Bart ✘ C'est comme ça au bonheur des hommes, on achète et on consomme.

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MessageSujet: Bart ✘ C'est comme ça au bonheur des hommes, on achète et on consomme.    Jeu 13 Sep - 22:59

Il y a des jours où l’on sait que rien ne va se passer, que la vie va suivre son cours comme un long fleuve bien tranquille tandis que des fois, on a un mauvais pressentiment. On sait que quand on se pose, que quand on se lève, que quand le pied touche les lattes en bois du sol, tout va basculer. J’aimerai pouvoir dire qu’aujourd’hui sera un jour comme les autres mais je mentirais énormément. Je ne peux pas prévoir l’avenir bien que je pense que ce don me soit fort utile. Je n’aurais pas gâcher des années de ma vie à être fiancé à un parfait connard. Debout dans ma petite chambre, entièrement nue, j’attrape une cigarette qui était posé hors de son paquet allé savoir pourquoi, pour la porter à ma bouche et l’allumer. Mes yeux se posent instinctivement sur mon réveil tandis que je tire une bouffée de nicotine. La journée est bien avancée. Je ne suis pas allée en cours aujourd’hui. Inutile, barbant, j’ai déjà eu ces examens, je suis diplômée, je suis flic, tout ceci n’est qu’un leurre. Sans me presser, je décide enfin à me mouvoir dans la pièce pour me vêtir. J’attrape de la lingerie fine, en dentelle noire, que je passe pour aller à une soirée dite huppée qui se déroulera dans un casino. Le casino. Il a une certaine réputation. Mon patron m’encourageait à m’y rendre. Peut-être sera-t-il là ? J’arrange mes cheveux, je les brosse délicatement. J’applique une couche de rouge à lèvres couleur sang assez généreuse sur ma bouche avant de me tracer un trait fin et en parfait contraste d’eye-liner. Rétro. J’enfile mes escarpins, je fourre mon revolver ancien modèle dans mon sac avant de sortir en empêchant mon chien, Glastone, de sortir.

Une fois dehors, je hèle un taxi et lui donne le lieu de ladite fête. En espérant qu’il fasse rentrer les gens comme ça. J’ai « vingt-six ans » je suis donc majeure et bien que sans emploi légale dans cette vie, je suis certaine que ma généreuse poitrine contribuera à me faire entrer. Ces deux-là ont toujours été mon salut. Dans le taxi, je me repoudre une dernière fois mon rôle avant de me dire que je me suis trompée de voie. J’aurai dû être actrice et non inspectrice pour interpol. Une fois à destination, je descends donc essayant de faire attention à ma robe. La file est longue. Je me recoiffe alors avant de me diriger vers les vigils qui me regardent. Je leur souris, ils grognent mais me laissent passer. Je foule alors le sol de ce lieu qu’on dit de mauvais augures avant de porter mon regard sur les joueurs compulsifs aux tables. Sans intérêt. Je soupire avant de passer une main désinvolte dans ma chevelure couleur feu pour aller m’asseoir sur un tabouret, seule. « Un martini avec deux olives s’il vous plaît. Pas une de plus, pas une de moins, merci. » J’accorde un sourire avant de lancer ma ligne en espérant pêcher un gros poisson.

Je mets moins de cinq minutes à en pêcher un. En effet, un himme d’âge… disons d’âge mûr vient prendre place à mes côtés pour commencer à me parler. « Je peux ? » Je papillonne du regard comme une biche avant de faire mine de réfléchir. « Bien sûr. Vous voyez, il n’y a pas foule autour de moi…, dis-je en désignant les sièges vides. » Pitoyable Leilany. Vraiment. Je soupire avant de secouer la tête. «Votre mari est trop occupé à jouer pour s’occuper de vous ? » J’éclate de rire. D’un de ses rires francs qui fait soit-disant une partie de mon charme. « Je suis Bartholomew Hastings-Bass, ce casino m’appartient ». Quelle modestie. Je lui sers doucement la main. « Leilany Fitroy, femme non mariée et actuellement étudiante en histoire de l’arts. » Ainsi que strip-teaseuse, enfin, seulement pour ma couverture. Ai-je réellement besoin de le préciser à ce monsieur que je fais du pôle tous les soirs ? « Endroit charmant. Je devais retrouver un ami mais il m’a fait défaut. Mais je n’ai pas perdu au change, il semblerait. N’est-ce pas monsieur Hasting-Bass ? » Il ricane un peu tandis que je hausse le sourcil. J’ai dit quelque chose de drôle ? Je ne suis pas douée pour ce genre de choses. Jouer un rôle commence à me fatiguer mais je suis bien forcée. Je suis supposée être une étudiante strip-teaseuse donc je colle un sourire discret sur mon visage avant de l’écouter me parler. « C’est en effet une évidence… A moins que vous n’attendiez un ministre quelconque, et encore. » Aurais-je pêché un gros poisson par hasard ? Il faudrait que j’appelle le central pour en savoir plus sur ce Bartholomew Hastings-Bass. « Alors, pas de compagnon, pas de jeu… Qu’allez-vous faire de votre soirée ? » Je me pince la lèvre inférieure pour réfléchir. « Je pense partager un verre en votre compagnie et surement rentrer chez moi puisqu’on m’a posé un lapin. » Je porte à nouveau mon verre à mes lèvres. « A moins qu’on ne me propose mieux. Il est encore trop tôt pour savoir comment les choses vont se profiler. »
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Dernière édition par D. Leilany Fitzroy le Jeu 27 Sep - 12:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Bart ✘ C'est comme ça au bonheur des hommes, on achète et on consomme.    Dim 16 Sep - 19:33

Journée pleine et gros clients, baleine dans les suites surclassées, vieux croûtons entassés dans des pièces glauques du sous-sol, tout roule comme sur des roulettes et l’activité bat son plein en nous empêchant de penser aux motivations psycho-existentielles qui nous poussent à agir ainsi. Blair avale la dernière feuille de salade de son assiette et fait claquer ses doigts pour me sortir de mes rêveries. « On attend beaucoup de monde ce soir alors évite de t’enfiler la bouteille de whisky ». Je ricane et la regarde sourire, de ce sourire vivifiant qui ressemble tant à celui de sa mère. Trish me tuerait si elle savait dans quoi j’ai embarqué sa fille. Mais Trish est morte, la question est donc close. « Je n’ai même pas encore avalé la quotidienne coupe de Champagne, garde tes remontrances pour les gens qui vont se décider à perdre gros ce soir ». Je croise les bras, intolérant. « Ces petits experts qui se croient doués. Ou alors les gros connards qui veulent nos escroquer ». Elle roule des yeux et se lève en repoussant son assiette, retirant la serviette qu’elle s’était accrochée autour du cou pour gagner le concours du glamour – et surtout pour éviter de salir cette robe qu’elle a fait payer par le compte bancaire du casino alors même que sa carte bleue ne connaît pas de plafond. Bref, vous voyez le topo. Je la regarde s’éloigner sur ses talons vertigineux et remercie le ciel de ne pas être un de ces papas gâteaux et gâteux qui s’inquiètent à la moindre dérive de leur fille. La mienne a fait fort, mais je crois qu’elle mérite le statut d’indépendante aujourd’hui. Je quitte mon bureau à mon tour, et rejoins l’accueil sans me presser. « Mina, vous n’oublierez pas le quota ce soir. Je ne veux pas plus de trois cents personnes ici en même temps. Quand les gens font la queue, ça excite leur curiosité. Plus ils font la queue, plus ils ont envie d’entrer, vous comprenez ? » Elle hoche la tête et décroche son téléphone pour avertir les vigils à l’entrée. Je griffonne quelques noms supplémentaires sur la liste des personnes qu’il serait vraiment inconvenant de ne pas laisser entrer et m’éloigne en ajustant ma veste.

La soirée bat son plein et personne ne me met encore en faillite. Nous n’avons pas encore ouvert l’accès aux sous-sols et je regarde les gens qui vaquent à leurs jeux sans soupçonner ce qu’il se passe ailleurs. Blair fait biper mon téléphone, c’est le signal. Je jette un œil à Théo et lui fais un vague signe de tête pour qu’il me suive, à distance. Le type m’attend dans une salle de show privé du sous-sol 1, là où les choses ne sont pas encore tout à fait illicites. Théodore se poste à l’entrée et je dépose une enveloppe sur la table dans un sourire sceptique. Le type me fixe et dépose une liasse de billets sur la table. Je roule des yeux : « Merci pour ta discrétion, Hal, sérieusement ». Je range les billets dans la poche intérieure de ma veste et me lève aussitôt sans un commentaire de plus, emmenant Théo avec moi vers l’étage, abandonnant le client à sa petite soirée à thème.

Les clients s’enchainent et le rythme se calme finalement. Je fais le tour de deux trois tables de jeux où je fais mes petits commentaires, croise Blair à l’occasion pour lui demander si tout se passe bien, et rejoins finalement le bar. L’heure est avancée, j’ai le droit à un petit whisky. Ou à un shot, tiens. Je tape sur le bar en bois et réclame un shot de vodka et un whisky, parce qu’après tout, c’est moi le patron. Je repère une femme seule à la poitrine absolument hypnotisante et roule des yeux, prenant mes deux verres pour aller m’installer sur le tabouret libre à côté du sien. « Je peux ? » Ca n’est pas vraiment une question, c’est la raison pour laquelle je m’installe simplement. Elle parait jeune, à priori la trentaine. C’est rare, une femme seule, ici. « Votre mari est trop occupé à jouer pour s’occuper de vous ? » Première étape, renseignements. « Je suis Bartholomew Hastings-Bass, ce casino m’appartient ». Je pose mon verre et lui tends ma main à l’égo si limité. Et la charmante créature de répondre sur un ton que je saisis tout de suite : « Leilany Fitroy, femme non mariée et actuellement étudiante en histoire de l’arts. » Je souris un peu en acquiesçant, elle n'a pas franchement la tête d'une étudiante et si vous voulez mon avis, encore mois d'une étudiante en histoire de l'art mais soit, je suppose que les temp changent. « Endroit charmant. Je devais retrouver un ami mais il m’a fait défaut. Mais je n’ai pas perdu au change, il semblerait. N’est-ce pas monsieur Hasting-Bass ? » Je ricane un peu, le petit jeu de charme tourné en flatteries inutiles me donne envie de rire franchement. J'ai passé l'âge, et pourtant... « C'est en effet une évidence... A moins que vous n'attendiez un ministre quelconque, et encore. ». Je fais signe au barman pour qu'ils remplissent nos verres. « Alors, pas de compagnon, pas de jeu... Qu'allez-vous faire de votre soirée ? ».

Elle prend la pose quelques instants et je la fixe d’un œil sceptique. « Je pense partager un verre en votre compagnie et surement rentrer chez moi puisqu’on m’a posé un lapin. A moins qu’on ne me propose mieux. Il est encore trop tôt pour savoir comment les choses vont se profiler. » J’acquiesce en terminant mon verre et en en commandant un autre, de vin cette fois. « Voilà qui me semble ma foi être un fort bon programme… » Je lui assène un clin d’œil amusé et m’étire un peu. « Mais tant qu’à faire vous pourriez rencontrer un homme très riche et très bourré qui jouerait des millions qu’il vous offrirait juste pour le plaisir de vous voir sourire à l’issue d’une soirée palpitante, bien meilleur programme encore que celui que vous vous infligez en émettant l’hypothèse de rester ici. » Je souris, hautement amusé par ma personne, et avale une gorgée de vin, délicieux d'ailleurs, ce vin... Je me demande qui l'a fait. Ah oui. Moi.

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