Don't wanna miss a thing

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MessageSujet: Don't wanna miss a thing   Mar 22 Mai - 18:47

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Un bruit monstrueux résonne derrière moi et je me retourne brusquement. Un chariot à dessert qui percute une rambarde. Rien de plus. J'inspire à plein poumons et ferme lentement les yeux, comptant mentalement jusqu'à dix. La méthode conseillée par ma psy s'avère généralement assez efficace. J'étais plutôt réticente au début, à l'idée de devoir suivre des consultations hebdomadaires avec cette jeune femme, certes charmante et compétente, mais psychologue. Je n'apprécie pas l'idée d'avoir quelque chose qui cloche chez moi et je ne suis pas spécialement du genre à me morfondre sur mon sort et à aller me plaindre, auprès d'une parfaite inconnue qui plus est. Mais c'était la condition du Bureau du Travail pour que je puisse reprendre mon job au Claridge. Un suivi thérapeutique. Pour m'aider à me remettre du choc etc. Même si j'ai commencé par leur rire au nez - je ne suis pas une petite fille et je peux m'occuper de mon propre bien être psychologique - je dois admettre que ces séances ne sont pas complètement vaines. Malgré mon aplomb et mes sourires, je continue à sursauter à chaque fois qu'une porte claque un peu trop fort ou que la réception ne répond pas immédiatement au téléphone. Je continue à avoir des sueurs froides à chaque fois que Grégory manque un de mes appels ou ne donne pas de réponses à mes textos. J'évite de traîner dans le hall de l'hôtel et je me surprend parfois à le traverser à toute allure. Et puis, les affaires se font rudes, une prise d'otages, tout de suite, ça fait mauvaise presse. Néanmoins, il faut que les affaires tournent et la vie doit continuer. Il suffit de savoir s'y prendre. Je m'évertue donc à convaincre mes clients que notre salle de réception et nos services sont ce qu'il leur faut. « Monsieur Johanson, la sécurité a été amplement renforcée et personne n'aurait pu prévoir un tel incident, mais vous n'avez aucune crainte à avoir, c'est la première et dernière fois que quelque chose de ce genre se produit. Si vous le souhaitez, nous pouvons engager un service de sécurité supplémentaire, mais je vous assure que vous serez entre d'excellentes mains. Et j'ajouterai que notre service d'organisation de mariage fait partie des meilleurs du pays, vous ne trouverez pas mieux ailleurs à ce prix là. » Il y a bien sûr la compagnie pour laquelle je travaillais précédemment, celle qui a organisé le mariage princier, mais pas sûr que malgré ses grosses liasses de billets, ce gentleman soit assez riche pour se l'offrir. Il promet de me rappeler, j'entends sa femme me soutenir à l'arrière plan et me permet un doux sourire. Généralement, quand la future mariée décide quelque chose, monsieur n'a plus grand chose à dire. D'ailleurs, personne ne peut lui enlever son idée de la tête sans déployer des trésors de persuasion. Après tout, c'est le plus jour de sa vie et elle le rêve depuis toujours, ce n'est pas son mari qui va se mettre en travers de son chemin. C'est ce qui fait les mariages solides, une mariée hystérique et un marié conciliant.

Je raccroche et m'adosse contre mon fauteuil, me massant doucement l'arrête du nez. La journée fut difficile, terminer la préparation du mariage Van Den Bausch m'a pris toute la matinée et une bonne partie de l'après-midi. Une histoire de fleurs lilas et non parme. Une autre affaire de lumières qui ne mettaient pas la couleur de la robe sous le bon jour. Les mariés exigeants et eux-mêmes un peu artistes sont les pires. Madame est peintre, Madame a le sens de la couleur. Monsieur est propriétaire de chevaux de course, il a le sens du spectacle et des finances. Je préfère de loin les jeunes indécis et les jeunes filles romantiques. C'est beaucoup plus agréable de proposer une foule de bonnes idées plutôt que d'être le simple exécutant de la volonté de fer de quelqu'un d'autre. Mais chaque métier a ses hauts et ses bas je présume. Je jette un coup d'oeil à ma montre, il est prêt de dix-huit heures. Heure à laquelle j'avais promis de retrouver Greg dans sa suite. Je lui envoie un rapide texto pour lui dire que j'arrive puis quitte mon bureau, laissant quelques notes à mon assistante pour qu'elle s'occupe de régler certains détails avant de filer. Elle ne bronche pas mais je sais bien que travailler de neuf à dix-neuf heures lui paraît inhumain, mais que voulez-vous, le wedding planning n'est pas une activité de tout repos. Je m'éclipse avec un sourire chaleureux, tâchant toutefois de lui mettre un peu de baume au coeur. Quoique, son salaire conséquent devrait être une récompense amplement suffisante.

J'appelle finalement l'ascenseur et me retrouve bientôt à frapper doucement à la porte de la suite, avant d'entrer grâce à mon pass sans plus de cérémonie. Il m'attend de toute façon. Je m'avance gracieusement vers lui et lui offre un sourire lumineux avant de l'embrasser tendrement. Depuis les récents évènements, j'ai beaucoup de mal à me séparer de lui trop longtemps. Je sais très bien que c'est parfaitement irrationnel et je me contiens au mieux, mais cette peur tenace qui me tient le ventre et me paralyse parfois ne m'a encore jamais vraiment quitté. J'éprouve également le besoin de voir mes proches, j'ai rendu visite à mes parents le week-end dernier et j'essaie désespérément de joindre Morgana. Ce pistolet contre ma tempe, j'en rêve parfois la nuit et il m'a fait prendre conscience de beaucoup de choses. Je ne suis jamais crû éternelle, mais je n'ai jamais non plus pensé pouvoir partir si vite. On sait tous qu'un accident peut arriver, que la vie est une vaste pièce parfaitement improvisée et que les pires choses comme les meilleures peuvent survenir à tout instant. Mais j'ai toujours eu l'habitude du meilleur. J'ai goûté au pire et je refuse de le laisser gagner. « Comment vas-tu? » dis-je en l'enlaçant doucement. J'ajoute en levant les yeux vers lui « Et Tristan? » Je sais que la blessure de son fils, qui Dieu merci s'est avérée relativement bénigne, l'a profondément affecté, plus qu'il ne parvient à le dire ou même à le montrer. Ses rapports avec lui sont toujours tendus, mais je vois bien combien il l'aime et l'expression de son visage, quand le garçon s'est effondré au sol, valait bien mille mots. Quelle que soit l'image qu'il a de lui ou que ses enfants ont de lui, il est un père qui aime profondément sa progéniture. Et la réciproque est sans doute vraie, même si la communication entre eux n'est pas des meilleures. Je lui souris une nouvelle fois et passe ma main sur sa joue, ravie comme à chaque fois de pouvoir profiter de chaque seconde passée avec lui.
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MessageSujet: Re: Don't wanna miss a thing   Ven 25 Mai - 1:53

CALYPSO AND GREGORY.
DON'T WANNA MISS A THING
10h45, j'arrivai au commissariat. Sortant nonchalamment du taxi, je payai ma course et pénétrai dans le bâtiment, relativement agacé d'être là. Maintenant, j'avais déjà ajourné ce rendez-vous plusieurs fois et, demeurant la dernière personne à ne pas avoir fourni son témoignage je savais pertinemment que les policiers ne me lâcheraient pas. Toutes les personnes présentes avaient donné leurs dépositions le jour même, mais puisque j'avais accompagné Tristan à l'hôpital je n'avais pas eu le temps de m'occuper de ça. Me présentant à l'accueil, je fis savoir à la jeune stagiaire que j'avais rendez-vous à onze heures et c'est tout sourire qu'elle me conduisit au bureau de son supérieur. On me reçut immédiatement et tant mieux, parce que je n'avais aucune envie de m'éterniser dans ces locaux. « Bonjour Monsieur Faure et merci de vous être déplacé » articula l'un des policiers après m'avoir salué.
« Il le fallait » répondis-je quelques peu maussade, tandis qu'il m'invitait à m'asseoir. « Alors, qu'est-ce que vous voulez savoir? » demandai-je en prenant place.
« J'aimerais simplement avoir votre version des faits, que vous me décriviez en détail ce qu'il s'est passé ce jour-là. » Bien sûr, ce n'est pas comme s'ils avaient entendu des dizaines de versions similaires, après tout. « Oui, mais encore? » répliquai-je, excédé. « Écoutez, loin de moi l'idée de vous offenser, maintenant je vous rappelle tout de même que j'ai un hôtel à gérer. Établissement qui connaît depuis cet incident de nombreuses difficultés alors, si vous m'avez fait venir jusqu'ici dans l'unique but de vous conter la dite mésaventure, histoire que vous avez surement entendu plusieurs fois en plus, sachez que vous me faites perdre mon temps! Toutefois, si vous avez des questions concrètes à me poser, je me ferai un plaisir de vous répondre, mais faite vite s'il vous plaît, parce qu'encore une fois: je n'ai pas toute la journée », je conclus avec fermeté. Sans protester une seule seconde, le policier s'exécuta et moins d'une demi-heure plus tard, je rejoignais le Claridge, ravi d'en avoir fini avec toute cette histoire. Enfin avec le côté judiciaire de la chose en tout cas, parce qu'en ce qui concernait le business, nous n'étions pas encore sorti d'affaire. Loin de là.

Passant le reste de la journée à travailler dans mon bureau, je décidais tout de même de m'octroyer une petite heure de liberté, curieux de savoir ce qui se disait à notre sujet. Épluchant méticuleusement quelques articles de presse, je ne fus pas étonné de constater que de nombreux journaux nous descendaient en flèche.
« Bandes de vautours » je finis par maugréer en jetant ces torchons à la poubelle. L'incident avait déjà fait suffisamment parler de lui, sans que les médias ne s'en mêlent. Avec le nombre de réservations annulées et les quelques clients qui, ayant pris peur, avaient décidés de nous quitter, nous nous serions bien passé d'une telle publicité. Fatigué d'y penser, je décidai alors de prendre des nouvelles de mon fils. A défaut de trouver le temps de lui rendre visite, je m'enquis de son état auprès de son mari. « Allô? Andrea? Bonjour c'est Grégory. [...] Très bien et toi? [...] Comment va-t-il, aujourd'hui? [...] Oui, je suppose que c'est normal. Il a besoin de récupérer, après ce qu'il s'est passé.[ ...] Malheureusement, non. J'ai du travail par-dessus la tête, je suis désolé. Dis-lui seulement que j'essaierai de passer demain dans la matinée. [...] Non, non ne le réveilles surtout pas, c'est inutile on m'attend. [...] Merci, toi aussi. Au revoir ». Mêlant le geste à la parole, je raccrochai. C'est alors qu'on frappa à la porte. « Votre rendez-vous de 15h30 est arrivé, monsieur ». Comme à son habitude, Lyndsy Scott était pile à l'heure. Pour avoir souvent collaboré avec elle par le passé, je savais qu'elle était relativement dure en affaire, raison pour laquelle je lui avais consacré la fin de mon après-midi. A coup sûr nous allions passer des heures à nous disputer à propos de tout et de rien pour finir par convenir d'un arrangement. La conversation s'annonçait houleuse, mais j'avais l'habitude maintenant.

C'est sur les coups de 17 h 45 que je quittai mon bureau et regagnais ma suite, où j'avais demandé à Calypso de me rejoindre dès que possible. Remarquant qu'elle n'était pas encore là, j'en profitais pour desserrer ma cravate et me servir un verre de whisky. Pointant finalement le bout de son nez, elle se précipita vers moi et me donna un tendre baiser. « Comment vas-tu? » s'empressa-t-elle de me demander, tout en se blottissant dans mes bras. Lui caressant les cheveux dans un geste qui se voulait rassurant, j'ouvris alors la bouche, prêt à lui répondre, lorsqu'elle me demanda des nouvelles de Tristan. « J'ai téléphoné à Andrea tout à l'heure et bien qu'il semble fatigué, ça a l'air d'aller » lui expliquai-je, avant de reprendre « Quant à moi, ça va. C'est juste que je m'inquiète un peu trop. Entre l'hôtel, Tristan et tout le reste. Nous avons déjà perdu quelques clients et j'ai bien peur que les choses n'aillent pas en s'arrangeant. En plus de ça, tu as jeté un œil aux coupures de presse? Parce que c'est pas franchement réjouissant. Mais peu importe, tu verras par toi-même. Oh et, encore une chose: dès que tu auras un moment, débrouille-toi pour qu'on me dégotte un nouveau comptable s'il te plait, parce que ça ne va pas du tout avec celui-là. Non seulement il est détestable, mais en plus de ça, il fait très mal son travail » Je m'étais encore pris la tête avec lui pas plus tard qu'hier. A bout de nerfs, je me demandai encore ce qui m'avait retenu de lui botter les fesses. Comme si un novice de son espèce allait m'apprendre comment gérer mon business. Et puis quoi encore?! « Mais et toi? T'es sûre que ça va? Tu n'as pas l'air dans ton assiette ». A ces mots, je relâchai notre étreinte pour me placer derrière elle et commençai à lui masser doucement les épaules. J'étais rarement si démonstratif, mais nous étions très tactiles elle et moi, ces derniers temps. Notre relation avait pris un nouveau tournent depuis la fusillade et à ce jour, il nous était difficile de rester séparés trop longtemps. Je crois que la voir avec un fusil pointé sur la tempe m'avait fait réagir et prendre conscience de la profondeur de mes sentiments. J'avais bien failli la perdre et depuis, j'essayais tant bien que mal de lui faire comprendre à quel point elle pouvait être importante.
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MessageSujet: Re: Don't wanna miss a thing   Ven 6 Juil - 17:17

Spoiler:
 

« J'ai téléphoné à Andrea tout à l'heure et bien qu'il semble fatigué, ça a l'air d'aller » Je hoche doucement la tête, soulagée d'apprendre qu'il se porte bien, au vu des circonstances s'entend. Grégory a l'air lui aussi exténué et on peut lire son tourment sur ses traits tirés et son front plissé par l'inquiétude. Je sais, je sens, combien il s'en veut pour toute cette histoire - et tellement d'autres choses - et cela me brise le coeur. Les familles désunies, voilà qui a de quoi me peiner et m'attendrir. C'est pourquoi c'est aussi pour lui que je me fais du soucis, pas seulement pour Tristan. Et le comprenant très bien, il ne tarde pas à me répondre. « Quant à moi, ça va. C'est juste que je m'inquiète un peu trop. Entre l'hôtel, Tristan et tout le reste. Nous avons déjà perdu quelques clients et j'ai bien peur que les choses n'aillent pas en s'arrangeant. En plus de ça, tu as jeté un œil aux coupures de presse? Parce que c'est pas franchement réjouissant. Mais peu importe, tu verras par toi-même. Oh et, encore une chose: dès que tu auras un moment, débrouille-toi pour qu'on me dégotte un nouveau comptable s'il te plait, parce que ça ne va pas du tout avec celui-là. Non seulement il est détestable, mais en plus de ça, il fait très mal son travail » J'esquisse un sourire amusé en voyant Monsieur Faure, l'homme d'affaire impitoyable prendre en quelques secondes la place de Grégory, le petit ami et père de famille surmené. En un clin d'oeil, il a repris de la stature, son visage usé semble plus jeune et plus dynamique, son regard s'est fait plus dur et sa mâchoire est tendue, son corps tout entier en alerte. Cette transformation, ce paradoxe m'ont toujours étonné chez lui mais je crois que c'est aussi ce que j'aime le plus. Ses failles et ses contradictions. Autant de choses qu'il a parfois tant de mal à exprimer, même avec moi parfois. Plus encore avec son fils.

Mais je tâche de ne pas penser à ça et de ne pas l'évoquer, car cela ne ferait que soulever une discussion houleuse que je n'ai absolument pas le courage d'avoir. En temps normal, j'aurais saisi cette opportunité pour précisément mettre le doigt sur tous ces sujets qu'il essaie d'éviter en temps normal et dont il n'aime pas à entendre parler. Nous nous sommes disputés plus d'une fois au sujet de ses rapports avec Tristan, Andrea, leur mariage, mes opinions et tout le reste. Tellement de choses nous sépare quand on y réfléchit. Mais ce n'est pas sur nos différents que je me concentre en ce moment, c'est sur ce qui nous rapproche. Et le fait que nous nous soyons pas lâchés depuis que je suis entrée dans la pièce en dit sans doute plus à propos de notre amour que nos querelles. Je glisse donc ma main dans la sienne et réplique avec détermination « J'y veillerai personnellement, je ne supporte pas cet arrogant qui estime que mon métier se résume à choisir la couleur des fleurs et de la nappe et que pour cette raison je ne sais pas utiliser un cahier de comptes. » Je ravale mon persiflage, ne voulant pas gâcher nos moments d'intimité avec la pensée de cet imbécile, mais après tout, nous sommes des carriéristes. Nos métiers sont nos premiers grands amours et sans cela nous serions bien incapables d'envisager une relation sentimentale quelle qu'elle soit. Mais je m'adoucis un peu et passe ma main sur son bras en ajoutant « J'ai vu pour la presse oui, mais l'affaire commence déjà à s'essouffler et n'a même pas fait le Times cette semaine. Et je n'ai eu que trois annulations, dont une déjà remplacées. Alors ne t'en fais pas Greg, ce n'est qu'une passade. » D'ici une semaine, peut être même moins, un autre évènement aura détourné l'attention des britanniques, que ce soit les sommes d'argent astronomiques injectés dans la préparation des JO ou une quelconque petite panique. Par chance, les anglais adorent le dramatique et la presse prend soin de tout révéler, absolument tout. Alors une prise d'otages dans un hôtel chic, sans aucun mort ou dégât matériel conséquent sera vite oubliée. Du moins je l'espère grandement.

« Mais et toi? T'es sûre que ça va? Tu n'as pas l'air dans ton assiette » Il se glisse derrière moi à ses mots et entreprend de me masser les épaules avec douceur. Je lâche un soupire, essayant de relâcher un peu la tension que j'ai accumulé aujourd'hui. Que j'accumule depuis des jours en vérité. Je ferme les yeux et me laisse un peu aller, répondant d'une voix juste assez forte pour qu'il m'entende « J'ai connu des jours meilleurs, je ne te le cacherai pas. » J'hésite un instant, mais nous avons toujours été honnête l'un avec l'autre et ça me paraît plus important que jamais. « Je... J'ai toujours peur. Tout le temps, au moindre bruit, dès que je ne sais pas où tu es, quand j'entends quelqu'un crier, quand je vois des gens pleurer, quand tu ne réponds pas au téléphone... » Ma voix se brise et je serre les dents pour que les larmes ne coulent pas. Je ne veux pas pleurer, je veux être forte et le soutenir, je ne veux pas être un poids mort, une espèce de demoiselle en détresse incapable de se débrouiller toute seule. Profitant qu'il ne me voit pas, je secoue un peu la tête, avant de lui faire face avec un sourire tendre « Mais ça va mieux. Retourner au travail me fait du bien, je peux penser à autre chose. Et puis, je ne pouvais pas rester chez moi sans rien faire. » Je sais qu'il me comprend à merveille sur ce point. Nous sommes des actifs, des travailleurs et l'oisiveté n'est pas seulement mère de tous les vices pour les gens comme nous. C'est la porte ouverte à un ennui et une anxiété profonde. Alors je pense sincèrement être là où je le dois.

« Je suis contente de te voir Greg. » Je me redresse un peu et pose un baiser sur ses lèvres, plus profond et significatif que le précédent, passant mes bras autour de son cou et m'y accrochant avec une certaine ferveur. Peut être est-ce à cause de l'accident, mais j'ai l'impression que mes sentiments pour lui sont plus intenses depuis quelques temps, plus profonds. Et j'avais déjà un peu cette sensation avant la prise d'otages, qui n'a été qu'une sorte d'élément déclencheur relativement dramatique. J'espère simplement que cela va durer et que ce n'est pas qu'un contre coup, une sorte de symptôme post traumatique étrange qui s'évanouira dans quelques temps. J'en doute fort, mais je ne voudrais pas m'avancer et être déçue. Et puis, je ne voudrais pas être trop envahissante ou le presser dans quelque chose dont il n'a pas envie. Je sais que je suis plus entreprenante, plus tournée vers l'avenir que lui. Parfois je pense même que je l'aime plus qu'il ne m'aime. Bien entendu, c'est plus compliqué que ça et je le sais, mais j'aimerais parfois que les histoires d'amour soit aussi simples que dans les celles dont on nous abreuve à longueur de temps et où tout est parfaitement à sa place et personne ne doute jamais de la force de l'amour. Mais dire qu'ils se marièrent ou terminer le film sur un baiser passionné et la promesse d'un futur radieux est trop facile. La vie continue après les embrassades et la passion et il faut apprendre à la vivre à deux. Et j'ai bon espoir que Grégory et moi en soyons capables.
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