I've gotta tell you what a state I'm in | Hazel

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MessageSujet: I've gotta tell you what a state I'm in | Hazel   Ven 14 Sep - 23:17

« Honey you are a rock upon which I stand and I come here to talk I hope you understand I came here with a load and it feels so much lighter now I met you and honey you should know that I could never go on without you »


« J’ai faim… » Sauf qu’il n’y a rien à manger chez nous ce soir. Ça arrivait souvent ces temps-ci. Parfois on n’avait rien à manger et on se débrouillait avec ce qui restait dans les placards. Ce soir, je n’avais pas envie de me débrouiller avec les restes du placard. Dans la cuisine tu t’affaires et je traine ma carcasse jusque chez toi, m’asseyant sur une chaise et appuyant mes coudes sur la table. Je te regarde t’activer, rendre cette cuisine minable propre – à défaut d’être classe et moderne, elle avait le mérite d’être toujours propre. Je redresse un bras, appuie ma tête sur ma main et laisse mon regard errer sur ta silhouette avec l’aplomb de celui qui sait que ce corps sublime est sien et qui n’a pas besoin de cacher son désir ni cette assurance. Pourtant, je sais pertinemment que rien ne m’est acquis et que depuis près d’un an maintenant, je joue avec le feu. Risquant tous les jours de perdre le droit de poser la main sur toi. Je le sais, ça me rend malade. Tiraillé entre toi et mes démons. Si tu n’étais pas là, Hazel, je n’aurais pas aussi mal. Mais j’aurais sans doute fini sous les ponts ou en prison dans le meilleur des cas. Je ne me serais pas rendu compte que le jeu était néfaste, pour moi, pour les autres. Je n’aurais jamais essayé d’arrêter. Car oui, j’essaye encore. J’ai juste quelques difficultés à radicaliser mes habitudes. Oui, j’avoue ça n’avance pas beaucoup. Mon regard se fait néanmoins rêveur sur les courbes de ton corps, ne sachant même pas si tu avais remarqué mon regard appuyé et m’en fichant en réalité. Je te vois te diriger vers les placards, sûrement à la recherche de quelconque miettes à ingérer. « Ca ne te dirais pas de sortir manger dehors ? Je n’ai pas les moyens de t’emmener au restaurant ce soir, semaine creuse. » Malchance au jeu plutôt. Trop de parties perdues pour les quelques misérables parties gagnées. Je me lève, me dirige vers toi et t’enlace, te ramenant contre moi. « Mais quitte à manger les crasses de nos placards, il y a quelques fastfood en ville qui feront mieux l’affaire que ça… ? » Pas très glamour c’est vrai. Mais on était loin de s’être relevé de nos dettes. Et même si j’arrivais parfois à mettre des sous de côtés, je préférais les mettre pour la future maison – ou au moins le futur appartement digne de ce nom – que je comptais nous acheter. Je me penche et t’embrasse avant que tu n’aies pu répondre. « On prendrait à emporter et on rentrerait manger à la maison… on n’a pas besoin d’eux pour le dessert » Et je t’embrasse à nouveau, plus longuement, te serrant un peu plus contre moi. Mh, je sauterais bien le repas pour passer au dessert. Mais non, manger d’abord. Il suffira de prendre la voiture, de s’arrêter au premier fastfood qui nous tentera et de rentrer aussi vite. Très bon plan. Plus vite on sera rentré, plus vite on aura mangé plus vite je pourrais oublier l’espace d’une nuit les manigances que je fais dans ton dos. C’est un peu… toujours ainsi que je fuyais les conversations houleuses. Plus de sexe, moins de discutions fâcheuses. Même si ça ne m’empêchais pas d’y passer de temps à autre. Mais tu ne protestes pas généralement, n’est-ce pas ? Enfin je me redresse te laissant le loisir de me répondre, peut-être de nous décider à partir, de prendre les clés et disparaitre pour revenir au plus vite ? Je plonge mon regard dans le tiens, plein de promesses et d’amour aussi. Je sais aujourd’hui que le mot est approprié, même si je n’en suis pas digne. Je t’aime, sinon je n’aurais pas si mal de te mentir tous les jours.
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MessageSujet: Re: I've gotta tell you what a state I'm in | Hazel   Dim 16 Sep - 17:35

dream until the dream comes true

Je ne suis pas le genre de personne à me plaidre sans cesse. À partir du moment où je suis en bonne santé et bien entourée je pense qu'il y a bien plus malheureux que moi. Voilà pourquoi je ne rechigne pas quand je rentre chaque soir dans notre appartement miteux, que je vois le plancher bien trop usé et qui mériterait d'être changé, quand je vois le plan de travail dont le revêtement part en lambeaux j'estime souvent être en droit de me mettre en boule. Car finalement je n'ai rien fait pour mériter de vivre dans un taudis pareil. Oui bien sûr nou avons un toit, l'eau courante et l'électricité, nous arrivons à remplir décemment le réfrigérateur mais c'est à peine si on arrive à mettre de côté ce que l'on gagne.
Le travail de Thibald est en période basse actuellement, ce qui signifie que l'on ne compte que sur mon revenu pour payer les factures et vivre. Et après ? Si il reste cent livres à la fin du mois c'est un miracle. Seulement voilà, je vis avec l'homme le plus merveilleux qui soit, je sais qu'il veille sur moi et sur notre couple et qu'il ne fera plus rien pour le mettre en danger.
Quand je pense à notre situation financière peu confortable je fais le ménage, je m'applique pour ce semblant de logement ressemble à quelque chose, si en plus il devait être sale autant se passer la corde au cou immédiatement. Le congélateur avait été décongelé et nettoyé, les tiroirs vidés et astiqués, je m'attaquait à présent aux placards.
« J’ai faim… » m'a-t-il dit. « Ça tombe bien, je vais pouvoir te concocter un petit plat fait par mes soins et ce soir je te propose… hum, des raviolis en boîte ou des haricots ! Un vaste choix qui mérite réflexion. » Nous n'étions pas sans le sous mais nous avons simplement négligé de faire des courses de survie cette semaine, tant pis, cela nous apprendra.
« Mmh ! De la nourriture saine et équilibrée à un prix dérisoire, un lieu souvent fréquenté par des étudiants, toi tu sais parler aux femmes ! Laisse moi le temps de prendre mon sac et une veste. »
Depuis combien de temps n'étions-nous plus allé dans un restaurant digne de ce nom ? Peu importe pour entretenir une vie de couple il faut savoir surprendre, et bien que le programme ne soit pas alléchant il avait le mérite de ne pas être banal. Ajoutez-y une touche d'humour et le tour est joué.
« Chéri n'essaye pas de me détourner du droit chemin, car à jouer avec le feu tu risques de t'y perdre. »
Chaque baiser échangé avec mon mari faisait naître en moi un amour profond. Après tout c'est bien normal, il a quitté un monde qu'il affectionnait, simplement pour dire "oui" à un prêtre, et à part Thibald, je n'en connais aucun capable d'agir de la sorte. Nous sommes l'illustration parfaite de vivre d'amour et d'eau fraîche, car aujourd'hui, aucun couple marié dans la force de l'âge n'aurait à supporter le fait de vivre dans un ridicule 40m² avec fenêtre donnant sur les poubelles.
Si demain on m'apprenait que j'avais gagné au loto je nous achèterai une petite maison dans le coin de Nothing Hills. Une maisonnette de deux étages et si possible peinte d'une couleur vive comme un jaune moutarde ! Connaître les commerçants du quartier et célébrer la fête des voisins une fois par an, inviter des amis à prendre un barbecue dans le jardin et petit déjeuner sur la terrasse un dimanche matin. En attendant que ce rêve se réalise nous étions à Soho, ce quartier peu adapté à nos besoins quotidiens mais la vie étant tellement peu chère, du moins en comparaison avec les autres quartiers de Londres, nous n'avons pas le choix que de vivre ici.
En descendant les escaliers de l'immeuble l'on peut apercevoir des tags en tout genre, souvent remplis d'insultes ou de déclarations enflammées qui n'ont pas tenu deux semaines. Mais je suis certaine d'une chose, c'est que nous regretterons ce quartier le jour où nous le quitterons, cela aura été une étape importante de notre vie, celle de nos débuts de jeunes mariés. Dans dix ans on en rira, et j'espère que d'ici là nous aurons l'occasion de fonder une vraie famille. Pour l'instant c'était hors de question, déjà car nous manquons cruellement de place mais en plus parce que nous n'aurons pas de quoi faire vivre cet enfant. Mieux vaut s'abstenir que de lui offrir une vie misérable.
« Monte dans mon bolide, c'est l'heure de pointe et ma petite voiture citadine saura plus facilement trouver une place en centre ville, ensuite tu pourras m'offrir un dîner terriblement romantique entre deux hamburgers et trois frites. »
Dans ce genre de situation il valait mieux en rire qu'en pleurer, c'était l'attitude que j'avais choisi d'adopter, cela fonctionnait, du moins pour l'instant. Pourvu que cela dure !
Finalement, trouver une place aura été plus facile que prévu, une fois la petite trois portes garée je vola un baiser à mon mari. C'était une habitude que j'avais prise lors de nos premiers rendez-vous en tant que couple et en trois ans cette habitude n'était pas perdue.


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