proposal w/ LAUREANDRE

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MessageSujet: proposal w/ LAUREANDRE   Sam 2 Juin - 1:23

La soirée a été une réussite, et il est plus de quatre heures quand nous quittons finalement la maison louée par Andrea. On peut bien lui reconnaître un certain sens de l’organisation et du grandiose, ce qu’il a fait ce soir nous prouve une fois de plus ce qu’il est capable d’organiser pour Tristan et ne fait que me conforter dans l’idée que ces deux là s’aiment d’un amour qu’il parait difficile de comprendre. L’excès est donc sans doute caractéristique de l’évènement qui était cependant à la hauteur de l’exception annoncée, et la touche apportée par Rose n’est elle non plus pas négligeable. Organiser avec ces deux là était un peu étrange mais finalement, l’accord s’est bien déroulé.
Nous aurions pu passer la nuit là-bas également, avec tous ceux qui ont trop bu pour rentrer, mais l’occasion est spéciale et la suite des évènements ne peut se dérouler qu’à l’intérieur intimiste de son appartement. La pensée me déclenche un haut le cœur et la poche intérieure de ma veste semble soudainement beaucoup plus lourde qu’elle ne l’est. Je ne saurais décrire avec exactitude le sentiment qui m’habite depuis que j’ai quitté la boutique Cartier – quoi que finalement, ce sentiment remonte plutôt au moment où j’ai décidé qu’il était temps d’aller chez Cartier. La solitude expatriée de la vie à Londres, additionnée au fait que Laureline a terminé ses études à la fac, m’ont poussé à décidé qu’il était temps. Je n’ai, depuis que je l’ai rencontrée, jamais eu de réels doutes quant aux sentiments que je lui porte, et attendre m’a soudainement semblé vain.
Tous ces grands sentiments qui m’ont poussé à sauter le pas en planifiant l’ensemble me semblent peu cohérents alors que l’heure de la demande approche à grands pas et que la distance entre l’appartement et la maison que nous venons de quitter se réduit à vu d’œil. Nous arrivons très vite au bas de son immeuble, et je distingue sans difficulté la fatigue sur ses traits. Je descends de la voiture d’un pas pressé pour lui ouvrir la porte, m’emparant de sa main jusqu’à la porte d’entrée, quelques étages plus haut.
Nous entrons, et malgré les cent cinquante répétitions programmées devant ma glace dans mon appartement Londonien, je perds mes mots presque immédiatement. Je ferme la porte derrière nous et dépose mon manteau sur la chaise. Je m’approche de Laure et dépose un baiser dans ses cheveux, il faut que je me calme. Ca n’est qu’une demande en mariage. Je capture sa main au vol et l’entraine vers le salon où j’ai déposé un bouquet de fleurs en passant tout à l’heure. Je la fais tourner sur elle-même en riant légèrement et l’approche de moi, posant ma main libre sur sa taille. « Techniquement je suis hors délai, mais on est toujours un peu dans l’ambiance. Joyeux anniversaire ». J’inspire et hausse les épaules pour me détendre un peu.

Elle rit, dans mes bras, et je souris en remettant ses cheveux en place tendrement. Avec tout ce que nous avons traversé ensemble, j’ai l’impression qu’elle est ma petite-amie depuis des années déjà. Pourtant, ça ne fait qu’un peu plus d’un an, une belle année mais une simple année seulement. Moi, le type rationnel et avec la tête sur les épaules, m’apprête à faire une demande qu’il serait légitime de refuser. Elle esquisse un sourire et me remercie : « Merci. Merci pour ce soir aussi, t'y étais pour beaucoup. » J’acquiesce doucement, elle embrasse mes lèvres puis plante son regard dans le mien. Le moment approche, je le sais, et je ne peux plus reculer ; d’ailleurs, je n’en ai même pas envie. « Tout va bien ? Tu as l'air... nerveux. » J’hausse une épaule et inspire. « Oui, tout va bien mais… » Je la fixe un instant sans rien dire et souris malgré moi. La voir si proche, tellement là, dans mes bras, me rassure sans que je n’aie besoin de lutter contre la peur. Elle me rassure, m’équilibre ; et peu importe ce que les gens croient, moi, je le sais. « Il y a quelque chose que je voudrais te demander ». Ma voix est plus posée que quelques secondes auparavant et j’ai la tête sur les épaules. Même si elle refuse, nous pouvons continuer comme avant. Je l’aime, c’est maintenant impossible de n’oser ne serait-ce qu’en douter, et je pense que cet amour est largement partagé. Nous ne sommes pas son frère et l’impulsion ne caractérise sans doute pas nos plus gros traits de personnalité, mais je ne suis pas prêt à renoncer à son amour et ce, quoi qu’il se batte. Je me suis souvent battu, dans ma vie, pour des gens qui ne méritaient pas que je me batte ; maintenant c’est terminé. Je me battrais pour elle parce que ça vaut le coup, et qu’elle est la femme de ma vie. Je glisse ma main dans la poche, si lourde tout à l’heure, de ma veste, et sors l’écrin sans rien ajouter. Je sais qu’elle va sans doute comprendre avant même que les mots passent ma bouche. « Je sais qu’on est pas ensemble depuis dix ans », je commence, en prenant soin de ne pas la lâcher des yeux, laissant la détermination l’emporter sur tout le reste. « et que le temps passe tellement vite qu’il ne nous aide pas à vivre toutes les choses qu’on voudrait. Moi à Londres, toi ici, ma vie professionnelle, tes études, je sais que ça n’est pas évident tous les jours. Mais… » Je caresse sa joue doucement puis récupère ma main pour ouvrir la bague. « je sais aussi sans aucun doute possible que c’est avec toi que je veux finir ma vie. Parce que je n’ai jamais ressenti ça avant et que j’ai l’impression d’avoir comblé, avec toi, un vide qui existait autrefois dans mon cœur. Je ne veux plus jamais connaître ça, maintenant que je sais que c’est tellement mieux quand on est tous les deux ». Je respire en prenant mon temps. « Je ne te demande pas de répondre aujourd’hui, ni même de m’épouser demain à Las Vegas ou dans trois mois dans une mairie à la hâte. Je ne te demande pas de te presser, de renoncer à quoi que ce soit que tu veuilles vivre de ton côté. Mais je dois le faire, parce que je sens que c’est la bonne chose à faire ». Je souris un peu plus et avance la bague, posant un genou à terre pour faire les choses bien. « Est-ce que tu veux m’épouser Laureline ? » Je la fixe et attends, j’ai au moins essayé de faire beau.

Un sourire anime ses lèvres mais pendant de longs instants, qui me paraissent des heures, elle ne dit rien. Aucune réponse ne sort de sa bouche et mon cœur cogne de plus en plus rapidement dans ma poitrine. C’était peut être une folie, ou une énorme erreur, que de penser qu’il fallait s’embarquer là dedans maintenant. Je ne sais même pas comment expliquer l’urgence qui a mené mon être vers cette proposition symbolique, un besoin de penser qu’elle serait toujours là, qu’on serait heureux tous les deux ensemble jusqu’à la fin de notre vie. L’espoir sans doute un peu fou que notre histoire d’amour soit unique et plus forte et qu’elle n’ait plus besoin que du mariage ? C’est ridicule, je ne demande pas Laureline en mariage parce que j’ai besoin de l’épouser, ou d’être marié. Je demande Laureline en mariage parce que c’est, en ce moment même, tandis que je me tiens, genou à terre, les yeux levés vers elle dans l’attente d’une réponse qui déterminera les mois à venir, la chose qui me semble être la bonne chose à faire. J’ai souvent si ce n’est toujours aimé suivre mon instinct. Comme pour le lancement de L.VB, comme quand j’ai quitté Vienne autrefois pour courir derrière Calliope qui courrait pourtant toujours plus vite que moi. Je suis comme ça, un matin, je me réveille et quelque chose me vient, je le fais. C’est pareil pour la demande en mariage, c’est une question d’amour, de l’amour infini que je lui porte, du respect que je lui témoignerai toute ma vie durant, et du bonheur que j’aimerai insérer dans la sienne sans rechigner à la tâche. C’est fort de cette envie là que je me suis rendu chez Cartier et animé des passions qui suivent les grands idéaux, j’ai également attendu patiemment que l’on rentre tous les deux de cet anniversaire ce soir pour lui poser la question qui me tord le ventre d’angoisse depuis quelques jours. Je n’avais finalement pas franchement le choix ; une fois que l’idée avait été suggérée à mon cerveau, il me paraissant impossible de m’en défaire, impossible de ne pas lui demander d’être ma femme.


Finalement, au bout de trop longues minutes, secondes, je ne sais pas, elle parle, un sourire tendre aux lèvres que je n’arrive pas à analyser. De toute façon, le moment n’est pas à l’analyse. Les idées se bousculent trop vite dans ma tête et mon rythme cardiaque m’empêche de penser. « Je t'aime tellement. » Je déglutis et hoche la tête, cette amorce de phrase n’annonce vraisemblablement pas un oui claironnant et sûr de lui, mais peu importe, je suis prêt. « Et tu n'as pas idée combien c'est dur pour moi de ne pas pouvoir te dire oui, à cet instant présent. » J’inspire, et hoche doucement la tête et trouve quand même plus décent de me relever pour l’occasion, ce qu’elle m’aide d’ailleurs à faire, et je lui adresse un sourire que j’espère convaincant mais qui sonne faux dans mon propre esprit. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle accepte de m’épouser de but en blanc de toute façon, mais est-ce qu’elle est sur le point de me dire non ? Juste un non ? J’angoisse un peu, mon cerveau tourne à plein régime, trop vite pour moi, je n’arrive plus à suivre. « Je veux dire, bien sûr que si jamais je me marie, ça sera sûrement avec toi. C'est avec toi que je veux passer le restant de ma vie, il n'y a pas de doutes là-dessus. Mais comme tu as sans doute dû le remarquer, je viens de dire "si jamais je me marie"... En réalité, je ne sais même pas ce que le mariage représente pour moi en fin de compte. Je n'y ai jamais réellement réfléchi... Je préfère donc prendre le temps de le faire avant te donner une réponse définitive. » Elle serre mes mains et je réponds à l’appel et resserrant ma prise sur les siennes. J’acquiesce toujours, je comprends ce qu’elle est train de me dire mais je crois qu’une partie de moi refuse tout simplement de l’assimiler. Depuis toujours, élevé dans l’amour confortable de mes parents jeunes et heureux, je me suis dit qu’un jour, moi aussi je serai à la tête d’une famille qui ferait ma fierté. Marié, avec des enfants, une belle maison et un avenir professionnel brillant, le parfait cliché que la plupart des gens pourrait sans doute trouver ennuyeux, mon objectif de vie pour moi, qui n’ai toujours été qu’un jeune garçon tranquille et romantique qui ne demandait finalement pas grande chose. J’aime Laureline et je vois ma vie avec elle dans ce même cadre teinté de perfection, pas une perfection négative comme celle dont on se lasse, une perfection personnelle à rythme tranquille avec du bonheur à la clé, surtout. Mais qu’adviendrait-il si jamais on ne se mariait ? Bien entendu, ça ne change rien. L’acte en lui-même n’est qu’une signature sur quelques registres. Mais c’est tellement encré dans mon imaginaire, dans ma vision du futur… Je secoue la tête pour revenir à elle et inspire, sans jamais me départir d’un sourire tendre. « Je suis désolée de gâcher ta demande, qui était plus que parfaite. J'apprécie tout ce que tu as dit, énormément. Mais je veux être sûre de moi-même avant de prendre une telle décision. » J’acquiesce très lentement et inspire, m’approchant d’elle pour embrasser son front. « Bien sûr, je comprends ». Je souris un peu plus et tente de me relaxer pour lutter contre l’étrange sensation qui s’empare de moi. J’ai l’impression d’être à un point bizarre de mon existence. Mais je peux le faire. Je me répète en boucle que le mariage ne veut rien dire, que je peux vivre avec elle sans lui être marié et l’aimer tout autant, que tout ira bien. Je suis prêt à le faire. Je l’aime trop pour forcer le destin. « J’aurais dû deviner que tu aurais besoin de temps, je suis désolé d’avoir précipité les choses comme ça ». Je le pense, vraiment. Il va juste falloir que je mette de l’ordre dans mes idées et que je sache comment gérer tout ça. Finalement, la certitude initiale est toujours la même ; je veux faire ma vie avec Laure. Oui, toujours. Et par amour il faut parfois faire des concessions, ce qui signifie que dans l’hypothèse où elle refuserait de se marier, il faudra que je comprenne, et je peux le faire. Ses parents et leur mariage désastreux, Tristan qui épouse Andrea si jeune, tous ces facteurs sont autant de raisons qui lui montrent sans doute un aspect négatif de l’engagement que je n’ai jamais eu nulle part. Une famille soudée, voilà ce que je veux et qui m’importe. Tout ce que je dois espérer, c’est ne pas lui avoir gâché la soirée parce que son anniversaire était réellement réussi. « Tu n'as pas à t'excuser Léandre. » Vue la douceur de ses mots et du contact de sa main sur ma joue, l'angoisse s'efface rapidement que ce ne soit le cas. Je lui offre un sourire plus naturel et porte mon attention sur la bague. « J’aimerai que tu la gardes quand même », je lance en baissant les yeux vers la bague. « Si tu veux bien ». J’hausse une épaule. « Juste que tu la gardes ». Et un jour, si jamais elle est prête, si jamais elle veut ou même si elle est sûre qu’elle ne veut pas, peut être qu’elle pourra la ressortir ?

Elle s'empare de la bague et le silence, qui n'est comblé que par sa voix, est presque magique. Bien entendu, ça n'a pas tourné exactement comme je m'y attendais. Quoi qu'en toute objectivité, aucune certitude ne s'était frayée un chemin jusqu'à mon cerveau. Il n'empêche que Laure me fait face après une soirée des plus agréables et que je l'aime, sentiment réciproque dont on peut se targuer depuis les premières fois où nous nous sommes vus, sans doute. Le raisonnement trace sa route jusqu'à mon esprit et finalement, peu importe les conventions et le reste, c'est ça qui importe. « Elle est magnifique. » Je la regarde faire en hochant la tête et sans rien ajouter, lui laissant le temps de s'emparer de la bague. « Merci. » Mon sourire s'élargit un peu et ma main attrape la sienne avec tendresse. « Je t'en prie. C'était une évidence, tu sais ? Quand je l'ai vue dans la vitrine, j'ai immédiatement pensé qu'elle n'aurait de meilleure place qu'à ton doigt... » Je suis, certes, un peu cliché, mais c'est la simple vérité, sans artifice. « Elle n'a pas une signification extraordinaire, elle te rappelle juste que je t'aime, d'accord ? » Façon plus ou moins, et sans doute moins que plus, adroite de lui dire que si elle veut la porter, elle peut.

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MessageSujet: Re: proposal w/ LAUREANDRE   Jeu 6 Sep - 15:44


Quelle soirée ! Rien à voir avec mon anniversaire de l'année dernière que j'avais passé à Paris, loin de ceux que j'aime. Cette année, Tristan et moi avons fêté le jour de notre naissance ensemble, aux côtés de Léandre et évidemment Andrea et en présence de tous nos amis. Ça me fait drôle et ça me rendra toujours... triste ? de voir la place qu'occupe Andrea dans la vie de mon frère. J'ai appris à tolérer sa présence, voir même à me comporter gentiment avec lui dans l'unique but de faire plaisir à mon frère. Il n'empêche que je ne le verrai jamais comme je l'avais vu autre fois, qu'il restera pour toujours à mes yeux celui qui m'a séparé de mon jumeau, qui n'avait pas hésité à lui faire du mal mais aussi celui à qui j'ai balancé un slushie au visage sans aucun regret. Quoiqu'il en soit, depuis que j'ai décidé que les sentiments négatifs qu'il m'inspirait ne seraient plus un problème dans ma relation avec Tristan, c'est devenu un peu plus facile de ne pas lui jeter de boissons à la figure.

Il est tard et je sens la fatigue s'emparer de moi pour de bon pendant le trajet. Je jette un regard à Léandre qui est au volant et souris pour la seule raison de sa présence. Je continue de l'observer alors que mes paupières s'alourdissent. Il me semble préoccupé, presque inquiet. Je veux lui demander ce qui se passe mais n'en trouve pas la force. Je lutte en vain. Mes pensées s'embrouillent, mes yeux se ferment et je sombre dans le sommeil.

Je réouvre les yeux soudainement, réalise que je suis toujours dans la voiture avec Léandre. Je n'ai pas dû dormir longtemps. Je détourne la tête doucement pour voir où nous sommes et aperçois l'immeuble où j'habite. Je me suis réveillée juste à temps. Il gare bientôt la voiture et descend pour m'ouvrir la porte, comme toujours. Such a gentleman. Je l'attends, un sourire aux lèvres, et une fois la porte ouverte, je descends. Main dans la main, nous nous dirigeons vers l'immeuble. Sa démarche me semble plus pressée que d'habitude mais je le suis sans poser de questions. Nous arrivons enfin à l'appartement. J'ouvre la porte et entre, lui laissant le soin de fermer derrière. Je me débarrasse de ma veste puis enlève mes chaussures. J'aime cette paire de talons mais elle est aussi belle que douloureuse, surtout après une longue soirée. Léandre me rejoint et dépose un baiser sur ma tête, ce qui ne peut que me faire sourire. Il attrape ma main pour m'entraîner jusqu'au salon où il me fait tourner sur moi-même. Je me laisse faire, un grand sourire aux lèvres. Il rit et je fais de même. Il se rapproche de moi, met sa main sur ma taille. Il me semble cependant toujours un peu tendu. « Techniquement je suis hors délai, mais on est toujours un peu dans l’ambiance. Joyeux anniversaire » Je réponds dans un sourire « Merci. Merci pour ce soir aussi, t'y étais pour beaucoup. » Je dépose un léger baiser sur ses lèvres. Je le regarde dans les yeux, me mords la lèvre puis finis par céder à ma curiosité, pour ne pas changer. « Tout va bien ? Tu as l'air... nerveux. » Il hausse une épaule, inspire. « Oui, tout va bien mais… » Il se tait. Je reste en suspens, avide de connaître la suite. Son regard dans le mien, il me sourit. Plus déboussolée que jamais, je ne comprends honnêtement pas ce qui lui arrive. La confusion doit se lire sur mon visage, mais je souris tout de même, nez froncé. Lui, tout à mon contraire, semble être très sûr puisqu'il reprend, tout à fait détendu cette fois-ci, « Il y a quelque chose que je voudrais te demander » Mon pouls s’accélère. C'est moi qui suis nerveuse à présent, sans pour autant savoir exactement pourquoi. Lorsqu'il sort de sa poche une petite boîte rouge, bien trop petite même pour contenir des boucles d'oreilles, je comprends où il veut en venir. Ma main gauche se plaque aussitôt contre ma bouche. Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu. Tout s'explique, absolument tout. Mais je ne suis pas prête, je ne m'attendais pas à ça. JE NE SUIS PAS PRÊTE. La panique me gagne instantanément. Je rabaisse ma main et essaie de me calmer en inspirant et expirant lentement. « Je sais qu’on est pas ensemble depuis dix ans et que le temps passe tellement vite qu’il ne nous aide pas à vivre toutes les choses qu’on voudrait. Moi à Londres, toi ici, ma vie professionnelle, tes études, je sais que ça n’est pas évident tous les jours. Mais… » La douceur de sa main contre ma joue me fait légèrement frissonner. « je sais aussi sans aucun doute possible que c’est avec toi que je veux finir ma vie. Parce que je n’ai jamais ressenti ça avant et que j’ai l’impression d’avoir comblé, avec toi, un vide qui existait autrefois dans mon cœur. Je ne veux plus jamais connaître ça, maintenant que je sais que c’est tellement mieux quand on est tous les deux » C'est sans aucun doute la plus belle chose que quelqu'un m'ait jamais dite. Je le regarde tendrement, plus émue que paniquée désormais. « Je ne te demande pas de répondre aujourd’hui, ni même de m’épouser demain à Las Vegas » Un léger rire m'échappe. « ou dans trois mois dans une mairie à la hâte. Je ne te demande pas de te presser, de renoncer à quoi que ce soit que tu veuilles vivre de ton côté. » J'acquiesce. Bague en main, genou à terre, il pose la fameuse question. « Est-ce que tu veux m’épouser Laureline ? »

Ça peut paraître surprenant, mais je n'ai jamais réellement pensé à me marier. Enfin, biensûr, je me suis toujours dit que je me marierai un jour, comme la plupart des filles. Mais je ne me suis jamais vraiment imaginée ni mariée, ni mère. Je ne sais pas si je veux avoir des enfants. Et maintenant que j'y pense, je ne sais même pas si je veux me marier. Après tout, le mariage de mes parents ne les a pas empêché de se séparer. A quoi sert le mariage au juste alors ? A prouver à l'autre qu'on l'aime tellement qu'on est prêt à signer un papier pour le prouver ? Je ne sais pas... Autant j'apprécie de lire et de voir à la télévision des personnages qui s'aiment se marier, maintenant qu'il s'agit de ma propre vie, je ne sais pas du tout ce qu'il en est, ce que je pense, ce en quoi je crois. Une phrase d'Oscar Wilde me revient en tête. « I really don't see anything romantic in proposing. It is very romantic to be in love. But there is nothing romantic about a definite proposal. » Je me rappelle d'avoir ri en lisant Algernon dire ça, et ri encore plus lorsque plus tard dans la pièce, ce même personnage voulait absolument se marier. J'ai ri sans m'arrêter un instant pour y réfléchir et considérer le sujet de mon point de vue à moi. Après tout, ce n'était pas le but de ma lecture. Mais peut être que j'aurais dû y penser. Tout comme j'aurais dû y penser quand Finn a demandé à Rachel de l'épouser. Je me rappelle, Tristan me demandait mon avis sur la question, mais j'évitais d'énoncer une opinion parce que je n'arrivais pas à me mettre à la place de Rachel. Et tout ceci ne veut dire qu'une seule chose : je ne suis pas prête à entamer cette étape de ma vie, si jamais elle y figure. Je ne veux pas faire de promesses que je ne tiendrai pas. Mais il n'y a aucun doute sur ce que je ressens vis à vis de Léandre, ce qui fait que je ne peux pas non plus refuser sa demande. Il ne me reste donc qu'une seule chose à faire.

Un sourire aux lèvres, je parle enfin. « Je t'aime tellement. » Je me mords la lèvre inférieure alors que je cherche les exacts mots pour m'exprimer. « Et tu n'as pas idée combien c'est dur pour moi de ne pas pouvoir te dire oui, à cet instant présent. » Parce qu'une part de moi veut dire oui, juste pour le rendre heureux. Mais je ne peux pas le faire. Je lui tends la main pour l'aider à se relever et m'assois par la suite sur le canapé. « Je veux dire, bien sûr que si jamais je me marie, ça sera sûrement avec toi. C'est avec toi que je veux passer le restant de ma vie, il n'y a pas de doutes là-dessus. Mais comme tu as sans doute dû le remarquer, je viens de dire "si jamais je me marie"... En réalité, je ne sais même pas ce que le mariage représente pour moi en fin de compte. Je n'y ai jamais réellement réfléchi... Je préfère donc prendre le temps de le faire avant de te donner une réponse définitive. » Je serre ses mains dans les miennes et ajoute, navrée, « Je suis désolée de gâcher ta demande, qui était plus que parfaite. J'apprécie tout ce que tu as dit, énormément. Mais je veux être sûre de moi-même avant de prendre une telle décision. » Il acquiesce, aussi compréhensif qu'il l'a toujours été, chose qui me dépassera toujours d'ailleurs et que j'admire chez lui. Il dépose ses lèvres sur mon front, ce qui me décroche un sourire. « Bien sûr, je comprends » Il accompagne ses mots par un sourire, mais ça ne cache pas pour autant la déception que je lui inflige. Je le regarde, désolée, et porte ma main droite jusqu'à son visage pour le caresser. « J’aurais dû deviner que tu aurais besoin de temps, je suis désolé d’avoir précipité les choses comme ça » Je secoue la tête. « Tu n'as pas à t'excuser Léandre. »

« J’aimerai que tu la gardes quand même, si tu veux bien » Mon regard suit le sien pour se poser sur la bague. « Juste que tu la gardes » J'acquiesce et tends une main hésitante. Je prends l'anneau délicatement et le contemple. « Elle est magnifique. » Je caresse la bague et une envie de l'essayer me prend, mais je m'abstiens de le faire. « Merci. »
uc.
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