Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk

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MessageSujet: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Dim 1 Juil - 22:34



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« have a little drink, have a little talk, everything can change »

Je n’ai pas de cours pour un bon moment. Ce sont les vacances et j’apprécie particulièrement ce petit congé bien mérité après deux semestres de boulot. L’université, ce n’est pas comme on en entend souvent parler, les devoirs, les contrôles et tout et tout. C’est bien pire. Disons que je ne suis pas un petit génie non plus. J’ai toujours eu des bonnes notes, mais je faisais de mon mieux pour les obtenir mes A. Et encore plus pour mon GCSE. Contrairement à ce qu’on peut dire, les qualités et les défauts, cela ne vient pas de naissance. On peut les développer et on peut toujours changer. J’ai peut-être toujours été destiné à être un geek, un amateur de jeux vidéo et de séries télévisées. Mais je n’étais pas censé être intelligent, l’intelligence, ça se développe. Et c’est ce que j’ai tenté de faire pour réaliser mon rêve. J’ai réussi au moins une des deux parties, c’est-à-dire de réaliser mon rêve. Je serais bien mal placé pour affirmer que je suis intelligent, ça serait un surplus d’estime de soi et ce n’est pas mon genre. Je suis plutôt du style humble.


Donc, durant ces quelques semaines de pause du brouhaha universitaire, je pensais aller faire un tour chez moi, à Bristol. Ma ville natale et la monotonie ne me manquent pas du tout. Ce n’est pas tout le monde qui croit que Bristol est monotone, mais quand on y passe toute son enfance et qu’on a la chance de goûter à un panorama aussi charmant que Cambridge, ça l’est. Ma famille, mes parents, mes sœurs, même Rya, me manquent. Ça ne devrait pas être ainsi. Je devrais vivre indépendamment de ces six gâcheurs de rêves conservateurs et me créer une nouvelle famille. Disons que la plus petite de la famille, Ghazala n’y est pour rien, elle n’a jamais tenté de briser mes espoirs de devenir un universitaire, mais elle fait partie de ma famille. Elle serait devenue comme mes parents tôt ou tard. Quand j’ai annoncé à ma famille que j’avais essayé autre chose que les minous, que j’avais aimé ça et que je n’étais pas intéressé que par les femmes, ça a été le scandale. Ils ne m’ont jamais soutenus, se foutaient royalement de mon éducation, mais quand je viens leur parler de ma vie amoureuse, ils veulent tout contrôler! Néanmoins, je les aime, c’est normal, et j’avais envie de les voir après presqu’un an d’absence.


Je leur ai téléphoné deux fois par jour, tous les jours depuis une semaine, laissé des messages, mais personne ne m’a rappelé. Je sais qu’on a un afficheur, chez nous à Cotham, peut-être qu’ils ne reconnaissent pas mon numéro, puisque j’ai acheté mon téléphone cellulaire il n’y a pas si longtemps. Ça m’étonnerait, comme j’ai entré toutes mes informations, ma famille devrait voir que c’est moi qui appelle. C’est peut-être ça le problème, justement. Peut-être qu’ils sont toujours fâchés contre moi. Peut-être qu’ils n’en reviennent pas de la déception que j’ai provoquée en eux. Ou peut-être que je me fais seulement des idées. Peut-être qu’ils sont simplement partis en vacances. J’espère qu’ils allés à Bournemouth. Je trouve cette ville absolument adorable, avec son bord de mer et ses attractions touristiques pittoresques. Je n’y suis allé qu’une fois, et je ne rêve que d’y retourner.


Mais pour l’instant, je suis, moi aussi, déçu. Déçu de moi-même, et de ma famille. Je croyais qu’ils auraient réussi à passer à autre chose. Qu’ils réussiraient à accepter ma bisexualité. Après tout, ce n’est pas comme si j’étais homo, pur et simple. J’ai bien le droit de me taper un autre gars de temps en temps. Je suis déçu de moi-même, de leur avoir présenté mon premier amant, Greghory. Je n’aurais pas du, ça aurait arrangé les choses. J’aurais peut-être dû appeler mes vieux quelques fois cette année. Ils auraient peut-être réussi à me pardonner.


Je croyais enfourcher mon scooter et monter vers Bristol cet été. Mais, pour l’instant, j’ai changé mes plans. Je ne dis pas que je n’irai pas faire un tour à l’improviste dans quelques semaines, cependant, je file pour Londres. Pour aller tenter d’oublier et noyer ma tristesse, pendant les quelques moments de liberté qu’il me reste avant l’automne. Je monte sur mon scooter, soupire en pensant que je vais devoir emprunter les routes de campagne plutôt que l’autoroute, n’ayant pas de voiture à proprement dire. Mais ce trajet va me permettre de réfléchir. Réfléchir à ce qui compte le plus pour moi. Ma famille? Mes amis? Je me suis fait des tonnes d’amis en un an. Olive, Alden, Emile (Oh, je ne fais qu’y penser et je bouillonne, mon ange préféré), Heather, Saoirse, Moon. Et aussi des gens plus exécrables comme Flore, cette pétasse qui veut entraîner Oliver dans ses filets. De l’autre côté, mes parents. Deux vieux qui sont trop indifférents pour se soucier de ce que je vais devenir. Il y a aussi Aarya, Parveen, Naheema et Ghazala. Je ne peux m’empêcher de les détester, ce sont leurs filles. Elles ont toujours été contre moi et avec eux. Mais je suis leur fils aussi, donc, je me déteste.


Conduire, même une mobylette, est une action simple et routinière. C’est trop facile de se perdre dans ses pensées, de rater son coin de rue et de se retrouver dans un quartier de la capitale où on n’était jamais entré auparavant. Comme Kensington. Ce dont j’ai besoin, c’est d’un bar et d’une pinte de bière aussi haute que moi. Oui, oui, j’ai peut-être l’air d’un enfant sage, mais j’ai dix-huit ans. Je fais ce que je veux, si je veux boire, je le fais. Je m’arrête devant un bar. La soirée est encore jeune, il doit être vingt heures, à peine. Le trajet de Cambridge à Londres m’a pris un peu moins d’une heure et demie et j’étais parti après avoir dîné, assez tôt d’ailleurs. Je descends de mon scooter, jette un regard à l’enseigne du bar : Le Vendome. Je ne connais pas, ça me semble français. Quelle est la différence entre un bar normal et un bar français? Plus de vin, de la musique que je ne comprendrai pas peut-être. Enfin un peu. J’avais pris français comme deuxième langue à l’école secondaire. Mais pour devenir chercheur, le français n’est pas une matière primordiale.


Je pousse la porte du bar, m’assied sur un banc le long du comptoir principal. Je soupire à nouveau. Ainsi, c’est ce que je suis devenu. Un étudiant cambridgien qui va passer sa soirée de vacances à se saouler parce que sa famille ne veut pas de lui. Je me serais cru plus indépendant. Plus fort, mentalement parlant. Je passe une main dans mes cheveux, saturés de gel coiffant. Je n’ai pas pris la peine de me faire beau, et le gel, c’est pratique quand on est exposé à la météo pendant presque deux heures. D’ailleurs, je me compte assez chanceux qu’il n’y ait pas eu de pluie, il y en a tout le temps d’habitude. Je commande une pinte de blonde. La jeune fille doit avoir mon âge, elle montre trop ses seins à mon goût, mais ça me fait sourire. Pourquoi les filles croient-elles qu’elles vont pouvoir nous appâter de cette façon. Bon, peut-être que c’est excitant, sexuellement parlant, mais le sexe, ça ne fait pas la vie. C’est de l’amour qu’il faut. Il manque d’amour en ce monde.


La fille revient avec ma bière. Elle a un drôle d’accent. Comme si elle parlait anglais, mais qu’elle se forçait pour garder son accent français dans une autre langue. Elle doit être bien fière d’être Française. Je lui souris. Un sourire, ça peut changer la journée de quelqu’un. Par exemple, si elle m’avait rendu le mien au lieu de me faire un clin d’œil, je serais peut-être parti, renonçant à me saouler. Je prends quelques gorgées, au moins elle est bonne. Ce n’est pas comme cette bière de pauvre dégueulasse que mes parents achetaient. Je remarque un homme d’une quarantaine d’années sur le banc à côté de moi. Il a l’air tout aussi déprimé que je le suis. Je n’y fais pas attention et continue à boire. Perdu dans mes pensées. Je termine ma boisson et en commande une autre. En attendant, je lance en direction de mon compagnon de déprime inconnu : « Alors ça va pas toi non plus, hein? »

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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Ven 6 Juil - 15:01



What I need is someone to talk to.
Flynn J Wheeler + Naveed R. Jones.

Je restais dans l’incompréhension, l’incompréhension d’un monde rempli de personnes qui attendaient toutes des choses différentes, l’incompréhension d’un monde qui ne savait rien et qui prétendait tout savoir. Ce que je comprenais moi, c’est que le monde était ramené à l’état de néant, que personne ne savait quoique ce soit, que moi-même, je ne savais rien. Moi dans ce monde, c’était un échec permanent. Je savais que je ne ferais rien de glorieux, je n’étais pas voué à la gagne, à la victoire. Depuis tout petit, je savais que malgré les apparences je ne serais pas aussi connu que ma mère, je savais que je serais un connard comme mon père l’a été et l’est toujours. Je savais que malgré tout ça, je finirais peut-être par trouver quelqu’un qui voudrait m’accompagner jusqu’à ma mort. Trouver quelqu’un ? Que dis-je… trouver une petite garce qui n’en veut qu’à mon cœur ou à je ne sais quoi d’autre. Ce que je dénonce, une fois de plus, c’est la mentalité des gens, c’est la connerie des gens et le fait qu’ils ne se parlent que par intérêt. J’en avais marre, marre de lutter contre un monde que je ne voulais plus voir, marre de lutter contre ces gens qui semblaient ne rien comprendre, marre de lutter contre tous ces problèmes. Quels problèmes, après tout ? Les problèmes que j’engendre tout seul, les problèmes crées par ma propre personne sans même que je ne le sache. Ma mère ne m’aimait pas grandement, elle ne m’aimait pas du tout même. J’avais souffert de ce manque d’amour qu’elle avait crée en moi, j’avais souffert de la douleur qu’elle m’avait infligé. Malgré tout, j’avais toujours gardé la tête haute, j’avais toujours caché la souffrance créée par cette femme que j’admirais, malgré tout. Mon père, véritable con pathétique. Lui et sa vie cachée auraient mieux fait de disparaître dès ma naissance, cela m’aurait évité de me montrer le mauvais exemple, la route que je suis actuellement. Je critiquais mon père, le dénigrais et malgré tout, j’avais l’impression de suivre le même chemin que lui. Quand bien même je n’étais pas marié, n’avais pas une seconde famille ni un enfant caché, je ne me sentais pas pur. J’avais fait souffrir des gens, j’avais provoqué de la tristesse chez des femmes, j’avais été synonyme d’espoir pour elles, l’espoir d’une vie meilleure avec un homme, l’espoir d’une vie de famille et puis finalement, j’étais parti, lâchement, parce que toutes ces choses espérées par mes conquêtes, je ne les voulais pas. Je n’avais jamais rêvé de l’amour, d’une famille à moi. C’est vrai, ce n’était pas mon truc à moi. Je ne savais pas vraiment ce dont j’avais envie. Peut-être savoir aimer sans m’en vouloir, savoir aimer sans me dire que c’est mal, savoir aimer sans m’en empêcher. Être un humain, en fait.

J’aurais pu garder des contacts avec ma famille mais il n’en n’était rien. Ma mère n’avait pas franchement envie de me voir, comme dit précédemment, elle me déteste, je suis son plus grand regret. En effet, elle était un mannequin adulé et aimé dans le monde entier, les gens se l’arrachaient, les plus grand couturiers la voulaient, mais malheureusement, une fois la grossesse présente et visible, le monde de la mode la reniait. Depuis, elle se sent abandonnée et se plaint de n’avoir que ‘quelques spots publicitaires à faire, par-ci par-là.’ Mon père, malgré tout ce qui s’était passé, continuait de m’appeler et d’essayer de me voir. Depuis que j’ai appris que j’avais un frère qui avait presque mon âge, j’ai parlé à mon père. En effet, son autre femme, celle a qui il promettait amour, argent et passion jusqu’à leur mort, était venue frapper à notre porte quand j’étais plus jeune. Elle m’avait tout dit, me révélant donc l’identité de mon frère, fils de cette femme, la maîtresse de mon père, et donc de mon paternel. J’avais perdu mon sang froid, je ne savais plus ce que je devais faire. Depuis, bien évidemment, j’avais essayé de voir mon frère, de voir son visage, s’il me ressemblait. J’imaginais bien évidemment, que comme moi, il n’était pas bien heureux de savoir que j’étais celui qui l’avait privé, entre guillemets, de son père depuis sa naissance. Ma foi, est-ce que j’y pouvais quelque chose moi, si mon père avait voulu avoir deux vies ? Non. Une fois, dans un bar un soir, nous nous étions vus, mon frère et moi. Ce n’était pas prévu. J’errais dans les rues anglaises et lui était dans ce bar. J’étais venu pour remplir ma bouteille d’alcool et l’avais reconnu, ne pouvant pas m’empêcher de lui envoyer toute ma haine en pleine gueule. En fait, lui comme moi n’y étions pour rien.


J’avais été blessé de cette situation. En plus de cela, j’avais toujours rêvé d’avoir un petit frère. Je me voyais protecteur, aimant envers ce petit garçon à qui j’apprendrais la vie, que je défendrais quand il aurait des problèmes avec des plus grands que lui. Malheureusement, j’étais né le premier et il n’y avait eu personne derrière moi. Comment voulez-vous qu’une mère qui ne voulait déjà pas d’un enfant, en désire soudainement un deuxième ? Il n’y avait aucune issue, du moins, hormis celle que mon père avait trouvé pour avoir un deuxième enfant. C’est pour ça que je n’arrivais pas à vraiment le détester. Je pouvais essayer de comprendre les raisons qui l’avaient poussé à trahir ma mère. Ce que je ne comprenais, c’étaient les raisons pour lesquelles il m’avait trahi moi, son fils, la chair de sa chair. Après tout, même s’il était quelqu’un qui travaillait beaucoup, il avait toujours pris le temps de faire attention à moi, il avait pris le temps de jouer avec moi quand j’étais plus jeune. Ma mère elle, se contentait de faire comme si elle m’aimait devant les photographes qui se rendaient minables juste pour une photo d’elle. Je n’aimais pas vraiment ce monde qui pour moi n’était que de plaqué or. C’est une façon, pour moi, de dire qu’il n’y a rien de vrai. Tout le monde est faux avec tout le monde. Les gens se mentent par intérêt, mais je ne crois pas qu’il puisse y avoir de l’amour dans ce genre de milieu. Il suffit de regarder la durée des mariages de la jet-set, ils ne sont pas si longs que ça… M’enfin, toutes ces histoires ne m’intéressaient pas vraiment. Ce que je constatais maintenant, c’est qu’après avoir critiqué ce milieu pendant des années entières, je me retrouvais à la place de ma mère. J’étais devenu mannequin. Je ne voulais pas pourrir jusqu’à ma mort sans jamais avoir travaillé, cependant, je ne voulais pas non plus faire un métier qui ne plaisait pas. J’aime la mode, les vêtements, les styles originaux, quand j’ai reçu cette offre, j’ai tout de suite accepté. Bien qu’il serait mentir si jamais je disais que je n’avais pensé gagner l’estime de ma mère en faisant le métier qu’elle faisait. Enfin… métier, c’est pour moi un bien grand mot. Faire 50 mètres et gagner des millions d’euros, c’est un peu exagéré mais ma foi, j’avais déjà prévu de tout donner à Green Peace pour la protection du monde, plus tard.


Soirée un peu trop arrosée la vieille, moi qui ne bois pas d’alcool, je m’étais gravement ennuyé, les regardant boire des tonnes de verres. Mon verre d’eau à la main, j’étais dans ce bar français que je fréquentais souvent, loin des quartiers huppés de Londres. J’aimais retrouver mon presque anonymat, parce que malgré tout, les gens me reconnaissaient parfois dans les plus petites villes, comme étant le fils de l’ancienne mannequin ou même comme étant mannequin moi-même. Assis à cette table, je remettais toute ma vie en question. Pourquoi cette mère avait-elle été aussi mal-aimante, qu’avais-je fait pour métier ça ? Après tout, est-ce que j’avais demandé à naître ? Non, pas franchement, s’il y avait bien une personne à blâmer, ce n’était pas moi mais bel et bien elle. J’avais appris depuis quelques mois à ne plus me soucier d’elle, à ne plus me préoccuper de ce manque d’amour maternel. J’étais bel et bien passé au dessus de toutes ces douleurs qui se faisaient ressentir en permanence, auparavant. Complètement déconnecté de la réalité, je suis assis sur cet espèce de banc, accoudé au bar, le regard pensif et déversé vers l’eau que mon verre contient. C’est la voix enfantine de ce garçon que je n’avais même pas remarqué, qui me sort de mes pensées profondes. « Alors ça va pas toi non plus, hein? » Amenant mon regard vers la personne qui est à mes côtés, je remarque ce jeune garçon. Quel âge avait-il au juste… Comment quelqu’un de son âge pouvait-il sembler si mal ? Ce n’était pas normal. Buvant une gorgée d’eau, je me posais des questions et n’avais toujours pas répondu à celle du gamin à mes côtés. « Pourquoi ‘non plus’ ? Tu ne vas pas bien toi ? Tu sais qu’c’est pas normal de pas aller bien quand on est aussi jeune que tu l’es… Qu’est-ce qui se passe ? » dis-je alors, curieux de savoir ce qui pouvait bien attrister de jeune homme. Je me faisais penser à mon père, il n’aimait pas parler de ses soucis et me demandais toujours ce que moi j’avais, évitant ainsi de me raconter ses problèmes.

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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Dim 8 Juil - 5:17



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La serveuse m’emmène ma deuxième bière. Je sens que j’ai bu la première trop vite, mn estomac est capricieux. Ça va faire du mal à ma vessie plus tard ça. Je regarde l’autre mélancolique à côté de moi. Il est plutôt attirant, pour un mec dans la quarantaine. Il pourrait être mon père et pourtant, mon père il lui manque la moitié de ses cheveux et il a quelques kilos en trop qui lui tombent directement sur le ventre. En fait il est assez sexy, mais il est vieux. Je m’en veux encore quand je trouve un autre gars beau, je me dis que je déçois mes parents et j’essaie de réprimer ces pensées que j’ai. C’est plus fort que moi. Je ne suis quand même qu’un petit garçon, qui a passé une enfance à tenter de plaire à ses parents – même derrière des besoins d’indépendance – Il ne faut pas me blâmer, je crois que tous les enfants tentent de plaire à ceux qui leur ont donné la vie. Bref, le mec, par contre, il est assez maigre, on dirait qu’il a jeûné ou fait un régime à l’eau pendant deux semaines. Comme une top model féminine, mais de sexe masculin. Il sirote un verre de liquide incolore, de la vodka peut-être? Mais avec un tel verre, il va tomber dans le coma? De l’eau? La théorie du régime devient plus plausible. Je trouve que je réfléchis trop et que je n’agis pas assez. C’est peut-être ça que les gens n’aiment pas chez moi, c’est peut-être aussi pourquoi je me sens autant coupable. Je soupire et prends une gorgée de bière.


Pour une raison inconnue, je pense à Flore. Elle, c’est le contraire de moi, elle agit trop et ne pense pas assez. Avec ce qu’elle m’a fait subir, c’était bien évident qu’elle n’avait pas pensé une seconde à comment j’allais me sentir. Délaissé, menti, déchiré, trahi. Cette fille, c’est une salope, point à la ligne. Je n’en reviens toujours pas qu’elle fasse sa veuve noire avec mon meilleur ami en plus. Comme c’est moi qui ai le don de toujours attirer de la merde, c’est sûrement de ma faute. Après tout, si je n’avais pas connu Flore, Olive non plus. Je suis un fardeau à porter pour tous ceux qui tiennent à moi. Heaven, mon ange venu du paradis, c’est peut-être pour cela qu’elle ne m’aime pas – je n’en suis pas certain, mais je suppose – Elle ne veut pas que gâche sa vie en y entrant trop profondément (dans sa vie, je veux dire). Me sortant de mes réflexions déprimantes et déprimées, le mec se tourne vers moi et me répond. « Pourquoi ‘non plus’ ? Tu ne vas pas bien toi ? Tu sais qu’c’est pas normal de pas aller bien quand on est aussi jeune que tu l’es… Qu’est-ce qui se passe ? » Forcément, si je lui ai dit qu’il ne semblait pas aller bien non plus, c’était que je ne feelais pas superbement joyeux. Forcément. Mais déjà, je commence à être moins pire. C’était ce que j’attendais, que l’alcool m’engourdisse, que je ne ressente plus la douleur de la déception. Par contre, cet homme m’intriguait, et je voulais continuer de lui parler. Pourquoi voulait-il que je lui raconte mes souffrances, pourquoi ne voulait-il pas s’ouvrir? Et pourquoi ne buvait-il pas? Parce qu’il ne voulait pas se révéler si sa langue venait à se délier?



Je cale le fond de ma bière, le goût est un plus amer dans le fond qu’au-dessus et je grimace. Je n’ai jamais vraiment aimé les fonds de bière, et ce n’est pas aujourd’hui que ça changera. Je fais un signe de tête à la jeune femme trop exposée pour avoir un refill. Des bières, je peux en prendre comme j’en veux, tant que je reste assis sur mon banc. Debout c’est une autre histoire… que je laisse de côté pour le moment. Je me tourne finalement vers le mec. « Il n’y a pas d’âge pour être malheureux, comme il n’y a pas d’âge pour être amoureux » J’esquisse un sourire triste. C'était poétique. Surtout étant donné que mon malheur à tout à voir avec l’amour. La famille, aussi. Mais l’amour. « C’est une histoire bien trop psychologique et mentale pour être racontée, surtout par un mec à un étranger, sérieusement, ça fait sentimental sur les bords et juste à te voir, ça doit pas être ton genre » Je soupire. J’ai toujours eu tendance à m’esquiver, à prétendre que mes problèmes n’intéressent pas les gens. Je ne suis pas à leur hauteur, de peur de les décevoir. La déception. Toute ma vie turne autour de la déception. Je ne veux pas être déçu, je ne veux pas décevoir. Et pourtant, c’est tout ce à quoi ma vie est vouée. À décevoir. « Et puis toi alors? »


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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Mar 10 Juil - 3:03

Je me rendais compte que nous étions tous nés pour mourir un jour. J’étais arrivé sur cette Terre, oui, mais dans quel but ? Dans le seul et unique but de mourir ? Je me sentais mal. Mal parce que je voyais les gens vivre leur vie à fond, pleinement, alors que moi, j’étais là à broyer du noir devant ce foutu verre d’eau, ne prenant même pas ma vie en main. J’avais alors quarante ans et pourtant, je n’avais réalisé aucun exploit dans ma vie. Je constatais les efforts faits par l’être humain et je n’en faisais pas partie. Je voulais me sentir utile, je ne voulais pas être un parasite pour la Terre, je tenais vraiment à me faire une place, pas forcément au soleil, je voulais une place… ma place en l’occurrence. Je me sentais bousculé et non désiré, je me sentais de trop sur cette planète Terre qui savait très bien vous faire ressentir cela. Il n’y avait pourtant qu’un mot qui me revenait toujours en tête, le rêve. Je vivais dans un monde qui semblait ne pas s’autoriser les rêves. Quelle était cette foutue mentalité ? J’avais malheureusement toujours eu peur de grandir et de devenir un adulte dépourvu de toute forme de rêve. Fort heureusement, cette personne incapable de rêver n’était pas moi, la magie des rêves ne m’avait jamais quitté. Je remerciais le ciel pour ça… Enfin, je ne savais pas trop qui remercier, à vrai dire. Né pour mourir, j’avais décidé de prendre ma vie en mains, de faire des choses mais surtout de bien les faire. Même si, pour l’instant, je n’avais jamais excellé à la tâche, je comptais bien apprendre. Apprendre pour être une meilleure personne, apprendre pour ne plus passer pour cet abruti toujours seul, froid et distant, comme les gens me voient.


Gâcher la vie j’en étais capable, ça oui. Le fait est qu’en gâchant la vie des autres, je salissais surtout ma propre petite existence. Plutôt mal à l’aise avec l’idée d’être un mauvais garçon, je n’arrivais malgré tout à me rapprocher de l’espèce humaine sans avoir envie de vomir. Toutes les conneries humaines me débectaient et continuent de me débecter alors je n’avais pas envie de faire partie de la criminalité. Je parle de criminalité en pensant au massacre des animaux, c’est une chose qui m’a toujours et continue de me mettre hors de moi. Si refaire le monde était à ma portée, je vivrais seul avec des animaux et peut-être quelques personnes… Que les animaux tueraient pour se venger de toutes les espèces disparues de la surface de la Terre. Plus sérieusement, bien que je fus sérieux auparavant, je déteste l’espèce humaine car trop méchante, trop axée sur ses problèmes et non sur le monde extérieur. Les gens étaient beaucoup trop nombrilistes et je ne comprenais pas ce trait de caractère. C’est pourquoi je fus surpris par ce jeune garçon qui voulait savoir ce qui n’allait pas… je fus surpris étant donné que c’était la première fois que quelqu’un me posait la question. J’avais encore une fois préféré fuir plutôt que de délier ma langue, délier ma bouche et avouer mes plaies pansées. Seulement, avais-je vraiment contrôlé ma réponse ? Non, pas vraiment, pour ne pas dire que je ne l’avais pas contrôlée du tout, en fait. Je n’arrivais pas à parler, je n’arrivais pas à m’avouer vaincu, détruit et bon à reconstruire. Je ne voulais pas dire que j’avais mal, que mon cœur hurlait, appelait à l’aide, que j’avais besoin d’aide, de compagnie. Je me sentais terriblement seul et ce jeune homme tombait à pique.

Le jeune garcon boit le fond de sa boisson alcoolisée et grimace. Je souris, il m’a fait rire. À vrai dire, je ne comprends pas vraiment ce que les gens apprécient dans l’alcool. C’est fort, et cela a le don de nous rendre ridicule et malade, lorsqu’on en abuse. Buvant une nouvelle gorgée d’eau, je replonge mon regard dans ce grand verre que je tenais fermement dans mes mains. Le son de la voix du jeune garçon me sort de ce sommeil éveillé duquel j’étais victime. « Il n’y a pas d’âge pour être malheureux, comme il n’y a pas d’âge pour être amoureux. » Dit-il avant de sourire. Je sentais beaucoup de mensonges et d’ironie dans ce sourire. Sûrement parce que ce qu’il venait de dire était tristement vrai. « C’est une histoire bien trop psychologique et mentale pour être racontée, surtout par un mec à un étranger, sérieusement, ça fait sentimental sur les bords et juste à te voir, ça doit pas être ton genre. » Reprit-il alors, avant de soupirer et de me retourner la question, ce que je redoutais.« Et puis toi alors? » Je souris, bêtement, avant de baisser le regard. « Il boira de l’eau, dis-je alors, en regardant la serveuse, tu sais qu’il est parfois plus facile de s’avouer vaincu à un étranger… j’ai comme l’impression que j’vais pas rester un étranger pour toi, et inversement. Je ne sais pas si ce que tu as dit tout à l’heure venait de toi, mais c’était tristement beau, et… triste. Dis-je avant d’inspirer une nouvelle dose d’oxygène pour reprendre de plus belle. Tu sais, j’ai toute la nuit, toute la vie pour écouter ton histoire, et quand tu auras fini de mes raconter tout ça, on pourra passer à mon histoire. J’ai besoin de me mettre en accord avec moi-même, j’ai jamais raconté ma vie ni-même parlé de mes soucis, ça risque d’être pathétique et de t’effrayer. Tu n’imagines même pas comme ma vie peut être ridicule, sans intérêt et triste, mais bon, si tu veux savoir, tu devras d’abord te confesser. » dis-je avant de le regarder, tentant de lire la tristesse dans son regard.
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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Mar 10 Juil - 18:45



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Depuis une bonne demi-heure que les mêmes mots me reviennent en tête en boucle. Déception. Mélancolie. Solitude. Famille. Ou plutôt absence de famille. J’avais rappelé la serveuse pour qu’elle me serve à nouveau de la bière, mais l’inconnu buvant de l’eau voulait apparemment que je fasse de même : « Il boira de l’eau » Quelle merde. Je ne suis pas suicidaire, j’ai bien trop peur de ce qui arrivera après ma mort pour mettre fin à mes jours. Faute de pouvoir me noyer, j’avais décidé de noyer mon esprit. Dans l‘alcool. J’ai vraiment le potentiel d’un alcoolique. Je suis une mauviette. Je n’ai pas la force d’affronter mes émotions. Ma tristesse, les regrets que j’ai, la déception. Parce que ce n’est pas seulement mi qui déçoit, je suis déçu. Le monde me déçoit. La cruauté des gens comme Flore, l’affection que les gens peuvent parfois nous porter et qui nous fait tomber amoureux, puis n’en parlent plus. Il n’y a rien de parfait dans ce monde. Même l’alcool nous déçoit. Ça nous donne mal à la tête et nous fait vomir.


La serveuse hausse les sourcils à la demande de mon compagnon mélancolique et remplit mon verre d’eau. Je pince les lèvres et lance un regard suppliant au type. Je lui dis comme allez encore un peu. Il en faut plus à un jeune homme aimant rester mystérieux pour se confier. Je soupire et boit une gorgée d’eau. Aucun goût, ça me lève le cœur. Elle n’aurait pas pu faire un tour de passe-passe cette fille et que mon verre se retrouve rempli de vodka. Je serais probablement dans le coma, à l’hôpital. Mais ça serait déjà mieux que toutes ces émotions. J’ai l’impression que mon cœur est bousculé de tous bords tus côtés et qu’il veut remonter par mon œsophage. Mais j’ai la gorge nouée. « Tu sais qu’il est parfois plus facile de s’avouer vaincu à un étranger… j’ai comme l’impression que j’vais pas rester un étranger pour toi, et inversement. Je ne sais pas si ce que tu as dit tout à l’heure venait de toi, mais c’était tristement beau, et… triste. ». Ça m’étonne que quelqu’un ait envie d’apprendre à me connaître. Je n’ai rien d’intéressant. Bon, je ne suis pas laid, mais si quelqu’un a envie de me connaître à case de mon apparence, je n’ai pas envie de le connaître en retour. Mais ce type me fascine et ce qu’il dit est vrai. Enfin pas la partie sur mes propres mots, ce n’était qu’une phrase comme une autre, un peu plus poétique. Plutôt que se confier est plus facile avec un étranger. Je me mordille la lèvre, il veut vraiment entendre mon histoire. Je vais la lui raconter, mais il va s’endormir en écoutant mon monologue. « Tu sais, j’ai toute la nuit, toute la vie pour écouter ton histoire, et quand tu auras fini de mes raconter tout ça, on pourra passer à mon histoire. J’ai besoin de me mettre en accord avec moi-même, j’ai jamais raconté ma vie ni-même parlé de mes soucis, ça risque d’être pathétique et de t’effrayer. Tu n’imagines même pas comme ma vie peut être ridicule, sans intérêt et triste, mais bon, si tu veux savoir, tu devras d’abord te confesser. »


QUOI? » Je lance, sentant la réaction que j’avais provoquée. Je tourne mon banc en direction du mec et dis : « Bon.. » Par quoi je pouvais commencer, par le début était la réponse logique. Les ambitions que j’ai toujours eues et l’absence de soutien de la part de ma famille. « J’ai passé mon enfance à Bristol et depuis que j’suis tout petit je veux devenir un ‘’scientifique’’, je veux aller à l’université, je veux avoir un vrai avenir. Le ‘’scientifique’’ est devenu au fil du temps mathématicien, mais j’ai gardé la même ambition. Mes parents n’ont jamais cessé de me dire que ça n’arriverait pas, qu’ils n’avaient pas d’argent et qu’ils savaient que leur seul fils et leur quatre filles resteraient à Bristol et passeraient leur vie avec leurs parents, qu’ils ne pourraient pas aller à l’université. » Je repense à mes parents, et ce ne sont pas des regrets, ni de la tristesse qui m’envahissent. Une bouffée de haine envers ceux qui ne m’ont jamais encouragé et qui ont engendré une partie de la déception de la vie que je ressens aujourd’hui. « J’ai dû travailler, ramasser mon argent, étudier, devenir intelligent et c’est pour cette raison que la fille que j’ai aimée pendant une dizaine d’années m’a laissé. J’étais trop coincé, mais c’était seulement pour poursuivre mes rêves. » Aimee, je n’ai plus d’amour pour elle, mes sentiments amoureux en ce moment sont déjà assez mitigés pour que j’y ajoute une ancienne romance d’enfance. Mais je suis nostalgique, des beaux moments que nous avons passés ensemble. La semaine sur la plage à Bournemouth, on s’était tenu la main presqu’en continu durant sept jours. Écrivant notre amour dans le sable, pour qu’il se fasse balayer par les vagues comme il a été balayé par le temps.


J’ai les larmes qui me montent aux yeux en repensant à Aimee. Elle ressemblait tellement à mon amour d’aujourd’hui, Heaven, presque la même couleur de cheveux. Les deux avaient les yeux verts. Par contre, l’odeur des cheveux d’Aimee était sublime. S’il y a un détail que je me rappelle d’elle c’est l’odeur de ses cheveux. Ils sentaient un mélange de citronelle et d’épinette, ce qui est u duo assez incongru. Je n’ai jamais su si c’était sn shampoing ou un produit qu’elle mettait, si c’était naturel. « Puis, je suis passé à autre chose, j’ai essayé de l’oublier et tout ce qu’on a vécu ensemble. Je travaillais dans un petit resto à Cotham, en banlieue à ce moment-là. Et j’ai rencontré Greg. Il m’a avoué qu’il était gay et qu’il était tombé amoureux de moi à la seconde où il m’avait vu entrer pour porte mon CV au resto. Et pis, on s’est mis en couple pour un moment, et j’ai découvert que j’étais bi. Quand je l’ai annoncé à mes parents…. » Une larme coule sur ma joue, involontaire. Je l’essuie du revers de ma manche, honteux de me mettre à pleurer, les larmes n’étant pas très viriles. « On aurait dit que je n’étais plus leur fils. Heureusement, juste après, j’ai été accepté à Cambridge et je suis parti. Puis j’ai commencé les cours, j’ai rencontré mon meilleur ami, Oliver, et la fille que j’aime : Emile. Sauf que je n’ai jamais eu le courage de lui avouer que je l’aime et le truc, c’est que je crois que j’aime aussi mon ami. » Je renifle et baisse les yeux sur mon verre d’eau encore plein. « Puis, maintenant que la session est terminée, je voulais rendre visite à ma famille à Bristol, mais on ne me répond pas et j’appelle depuis une semaine, deux fois par jour. Ils m’ignorent, ils me renient. » C’est mon histoire, j’ai terminé et je dis avouerr que c’était assez libérateur.


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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Lun 16 Juil - 0:09

Ayant dit à la serveuse de servir de l’eau au jeune garçon avec lequel j’avais engagé une sérieuse discussion sur nos vies qui semblaient toutes deux assez compliquées, je vis son regard se liquéfier… En effet, il n’avait pas eu l’air d’aimer que je lui interdise, en quelque sorte, l’alcool. Pourquoi j’avais fait ça après tout ? Je n’en avais pas la moindre idée, à vrai dire. C’était sorti tout seul et ce n’était pour me déplaire. Comment était-il venu ici, comment allait-il repartir de cet endroit ? J’imagine qu’il n’avait pas utilisé ses jambes comme seul moyen de locomotion et je ne voulais pas le voir mourir seul, dans un ravin, à côté de son engin de pollution. Donc oui, avec toute l’expérience de la vie qui s’accumulait avec les années et s’entassait dans les cases nommées ‘passé’, je savais qu’il ne devait pas boire, surtout parce qu’il n’était pas bien. En effet, boire lorsque notre humeur est déjà mauvaise augmente l’envie de suicide et ce genre de choses. À quoi est-ce que cela rimait en plus… Boire à son jeune âge… Quelle connerie. Je sais bien que quand on est jeune, on pense être les rois du monde, les maîtres du temps, on pense qu’on peut fumer, boire se droguer et qu’on ne sera jamais malade, qu’on est des protégé mais il n’en est rien. On est tous susceptibles de tomber malade un jour ou l’autre, tous. Alors certes, je ne fumais pas, je ne buvais pas d’alcool, je mangeais sainement mais je pouvais aussi tomber malade, un jour… Le plus tard possible, éventuellement.

Amenant son regard plein de dégoût lorsque la serveuse rempli son verre d’eau et non d’une autre pinte de bière comme il l’avait demandé, je souris. Il ne loupait vraiment rien en ne buvant pas cette deuxième bière. Comme on dit toujours, toutes les bonnes choses ont une fin… Seulement, est-ce que se morfondre dans l’alcool et augmenter la puissance de sa haine et de sa tristesse allait être une chose bénéfique ? Je n’en étais pas vraiment sûr, voire pas du tout, en fait. « Tu sais qu’il est parfois plus facile de s’avouer vaincu à un étranger… j’ai comme l’impression que j’vais pas rester un étranger pour toi, et inversement. Je ne sais pas si ce que tu as dit tout à l’heure venait de toi, mais c’était tristement beau, et… triste. » Avais-je alors dit, attendant les confessions du jeune homme. Pourquoi je m’intéressais à sa vie ? Je ne le savais pas moi-même, à vrai dire. J’avais ressenti le fait que je devais le prendre sous mon aile. Ce n’était pas forcément une bonne chose pour lui, étant donné que je ne savais déjà pas géré ma propre vie, mais il avait besoin d’être épaulé et soutenu, j’en étais foutrement persuadé. Qu’un adulte le prenne en mains allait lui faire du bien. De plus, le voir se plonger dans l’alcool à son jeune âge m’avait bouleversé, en plus de me renvoyer à ma propre image, lorsque j’avais le même âge, dans ce même bar avec un verre de whiskey… Un verre qui s’était transformé en une dizaine et en une nuit dehors. « Tu sais, j’ai toute la nuit, toute la vie pour écouter ton histoire, et quand tu auras fini de mes raconter tout ça, on pourra passer à mon histoire. J’ai besoin de me mettre en accord avec moi-même, j’ai jamais raconté ma vie ni-même parlé de mes soucis, ça risque d’être pathétique et de t’effrayer. Tu n’imagines même pas comme ma vie peut être ridicule, sans intérêt et triste, mais bon, si tu veux savoir, tu devras d’abord te confesser. »


Il se tourne alors vers moi. Je sens que les confessions sont proches, les aveux, la rage… Tout était prêt à sortir. [color=crimson]« Bon…» Commença-t-il à dire. C’était en effet un bon début. Je bu alors une gorgée d’eau et plongeai mon regard cyan dans la couleur terre du sien. « J’ai passé mon enfance à Bristol et depuis que j’suis tout petit je veux devenir un ‘’scientifique’’, je veux aller à l’université, je veux avoir un vrai avenir. Le ‘’scientifique’’ est devenu au fil du temps mathématicien, mais j’ai gardé la même ambition. Mes parents n’ont jamais cessé de me dire que ça n’arriverait pas, qu’ils n’avaient pas d’argent et qu’ils savaient que leur seul fils et leur quatre filles resteraient à Bristol et passeraient leur vie avec leurs parents, qu’ils ne pourraient pas aller à l’université, dit-il alors, avant de faire une légère pause et de reprendre son histoire, j’ai dû travailler, ramasser mon argent, étudier, devenir intelligent et c’est pour cette raison que la fille que j’ai aimée pendant une dizaine d’années m’a laissé. J’étais trop coincé, mais c’était seulement pour poursuivre mes rêves. » L’amour ne faisait en effet pas bon ménage avec le travail. L’amour ne faisait pas bon ménage avec l’humain, en règle générale. Je ne dis rien, laissant le jeune homme se contrôler et chercher ses mots. L’interrompre serait briser son histoire en plusieurs morceaux, ce serait le perturber et l’attrister encore plus. Je me contente simplement d’attendre qu’il trouve le courage d’approfondir et de continuer l’histoire de sa vie. Moi-même je ne sais pas comment je serai lorsque ce sera mon tour de parler de moi. Parler, raconter, je ne l’avais jamais fait, je ne pouvais pas vraiment comprendre les sentiments qu’il ressentait alors au moment où il se confiait à moi. J’espérais simplement que cela ne faisait pas trop mal.


Les yeux bordés de larmes, je comprends que la douleur sera telle que je vais revivre tous les instants desquels je vais parler. Je ne décroche pas pour autant de son histoire et continue d’attendre qu’il reprenne. Il semble si triste, si attristée par ce premier amour et leur rupture. «Puis, je suis passé à autre chose, j’ai essayé de l’oublier et tout ce qu’on a vécu ensemble. Je travaillais dans un petit resto à Cotham, en banlieue à ce moment-là. Et j’ai rencontré Greg. Il m’a avoué qu’il était gay et qu’il était tombé amoureux de moi à la seconde où il m’avait vu entrer pour porte mon CV au resto. Et pis, on s’est mis en couple pour un moment, et j’ai découvert que j’étais bi. Quand je l’ai annoncé à mes parents…» Avait-il reprit, laissant une larme s’échapper d’un de ses yeux bruns. Il me faisait de la peine, vraiment, j’étais attristé et je ne savais pas que j’étais capable de cela. Plus j’en apprenais sur lui, plus j’en apprenais sur moi. « On aurait dit que je n’étais plus leur fils. Heureusement, juste après, j’ai été accepté à Cambridge et je suis parti. Puis j’ai commencé les cours, j’ai rencontré mon meilleur ami, Oliver, et la fille que j’aime : Emile. Sauf que je n’ai jamais eu le courage de lui avouer que je l’aime et le truc, c’est que je crois que j’aime aussi mon ami. peina-t-il à dire, avant de renifler sa tristesse et de baisser la tête au dessus de son verre qui n’étais pas rempli par ce qu’il avait choisi. « Puis, maintenant que la session est terminée, je voulais rendre visite à ma famille à Bristol, mais on ne me répond pas et j’appelle depuis une semaine, deux fois par jour. Ils m’ignorent, ils me renient. » Je le regarde, attendant pour être sûr qu’il avait bien fini et que je pouvais alors réagir, n’étant pas sur le point de l’interrompre, chose que je me refusais depuis le début de son récit. « Tu sais quoi ? Moi je te félicite. Jeune comme toi, j’aurais aimé être affronté à une vie sans argent et avec des choix à faire. Ta copine t’a quitté ? Peu importe, tu es jeune, tu auras le temps de te mettre en ménage quand tu seras mathématicien, même si j’dois bien avouer que je ne comprends pas ta passion pour les chiffres, dis-je alors avant de rire légèrement. « Tes parents se feront au fait que tu sois bi… Tu sais, ça ne doit pas être facile. Ils sont sûrement effrayés du fait que tu fasses ta vie avec un homme et que tu ne leur amènes jamais de petits enfants… C’est ce que tous les parents veulent, devenir grands-parents, tu verras si tu as des enfants, tu ressentiras ce besoin aussi. Dis-je alors, afin de le rassurer. « Si tu n’as nulle part où aller, tu peux passer quelques jours chez moi, pour faire le point. J’ai un appartement assez grand, tu auras ton propre espace. Sinon, je peux aller à l’hôtel, et te laisser mon appartement. Tu pourras réfléchir tranquillement. » dis-je alors gentiment, avant de saisir mon verre d’eau et de le vider d’une traite. J’aimais vraiment bien ce gosse. Il me touchait, je n’arrivais pas à l’expliquer.
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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Ven 20 Juil - 3:18



✖Flynn&Naveed✖
« have a little drink, have a little talk, everything can change »


Comme je l’aurais cru, raconter mon histoire m’a soulagé, enlever un grand poids qui me pesait sur le cœur. Peut-être est-ce aussi le fait de verser une ou deux larmes qui s’est avéré libérateur, je n’en sais trop rien. Je sais seulement que je me sens vraiment mieux et que l’idée de me soûler la gueule m’est momentanément sortie de l’esprit. Cet homme avait sûrement raison après tout. À quoi ça allait me servir de boire comme un trou? À oublier mes problèmes pour une soirée pour les retrouver le lendemain matin? Non merci. Je finis mon verre d’eau, dont le goût ne me paraît plus si monotone tout à coup. J’ai besoin de me changer les idées maintenant. Malheureusement, je n’ai pas sous la main une fille avec qui danser, au son de la musique française. D’ailleurs, je n’y comprends rien à cette musique. Pour me distraire, j’ai bien envie d’entendre l’histoire de ce mec. Il me semble tout aussi déprimé que je l’étais en arrivant, un peu plus sobre par contre. M’installant, prêt à entendre son histoire, comme c’était prévu, je tournai mon banc vers lui, un coude appuyé sur le genou. « Tu sais quoi ? Moi je te félicite. Jeune comme toi, j’aurais aimé être affronté à une vie sans argent et avec des choix à faire. Ta copine t’a quitté ? Peu importe, tu es jeune, tu auras le temps de te mettre en ménage quand tu seras mathématicien, même si j’dois bien avouer que je ne comprends pas ta passion pour les chiffres » Évidemment, il fallait qu’il commente mon récit, pour me faire replonger en plein dedans. Je revois ces moments déchirants que j’ai vécus et, peu importe ce qu’il peut penser, c’était horrible à vivre et ça m’a apporté plusieurs regrets. Comme quand tout le monde était assis devant la télévision, regardant Shrek, pour la douzième fois au moins et que j’étais entré. Je tenais Greg main dans la main et je revois le regard de mes parents se fixer sur nos mains soudées l’une à l’autre. Leur expression interrogative, puis outrée. Je secoue vigoureusement la tête, paraissant un peu fou, pour chasser ces mauvais souvenirs de mon esprit.


Il n’y a pas que des mauvais moments dans cette histoire. La fois où je suis rentré de la poste avec une lettre adressée à mon nom, jubilant d’impatience. C’est ce jour-là que j’ai reçu la lettre m’annonçant que j’étais non seulement accepté à Cambridge, mais aussi boursier. Le saut de joie que j’ai fait en lisant de bout de papier. J’esquisse un pâle sourire. Ma vie n’est peut-être pas si terrible, mais de là à me féliciter, c’est un peu poussé. Je me suis montré incroyablement trouillard devant les embûches qui se sont présentées sur mon chemin. J’ai eu beau être déterminé, l’ambition, ce n’est pas tout. « Tes parents se feront au fait que tu sois bi… Tu sais, ça ne doit pas être facile. Ils sont sûrement effrayés du fait que tu fasses ta vie avec un homme et que tu ne leur amènes jamais de petits enfants… C’est ce que tous les parents veulent, devenir grands-parents, tu verras si tu as des enfants, tu ressentiras ce besoin aussi » Wow minute! J’ai pas dit que j’étais gay, je vais probablement fonder une famille et tout et tout, où si je fais ma vie avec un mec adopter des enfants de Chine. Je ne crois pas que ce soit question de frousse ou de peur de ne pas avoir de petits-enfants. Je crois plutôt que mes parents ont envie de contrôler au moins un aspect de ma vie pour me la pourrir un peu plus. Je les aime, mais ils n’ont rien fait de bon pour moi. Ils se foutaient de mes études, quelle drôle de chose s’ils voulaient que je fonde une famille! Élever des enfants sans argent, c’est pas le top du top. Si je me trompe et que ce n’est que question de flots, ils ne seront pas déçus, car j’ai bien l’intention de poursuivre l’héritage de la famille Jones.


« Si tu n’as nulle part où aller, tu peux passer quelques jours chez moi, pour faire le point. J’ai un appartement assez grand, tu auras ton propre espace. Sinon, je peux aller à l’hôtel, et te laisser mon appartement. Tu pourras réfléchir tranquillement. » J’ai bien mon appartement à Cambridge, mais je n’ai pas envie d’y retourner ce soir. C’est trop de trajet pour rien et je suis bien trop préoccupé pour m’endormir comme ça. Je lui souris gentiment, un signe assez subtil que j’accepte sa proposition, même si je n’ai pas envie qu’il aille dormir à l’hôtel, c’est bien trop dispendieux. La plupart des hommes que je connais ne comprennent pas les subtilités, au contraire de moi. Je ne sais pas d’où ça me vient. Peut-être du fait que j’ai grandi auprès de 5 femmes ou même 6 si je compte Aimee qui a été présente durant toute mon enfance. Les femmes aiment les subtilités, elles ont sûrement l’impression que c’est leur langage à elle et que les mecs ne les comprennent pas. Je fais exception à la règle.


« C’est vraiment gentil merci, mais j’ai pas envie que tu t’retrouves sur un matelas avec les ressorts qui t’enfoncent dans le dos et un couple qui baise bruyamment dans la chambre à côté…. Tu peux rester chez toi, hein? » Je lui fais un clin d’œil. Il ne peut pas y échapper maintenant, il me fascine, j’ai envie d’entendre son histoire. Ce qui le tracasse, pourquoi il est si mélancolique. J’ai fait ma part, la sienne maintenant, c’est son tour de me distraire. Je peux faire le psychologue quand même, par contre. Je peux être à l’écoute quand je veux. « Naveed. » je dis, me rendant compte qu’on ne s’est pas encore présentés. Pas la peine d’ajouter ces trois mots superflus, il comprendra ce que je veux dire par là, que c’est mon prénom. Même si ce n’est pas un prénom très commun. C’est très rare en fait. « À ton tour maintenant mec… »


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MessageSujet: Re: Flynn&Nav | Have a little drink, have a little talk    Ven 27 Juil - 2:40

Je n’avais jamais vraiment cru au pouvoir de la parole. Je n’imaginais pas à quel point parler, délibérer ses plaies cachées, pouvait être quelque chose de bénéfique pour notre santé, à la fois mentale et physique. Je ne savais pas comment faire, je n’avais jamais réussi à m’avouer vaincu et à délirer ma langue. J’avais toujours appris à contrôler les moindres mots qui pouvaient sortir de ma bouche. Tout était calculé, tout n’était que cinéma, en fait. Je me rendais compte, grâce à ce gamin authentique, en face de moi, que je n’étais qu’un acteur. Je n’étais acteur, celui qui jouait mon propre rôle sans vraiment tout en connaître. Je me rendais compte que depuis toutes ces années passées, je jouais la comédie et je regrettais. J’étais bourré de regrets, de remords. Je m’en voulais d’avoir été si crétin, je m’en voulais d’avoir été si con pour être plus cru. Cependant, le mot était juste, quoique trop faible encore… Tournant son banc vers le mien, il s’apprêtait à ce que j’enchaîne désormais sur mon histoire, sur mon passé. Je n’étais toujours pas prêt. Je savais que j’y arriverais, ce soir-là. Je le savais parce que lui y était arrivé et je ne voulais pas passer pour un lâche. Je sentais que je pouvais faire confiance à ce gamin… Il attendait mon histoire parce que je lui avais dit que je le ferais. J’avais juste besoin d’un peu de temps. Réaliser que je n’étais pas vraiment aimé me brisait le cœur, un peu plus à chaque fois que j’y pensais. Inutile de dire que mon cœur n’était plus qu’une charpie, tant j’y pensais à cet amour inexistant entre mes parents et moi. « Tu sais quoi ? Moi je te félicite. Jeune comme toi, j’aurais aimé être affronté à une vie sans argent et avec des choix à faire. Ta copine t’a quitté ? Peu importe, tu es jeune, tu auras le temps de te mettre en ménage quand tu seras mathématicien, même si j’dois bien avouer que je ne comprends pas ta passion pour les chiffres » Bien évidemment, je ne pouvais pas enchaîner sur mon passé maintenant, il fallait déjà que je réagisse à ce qu’il me dise. Le pire était de me rendre compte que lui n’avait pas eu tout ce que moi j’avais eu. Pourtant il s’en sortait, plutôt bien, peut-être même mieux que moi. Je plongeais mon regard cyan dans le sien. J’étais absorbé par l’aisance avec laquelle il parlait de sa vie. J’étais envieux et jaloux de la facilité avec laquelle il parlait. Ma foi, je ne pouvais pas en faire autant pour le moment. Ce n’était qu’une question de temps, j’avais pour intention de le faire, tout comme il l’avait fait.


Bien évidemment, je ne pouvais pas qualifier ma vie comme un immense échec. Malgré tout, je pouvais compter quelques réussites à mon actif. À commencer par mon nouveau boulot en tant que mannequin. Si j’avais accepté, c’était à des fins personnelles, à vrai dire, mais cela n’avait abouti à rien, hormis d’autres contrats tous plus alléchants les uns que les autres… Sinon, je pense que cette rencontre avec ce jeune homme était une autre réussite. Je sentais qu’il allait me faire faire quelque chose qui me faisait rêver depuis longtemps, m’ouvrir. Je sentais que cette rencontre allait m’être bénéfique, du moins, je me laissais tenter par ce doux rêve. « Tes parents se feront au fait que tu sois bi… Tu sais, ça ne doit pas être facile. Ils sont sûrement effrayés du fait que tu fasses ta vie avec un homme et que tu ne leur amènes jamais de petits enfants… C’est ce que tous les parents veulent, devenir grands-parents, tu verras si tu as des enfants, tu ressentiras ce besoin aussi. » Avais-je alors reprit, pour répondre à la suite de l’histoire de sa vie. Pour être honnête, je comprenais ses parents. Enfin, c’était plutôt dur à expliquer. Je les comprenais dans le sens que savoir que son enfant est bi, amène à un futur probable avec une personne du même sexe, donc empêchant toute fécondation naturelle, entre guillemets. C’est cela que je tentais d’exprimer mais il ne semblait pas l’avoir de la sorte. Ma foi, ce n’était pas vraiment le plus important, quant à notre conversation. Moi-même je rêvais d’enfant. Plus je voyais ces jeunes pères emmener leur enfant à la crèche, plus j’avais envie de moi aussi, ressentir la fibre paternelle se développer en moi. Encore fallait-il que je trouve la femme pour me faire cet enfant. Ce n’était pas une affaire gagnée étant donné que je n’arrivais pas à m’attacher aux gens. Je sentais comme une barrière entre l’amour et moi. Peut-être allais-je finir seul. Dans ce cas, je serais dans l’obligation d’adopter. C’était peut-être même encore plus beau et honorable qu’une nouvelle naissance. La Terre allait mal et sortir un enfant de la misère était une chose belle. Cependant, je ne voulais pas qu’on enlève un enfant à ses parents pour moi, je voulais que ce soit un enfant abandonné, bien que ce soit cruel à dire. Je ne voulais pas qu’il soit arraché à quelqu’un, en clair.


« Si tu n’as nulle part où aller, tu peux passer quelques jours chez moi, pour faire le point. J’ai un appartement assez grand, tu auras ton propre espace. Sinon, je peux aller à l’hôtel, et te laisser mon appartement. Tu pourras réfléchir tranquillement. » Je me perds alors dans mes pensées. C’est comme cela à chaque fois que je pense aux enfants. C’est soudainement qu’il ne me répond que par un signe de tête. Je souris, content qu’il ait accepté. Je pense que s’arrêter sur un si bon moment aurait été du gâchis pur et dur. J’imaginais alors que nous avions énormément de chose à nous dire, nous raconter. De plus, après avoir raconté mon histoire, j’étais certain que je ne serais pas apte à passer la soirée seul. C’était donc l’occasion rêvée.


« C’est vraiment gentil merci, mais j’ai pas envie que tu t’retrouves sur un matelas avec les ressorts qui t’enfoncent dans le dos et un couple qui baise bruyamment dans la chambre à côté…. Tu peux rester chez toi, hein? » D’un clin d’œil, il m’invite désormais à parler de moi, avant de se présenter. « Naveed. » dit-il alors, avant de reprendre de plus belle, m’invitant à nouveau à raconter mon histoire, sans me laisser d’échappatoire possible. « À ton tour maintenant mec… » Je souris, nerveusement. À vrai dire, à ce moment-là, je n’endossais plus le rôle de l’homme parfaitement sûr de lui et imbus de sa personne. Ce rôle que je jouais pourtant tout le temps, ce rôle qui me collait à la peau, parfois se mélangeait à mon vrai caractère, ce rôle qui m’agaçait mais que je sentais essentiel à ma survie dans ce monde brutal. « Bon… j’imagine que je n’ai plus le choix maintenant, dis-je alors, nerveusement, pour reprendre, Flynn, déjà. » Je pris une grande bouffée d’oxygène et je me lançai, enfin. « Ma mère est un mannequin, enfin, était. Elle était super connue et très sollicitée dans le monde de la mode. Mon père était et est d’ailleurs toujours un connard qui couche un peu partout. Ma mère m’a toujours détesté, je suis pour elle la cause de la fin de tous ses anciens contrats dans les maisons de mode. Mon père lui, c’est moi qui le déteste. C’est compliqué… » dis-je alors. Je ne pouvais pas continuer tout de suite, c’était vraiment très dur. Je sentais des poids s’envoler et me laisser respirer un peu qu’auparavant, cependant, c’était vraiment très dur à dire. Incroyable, j’avais malgré tout, presque tout dit. J’étais heureux et épaté par mes efforts. Pourvu que le jeune homme ne me pose plus de questions et qu’il se contente de ce que j’ai déjà dit… Plutôt rêver, pensais-je alors avant de demander un autre verre d’eau.

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