Bonnie • take a breath

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MessageSujet: Bonnie • take a breath   Lun 9 Juil - 15:55



    Je me réveillais, dans le brouillard. Doucement je me sentais émerger de mon sommeil. Je me levais. Le ciel était gris, digne de l’Angleterre. Malgré tout le temps ne m’affectait pas. Après m’être préparé, en regardant le temps je voulais me diriger vers mon café favori. Depuis que j’étais ici, je ne pouvais pas passer une journée sans y aller, j’adore lire dans le bruit, j’adore être entouré de monde, je déteste le calme de mon appartement. Je me dirigeais vers la petite salle dans laquelle je stockais tous mes livres, mais je dû bien me rendre à l’évidence qu’il me fallait de la nouveauté. Je ferai donc un détour par la librairie pour trouver un livre digne de ce nom. Sur le chemin j’humais l’air frais, celui-ci me fouettait le visage, mais j’appréciais le froid, il me rappelait mon enfance, lorsque petit je sortais de cours frigorifié, je courais jusqu’à la librairie de mes parents, au milieu des livres je retrouvais la chaleur du foyer avec un chocolat chaud et un bon livre. Depuis à chaque fois que je rentrais dans une librairie, je pouvais y passer des heures. Le gérant me connait puisque je passe presque tous les jours, pour savoir s’il y avait une nouveauté. A force il m’autorisait même à aller dans la réserve.

    Je marchais doucement, savourant chaque bouffée d’air frais, chaque souffle qui fouettait mes joues, je savourais ma nouvelle journée, ma vie ici. Désormais je ne voulais plus retourner à Borgen, plus jamais. Je voulais finir mes jours ici, à Oxford. Ici près de mes amis. Avant j’avais toujours été plutôt solitaire mais ici j’avais su trouver le juste équilibre entre ma passion et mes amis. Je m‘étais attaché à nombre de personnes, bien que la première était Bonnie. Sans elle je ne serais surement jamais devenu l’homme que je suis aujourd’hui. Sans elle oui je ne serais jamais devenu la personne que je suis… Seulement j’aimerai ne pas avoir à m’attacher à elle, ne pas avoir à me sentir emprisonné dans des sentiments dont je ne sais quoi faire, qui me rendent tellement heureux et tellement triste. Je me sens faible, influençable, triste à regarder mais dans un même temps je ne veux pas oublier ce que j’ai vécu. Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elle, en général c’est lorsque je marche, seul, sans musique, comme ici.

    Je poussais la porte de la librairie, en essayant d’oublier ses idées noires qui ne voulaient pas me quitter. La petite musique caractéristique résonna, je levais les yeux et remarquait une fille de dos. Elle n’avait pas besoin de se retourner, je savais déjà qui se cachait derrière cette cascade de cheveux, derrière ce corps fin, je connaissais la moindre parcelle du visage de la demoiselle qui se tenait dans la librairie. Bonnie… Néanmoins le bruit l’avait incité à se retourner pour regarder le nouveau client. C’était moi. Je ne savais pas vraiment comment réagir, reprenant une bouffée d’air qui s’était bloqué pendant quelques secondes, je m’approchais. « - Salut Bonnie. » De suite mes paroles me parurent idiotes, déplacées, sans intérêt, mais que pouvais je lui dire ?

    Allez Elias, sourit, respire. Après tout tu es comme chez toi, tu es en position de force. Arrête de paniquer. Bon d’accord je suis incapable de me convaincre, qui puis je bien convaincre alors avec ce ramassis de mensonges. Respire, marche, respire, souris. Essaie au moins de sauver la face Elias, tu ne peux pas te ridiculiser devant elle. Regarde son livre, ça va te détendre ! Je tournais donc les yeux vers son livre comme mon esprit me l’ordonnait. Je remarque ainsi le livre qu’elle tient sur le dessus, un livre sur la biographie de Marylin Monroe. Oh mais attendez le livre bouge. Oh non, elle bouge, c’est elle qui se rapproche. « Elias ! » Allez Elias, souris lui, genre charmeur. Non en fait souris lui tout court sinon elle va croire que tu grimace. « Ça va ? » Tandis qu’elle me demande si je vais bien, elle m’enlace. Je suis censé répondre mais je ne trouve pas mes mots. Comment voulez-vous que je réfléchisse quand la fille de mes rêves est lovée dans mes bras. Je remonte mes bras et essaie maladroitement de la serrer contre moi, je tapote son épaule du bout des doigts. Je me sens totalement ridicule. Le gérant au fond de la boutique nous observe, un air rieur et lorsqu’il remarque que je le regarde, il file dans l’arrière de la boutique, me faisant clairement comprendre que je vais devoir me sortir d’ici seul. Me voilà bien… Je la relâche, essaye au maximum de penser à un truc qui me fait rire pour avoir un sourire crédible, et je lui réponds : « Ca va très bien et toi ? » Je marque une pause « Hum tu t’intéresses à Marylin ? » Au moins je sais qu’un des points sur lequel je peux parler pendant des heures c’est bien les livres, bon Marylin et moi ce n’est pas vraiment ça mais je devrais bien trouver quelque chose sur elle dans ma mémoire. Je me sens de suite plus détendu, mon corps se relâche, mon sourire se décrispe et je peux enfin la regarder dans les yeux. Je plonge mon regard bleu dans ses yeux marron qui sont si expressifs. La regarder ainsi me grise, je me sens vivant. J’ai tellement envie de la serrer contre moi mais je me retiens, de toutes mes forces. Je ne veux plus arracher mon regard du sien. C’était la première fois depuis plusieurs années qui me semble être une éternité que je la regardais à nouveau, droit dans les yeux, comme si je n’avais rien à lui caché, si elle pouvait lire en moi en un regard. En y réfléchissant, je suis à peu près sûr qu’elle peut y arriver. Malgré tout, je ne peux m’arracher à son regard, si elle découvre tout, tant pis, tant que je peux la regarder dans les yeux.

    Elle détourne la tête, il est clair qu’elle n’est ici que pour acheter un livre et qu’elle doit surement me parler par politesse, ou pitié qui sais ? Enfin j’espère tout de même avoir encore une place dans son estime, après tout il ne me semble pas avoir fait quelque chose pour en descendre mais sait-on jamais avec elle, elle est si imprévisible et impulsive. « Je suis curieuse. Certains passages montrent une autre facette de la star. Elle n’était pas si heureuse que ça finalement. » La voilà qui me parle de Marylin, et bien voilà Elias, tu vas passer pour encore plus ridicule que tu n’es, pourquoi as-tu abordé ce sujet, tu aurais pu parler du temps, de ses vêtements, des cours, tout sauf un livre sur une personne à propos de laquelle tu ne connais rien. Quel imbécile je vous jure ! Bon allez sauve la face et essaie d’en rire, tu peux peut être t’en sortir. « Ah… Je t’avoue je ne connais rien sur elle mais si tu le dis. » Un léger sourire contrit de ma part finit d’ébaucher le désastre qui est en train de se passer dans cette librairie. Heureusement dans un éclair de lucidité j’essaye tant bien que mal de relancer la conversation sur un sujet bateau ou je ne passerais ni pour un idiot ni pour un inculte. « Que fais-tu de bon matin ici ? Tu prépares déjà ta prochaine année en journalisme ? » Je jette un regard désespéré à la porte de l’arrière-boutique mais il semble que je doive me débrouiller seul. Allez Elias, Bonnie à côté de tout ce que tu as fait, quitter la Norvège, débarquer en Angleterre, c’est de la rigolade. J’essaie tant bien que mal de m’encourager mais au fur et à mesure, je me sens plus confiant. Bon pas énormément mais j’arrive à obtenir un sourire naturel sur mes lèvres, enfin il me semble…
    « Non, bien sûr que non. Je suis juste venue comme ça. J’ai besoin de lecture pour Athènes. » Ah oui bien entendu, la Grèce, sa patrie. Curieux en somme, un Norvégien, avec une Grecque, qui vivent tous deux à Oxford et qui se retrouvent dans une librairie. Scène plutôt comique en soit.
    « Oh tu pars quand ? A toi les beaux athéniens parfaitement bronzés alors. » Oui je l’avoue je suis totalement jaloux, mais j’essaye de positiver en me disant que ce n’est que le temps des vacances. Après elle repartira vers un Oxfordien, cela ne me réconforte pas plus mais je ne peux rien y faire, elle n’est clairement pas intéressée par moi. Je déteste cette situation d’impuissance face à cette situation mais je ne peux rien y faire, ce qui m’énerve profondément.


Underco


Dernière édition par Elias N. Johansen le Mar 24 Juil - 23:10, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Bonnie • take a breath   Mar 10 Juil - 20:49


Mes quelques jours à Edinburgh avaient été difficiles. Je pensais que ma mère allait se calmer. Après tout, il ne me reste un an d’étude et après, si tout va bien, je me trouve un boulot. Pourquoi alors m’énerver encore avec mon choix de carrière ? Comme si j’allais changer d’avis après quatre ans d’études. Je soupire. Le seul bon point de ces quelques jours là-bas était la présence de mon père. Comme d’habitude, dès que je pense à lui, je commence à sourire et je décide que ça ne sert à rien de se prendre la tête. Un jour, elle comprendra. Enfin j’espère. Je file dans la cuisine pour y préparer un petit déjeuner. Gemma est chez Chandler, je me retrouve donc toute seule ce matin. Je mets un peu de musique et sors tout ce que j’ai besoin en dansant et chantonnant. Il est facile de tout oublier quand on se concentre sur autre chose. Une toast dans la main, je récupère le journal et le feuillette rapidement. C’est toujours les mêmes choses : la crise économique, les élections en Grèce, la guerre au Moyen-Orient, des fous qui décident de tirer sur tout le monde. Bref que des choses qui ne donnent qu’une envie : rester chez soi, dans son lit, sous une couette et ne plus sortir. Je ferme brutalement le journal. Je devrais peut-être devenir critique culinaire. Tout ce que j’aurai à faire, c’est de goûter aux plats que j’ai commandé et de dire si c’est bon ou non. Un rictus moqueur apparait sur mon visage. Ou alors je devrais travailler dans ces magazines féminins. « SPOTTED ! Kate Middleton porte une robe achetée chez Topsop pour un gala de charité. Elle arrive exceptionnellement à associer une marque presque cheap à des Louboutins, la rolls des chaussures. Cette fille est géniale ! » Je secoue la tête. Non, je ne peux pas faire ça. Je termine mon café et range mes affaires. Il faut que je sorte avant de songer à d’autres plans de carrière et de m’engager dans de nouvelles études.

Je tends quelques billets au chauffeur de taxi et descends de la voiture. Je remonte mes lunettes de soleil sur mes cheveux et pénètre dans ma librairie, qui se trouve devant moi. Je souris au propriétaire, le salue et fais un tour dans les rayons, caressant les livres au fur et à mesure de mon avancée. J’en pioche quelques uns au hasard, attirée par les titres et les couvertures. J’en garde un en main, qui sera parfait pour mon voyage en avion jusqu’à Athènes. Je reviens vers l’entrée pour regarder ceux proposés. Généralement ce sont des coups de cœur du propriétaire et des vendeurs. Et généralement, ils proposent de très bonnes choses. J’attrape une biographie sur Marilyn Monroe et feuillette le livre, lisant quelques passages au hasard. La cloche de la porte sonne pour signifier la venue d’un nouveau client. Un sourire apparait sur mon visage et je me retourne pour dire bonjour à la personne. Mon sourire se fige et mon cœur s’arrête un instant quand je reconnais le visage de cette personne. Elias. Je serre les livres que j’ai en main tandis qu’il se rapproche. « - Salut Bonnie. » Mon sourire toujours figé sur mon visage, je fais comme s’il ne s’était jamais rien passé entre nous, comme si nous étions toujours de bons amis, comme à l’époque où il est venu à Edinburgh, avant que ça dérape. « Elias ! » Je comble les derniers mètres qui nous séparent pour l’enlacer. « Ça va ? » Je le sens crispé, maladroit. Ses bras remontent le long de mon dos et il me tapote gentiment les épaules. J’hausse un sourcil interrogateur et je me retiens de lui faire une remarque. Cette situation me fait finalement sourire. Comment peut-il être aussi gêné après ce qu’on a vécu ? Nous nous séparons et je peux enfin l’observer. J’ai l’impression que ça va mieux quand je remarque son sourire. Je retiens un rictus moqueur en trouvant la cause de sa gêne : moi. « Ca va très bien et toi ? » J’acquiesce et suis son regard qui s’arrête sur le premier livre que je tiens entre les mains. « Hum tu t’intéresses à Marylin ? » Il relève les yeux et nos regards se croisent. Pendant un instant, il n’y a que nous. Mais je détourne vite la tête. Tout ça, ce n’est pas pour moi. Ce n’est plus pour moi. J’ai arrêté de jouer à la romantique depuis longtemps, j’ai arrêté de croire qu’on pouvait tomber sur une personne et que ça serait la bonne pour toujours. Je remets quelques mèches de cheveux derrière mon oreille droite. « Je suis curieuse. Certains passages montrent une autre facette de la star. Elle n’était pas si heureuse que ça finalement. » Ma réponse semble le déstabiliser et j’ai du mal à comprendre pourquoi il est si gêné, si mal à l’aise avec moi. « Ah… Je t’avoue je ne connais rien sur elle mais si tu le dis. » J’hausse les épaules. Cette conversation tourne en rond. Puis je le connais, je nous connais. On va aborder des thèmes plus personnels. Après tout, on est amis non ? Mais ce qui m’effraie c’est ce qu’il y a après, quand on recommence à passer du temps ensembles. Bref, je ne veux pas de tout ça, car ça fait remonter beaucoup de choses dont de mauvais souvenirs et ce n’est pas quelque chose dont j’ai besoin maintenant. « Que fais-tu de bon matin ici ? Tu prépares déjà ta prochaine année en journalisme ? » J’éclate de rire et secoue la tête. « Non, bien sur que non. Je suis juste venue comme ça. J’ai besoin de lecture pour Athènes. »

uc
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