Everything is all right [Andy <3 ]

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MessageSujet: Everything is all right [Andy <3 ]   Ven 18 Mai - 21:45



Everything is all right


Assise dans une "salle d'attente" comme ils disent, j'attends. J'aurais pu rentrer chez moi, rester auprès de Blair ou que sais-je. Aller boire un café-vodka pour me remettre de mes émotions. J'en ai été incapable. Et me voilà dans un endroit que je déteste. Un endroit qui me tord tellement les entrailles que je suis incapable d'avaler la moindre goutte de caféine. Grégory est avec Calypso qui tente de le tranquilliser, de le rassurer comme elle sait si bien le faire. Son fils est en chirurgie après tout. Il a pris une balle, à l'instar de Diane-Sophie, mais sa blessure à elle, à la jambe, s'est avérée moins grave que je ne le craignais. Et le bébé n'en a pas souffert. Cette femme a l'habitude de ce genre de situation et elle a sûrement vu des choses plus effrayantes qu'un dingue entrant dans un hôtel et tirant sur un pauvre garçon malchanceux. Je n'ai pas été capable de le laisser. Je parle de cet autre garçon. Qui pleurait. Qui m'a fendu le coeur. Bien que ne faisant pas partie de la famille j'ai tenu à les accompagner, lui, Grégory et Calypso. Un peu aussi pour m'assurer que ma chère Diane va bien, ce qui est le cas, merci seigneur. Et me voilà avec un gobelet de café froid, à attendre que Tristan s'en sorte. Je ne suis pas croyante et pourtant je me retrouve à prier. Je n'ai jamais eu d'enfant. Et pourtant je crois que je suis capable d'appréhender en partie la douleur de Grégory. Perdre un enfant est une chose que je ne peux et ne veux surtout pas vivre. Mais j'ai perdu un époux. Et c'est peut être ça qui m'a poussée vers Andrea Leroy-Duchesne Faure. On est venu frapper à ma porte et j'ai tout de suite su en voyant le visage de ce policier. Alors que je ne l'aimais que comme un ami et non un amant, je me surprends à penser que la perte de Tristan sera sans doute intolérable à ce gamin qui ne s'en relèvera sans doute jamais. Ce gamin pâle comme la mort qui éveille une chose endormie en moi. Soudain je ne tiens plus. Je me lève et je viens m'asseoir près de lui. Sans trop savoir pourquoi, je l'entoure de mes bras et le berce doucement, passant mes doigts dans ses cheveux avec douceur, l'autorisant par ce geste à pleurer de tout son coeur. J'ai ruiné une veste Chanel en compressant la blessure de son compagnon, je crois que mon chemisier peut bien souffrir quelques larmes.

Délicatement, j'effleure son front, ses joues, complètement guidée par cet instinct dont je ne soupçonnais pas l'existence et qui pourtant je le sais, a toujours fait partie de moi. Moi qui suis d'habitude exécrable, tyrannique et sans coeur. Moi qui ne me préoccupe que de mon boulot, ma petite vie étriquée et égoïste. Qui ne me préoccupe que de ma personne. Et d'Hector aussi. Et là, je ne comprends plus rien. Je ne comprends pas ce qui m'a poussée vers ce gamin, ce gamin qui pleure depuis que Tristan s'est pris une balle. Je déteste les gens qui pleurent, je déteste pleurer. Et pourtant lui, je ne le déteste pas. Je me sens proche de lui, allez savoir pourquoi, j'ai envie de le protéger, de lui dire que tout ira bien. Que celui qu'il aime va s'en sortir. Qu'il peut pleurer encore et encore, qu'il n'y a aucune honte à ça. Je n'ai pas réussi à pleurer mon mari en public. Mes yeux sont restés désespérément secs lors de son enterrement. Ce ne fut qu'une fois chez moi que j'ai pu pleurer. Je ne suis sortie de ma maison qu'une semaine plus tard. Je refuse de donner le moindre signe de faiblesse et je passe pour forte, mais aussi sans coeur. J'envie ce gamin en un sens, qui sait se laisser aller dans les bras d'une parfaite inconnue. Je le berce encore et encore, et doucement, il se calme. Ses yeux se ferment quelques minutes et sa respiration se fait plus calme. « Merci » Je souris faiblement et ressers un peu plus mon étreinte. Pour peu je lui chanterais presque une berceuse. Chose que je n'ai jamais faite pour quiconque. J'embrasse son front et frotte son dos. « Ce n'est rien » je parviens enfin à dire. Jamais je n'aurais pu le laisser attendre seul. Moi aussi j'aurais aimé que quelqu'un me serre dans ses bras lorsque j'ai appris que je n'étais plus mariée mais veuve. J'espère juste que lui restera marié et qu'il pourra être aux petits soins pour son époux. Qu'il pourra à nouveau se disputer avec lui, rire et construire quelque chose dont ils seront fiers même des années plus tard, quand ils seront de charmants petits vieux. Je serais certainement morte et enterrée, même avant d'être "vieille".

« Si, vraiment. Mes parents ne peuvent pas venir tout de suite et je ne sais pas si… » Sa voix se brise et je ne peux m'empêcher de serrer sa main dans la mienne. « Je ne sais pas ce que je vais faire s’il meurt » Je le regarde dans les yeux, muette. Que pourrais-je bien dire ? Qu'il va continuer à vivre ? Qu'il aura mal et que parfois, il devra s'abrutir de somnifères pour pouvoir fermer l'oeil ? Que le temps ne fait pas oublier mais qu'on accepte la perte d'un être cher que longtemps après ? Que ce n'est pas définitif ? Que parfois on est tellement en colère qu'on en veut au monde entier d'être désespérément seul ? Je ne pense pas que ce soit des paroles de réconfort digne de ce nom. Et pourtant je n'ai pas envie de lui mentir. Combien de fois ai-je entendu "ça va aller" lors de cette interminable cérémonie où je le voyais allongé dans cette boîte qui m'horrifiait ? « S'il meurt tu auras envie de le rejoindre. » Je finis par lâcher en regardant dans le vide. « Et tout un tas de personnes bien attentionnées qui n'auront aucune idée de ce que tu vis viendront te souhaiter leur sincères condoléances. Et tu seras en colère contre le monde entier. » J'ajoute d'un ton amer. Je serre ses mains dans les siennes et ose esquisser un faible sourire. « Et tu auras le choix entre mourir parce que c'est trop dur ou continuer à vivre en te persuadant qu'il y a encore de belles choses en ce monde. Et il y en a. » J'essaye d'être honnête. De tout mon coeur. Pour une fois j'essaye d'agir comme quelqu'un de bien. « Et il se peut aussi qu'il s'en sorte. Et là tu pourras l'engueuler pour t'avoir fait si peur. Tu pourras lui dire que tu l'aime » Je continue en le fixant dans les yeux. Je ne le lâche pas. « Et quoi qu'il arrive, ne te force pas à être fort comme les autres te le demanderont. Si tu as envie de pleurer, pleure. Si tu as envie de hurler, hurle. » Je ne veux pas qu'il vive la même chose que moi. Il s'accroche à mon bras et je l'attire à nouveau contre moi. J'en veux énormément à Grégory en cet instant. J'ai vaguement entendu dire qu'il n'avait pas approuvé cette union. Mais est-ce une raison pour laisser son gendre dans un tel état de désespoir ? Je veux bien comprendre que lui aussi est mal, mais il a Calypso au moins. Ce gamin est seul. Et ceci m'est tout bonnement insupportable, c'est pourquoi je ne peux me résoudre à le lâcher.

« Il va s’en sortir. Il ne peut pas mourir ». .Je lui frotte le dos mais me refuse à acquiescer. C'est peut être cruel mais je refuse de mentir. Je ne suis pas du genre à ménager les autres. Mais je ne mens que rarement. Et je ne demande pas à ce qu'on me ménage non plus. « Je suis désolé pour la personne que vous avez perdu. Et pour l’expérience que tout ça doit ramener à votre esprit » Je sursaute. Je ne m'attendais pas à ça. Sans un mot, je dévisage ce gamin qui a parfaitement su lire en moi. Je ne sais pas quoi dire et je me contente de hocher la tête avec un sourire qui doit être pathétique au possible. Ma chaîne me brûle soudainement le cou et l'alliance que je porte en pendentif me semble lourde. Non sans ironie, je repense au seigneur des anneaux et à Frodon, histoire de rire de cette impression ridicule. Je ne la porte plus depuis des années et pourtant je n'ai jamais réussi à m'en séparer, pas même pour prendre une douche ou dormir. Je la porte autour du cou en permanence. Je prétends avoir fait mon deuil mais cette situation me prouve bien que non. Je bois une gorgée de café froid pour me donner une contenance et repose le gobelet sur la table d'un air vaguement dégoûté. « C'était mon mari. » je finis par lâcher en regardant ailleurs. « Mais je m'en suis remise. » j'ajoute en souriant tristement. « Je m'appelle Faith. Faith Von Drake. » Enfin je me présente. Cela vaut mieux que d'asséner des vérités déprimantes à ce pauvre garçon.

« Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans vous, ici ». Je réponds à son sourire par un, peut être légèrement triste mais sincère et lui ébouriffe les cheveux. « Je t'en prie... Désolée de t'avoir hurlé dessus au Claridge. J'ai tendance à en faire trop... » je dis d'un ton quelque peu gêné. Il est vrai que ma tendance à hurler pour tout et rien est une sale habitude dont je ne saurais me défaire. Je suis trop vieille pour changer maintenant. Un médecin s'approche alors de nous et je me lève, tenant Andrea par le bras, légèrement inquiète à l'idée qu'il s'évanouisse tant il est pâle. Pauvre petit. Je serre sa main dans la mienne, fort. J'essaye d'être comme je l'ai été toutes ces années, aussi dure et inflexible qu'un roc. Je ne jette aucun regard à Grégory qui s'est levé également et j'attends le verdict avec une boule au ventre. « L'opération s'est bien passée et aucun organe n'a été sévèrement touché. Il s'en sortira. » déclare simplement le médecin sans faire durer le suspense. Un soupir de soulagement m'échappe et je me tourne vers Andrea qui doit certainement être le plus heureux des hommes. « Vous pourrez aller le voir dans quelques minutes, quand il sera réveillé, mais uniquement la famille. » Je n'entends presque pas ces mots. Je me sens soudain très fatiguée et j'arrive tout de même à demander des nouvelles de Diane-Sophie. Elle va bien. Le bébé va bien, ce n'est qu'une égratignure. Merci seigneur. Je lâche Andrea pour m'effondrer sur une chaise et je ferme les yeux. Je crois que je n'aurais pas supporté d'entendre une autre mauvaise nouvelle. Et que j'aurais été incapable de supporter un autre enterrement. Lorsque j'ouvre les yeux, mon regard croise celui d'Andrea. « Va vite le voir et engueule le bien de ma part. » je souris d'un air fatigué. Uniquement la famille. Je n'en fais pas partie et bien qu'étant une amie de Grégory, bien qu'ayant sacrifié une veste Chanel pour compresser la blessure de ce garçon, je ne me sens pas d'assister à de touchantes effusions.

Je le regarde s'éloigner dans un silence cotonneux, incapable de me reconnecter au monde extérieur. Lorsque enfin il disparaît, je me lève et sors de l'hôpital à pas lents et parfois malhabiles. Mon chauffeur m'attend devant la voiture et ouvre la portière. Je m'effondre sur la banquette et lui demande d'une voix faible de me ramener à la maison. Mon portable sonne. Karl, encore. De rage, je le lance par la fenêtre et me masse les tempes du bout des doigts. Quelle effroyable journée. Tout juste adoucie par le sourire de ce gamin qui n'a pas perdu la personne qui comptait le plus pour lui. Un sourire glisse sur mes lèvres tandis que mon regard se trouble. Je crois que je ne vais pas attendre d'être arrivée chez moi pour pleurer. De soulagement.
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MessageSujet: Re: Everything is all right [Andy <3 ]   Ven 18 Mai - 22:07

J’ai une crampe dans le ventre et la douleur refuse de céder la place à un quelconque espoir positif que je pourrais ressentir. L’angoisse, vive, dure, s’est répandue dans mon cerveau en essayant de faire assimiler à mon corps ce que me vaudrait la perte de mon mari. Depuis des semaines, on se chamaille la réalité de la vie et nos engagements mutuels, incapables de trouver notre place de couple de manière convenable. Depuis des semaines, mon instabilité a failli nous jouer notre couple et bien plus encore. Et voilà que quand les choses commencent à s’arranger, à se tasser un minimum, mon mari se prend une balle dans le ventre et se retrouve à l’hôpital en urgence. Les médecins sont restés vagues, l’opération sert à réparer les organes endommagés et, évidemment, à retirer la balle. Aucune précision sur la gravité, les risques. Juste une décharge à signer. Il a fallu que moi, je signe une décharge. Je suis resté, longtemps, figé devant le papier, le stylo à la main, avant qu’une infirmière compréhensive ne me secoue légèrement pour me sortir de ma torpeur. Alors j’ai signé, et je me suis assis sur un fauteuil, dans la salle d’attente, pour attendre, comme tous les autres impuissants dans mon cas. Gregory est là, avec sa fiancée ou sa femme, je ne sais plus trop. Etant donné la qualité de nos liens affectifs, je suis resté plus ou moins en retrait, inutile de m’imposer. J’ai appelé ma mère qui a appelé mon père. Ils sont à Paris pour quelques jours, rentrent immédiatement à Londres mais ne pourront pas faire mieux que quelques heures, ce qui semble somme toute assez logique. Ma chemise bleue est couverte de sang, comme la veste – de luxe, sans aucun doute – de cette femme qui s’est un peu plus tôt dans la journée précipitée pour nous aider. Elle est là, assise dans la salle d’attente, et j’ignore qui s’est, demeure cependant incapable de me décider à aller lui faire la conversation. Les larmes s’échappent de mes joues, ignorant toute forme de courage, et je sanglote en chassant l’impression horrible qui m’envahit, me laissant entrevoir les acres de la souffrance que je ressentirai s’il venait réellement à mourir. Je sursaute en sentant une présence proche de moi ; c’est l’inconnue à la veste ruinée. Je la fixe, à mi-chemin entre le désespoir et l’incompréhension, puis elle ouvre les bras et me serre contre elle. Je frissonne un peu et ma détresse redouble, tandis que je me laisse bercer lentement par sa tentative d’apaisement. Je laisse filer les minutes en tentant de réguler ma respiration pour chasser la panique de mon système nerveux, et ferme un peu les yeux. « Merci ». Pour maintenant, pour tout à l’heure, parce que vous êtes là. Merci. Je finis par réussir à me calmer, les larmes se font moins abondantes, et mon rythme cardiaque retrouve des approximations normales. Ca va aller, il faut que j’en sois convaincu. Sans quoi le courage me manquera et rester ici, effondré, à attendre des nouvelles, tout ça ne sert à rien. « Ce n’est rien ». Je renifle un peu et me redresse, essuyant mes larmes d’un revers de manche ensanglanté. « Si, vraiment ». J’inspire et lui offre un sourire faible. « Mes parents ne peuvent pas venir tout de suite et je ne sais pas si… » Ma voix se brise légèrement, et j’inspire pour reprendre contenance. « Je ne sais pas ce que je vais faire s’il meurt ». Voilà, c’est dit, à voix haute, les cartes sont placées. La sensation m’oppresse, je ne peux pas vivre sans lui, c’est impossible. Peut être que d’autres y arrivent, si Tristan mourrait, je n’aurais plus qu’à mourir aussi. Pas de demi-mesure, pas de solution alternative, pas de compromis. Juste l’imitation parfaite qui serait le seul moyen au monde capable de faire taire la douleur. Je m’accroche à son bras sans réfléchir, par pur réflex, et me crispe un peu. Il faut qu’on me tienne au courant, je ne vais pas tenir longtemps dans l’ignorance.

Le temps file légèrement tandis que je recouvre mes esprits, tentant de me focaliser sur des pensées positives, incapable d’écarter la pire option de celles à envisager. « S'il meurt tu auras envie de le rejoindre. » Elle lâche, dans le silence épais de la salle. Je frissonne un peu et relève les yeux vers elle sans lâche son bras, fronçant un peu les sourcils. « Et tout un tas de personnes bien attentionnées qui n'auront aucune idée de ce que tu vis viendront te souhaiter leur sincères condoléances. Et tu seras en colère contre le monde entier. » Effectivement, je n’ai aucun mal à envisager ni à imaginer cette partie. Elle sourit légèrement, mais d’un sourire emprunt de tristesse et du vécu que l’on ne souhaite à personne. Je resserre un peu son bras et sens mon cœur accélérer sa course dans ma poitrine. « Et tu auras le choix entre mourir parce que c'est trop dur ou continuer à vivre en te persuadant qu'il y a encore de belles choses en ce monde. Et il y en a. » Je baisse les yeux et soupire, secouant la tête. S’il meurt aujourd’hui, demain, dans dix ans ou dans cinquante ans, plus rien ne me semblera suffisamment intéressant pour que je continue à lutter pour vivre. Rien. Je le sais, c’est viscéral. Il est mon équilibre, sans lui, je deviendrai fou, et la folie n’est pas une alternative qui me convient. Le pleurer toute ma vie serait insoutenable, je préfère taire la douleur pour toujours plutôt que d’essayer d’être fort. Aucun principe ne m’oblige à faire amende honorable auprès de ma famille si lui n’est plus là. « Et il se peut aussi qu'il s'en sorte. Et là tu pourras l'engueuler pour t'avoir fait si peur. Tu pourras lui dire que tu l'aime » J’acquiesce, elle ne quitte pas mon regard. Je hoche la tête avec vigueur, il va s’en sortir, et je lui hurlerai dessus. Et ensuite je lui interdirai de quitter la chambre sans moi. Même pour réviser un partiel. Il va s’en sortir et on redeviendra deux jeunes cons en mal de sensations fortes. « Et quoi qu'il arrive, ne te force pas à être fort comme les autres te le demanderont. Si tu as envie de pleurer, pleure. Si tu as envie de hurler, hurle. » Les larmes me montent de nouveau et je serre un peu plus son bras. « Il va s’en sortir. Il ne peut pas mourir ». Je secoue la tête avec détermination. Je ferme un peu les yeux et inspire. « Je suis désolé pour la personne que vous avez perdu ». Je tourne la tête vers elle avec délicatesse et inspire. « Et pour l’expérience que tout ça doit ramener à votre esprit ». Je soupire et baisse les yeux. « Je m’appelle Andrea ». . Je soupire un peu et me frotte les yeux, je veux connaître le verdict des médecins et qu’on en finisse avec tout ce stress, cette attente insupportable que l’on impose à mes nerfs. « C'était mon mari. » Elle regarde ailleurs, et je baisse les yeux en hochant légèrement la tête. Ceci explique cela, l’expérience, les sensations de déjà vu et l’impression du vécu. « Mais je m'en suis remise. » Elle sourit un peu, tristement. Je suis persuadé qu’elle le pense, je doute cependant du fait que la blessure se referme un jour complètement. Il faut du courage pour réussir à se construire une vie sur la mort de quelque, je pense, courage dont je serai le cas échéant totalement dépourvu, c’est une hypothèse courue d’avance. « Je m'appelle Faith. Faith Von Drake. » Je souris légèrement et inspire, pour rester calme et stoïque. « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans vous, ici ». La douleur est toujours là, la peur aussi, mais au moins sont-elles toutes les deux canalisées. La panique ne ressurgira que quand il s’agira de se lever pour aller affronter les réponses des médecins.

J’inspire un peu, retrouve un calme tranquille, presque déstabilisant. Je reste immobile quelques minutes et tout à coup, un médecin apparaît. Faith et moi nous redressons de concert, comme Gregory qui est ici lui aussi. « L'opération s'est bien passée et aucun organe n'a été sévèrement touché. Il s'en sortira. », lance simplement le médecin sans orner son verdict d’autres ornements inutiles. Je pousse un soupir de soulagement et sans la joie remplacer l’angoisse dans mon cœur, tandis que des larmes me montent de nouveau, mais d’un tout autre genre cette fois ci. « Vous pourrez aller le voir dans quelques minutes, quand il sera réveillé, mais uniquement la famille. » Faith demande des nouvelles de quelqu’un d’autre tandis que je hoche vigoureusement la tête, puis le médecin s’éloigne et elle se laisse tomber sur un fauteuil, visiblement épuisée. Elle attrape mon bras et je lui adresse un sourire reconnaissant. « Va vite le voir et engueule le bien de ma part. » J’inspire, lui offre un sourire et me penche en avant pour lui faire une bise, réellement soulagé. « Merci, merci pour tout ». J’appuie un peu sur son bras et me redresse pour filer vers la chambre de mon mari sauvé.

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