retrouvailles • Naveed

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MessageSujet: retrouvailles • Naveed   Jeu 12 Juil - 1:20


    Doucement j’ouvre les yeux, les rayons qui filtrent m’éblouissent. Je mets un long moment à émerger du profond sommeil dans lequel j’étais ancré. Une fois réveillé, j’ouvre mes volets et savoure le soleil qui filtre à l’horizon, ce soleil qui de suite me met en joie. Cette journée va être superbe et je compte bien en profiter. Je me prépare rapidement sans vraiment faire attention à mon allure. De toute façon je n’ai jamais été un gars qui prépare sa tenue, qui accorde le haut et le bas, je m’habille, si ça va tant mieux, si ça jure, tant pis. Comme à mon habitude, pendant les vacances je me consacrais à la lecture, l’année scolaire aussi, mais les vacances tout était différent. J’adoptais un rituel, chaque matin je me levais quand le soleil me réveillait, je m’habillais, puis je choisissais un livre, soit un à continuer, soit un à lire ou relire. Ensuite je filais prendre un café et lisais pendant des heures dans un endroit rempli d’agitation en général le café. J’allais faire de même alors que je me rendis finalement compte que mon réveil affichait 14 heures. Apparemment le soleil n’avait pas été assez performant face à ma fatigue. Voilà qui perturbe mon quotidien. Ah oui, j’ai dû oublier de vous dire que je déteste les changements. Enfin les changements imprévus qui perturbent mon organisation. Je décide finalement de ne pas changer mes plans, mais par ce beau soleil, je préfère de loin rester dehors. J’irai donc au parc.

    Je sors, le parc se situe sur Pear Tree, je passe par domino’s, pizza. J’arrivais finalement au parc, une pizza à la main et un livre dans l’autre. Le parc était particulièrement animé, quoi de plus normal pour un jour d’été, avec un grand soleil. Pour la plupart des personnes normales c’est tout à fait le genre d’endroit où il ne supporterait pas d’être pour être tranquille. Les enfants joyeux, courent, crient. Les parents discutent entre eux. Les ados, malmenés oar leurs hormones, s’embrassent. Moi dans tout ça ? Je suis sur un banc, avec ma part de pizza, savourant le rayon de soleil qui caresse délicatement mon visage, suivant du regard les enfants qui courent. Je n’ai jamais été doué avec les enfants mais j’adore les observer. IL semble toujours si fort, rien ne semble pouvoir les toucher. Tout le monde pense que les enfants ne comprennent pas, qu’ils sont trop jeunes, au contraire, ils comprennent, seulement pour notre bien-être, ils font semblant d’être innocent, de ne pas être touché. On dit qu’en grandissant on perd cette innocence, je pense seulement qu’on arrête de faire semblant, qu’on affirme enfin que nous savons, que le mensonge, l’ignorance ne doit plus exister. En grandissant on oublie qu’être un enfant c’est être fort. Un enfant sait mettre le doigt sur les choses qui ne sont pas normales, il ne comprend pas toujours la signification des actes, mais comme tout être vivant, il les voit et les retient. Je finissais ma part de pizza. Je commençais ma lecture. Alors que je commençais à lire deux enfants qui faisaient une bataille d’eau se lancèrent leur bouteille à mon niveau. Cela ne rata pas, mon livre prit l’eau et ce ne fut pas mon cri qui empêcha les caractères de se brouiller devenant illisible. J’admets que tout d’un coup les enfants n’avaient plus du tout cet aspect adorable seulement lorsque je relevais la tête, je vis leurs deux visages fixés sur moi, avec une grimace anxieuse. Ils n’avaient clairement pas envie de passer un mauvais quart d’heure et je l’admets je n’ai jamais été fichu de m’énerver contre quelqu’un, voir leurs yeux se plisser sous le stress ne me laissait pas indifférent. Alors dans un moment de bonté et d’ultime faiblesse, je leur dis gentiment que ce n’est pas grave. Ils n’attendent pas que je change d’avis et les gronde, les deux détalent en courant.

    Je suis désormais seul, j’hésite un long moment à rester dans le parc ou à partir, rechercher un livre. Je décide de rester. Le ciel est bleu, je suis en vacances, je peux lire quand je veux, il vaut mieux que je profite de ce beau temps, pour réfléchir à des idées pour mon écriture. Je déteste le silence c’est étrange, même pour travailler il me faut du bruit, de l’ambiance. J’ai toujours détesté les examens, des salles pleines mais sans le moindre bruit, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle j’ai été moyen en cours à un moment. Enfin cela n’empêche qu’aujourd’hui, toutes les conditions semblent réunies pour m’inspirer. L’agitation du parc me semble être la plus grande source d’inspiration que je pouvais chercher. De multiples visages, de multiples personnes… De quoi aiguiser ma curiosité. Encore mieux qu’une émission de télé-réalité. Je regardais deux femmes discuter, d’ici je pouvais entendre de quoi elles parlaient…Elles parlaient chiffons, je n’ai jamais compris cet engouement des femmes pour les vêtements, enfin soyons sérieux deux minutes, en quoi est-ce important de comment est fait votre tee-shirt, de quels motifs sont dessus ? Sincèrement qui s’y intéresse, tant qu’il vous couvre et qu’il vous tient assez chaud ! J’ai déjà eu la chance de suivre une fille lors d’une séance shopping et sincèrement je ne le souhaite à personne, rien ne lui plait, elle râle mais tout d’un coup la perle rare, puis vingt autres perles rares. En un rien de temps vous vous retrouvez avec une énorme pile de perle rare. Ce n’est pas tout il faut trouver un compliment différent pour chaque vêtement alors que tout ce que vous pensez c’est que quoi qu’elle porte elle est magnifique.

    Je suis troublé de la discussion de ces dames par une silhouette qui approche, une silhouette que je ne connais pas mais le visage ne me semble pas inconnu, de loin je remarque les contours seulement. Je cligne des yeux sur que mes yeux me jouent des tours. Vous savez cette assurance de connaitre la personne mais d’être incapable de dire d’où ni comment on l’a connu. C’était exactement ça, le flou total. Oxford ? J’ai une mémoire visuelle mais tout de même. Le café ? Il ne me semble pas. Une conquête de Bonnie ? Sûr que non ! Qui est donc ce brun que je suis sûr d’avoir croisé ou de connaitre. Ah j’y suis surement la librairie ! Il doit être passé à un moment où j’étais là . Enfin peut être pas… Voyons Elias creuse toi le cerveau. Imagine que lui te connais et qu’il te parle, tu vas être dans une position délicate. Bon dieu Elias réfléchis ! De loin je suis incapable de dire qui est cette personne, je commence même à me dire que je dois fabuler, que je ne la connais ni d’Eve ni d’Adam et que celle-ci va passer devant moi en m’ignorant. Il doit se demander pourquoi je le fixe d’ailleurs. Hum Elias, fais semblant de regarder autre chose, au cas où tu ne le connais pas sinon tu vas être ridicule.
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MessageSujet: Re: retrouvailles • Naveed   Sam 14 Juil - 6:14

Tout a commencé quand je n’avais que neuf petites années. J’habitais à Bristol, ma ville natale, enfin, en banlieue de Bristol, Cotham. Il n’y a rien d’intéressant à propos de cette, à part peut-être que c’est à cet endroit que se tient la série Skins, que j’ai toujours adorée. La direction de l’école norvégienne devait penser différemment de moi, étant donné que le voyage étudiant où j’ai rencontré Elias faisait un arrêt près de chez moi. Une destination monotone, si j’étais un de ces étudiants, je serais resté chez moi en Norvège, ça doit être tellement mieux que Bristol. Bref, il était un de ces étudiants qui venaient visiter mon coin de pays. On a parlé. Je l’ai admiré dès la première seconde où je l’ai aperçu. Il était plus âgé que moi et c’était cool. Il parlait une autre langue, encore plus. Le groupe ne restait que pour quelques jours, mais on a fait connaissance, et on a gardé contact. Disons que, voulant plus que tout réaliser mon rêve, je n’avais pas vraiment le temps pour les amis, et surtout pas les amis à distance. Je crois qu’Elias non plus n’avait pas de temps libre. Je n’ai jamais vraiment été proche de lui, je ne sais pas non plus à quoi il ressemble aujourd’hui. Je sais seulement que l’on s’envoie quelques texto par-ci par-là, pour ne pas que notre amitié ne sombre dans le néant.

C’est justement via un texto que j’ai appris que mon vieil ami, que je devrais peut-être appeler connaissance aujourd’hui, ne vivait plus en Norvège, mais avait déménagé au Royaume-Uni, ce qui m’a étonné et réjoui. C’est dans un vulgaire «ça va» que j’ai remarqué le minuscule *sent from Oxford écrit sous le message. J’ai d’abord ouvert des yeux étonnés, me demandant si le téléphone faisait une erreur. Après tout, il m’était souvent arrivé de voir sous mes propres messages un *sent from London ou from Birmingham, alors que je n’avais pas bougé de Cambridge. Ou peut-être Elias était-il en voyage à Oxford. Pourtant, le principal attrait de la ville d’Oxford était son université réputée partout dans le monde. Curieux, j’ai donc cherché sur les pages jaunes et je l’ai trouvé, bel et bien à Oxford. Je voulais voir ce qu’il était devenu, parce que parler via le téléphone, ce n’est pas pareil et parce qu’Oxford, ce n’est pas si loin. Un Cambridgien à Oxford, ça ne doit pas passer inaperçu, les gens vont me regarder bizarrement, comme si j’étais un imposteur. Enfin, c’est ce que je pense. Et puis, il y a les Troublemakers, et mon précieux scooter pourrait être bousillé. Je serais coincé à Oxford. Tout ça pour un mec que j’ai vu une fois dans ma vie il y a de cela des années. Ce n’est pas Oliver, ce n’est pas comme Liam était durant mon enfance, malgré son influence assez douteuse. Je me suis dis «Pourquoi pas? Qu’est-ce que j’ai à perdre?». J’avais une journée de libre anyway, je ne travaillais pas, Olive n’était pas disponible. En fait j’étais sûr qu’il était avec Flore et n’osait pas me l’avouer.

Ce matin d’été, le Soleil était au rendez-vous, ce qui m’a tout de suite fait sourire. Le Soleil rayonnant aussi intensément en Angleterre, c’était plus que rare. Je me tournai et me retournai dans mes draps, poisseux de transpiration. Dormant nu, comme toujours je sortis de mon lit, entourant un drap autour de mon corps pour ne pas trop m’exposer, advenant que j’aie oublié de fermer un rideau par inadvertance hier soir. Heureusement, mon minuscule studio n’a pas beaucoup de fenêtres et tous les rideaux obstruaient la vue des citoyens à part celui de ma chambre, que je prenais toujours la peine d’ouvrir en me levant. Le réveille-matin, un outil essentiel à ma survie, en tant que lève-tard paresseux affirmé, indique onze heures. Bien enveloppé, je file directement à mon ordi, que j’avais laissé ouvert, trop fatigué pour attendre qu’il s’éteigne en revenant du travail hier soir. Google maps, option itinéraires. Quoi? Presque deux heures et demi si je passe dans le coin de Northhampton! C’est quand même pas mal de kilomètres mais je n’ai vraiment rien d’autre à faire et ça me fera une belle promenade. J’imprime le trajet et enfile un jeans et un T-Shirt qui ne me paraît pas trop sale. Moi, faire ma lessive, j’en ai rien à foutre, je vais à la buanderie une fois par deux semaines environ, où jusqu’à ce que je sois obligé de me promener en caleçon. J’ai bien quelques pièces de vêtements de chez Diesel que j’ai payées plus chers et auxquelles je tiens, mais elles se font rares et tachées aussi. sx

J’enfourche mon scooter, vais faire le plein, et pars pour Oxford. Je continuerais mon chemin pour quelques heures encore et j’arriverais directement à Bristol. Mais ma famille ne veut pas entendre parler de moi et j’essaie de passer à autre chose. C’est pourquoi, en voyant le nom de la ville sur la carte virtuelle, j’ai tenté de l’ignorer et de ne pas être envahi par la nostalgie. Je n’ai pas souvent l’occasion d’admirer la campagne anglaise et comme toujours, je la trouve majestueuse. J’ai toujours vécu en ville et les pâturages, les champs, les forêts m’ont toujours semblé mystérieux. Quand la ville commence de nouveau à apparaître, je sais que j’arrive à Oxford. C’est la deuxième fois dans ma vie que je viens ici. J’admets avoir pensé venir ici en tant qu’étudiant, donc j’étais venu visiter. Mais je suis tombé en amour avec Cambridge au premier regard et mon choix s’est arrêté.

Sur les pages Jaunes, ça disait cette rue et cette adresse, je suis arrêté devant. Je descends de mon scooter et le laisse sans surveillance, très méfiant. Monte l’escalier, cogne trois coups sur la porte d’entrée, lance un regard nerveux autour de moi, personne. Merde. Je ne suis sûrement pas venu ici pour rien. Je vais à la demeure voisine et cogne. On me répond. « Je me demandais si vous saviez où pourrait se trouver Elias, votre voisin? » On me regarde bizarrement. J’ai l’air si Cambridgien que ça? J’ai l’air fou de parler à un étranger comme ça? J’ai un haussement d’épaules décontracté et j’ajoute « Je suis un vieil ami ». La personne a vraiment l’air perdue. Comme si elle ne savait pas de quoi je parle. Bon ça y est, elle me dit que je devrais le trouver dans une bibliothèque ou une librairie, étant donné qu’il a toujours un livre dans la main. Je repars donc sur mes pas, vers mon scooter, intact, à mon grand soulagement. Les troublemakers ne sont pas partout, oyé oyé, réjouissances! Je souris.

En attendant de partir à sa recherche, je décide de profiter de la journée. Hier, le temps était à l’orage. Demain, ça sera probablement pluvieux, il faut donc que j’en profite. Je gare mon scooter sur le bord de la rue, près de ce qui me semble être un parc. Je descends et commence à déambuler, sans point A ni point B, juste pour le plaisir de sentir le soleil sur mon visage. Les mains dans mes proches, je marche tranquillement, quand je sens un regard fixé sur moi. Ça me rend mal à l’aise et je tente de voir qui me fixe aussi intensément. Ces traits, quoique difficile à distinguer entre le Soleil et les ombres, me sont familiers. N’ais-je pas la surprise de retrouver mon vieil ami dans ces traits et avec, sans étonnement, un bouquin entre les mains. Je lui souris, me demandant s’il me prend pour un fou ou s’il m’a reconnu. « Elias? »
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MessageSujet: Re: retrouvailles • Naveed   Lun 23 Juil - 0:40


    Le soleil inondait mon visage, j’étais bercé par la douce caresse des rayons sur ma peau qui me procurait une douce sensation de chaleur, de bien-être. Je remarquais bien ce visage, malgré la forte luminosité qui m’empêchait de regarder distinctement et de discerner les traits du jeune homme qui s’approchait de moi. Il semblait que lui aussi devait me connaitre puisque je le voyais se rapprocher. « Elias? » Heureusement le son de sa voix me fait percuter, bien entendu il a mué mais son ton, son intonation doit m’être resté en tête puisque il me semble le reconnaitre. Celui-ci s’est rapproché, je peux désormais reconnaitre les traits fins que j’avais pu regarder plusieurs années auparavant. Naveed. Mon correspondant et vieil ami. Cela fait tant d’années que je ne l’ai pas vu que le changement me cloue sur place, je le dévisage. Il ne manque que la bouche ouverte pour compléter le tableau. Il a tant changé. Enfin moi aussi mais je ne me rends pas compte, il s’est comme métamorphosé. Je ne l’aurais surement pas reconnu sans son ton. J’aurais surement pu le croisé des millions de fois dans la rue sans jamais le reconnaitre ni même me douter de qui était la personne que je venais de voir. Mais non… Il est à Cambridge, que diable fiche-t-il ici ? Ce n’est pas qu’il ne peut pas se balader à Oxford, mais je ne suis pas sûr que je me risquerai personnellement à aller à Cambridge. Sans doute a-t-il décidé de visiter Cambridge pour la photo, dans mon souvenir il faisait de la photo. Enfin même si Oxford est à mon humble avis une ville avec de nombreuses richesses qui méritent d’être immortaliser. J’ai tout de même du mal à réaliser que c’est bien Naveed qui se tient devant moi, je suis heureux bien entendu mais surtout surpris, je pensais ne jamais le revoir, le temps, la distance aurait fini de nous séparer. Cela faisait des années que nous discutions ponctuellement par message, Bien sûr je l’apprécie, le revoir me fait énormément plaisir mais tout d’un coup je me sens nul, vide, je ne me suis même pas battu, je n’ai jamais cherché à le revoir, enfin si j’en parlais parfois, sans trop y croire, plus pour me dire que nous resterions amis. C’est tellement lâche comme attitude, j’en suis conscient et je suis déjà assez en train de me réprimander. Je m’exclame alors avec surprise :
    «- Naveed, c’est vraiment toi ? »

    Bon malgré tout un doute subsiste, peut-être est-ce un sosie en quelque sorte, peut-être ai-je une insolation et j’hallucine. Bon Elias tu te réveilles et tu arrêtes de délirer. Il est clair que Naveed est là, devant toi. C’est fou, totalement improbable et même si tu as du mal à y croire, tu te dois d’y croire sinon il risque de se dire que tu as perdu la tête. Alors je me lève d’un bond, et me précipite dans ses bras, le serrant fort contre moi, ravi de revoir ce jeune homme. Lorsque je le lâche, j’enchaîne :
    « - Mais qu’est-ce que tu fiches ici ? Je suis tellement content de te revoir, tu peux pas savoir ! »

    Ravi je ne peux m’empêcher de repenser au passé, au passé avec lui. Enfin je n’ai pas énormément de moments en tête mais il n’empêche que les moments que j’ai me sont précieux. J’étais à cette époque-là un garçon timide, renfermé, concentré dans mes livres et mes rêves, la tête en l’air, les pieds loin de la terre. Aujourd‘hui je suis toujours un peu comme ça mais j’ai désormais une bonne bande d’amis, je sors, je profite aussi de mon temps libre pour me socialiser. Alors qu’à l’époque où je l’ai rencontré j’étais le stéréotype du timide. A cette époque j’étais mal dans ma peau, mal dans ma vie, malheureux. Naveed avait été en quelque sorte mon plus proche ami alors que l’on ne se voyait jamais. Triste non ? Si vous saviez… Pas aussi triste que les années qui suivirent ou je sombrais dans ma période sombre, où j’oubliais tout de moi, pour changer le sort et devenir le héros que je lisais le héros que mes livres peignaient. Un homme populaire, brave, fier. Bon je crois que ce fut un échec total et une fois plongé dans de mauvaises relations, vous ne pouvez en ressortir facilement. A cette époque, je taisais tous mes dérapages et encore aujourd’hui, peu de personnes sont au courant de mon passé sulfureux. Je suis désormais rangé. Malgré toutes les épreuves que chacun de nous a traversées, nous n’avons jamais perdu contact. Curieux quand on sait que j’ai coupé les ponts avec les personnes qui comptaient le plus pour moi à cette époque. Naveed a été sans doute la seule personne qui me rattachait à la personne que j’avais été, et la personne que j’étais. Bien que ce n’est pas à celui à qui je confie mes peines de cœur, ce n’est pas celui que j’appellerai si j’étais dans une situation délicate, ce n’est pas la personne qui connait tout de ma vie, mais malgré tout, je suis heureux de le connaitre. La distance nous empêche sans doute d’être de vrais amis, enfin des amis qui se voient, qui sortent, qui se racontent leur vie. Malgré tout il connait les lignes principales de mon périple. Ces lignes qui tracent ma vie, qui m’ont conduit ici, dans la douce ville d’Oxford où j’ai pu me réaliser, devenir enfin le héros de mes livres, en quelque sort. Une version aménagée selon ma vision. Bien sûr je ne serais jamais le gars que tout le monde admire, que tout le monde regarde avec les yeux brillants, qui en un regard, une phrase, un sourire charme une assemblée. Seulement aujourd’hui cela ne me dérange pas. La seule personne que je veux charmer ne semble pas le moins du monde réagir à ma présence, alors je crois bien qu’essayer de séduire d’autres personne serait mission impossible.
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MessageSujet: Re: retrouvailles • Naveed   Lun 23 Juil - 18:49

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Je n’arrive pas à croire à cette étrange coïncidence. Je cherche un ami dont je n’ai aucune espèce d’idée d’où il peut être et je tombe sur lui par hasard dans un parc. Dans toute la ville d’Oxford où j’ai peur de m’aventurer pour cause de rivalité étudiante. Oh mon Dieux, j’y crois pas, la chance a tourné de mon côté aujourd’hui, faut croire. En entendant ma voix, le supposé Elias sursaute légèrement. Je crois que lui non plus ne s’attendait pas à me voir. Il a vraiment changé, il a grandi, il est méconnaissable. En un sens mon vieil ami est toujours le même, il a ce même style d’intello avec son bouquin dans la main où qu’il soit, mais il a l’air plus épanoui. Moi aussi je dois avoir changé, ma voix doit être différente, je dois être complètement différent. J’espère qu’il se souviendra de quoi j’ai l’air et qu’il ne me prendra pour un étranger toqué. Elias me dévisage et je ne sais pas comment réagir alors je le fixe bêtement. Il ne m’a sûrement pas reconnu. « Naveed, c’est vraiment toi? » Il m’a reconnu donc. Je lui souris, heureux de retrouver ce vieil ami que je n’avais pas vu depuis des années. Dans sa voix, ça paraît qu’il n’est pas d’ici, qu’il n’est pas anglais, et c’est amusant d’entendre cet accent étranger que j’ai souvent entendu à l’autre bout de la ligne téléphonique. Soudain, sans que je ne m’y attende, Elias se lève et me serre dans ses bras comme des meilleurs amis séparés depuis des années. Certes on est amis, mais j’ai toujours été bien entouré, à Bristol comme à Cambridge. J’ai Oliver, j’ai Heaven, j’ai Moon. J’ai plein d’autres potes. Elias me rappelle la maison, il me rend nostalgique de Cotham, la petite banlieue où j’ai grandi. Je ne veux pas être nostalgique, je ne veux pas m’ennuyer de cette famille merdique que j’ai. Je suis indépendant et je le resterai. Pouvant à peine respirer, j’attends que mon ami relâche son étreinte. « Et oui, c’est bien moi, tu ne rêves pas! »

Définitivement, j’ai fait un heureux en décidant de me déplacer vers Oxford ce matin. Je souris de plus belle, tout de même très heureux de le revoir malgré cette nostalgie qui m’envahit. « - Mais qu’est-ce que tu fiches ici ? Je suis tellement content de te revoir, tu peux pas savoir ! » Je suis content moi aussi, mais Elias a l’air très très enthousiaste. Peut-être est-il resté le petit intello qu’il était, plutôt seul. Je n’ai rien contre ça, je suis moi-même assez geek sur les bords. Depuis qu’on s’est vus, quand je n’avais même pas dix ans de vie, il s’est passé beaucoup de choses. J’ai en quelque sorte sorti du placard. Pas en tant qu’homosexuel, mais en tant que bisexuel, mais avec des parents assez conservateurs qui veulent démontrer leur autorité, c’est tout aussi difficile. Mon père est un vrai trou-de-cul paresseux qui a une forte emprise sur ma mère. Celle-ci est musulmane, venant du Pakistan, et l’homosexualité, chez les musulmans, disons que ce n’est pas coutume, au moins dans la famille de ma mère. Ils m’ont renié, enfin, je crois, ils ne répondent plus à mes appels, aussi répétitifs soient-ils. Puis, j’ai déménagé à Cambridge et j’ai rencontré Olive. Je croyais que ma vie allait s’améliorer, mais Miss Flore est arrivée et ça été horrible quand sa réputation est revenue en force. Ce sont toutes des choses que je n’ai pas vraiment vécues avec Elias, même si je l’appelais parfois pour lui partager mes sentiments. Je ne crois pas qu’il pourrait comprendre ce que j’ai vécu, et le contraire est tout aussi vrai.

« Moi aussi je suis vraiment heureux qu’on se retrouve! J’ai pensé que ça serait une bonne idée d’aller te visiter. Ça l’était » Je m’assois sur le banc où j’ai trouvé Elias, le Soleil éclatant me tapant dans le dos, mais pas trop fort pour être agaçant. C’est vraiment la journée parfaite pour être dehors. Maintenant que je suis ici, à Oxford, je me demande ce que je peux faire avec Elias. On n’est pas pour rester assis sur un banc toute l’après-midi et gaspiller notre journée. Il faudrait faire quelque chose. Mais, n’habitant pas dans cette ville, je ne sais pas vraiment ce qu’il y a à faire dans le coin. « Alors, quoi de neuf mec? »
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MessageSujet: Re: retrouvailles • Naveed   Jeu 26 Juil - 2:03

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    Naveed ne semble pas spécialement apprécier mon étreinte, je le sens crispé. J’avoue n’y faire que peu attention, trop heureux de pouvoir le revoir. Il ne semble d’ailleurs pas aussi enjoué que moi, comme ailleurs. Seulement obnubilé par mon bonheur et ma surprise je n’y prête pas attention, c’est seulement une fois remis que j’y songe. Je dois avouer, je le sais très bien, je ne le connais pas, je suppose qu’il n’est pas tactile et déteste le contact direct. Ou simplement il ne veut pas me voir mais cette pensée me déplait, alors j’opte pour la première option. Après tout je ne crois pas avoir été désagréable avec lui, je ne l’ai ni harceler, ni oublier. « Et oui, c’est bien moi, tu ne rêves pas! » Et bien à croire que malgré le temps, la distance, ma mémoire fonctionne encore pas mal. Je l’avoue je suis plutôt content de l’avoir reconnu puisque me connaissant j’aurais tout à fait été capable de ne pas le reconnaitre, de le regarder de travers, voire de l’envoyer dans les roses. Je ne peux qu’être ravi en cet instant, parce que même si je ne pensais jamais le revoir et que je ne tenais pas à lui autant qu’a d’autres personnes, certaines de mes pensées lui étaient dirigées et aujourd’hui, elles pouvaient devenir réalité, devenir des paroles. « Moi aussi je suis vraiment heureux qu’on se retrouve! J’ai pensé que ça serait une bonne idée d’aller te visiter. Ça l’était »

    Finalement il semble plutôt heureux de me retrouver, je suppose que l’hésitation, l‘angoisse des retrouvailles avaient eu raison de son enthousiasme. Pas grave, j’en aurais pour deux. Je pense tellement de choses en cet instant, mes pensées habituelles s’entremêlent à l’excitation. Ma tête bouillonne, sous le soleil tapant. Je ne sais plus trop ou j’en suis, ce que je suis censé dire, censé faire face à mon ancien ami qui est en quelque sorte une connaissance. Nous sommes si différent maintenant, à 10 ans tous les enfants se ressemblent, aiment les même choses, ont les même centres d’intérêts alors que je sais que désormais, nous sommes tellement opposés, rien qu’en le voyant, son aspect physique, son style, son allure. On dit que les contraires s’attirent, je vais bien voir si ensemble nous faisons des étincelles. Il est tout de même venu à Oxford pour me voir selon ses dires. Dur à encaisser quand je sais que jamais je n’aurais fait de même. Paf première différence, Naveed prend l’avantage, lui c’est un vrai ami. Oui je me remets en question, puisque je n’ai jamais été très doué au niveau relationnel, je n’ose jamais de peur d’être envahissant, étouffant voire désagréable. Il s’assoit à mes côtés, je pousse mon livre détrempé vers le bout du banc. Je ne sais pas si il est venu seulement pour me voir, si il veut visiter, si de passage il a décidé de passer me saluer, c’est donc naturellement que je lui demande : « Effectivement, mais dis-moi tu voulais faire quelque chose de précis en venant ici ? » Je regarde le parc quand il me demande : « Alors, quoi de neuf mec? » Quelle question si il savait, tellement de choses, mais rien de nouveau, je meurs chaque jour un peu plus en contemplant Bonnie m’échapper chaque jour un peu plus, je découvre chaque jour de nouvelles choses qui comblent le vide de mon cœur. Récemment j’ai lu un livre qui m’a retourné. Je peux désormais compter sur des amis plus géniaux les uns que les autres. Oxford est une ville parfaite pour moi, je ne regrette en rien mon petit village de Norvège. Les cours que je suis sont plus passionnant les uns que les autres. Je ne veux plus jamais quitter ma patrie d’adoption le Royaume Uni. Au lieu de ça je lui réponds d’un haussement d’épaule avec un sourire. « Oh rien de spécial, je continue mes études de littérature et je profite de mes vacances pour me consacrer à mes amis et aux livres. Et toi alors ? »

    Je suppose que sa vie sera deux fois plus palpitante que la mienne, qui n’est guère passionnante. Je suis sûr qu’il a des millions de conquêtes à ses pieds, un brillant avenir, et une réussite sociale. Je ne suis pas jaloux attention, loin de là, j’apprécie ma vie telle qu’elle est et jamais je ne redeviendrais un gars fêtard, drogué, alcoolisé à chaque soirée et qui couche avec toutes les filles juste pour se sentir exister. Je n’ai plus besoin de ça, pas comme certains Oxfordiens, mais c’est comme partout. Certains pour se sentir exister aux yeux des autres seraient prêts à de trop nombreuses choses à mon avis. Je ne sais pas comment est devenu Naveed, si il est du genre à aller en soirée chaque soir, pour s’éclater, c'est-à-dire pour la plupart se bourrer jusqu’à plus soif, prendre de la drogue pour se sentir détendu pour ensuite ramener leur conquête de la nuit dans les toilettes pour finir en beauté la soirée. Je critique mais je sais pertinemment qu’à une époque j’étais ainsi, un idiot de première. Enfin d’après le peu que je sais de lui, il semble un peu me ressembler plutôt calme, appréciant sans doute faire la fête mais pas d’une façon abusive. En fait je n’en sais rien mais de ce que je sais de Cambridge, ce serait plutôt étonnant. Il se ferait sans doute réprimander par les JCCs de ce que j’ai compris. C’est dingue le nombre de choses que j’ignore sur lui, je suis totalement incapable de vous dire un détail personnel. Oh si un détail me revient, il a quatre sœurs. Je le sais puisqu’à 10 ans les personnes avec qui on se frite sans cesse sont souvent les autres enfants de la fratrie, à l’époque il était de même pour moi, avec ma petite sœur. Si bien que sur ce sujet nous pouvions débattre pendant des heures. Il gagnait en général le concours de la pire sœur car entre nous quatre sœurs battent bien ma petite sœur, il n’empêche que je veux bien échanger.
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MessageSujet: Re: retrouvailles • Naveed   Lun 30 Juil - 1:51

Je n’ai jamais eu de dispute avec Elias. Aussi loin que je me rappelle. Et pour être honnête, c’est un peu la raison pour laquelle je suis venu ici aujourd’hui. On est les meilleurs amis, on est pareils, on partage tout, mais parfois, on s’obstine. Mais il n’y a pas si longtemps, on s’est chicané, même si c’est revenu à la normale après, je sais que je l’ai blessé. Quant à lui, il m’a vraiment frappé, avec ses mots, et je crois qu’il ne s’en rend même pas compte. C’est correct, mais j’avais besoin de voir quelqu’un d’autre et je me dis qu’Elias était le gars parfait pour ça. Il n’est pas si différent d’Olive après tout. Sauf que lui, c’est les livres plutôt que les jeux vidéo. Il est plus vieux, plus mature probablement, et malgré ces ressemblances, complètement différent de mon meilleur ami. Mon meilleur ami. Quel grand mot. Il m’a dit que je prétendais être son amie t que je ne le connaissais pas vraiment, tout ça à cause de Flore. Wow. En une soirée, il avait réussi à me bouleverser complètement. Je sais qu’on s’est réconciliés, mais ses mots me blessent comme des couteaux. Des scalpels même. Des meilleurs amis, j’en ai eu pas mal durant mon enfance. Aimee, avant qu’on ne se mette en couple. Puis Liam, que j’avais sorti de ma vie, il avait trop une mauvaise influence sur moi. Il y a eu Elias, que j’ai considéré comme mon meilleur ami juste après qu’il soit reparti pour la Norvège. Et je me suis rendu compte qu’un meilleur ami, il fallait vraiment le connaître, avoir passé du temps avec pour le considérer comme tel. Oliver. Une périphrase pour parler de meilleur ami. Un synonyme. « Effectivement, mais dis-moi tu voulais faire quelque chose de précis en venant ici ? » C’est justement ce que je me demandais il y a quelques minutes. Je ne connais pas Oxford, je n’ai aucune idée de ce qu’on peut y faire. Il y a l’université, mais les écoles, j’en ai ras-le-bol, c’est les vacances, j’ai envie de changer d’air un peu. Me changer les idées. Jusqu’à maintenant, j’avais réussi à ne pas penser à cette dispute durant tout le trajet et durant ma recherche de mon vieil ami. Tous mes efforts étaient gâchés.

Réfléchissant, je sortis mon paquet de cigarettes de ma poche de pantalons, un peu écrasé depuis que je me m’étais assis sur ce banc. Un briquet, j’allume cette cigarette et prends quelques bouffées, soupirant d’aise. Fumer, c’est une vraie mauvaise habitude, j’en suis conscient, je ne suis pas un imbécile quand même. Mais ça me fait tellement de bien, surtout quand je suis troublé. Ne sachant pas trop quoi dire je lançai : « Alors, quoi de neuf mec? » esquivant sa question. Gardant la réponse pour plus tard, quand j’aurai trouvé ce que je veux faire. C’est une question pleine de simplicité, amis la réponse à laquelle je m’attends est mille fois plus complexe. En une dizaine d’années, il s’en passe des choses dans une vie. De mon côté du moins. Un changement d’orientation sexuelle, un cœur brisé, un cœur indécis, un déménagement. J’ai une vie assez active, un paradoxe, si on considère que je passe le plus clair de mon temps assis ou couché sur mon sofa. « Oh rien de spécial, je continue mes études de littérature et je profite de mes vacances pour me consacrer à mes amis et aux livres. Et toi alors ? » Littérature? Ça ne m’étonne pas qu’Elias se soit dirigé vers ce domaine, mais c’est une première nouvelle que je ne savais pas avant de me diriger vers son nouveau chez-soi. Je savais qu’il allait à l’université, mais je ne savais ni que c’était une université britannique, ni qu’il poursuivait des études de littérature. Déjà quand on s’était rencontrés, il traînait un livre avec lui, toujours. Ça n’a pas changé. Une vie consacrée aux livres, ça doit être simple, simple et merveilleux. Pas besoin de se casser la tête à propos de ses relations trop compliquées. Pas de dilemme amoureux. Hélas, je ne suis pas un amateur de livres. J’ai lu quelques bouquins, pour mes cours, mais pas beaucoup plus que ce qui m’était imposé. Ce sont les maths qui m’ont toujours intéressé, pas l’anglais.

« De mon côté, il y a énormément de choses. Je ne crois pas que tu aies envie de tout entendre. Je suis bi. J’ai des problèmes amoureux. Une pétasse m’a brisé le cœur en couchant à tout va. Je suis en amour avec mon meilleur ami. J’ai royalement envie de me souler la gueule pour oublier que j’ai autant de problèmes. … Ah, et ma famille m’a renié. » je soupire, gardant tout de même un ton moqueur. Dit comme ça, avec détachement, mes problèmes me semblent moins terribles. Je ne suis pas venu à oxford pour voir un psychologue, je serais resté à Cambridge pour ça. Je suis venu pour m’amuser avec mon vieil ami Elias. Je tente de changer de sujet. « Bref, la vie est belle! Pourquoi on n’irait pas marcher un peu. Il fait Soleil, ce qui est assez rare en Angleterre, tu as dû t’en rendre compte? » Je prends plusieurs bouffées de ma cigarette, qui commence à rapetisser lentement. Je me demande si Elias fume, je n’en ai aucune idée, ce n’est pas le genre de détails dont on parle au téléphone ou par texto. Je sors une autre cigarette de mon paquet et me lève de ce banc de parc où je m’étais assis il n’y a pas trop longtemps. « T’en veux une? » Elias est intelligent, il ne doit pas fumer. Ce sont les idiots qui fument et qui font semblant d’être inconscients des dangers pour le système respiratoire.
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