I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]

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MessageSujet: I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]   Sam 26 Mai - 18:49


" Vos résultats ne sont pas très Mlle Turner. Il faut vous reposer. Vous en faîtes trop. Il faut prendre soin de vous et écouter votre corps. Quand il dit stop, vous obéissez et vous filez au lit, c'est tout." Je soupirais doucement, baissant le regard devant le Docteur Petterson qui me suivait depuis mon arrivée en Angleterre. Quelques fois par mois, je venais jusqu'à Londres pour le voir lui, spécialiste reconnu dans le domaine de la cardiologie. Et à chaque fois je ressortais de là déprimée, désespérée. " J'essaie simplement de vivre un minimum comme une jeune fille de 20 ans, Dr Petterson. Vous pouvez comprendre ça ? J'ai renoncé à beaucoup de choses déjà en venant en Angleterre, et c'est déjà assez difficile comme ça. Je n'ai pas envie de vivre recluse ... Je veux continuer de pouvoir faire des choses comme toutes les filles de mon âge ..." Ma voix se brisa, et je sentis mon souffle devenir court. Je portais un instant ma main au visage et je sentis la main du Dr Petterson se poser sur mon bras. " Allongez-vous un instant, ça va aller." Il m'aida à m'allonger, et je fermais les yeux un instant, silencieuse. Cette maladie me bouffait, m'épuisait mais je devais vivre avec. Je restais cinq minutes comme ça, immobile, profitant du silence de la pièce avant de me rasseoir avec douceur. " Ca va mieux, merci Docteur. Je vais y aller maintenant." Je me levais, me rhabillais rapidement et il me fit mon ordonnance habituelle avant de me la tendre. " Voilà, on se dit à dans trois semaines alors. Faîtes attention à vous en attendant, hein ?" Je hochais la tête et serrais la main qu'il me tendait avant de quitter son bureau.

Je sortis avec soulagement de l'hôpital appréciant de retrouver l'extérieur, le parc verdoyant de l'hôpital et de fuir les odeurs froides et médicamenteuses de cet endroit trop blanc, trop propre que j'étais venue à détester à force de fréquenter. J'avisais un banc un peu plus loin et m'y assis, soupirant doucement. Je fourrais l'ordonnance dans mon sac à main et envoyais un sms à Maryanne pour la rassurer. Je savais qu'elle s'inquiétait à chaque rendez-vous alors ...
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MessageSujet: Re: I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]   Dim 27 Mai - 18:38


SAWYER AND JAMES.
I NEVER COULD IMAGINE YOU'LL BECOME SO IMPORTANT TO ME
Je ne sais pas depuis combien de temps je ne suis pas rentré chez moi. Je ne sais pas depuis combien de temps je n'ai pas dormi. Mais une chose est sûre, la fatigue est progressivement en train de m'envahir. Elle prend le dessus, me pique les yeux et, c'est sans parler de la migraine qu'elle a gentiment apporté avec elle. Certes, j'ai l'habitude de rester debout plus de vingt-quatre heures, ça fait partie de mon travail. Maintenant, nous manquons cruellement d'effectifs en ce moment et, j'ai l'impression de passer ma vie entière à l'hôpital. J'ai besoin de dormir. J'ai besoin de m'allonger dans mon lit et de m'assoupir. Je pourrais dormir trois jours de suite tant mes muscles et ma tête me font souffrir. Malheureusement, ça n'est pas pour tout de suite. J'ai encore une longue journée devant moi. Mais, étant donné que je ne suis prévu sur aucune intervention, je vais pouvoir en profiter pour souffler un peu. Aujourd'hui, il s'agit surtout de soigner les gros bobos et les plaies sans grandes envergures. Je m'occupe des patients les plus chanceux, si je puis dire. Lula, la petite fille que j'ai commencé à soigner il y a près de vingt minutes en fait partie. Elle s'est plantée une fourchette dans le bras. Ne me demandez pas comment, ni même pourquoi, je n'ai absolument rien compris à son histoire. Tout ce que je sais c'est que c'est invraisemblable. Les enfants sont fous, malades, incontrôlables. Ils m'effraient tellement parfois. A un tel point que j'en arrive même à me demander si j'ai réellement envie de devenir père plus tard. « Ça va? Ça ne pique pas trop? » je lui demande tandis qu'elle se laisse gagner par un léger soubresaut. Elle ne s'est pas plainte jusque là, mais je préfère m'assurer que tout se passe bien. Les enfants sont plus sensibles à la douleur que nous autre alors, je crains de me montrer trop brutale. « Si un petit peu » finit-elle par me répondre en posant ses grands-yeux verts sur moi. « Mais comme vous êtes très beau, je me concentre sur votre visage, comme ça j'oublie que j'ai mal ». Cette fillette est incroyable. « T'as quoi, 10 ans? » je lance amusé, en prenant soin de rester concentré sur ce que je fais. « Douze ! » réplique-t-elle du tac au tac, faussement outrée. « Dix, douze, c'est du pareil au même pour moi. T'as quand même conscience que je suis bien trop vieux pour toi quoi qu'il en soit, n'est-ce pas? ». Je lève les yeux en disant cela et la vois hausser les épaules. « Oui, mais ça ne coûte rien d'essayer , non ?». Nous partons tous deux dans un joyeux fou rire, quand j'entends quelqu'un crier mon nom à l'autre bout du couloir. « GREEN! GREEN?! ». Summers! Génial. Manquait plus que ça. Posant mon matériel, je m'excuse auprès de Lula et m'empresse de rejoindre mon chef de service.

« Vous vouliez me voir? » Pourquoi aies-je l'étrange sensation que ça sent mauvais pour moi? « J'ai besoin de vous. Vous allez m'accompagner au bloc » lâche-t-il, relativement exaspéré. « Pardon? » ne puis-je m'empêcher de protester, loin d'être réjoui par cette perspective. « Mais normalement je ne devais être sur aucune intervention aujourd'hui. Cela fait plus de vingt-quatre heures que je n'ai pas dormi et en plus, j'ai du travail ici ». Fous-moi donc la paix, bougre d'imbécile ! Je manque d'ajouter, déplorant déjà de devoir l'assister. Parce que vu la mine contrariée qu'il m'adresse, je pense que je ne vais pas avoir le choix. Pauvre de moi. « Oui et bien les choses changent! » poursuit-il, sèchement. « Aucun autre interne n'étant disponible, je vais devoir souffrir votre présence ! Qu'on se le dise, ça me contrarie autant que vous, maintenant je n'ai pas le choix. Alors, terminez ce que vous êtes en train faire et rejoignez-moi au bloc, dans une vingtaine de minutes. C'est clair?! ». La question étant purement rhétorique, je me contente d'acquiescer d'un signe de la tête. Bon sang ce qu'il m'énerve. Et puis ça me tue de me comporter de cette manière, de jouer au petit interne docile et obéissant alors, que cet enfoiré me traite comme une sous-merde. Mais Summers a beau être un abruti fini, il reste mon supérieur. Raison pour laquelle je me vois forcé de supporter ses attaques et ses sautes d'humeur. Le moindre faux-pas et il jouera de ses relations pour me mettre dehors et ruiner ma carrière, ainsi que ma vie par la même occasion. J'ai plutôt intérêt à me tenir à carreaux. Voilà pourquoi je le laisse me hurler dessus et me rabaisser à longueur de journée. Je n'ai pas le choix, c'est ça ou la chirurgie c'est fini pour moi. « Et bas dis-donc, on dirait-bien que ton chef ne t'aime pas beaucoup » me souffle Lula, tandis que je réapparais devant elle et retrouve ma place initiale. Tout en lui faisant les derniers points, je réponds pensif « Je ne te le fais pas dire... Voilà! C'est fini. Tu peux y aller maintenant, ta mère t'attend. Je vais vous confier à Susanne, la gentille infirmière de tout à l'heure et, elle va vous donner une ordonnance. Ton bras risque de te lancer un peu dans les prochains jours, mais avec les cachets ça devrait aller » je lui explique en me relevant, avant d'ajouter: « Sois prudente à l'avenir et, évites de jouer avec des objets du type. Ce n'est pas que je n'apprécie pas ta compagnie, mais j'aimerais autant ne pas te revoir de si tôt! D'accord? ». Elle m'adresse un sourire complice et rejoint Susanne qui prend la relève. Quant à moi, je range les quelques ustensiles que j'ai utilisé et je file me changer. Summers m'a déjà pris en grippe, autant éviter de le contrarier.

Bien sûr, il s'est montré exécrable. Combien de temps j'ai passé au bloc? Avec lui? A me faire traiter d'incompétent? Trois heures et dix minutes exactement. Je vous jure, c'est limite du harcèlement. Mais bon, je savais à quoi je m'engageais en décidant d'évoluer dans son service, on m'avait prévenu. J'ai eu la malchance d'être celui-ci qu'il a décidé d'anéantir, mais tans pis. De toute manière, je viens de terminer ma journée, le soleil est sur le point de se coucher, le temps est agréable et je préfère ne plus y penser. D'ailleurs je n'ai qu'une idée en tête, rentrer chez moi, retrouver Sally et m'installer devant un bon dîner. Je connais ma petite-amie. Il est 19h00, elle est probablement aux fourneaux depuis une bonne demi-heure. De bonne humeur, je quitte donc les locaux en sifflotant. Vivant à deux pas de l'hôpital je n'aurai pas à marcher bien longtemps et, je pourrais par la même occasion profiter du beau temps. Les oiseaux chantent encore, le ciel est rose-orangé, magnifique, ce pourquoi je m'arrête un bref instant pour le contempler. C'est alors que j'aperçois une jeune femme. Elle est assise sur un banc, seule et elle a l'air désespérée. En passant à côté d'elle, je l'entends sangloter, raison pour laquelle je m'arrête. Je n'ai jamais supporté de voir une femme pleurer. « Ça va mademoiselle? ». Je lui demande en m'asseyant à ses côtés. Pour toute réponse, elle hausse les épaules, avant de soupirer. « Vous voulez en parler? ». Les probabilités pour qu'elle m'envoie balader sont nombreuses, maintenant je ne peux pas passer mon chemin en la sachant à ce point contrariée. Elle est assise devant un hôpital, elle a l'air désemparé. Qui sait ce qu'il a pu lui arriver? La mort d'un proche? Un accident? Une mauvaise nouvelle? En ce qui me concerne, j'aime cet endroit. Mais pour le reste de la population c'est une autre histoire.
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MessageSujet: Re: I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]   Mer 30 Mai - 7:21


Je ne sais pas depuis combien de temps je suis assise sur ce banc, immobile, prostrée, les larmes coulant sur mon visage malgré moi. J'ai beau tout faire pour ne pas craquer, je ne suis pas aussi forte que je le prétends.

Je me rappelle encore lorsqu'on m'a annoncé que j'étais malade pour la première fois, je n'y ai pas cru. Je me disais que ça ne pouvait pas être possible. Pas moi. J'étais jeune, j'étais en forme, j'avais une carrière brillante de patineuse qui m'attendait et m'ouvrait les bras. En fait, j'avais tout. Et il a fallu que cette merde vienne tout gâcher. Quand on tombe malade, on a plusieurs stades avant d'accepter la vérité. Première phase : la colère. Celle où l'on en veut à la terre entière, à tous les gens qui sont en forme et en bonne santé. On les jalouse, on les envie. On aurait presque envie de les envoyer se faire foutre avec leur pitié et leur regard en coin qui ne cesse de vous rappeler que vous n'êtes plus comme eux vous qui quelques semaines auparavant pensiez que vous aviez la vie devant vous. Moi, c'était ça. J'avais même pas18 ans et je pensais que le monde m'appartenait, que je pouvais brûler la vie parce que j'étais jeune et c'est ce que font les jeunes. Mais, la vie m'a remise à ma place. On ne peut pas lutter ... Deuxième phase : la frustration. Cette phase là ressemble beaucoup à la colère sauf qu'on a moins envie de tuer les gens et qu'on se contente seulement de les jalouser. On se rend compte alors de tout ce qu'on a envie de faire mais qu'on ne peut pas faire. Dans les mois qui ont suivi ma maladie, j'ai soudain eu envie de faire des trucs dingues : du parachute, du jet-ski, de l'escalade, de la course à grande vitesse. Tout ce que je ne pouvais plus faire pour éviter trop de sensations à mon pauvre coeur malade. Et puis, la troisième phase, c'est la tristesse, la prise de conscience. Jusque là, on s'était contenté d'en vouloir au monde entier. Mais après, on prend conscience que notre vie ne sera plus jamais comme avant. Ca, je l'ai compris lorsque le médecin m'a dit d'arrêter de patiner, que ma maladie s'aggravait et que j'allais devoir avoir un nouveau coeur si je voulais m'en sortir. Jusque là, je me contentais de faire ma vie comme si je n'étais pas malade, comme si j'allais bien et que j'étais comme tous les autres. Après ça, j'ai du renoncer à ce qui faisait ma vie et quitter mon pays. Dur, non ? Maintenant, j'accepte ma maladie, je n'ai pas le choix. Je souris au gens comme si je m'en fichais, je le cache à la majorité de mon entourage pour ne pas sentir leur pitié, j'essaie de vivre comme tout le monde. Mais il y a des moments où je craque et là, c'est un de ces moments là où je n'arrive plus à conserver mon précieux masque de "je m'en foutisme".

« Ça va mademoiselle? »

Une voix masculine, assez grave, m'interrompt dans mes sombres pensées et instinctivement, je stoppe mes sanglots, ravalant mes larmes. Je déteste qu'on me surprenne en train de pleurer, je ne supporte pas de me laisser aller comme ça. Je me contente de hausser les épaules, soupirant doucement sans même le regarder.

« Vous voulez en parler? »

Curieuse, je finis par lever mon regard clair sur lui, apercevant alors un jeune homme un peu plus vieux que moi, le regard doux et préoccupé. Bizarrement, sans même me connaître, il semble vraiment s'inquiéter de me voir pleurer ici. En même temps, je suis devant un hôpital. Il y a toutes sortes de probabilités : j'ai perdu quelqu'un que j'aimais ? Ma mère a un cancer ? J'ai un cancer ? Bref, toutes sortes d'hypothèses qui pourraient expliquer la cause de mes larmes. Je finis par hausser de nouveau les épaules, secouant doucement ma tête, faisant ainsi voler quelques boucles blondes.

" Vous avez sûrement d'autres choses à faire que de m'écouter me plaindre, j'imagine .."

Je le regarde de nouveau et sans vraiment savoir pourquoi, je décide qu'il est gentil. Peut-être parce qu'il s'est arrêté là alors que la plupart des gens se seraient contentés de passer leur chemin, détournant le regard de peur que ma tristesse les contamine, ou vienne leur pourrir leur journée. Pas lui. Finalement, j'aimerais bien parler, je me rends compte que je garde en moi ce poids depuis longtemps. J'évite d'en parler à ma famille pour ne pas les inquiéter. J'essaie de protéger tout le monde et c'est moi qui subis.

" Vous êtes venus voir quelqu'un ?"

Ma tendance a toujours détourner la conversation de moi surgit au détour d'un soupir mais ma curiosité montre que je n'ai pas envie qu'il parte. Pas encore, pas tout de suite.
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MessageSujet: Re: I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]   Lun 4 Juin - 18:41


SAWYER AND JAMES.
I NEVER COULD IMAGINE YOU'LL BECOME SO IMPORTANT TO ME
Elle finit par lever les yeux vers moi, elle me détaille. Un sourire timide se dessine sur son visage, mais ne parvient pas à dissiper sa tristesse pour autant, son regard humide étant toujours assombri par les larmes. Je baisse les yeux, incapable de soutenir cette vision plus longtemps. Je ne la connais pas, je ne l'ai jamais vu et pourtant, la voir dans cet état m'arrache un pincement au coeur, me fait du mal. Si je suis trop préoccupé par mon prochain? Trop sensible? Peut-être bien, mais n'est-ce pas là le rôle premier de tout médecin? Il m'apparaît clair comme de l'eau de roche que quelque soit la spécialité que l'on exerce, il faut se sentir un minimum concerné par le sort des autres pour être médecin. Il n'empêche que je n'ai jamais compris d'où me venait cette faiblesse accablante lorsqu'il s'agissait des femmes, ni même pour quelle sombre raison je n'arrivai pas à soutenir leur regard empli de larmes? La jolie blonde hausse de nouveau les épaules et secoue mécaniquement la tête.
« Vous avez sûrement d'autres choses à faire que de m'écouter me plaindre, j'imagine .. » dit-elle. Pour toute réponse je lui souris et tort mes lèvres dans une mimique gênée. Loin de moi l'idée de la contrarier et, je ne lui imposerai pas ma présence si telle n'est pas sa volonté. Bien que je désapprouve totalement cette idée, si la demoiselle préfère rester seule et continuer à s'apitoyer dans son coin, je m'en irai. D'ailleurs je m'apprête déjà à tourner les talons lorsqu'elle reprend la parole et m'invite de fait, à rester. « Vous êtes venus voir quelqu'un ? ». Je hoche négativement la tête avant de m'asseoir à côté d'elle. « Pas tout à fait » je réponds amusé. « Je travaille ici. Je suis interne en chirurgie et je viens de finir ma journée ». Le fait qu'elle ait détourné la conversation m'a permis de comprendre qu'elle avait envie de discuter. Maintenant, je ne suis pas certain qu'elle soit réellement prête à me dire pour quelle raison elle semble si accablée; ce pourquoi j'accepte de lui parler de moi sans broncher. « Ce fut une longue journée. Je sors tout juste du bloc, mais l'opération s'est bien passée alors, je suis content et soulagé. Ce n'est pas tous les jours facile de travailler dans cette branche et croyez-moi, on en voit des vertes et des pas mûres parfois! Aujourd'hui par exemple, j'ai retiré une fourchette du bras d'un enfant » je lâche, pensif. A ces mots, elle écarquille les yeux, surprise.
« J'ai eu la même réaction quand l'infirmière m'a parlé de ce cas, mais je vous assure que c'est vrai. Un sacré numéro que cette petite fille là ! Les enfants ne savent plus quoi inventer pour se faire remarquer de nos jours. Enfin » je soupire un instant. « Ce n'était pas trop grave au final. Elle s'en est sortie avec quelques points de sutures donc... ». Réalisant que je l'ennuyais peut-être, je stoppe mon récit de manière abrupte et en profite pour jeter un coup d’œil à mon téléphone portable que je viens de sentir vibrer dans ma poche. C'est Sally. Le dîner est dans le frigo, mais elle doit sortir avec des amies. Je vais donc passer la soirée en solo. Merci de prévenir. Je lui réponds rapidement et l'appareil retrouve sa place initiale. Je fixe à nouveau mon attention sur la jolie blonde et lui demande « Et vous, vous faites quoi dans la vie? Enfin, si ce n'est pas trop indiscret ». Je ris légèrement, dans une tentative désespérée destinée à détendre l'atmosphère. J'aimerais aussi que sa langue se délie et qu'elle me dise ce qui ne va pas, mais je suppose que tout le monde ne peut pas être aussi loquace que moi. Enfin, je suis plutôt de nature discrète en temps normal et, à sa place j'aurai probablement refusé de me confier à un inconnu. Maintenant la croyance commune dit que c'est plus facile. En effet un parfait étranger ne se permettra pas de vous juger alors que les membres de votre famille ou vos amis trouveront toujours quelque chose à redire sur votre manière d'agir ou de penser. Ce n'est pas ce que je pense, mais ce que les gens disent et, ce qui se passe aussi. Bon nombre des patients auxquels j'ai à faire tous les jours me parlent de leurs soucis personnels, des difficultés qu'ils rencontrent au quotidien et j'ai souvent jouer le rôle de médiateur entre eux et leur famille. Je suppose que ça fait partie de mon job et que c'est aussi pour cette raison que j'ai tellement envie d'aider cette fille.
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MessageSujet: Re: I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]   Lun 11 Juin - 7:27


Je suis étonnée de sentir soudain une présence à mes côtés et d'apercevoir un regard inquiet lorsque je finis par lever mes yeux encore embués de larmes sur l'inconnu près de moi. Il est grand, pas énormément plus vieux que moi, du moins quelques années seulement et plutôt mignon mais comme je ne suis pas branchée mec, c'est pas ce que je remarque en premier. Non. Ce qui m'interpelle, c'est l'inquiétude qui transparaît dans sa voix lorsqu'il me demande si ça va, l'empathie qu'il semble éprouver alors même qu'il ne m'a jamais vue de sa vie. Il me demande si ça va et et je me contente de soupirer sans rien dire. Si je pleure, c'est que forcément ça ne va pas. Mais comme je déteste qu'on me surprenne en train de pleurer, je me ressaisis bien vite et lorsqu'il me demande si je veux en parler, je parviens d'une voix à peu près audible à lui dire qu'il a sûrement mieux à faire. Son visage esquisse un sourire quelque peu gêné et je sens qu'il est mal à l'aise d'avoir troublé ma solitude. Et je m'en veux. Parce que de nos jours, rares sont les gens qui s'arrêtent lorsqu'il vous voit pleurer. Rares sont les gens qui se préoccupent de vous. Du coup, lorsque je le vois se préparer à se lever, je lui demande spontanément s'il est ici pour voir quelqu'un. Je ne sais pas ce qui me prend mais j'ai envie de lui parler. Peut-être pas de moi, pas tout de suite du moins, mais brusquement je me sens incapable de rester seule alors je veux lui parler. Et je suis ravie de le voir s'assoir à mes côtés. « Pas tout à fait » Il secoue la tête, et sourit, une lueur amusée dans le regard. « Je travaille ici. Je suis interne en chirurgie et je viens de finir ma journée ». Il ne me laisse pas le temps de parler ou de réagir qu'il reprend la parole aussitôt. « Ce fut une longue journée. Je sors tout juste du bloc, mais l'opération s'est bien passée alors, je suis content et soulagé. Ce n'est pas tous les jours facile de travailler dans cette branche et croyez-moi, on en voit des vertes et des pas mûres parfois! Aujourd'hui par exemple, j'ai retiré une fourchette du bras d'un enfant » Je l'écoute attentivement et lorsque je l'entends me raconter l'épisode de la fourchette, une moue surprise se dessine sur mon visage et je laisse échapper un petit rire même s'il n'y a rien de très drôle à ça. C'est juste que je me demande comment ce môme a eu l'idée de se planter une fourchette dans le bras !
« J'ai eu la même réaction quand l'infirmière m'a parlé de ce cas, mais je vous assure que c'est vrai. Un sacré numéro que cette petite fille là ! Les enfants ne savent plus quoi inventer pour se faire remarquer de nos jours. Enfin » Il soupire doucement et je hausse les épaules, il n'a pas tort sur ce point. Les enfants sont de sacrés numéros parfois. Toujours à rivaliser pour faire les pires bêtises ! « Ce n'était pas trop grave au final. Elle s'en est sortie avec quelques points de sutures donc... » Je lui souris et hoche la tête. Je lui suis reconnaissante de m'avoir parlé de ça, de m'avoir fait partagé son quotidien alors qu'il ne me connaissait pas encore il y a 5 minutes. Bizarrement, je me sens maintenant plus à l'aise plus détendue et les larmes se sont arrêtées de couler. " Ca doit pas être facile de travailler ici ... Je déteste cet endroit. Il est rempli de tristesse, de drames ... Vous devez être sacrément fort pour supporter ça jours après jours." Je hausse les épaules et soupire à mon tour. Peut-être est-ce le fait de savoir que je suis malade qui me fait détester les hôpitaux. Si j'y bossais et que je rayonnais de santé, peut-être que ça serait différent. Je sais pas. Je le regarde répondre à un texto, observant avec attention ses mimiques, ses expressions. Je ne le connais que depuis peu mais il me semble déjà familier. " « Et vous, vous faites quoi dans la vie? Enfin, si ce n'est pas trop indiscret » Il rit et je secoue la tête pour lui montrer que non, ce n'est pas indiscret. Après tout, il vient de partager quelque chose avec moi, c'est à mon tour maintenant de lui en dire plus. " J'étudie à Oxford. Langues étrangères et littératures. Mais avant, j'étais patineuse." Un sourire nostalgique se dessine sur mon visage et je reste silencieuse un instant avant de reprendre : " J'étais même une bonne patineuse. J'avais une sacré carrière en Amérique et je commençais aussi à bien me débrouiller à l'international mais ..." Ma voix se brise mais je me reprends tout de même, désireuse de ne pas encore pleurer devant lui et je finis par esquisser un semblant de sourire : " A croire que je n'étais pas faite pour ça." Je grimace et j'entends soudain mon téléphone sonner. Un message. Ma cousine Rachel. Je souris en lui répondant que tout va bien, que le rendez-vous s'est bien passé. Mes deux cousines sont adorables avec moi depuis qu'elles savent. Prévenantes, attentionnées, elles veillent sur moi comme deux anges et je leur suis infiniment reconnaissante pour ça. Surtout que je sais qu'elles s'obligent à le cacher à Jason et que c'est pas forcément évident vu qu'on vit tous sous le même toit. Je reporte mon attention sur le blond qui me regarde, souriant et je lui souris en retour, le premier sourire sincère depuis notre rencontre.
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MessageSujet: Re: I never could imagine you'll become so important to me [PV JKG]   Ven 29 Juin - 22:49


SAWYER AND JAMES.
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Elle semble se détendre un tant soit peu et je remarque que ses larmes ont cessé de couler. Tant mieux. Je suis ravi de lui avoir changé les idées, ne serait-ce que quelques minutes. Je me doutais que l'anecdote de la fourchette ne la laisserait pas indifférente. Il faudra d'ailleurs que je pense à la ressortir la prochaine fois que je croiserai quelqu'un de déprimé. Qui que ce soit, elle fera toujours son petit effet. Reprenant la parole, elle finit par me dire qu'elle admire ma force et que ça ne doit pas être tous les jours facile de travailler ici. De toute évidence elle déteste les hôpitaux, comme la plupart des gens j'imagine. Maintenant, qui dit hôpital ne dit pas forcément tristesse, malheur et décès. La plupart du temps, nous sauvons des vies, nous parvenons à en faciliter certaines, raison pour laquelle ça m'agace un peu que mes contemporains aient ce type d'idée fixe. Et puis, sans bâtiments tels que celui-ci que deviendraient-ils? On a tous eu à un moment ou à un autre, besoin de mettre les pieds dans cet endroit. D'ailleurs, c'est ici que commence la vie. Enfin, elle a probablement ses raisons. Beaucoup de patients, la plupart de leurs proches d'ailleurs, maudissent ce lieu et, si j'essaie de me mettre à leur place je pense que je suis à même de comprendre pourquoi. Pour nous autres médecins, venir ici est un moyen d'exercer notre passion. Pour le reste du monde, c'est plutôt synonyme d'inquiétude et d'appréhensions. Encore une fois, je comprends, mais je ne puis m'empêcher de penser que cette vision des choses est erronée. « Tout dépend quel point de vue l'on choisit d'adopter » je finis par rétorquer en lui souriant. « Vue de l'extérieur, je me doute bien que ce lieu n'est pas très rassurant. Généralement, si l'on se rend dans un hôpital, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Maintenant et en tant que médecin, j'ai une autre vision des choses. J'aime ce lieu. D'abord, parce qu'il me permet d'exercer ma passion ensuite, parce que grâce à lui je suis au contact des gens et je deviens de fait, à même de leur venir en aide. Nous sauvons des vies, nous aidons les gens. Bien sûr, parfois il n'y a plus rien à faire et nous perdons malheureusement des patients, mais je pense que dans ce métier, il faut essayer de voir le côté positif des choses » je conclus en haussant nonchalamment les épaules. Bien sûr il n'y a pas que de bons côtés et c'est toujours plus ou moins difficile d'essuyer un décès, maintenant la vie est faite ainsi et j'ai pris pour habitude de penser que quoi qu'il puisse bien se passer, nous avons fait de notre mieux et par conséquent nous n'avons strictement rien à nous reprocher. Cela ne m'empêche pas de me sentir coupable, mais j'ai toujours eu pour principe de rester positif.

Parce que je lui ai demandé ce qu'elle faisait dans la vie, elle commence à me parler de ses occupations. Elle m'apprend alors qu'elle est étudiante en langues étrangères et littérature, mais je crois déceler au son de sa voix que ça n'est pas sa première passion. C'est alors qu'elle commence à me parler du patinage et de sa carrière tuée dans l'egg. J'ignore pourquoi elle a cessé cette activité, mais de toute évidence elle a des difficultés à en parler ou peut-être bien qu'elle n'en a pas envie, allez savoir? Quoi qu'il en soit, je préfère respecter son intimité et décide de ne pas m'attarder là-dessus. Surtout que je n'ai aucune envie qu'elle se remette à pleurer, mieux vaut donc éviter de tirer sur la corde sensible. « Oxford, hein? Il paraît que c'est une excellente université. En tous les cas je n'en ai entendu que du bien. Vous vous plaisez là-bas? C'est sûr que passer de sportive de haut niveau à simple étudiante, ça doit être compliqué à gérer, mais à partir du moment où vous faites quelque chose qui vous plaît, j'imagine que c'est supportable. Enfin, en même temps, je n'en sais rien. Je n'ai qu'une passion et je n'ai pas eu à y renoncer jusque là ». Bravo James ! Toi qui disais ne pas vouloir aborder le sujet, c'est réussi ! Bougre d'imbécile ! Je me sonne mentalement, ahuri. D'un côté, ça me démange de lui demander ce qui a bien pu la pousser à tout arrêter, mais de l'autre j'ai peur de me montrer trop indiscret. Je choisis donc de me taire. Je la laisse me répondre, je l'écoute sans l'interrompre et je me décide enfin à reprendre la parole. « Ça fait un petit moment qu'on discute et je viens de me rendre compte que je ne connais même pas votre prénom. Je m'appelle James Green !» je m'exclame en lui tendant une main chaleureuse « et je suis ravi de faire votre connaissance ».

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