Comment expliquer qu’on me donne le rôle de l’arbre dans un club de Théatre, moi qui était le chouchou de Marianna McBain si ce n’est pas le cas, je vous le demande ! Je ris discrètement, Miss Steele ne m’en voudra pas, je suis d’ailleurs tout à fait prêt à aller discuter de la chorale avec elle, car je ne plaisante pas quand je dis que le niveau m’indigne. Je n’ai rien contre l’art, mon mari, l’illustre Andrea Leroy-Duchesne est d’ailleurs un prodige du piano, mais perdre chaque année d’une défaite plus que cuisante contre Cambridge, me rend nerveux, moi qui aime mettre en valeur la supériorité à tous niveau d’Oxford. D’ailleurs, la chorale d’Oxford sera au centre de ma campagne électorale de cette année, je ne suis hélas pas le seul à vouloir éradiquer cette insulte au talent artistique. Une nana s’installe à côté de Rose, mais je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper, la bête de foire est arrivée. Stowe, qu’est ce que tu fiches ici bordel ? Je ris et secoue la tête, je ne pensais pas qu’elle oserait, quoi que si en réalité, je m’y attendais presque. Avant même qu’elle ne commence je sais déjà à quoi m’attendre, vous savez cette fille, c’est un peu ma mère avec quelques années de moins. Micro en main voilà que le discours de pré-rentrée fortement perturbé se transforme en discours d’Adieu de notre Princesse nationale.

De dédicace en dédicaces, je suis finalement cité de même qu’Andy et Rose. Andrea doit finalement regretter amèrement d’être lié à moi et mes amis complètement fous, mais je tâcherai de lui faire oublier tout ça ce soir dans la pièce qui lui conviendra. Avec les travaux de rénovation de l’appartement le choix est plutôt vaste. Même notre chambre qui n’était pas l’endroit le plus plébiscité a finit par gagner un semblant d’intérêt depuis. Rose explique le phénomène Stowe, non sans prodiguer quelques conseils très avisés d’intégration à un première année et je me mêle finalement à la conversation profitant du brouhaha général. La petite s’excuse de ne rien comprendre et je souris aimablement. « Le blog des troublemakers est effectivement la référence ultime pour comprendre tout ce qu’il se passe ici. Et puisqu’on parle sérieusement, je ne peux qu’approuve les dire de Rose à propos du Carling. » Je jette un regard à l’estrade et secoue la tête amusé du beau bordel que nous jouent en duo Caro et Buckley. « Bienvenue à Oxford. » Je presse un peu la main d’Andrea et embrasse furtivement sa tempe. Il n’y a pas à dire ici on s’ennuie beaucoup moins qu’à Cambridge. Cette pauvre Tara Dayris peut tout essayer, elle ne nous égalera jamais sur ce plan là, Oxford rules this place. « Stowe me manquera. » Elle insupportable, folle, drama queen et tout un tas d’adjectifs pourraient lui correspondre aussi bien, mais Oxford ne sera pas la même sans elle, moi non plus sans doute, même si je me permets d’espérer qu’ils finiront par nous la renvoyer illico presto en découvrant le spécimen.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Dim 14 Oct - 2:54

Ce n'est pas vraiment comme ça que j'ai imaginé la réunion de pré rentrée ce matin. C'est vrai, devant mon miroir, j'avais songé à en éblouir quelques uns, au moins à éclipser mes collègues et à glaner quelques regards insistants au passage. Au lieu de ça, je me retrouve seule face au micro pour seule barrière entre ces insolents et moi. Finalement je lui aurait bien laissé son job à Mark, mais voilà que je suis contrainte et forcée de prendre les choses en main malgré moi alors qu'il déraille complètement. Il ne manque plus qu'il fasse des claquettes !
Mais je suis calmée, et j'ai bon espoir d'avoir fait taire ces insolents et d'avoir retrouvé un semblant de sérénité dans la salle. Mais il semble qu'à Oxford plus qu'ailleurs étrangement, les choses ne suivent jamais le court logique des choses. Je me tourne pour ce que j’espère être la dernière fois vers Mark. « Buckley, ça... » Quand une porte claque dans un bruit assourdissant. Mark attendra,, parce que sur ce coups là j'ai un mauvais pressentiment. Carolyn Stowe s'avance et je sais que ce n'est pas pour m'aider à rétablir l'ordre. Évidemment que je la connais, je ne l'ai jamais eut en cours à Oxford mais il n'y a pas besoin de ça pour entendre parler d'elle. Et c'est avec le plus grand des bonheur, en toute ironie, que j'ai découvert son nom sur la liste des admis à la LSOA... Opère t'elle comme moi un retour aux source pour ainsi réintégrer Oxford ? J'allais bientôt être fixée.

Sans aucune gêne évidemment, elle s'empare du micro que je tenais encore quelques secondes avant dans mes mains pour un long discours d'adieu... « Mes amis, mes camarades, mes comparses. Je ne pouvais décemment pas vous quitter sans un petit discours. Parce que oui, je vous quitte. Je m’en vais vivre ma passion à Londres. Oh, certes, ce n’est pas loin, mais la séparation est déjà rude et une partie de mon cœur restera toujours parmi vous. Chers sujets euh… amis, il est temps pour moi de vous dire au revoir. Rose, Rosie, ma Rosette, je te laisse la garde de l’université avec confiance, je sais que tu feras ce qu’il faut pour ne pas que les autres s’ennuient. Tristan mon cœur, je compte sur toi pour venir me voir à Londres et pour me soutenir, la vie va être dure là bas. Andy chéri, prends soin de toi et des autres, tu es le mieux placé pour ça. Lemon, tu seras à jamais ma sœur, ma meilleure amie. Alden, j’aurais voulu que notre histoire dure plus longtemps… Pour finir, les choristes, ne vous découragez pas, j’ai foi en vous. Ne laissez pas les autres vous abattre. Faure, Foster, que je ne vous entende plus dire du mal de ma… Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? » Au départ je soupire, je roule des yeux, j'ai presque abdiqué. A quoi bon, le corps enseignant semble aussi léthargique qu'une méduse et les étudiants sont en feux dès le matin ! Qu'ils se débrouillent... Mais quand Carolyn soupçonne avec assurance Mark de sentir le shit, je ne peux m'empêcher de lui lancer un regard offusqué à mon tour. En même temps tout s'explique, mais cette fille vient de le mettre dans les ennuis si cela s'avère vrai. « Dès le matin, c’est pas très sérieux quand même… » La situation nous échappe totalement, Stowe aurait au moins pu s'abstenir de continuer dans le micro.

Après un nouveau regard vers Mark, je comprend que lui ne comprend vraiment rien à la situation, il est peut être réellement drogué ! Est ce dans ses habitudes ? C'est quelques choses dont nous débattrons plus tard, pour le moment je me pose trois objectifs : me débarrasser de Carolyn Stowe la diva, secouer Mark le drogué, et présenter une bonne fois pour toute Oxford aux étudiants, enfin faire en sorte que Mark le fasse. C'est tout de même pour cela que nous étions réunir, n'en déplaise à miss Foster et ses revendications à propos des sanitaires...
Motivée, je décide d'abord de laisser le micro à notre star sur le départ et de m'occuper de Mark. J'aurais aimé la faire taire mais après tout, autant profiter de la situation. « C'est super Carolyn, super, vous vous en sortez très bien, continuez ! » Réalisant que je peut faire passer le discours de Stowe pour quelque chose de constructif, je m'empare du micro quelques secondes à la dérobée « Merci à vous miss Stowe d'être venue, comme prévu ! Mesdemoiselles messieurs, puisque rien ne vaut le témoignage d'une expérience, Carolyn Stowe, une ancienne élève qui nous quitte cette année comme vous avez du le comprendre, vas vous faire part de la sienne à Oxford ! » Je rends le micro à mon alibi et lui adresse un regard à la fois ferme et plein d'espoir. Un regard dont j’espérais qu'elle aurait compris le message : ne faîtes pas tout foirer ! Ma démarche était risquée mais avais je le choix ? Je dois m'occuper de mon collègue sous cannabis pendant que les autres s'enracine sous leurs pieds. Je tire Mark par le bras pour le faire descendre mais il campe sur ses jambes, visiblement résolut à mener la révolte depuis son perchoir. « MARK ! » Je n'ai rien d'autre à faire que soupirer. Et soupirer encore. Dois je le faire ? C'est parti, je me hisse à mon tour sur le bureau mais sur mes genoux. Je ne sais pas pourquoi mais je me dis que debout, j'aurais eut l'air aussi tarée que lui, à genoux, le ridicule de ma situation à l'air moindre. « MARK !!! » Cette fois je tire violemment sur sa cravate pour le faire se baisser et tente de prendre le ton le plus calme possible tout en observant en coin la réaction des étudiants face au discours de Stowe. « Est ce que tu te sens bien ? Assez bien pour descendre ? Tu n'es pas malade au moins, parce que malade ou pas tu assure cette présentation alors reprend toi et parle ! »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Lun 15 Oct - 17:08

J'étais heureuse d'avoir réussi à avoir un semblant de conversation avec ma voisine. Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait sur scène et je croyais qu'il était mieux de rester dans l'ignorance. Après tout, cela semblait les concerner et je n'allais pas me mêler de leurs affaires. J'avais déjà assez à régler par moi même. Après tout, il y avait toutes ces histoires de chorale que j'hésitais à joindre. Elle semblait avoir une très mauvaise réputation vu ce que j'en entendais et cela ne me faisait qu'encore plus hésiter. Mais, et si je pouvais les aider à battre Cambridge ? Si ma voix pouvait faire la différence ? Je n'avais pas l'arrogance de proclamer ma voix chantée meilleure que celle des autres, mais on m'avait toujours complimentée. Peut-être que je n'étais pas si nulle que ça. Alors que j'étais en train de penser, la personne assise à côté d'Andrea se retourna. Je voyais enfin le visage de celui à qui il était marié, et j'espérais que je ne me trompais pas sur la personne. Il était très mignon. Assez pour que je sente mes joues chauffer. « Le blog des troublemakers est effectivement la référence ultime pour comprendre tout ce qu’il se passe ici. Et puisqu’on parle sérieusement, je ne peux qu’approuve les dire de Rose à propos du Carling. » J'acquiesce sans un mot. Après tout, il s'y connaissait plus que moi, je ne pouvais pas dire qu'il avait tort. Je ne connaissais que très peu le Carling, et également le blog des troublemakers. Le concept était pour moi assez peu sympathique, mais s'il fallait le lire, je le lirais .. « Bienvenue à Oxford. » J'observais cet homme dont je ne connaissais toujours pas le nom embrasser la tempe d'Andrea et je fis un petit sourire. Ils étaient adorables. J'espérais bien qu'ils seraient mes amis, un jour. « Stowe me manquera. » Je jetais un petit coup d’œil vers la jeune femme en question. J'aurais bien aimé la connaître, à présent. Elle avait l'air d'avoir une forte personnalité et sûrement qu'elle manquerait à beaucoup de gens ici. « Excusez-moi, puis-je demander votre prénom .. Je sais que vous êtes avec Andrea, si je ne me trompe pas de personne .. Enchantée de vous rencontrer. » J'utilisais le vouvoiement parce que cela me semblait être la chose à faire. Puis, je rigolais légèrement en passant la main dans mes cheveux. J'étais nerveuse. « L'ambiance à Oxford a l'air d'être très spéciale. J'étais persuadée avant de venir ici que tout ce que faisaient les élèves, c'était travailler .. » En tout cas, c'était tout ce que moi j'avais prévu de faire. Mais déjà, mon emploi du temps avait été chamboulé par plusieurs rencontres sur le campus. « J'ai hâte de connaître tout le monde. »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Sam 20 Oct - 13:57

Deuxième rentrée scolaire à l'université de Oxford. Caudalie qui pensait être de retour en France, à cette même époque n'en ai pas déçue pour autant : la ville est devenue pour elle un terrain de jeu grandeur nature où tout lui est permis. Y compris se pointer à la réunion de pré-rentrée plus d'une demi-heure après le début, habillée comme pour un bal de promo. De toute façon, elle ne vient que pour parader, elle n'a pas vraiment (et n'a d'ailleurs jamais eu) la patience d'écouter sans broncher des discours soporifiques et interminables.
Aussitôt entrée dans la salle, elle cherche Tristan Faure du regard, non sans jouer du coude et écraser des orteils en essayant de s'avancer dans la foule. Depuis qu'elle l'a rencontré, Caudy le suit pratiquement comme son ombre, répondant aux moindres désirs du jeune homme - enfin, à ce qu'elle pense être ses moindres désirs. Mais elle est arrêtée dans son élan pour la scène qui se déroule devant ses yeux : Carolyn Stowe a pratiquement arraché le micro des mains de Morgana Castelli et entreprend un discours des plus pompeux. « Stowe, Stowe, Stowe... » Caudalie ne supporte pas la belle brune, c'est viscérale. Et pourtant, ce n'est pas comme si elles s'étaient fréquentée, bien au contraire. Mais elles ne peuvent décemment pas s'entendre. Au yeux de la jeune française, l'incandescente Stowe manque cruellement de classe et de distinction. Certes, elle n'a pas froid aux yeux mais tout ce qu'elle entreprend manque d'élégance et hérisse littéralement Caudalie - voilà l'excuse qu'elle donne pour justifier son aversion envers l'ex-élève d'Oxford mais, en réalité, il suffirait de dire que deux fortes têtes de la sortes, en recherche de popularité et de reconnaissance ne peuvent cohabiter sans dommages.

Caudalie reprend son périple parmi les élèves, en direction de Tristan, qu'elle a pu apercevoir, non loin de l'estrade tout en tendant une oreille distraite au discourt. « Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? » Caudy s'arrête une nouvelle fois, coincée entre une grand gaillard aux longs cheveux blondes et une maigrichonne un peu gothique. Elle lève les yeux vers l'estrade, observe Mme. Castelli se dépatouiller avec la remarque de Carolyn. « Stowe, disparait donc à Londres une bonne fois pour toute... » ne peut s'empêcher de grommeler Caudalie, attirant le regard intriguée du grand blonde.
La rousse finit enfin par atteindre son but : le petit groupe d'élèves gravitant autour de Tristan et Andrea. Elle s’impose carrément dans le cercle, sans ménagement. « Que se passe-t-il donc ? » Elle meurt également d'envie de demander si l'expérience de Carolyn Stowe intéresse réellement quelqu'un mais préfère sans tenir là... « Tristan, tout se passe-t-il comme espéré ? »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : réunion de pré-rentrée    Lun 22 Oct - 15:53

Je regarde donc la salle en attendant qu’un de nos chers élèves prenne la parole et que commence enfin ce débat endiablé. Monsieur Faure prend cette initiative et je l’encourage vivement du regard. « Je propose qu’on supprime la chorale d’Oxford, il va sans dire que le niveau s’affaisse d’année en année et ridiculise chaque fois un peu plus notre prestigieuse université lors des compétitions de fin d’année. Malgré les efforts louables, de Miss Steele. Mon compagnon ici présent, vous en parlerait mieux que moi. » Je soupire volontairement, ce sujet n’est pas très drôle pour débattre… Je suis sur le point de défendre Ophelia lorsque le compagnon en question prend timidement la parole. « A vrai dire, euh, non, je n’ai rien à dire... Le niveau pourrait être meilleur mais ça ne vaut pas la suppression pour autant... » Ce garçon est décidément très brave, on pourrait le comparé à la Suisse dans les débats internationaux. Je rigole intérieurement à ma petite blague que je suis malheureusement le seul à avoir entendu… Toujours debout sur le bureau, je croise les bras et attends une nouvelle intervention d’élève. Une voix féminine à l’accent on ne peut plus british se fait entendre « Non mais même tu ne suffirais pas à sauver ce désastre ambulant. No offense. Mais bon, entre ça et certains étudiants qui sèchent allègrement les cours pour faire Dieu sait quoi... Puis plus sérieusement, je suis d'accord avec vous Monsieur, il est indécemment tôt, à la limite si on nous payait le petit déjeuner, vu le prix qu'on paye pour user nos vêtements sur les bancs d'amphi hein. Oh ça va, faites pas la tête. Je suis de mauvaise humeur quand on me tire du lit comme ça et que j'ai pas encore pris mon café. Par contre, je propose qu'on discute de l'état des toilettes du bâtiment de langues antiques. Parce que je pense qu'ils sont là depuis la création de l'université et je peine franchement à voir leur valeur historique. » Cette petite a du toupet, j’aime ça. Je suis prêts à la féliciter joyeusement quand Morgana, ma collègue de théâtre m’interrompt pour faire une mise au point on ne peut plus sérieuse. « Mademoiselle Foster, si vous avez tant à exprimer il fallait vous inscrire à la chorale pour tenter de remonter le niveau qui vous semble si bas. Merci monsieur Faure par ailleurs de la considération que vous portez à Miss Steele, elle en sera touchée j'en suis sûre quand vous devrez vous en expliquer auprès d'elle. » Je grimace en entendant ces mots, les élèves ont quand même le droit d’émettre leurs opinions que Diable ! Elle se tourne enfin vers moi et m’ordonne : « Mark ! Descends ! » Je la regarde essayer d’attraper ma veste mais sa main ne touche que du vent. Que je suis bien sur mon perchoir, je devrais donner des cours en hauteur plus souvent ! « Bien, n'en déplaise à nos âmes politiques outrecuidantes en soif de justice dans l'assemblée, il me semble que nous avons eut assez de revendications pour la matinée, alors... Si Monsieur Buckley voulait bien se donner la peine de descendre... du bureau afin que nous puissions continuer cette réunion dans le calme et la sérénité ?... » Je regarde Morgana avec un air dépité. Ou est passé la fougue de sa jeunesse ? Nous nous amusons tous comme des petits fous. J’essaye de me construire une argumentation digne de ce nom, ce qui semble prendre un petit peu de temps puisque une jeune demoiselle nous rejoint sur l’estrade. « Mes amis, mes camarades, mes comparses. Je ne pouvais décemment pas vous quitter sans un petit discours. » Je me deconcentre de ses belles paroles, son discours est ennuyant à mourir… Je baille sans m’en rendre compte et je reviens à la réalité quand je comprends que Miss Stowe s’adresse soudainement à moi : « Mr Buckley, c’est vous qui sentez le shit ? Dès le matin, c’est pas très sérieux quand même… » Je prends un air offusqué. Ces gamins n’ont absolument aucun respect, Morgana avait bel et bien raison… Ma collègue reprend d’ailleurs la parole pour tenter de calmer le jeu. « C'est super Carolyn, super, vous vous en sortez très bien, continuez ! » Elle se saisit à son tour du micro et commence un petit speech que je n’écoute guère : « Merci à vous miss Stowe d'être venue, comme prévu ! Mesdemoiselles messieurs, puisque rien ne vaut le témoignage d'une expérience, Carolyn Stowe, une ancienne élève qui nous quitte cette année comme vous avez du le comprendre, vas vous faire part de la sienne à Oxford ! » Je sens une force m’agripper le bras et je remarque soudain que Morgana essaye une fois encore de me faire descendre « MARK ! » Je la regarde batailler avec la manche de ma veste. Elle semble prendre la chose très au sérieux ! Je ne sais comment, elle se retrouve à quatre patte sur le bureau et tire sur ma cravate pour m’amener à sa hauteur. « MARK !!! Est ce que tu te sens bien ? Assez bien pour descendre ? Tu n'es pas malade au moins, parce que malade ou pas tu assure cette présentation alors reprend toi et parle ! » » Je la regarde dans les yeux et dis dans le micro que j’ai toujours à la main « Mais oui Morgana ne vous inquiétez pas, je vais très bien, TRES TRES bien, contrairement à ce que Miss Stowe a l’air de stupidement imaginer. » J’explose d’un rire franc pour prouver ma sobriété. « Bien, je suis désolée de devoir vous annoncer ce genre de choses jeunes gens mais la seule et unique réponse acceptable de cette folle matinée fut celle de Miss Foster. » Moment de silence dramatique pour appuyer mes propos. « Je sais bien que les vacances sont encore présentes dans bien des esprits et dans le mien aussi soit dit en passant mais hum… Bref, j’hésite vraiment à devenir un homme sévère en ce début d’année… Oui, vous m’avez entendu… J’hésite vraiment à vous coller tout de suite un devoir sur table pour vous obliger à répondre à la problématique que je vous ai donné en début d’heure et qui n’a été traité pour le moment que par Miss Foster que je remercie du fond du cœur. » Je prends un air sévère pour essayer d’être crédible au maximum mais je ne peux pas retenir un petit rire. « Quelqu’un d’autre veut intervenir ? » Je regarde l’amphithéâtre qui semble être perplexe et je sors une cigarette du paquet que j’ai dans la poche. Je me penche vers Morgana pour lui demander : « Vous avez du feu ? Je ne trouve plus le miens… Ah si, c’est bon le voilà. » Et j’allume joyeusement ma cigarette en attendant qu’un élève daigne prendre la parole.
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