what the hell are you doing here ? w/Arthur

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MessageSujet: what the hell are you doing here ? w/Arthur    Jeu 27 Sep - 12:50

Cette journée est merdique depuis son commencement. En réalité, c'est la semaine qui est merdique, je crois. Mon père est invisible, avec son bras en écharpe rescapé de la balle que lui a fichu son ami Harvey dans le bras, ce qui fait qu'il y a double dose de personnes à gérer. J'aspire à la glande, je crois, et c'est sans aucun doute la première fois de ma vie que c'est le cas. J'aime travailler, j'aime me donner pour mon travail d'une part et pour les autres d'autre part. Mais tous les soirs, ce monde pervertis me donne mal au crâne. Je soupire en m'habillant d'ailleurs pour aller distribuer des sourires dans les allées du Casino, déjà lasse. Je m'interromps cela dit après avoir enfilé une robe et décroche mon téléphone. « Louise, vous me sortirez les prévisions de ce soir avec les réservations ? » Je suis prête à parier que mon père m'attend sur le pas de la porte avec une to-do list aussi longue qu'il est chiant, des conseils plein la bouche et des recommandations de dernière minute qu'il ne pourra s'empêcher de faire. Je soupire et achève de me maquiller, enfile des chaussures adaptées. J'habite dans la suite Trish en ce moment, je n'ai pas encore trouvé d'appartement et pas franchement le temps d'en chercher un. Je veux acheter près d'ici mais dans un quartier où tout est calme et accessible. Je n'ai même pas encore vendu l'appartement de Londres dont je devrais par ailleurs tirer un bon prix. J'aurais presque pu partir du principe qu'en venant ici, à Oxford, loger au Casino était aisé, et que je pouvais garder un appartement Londonien pour les jours de congé. Mais finalement, étant donné le temps que je m'apprête à passer ici, il me semble presque plus simple d'être rapatriée. Mon père m'a déjà proposé de rentrer à la maison, mais il en est tout bonnement hors de question ; je n'ai pas tout quitté pour revenir quémander une place chez Papa. Il est temps de grandir et d'assumer son âge. Partir donc, définitivement, les laisser entre hommes. Travailler dans le Casino que mon père s'est offert est déjà un assez grand signe de proximité familiale pour qu'on en rajoute une louche.

J'accroche deux boucles d'oreilles, clou de ma préparation, puis m'empare de mon sac et ouvre la porte... sur un couloir vide. Etonnant. Je referme à clés sans me laisser démonter cela dit, à peu près certaine que je vais le croiser très rapidement ou qu'il aura au moins laissé une trace de son passage quelque part pour que je puisse m'en délecter. Je déambule sur la moquette rouge qui a coûté une petite fortune de rénovation et écoute mes messages. Rien de fou, à part Colin qui me demande s'il peut passer la soirée ici (hors de question étant la seule réponse que je peux lui fournir). Mon frère devrait se prendre en charge de temps en temps et le peu de socialisation qu'il daigne avoir dans sa vie de tous les jours suffit en lui même à me démoraliser. J'ai toujours eu plus ou moins l'instant maternel, surtout avec lui, et j'ai toujours essayé de remplacer un peu la mère qu'il n'a pas eu dans les instants pas franchement faciles de sa vie. Parce que même si Patricia Hastings-Bass était une femme formidable et une mère aimante, elle a de toute évidence négligé son fils quand ses histoires d'amour diverses et variées et ses mariages à répétition avec mon père côtoyaient le monde du cinéma auquel elle appartenait. Sa vie n'a pas été simple, et les motifs qui entourent ses fréquents divorces puis retour de flamme avec mon père sont encore un peu flous. Je crois qu'il est le seul et demeurera le seul à savoir, même si le fait qu'il ait connu Théo longtemps avant de l'engager ici me conforte dans l'idée que les agissements du doyen de la famille ne sont pas toujours fluides, ni même corrects. Je ne pense pas que la nouvelle recrue du Casino soit trop au courant non plus cela dit, mais sa mère avant lui pratiquait également les contrats d'assassinat (joli mot pour exprimer l'ancien métier de mon nouvel ami qui n'est autre que tueur sur gages, ce qui est franchement assez hallucinant même pour moi qui suis habituée) et à mon idée, c'est elle qui devait être en possession d'informations inédites.

Toujours est-il donc que mon frère n'a pas connu une vie de famille aussi exemplaire qu'on pourrait le croire (ou pas) et que si ma folie irrationnelle m'a permis de me fondre dans le monde familial sans jamais manquer de rien, sa réserve et ses déboires psychologiques et torturés ont en revanche dûs l'emmener sur un chemin de réflexion que je ne souhaite à personne. L'innocence de Colin, alliée à son caractère peu affirmé, ont fait de lui un garçon qui avait du mal à se fondre dans le moule, aussi bien à la maison qu'en société. Inadapté, sans doute, est le mot qui convient le plus à mon petit frère. J'ai essayé de pallier cette inadaptation mais il a toujours refusé toute approche de ma part, préférant sans doute sa solitude facile à l'entrée invasive de sa soeur dans sa vie.

Je passe la porte de service, finalement, et débarde près de l'entrée, allant saluer deux ou trois clients que je connais déjà. Fort heureusement, mon téléphone sonne le rappel paternel - il devait dormir ou décuver pour avoir mis autant de temps avant de s'emparer de son téléphone. « C'est pas trop tôt, j'étais presque inquiète de ton manque de directives... » Il ricane et inspire. « J'appelle pas pour te donner des directives, j'appelle pour te prévenir. Un gros client est là sous couverture, et j'ignore qui s'est. Quoi qu'il en soit, il a donné un faux nom à l'accueil mais il a précisé qu'il voulait être très bien reçu. » Je roule des yeux et m'insère dans le fumoir où je m'allume une cigarette. « sauf que l'espèce de demeurée à l'accueil n'a pas été foutue de le reconnaitre. Suite 501. » Je ricane un peu et tire sur ma cigarette sans faire de commentaire. « Garde un oeil ouvert, en tout cas. » Je souris un peu, acquiesce. « Je fais toujours attention. » Je soupire, lui confirme d'un maugrément digne d'un ours, et raccroche son téléphone pour me foutre la paix.

Je termine ma cigarette et abandonne le fumoir encore vide pour me balader parmi les tables de jeux, et retrouver finalement le bar. Il fait bon, j'ai envie de boire un verre. Je regarde ma montre, je devrais être plus ou moins tranquille pour une bonne heure encore. Je souris aux gens en passant, cordiale, et m'approche du comptoir laqué sur lequel je m'appuie. Le serveur, Brady ou quelque chose du genre, s'approche et m'offre un sourire charmeur absolument pathétique. « Un Martini ? » J'acquiesce et observe les gens autour de moi... puis me fige. Brady est reparti me servir mon verre, mais quelques mètres plus loin, un homme est avachi près de son verre. Je plisse le front, écarquille les yeux et retiens un haut-le-coeur qui m'agite l'estomac. Je me ressaisis cependant rapidement et rassemble le courage qu'il me reste pour m'approcher. Ma main s'empare du verre encore plein posé sur le comptoir que j'écarte et je remets mes cheveux en place. « T'as pas honte ? » Le gros client. Tout prend son sens, maintenant. Je pose mes bras sur mes hanches et secoue la tête. La colère, la colère monte. Je la sens, sinueuse. Depuis toutes ces années, il n'a pas changé. A sans doute l'air plus triste, plus paumé, moins bien dans ses baskets. Mais il n'a fondamentalement pas changé. Il est le même type que celui qui m'a laissé sur le trottoir devant chez moi comme si c'était normal et qui est retourner baiser sa femme pour se donner bonne conscience. Et maintenant il est là, à moitié bourré, avachis sur le comptoir du bar dans mon casino, comme si la situation n'avait rien de bizarre ou de déplacé. « Qu'est-ce que tu fous là Arthur ? »




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MessageSujet: Re: what the hell are you doing here ? w/Arthur    Lun 15 Oct - 3:30

Je suis qu'un raté. Nez dans le verre, tête dans l'eau, plus d'oxygène, mais je respire encore. Un petit ricanement, en mode autiste dégénéré qui s'esclaffe de ses propres blagues, c'est pathétique mais heureusement personne ne me regarde. Personne à part le serveur, qui ne doit pas s'intéresser de près à la politique. Ça m'arrange, je ne suis pas sous mon meilleur jour. C'est un euphémisme, mais passons. Je sais pourquoi je suis là, je sais ce que je dois faire, mais très sincèrement, je ne vois pas comment arranger la situation. Bloqué dans un scandale à venir, concernant un film qui retracerait une partie de la vie de Blair Hastings-Bass, mon ancienne amante, avec qui les choses ont tourné au vinaigre... Mauvais pour mon image, oui avocat de mes deux, j'ai bien compris, j'ai pigé, je suis pas si con. Pour le coup, son idée d'aller proposer de l'argent à Blair pour qu'elle reste discrète là-dessus n'était pas vraiment pour me plaire. L'amertume, c'est ce qu'il me reste de toute cette histoire. J'ai aucune envie de la voir, encore moins de lui proposer un marché, je sais pas comment l'aborder, comment lui parler, comment engager le sujet qui fâche, comment faire en sorte qu'on puisse bien s'entendre sur les intérêts de chacun. J'étais dans ma chambre d'hôtel, à m'arracher la tête en retournant le problème dans tous les sens, je pouvais pas la manipuler comme toutes ces gourdes sans cervelles, ou mes chers électeurs, tout était différent, bien plus compliqué et délicat. Un faux pas et je plonge. Ou peut-être allait-elle me maintenir la tête sous l'eau. Je ne sais pas comment elle a vécu tout ça. Si ça m'intéresse ? J'en sais rien. Elle s'est foutue dedans toute seule. Elle n'aurait pas dû chercher à faire du chantage en tombant, oh comme par hasard, enceinte alors qu'un choix allait finir par se profiler, entre elle et ma femme, enfin, ex-femme maintenant. Parfois, l'idée trotte dans ma tête, comme quoi elle ne l'aurait vraiment pas fait exprès. Et aussitôt je me traite de naïf.

Pas de proche à qui parler, à qui se confier. Je suis vraiment seul, comme un pauvre gamin qu'on laisse au fond de la classe avec sa solitude, en politique on se fait rarement des amis pour la vie et j'en suis bien conscient, et le pouvoir rend malsain tout ce qui se trouve autour. J'ai toujours voulu faire ça. Je suis en plus vraiment proche du but. Mais je commence à me demander si c'est vraiment ce que je veux, au fond. Si cette ambition démesurée, cette soif de pouvoir, de grandeur, ne sont en réalité que des cache-misère, pour oublier ce qui me fait défaut, ce que je n'obtiendrais certainement jamais. Pourtant, d'aussi loin que je me souvienne, je n'aspirais pas à une ville tranquille de père, qui briderait sa carrière pour pouvoir s'occuper de ses enfants. Le chien, le chat, le jardin, ça n'était pas dans mes plans. On était bien d'accord au début, avec mon ex-femme. Je me demande quand ça a commencé à changer. Et puis le mal de crâne s'installe, remuer les souvenirs, ça n'a pas l'air de plaire à mon cerveau. Après tout, c'est un casino. Autant en profiter. Je réfléchirais demain à ce que je pourrais bien dire à Blair, et quelle tactique opter pour obtenir ce que je veux. Pilote automatique enclenché, destination le bar, cible un verre, ou deux, peut-être plus. Costume impeccable, j'en sais rien, je ne me regarde pas dans la glace. Sauf que mon reflet, je suis bien obligé d'y faire face une fois dans l'ascenseur, doté d'un superbe miroir mural. Ça pourrait être pire.

On traverse les couloirs, les halls, pas de sourire commercial, pas de regard assuré, pas d'allure décidée, sans être une ombre je suis juste un individu lambda, avec ses problèmes, ses démons, ses dilemmes. Un homme qui va utiliser une technique bien connue et facile pour tenter d'oublier ses soucis. L'alcool, drogue légale qui fait tant de ravages, on ne cesse de répéter à qui veut l'entendre que c'est mal, qu'il faut consommer avec modération, et pourtant, derrière, on se met des mines pas possible, on se prend notre verre de vin tous les soirs, on partage une bière avec une connaissance, et plusieurs qui suivent parce qu'on veut s'amuser, et on se retrouve à expulser le contenu de son estomac dans des toilettes crasseuses, mais c'est pas grave, parce qu'on s'en souviendra pas. Et là, au fond de mon verre, j'espère oublier cette soirée, le monde qui m'entoure, toutes ces foutues questions qui m'obsèdent et m'empêchent de dormir.

Et puis elle apparaît, là, au milieu de nulle part. Bon, "nulle part" n'est pas le mot mais c'est bien le dernier endroit où je pensais la trouver. D'ailleurs, j'avais même pas envie de la trouver, à cet instant précis. Je voulais simplement noyer mon ennui, mes problèmes, regagner ma chambre en titubant, et tomber dans mon lit sans même me désaper, pour m'endormir comme une masse, la bave aux lèvres, au dessus des draps. Oui, c'était ça le programme. Putain, pourquoi faut qu'elle foute en l'air tout ce qui est programmé à chaque fois ? Son regard fiévreux de haine et ses premiers mots qu'elle me jette à la figure m'indiquent très clairement son état d'esprit par rapport à notre histoire. Bon, autant dire que ce n'est pas gagné. Je me redresse un peu, lâchant le verre à moitié vide que j'observais sous toutes ses coutures quelques instants plus tôt, pour regarder en face celle qui fut mon amante. Je dois faire gaffe à ce que je dis, je vois déjà le contenu de son verre se vider sur mon visage, comme un pressentiment, ou une évidence. "Et bien je ne sais pas ce que je fous là, ce que je sais c'est que jusqu'à preuve du contraire j'en ai le droit, comme toute personne majeure libre." Je dois l'accorder, ce n'est peut-être pas ce que j'avais de plus courtois ou aimable dans mon répertoire. Pour ma défense... Non, clairement, je n'ai aucune excuse. Même l'alcool n'en est pas une. C'était peut-être mieux qu'un "Bonjour, ravi de te voir aussi", un poil trop cynique et cliché aussi. Le sourire commercial, quoiqu'un peu fade, apparaît de manière mécanique, comme à chaque fois que j'adresse la parole à quelqu'un. Déformation professionnelle. Peut-être qu'elle y verra de l'ironie ou de la moquerie. Je suis de toutes façons prêt à recevoir la sentence. "Et toi, que fais-tu ici ?" Question légitime, après tout, n'est-ce pas ce qu'on fait lorsqu'on croise une connaissance : lui poser les mêmes questions en retour ? Technique du quoi de neuf rien et toi rien non plus. Le souci avec ça c'est qu'on tourne vite en rond. Et j'aimerais éviter ça autant que possible, à force je pourrais en avoir le tournis, et j'imagine que mademoiselle Blair ici présente ne serait pas ravie de se retrouver avec ma bile et le contenu de mon maigre dîner sur ses vêtements.

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MessageSujet: Re: what the hell are you doing here ? w/Arthur    Jeu 25 Oct - 22:04

Papa serait ravi de savoir qu'il est ici. Qu'il ose fouler le sol du casino est presque une insulte, surtout vu le contexte dans lequel nous nous trouvons bien malgré nous embarqués. Je refuse de cautionner, inerte, sa déchéance et je refuse qu'il m'impose ses sales soupçons de nouveau. Pitoyable, voilà le seul adjectif capable de définir Arthur Beckett qui me vienne à l’esprit. Je l’exècre pour tout ce qu’il représente, tout ce qu’il a fait. J’étais jeune et pleine d’illusions, et je ne lui ai jamais rien demandé. Ni de l’argent, ni de quitter sa femme, ni de reconnaître quoi que ce soit. Je n’ai jamais été du genre à me prendre la tête ; l’amour était suffisant et maintenant, je m’interdis strictement de le ressentir. J’ai grandi mauvaise, suffisamment mauvaise pour ne pas flancher, ni devant lui, ni face à son souvenir. Je ne suis pas une minette transpirante de sentiments qui n’attendait que le retour chevaleresque de l’amour de sa vie. Je n’en ai plus rien à foutre de ce qu’il pense, ressent, devient, gagne. Il est seul et minable, comme je l’ai été après qu’il m’ait abandonnée. Ce n’est que le juste retour des choses et il est hors de question que son état apparemment plein de détresse ne m’attendrisse ne serait-ce qu’une seconde. Qu’il aille au diable, avec tout ce qu’il implique de mauvais pour moi. Je croise les bras, savourant le triomphe de mon esprit sur mon image d’enfant. « Il y a des endroits où tu n’es pas le bienvenue Arthur ». Je fais exprès de prononcer son nom, jouant dangereusement avec la proximité d’autres gens. Qu’il soit attrapé ici, avec tout l’alcool qu’il a dans le sang, et il y a fort à parier qu’il ne restera pas vice premier ministre longtemps. Mais je ne suis pas cruelle au point d’annoncer délibérément qu’il est ici ce soir. Je préfère, et de loin, lui montrer que j’ai grandi et que m’écraser n’est plus possible aujourd’hui, parce que j’ai clairement les cartes en main. Devenir un martyre ne me ferait pas particulièrement plaisir, mais mon esprit de vengeance est capable d’aller très loin, suffisamment loin pour que je prenne la peine de souffrir un peu au passage. Ces considérations ne sont plus importantes désormais.

« Tu es chez moi ici, le Casino a été racheté par mon père il y a quelques mois, et si tu veux mon avis, je te déconseille fortement de croiser sa route ». Je souris un peu, insolente, et pose une main déterminée sur le bar. « Tu sais à quel point j’ai toujours été une fille à papa ? Ca n’a pas changé ». J’inspire, sentant mon cœur accélérer sa cadence sous l’égide de l’énervement violent que je ressens. Mes doigts pianotent sur le bar en bois et je respire pour tenter de me maitriser, sans quoi je serai vraisemblablement capable de lui sauter dessus pour l’étranger. « Je pensais que tu aurais au moins la décence de te montrer discret, maintenant qu’on est les vedettes discrètes d’un film qui va sortir au box-office ». Je tique, le barman dépose un verre devant moi et m’interroge du regard mais je le renvoie d’un signe de tête agacé. « Venir te bourrer la gueule ici est une belle connerie. Si t’as envie de foutre en l’air ta carrière encore plus qu’elle ne risque de l’être, fais-le là ou j’ai le moins de vue possible sur toi tu seras gentil ». Je tique et inspire, avalant mon verre cul sec avant autant de grâce et d’élégance que possible.

Le fait est que je ne peux pas m’empêcher de ressasser cette histoire. J’aurais très bien juste oublier, refaire ma vie sur de nouvelles bases et laisser crever son souvenir dans un coin de mon cerveau sans me soucier de ce qu’il devenait ou de ce qu’il faisait de sa misérable existence ; j’aurais eu la force morale de mettre toute cette histoire de côté pour ne plus jamais y penser et être forte. Dans le contexte actuel du film, son souvenir serait peut être revenu à la surface avec une ou deux sensations désagréables mais lointaines. Et ça aurait été, sans aucun doute, la meilleure solution. Juste l’oublier. Sauf que j’en ai décidé autrement, et que je ne me souviens pas exactement comment j’ai décidé qu’il reviendrait hanter mes nuits. Ca n’est pas une chose positive dont il peut se réjouir, je ne regrette pas Arthur comme mon chevalier servant qui aurait éventuellement pu être le père de mes enfants et l’amour de ma vie. Non, les sentiments que je lui porte aujourd’hui sont d’un ordre plus violent et nettement moins naïfs. Que je le veuille ou non, et à tord ou à raison, Arthur est celui qui m’a volée ma vie. Si je n’avais été que l’étudiante plaquée par son amant stressé, je me serai débrouillée pour guérir rapidement et ouvrir mon cœur au suivant. Peut être même que j’aurais laissé tomber l’enfant si on en avait discuté de manière convenable. Peut être que tout ça se serait passé à merveille s’il n’avait pas complètement dérapé comme il s’est pris à le faire. En agissant comme le dernier des connards, en m’abandonnant sur le trottoir de chez moi, en foutant en l’air ce qui faisait ma personnalité à l’époque, il a, sans aucun doute, fait souffrir une part non négligeable de moi pour une très longue et difficile période. Mais au-delà de ça, il a aussi réveillé une soif de vengeance qui s’avère particulièrement virulente maintenant qu’il me fait face. J’ai envie qu’il souffre, qu’il s’excuse encore et encore, qu’il regrette. Ces envies sont pressantes, presque morbides, et pourtant, la rancune s’est frayée une place de choix dans mon âme qu’elle n’est pas prête de quitter. Je fais profil bas parce que je suis raisonnable, mais il suffirait d’un geste, un seul geste de travers de sa part pour que je le renvoie jouer en enfer avec les gamins des rues, loin de sa carrière politique véreuse et de ses dessous de table. Je pourrais faire tellement pire que lui, que l’idée me fait presque frissonner dans un ensemble aussi étrange que malsain. « Tu ferais mieux de regagner ta chambre et de te trouver un autre endroit à l’avenir ». Mon regard est dur, je serre les poings, en proie à une rage qui me donne envie de lui envoyer ma main à la figure.
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