josefoker Ҩ what the fuck were you thinking, honestly ?

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MessageSujet: josefoker Ҩ what the fuck were you thinking, honestly ?   Mer 13 Juin - 16:42

❝ what the fuck were you thinking, honestly ? ❞

Les anglais roulaient trop lentement. Sérieusement. Jamais les deux heures de trajet entre Cambridge et Oxford n'avaient paru aussi longues à Jason ― et pourtant il les faisait beaucoup, ces deux heures, ces derniers temps ― surtout qu'il avait plutôt clairement écrasé l'accélérateur tout du long. Okay, ce n'était pas le moment d'écoper d'une amende ou pire de se faire arrêter mais.. il avait une bonne raison. Enfin, bonne. Non. Une raison assez importante pour lui permettre de risquer son permis et sa moto, plutôt. Foster avait été hospitalisée. Dire qu'il était tombé des nues en l'apprenant était un euphémisme, agir comme si que ça ne l'avait pas vivement inquiété, aussi. De toute façon, il aurait toujours pu prétendre n'en avoir rien à faire, Kin n'aurait pas avalé ses salades. Pas après cette soirée mémorable ― à plus d'un titre by the way. Jason n'avait pas cherché à mentir, il n'y avait pour ainsi dire même pas penser. Il avait juste flippé. Gravement. Assez, en tout cas, pour rappliquer très rapidement ― sans doute trop ― à Radcliffe. « Je viens voir Fo- Rose Foster » marmotta-t-il à l'hôtesse d'accueil d'un certain âge. La mégère l'avait regardé avec circonspection, s'attardant sur son casque avant de lui donner le numéro de la chambre. Probablement une vieille fille. Whatever.

Arrivé devant la porte, il marqua un temps d'arrêt, hésitant sur la marche à suivre. Se pointer, là, comme ça, après la dernière fois, c'était plutôt.. incongru. Techniquement, il n'avait rien à faire là. Ils n'étaient pas amis, pas.. ils n'étaient rien, en somme. Mais ça n'empêche pas les sentiments, après tout. Finalement, après avoir profondément inspiré, histoire de se donner du courage ― façon de parler ― il frappa, sans toutefois entrer. Si Foster n'avait pas envie de recevoir de visite, il n'allait pas la forcer.. théoriquement. « Entrez ! » entendit-il tout de même. Un soupir de soulagement lui échappa tandis qu'il poussait la porte. Le moins qui puisse être dit c'est que Rose ne semblait pas ravie de le voir là. Surprise, ça, oui, c'était certain. Whatever. Il referma derrière lui, fuyant volontairement son regard incertain. « Assieds-toi hein, moi j'ai un lit, t'as le droit à une chaise, c'est la moindre des choses » fit-elle, manifestement crispée. Il hocha la tête en s'exécutant, sans toutefois ouvrir la bouche. Merde, maintenant qu'il était là, il était incapable de dire quoi que ce soit. Frottant sa nuque de la main, il soupira à nouveau. « Comment tu vas ? » finit-il par demander, les sourcils froncés. Essayer de cacher qu'il s'inquiétait était sans doute stupide. Et inutile. « Je pètes le feu voyons, répliqua-t-elle avec un bref sourire, mais comme on me croit suicidaire, je ne peux pas rentrer chez moi. C'est à se demander pourquoi je paie mon assurance santé aussi cher si je ne peux pas faire ce que je veux. » Evidemment. Bon, certes, c'était une question un peu con. Mais quand même. « Hum. Ouais, non ça va, reprit-elle, manifestement sérieuse cette fois. Vraiment. Un... petit accident mais je vais mieux » Il hocha la tête sans commenter. S'engager sur cette voie-là, c'était risqué de la contrarier ― encore plus qu'à l'ordinaire s'entend ― et il n'avait pas tellement envie de l'entendre hurler après lui. « Mouais » marmotta-t-il en haussant les épaules. Que devait-il lui dire ? Salut, je viens prendre de tes nouvelles, j'étais inquiet ? Ouais, bon. Il s'imaginait mal sortir un truc du genre. « Eastwood va très certainement t'assassiner. Elle.. on s'est inquiété » ajouta-t-il, après une brève hésitation. La grimace qu'elle afficha soudain le fit sourire, qu'elle lui fut ou non adressée. C'était.. mignon. « Et encore, elle, je peux survivre. Elle ET son père, je ne peux rien garantir » Il laissa échapper un ricanement moqueur. Kin était déjà flippante, alors son père.. Jason ne préférait pas imaginer. « Et puis, il n'y a pas à s'inquiéter, poursuivit Foster, je te jure que ça va, j'ai connu des jours meilleurs, mais ça va aller » Bien entendu, ouais, keep telling that to yourself. « J'aurais donc dû apporter des ballons et une banderole "prompt rétablissement" ? » fit-il, un brin sarcastique. Elle pouvait raconter ce genre de salades aux infirmières et aux médecins, à ses amis tous plus guindés les uns que les autres, il n'en avait pas grand-chose à faire mais il n'était pas nécessaire de le prendre pour un con. « Oui et une boîte de chocolats ou des fleurs auraient été la bienvenue » répliqua-t-elle, sans grand entrain. Jason réprima un sourire. Fallait-il vraiment qu'elle soit en mauvaise posture pour ne pas lui sauter à la gorge. « Et puis, qu'est-ce que tu veux que je te dises ? reprit-elle avec un soupir. J'ai cru que mon frère allait mourir et j'ai pété les plombs et je ne sais pas ce que je suis en train de faire de ma vie, s'il te plaît, viens t'apitoyer sur mon sort avec moi? Désolée, je préfère arrêter la parodie de Gossip Girl là » Gossip quoi ? AH ! Ouais ! Rachel ou Maryanne en avait déjà parlé. « Très rassurant, marmonna-t-il, secouant brièvement la tête, ils doivent adorer t'entendre dire ça » ajouta-t-il sans pouvoir retenir un sourire. C'était tellement.. fosterien. « Quand est-ce que tu sors ? » fit-il sans réellement réfléchir. C'était juste histoire de faire la conversation.. presque. « Attends, oublie, je demandais juste.. comme ça » précisa-t-il avec l'impression d'être un parfait crétin. Oh, mais, oui, c'était bien le cas. Il avait rappliqué ici en quatrième vitesse, affolé, sans savoir ce qu'il allait dire ou faire, sans avoir de vrai prétexte pour se trouver là puisqu'après tout, ils n'étaient pas amis. Pas vraiment. Pas du tout. « Je ne sais pas, répondit-elle néanmoins, quand un snob en blouse blanche me déclarera saine de corps et d'esprit je présume. Pas demain la veille donc » Évidemment. « Jason... Pourquoi tu es venu ? » demanda-t-elle ensuite, d'un ton qui ne lui plut guère. C'était synonyme d'emmerdes là, de grosses emmerdes. Il n'aurait pas dû venir. Passant une main sur sa nuque, mal à l'aise, Jason détourna les yeux. « J'en sais rien, j'étais.. inquiet j'crois » Fuck. Pathétique. Et que pouvait-il d'autre, hein ? « Fallait pas voyons, ça va aller. Ca va toujours » lâcha-t-elle, appuyée contre le mur. Bien sûr ouais. C'était probablement parce que ça allait toujours bien qu'elle avait fini sur ce lit. Bien entendu. Levant les yeux au ciel, Jason ne put retenir un soupir agacé. « Mais... merci » ajouta Foster, à sa grande surprise. C'était probablement une grande première et en d'autres circonstances, il aurait probablement cherché à se foutre de sa gueule ou à en jouer. En d'autres circonstances, oui. Si elle n'avait pas fait cette grosse connerie. Si elle n'avait pas été allongée sur un lit d'hôpital. Si.. bref. « Très rassurant, répéta-t-il à mi-voix, Faure et son bichon frisé sont déjà passés taper un scandale ? » C'était juste histoire de faire la conversation. C'était stupide en fait. Et ça sonnait terriblement faux. Fo- Rose ne parut cependant pas s'en apercevoir, Dieu merci. « Non, en vérité tu es le premier de mes visiteurs, qui seront nombreux je n'en doute pas » Ça, c'était certain. Eastwood rappliquerait certainement rapidement, tout comme Lemon et d'autres. Reste qu'il était plutôt gênant d'être le premier. Sans doute s'était-il trop précipité. « Je.. ouais.. surprenant » Convaincant surtout. Ça avait pourtant l'air de marcher ou en tout cas elle faisait tout comme. « N'est-ce pas ? Tu étais dans les parages je parie ? » Bah bien sûr. J'étais dans le coin et tiens, j'me suis dit que ce serait sympa d'aller voir cette bonne vieille Rose, histoire de passer le temps. « Pas vraiment, non, répondit-il en haussant les épaules, comme si ça n'avait aucune espèce d'importance, disons juste que ça- tu as précipité mon retour » Eurgh. Pathétique.

Il lui restait une chose à faire pour conserver une certaine constance : se tirer fissa d'ici. En vérité, il aurait même mieux valu qu'il ne vienne pas, qu'il ne se soucie de rien et qu'il oublie. « Fallait pas écourter tes vacances voyons, lança Rose, comme si elle lisait dans ses pensées, une carte aurait suffit » Réprimant son envie de lever les yeux au ciel, Jason secoua la tête, vaguement agacé par son attitude. C'était pourtant ce qui lui plaisait chez elle ― entre autres choses, bien évidemment ― mais là, c'était juste profondément gonflant. Il n'eut même pas envie de lui répondre. Ce n'était pas le moment de mettre de l'huile sur le feu en balançant à quel point il la trouvait chiante. Entre autres choses. « Jason... Pourquoi... Enfin tu...» Surpris par sa soudaine difficulté avec les mots, il leva les yeux sur Rose avant de fixer brusquement un point dans le vague, sur le mur derrière elle. Non qu'il avait peur de croiser son regard mais.. bref. « Oh et merde » lâcha-t-elle finalement, avant de se tasser contre ses oreillers, avec des airs de Kitty se voyant refuser l'un de ses caprices. « Élégant » commenta-t-il, non sans un sourire. Depuis qu'il la.. depuis qu'il la voyait, il avait rarement entendu Foster être grossière. Du moins lorsqu'ils tenaient un semblant de conversation après avoir terminé leurs petites affaires. « Chez moi, on envoie des cartes aux gens dont on a rien à foutre, reprit-il sans bien réfléchir, et avant que tu ne demandes, oui, je sais écrire » ajouta-t-il dans une faible tentative pour détendre l'atmosphère. Raté, vu le sourire forcé de Rose, probablement reflet du sien. Elle paraissait même gênée à l'idée de le regarder, ce qui ne mettait pas non plus très à l'aise. « Tu devrais t'en foutre tu sais, fit-elle finalement, les yeux dans les siens. Je ne t'apporterai jamais rien de bien » Il ne put retenir un vague ricanement. Pauvre petit caliméro. « Tu t'attends à ce que j'confirme ? Je suis peut-être un imbécile, Foster, mais je ne suis pas maso non plus. Si je suis là, c'est parce que j'ai décidé de venir, parce que j'étais inquiet. Alors ouais, t'es sans aucun doute la plus grande chieuse que j'ai jamais rencontré ― et j'ai grandi au milieu de quatre pisseuses, je sais de quoi je parle ― mais j'dois dire que j'aime assez ça. Et pour information, je suis capable de décider tout seul ce qui est bon pour moi. D'accord, manquer de me faire tirer au McFlurry en plein McDo n'est peut-être pas la meilleure des expériences à vivre mais c'est plutôt marrant quand on y repense » Voilà qui eut au moins le don de la faire sourire un peu. « Certes. Mais je croyais que tu avais clairement tiré un trait sur - comment c'était déjà? - ah oui, ce plan foireux » Bien malgré lui, il tressaillit en entendant ces mots-là. Non qu'il ne les ait pas pensé à l'époque mais.. bref. « Loin de moi l'idée de vouloir te chasser, je déteste vider mon carnet d'adresses, mais tu avais peut être fait le bon choix. Après tout, je n'ai rien de mieux à offrir que la dernière fois, je dirais même que c'est pire et pourtant te revoilà. Au final, qu'est-ce que tu veux, qu'est-ce que tu attends de moi maintenant ? » La question était déjà perturbante en soi mais le ton dénué de mordant qu'elle employait était probablement pire. C'était trop sérieux, beaucoup trop sérieux. Pourtant, c'était ça, qu'il avait cherché, hein. Qu'elle arrête de se foutre de sa gueule et qu'elle le prenne un sérieux. Oui mais pas comme ça, pas maintenant. « Dis moi, vraiment » finit-elle doucement. No. Fuckin'. Way. Il fallait qu'il se tire et fissa. « Je cr- non. C'est.. non. C'est pas le moment et j'étais juste passé vérifier que tu n'étais pas à l'agonie alors.. » Alors je vais y aller. C'était tout ce qu'il lui restait à dire. Ensuite il faudrait se lever et ficher le camp en vitesse. Oui, il faudrait. Il faudrait mais il n'arrivait pas à s'y résoudre. « Très bien. Merci à toi d'être passé et tu pourras rapporter au front que je suis encore vivante et que ça ne sert à rien de m'envoyer toute la cavalerie. Et si tu retrouves un peu de dignité en chemin, on pourra avoir cette conversation qui semblait te tenir à coeur » Excellent, vraiment. Seulement il était incapable de se lever, de se bouger, de se dire que maintenant, oh oui maintenant, c'était le moment de se tirer fissa. Même si il avait gravement merdé, même si elle s'était tassée dans son lit, même si maintenant, elle lui tournait le dos.

Alors oui, c'était le moment de déguerpir. Oui mais.. nan.

Finalement, il parvint tout de même à se mettre sur ses pieds. Soulevant sa chaise, il contourna le lit d'hôpital afin de prendre à nouveau place face à Foster. « Tu veux discuter ? Okay, très bien, discutons, fit-il en croisant les bras avant d'ajouter : j'suis pas persuadé que ce soit le bon moment, surtout que je doute que ce que j'ai à dire te plaise » Ce n'était pas un doute, à ce stade-là, c'était une certitude. Non seulement elle n'allait pas apprécier mais elle allait sans doute l'envoyer paître. Peut-être, cependant, valait-il mieux se faire jeter maintenant que dans six mois lorsqu'il serait trop habitué à sa présence. Inspirant profondément, il ferma brièvement les paupières avant de lui jeter un bref, très, très bref regard. « Je.. c'était pas sensé arriver, commença-t-il maladroitement, clairement mal à l'aise, j'avais pas imaginé rencontrer une fille dans ton genre. Oh, enfin, je savais que les Anglaises étaient à prendre avec des pincettes, rectifia-t-il avec un vague sourire, mais je.. » Fuck, c'était en fait beaucoup plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Jason avait purement et simplement l'impression d'être un crétin. Pour la deuxième fois en quelques minutes, il se frotta la nuque, en quête des mots à mettre sur ce qu'il voulait dire. Ils ne venaient pas et c'était foutrement désagréable. Un soupir agacé lui échappa avant qu'il ne lâche brusquement : « merde, Rose, j'crois que je t'aime.. bien ! Je.. merde » Okay. Pathétique. Il aurait mieux valu qu'il se tire, finalement, d'autant qu'elle restait silencieuse et avait fermé les yeux, probablement pour oublier qu'il était là et qu'il venait de faire une énième bourde. Good game Jason, vraiment.

Baissant la tête, il sursauta presque en entendant sa voix. « Je.. » Hein ? Elle avait bien parlé ou il avait rêvé ? « Je ne sais pas » Ah. Oh. C'était mieux que rien, après tout. Mieux que de se faire jeter, en tout cas. La gorge bizarrement serrée et sèche, Jason encaissa la suite sans broncher. « Je ne sais pas » Sérieusement ? C'était tout ce qu'elle avait à dire .? Je ne sais pas ? Je ne sais pas ?! « Il faudrait que je réponde quelque chose de romantique, profond, spirituel, drôle ou tout ça à la fois, mais.. » Mais ? Mais ? Mais quoi ? Elle ne pouvait pas finir comme ça, il fallait une chute, une fin, quelque chose, n'importe quoi. Elle ne pouvait décemment pas laisser pareille phrase en suspens alors qu'il ― hell, he was such a pussy.

Inspirant profondément, il se redressa, juste à temps pour la voir fermer à nouveau les yeux, mains sur les tempes, la mine peu réjouie. Que de bonnes nouvelles en perspectives. Un soupir lui échappa, presque malgré lui. « Reste avec moi. S'il te plaît » fit-elle finalement, contre toute attente. Il ne put retenir un bref sourire. Il allait sans dire que ces mots-là avaient été difficile à prononcer. Ce n'en était que plus agréable à entendre. « J'ai pas l'intention de bouger dans l'immédiat » répliqua-t-il en haussant les épaules. Eugh. Si Chand avait été là, il se serait probablement foutu de sa gueule. Enfin, ça restait à voir. Il campait très bien le parfait petit niais depuis que Gemma était passée par là. Toutefois, ce n'était pas franchement le moment de penser à Williams et sa copine, pas vraiment, non. L'important, là, maintenant, tout de suite, c'était surtout d'empêcher un nouvel awkward silence de s'installer. Jason n'était pas certain de pouvoir se retenir de lâcher une connerie si jamais ça arrivait et ce n'était pas réellement ce dont il avait besoin pour l'instant. « Tu ne comptes pas nous refaire ce coup-là, hein ? finit-il par demander doucement, posant une main sur le drap, à côté d'elle, parce que c'était assez flippant à apprendre. Et puis bon, il y a d'autres façons d'arrêter temporairement de penser » Alors ça.. fin, élégant et romantique. Brillante, l'allusion. « Et je ne cherchais pas à faire de sous-entendu.. déplacé » précisa-t-il avec un vague sourire, reflet de celui de Foster. « Non, non, ne t'en fais pas va. Il faut croire que tu me connais bien dis donc » Ouais, moyen, hein. Disons qu'il parvenait plus ou moins à prévoir certaines de ses réactions. Et encore, les plus prévisibles. Si prévisible était un adjectif seyant à Rose Foster. « Je ne recommencerai pas, ce n'est pas spécialement agréable tout bien considéré » reprit-elle et, crétin qu'il était, Jason ne put s'empêcher de sourire un peu plus. Quoi ? C'était rassurant après tout. « Tu peux me rendre un service ? » demanda-t-elle ensuite, sans qu'il écoute réellement. Hein ? C'était à lui qu'elle parlait ou..? Obviously, oui. Il était la seule autre personne dans la pièce et c'était lui qu'elle regardait, l'air de rien. Ou tentant d'avoir l'air de rien. Difficile à dire. « Tu veux bien aller voir mon frère ? » Elle.. elle avait un frère ? Sérieusement ? A New York, les filles de son genre étaient généralement fille unique et, jusque là, il s'était figuré que c'était son cas. Manifestement, il existait des différences de taille entre les New Yorkaises et Rose Foster. « Ne lui parle pas hein, n'entre pas s'il est réveillé. Mais tu peux juste aller le voir, me dire comment il va ? Ils ne veulent pas me laisser sortir de ma chambre alors si tu pouvais.. » Sans réfléchir, il hocha la tête. Si il s'était retrouvé dans ce genre de situations, il aurait probablement grandement apprécié que quelqu'un, n'importe qui, puisse lui donner des nouvelles des filles. Il ne s'offusqua même pas de ses recommandations, captant assez bien qu'il serait difficile d'expliquer à frère Foster qui il était et pourquoi il se trouvait. Salut, j'me tape ta soeur sur une base très, très régulière, d'ailleurs, j'en suis même amoureux et elle m'a demandé de venir voir comment tu t'portes parce que les toubibs refusent qu'elle sorte de sa chambre tant qu'ils sont pas certains qu'elle s'empoisonnera pas avec les premières saloperies qui lui tomberont sous la main. Mais t'inquiète pas, ça va aller. Voilà qui voudrait être sympathique. « Tu- ouais, pas de problème, dit-il, manquant de lâcher une question stupide au passage, tu as son numéro de chambre ou je dois descendre demander à la charmante hôtesse d'accueil ? » ajouta-t-il en se levant. Un frémissement le secoua lorsqu'il sentit ses doigts fins serrer les siens. God, he was so whipped. « 112, l'informa-t-elle. Calixte Foster. Et si on te demande, dis que tu es son frère Thomas. Et que tu as dix sept ans» Il haussa un sourcil. Dix-sept ans ? Bah bien sûr. Le tout, histoire de ne pas en arriver à ces histoires d'identité et d'âge, c'était d'avoir l'air de savoir où aller. Et puisqu'il avait le numéro de la chambre, ça ne s'avérait sans doute pas si difficile que ça.

Restait à quitter cette chambre-là, à la laisser derrière lui. Ce n'était probablement que l'affaire d'une dizaine de minutes, un quart d'heure au maximum.. but still. C'était en quelque sorte désagréable. Et profondément pathétique. « Bon, mh, j'vais.. y aller, marmotta-t-il en libérant sa main de la sienne, je repasse après.. sans doute » Il n'allait tout de même pas lui envoyer un texto et puis, de toute façon, il n'avait plus son numéro.

La porte close derrière lui, il traversa le couloir à grands pas pressés, dévala une volée de marches pour gagner un nouveau couloir, plus bondé celui-là, bouscula une infirmière, s'excusa rapidement, très rapidement et reprit, manquant de rater la 112. Il avait une main sur la poignée lorsque la porte pivota d'elle-même ― ou presque ― laissant place à une petite infirmière. « Monsieur Foster se repose » débita-t-elle très vite, campant sur sa position, l'air de croire qu'il allait forcer le passage. Il se contenta de hocher la tête, priant pour paraître compréhensif. « Vous êtes de la famille ? » Nouveau hochement de tête, certainement tout aussi crédible que le premier. « Il vaudrait mieux repasser plus tard » Sans blague. Elle croyait réellement que les gens avaient tout loisir de passer plusieurs fois dans une journée voir des parents malades ou ne l'imaginait-elle tout simplement pas qu'il puisse être apparenté au type dans cette chambre ? Boarf. De toute façon, ça n'avait pas grande importance. « Vous pouvez au moins me dire comment il va ? » marmonna-t-il, sans grand enthousiasme. Sans doute dût-elle prendre ça pour de la peine ou un truc du genre puisqu'elle esquissa ― enfin ― un bref sourire avant de soupirer. « Il est stable, fit-elle, paraissant compatir, nous en saurons plus dans quelques jours » La réponse bateau qu'elle avait dû apprendre à l'école et été entraînée à répéter à chaque parent de malade. Il n'en tirerait sans doute pas plus, aussi la remercia-t-il avant de revenir sur ses pas.

Ça avait été pour le moins.. rapide. Et assez peu productif. Mais c'était toujours ça, non ?

En pénétrant à nouveau dans la chambre de Rose, il ne put s'empêcher de penser que ça faisait bien peu, en vérité. A sa place, si on venait lui dire que Maryanne, Rachel, Abbey ou Kitty était dans un état stable et qu'on en apprendrait plus dans quelques jours, il deviendrait sans doute dingue en attendant d'avoir de vraies nouvelles. C'était tout ce qu'il avait anyway. « Bon, j'suis pas entré, commença-t-il, appuyé contre les barreaux, au pied de son lit, mais une infirmière m'a dit que ça allait plutôt bien » Ce n'était qu'un demi-mensonge après tout. Il n'allait tout de même pas lui dire que l'état de son frère était stable, c'était stupide. Et puis, il n'y avait aucune raison que ça aille mal par la suite. « Il s'est réveillé ? Il est toujours.. » La fin de sa question se perdit. C'était sans doute trop dur, même pour elle. Au final, Rose Foster était une personne comme les autres, malgré le mur qu'elle avait mis entre eux. « Je ne sais pas, elle a juste dit qu'il se reposait » Ce qui, en fait, voulait pouvoir tout dire. « Si il y avait quelque chose de grave ou que ça allait mal, tu le saurais déjà Rose. Il faut seulement lui laisser le temps de se remettre.. tout comme toi » Mauvais mots, manifestement. « Ne me compare pas à Calixte, lança-t-elle, dure, ne...» Oui ? « Ne parle pas de lui, ne me dis pas qu'il va aller bien, ne pronostique pas sur la vie de mon frère » The bitch is back. Il leva les yeux au ciel, incapable de se retenir. « Ton frangin est en vie, ce qui me semble déjà être une excellente chose, répliqua-t-il sans douceur, je sais que tu es inquiète mais le minimum que tu puises essayer de faire, c'est d'espérer.. non ? » « Mais si j'espère et qu'il meurt ici, maintenant, sans que je sois avec lui... » Surpris par les mots de Rose, il garda le silence, réalisant mal qu'ils étaient en train d'avoir cette conversation. C'était plutôt avec Lemon ou Faure, voire Kin qu'elle aurait dû aborder ce sujet-là. C'était.. bizarre. « S'il meurt, je fais quoi ? » demanda-t-elle finalement, d'un ton qui appelait une réponse. Il soupira, secouant la tête. « Tu feras comme tous ceux qui sont passés par là avant toi, t'essaieras de vivre avec sans pour autant oublier » Il releva les yeux pour la regarder. « Mais tu n'en es pas là. Il est en vie, c'est tout ce qui compte pour l'instant, pas vrai ? » L'espace d'un instant, en l'entendant à nouveau soupirer, il crut avoir dit la phrase de trop. « Merci Jason » dit-elle finalement, presque trop calme (eeeeec, je termine soon mais là il est cinq heures, j'dois me lever à sept heures pour aller faire du baby-sitting, j'suis juste.. morte, uhu).

uc



Dernière édition par Jason M. Baker le Mar 3 Juil - 22:38, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: josefoker Ҩ what the fuck were you thinking, honestly ?   Mer 13 Juin - 16:57

Une chose à savoir quand vous faites hospitaliser pour une overdose et que vous avez la bonne idée de mettre vos meilleures amies sur votre fiche de contact d'urgence: vous allez prendre. Et pas dans le bon sens du terme. Non, non. Tous vos amis vont être au courant et comme les médecins refusent de vous laisser sortir sans des consultations psychologiques et un contact avec votre famille - soit disant un risque d'attitude suicidaire, bullshit - vous avez droit à un bal de visites. Plus ou moins sympathiques. Plus ou moins attendues. Plus ou moins douloureuses à divers degrés. On frappe donc à ma porte. Je lance un regard circonspect à la douteuse nourriture qu'on m'a servi, pousse mon plateau sur le côté et lance d'une voix que je veux la plus ferme possible « Entrez ! » Le battant grince et une silhouette bien connue apparaît sur le pas de la porte.Tout mon corps se crispe et mes mains agrippent fermement le drap qui me couvre. Merde, merde, putain de putain de bordel de merde. Evidemment, il fallait s'y attendre. Putain. Dès que je sors d'ici, Kin entendra parler du pays. Bordel. Je n'essaie même pas de sourire ou de masquer ma surprise. J'ai de quoi l'être après tout. Je ne dis rien, j'inspire doucement, retenant la question qui me brûle les lèvres: qu'est-ce qu'il fout là? Mais ce n'est probablement pas la meilleure entrée en matière pour de charmantes retrouvailles, qui sont une belle suite logique au scénario de série B que je suis en train de vivre. Je ne sais pas ce que je trouve le plus ironique, le cliché de cette scène ou le pincement au coeur ridicule que j'éprouve en voyant que ce grand dadais a pris la peine de venir jusqu'ici. « Assieds-toi hein, moi j'ai un lit, t'as le droit à une chaise, c'est la moindre des choses. » Il s'exécute, visiblement pas plus à l'aise que moi. Cette conversation promet de grandes choses.

J'essaie de me détendre un peu et me redresse un peu, histoire de ne pas avoir l'air d'une mourante affalée sur son lit. « Comment tu vas ? » J'esquisse un sourire en coin et ne peux m'empêcher de rétorquer « Je pètes le feu voyons, mais comme on me croit suicidaire, je ne peux pas rentrer chez moi. C'est à se demander pourquoi je paie mon assurance santé aussi cher si je ne peux pas faire ce que je veux. » Bon, l'humour ne semble pas passer au mieux. Peut-être est-il trop tôt pour plaisanter à propos de mon overdose? Ca ne fait que deux jours après tout, ça n'a pas eu le temps de faire le tour de la ville et tous mes amis ne sont pas encore venus me botter les fesses. On pourra rire plus tard. Peut-être. Je tâche donc de donner une réponse un rien plus sérieuse « Hum. Ouais, non ça va. Vraiment. Un... petit accident mais je vais mieux. » Je ne peux pas dire que le voir assis à un mètre de moi me mette dans d'excellentes dispositions, mais physiquement, je vais effectivement assez bien. « Mouais » Autre petite chose à savoir, l'overdose même la plus accidentelle ne vous donnera pas beaucoup de crédibilité quand vous affirmez aller bien. Ca tient à peu de choses finalement. « Eastwood va très certainement t'assassiner. Elle.. on s'est inquiété » Je grimace en me redressant dans mon lit, je n'ai pas besoin qu'on me rappelle l'éminence de la tempête Eastwood. De bonne grâce, je grommelle toute de même « Et encore, elle, je peux survivre. Elle ET son père, je ne peux rien garantir. » J'esquisse un sourire et ajoute « Et puis, il n'y a pas à s'inquiéter. Je te jure que ça va, j'ai connu des jours meilleurs, mais ça va aller. » Allez, convaincante Foster.

« J'aurais donc dû apporter des ballons et une banderole "prompt rétablissement" ? » Bon, bon, il était d'humeur à jouer au plus fin, très bien, mais qu'il joue tout seul. Je n'ai pas le courage ou la patience d'y mettre du mien. Ma répartie n'est donc pas aussi cinglante qu'elle aurait pu - ou dû - l'être. « Oui et une boîte de chocolats ou des fleurs auraient été la bienvenue. » Je soupire et lâche finalement, évitant étrangement son regard « Et puis, qu'est-ce que tu veux que je te dises? J'ai cru que mon frère allait mourir et j'ai pété les plombs et je ne sais pas ce que je suis en train de faire de ma vie, s'il te plaît, viens t'apitoyer sur mon sort avec moi? Désolée, je préfère arrêter la parodie de Gossip Girl là. » Sa mine confuse me ferait presque rire en d'autres circonstances. « Très rassurant, ils doivent adorer t'entendre dire ça » C'est bien pour ça qu'ils ne m'entendent ps, crétin. « Quand est-ce que tu sors ? » J'hausse un sourcil et m'apprête à répondre, mais il enchaîne rapidement « Attends, oublie, je demandais juste.. comme ça » Je ris doucement, tout ceci est tellement absurde. Il est venu me voir visiblement promptement mais il ne trouve rien de mieux à faire que de se foutre de ma gueule et malgré mes palpitations cardiaques, je ne suis pas certaine d'être contente de le voir. « Je ne sais pas, quand un snob en blouse blanche me déclarera saine de corps et d'esprit je présume. Pas demain la veille donc. » Ma voix est plutôt douce alors que j'ajoute « Jason... Pourquoi tu es venu? » Un silence bref s'installe, il est au moins aussi mal à l'aise que moi. On a l'air de deux idiots dans une teen comédie et j'hésite à feindre une extrême fatigue pour mettre fin à notre misère. « J'en sais rien, j'étais.. inquiet j'crois » Evidemment, c'est logique. Enfin, ça le serait si on avait pas arrêté de se parler pendant des semaines. Je ferme les yeux et pose ma tête contre le mur. J'inspire profondément. C'est bien trop compliqué.

Je dois répondre quoi à ça? Je ne comprends pas pourquoi il est là, je veux qu'il reste, je veux qu'il s'en aille. Si seulement on pouvait me laisser foutre ma vie en l'air tranquille. Jouer avec le feu, se retourner la tête au point de finir à l'hosto, tout ça, c'est facile, ça ne demande aucun effort. Au contraire, lâcher prise ultime. Mais après, il faut rendre des comptes. Et tout le monde s'inquiète et d'un seul coup, on vous aime et on veut s'occuper de vous. Tout à fait le genre de la maison. « Fallait pas voyons, ça va aller. Ca va toujours. » Parce que sinon, il se passe des trucs comme ça et j'aimerai éviter autant que possible. « Mais... merci. » De mieux en mieux. On sombre. « Très rassurant. Faure et son bichon frisé sont déjà passés taper un scandale ? » Je ris légèrement et hoche la tête en souriant « Non, en vérité tu es le premier de mes visiteurs, qui seront nombreux je n'en doute pas. » J'esquisse un sourire en coin alors qu'il rétorque « Je.. ouais.. surprenant » Très surprenant en effet. « N'est-ce pas? Tu étais dans les parages je parie? » Quitte à ce qu'il me serve des clichés et des réponses en papier mâché, autant apporter de l'eau à son moulin. « Pas vraiment, non, disons juste que ça- tu as précipité mon retour » Non mais je rêve là. Malgré mon sourire en coin, je lève les yeux au ciel, c'est un brin trop cucul la praline tout ça. « Fallait pas écourter tes vacances voyons, une carte aurait suffit. » Je coule un regard en coin vers lui, inexplicablement gênée. par sa présence sans motif. Enfin. Sans motif apparent, évident, c'est sûr qu'en se la jouant Love Actually, on peut extrapoler mille choses.Je ferme une nouvelle fois les yeux avec force. « Jason... » mais je ne sais pas quoi dire pour rompre ce dialogue creux, complètement faux, survenu de nulle part après un long silence. « Pourquoi... Enfin tu... » Voilà que je m'y mets aussi. « Oh et merde. » Je me laisse tomber sur les oreillers, incapable d'exprimer la moindre pensée logique.

« Chez moi, on envoie des cartes aux gens dont on a rien à foutre. Et avant que tu ne demandes, oui, je sais écrire » Je souris faiblement et essaie de le regarder, mais cela me procure une sorte de douleur dans la gorge. Je finis par planter mon regard dans le sien, déglutit péniblement et lâche sans trop réfléchir et encore moins savoir pourquoi « Tu devrais t'en foutre tu sais. Je ne t'apporterai jamais rien de bien. » Cette phrase n'est pas exactement sortie comme je l'aurais voulu, il faut croire que l'ambiance teen movie me déteint dangereusement dessus. Pas que j'ai foncièrement tort, mais le choix de mots auraient pu être plus pertinent « Tu t'attends à ce que j'confirme ? Je suis peut-être un imbécile, Foster, mais je ne suis pas maso non plus. Si je suis là, c'est parce que j'ai décidé de venir, parce que j'étais inquiet. Alors ouais, t'es sans aucun doute la plus grande chieuse que j'ai jamais rencontré ― et j'ai grandi au milieu de quatre pisseuses, je sais de quoi je parle ― mais j'dois dire que j'aime assez ça. Et pour information, je suis capable de décider tout seul ce qui est bon pour moi. D'accord, manquer de me faire tirer au McFlurry en plein McDo n'est peut-être pas la meilleure des expériences à vivre mais c'est plutôt marrant quand on y repense » Je le fixe un instant, un vague sourire flottant sur les lèvres. Ce garçon est vraiment très gentil. Trop. Il ne devrait vraiment pas s'emmerder d'une énième pisseuse, il a déjà assez à faire. Et cette petite emmerdeuse de Maryanne serait plus que ravie de me voir dégager du tableau. Win-win-win. Je suppose. « Certes. Mais je croyais que tu avais clairement tiré un trait sur - comment c'était déjà? - ah oui, ce plan foireux. Loin de moi l'idée de vouloir te chasser, je déteste vider mon carnet d'adresses, mais tu avais peut être fait le bon choix. Après tout, je n'ai rien de mieux à offrir que la dernière fois, je dirais même que c'est pire et pourtant te revoilà. » Pour une fois, je ne suis pas agressive le moins du monde, je m'interroge vraiment, je voudrais vraiment qu'il prenne de lui même la décision de partir et de ne plus revenir « Au final, qu'est-ce que tu veux, qu'est-ce que tu attends de moi maintenant? » J'inspire, hésite et ajoute « Dis moi, vraiment. »

« Je cr- non. C'est.. non. C'est pas le moment et j'étais juste passé vérifier que tu n'étais pas à l'agonie alors.. » Faudrait savoir. Un coup je prends les choses trop à la légère et on me reproche mon sens de l'humour à toute épreuve et ma capacité exceptionnelle à prendre du recul sur moi-même et maintenant, on me refuse une explication, pourtant pas si compliquée. Je ne dis rien pendant un moment, me contentant de le regarder, planté là avec son air gêné et sa mine d'ado prébubère en émoi. Ridicule. Je m'allonge de nouveau dans mon lit et lui tourne le dos, n'ayant plus le courage de tenir cette conversation, sentant mes yeux me piquer, sans doute sous l'effet de la fatigue. « Très bien. Merci à toi d'être passé et tu pourras rapporter au front que je suis encore vivante et que ça ne sert à rien de m'envoyer toute la cavalerie. Et si tu retrouves un peu de dignité en chemin, on pourra avoir cette conversation qui semblait te tenir à coeur. » Il va s'en aller. Et comme ça, je n'aurais plus aucune raison d'espérer Dieu sait quoi, ça prouvera qu'il n'est qu'un abruti et qu'il a mieux à faire que de perdre son temps avec moi. Voilà. Ca arrangera tout le monde. Moi la première, il ne sera plus dans mes pattes, à croiser ma route sans arrêt, à donner des signaux confus. Mais il ne part pas. Il s'approche, pose sa chaise face à moi. Et ça rend tout tellement plus compliqué. Il faut qu'il s'en aille. « Tu veux discuter ? Okay, très bien, discutons, j'suis pas persuadé que ce soit le bon moment, surtout que je doute que ce que j'ai à dire te plaise » J'en doute aussi pour être honnête, mais sans doute vaut-il mieux le dire. Et le dire maintenant. De toute façon, je doute qu'il puisse y avoir un bon moment, alors ici ou ailleurs. Puis c'est bien, comme ça y a une petite touche mélodramatique, je suis sûre qu'il y est très sensible.

Je ne bouge pas, toujours étendue sur le côté. Je le regarde d'un air calme, placide. J'attends. « Je.. c'était pas sensé arriver, j'avais pas imaginé rencontrer une fille dans ton genre. Oh, enfin, je savais que les Anglaises étaient à prendre avec des pincettes, mais je.. » Il s'interrompt, semble chercher ses mots. J'attends. La salve ne va pas tarder. Il va me cracher tout ce qu'il a sur le coeur, vider son sac et comme ça les choses seront clairement mises à plat. Tout le monde s'en portera pour le mieux et pourra reprendre une existence des plus sereines et normales. Chacun chez soi tout ça. Finalement, il lâche « merde, Rose, j'crois que je t'aime.. bien ! Je.. merde » Je fronce les sourcils, étonnée. Je ne pensais pas qu'il en viendrait à ça. Qu'est-il arrivé à sa résolution de ne plus me parler, de tout arrêter tout ça? Je soupire et ferme les paupières sur mes yeux humides de fatigue. Oui. De fatigue. Et puis, qu'est-ce que je suis censée dire maintenant? Je t'aime bien. Tu parles d'une déclaration fracassante. C'est mieux que... Bref. Merde. Bon je l'ai cherché je présume. Ce n'était pas ce que j'attendais en le poussant à la discussion mais bon, je l'ai cherché néanmoins.

Sauf que ça ne m'avance pas, je ne sais pas quoi répondre. Je ne veux pas vraiment répondre, je finirai sans doute par sonner comme une parodie d'une chanson de Taylor Swift. Ou pire, comme une chanson de Taylor Swift. « Je.. » Bravo Foster, un verbe et un complément et ça te fait une phrase. « Je ne sais pas. » C'est tout ce que je peux dire, faire. Et c'est la vérité, pure et simple, sans conditions, la réponse à toutes les questions explicites, ou non, qu'il peut avoir. Je ne sais pas, je ne peux pas. Mais ça mérite sans doute d'être étoffé « Il faudrait que je réponde quelque chose de romantique, profond, spirituel, drôle ou tout ça à la fois, mais... » Mais rien. Rose Margaret Foster, speechless. Une petite part de lui doit quand même être intérieurement ravie du spectacle. Je ferme les yeux, me masse les tempes d'un air contrarié et murmure « Reste avec moi. S'il te plaît. » Pitoyable. Vraiment. Je touche le fond et je continue à creuser. Médaille d'or du ridicule volontaire. Gagnante toutes catégories du concours de la réplique la plus niaise. Minable. « J'ai pas l'intention de bouger dans l'immédiat » Il a la décence de ne pas se foutre de ma gueule, c'est aimable à lui. Et il ne part pas. « Tu ne comptes pas nous refaire ce coup-là, hein ? Parce que c'était assez flippant à apprendre. Et puis bon, il y a d'autres façons d'arrêter temporairement de penser » Je tique un peu, levant les yeux, qui étaient jusqu'alors posés sur sa main, qui repose négligemment sur mon lit. « Et je ne cherchais pas à faire de sous-entendu.. déplacé » Je veux bien le croire. Et ce n'est pas comme s'il avait tort. « Non, non, ne t'en fais pas va. Il faut croire que tu me connais bien dis donc. » J'esquisse un sourire et le regarde plus franchement. Il me connait en effet et pourtant il ne me comprend toujours pas. Pas vraiment. C'est peut-être mieux comme ça. « Je ne recommencerai pas, ce n'est pas spécialement agréable tout bien considéré. » J'aurais mieux fait d'aller voir un psy, d'après mon médecin. Un homme drôle comme tout, quoiqu'à son insu. Un psy, moi. Même Jason ne me proposerait pas une connerie pareille. « Tu peux me rendre un service? » Je me redresse, frotte mes yeux de la façon la plus désinvolte possible et ajoute « Tu veux bien aller voir mon frère? Ne lui parle pas hein, n'entre pas s'il est réveillé. Mais tu peux juste aller le voir, me dire comment il va? Ils ne veulent pas me laisser sortir de ma chambre alors si tu pouvais... »

« Tu- ouais, pas de problème, tu as son numéro de chambre ou je dois descendre demander à la charmante hôtesse d'accueil ? » Soulagée, je serre vivement sa main dans la mienne, quelques secondes. Je sais qu'il comprend à quel point il est important pour moi qu'une personne de - relative - confiance puisse s'enquérir de la santé de mon frère. « 112. Calixte Foster. Et si on te demande, dis que tu es son frère Thomas. Et que tu as dix sept ans. » Ce n'était pas spécialement crédible mais une infirmière avait généralement autre chose à faire que de demander les papiers d'identité d'un visiteur lambda. Et en parlant de Thomas... Je grimace en pensant à mon jeune frère, à l'exemple que nous donnons et surtout aux ennuis supplémentaires que nous lui procurons. Je m'étais promis de devenir une meilleure soeur, on dirait que j'ai encore du chemin à faire. Peut-être que cette pimbêche de Maryanne se débrouille mieux que moi tout compte fait. Mais bon, chaque chose en son temps. Calixte. Ensuite Thomas. Et maintenant, je ne peux qu'attendre. Jason file dans un vague chuchotement que je n'entends même pas. Je le regarde partir et ne quitte plus la porte des yeux. Le temps semble affreusement long. Je fais des efforts pour ne pas imaginer le pire et calmer mon rythme cardiaque galopant.

Finalement, il revient, presque trop vite. « Bon, j'suis pas entré, mais une infirmière m'a dit que ça allait plutôt bien » Plutôt bien? Ca veut dire quoi ça? « Il s'est réveillé? Il est toujours... » La question ne sort pas, le mot coma est affreusement clinique et j'en ai assez des réponses de médecin. Je veux une réponse humaine. Vraie. Simple. Quelle qu'elle soit, je m'en fiche, mais je ne peux plus entendre de formules toutes droit sorties de Grey's Anatomy. Nous avons fait tout notre possible mais, restant la pire des options. « Je ne sais pas, elle a juste dit qu'il se reposait. Si il y avait quelque chose de grave ou que ça allait mal, tu le saurais déjà Rose. Il faut seulement lui laisser le temps de se remettre.. tout comme toi » Il se repose, ça aussi ça ressemble à un truc que dirait Izzy Stevens pour rassurer ses patients. Tout son petit discours encourageant d'ailleurs. Et j'ai jamais aimé Izzy. « Ne me compare pas à Calixte, ne... » Il ne sait rien. Autant au niveau de son état de santé - franchement, je ne lui ai pas demandé la lune, il aurait pu faire un tant soit peu d'efforts - qu'au niveau de ma relation avec lui, de tout. « Ne parle pas de lui, ne me dis pas qu'il va aller bien, ne pronostique pas sur la vie de mon frère. » Mon ton est plus froid et mécanique que ce brave Jason ne le mérite, mais je ne suis pas émotionnellement apte à être aimable avec lui ou n'importe qui d'autre. C'est Calixte. Et il est peut être en train de mourir à l'étage du dessous sans que je n'en sache rien. Je m'affale une nouvelle fois sur mon lit, tentant de ravaler mes larmes et de camoufler celles qui perlent au coin de mes yeux, probablement sans grand succès. Parfait. Il ne manquait plus que ça.

« Ton frangin est en vie, ce qui me semble déjà être une excellente chose, je sais que tu es inquiète mais le minimum que tu puises essayer de faire, c'est d'espérer.. non ? » J'aurais dû le sentir venir, le discours moralisateur sur l'optimisme et l'espoir. Que servir d'autre à une dépressive suicidaire? Je serre les dents, me masse le front une nouvelle fois. « Mais si j'espère et qu'il meurt ici, maintenant, sans que je sois avec lui... » J'avale ma salive péniblement, souffrant de tout mon être d'avoir à simplement formuler cette hypothèse à haute voix « S'il meurt, je fais quoi? » Ma question n'est pas purement rhétorique, si Calixte venait effectivement à mourir, je ne suis pas certaine d'être capable de l'endurer. Preuve en est ma situation actuelle. Alors, non, je n'espère pas. J'attends. Une issue ou l'autre. Et évidemment que je veux que l'une d'entre elle se réalise, mais je garde ce souhait soigneusement replié dans un coin de ma tête, de crainte que le penser trop fort ne fasse plus de mal que de bien. « Tu feras comme tous ceux qui sont passés par là avant toi, t'essaieras de vivre avec sans pour autant oublier. Mais tu n'en es pas là. Il est en vie, c'est tout ce qui compte pour l'instant, pas vrai ? » Bullox. Je secoue la tête, non, non, je ne vivrais pas avec. Je ne pourrais pas. Et pour ce qui est d'être en vie, je n'en ai pas la moindre preuve. Après tout, peut-être qu'on cherche à protéger ma fragile psychée d'un nouveau traumatisme. Mais je ne vais pas me mettre à psychoter d'avantage, ni m'en prendre plus à Jason. Après tout, il n'a rien fait et il est venu me rendre visite, ce qui part d'un bon sentiment.

Je soupire encore, ferme les yeux, encore et me laisse tomber sur mes oreillers. Je n'ai vraiment pas le coeur à tout ça. C'est trop difficile qu'il soit là, juste à côté de moi et que ça m'occupe tellement l'esprit. Je ne peux pas penser à lui, pas maintenant, pas dans ces circonstances. Il faut qu'il s'en aille. Je ne sais même pas, je veux juste dormir. Et qu'en me réveillant, Calixte se soit réveillé et que je puisse lui hurler dessus et qu'il me hurle dessus. Je ne veux pas que Jason Baker parasite mes pensées. Ce n'est pas un problème auquel je peux faire face présentement. C'est un problème auquel je ne pourrais sans doute jamais vraiment faire ça, mais c'est beaucoup plus simple de me cacher derrière la complexité et la tristesse de ma présente situation pour me convaincre qu'il suffit de ne pas y penser pour que tout s'arrange. « Merci Jason. » dis-je finalement, estimant que c'est le moyen le plus poli dont je dispose pour clore cette visite. Qui aura ses répercussions sans doute, si je trouve le courage de les affronter.

UC
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josefoker Ҩ what the fuck were you thinking, honestly ?
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