home w/ andrestan

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MessageSujet: home w/ andrestan   Dim 16 Sep - 1:11

Je me laisse tomber sur le sofa. Cette fois c'est fait. Le silence de l'appartement me fait finalement prendre conscience de ce qui est en train de se produire. Andrea est parti étudier dans cette école, il quitte à cette heure probablement la ville, laissant nos paysages s'éteindre au profit d'autres plus vifs sans doute. J'aurais pu l'accompagner, j'aurais du sans conteste, mais la tension qui habite mon cœur a vraisemblablement besoin de s'exprimer sans honte, sans crainte. Les sanglots, puis les larmes, je suis profondément ridicule, mais l'important c'est désormais de craquer à l'ombre des regards. Une année entière à rester ensemble, cela laisse ses marques. Je suis pourtant un pro de l'adaptation en milieu hostile, mais je m'étais habitué à l'avoir près de moi, tout le temps, ce qui me donne ces airs de femme éplorée trop habituée au luxe d'une vie à deux. Je dois me dire qu'il fait le bon choix malgré mes craintes. Après tout, je suis celui qui fait les erreurs, A ndrea lui n'a jamais vraiment failli à sa perfection. J'essuie mes yeux d'un revers de manche, prenant ensuite ma tête entre mes bras. Une inspiration plus tard, je retrouve Tristan Faure, amorphe, mais prêt à relativiser. Cela nous laissera plus de temps pour nous en tant que personnes, c'est le positif qu'il y a à en retirer en toute logique, nous qui avions tendance à sombrer dans le cliché du couple incapable de choisir une table en verre l'un sans l'autre, bien que la chose s'explique de diverses manières, j'en conviens. Je lâche un rire ironique, pour moi avant de m'étendre sur le canapé, ne poussant pas le vice jusqu'à entamer un verre d'alcool fort.

Je ferme les yeux, tentant de mettre fin à toutes les interrogations qui veulent troubler le semblant de calme que j'ai réussi à trouver. Nous n'avons plus qu'à attendre, juger la situation maintenant est de toute façon bien inutile, mais mon mariage me préoccupe que je le veuille ou non. La distance n'est pas vraiment ce qu'on attend d'un tel engagement. Ma gorge se serre de nouveau, mais je lutte contre elle, le scepticisme n'a jamais aidé en quoi que ce soit. On sonne à la porte et je soupire à l'idée qu'un ou même plusieurs de mes amis aient eu l'envie saugrenue d'organiser une quelconque soirée dvd ou tequila pour me remonter le moral. De toute évidence, la lumière qui éclaire tout l'appartement me semble immanquable, et si il y a bien quelque chose qui ne se fait pas, c'est cracher au visage de ses amis de cette manière, en particulier lorsqu'ils se donnent autant de mal pour se montrer compréhensifs. Je me lève, et ouvre la porte pour tomber sur un invité que je n'attendais pas vraiment ce soir. « Tu as oublié ton dentifrice ? » ça ne peut être que ça. Enfin j'imagine. Je le laisse entrer les yeux stupidement rougis par ma faiblesse plus tellement masquée. « Ou ton rasoir ? » Il a l'air perdu, et je le suis sans doute autant que lui, le fait qu'il revienne ne me rend pas la tâche facile cependant. J'ai réussi à le laisser partir une fois ce soir, j'ignore si j'aurais la volonté suffisante pour l'envoyer à Londres une seconde fois. Quand je pense que le geste est amené à se répéter, je ne peux que m'inquiéter de la façon dont je vais gérer la situation. Voilà que nous sommes de nouveau face à face, lui traînant sa valise comme s'il allait simplement rentrer et s'installer de nouveau avec moi après une réconciliation conjugale. La vérité est toute autre bien entendu. Rasoir, dentifrice ou serviette fétiche ?
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MessageSujet: Re: home w/ andrestan   Dim 16 Sep - 1:53

Le volant serré entre les mains, je sens ma gorge se serrer au fur et à mesure que mon assurance s’envole. Les kilomètres, le paysage, tout défile devant mes yeux qui pourtant ne sont attentifs à rien. Demain, nouvelle vie, nouvelle école, nouvelles têtes. Repartir à zéro et faire autre chose ? Chanter, danser, vivre une expérience inédite. Loin de lui, de nous, de moi aussi peut être. Est-ce que je suis seulement fait pour ça ? La scène, la musique, la chanson, la danse, les gens qui applaudissent et ceux qui critiquent, la médiatisation ? La conversation que j’ai eue avec mes parents me revient en mémoire et je crois que c’est le plus gros facteur de doute de l’histoire. Un truc s’est passé, chez eux, quand ils m’ont simplement donné leur approbation sans chercher à lutter contre les études que je voulais m’offrir. Mon père a toujours encouragé ma vocation à suivre ses traces, à travailler dans la justice comme lui, procureur général de Paris. Je ne pensais pas que ces encouragements n’étaient que des encouragements. J’ai toujours été persuadé que mon père façonnait ma vie comme bon lui semblait, et que me refuser à finir avocat dans un immense bureau de Londres, à faire des allers retours parisiens avec un double diplôme prestigieux, serait un bon moyen de me détacher de la figure paternelle à laquelle, de toute évidence, je n’ai jamais voulu ressembler. Homme violent et imbus de sa personne, connu pour ses décisions et requêtes parfois dures, sévères, voire injustes, mauvais en famille et dans son rôle de père ; je crois que le pire aurait été de me dire encore que tous ces traits que lui possède si discrètement m’ont de toute façon été transmis. Je suis violent, d’une violence différente sans doute, mais le résultat est le même. Perfectionniste, exigeant, maniaque, sans doute peu doué avec les relations en général, et mauvais en relations de manière générale ; rares sont les gens que je supporte vraiment, à temps complet. En dehors de mon mari et de mes amis les plus proches, je reste difficile à vivre, à saisir, voire même à atteindre de la manière la plus simple qu’il soit. Je suis déjà un peu Henri Leroy-Duchesne, et je suppose que ça ne m’inquiète plus tant que ça. Je sais que Tristan expiera toujours le pire en moi, je sais que mon mariage me sauvera de tout ce qui pourrait m’entrainer vers un chemin plus sombre et me faire terminer comme mon père.

Tristan, que je viens d’abandonner sur le pas de la porte. Il ne vient pas ce soir, et je pense comprendre son choix sans grandes difficultés. Il faut de toute façon que je me fasse à l’idée ; cette séparation sera difficile et il ne la vivra jamais bien. Je resserre le volant en enclenchant mon clignotant, dans quelques minutes je quitterai la ville. Je soupire et secoue la tête, essayant de me changer les idées en me projetant dans les cours de chant du lendemain, qui auront sans doute lieu bien rapidement. Mais je n’y parviens pas. Tout ce qui occupe mon esprit pour l’instant est le gigantesque vide que je viens d’y creuser en trainant ma valise derrière moi pour monter dans le grand break et filer vers ma nouvelle ville d’accueil. J’inspire et chasse les larmes qui m’échappent d’un revers de manche, me concentrant sur la route pour ne pas en plus me retrouvant au centre d’un accident. Oxford rapetisse, dans mon dos. J’ai mal au cœur, presque la nausée. Je roule encore quelques minutes et m’arrête finalement sur le bord de la route, tous phares allumés, claquant la portière pour respirer. Je m’appuie sur la voiture et inspire de grandes bouffées d’air frais qui approvisionnent mes poumons défectueux. La sensation est horrible, j’ai la tête qui tourne et je me sens terriblement angoissé, presque opprimé. Ca fait bien longtemps que je ne me suis pas senti aussi mal. Je marche un peu, les voitures qui passent par là klaxonne pour m’insuffler de repartir.

Je remonte finalement et pose ma tête contre le volant. Je ne parviens plus à réfléchir mais l’angoisse qui me bouffe m’empêche de poursuivre ma route en direction de Londres. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas foutre ma vie en l’air, je ne veux pas bousiller mon mariage. Je veux l’avoir avec moi et pouvoir compter sur sa présence quand ça ne va pas. Je veux faire quelque chose qui nous rendra tous les deux heureux ensemble, et lui enlever les doutes qui plombent son cœur en soulageant le mien d’un fardeau. Je n’ai pas besoin de prouver au monde que je suis intelligent et indépendant, que je peux faire mes choix tout seul. L’intelligence ne m’a jamais fait défaut aux yeux de personne, et j’ai épousé mon cousin. Je n’ai plus rien à prouver, plus rien à gâcher. Je suis grand, un homme, avec des responsabilités et une situation familiale relativement stable malgré sa complexité évidente. Soudainement, mon cœur arrête de me faire mal et je comprends. La décision vient d’être prise, sans retour possible ; la vraie décision. Celle d’Andrea, celle de l’homme que je suis. Je ne veux pas y aller. Je mets fin à la crise existentielle en redémarrant la voiture pour aller soigner les blessures infligées à l’homme de ma vie, faisant demi tour sur la bande d’arrêt d’urgence comme un forcené, lancé à grande vitesse sur les petites routes qui n’abritent d’habitude que les petites voitures de campagne.

J’y suis finalement. Sur le seuil de la porte, le cœur en vrac, l’esprit aussi, mais un poids tellement lourd vient de disparaître de mes épaules. Je suis là, et bientôt, je serai dans ses bras pour une année supplémentaire au cours de laquelle on peut espérer vivre tranquillement, ou essayer, en tout cas. Il faudra régler dès demain les problèmes d’inscription, en attendant, je ne veux qu’une chose, retrouver mon mari comme je l’ai laissé avant de lui annoncer que je m’éloignais de lui pour un an. Tout ça est fini, je n’aurais pas à supporter la distance, ni même la pression, et par-dessus tout, lui non plus. Je me suis compliqué la vie pour rien et tout va redevenir simple. Je n’ose même pas me servir de mes clés, incapables de déterminer dans quel état il va être en me voyant, ménageant la surprise sans doute. Je soupire un peu et frappe finalement, en fermant les yeux, ma valise à la main. Il ne tarde pas à m’apparaître, évidemment, et ses yeux rougis par la tristesse me déclenchent un haut le cœur que je peine à expliquer. « Tu as oublié ton dentifrice ? » Il me laisse entrer, ce que je ne tarde évidemment pas à faire, trainant ma valise derrière moi comme une âme en peine. J’ai mal au cœur de le voir dans un état pareil et je me retiens de pleurer avec lui ; tout ça est terminé, maintenant, je suis rentré, et pour de bon. « Ou ton rasoir ? » Je secoue la tête et ouvre la bouche pour répondre mais demeure incapable de répliquer le moindre morceau de phrase. Je soupire un peu et glisse ma main sur sa joue, glissant mes doigts sur ses yeux. J’approche son visage du mien et embrasse ses lèvres avec tendresse, sans violence. Je l’approche de moi et entoure ses hanches de mes bras pour sentir son corps contre le mien, son cœur, aussi. Je me détache et inspire, secouant la tête de nouveau. « Non, je n’ai rien oublié ». Je souris légèrement et caresse son bras. « J’ai changé d’avis. Je ne veux plus y aller ». Mes lèvres embrassent les siennes de nouveau et je ferme les yeux quelques secondes, refermant la porte d’un coup de pied. « Je suis désolé de t’avoir rendu si triste. Mais je suis là, maintenant ».
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MessageSujet: Re: home w/ andrestan   Dim 16 Sep - 11:43

Il referme la porte dans un silence qui pourrait presque m'inquiéter, puis laisse la valise pour faire un pas vers moi. Sa main caresse ma joue dans un ensemble aussi tendre que triste et l'angoisse monte malgré moi . Je ferme les yeux et bientôt nos lèvres se joignent sobrement et sans explications notables sur le motif de son retour. Pas le rasoir ni le dentifrice vraisemblablement. L'état dans lequel je suis me semble difficile à définir mais le tourment que je ressens est lui bien réel. Il gagne mes bras et pose sa tête contre mon torse. Les secondes filent, puis il finit par ouvrir la bouche avec l'information capable d'éclairer la situation.  «Non, je n’ai rien oublié ». Je l'éloigne un peu de moi pour pouvoir le regarder. La question s'impose d'elle même et je veux lui demander ce qu'il fait ici, mais il répond avant que je n'ai le temps de le faire. « J’ai changé d’avis. Je ne veux plus y aller ». Je reste un moment interdit, ne sachant trop quelle attitude adopter ou si cette décision résulte d'une culpabilité que je lui aurais crée. Je secoue la tête, je ne veux pas qu'il fasse ça pour moi, si cette école lui plaît alors il doit tenter peu importe ce que pensent les autres, peu importe ce que je pense moi. Je hais l'idée qu'il se sacrifie de cette manière, et si je dois réunir mes dernières forces pour l'empêcher de se soustraire à autre chose qu'à sa volonté alors je suis prêt à le faire. Notre vie a toujours été compliquée et mes décisions beaucoup trop intuitives, mais je ne veux pas peser sur sa décision, la confiance est quelque chose d'infiniment important dans un couple et il est temps de me conduire de façon mature, ne serait-ce que pour lui. Je suis effrayé, mais je suppose qu'on s'habitue à tout, que ce sont au final que des bouleversements. Mon esprit s'embrume et s'emmêle dans un maelstrom de sentiments contraires qui me laissent à peine sortir la tête hors de l'eau. « Je suis désolé de t’avoir rendu si triste. Mais je suis là, maintenant ». Je laisse quelques minutes s'écouler avant de prendre son bras. « Là n'est pas la question. Tu dois partir si c'est ce que tu veux faire. » Je le regarde avec un sérieux indéniable animant mon regard.  Il doit me croire maintenant, tout de suite parce que je ne suis pas de ceux qui l'encourageront longtemps à rejoindre cette école.

Je prends une inspiration et ne lui laisse pas le temps d'ajouter un mot de plus. « Je ne veux pas que tu restes à cause de nous, tout ce que je t'ai dit, c'est parce que je m'inquiétais du fait que tu abandonnes une carrière pour laquelle tu as tout donné jusque ici, au profit d'un passe temps secondaire, mais Andrea si tu es convaincu au plus profond de toi que c'est la bonne décision, alors pars sans te retourner sur ce que tu laisses ici. » J'avale ma salive, retenant la grimace qui mettrait en évidence la difficulté avec laquelle j'énonce cette quasi vérité. Tout cela n'est pas simple pour moi, et il le sait, mais pour une fois, il ne doit pas s'en occuper et me tenir tête si il le faut. Ma volonté elle, s'évade à mesure que les minutes passent. Ma main effleure sa joue puis caresse sa nuque. J'ignore de quoi sera faite cette soirée, mais l'heure tourne et nous conduira de toute évidence à une décision des plus définitives quoi qu'il advienne. J'approche mes lèvres des siennes sans toutefois l'embrasser, réduisant dans une tentative pourtant non voulant la partialité dont j'avais tenté de faire preuve jusque là. « Même si je comprends l'hésitation. » Je murmure pour terminer ma phrase. Je m'éloigne un peu et soupire. « Pardonne moi, il m'arrive d'être très contradictoire, lorsque mes désirs primitifs prennent le pas sur le reste. » Je ris un peu, sûrement épuisé par les retournements de situation réguliers qu'ont imposé cette décision une nouvelle fois remise en cause. Je croise les bras, imposant une distance suffisante à l'élaboration d'un raisonnement intellectuel et le laisse cette fois s'exprimer sans monopoliser la parole.
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MessageSujet: Re: home w/ andrestan   Dim 16 Sep - 15:35

Il me laisse terminer sans me couper et le silence s’installe même quelques instants, entre nous. Je le regarde, impossible de détacher mes yeux des siens, si tristes. J’essaye de calmer mon cœur qui pourtant ne demande qu’à s’agiter, j’ai besoin de le réconforter et de chasser tous ces sentiments que trahissent ses yeux en cet instant précis. Je l’aime tellement que je n’arrive même plus à savoir quelles décisions prendre pour le rendre heureux. J’enchaine les choix impulsifs sans faire attention aux conséquences qu’ils pourraient avoir potentiellement sur notre relation et l’ensemble deviendra un jour difficile à supporter. Il prend mon bras et réfute ce que je viens de lui dire, sans doute persuadé que mon choix nouveau n’est influencé que par le manque que je ressens déjà de sa peau, de lui. « Là n'est pas la question. Tu dois partir si c'est ce que tu veux faire. » Il parle, sûr de lui et sans broncher, laissant une flamme nouvelle animer ses yeux. Je caresse sa joue et m’apprête à donner les explications qu’il est en droit de recevoir de moi, mais il ne me laisse pas poursuivre, continuant lui-même rapidement son raisonnement à voix haute. « Je ne veux pas que tu restes à cause de nous, tout ce que je t'ai dit, c'est parce que je m'inquiétais du fait que tu abandonnes une carrière pour laquelle tu as tout donné jusque ici, au profit d'un passe temps secondaire, mais Andrea si tu es convaincu au plus profond de toi que c'est la bonne décision, alors pars sans te retourner sur ce que tu laisses ici. » C’est justement là le problème, je ne suis plus convaincu du tout. Mon esprit manque toujours de clarté, bien évidemment, et c’est un manque auquel je n’arriverai pas à pallier de si tôt. Mais j’ai l’impression que mon choix était surtout motivé par une volonté de renier tout l’ascendant que d’autres gens pourraient avoir sur moi, et non pas par la réelle impression que je peux faire de l’art ma vie. Bien entendu, l’ambiance là-bas m’aurait sans doute plu. La compétition, mes meilleurs amis, la danse, le chant, mais pourquoi ? Des journées éreintantes à devoir faire des allers retours pour honorer le devoir conjugal dans la fatigue, la pression et le manque, des engueulades, une vie bizarre et étrange, un monde qui ne peut pas être le mien ? Si je n’avais pas été moi, malade et père en devenir, peut être que ça aurait pu fonctionner. Peut être.

Je me perds un instant dans mes pensées, mais sursaute quand sa main glisse sur ma nuque. Ses lèvres s’approchent des miennes mais il reste à distance tout de même. L’ambiance se calme, mon cœur accélère sa course dans ma cage thoracique et je le laisse poursuivre en fermant légèrement les yeux. « Même si je comprends l'hésitation. » J’acquiesce lentement, lui semble troublé par ses propres mots et s’écarte de moi pour mettre en nous une distance qui contrarie légèrement mon cœur. « Pardonne moi, il m'arrive d'être très contradictoire, lorsque mes désirs primitifs prennent le pas sur le reste. » Il rit un peu et je l’imite, restant à distance pour lui expliquer ce qui va suivre. « Ca n’est pas pour ça que je suis revenu ». Je soupire, baisse les yeux, mes mains se joignent et se tordent avec l’angoisse qui grimpe. Je ne sais pas pourquoi, sans doute la fatigue de la perpétuelle justification. Je fais des conneries, essaye de les assumer jusqu’au bout, me ravise, et dois au monde entier des explications que je préférerai ne pas avoir à fournir. Je devrais être rodé depuis le temps et pourtant, c’est toujours, inlassablement la même rengaine. Il faut que cela cesse. « Bien sûr, le fait de te savoir loin de moi a toujours été une source d’angoisse, mais… » Je déglutis et m’approche finalement, incapable de maintenir les quelques centimètres qui nous séparent. « Je crois que j’ai pris la décision pour de mauvaises raisons. J’essaye désespérément de me trouver à moi, mais aussi de te prouver à toi, que je peux être fort et indépendant, et… » Je relève les yeux vers lui et prends sa main en lui ouvrant mon cœur. « J’admire ce que tu es. Ta capacité à faire ce que tu veux quand bon te semble parce que tu te fiches de ce que te diras ton père ou de ce que penseront les autres. Je pensais que peut être en choisissant quelque chose qui ne m’ait pas été dicté par ma propre famille je gagnerai en indépendance ». Je soupire, emmêle nos doigts. « Mais ils s’en foutent. J’aurais pu partir pour cette école et ma mère aurait signé le chèque. L’indépendance n’avait rien à voir là-dedans, et le choix était faussé par l’interprétation que je me suis faite de la volonté parentale ». Ma main libre caresse sa joue et je me mords la lèvre. « Je veux arrêter ces démonstrations de force, je suis désolé, mais je suis tellement perdu ». Je passe sa main autour de ma hanche et presse mon corps contre le sien. « Je suis tellement heureux d’être ton mari, mais tous ces changements, en une année… J’oublie parfois qui je suis et… ce que je veux ». Je plisse le front et me tais.
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MessageSujet: Re: home w/ andrestan   Lun 17 Sep - 22:48

Après un léger silence, il finit par trancher assez sûr de lui et l’intonation elle même me rassure presque déjà. « Ca n’est pas pour ça que je suis revenu » Je hoche la tête, attentif cette fois. J'ignore tout ce qui peut traverser l'esprit d'Andrea en un laps de temps très limité, la seule chose que j'ai toujours su, c'est qu'il n'y avait jamais qu'une seule explication à son comportement, ses décisions. Je le fixe, tandis qu'il se met en tête de m'expliquer son raisonnement qui me dépasse sûrement j'en suis certain.  « Bien sûr, le fait de te savoir loin de moi a toujours été une source d’angoisse, mais… » Lui qui avait pris le parti de rester à distance s'approche finalement l'air contrarié. Je ferme les yeux une seconde, mais lui continue. « Je crois que j’ai pris la décision pour de mauvaises raisons. J’essaye désespérément de me trouver à moi, mais aussi de te prouver à toi, que je peux être fort et indépendant, et… » Sa main se saisit de la mienne et je la presse doucement dans geste doux mais pudique. Andrea est de nous deux celui qui parvient le plus à exprimer ses sentiments, probablement parce qu'il se l'autorise avec moi. Lorsque je l'ai connu, il m'était presque impossible de deviner la moindre de ses pensées et aujourd'hui encore j'éprouve souvent quelques difficultés à le cerner. Je ne l'interrompt pas cependant. « J’admire ce que tu es. Ta capacité à faire ce que tu veux quand bon te semble parce que tu te fiches de ce que te diras ton père ou de ce que penseront les autres. Je pensais que peut être en choisissant quelque chose qui ne m’ait pas été dicté par ma propre famille je gagnerai en indépendance » C'est presque mot pour mot ce que je lui disais hier mais il refusait alors de l'entendre, mais j'ignore toujours comment il peut être possible pour un garçon comme Andrea de m'envier. C'est vrai il a tout d'un mec qui réussit et prend les bonnes décisions. Il y en a certaines de ma vie que j'aurais préféré ne jamais prendre bien que je sois assez à positiver mon expérience.  « Mais ils s’en foutent. J’aurais pu partir pour cette école et ma mère aurait signé le chèque. L’indépendance n’avait rien à voir là-dedans, et le choix était faussé par l’interprétation que je me suis faite de la volonté parentale » Il mêle nos doigts et je lui souris, comme pour le rassurer sur sa décision. « Je veux arrêter ces démonstrations de force, je suis désolé, mais je suis tellement perdu ». Et ce n'est pas vraiment sa faute, ce mariage était peut être une trop grande décision, même si tout ce que nous avons juré est on ne peut plus sincère.« Je suis tellement heureux d’être ton mari, mais tous ces changements, en une année… J’oublie parfois qui je suis et… ce que je veux ». Je hoche une nouvelle fois la tête.

Je l'attire à moi et soupire, déposant un baiser sur sa tempe tout en gardant le silence. Mes mains caressent ses épaules puis descendent dans son dos. « Tu veux faire quelque chose de particulier ce soir ? » Je croise son regard, il est inutile de tergiverser sur le sujet plus longtemps, je suis las de ces discussions qui nous donnes des airs de fillettes en pleine crise existentielle. J'ai envie que cette année se déroule un peu mieux que la précédente, même si je ne me fais pas vraiment d'illusions sur tous les obstacles qui peuvent s'ajouter à une relation comme celle-ci, c'est ainsi qu'elle est construire, mais nous avons besoin d'un peu de temps pour nous, le temps de nous construire un avenir un peu plus stable vu tout ce qui risque de nous tomber dessus prochainement. Je ne veux pas non plus aborder le sujet de Grace, mais tôt ou tard la question finira par se poser et nous devrons être prêts. « Je peux cuisiner, on peut sortir ou faire l'amour, ou même les trois, tu choisis» Je me penche un peu et dépose un baiser furtif sur ses lèvres.
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MessageSujet: Re: home w/ andrestan   Mar 18 Sep - 12:11


Il me laisse venir à bout de mes explications et m’attire à lui, me gardant un instant dans ses bras. J’inspire son odeur, qui m’est si familière, et déplore l’espace d’un instant ce que je m’apprêtais une fois de plus à quitter. Il faut croire qu’une grande partie de moi s’attache à mettre un point d’honneur à ce que ma vie soit le plus compliqué possible. J’embrasse son épaule et mes bras encadrent ses hanches. « Tu veux faire quelque chose de particulier ce soir ? » Il ne renchérit pas, et je pense que c’est tant mieux. L’histoire est réglée ; autant la mettre définitivement derrière nous et le plus rapidement possible. Je ne reviendrais pas sur ma décision et l’essentiel de sa motivation lui a été délivré ce matin même. D’autres sujets viendront à point qui seront capables de nous diviser une fois de plus, ou tout au moins de diviser nos opinions. L’année s’annonce houleuse malgré nos volontés respectives qu’elle soit calme, et autant profiter à cet égard des moments d’accalmie. « Je peux cuisiner, on peut sortir ou faire l'amour, ou même les trois, tu choisis » Il embrasse mes lèvres furtivement et je souris un peu, secouant la tête. « Je ne veux pas sortir ». Affronter les gens, expliquer pourquoi, je préfère m’offrir le sursis du lendemain. Il faudra d’ailleurs appeler Jane qui m’attendra sans doute sans comprendre ; mais je sais que mes explications suffiront à la rassurer. Je glisse ma main sous son pull et embrasse ses lèvres avec un peu plus de tendresse et d’application, mais reste sage. Nous avons couché ensemble des dizaines de fois pour oublier la frustration, l’incompréhension et la colère de ces derniers jours. Notre vie sexuelle ne connaît jamais de baisse de régime mais j’ai besoin de retrouver mon mari – avant de lui faire l’amour. L’avantage étant que nous avons désormais tout le temps de faire ce que l’on veut, les vacances sont prolongées jusqu’en octobre et de toute façon, je continuerai à fréquenter la fac et à vivre ici, dans cet appartement avec lui. Je soupire un peu et embrasse son cou. « On cuisine ? » Je lui offre volontiers mon aide même s’il semble évidemment plus doué que moi dans le domaine. Je prends sa main, emmêle nos doigts presque timidement et l’entraine vers la cuisine où je le libère finalement, prenant place sur un plan de travail ou je m’installe.

Je le regarde qui s’agite et souris un peu plus. « Je compte sur toi pour venir faire la queue à la fac avec moi pour les réinscriptions… » J’hausse un sourcil curieux, puis fronce le nez. « La dernière fois que j’ai été à Oxford pour m’inscrire… » Je le fixe un instant et inspire. « Je t’ai retrouvé ». En réalité, je ne me suis même pas vraiment inscrit ce jour là, mais c’est le premier souvenir d’Oxford que je possède. Lui, Lemon, nos retrouvailles pleines de haine et de désir dissimulé, ma soif désespérée de vengeance et l’impression de pouvoir dominer le monde vraiment facilement. L’illusion a duré quelques minutes avant que je ne comprenne sans vouloir me l’avouer que mon attirance physique et sentimentale pour mon cousin n’avait pas disparu. Pourtant, j’ai maintenu le plan, la volonté destructrice, la haine pure. Jusqu’à ce soir où la faute a été commise et par maintes fois réitérées. Je me souviens de toutes les étapes que nous avons traversées, de l’ignorance quant à notre avenir de couple pour le moins incertain, et de l’angoisse à l’idée de devoir le perdre un jour, emporté par la résignation. Finalement, l’année qui vient de s’écouler a certes été difficile, mais est surtout porteuse de l’achèvement d’une relation qui m’est nécessaire et que je n’aurais pourtant jamais cru possible à long terme. Je le fixe et inspire. « Je t’aime, tu sais ? » Il sait, je lui répète trop. Mais cette fois là est différente, imprégnée d’autre chose.
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