What are you doing here? w/ Lucas

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MessageSujet: What are you doing here? w/ Lucas   Ven 14 Sep - 0:33

Ca n'arrive qu'à moi. Franchement, il n'y a que moi pour être aussi ouvertement et simplement stupide. Ce n'est pas faute d'avoir de bonnes intentions, mais je suis un fichu désastre ambulant. Enfin, d'habitude, je maîtrise à merveille la coordination de mes membres, surtout quand je danse, après tout mon père n'est pas un des chorégraphes les plus célèbres du pays pour rien. Mais il faut croire que mon karma bizarre finit toujours par me rattraper. J'aimerai dire que c'est la faute de quelqu'un d'autre mais, une fois n'est pas coutume, je suis la seule à blâmer dans toute cette affaire. Papa m'avait même dit qu'il était sans doute préférable que nous nous rejoignons plus tard, pour aller dîner directement. Mais non, pensez-vous, je n'allai pas écouter mon père, quelle drôle d'idée. J'ai donc déjeuner avec Maman pour lui demander de venir nous voir dans la semaine pour ma soirée d'anniversaire en retard, j'ai fait un peu de shopping, puis j'ai naturellement pris parti de me rendre à la London School of Arts pour faire un petit coucou à mes connaissances diverses et assister à une des leçons de mon génialissime Papa avant de me pavaner avec lui à la sortie de l'école. Parce que parfois j'ai huit ans dans ma tête. Et parce que faire enrager Trinity reste un de mes plaisirs coupables. Et sa tête vexée en me voyant me balader dans les couloirs comme si j'étais chez moi en a presque valu la chandelle. Après tout cette école est financée avec ce qui aurait pu être une part importante de mon héritage, je ne vais pas manquer d'en profiter. J'ai donc fait mon tour du propriétaire et ai convaincu sans mal mon paternel de me laisser voir un de ses cours pratique. Voir mon père danser une des plus belles choses qu'il me soit donné de voir et ses élèves ne manquent généralement pas de talent. Il y a quelques anciens de Cambridge dans la salle à qui j'adresse un vague sourire et tout marche comme sur des roulettes.

Ce à quoi je ne m'attendais pas franchement, c'était la revanche personnelle de mon père. Visiblement dans un mauvais jour - enfin en terme de prof, avec moi il est toujours dans un bon jour, sauf quand je manque de me faire virer de la fac - il s'égosille sur ses pauvres élèves et une part non négligeable de ma personne est au bord du fou rire. C'est toujours plus drôle quand c'est les autres qui se font torturer. Soudainement, il me lance un regard et affirme sans sourciller que même moi, qui n'ai pas pris de véritable cours de danse depuis bientôt dix ans, serait capable de mieux. Et il m'ordonne de venir sur la scène. La suite est sans doute la réponse de mon organisme pour ne pas mourir de ridicule. Du moins pas totalement. Je fais quelques échauffements rapides pendant que mon père m'apprend rapidement les pas que son « tas d'incapables » n'arrive pas à reproduire. C'est compliqué. Perséphone serait ravie de me voir me planter mais heureusement elle est affairée ailleurs. J'attache mes cheveux dans une couette haute et m'élance, priant tous les saints pour ne pas me planter. Le début est assez simple, le premier saut hésitant mais réussi, le premier tour parfait, le deuxième passe mais le troisième se résulte en une chute et un hurlement impossible à maîtriser « Aaaaaaaaaaaah, putain de bordel de merde. Oh putain ! Aaaah, pardon Papa. Aïe, aïe. » Je sautille misérablement, ça commence à s'affoler et je me redresse donc avec un sourire forcé sous la douleur « Ca va, ça va. Donc faites attention à vos appuis quand vous enchaînez les piquets comme ça les enfants. » Je continue de sourire, chuchote à l'oreille de mon père qu'il n'y a pas à s'alarmer, je me suis cassée le genou en sautant en parapente, là, au pire, je me suis fais une entorse à la cheville. Il veut m'accompagner à l'hôpital, je ne veux pas y aller. Comme il est en cours, j'accepte un compromis : hôpital en taxi.

C'est donc ainsi que je me suis retrouvée à poireauter aux urgences pour une misérable foulure - bon, peut-être une entorse - entre une grosse dame atteinte d'une toux violente et d'un papa célibataire paniqué à l'idée que sa fille ai attrapé une MST. Charmante après midi. Heureusement, le docteur qui s'occupe de moi est mignon comme tout et en viendrait presque à confirmer les mythes que propagent des séries comme Urgences ou Grey's Anatomy. Mais il m'abandonne malheureusement aux mains d'une infirmière qui ronchonne et médit sur les athlètes qui n'arrêtent pas de se faire mal et pompent de l'argent à la Sécurité Sociale en dépit des braves gens. Je manque de lui souligner les claires défaillances de ce pays en matière de protection santé pour le plus grand nombre, mais me tais et la laisse me bander la cheville en imaginant mentalement tout ce que je pourrais faire une fois sortie d'ici. Je déteste les hôpitaux, on y voit tout le cycle de la vie et c'est effrayant. Je vis à 100 à l'heure dans le présent, ce qui fais que j'ai toujours un pied dans le futur, mais je ne veux pas non plus savoir que je vais mourir. Enfin je le sais, mais je n'ai pas envie d'y être confrontée. Comme je ne veux pas être confrontée à l'idée de maternité. Donc les hôpitaux, ce n'est pas très moi.

Je peux finalement quitter la petite salle d'examen et rentrer chez moi, avec la promesse de ne pas vendre mes anti douleurs au marché noir et de faire attention à ma cheville dans les quinze prochains jours. Pas de talons et pas de course à pieds. Ca devrait être envisageable. Peut-être. Alors que je parcours la paperasse à envoyer à mon assurance et que je me prépare mentalement à devoir appeler Papa, j'aperçois un individu blond à l'allure familière. Je l'interpelle, à tout hasard « Lucas ? » Banco. Il a l'air tourneboulé. Je m'approche, le serre dans mes bras et pose la question évidente « Qu’est-ce que tu fais là? Tout va bien j'espère? » Une lueur d'inquiétude passe sur mon visage et je prends sa main dans la mienne, oubliant que nous ne sommes pas vus d'un moment et que nous n'avons jamais vraiment défini quel type de lien nous voulions avoir. On dirait que c'est le moment ou jamais.
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MessageSujet: Re: What are you doing here? w/ Lucas   Ven 14 Sep - 1:35

Megan s’est endormie. J’ai laissé un mot à côté de son lit pour lui signaler que je reviens rapidement, mais j’ai besoin d’air. Mon but n’est pas de l’offenser mais la petite chambre d’hôpital aux bruits résonnants et aux appareils stressant n’est pas franchement l’endroit ou je rêve le plus de me trouver ; ni même un endroit que j’apprécie d’une quelconque façon. Je m’extraie de la pièce, projetant de trouver la machine à café pour boire quelque chose qui me tiendra éveillé jusqu’à ce que je rejoigne Georgia chez elle pour récupérer Grace qui devra donc passer la nuit dans mon taudis. Il faut que je tienne compagnie à Megan suffisamment longtemps pour que l’angoisse ne reprenne pas le dessus et que je parte d’ici suffisamment tôt pour que Grace soit dans un lit potable ou passer une nuit de plus de huit heures avant de rejoindre l’école demain matin. J’ai les dérogations nécessaires à gérer une partie de la vie scolaire de Grace et je ne doute pas une seconde qu’elle sera excusée si nécessaire par la directrice de son école ; mais dans la mesure où elle ignore elle-même de quoi sa mère souffre exactement et sachant à quel point les rumeurs se propagent vite de nos jours, je me refuse à la sortir de la normalité tranquille dans laquelle sa mère a tenté, malgré tout, de l’installer. Alors il faut vraiment qu’elle aille en cours demain matin comme si tout allait parfaitement bien. Pour Megan. J’ignore comment se gèrera la période qui suivra le décès de Megan mais ça ne sera dès lors plus de mon ressort. Il faudra cependant bien que Grace apprenne un jour de quoi sa mère souffre et le comprenne, aussi. Perdre sa mère quand on a seulement sept ans n’est pas une chose à laquelle il est possible de se préparer, mais elle mérite de ne pas vivre dans l’illusion que tout va toujours aller bien. Moi, en tout cas, j’aurais aimé savoir.

Je prends l’ascenseur pour descendre dans le hall de l’hôpital, c’est là qu’on trouve, d’habitude, les machines à café. Je fais la queue derrière une femme qui a l’air franchement fatiguée, enceinte. Je soupire et essaye de vider mon cerveau de toutes les pensées qui le traversent, mais en reste incapable cependant. C’est la première fois que la détresse se fait si forte, et je n’arrive pas à comprendre pourquoi. Je sais depuis que je la connais que Megan va mourir, le sujet n’a franchement jamais été un secret entre nous, ni même, à l’époque, un tabou. J’ai connu des crises par ailleurs, des coups de fil à pas d’heure, des malaises ingérables, des crises de panique masquées sous un voile d’agacement. Je sais qu’elle sortira demain sur ses jambes de l’hôpital et signera pour un sursis supplémentaire. Pourtant, une étrange sensation de malaise s’est emparée de ma cage thoracique à l’idée que chaque crise, chaque visite est de pire en pire. Que chaque instant, aussi, nous rapproche de la fin. Que l’absence remplacera l’angoisse et la peur, mais aussi tout le reste, les bons moments, les discussions, son sourire, notre façon de voir les choses et la vie. J’aurais du m’y faire, m’y habituer et m’y préparer avec le temps, j’ai pourtant l’impression que plus les jours passent, plus c’est difficile de s’y résoudre. Je ne peux pas être faible, je ne peux pas me laisser abattre. J’ai connu des histoires difficiles, celle là ne dérogera pas à la règle mais je n’ai pas le droit de faiblir, pas cette fois. « Euh… S’il vous plait ? » Je sursaute et me retourne, un type me montre la machine à café, libérée, devant moi. Je balbutie des excuses et avance de quelques mètres pour insérer ma seule pièce de monnaie et m’offrir un malheureux cappuccino qui ne servira ni à me tenir éveillé, ni à me réconforter. La vie me semble bien triste ce soir et peu de choses me réconfortent seulement.

J’avale une première gorgée et observe les allées et venues autour de moi, me risquant à décrocher mon téléphone pour appeler chez moi. La sonnerie retentit dans le vide, une fois, deux, puis trois, quatre… Personne ne décroche. Je ferme les yeux et laisse le téléphone basculer sur le répondeur, puis la voix de ma mère défiler dans l’annonce, puis le bip strident qui me signale que je peux enregistrer mon message. J’ouvre la bouche pour essayer d’articuler quelque chose, ma colère, ma tristesse, mon besoin d’aide, d’elle peut être. Quelque chose. Elle m’a caché mon père toute ma vie et m’a abandonné pour se diriger vers ses boissons qui étaient nettement plus attirantes à l’époque qu’un gosse un peu trop indépendant. Jamais je ne la pardonnerai, mais j’ai tellement besoin de vider mon sac que je pourrais lui raconter n’importe quoi. Je raccroche finalement sans avoir prononcé un mot et range mon téléphone là d’où je l’avais sorti. Je regarde de nouveau les gens qui circulent, plus ou moins amochés, les proches au téléphone et la tristesse humaine qui transpire partout. J’ai la nausée, presque envie de vomir. Je suis tellement fatigué de toutes ces histoires qui se passent toujours autour de moi. J’aurais pu rencontrer Megan et m’occuper de sa fille, rester son ami aux revenus merdiques mais amusant et un peu paternaliste aussi. Pourtant, il a fallu qu’elle menace de mourir un peu plus chaque jour et que mes revenus merdiques ne soient d’absolument aucune aide en plus de tout ça. Je me perds de nouveau dans mes pensées en avalant une gorgée de mon cappuccino tout aussi merdique. Mais je sursaute en entendant mon prénom, et me retourne donc pour voir à qui j’ai affaire, et si c’est bien à moi qu’on parle. Je plisse les yeux, je n’ai pas mes lunettes et mes yeux sont fatigués outre mesure. Mais je reconnais Lia qui s’approche sensiblement de moi et je ressens comme une pointe de soulagement, sans savoir réellement pourquoi. Peut être parce qu’elle est la seule personne de ma famille qui tient la route ? Elle me serre dans ses bras et je réponds à son étreinte en fermant les yeux un instant. Pour quelques secondes, le rythme affolé de mon coeur semble se calmer un peu. Elle se détache finalement, et garde ma main dans la sienne en me demandant ce que je fais là. « Je ne suis pas ici pour moi », je lance en tentant un sourire rassurant. « Mon amie, Megan, elle a le sida et elle a attrapé un mauvais virus, ils l’ont amenée ici en urgence ce midi ». Je fronce le nez et hausse une épaule en baissant vers sa cheville qui est munie d’un bandage. « Tu t’es blessée ? » je demande d’un air un peu plus inquiet encore – voyez, la poisse.
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MessageSujet: Re: What are you doing here? w/ Lucas   Ven 14 Sep - 2:32

Il me rassure bien vite, il n'a rien. Je m'autorise à expirer et me rends compte du même coup que j'avais retenu mon souffle à la simple idée qu'il lui soit arrivé quelque chose. J'ai dû voir ce garçon une dizaine de fois dans toute mon existence et même si nous nous envoyons régulièrement de petits sms et qu'il a été adorable quand j'étais en exil gallois, nous ne nous connaissons pas vraiment. Pourtant, j'ai paniqué pendant une fraction de secondes en m'imaginant qu'il allait mal. Il faut croire que toutes ces histoires sur la famille ne sont pas que des conneries. Peut-être est-ce parce que la mienne est assez hors normes que j'ai assimilé le fait que Lucas fasse partie de la mienne très vite. J'ai une affection sincère pour lui, qui va en se renforçant. C'est mon frère, le mot ne me surprend plus vraiment. L'acceptation a été tout aussi facile avec la petite amie de ma mère, une femme intelligente et des plus gentilles. Il faut croire que j'ai bon coeur. Ou que je fais confiance à n'importe qui, ça marche aussi.

« Mon amie, Megan, elle a le sida et elle a attrapé un mauvais virus, ils l’ont amenée ici en urgence ce midi » Les mots me tirent brutalement de ma rêverie auto centrée et je lâche un misérable « Oh... » pour toute réponse. Je ne savais pas. Je me sens stupide. Je prétends accepter à bras ouverts le nouveau membre de la famille mais la plupart du temps quand nous nous voyons, nous parlons de moi, de mon père, du boulot. Je lui fait constamment comprendre qu'il peut venir frapper à ma porte ou à celle de Papa s'il a besoin de quoique ce soit, financièrement ou humainement, mais il est beaucoup trop fier pour accepter. Je peux comprendre, il a passé sa vie à se forger de lui-même, il ne va pas prendre de l'argent à une bande de semi inconnus, accepter d'être une charité de plus, avoir des dettes envers nous. Bien sûr, je ne vois absolument pas les choses comme ça, mais j'ai rendu suffisamment de services et fait bien assez de travaux humanitaires pour savoir qu'avant d'accepter une main tendue, il faut en avoir sacrément bavé. Notre société ne nous conditionne pas à tolérer facilement le concept de bonté désintéressé. A donner sans rien attendre en retour. L'homme est un loup pour l'homme et autres stupidités individualistes propre à la pensée capitaliste libérale moderne. Mais je m'emballe. « Tu t’es blessée ? » Moi? Mais qu'est-ce qu'il raconte? J'affiche un air surpris un instant, avant de me souvenir du gros truc qui entoure ma cheville dénudée. « Ah ça. Trois fois rien, une foulure, j'ai accepté de danser pendant un des cours de mon père alors que ça doit faire dix ans que je n'ai pas refait de scène en dehors des compétitions de chorale, enfin bref, un accident de rien du tout. » Je parle trop. Et de moi, encore une fois.

« Je suis désolée pour ton amie. Où en est-elle? » De part mon engagement dans le mouvement LGBT, j'ai été largement sensibilisée au problème de la séropositivité et même si je suis beaucoup plus à l'aise question architecture ou jargon technique de danseur, je connais quelques petites choses sur le sujet. Mais au vu de son air épuisé et de ce qu'il a dit de l'état de santé de la dite Megan, tout ça ne présage rien de bon. J'accentue la pression sur sa main et ajoute dans un sourire. « Si je peux faire quoi que ce soit pour toi, ou pour elle, tu n'hésites surtout pas à m'appeler. » J'ai beaucoup plus d'argent que je n'en mérite et un carnet d'adresses bien rempli, si ça peut servir à quelque chose d'autre que ma carrière qui bat de l'aile avant d'avoir commencé et les rêves de gloire par procuration de mes parents, tant mieux. « En attendant, je peux peut-être t'offrir un vrai café non? J'ai vu un faux Starbuck au coin de la rue en venant si ça te dit. » Un café et du réconfort, c'est ce que j'ai de mieux pour l'instant. Il n'est pas dit qu'il accepte, peut-être veut-il retourner auprès de son amie, ce qui est plus que compréhensible. Je ne suis pas douée avec les gens en général et les situations graves en particulier. Je tends à dire ce qui me passe par la tête quand ça me passe par la tête et cela s'avère parfois impoli ou offensant. Je gère mal les crises, la jalousie, le deuil, l'amour, l'amitié, la mort et tout autre grand sujet. D'après mon psy, j'évite le conflit et je veux absolument créer des situations plus faciles, ce qui s'explique bien sûr par le divorce de mes parents. C'est absurde, tout le monde veut faciliter les situations difficiles et s'épargner des conflits, rendre le monde autour de soi meilleur et apporter le bonheur dans la mesure du possible. J'ai donc dit au dit praticien qu'il était salement pessimiste et devait avoir ses propres problèmes à résoudre, ça tombe bien, il a déjà le canapé et le diplôme en papier mâché. Et j'utiliserai donc l'humour comme une arme et une solution de facilité. Mais bien sûr.

Alors que je m'apprête à faire quelque pas, je cligne des yeux, un instant éblouie par la lumière vive des néons et distraite par mon propre fil de pensée. Je vacille une seconde, désorientée et prend appui sur le bras solide de Lucas, avant de reprendre mes esprits et de lui servir un sourire radieux « Houla, désolée, j'étais perdue dans ma propre tête. Et je vais prendre un muffin ou un biscuit quelconque avec ce café, je crois que je n'ai pas mangé depuis un moment et que cette prise de sang pas nécessaire de l'infirmière troll m'a un peu sonnée ! » Je fronce alors les sourcils, m'apercevant que je suis de nouveau mal élevée et égocentrique « Mais navrée je ne parle que de moi et je divague, tu disais quelque chose peut-être? » Lia Logan, championne de la vie en société.
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MessageSujet: Re: What are you doing here? w/ Lucas   Sam 15 Sep - 1:20

Elle me raconte ce qu’il est arrivé à sa cheville et j’acquiesce, soulagé que ce ne soit rien de grave. Comprenons bien, Lia est ma demi-sœur et sans doute la personne au monde qui mérite le plus le titre de famille pour moi – en dehors de ma sœur, qui plongée dans le coma, n’a pas vraiment l’occasion d’être une sœur, ce qu’on ne peut franchement pas lui reprocher. Famille, donc, je crois que tout ça est vraiment suffisant pour résumer la relation qui m’unit à Lia. On ne devient peut être pas frères & sœurs en quelques semaines, mois tout au plus. Mais croyez-moi, quand vous n’avez connu que la misère d’une famille démembrée et amochée, vous prenez vite l’habitude d’une présence stable et réconfortante, et qui pour une fois semble vraiment intéressée, sans réelles arrières pensées. J’aimerai pouvoir accepter toute l’aide qu’elle me propose, qu’ils me proposent d’ailleurs, étant donné que son… notre père ne s’est pas montré avare non plus, mais je n’y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi, c’est plus fort que moi. J’ai été élevé dans l’auto gestion toute ma vie. Ne demandant l’aide de personne, me contentant de faire ma vie en essayant de ne pas être un gamin trop désagréable. Même mes conneries, ma mère ne les a pas vraiment subies, incapable d’ouvrir les yeux quand elle rentrait de ses dix heures de travail et s’enfilait trois verres de blanc dans les toilettes pour tenter de nous le cacher.

Dans ces moments là, en général, je prenais Jen avec moi pour l’emmener loin. L’appartement se situait dans une citée peu claire de Soho, mais le fait d’être un gosse de pauvre et d’avoir grandi dans les mêmes conditions miséreuses de tous les autres vous offre la légitimité de l’endroit. De petit garçon innocent, vous devenez caïd. Amis peu fréquentables, passe-temps légèrement discutables. J’emmenais ma sœur partout et la protégeait du trop plein d’histoire en lui en racontant d’autres. Je la laissais avec la sœur de mon meilleur ami et l’abandonnait un moment, pendant que je rejoignais les plus assidus de la cité, allumant une cigarette que je n’aurais pas dû fumer, avalant une gorgée de bière à bas prix. On trainait des heures, jusqu’à ce que la nuit tombe et que le froid devienne insupportable. Ensuite, on rentrait sans faire de bruit, et Jen filait dans sa chambre. Je dormais dans le salon pour laisser la chambre libre à Maman qui, bien souvent, s’endormait peu après son retour, nous laissant parfaitement indépendants. Parfois le week end était un sursis, parfois c’était pire. Echanges complices, moments de tendresses, ou disputes violentes, nouveau compagnon, cris, pleurs, alcool. Toujours la même histoire, inlassablement. Les années ont passé et les enfants Cooper sont devenus de plus en plus indépendants. Je me rappelle le financement de mon permis de voiture que j’avais tiré d’un boulot atroce qui m’avait presque empêché de sortir diplômé de l’école. Je me souviens des moins détails, de mon inscription vaine à la fac quand j’avais vu le prix des écoles de journalisme ou des écoles de photographie. L’accident de Jen, et la vie qui perd tout son sens. J’ai continué pourtant. Non pas de me battre, mais j’ai continué de vivre ma vie. J’ai abandonné la fac en comprenant qu’elle ne me mènerait nulle part, signant pour une vie de misère, mais pour une vie qu’au moins, j’assumerai. C’est stupide, les études auraient pu m’offrir un poste de professeur. Mais ça ne m’intéresse pas. Je ne veux pas être prof, ni banquier, ni assis derrière un bureau. Je m’en fous, de toutes ces conneries.

La résignation n’a fait que s’accentuer avec la dégringolade de l’espoir médical que ma sœur se réveille un jour. Bien entendu, il est facile d’être naïf et d’y croire encore et encore, de contrer les avis médicaux, de se battre contre une évidence. Tout ça est très facile finalement. Je me suis persuadé qu’elle était là, vivante, et qu’un jour elle rouvrirait les yeux, quand elle serait de nouveau prête à affronter l’horreur du monde. Tant qu’elle n’était pas prête, elle resterait installée ici, immuable, belle, émouvante, prenant son temps dans la vitesse infernale de la vie. Mais elle tarde à devenir prête, et l’espoir se fane en même temps que ma vie se désagrège. On m’a envoyée une demi-sœur, est-ce qu’il faut y voir un signe ? Megan va mourir, est-ce que c’en est un également ? Je ne sais même plus où en voir, ni comment les interpréter. Mais les faits sont là, elle ne réagit pas et son coma est profond. Elle ne se réveillera sans doute jamais et moi, je refuse délibérément de l’admettre. Parce que le jour où ma sœur mourra, ma vie sera terminée. Et il faudra en recommencer une autre. Je n’aurais plus aucune excuse pour ne pas bouger, faire autre chose. La tristesse sera immense mais la résignation m’aide à appréhender le moment où ça viendra. Jen est morte depuis des années, en réalité, nous n’avons fait que nous infliger un sursis de plus dont la perversité me parvient maintenant. Si je pouvais aider Megan à vivre en laissant Jen partir. En faisant mon deuil… Je secoue la tête pour m’arracher à mes pensées en entendant qu’elle me propose son aide.

Lia me propose toujours son aide, en réalité. Je souris un peu mais fronce le nez. « Megan ne veut pas qu’on l’aide ». Je souris un peu, et la regarde un instant. « Mais… » Je retiens le flot de paroles qui menace de m’échapper et déglutis un peu. « Elle a une petite fille et il va falloir que je m’occupe un peu plus d’elle dans les semaines à venir. » Je ne sais pas comment elle pourrait aider, en réalité. « Normalement ça devrait aller, mais Megan va se faire virer et… » Je me tais, me déteste d’avoir lancé le sujet, que je coupe court. « Je t’appellerai. Elle va mal, les médecins sont négatifs ». J’hoche la tête et passe ma main sur ma nuque pour m’arracher à ces sombres pensées, en me contentant d’accepter son café avec un plaisir et un soulagement non dissimulé. Elle semble perdue dans ses propres pensées et je me demande ce qu’on y trouverait. Je pense que mon cas l’attriste, mais je ne fais pas de commentaire. Si j’avais été dans mon état habituel, je l’aurais sans doute sortie de ses pensées en faisant une blague d’humour bien noire qui nous aurait fait rire parce que j’ai cru comprendre qu’elle était assez douée en la matière, mais je suis loin d’être normal. La lassitude est trop grande, je suis fatigué, je n’ai pas envie de prétendre.

Nous arrivons finalement au café dans un silence presque complet, mais elle revient à elle en vacillant légèrement. Sa main attrape mon bras et je la retiens un peu en fronçant le nez, un peu inquiet quand même – de toute façon, ça n’est pas comme si j’étais à ça près d’inquiétude -. Mais elle se ressaisit rapidement et débite sa commande d’un trait. Je souris un peu, pour la première fois sans doute depuis un moment. « Moi je vais prendre juste un café ». Je demande au type qui s’enquiert de notre commande. « Je ne disais rien, non ». Je fronce le nez et soupire un peu. « On peut parler de toi et divaguer, ça me change les idées ». Je tente un nouveau sourire mais ça ne prend pas. Je me tais quelques secondes en récupérant ce que le type derrière sa caisse nous tend et je cherche une table des yeux en tenant le plateau d’une main solide. Je m’assieds au hasard, posant le plateau devant moi et récupérant mon café. « Merci ». Je tente un sourire léger et inspire, j’ai l’impression de faire une overdose d’émotions, dont il faut que je me débarrasse. « Je suis content de t’avoir croisée ». Ma voix flanche aux deux derniers mots et j’inspire, fermant les yeux un instant. « Je suis un peu perdu, je crois ». Je ricane, ironique.
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MessageSujet: Re: What are you doing here? w/ Lucas   Sam 22 Sep - 21:10

Il m'explique rapidement que Megan n'a pas envie qu'on l'aide. Je hoche la tête avec un vague sourire, retenant une remarque du type "qui se ressemble s'assemble", mais n'en pense pas moins. Je peux comprendre je suppose. Ce besoin d'indépendance, l'envie de prouver que l'on a besoin de personne. Evidemment, chez moi, gosse de riches excentrique et ego centrée, cela se traduit par un engagement humanitaire, une vie sexuelle légère et un rien débridée et quelques mauvaises décisions. Chez quelqu'un comme Lucas et sans doute son amie, c'est beaucoup plus profond, ils se sont construit seuls et demeurent donc persuadés que les autres ne veulent pas vraiment leur bien, ne peuvent littéralement pas accepter l'aide d'autrui. Toutefois, je sens le besoin de mon frère de parler, de simplement vider un peu son sac. Ca ne changera rien à la situation, mais il n'aura pas à porter tout ça seul. Et toute cette histoire semble beaucoup plus sombre et compliquée. Pas que ce soit all fun and poneys pour commencer, mais si en plus une enfant était ajoutée à l'équation, cela pouvait devenir assez terrible. Je n'ose pas demander si la petite est elle aussi séropositive, ce n'est pas ma place et je me contente donc de prendre le bras de Lucas avec douceur. « N'hésite surtout pas, si tu as besoin d'une baby sitter en urgence ou quoi... Et tu sais, l'école de Papa est encore en train de se mettre en place et ils doivent sûrement recruter des secrétaires, des assistantes, des femmes de ménage ou je ne sais quoi, ils peuvent peut-être prendre Megan en contrat aidé ou quelque chose comme ça. Je ne sais pas si elle est en contact avec une association, mais elle a droit à des dérogations, des aides, tout ça. Je te donnerai quelques numéros. » Encore une fois, je parle beaucoup trop et je m'immisce dans la vie de gens qui n'ont clairement pas envie d'être assisté. J'ajoute donc rapidement « Enfin, ce sont juste quelques pistes mais après c'est comme tu veux. Comme vous voulez, je... Bref, si ça peut servir. » Tu ne t'enfonces pas du tout Lia.

Heureusement, nous quittons les couloirs glauques de l'hôpital pour gagner ce café guère plus accueillant, mais qui au moins n'est pas peint en blanc. Même si je ne saurais dire si cette couleur sur le mur tend plus vert le jaune ou le marron. Disons ocre. Et ne le regardons pas plus longtemps, j'ai peur qu'une des tâches se mettent à bouger. Encore une fois, je suis partie dans mon propre délire mental, mais Lucas a la gentillesse de ne pas m'en tenir rigueur et va jusqu'à dire que mon babillage insensé lui change les idées. Bien, c'est au moins ça. J'essaie de répondre à son sourire, mais lui comme moi peinons à afficher une sincère bonne humeur. C'est de le voir abattu de la sorte qui m'attriste, quant à lui, je n'ose imaginer tout ce qui lui traverse l'esprit. Je suis vraiment très mauvaises pour réagir à ce genre de situations. Elles demandent de la patience, du calme, de la résignation. On ne peut rien faire. Et c'est proprement insoutenable pour l'hyperactive que je suis. Je passe ma vie à essayer de m'occuper pour ne pas avoir à trop penser. Je ne m'arrête jamais, parce que sinon je risque de craquer. Etre dans l'incapacité de faire quoique ce soit relève quasiment d'une phobie chez moi. Et allez combattre la tristesse engendrée par la sentence de mort qui plane au dessus d'une tête chère. Mieux, allez combattre un virus à ce jour incurable. Allez promettre à une petite fille que sa maman va s'en sortir, à son meilleur ami qu'il s'en sortira. Lucas a déjà tellement perdu.

Je tends mon bras à travers la table pour prendre sa main et la serre doucement en chuchotant « Ca me fait plaisir de te voir, même s'il faudra remettre ça en d'autres circonstances. » Nouveau sourire. « Si je peux faire quoique ce soit. Vraiment. » Evidemment je ne peux rien faire. Alors je me contente de mordre dans mon cookie et de prendre une gorgée de café, plissant le nez, cherchant quoi dire. Mais une fois n'est pas coutume, je ferme ma grande gueule parce que je ne peux rien ajouter, je ne peux rien dire qui l'apaise un tant soit peu. Je peux lui remettre un chèque de force pour placer son amie dans un centre spécialisé plutôt que dans cet hôpital de seconde zone. Mais ça passerait sans doute très mal. J'opte pour un compromis en sortant un calepin et un stylo de mon sac, avant de griffonner quelques lignes et de lui tendre le papier. « Des associations qui peuvent éventuellement vous aider. Et le numéro de Papa et de notre avocat. » Pas d'obligations, mais au moins il a quelques cartes en main supplémentaires, ce qui ne peut pas faire de mal j'imagine. Libre à lui de jeter le papier en retournant à l'hôpital ou de ne pas en parler à Megan. Mais j'aurais au moins proposé quelque chose.
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MessageSujet: Re: What are you doing here? w/ Lucas   Lun 15 Oct - 23:54

Toutes les propositions de Lia me touchent et j’acquiesce sans rien dire. J’imagine mal Megan commencer à travailler dans une école mais après tout, c’est à elle de voir, peut être que l’idée lui plairait ? En réalité, si c’était dans ma capacité, j’aimerai être en mesure de lui épargner toute sorte de travail. Je voudrais tellement que Grace voit sa mère avant de se retrouver toute seule avec deux pères gays. Qu’elle se souvienne d’elle comme moi je m’en souviendrai, une battante qui a tout fait pour préserver ses proches d’une réalité trop difficile à avaler. Et au nom de quoi était-seulement trop difficile ? Megan m’a déjà demandé plusieurs fois de ne pas blâmer ses parents qui ne sont même pas au courant d’ailleurs, mais la chose est délicate. Ils ont beau ne pas être au courant, je crois qu’il y a un gros problème au niveau de l’éducation qu’ils ont donné à leur fille. Non pas qu’elle soit mal éduquée au sens premier du terme, simplement, je pense qu’ils l’ont éduquée sans lui montrer la moindre preuve d’amour suffisante. D’ailleurs, en y réfléchissant bien, ils me semblent tous tarés dans cette famille. Il suffit de regarder les deux cousins qui se marient ensemble pour comprendre.
Je soupire en observant mon café posé devant moi qui me parait déjà froid. Je ne sais pas quoi faire de ma vie, à part ne cesser sans arrêt de protester contre son injustice vive à mon égard. Mais il faut sans doute que je grandisse un peu et que j’arrête de me bercer d’illusions. Ma vie est telle qu’elle est et de toute évidence je ne vais pas changer le fait que Megan soit atteinte du SIDA ou que ma sœur soit dans le coma. La seule chose que je pourrais éventuellement changer c’est le fait que ma mère soit une alcoolique de base, or c’est précisément l’aspect de ma vie dont je n’ai plus rien à foutre du tout. Elle pourrait très bien, elle, mourir demain, je ne sais pas si j’en serai tenu informé. Qu’elle tombe amoureuse d’un autre raté, pourvu qu’elle s’abstient de donner naissance à un autre enfant qui se mangerait son enfance misérable dans les dents et tout ira bien. Je soupire et fais tourner ma tasse de café dans sa coupelle, distrait et donc, par la même, mal élevé. Je me mords la lèvre, en observant Lia qui sort un calepin. Je penche la tête et la regarde noter en me demandant ce qu’elle est en train de faire mais sans rien dire cependant pour ne pas la troubler. Elle me tend finalement un feuillet de son calepin et je fixe les numéros de téléphone inscrits dessus en l’attrapant. « Merci… » Mon étonnement n’est pas des moindres, comment peut elle seulement connaitre de telles associations ? et être aussi prévenante, quelque soit la situation ? J’ai débarqué dans sa vie, bonjour je suis ton frère, et aujourd’hui elle est assise là et me tend de l’aide que je ne peux même pas prendre. Megan refusera toute aide extérieure et l’avocat ne me servira à rien, tout combat est perdu d’avance.

Je souris quand même et referme la pression sur sa main qui s’est posée sur mon bras. « Je le pense. Merci ». J’acquiesce et me mords un peu la lèvre. « Je ne pense pas que Megan accepte de l’aide. Elle veut juste vivre jusqu’à ce que ça ne soit plus… possible ». Je ferme les yeux quelques instants et inspire. « Je ne veux pas lui faire de charité mal placée et je n’en ai pas les moyens de toute façon. Mais ça a toujours été très clair entre nous, je suis au courant depuis le début et j’ai toujours promis de la traiter comme si de rien était. Je crois qu’il faut que je continue de m’y employeur jusqu’à la fin ». Je plisse le front, l’idée me déplait. « Dans la mesure du possible ». Parce que bien entendu, je ne vais pas laisser Megan rentrer chez elle toute seule ou retourner au McDo pour travailler demain. Mais bref, dans la mesure du possible. « Quant au baby sitting, pourquoi pas. On travaille parfois tous les deux et je n’aime pas savoir Grace ni dans les cuisines de mon bar ni dans les usines à frites du McDo… » Je grimace, parle comme son père, habitude qu’il faut que je m’entête à perdre. Je ne suis pas son père, je suis un baby sitter qui aurait rapidement fait de sortir de sa vie quoi qu’il arrive. « Elle a deux pères tous neufs qui l’attendent à Oxford mais ils ne se sentent pas très concernés pour le moment », je remarque amer. Et de mauvaise foi, sans doute aussi, étant donné que les dits pères et cousins ne sont pas au courant.

Il faut que j’arrête d’y penser. Megan n’est pas morte, elle pourra sortir bientôt et je n’aurais plus qu’à prendre soin d’elle. Peut être qu’elle ne mourra pas avant un, deux, peut être même trois ans ? Qui sait, après tout, qui peut affirmer le contraire ? Les gens faiblissent et reprennent du poil de la bête tout le temps, ça ne peut pas être bien différent pour elle. Mais je secoue la tête, je ne suis pas le genre de garçon à me bercer d’illusions qui n’ont pas lieu d’être. Il faut que je reste réaliste, la tête sur les épaules. Je ne comprends pas la différence qui se créé en moi et me sépare en deux, je ne comprends pas pourquoi je n’arrive plus à être le Lucas rationnel que je suis depuis qu’elle me connait maintenant, qui l’a toujours traitée d’égale à égale. Ne reste plus de moi que le type complètement irrationnel qui ferait n’importe quoi pour effacer cette foutue maladie de sa vie. De nos vies. Je frissonne un peu et pianote sur la table. « Je suis désolé d’avoir toujours autant de tragédies à raconter. J’aurais mieux fait de décaler le moment om je suis venu te chercher de quelques années », je plaisante un peu, en haussant une épaule.
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MessageSujet: Re: What are you doing here? w/ Lucas   Dim 11 Nov - 2:46

J'émiette mon cookie dégueulasse, en mange quelques morceaux, attendant que Lucas réagisse. Je me demande un instant s'il va m'envoyer sur les roses une bonne fois pour toute, en me faisant gentiment - ou non - remarquer que je me mêle de ce qui ne me regarde pas et me dépasse. Il aurait raison. Mais il est bien trop gentil pour ça et me remercie donc avec affabilité. Je souris et hoche légèrement la tête, essayant de montrer que c'est littéralement le moins que je puisse faire. Il me rappelle néanmoins que Megan refuse qu'on l'aide et qu'elle n'acceptera sans doute pas mes diverses offres. Je n'ai absolument pas l'impression de l'aider et ça me frustre énormément de pas pouvoir faire plus. Ou plutôt qu'on ne me laisse pas faire plus. Parce que je pourrais, utiliser mon compte en banque trop bien rempli pour lui apporter un soutien qui ne lui ferait pas de mal. Je pourrais aider Lucas aussi. Lui offrir non seulement les liquidités dont il pourrait avoir besoin mais un semblant de famille. La certitude d'avoir quelqu'un sur qui compter, tout le temps, n'importe où. Moi j'ai toujours eu Papa, Maman et depuis des années maintenant, ma belle-mère. Mais il doit apprendre à me faire confiance. Et je dois accepter l'idée que je ne peux pas aider tout le monde et sauver la planète, comme mon père se plaît à me le faire remarquer de temps à autres.

Mon sourire est donc un peu crispé, mais je prends mon air le plus compréhensif possible. Je tique un peu quand il évoque les deux pères de Grace, penchant la tête sur le côté en fronçant les sourcils. Wait what? Mais il a l'air ombrageux en parlant d'eux et je ne veux pas le rendre encore plus maussade. Je préfère donc me taire, serrant doucement sa main pour lui montrer que je suis là. Et quand il dit qu'il aurait mieux fait de venir me venir me voir dans quelques années, je fais les gros yeux, puis prends un air tout à fait sérieux. Non. Il a sa place dans ma vie, avec toutes ses tragédies et tout ce qu'il n'a pas encore le coeur de me dire. « Ne dis pas ça. Je suis sérieuse. Je suis très heureuse que tu sois entré dans ma vie, je veux avoir de tes nouvelles, discuter avec toi, savoir ce que tu fais et je m'inquiète pour toi. » J'esquisse un sourire en coin et ajoute « C'est plutôt toi qui est mal tombé, je tiens de ma mère envahissante et trop bavarde quand il s'agit de mes rapports aux autres. Mais je me contiens par rapport à elle, my god you should see her. » Je me rends compte de la double interprétation possible de cette phrase mais fait mine de ne pas y prêter attention, finis mon café insipide en quelques gorgées puis me redresse « Je dois filer, j'ai un entretien, mais appelle-moi ce week-end si tu veux, je serais à Londres. » Je l'enlace rapidement, plante un baiser sur sa joue, insiste une dernière fois « Je suis quelqu'un de très sincère Lucas. Quand je dis que tu fais partie de la famille et que tu peux compter sur moi, m'appeler, venir me voir quand bon te semble, je le pense. » Sur un dernier sourire, je pose un billet sur la table pour payer nos consommations puis quitte les lieux, avec la désagréable sensation de ne pas avoir assuré du tout. On verra si mon téléphone sonne dans les jours qui viennent...
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