j'ose foker andrestan w/ les deux meilleurs couples du forums (oui oui)

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MessageSujet: j'ose foker andrestan w/ les deux meilleurs couples du forums (oui oui)   Sam 12 Mai - 20:57

Je suis allongé sur ses genoux, m’étalant de tout mon long sur le sofa, portable à la main, je pianote allègrement pour envoyer quelques textos à Rose qui semble d’une humeur de chien. Le pizzaiolo et elle c’est terminé divergences d’opinion, lancés de macflurry, et j’en passe, Rose s’est métamorphosée en une véritable drama queen qui tente de dissimuler comme elle peut le fait qu’elle en pince pour l’américaiiiiin. Je caresse le bras d’Andrea et soupire. « Roooose est amoureuuuse. » l’ensemble est assez comique quand on connait le spécimen, mais comme quoi ça arrive à tout le monde. « Malheureusement sa seule façon de le montrer c’est d’envoyer des glaces au visages des gens en ratant la cible en plus. » Je soupire, j’aimerai bien pouvoir faire quelque chose. Il caresse mes cheveux dans un mouvement régulier et répond après avoir posé son journal. « Certaines personnes ont du mal avec les preuves d’amour, la pauvre, peut être qu’elle ne sait juste pas comment s’y prendre » J’ai moi même eu énormément de mal à reconnaître l’amour du désir interdit que je ressentais pour Andrea, quand on y pense nous avons mis pas mal d’année avant de nous trouver réellement, d’expliciter la sensation tellement spéciale que nous éprouvions l’un envers l’autre. « Ou qu’elle a besoin de deux trois tuyaux » Je me lève brusquement pour capter son regard. Je me saisis de sa main. « Tu as tout à fait raison. Son humeur ne va pas s’arranger si ils ne se remettent pas sexuellement ensemble tout au moins, j’en sais quelque chose. » Je lui adresse un sourire complice et poursuis. « Et comme sa fierté l’étrangle et que Baker ne fera jamais le premier pas après le coup de la glace, je propose qu’on agisse en amis. On va leur organiser un dîner ici. Ils ne sauront absolument pas qu’ils ont rendez vous, on devrait pouvoir trouver des excuses bidons pour les appâter tout les deux. Ensuite ? » Mon sourire s’élargit. On les enfermes là quelques heures et on va dîner tous les deux. »

Il semble sceptique, Andrea le sage préfère s’assurer que l’opération n’est pas risquée, on peut le comprendre, se mettre Foster à dos c’est franchement pas une bonne idée. « Si tu es sûr que c’est une bonne idée, pourquoi pas » Je souris, si je suis sur que c’est une bonne idée ? Absolument, même si j’ai quelques doutes quand à la réaction de Rose à ce plan machiavélique. De toute façon, elle est trop petite pour se battre. « J’espère juste qu’ils ne vont pas détruire l’appartement » Cet appartement a résisté à bien des disputes, même la table en verre n’a jamais cédé sous la violence de nos ébats. « Jason est américain, le pauvre pour eux la gastronomie c’est MacDo, il faut absolument qu’on les fasse manger français. J’ai pensé à des cuisses de grenouilles persillées à la crème, mais j’ai peur qu’ils ne tentent pas d’y goûter. Oh et puis tant pis, ils sont là pour discuter après tout, dans le pire des cas ils se rejoindront pour dire que les français mangent des choses absolument abjectes, ce qui serait au passage très insultant pour moi qui cuisine très bien ce plat. » Lexia & Apollon n’avaient d’ailleurs pas fait les bégueules à l’époque. « Je vais à Waitrose en chercher, si je n’en trouve pas j’irais à Iceland foods j’en ai vu la dernière fois. Je m’occupe de donner rendez vous à Baker ici à vingt heures, toi tu t’occupes de Rose et de la décoration, tu es de nous deux le plus romantique, donc le plus qualifié pour ce job. » Je pose mes mains sur sa nuque, souris et me jette sur ses lèvres avec une ardeur toute particulière. Ma main descend le long de sa hanche et vient échouer sur sa cuisse que je presse un peu. « Si toi et moi on a pu s’en sortir alors eux aussi. Puisse cet appartement leur inspirer la même idée que nous quand on s’y retrouve tout seuls. » Je lui adresse un clin d’œil et me lève.

***

Je reviens seulement une heure après avec la totalité des ingrédients nécessaires. Je passe la porte de l’appartement et crois rêver. Tout est absolument parfait et la décoration est à couper le souffle. « Waow, tu aurais fait un hétéro très prisé. » Je hausse un sourcil et ne m'attarde pas plus longtemps pour aller poser mes courses dans la cuisine. Je reviens avec une bouteille de Blair, une des rares qui a survécu à notre petite murge de la dernière fois. « Je pense qu’on peut sacrifier celle-ci, pour Rose. Je leur mets du champagne à disposition aussi. » Très bon champagne. J’entraîne Andrea dans la cuisine, et nous nous mettons cette fois-ci à l’élaboration de notre spécialité. Je le force à m’aider, et me retiens de jouer avec la bouffe, chose récurrente quand on est tous les deux dans cette pièce. Nous finissons par terminer à temps et j’appelle la Pizzeria qui est évidemment de mèche. Je suis un très bon client et je dois dire qu’ils n’ont pas résisté à l’appel de mon carnet de chèque. « Tu as dit quoi à Rose ? » « J’ai prétexte une affaire urgente à traiter à ton sujet. » J’acquiesce, ça ne devrait pas être tellement difficile à croire pour Rose. On frappe à la porte, merde la voilà. Je commence à stresser un peu et ouvre, pour la trouver comme il fallait le prévoir habillée casual. Pas du tout en accord avec le thème de la soirée. Fort heureusement j’ai eu le temps de passer chez Léandre récupérer la robe a ses mesures ainsi qu’une paire d’escarpins assortis que je lui avais fait mettre de côté, l’avantage des potes gays c’est qu’on peut pas vraiment les avoir là dessus. « C'est quoi ce cirque? Je vous préviens, je refuse d'être juge d'un concours capillaire ou de tenir la chandelle ! » Je fais un allez retour dans ma chambre, et me saisis du cintre avec la robe et des chaussures. « On t’expliquera, enfile ça on a plus vraiment le temps de discuter, Andrea et moi on doit se changer aussi. » Je me veux mystérieux et lui indique la salle de bain. Elle semble apprécier la robe, et gagne la salle d’eau sans résistance. « Vous voulez m'épouser moi aussi? » « Tu verras bien ! » Maintenant que Rose se transforme en beauté fatale, il nous faut nous occuper du livreur. Sonnerie cette fois, j’enjoins à Jason de monter par le biais de l’interphone. Lorsqu’il ouvre je tombe bien évidemment sur la commande d’Andrea. « Entre. » Je le regarde franchir une distance suffisante pour pouvoir l’enfermer là sans difficultés puis sors un billet que je lui tend. Je prends la pizza et choisis ce moment stratégique pour pousser Andrea à l’extérieur et fermer la porte à double tour. Check. « Qu’est ce qu’on fait de cette trois fromages maintenant ? »



Dernière édition par Tristan W. Faure le Sam 12 Mai - 23:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: j'ose foker andrestan w/ les deux meilleurs couples du forums (oui oui)   Sam 12 Mai - 20:59

Je suis installé dans le canapé, sa tête sur mes genoux, en train de lire je ne sais trop quel journal proposant des nouvelles de l’étranger et de France notamment. Ma main caresse doucement ses cheveux, machinale, tandis que mes yeux parcourent les différents papiers du jour. Sa main à lui effleure mon bras et le silence est presque entier. « Roooose est amoureuuuse. » Je sursaute et hausse un sourcil curieux, repliant le journal pour regarder mon mari qui pense utile de lancer des informations comme ça sans ménager mon cœur au préalable. « Malheureusement sa seule façon de le montrer c’est d’envoyer des glaces aux visages des gens en ratant la cible en plus. » Je fronce un peu les sourcils et hausse une épaule. « Certaines personnes ont du mal avec les preuves d’amour, la pauvre, peut être qu’elle ne sait juste pas comment s’y prendre ». Je fais la moue et secoue légèrement la tête. « Ou qu’elle a besoin de deux trois tuyaux ». Mes lèvres se posent sur son front doucement, et je m’étire un peu. Il se redresse et semble animé d’une flamme nouvelle. « Tu as tout à fait raison. Son humeur ne va pas s’arranger si ils ne se remettent pas sexuellement ensemble tout au moins, j’en sais quelque chose. » Il sourit et j’hausse un sourcil amusé sans lâcher sa main dont je viens de m’emparer, me demandant ce qu’il a derrière la tête pour arranger la situation de Rose. « Et comme sa fierté l’étrangle et que Baker ne fera jamais le premier pas après le coup de la glace, je propose qu’on agisse en amis. On va leur organiser un dîner ici. Ils ne sauront absolument pas qu’ils ont rendez vous, on devrait pouvoir trouver des excuses bidons pour les appâter tout les deux. Ensuite ? » Son sourire s’élargit, le mien connaît quelques failles du genre – est-ce que tout ça est vraiment sûr ? Rose et moi sommes plus ou moins rabibochés si on peut appeler la situation ainsi, je n’aimerai pas qu’elle assassine son livreur de pizza par ma faute ou qu’elle finisse en prison ou quoi que ce soit. « On les enferme là quelques heures et on va dîner tous les deux. » Tristan est celui qui la connaît le mieux après tout, et il a l’air tellement enthousiaste que j’ai du mal à lui opposer un quelconque argument. « Si tu es sûr que c’est une bonne idée, pourquoi pas ». Je souris un peu, complice. « J’espère juste qu’ils ne vont pas détruire l’appartement ». Quoi qu’on l’ait déjà bien entamé nous-mêmes lors de diverses réconciliations – ou pas d’ailleurs. Il sourit, ne connaissant aucun scepticisme au résultat de la mise en œuvre de sa machiavélique idée pour réconcilier son amie avec le livreur de pizza. Il se redresse un peu plus, visiblement les idées fusent et je les écoute avec attention, le laissant embarquer dans la vague d’adrénaline qui semble l’habiter à présent. « Jason est américain, le pauvre pour eux la gastronomie c’est MacDo, il faut absolument qu’on les fasse manger français. J’ai pensé à des cuisses de grenouilles persillées à la crème, mais j’ai peur qu’ils ne tentent pas d’y goûter. Oh et puis tant pis, ils sont là pour discuter après tout, dans le pire des cas ils se rejoindront pour dire que les français mangent des choses absolument abjectes, ce qui serait au passage très insultant pour moi qui cuisine très bien ce plat. » Je ris un peu, il faut dire que ça n’est pas non plus la simplicité même que de proposer des cuisses de grenouilles dont la composition peut au premier abord choquer un peu, mais soit, je sais qu’il excelle à la cuisine de cette spécialité et ne me risquerai pas sur le terrain de la simplicité. Il semble tellement enthousiaste et motivé que j’aurais de grandes difficultés à l’interrompre dans sa joyeuse lancée. « Je vais à Waitrose en chercher, si je n’en trouve pas j’irais à Iceland foods j’en ai vu la dernière fois. Je m’occupe de donner rendez vous à Baker ici à vingt heures, toi tu t’occupes de Rose et de la décoration, tu es de nous deux le plus romantique, donc le plus qualifié pour ce job. » Ses mains gagnent ma nuque sans me laisser en placer une et ses lèvres rejoignent les miennes avec un empressement tout à fait particulier. Sa main effleure ma hanche jusqu’à ma cuisse, et je frissonne un peu, haussant un sourcil curieux et légèrement admiratif. « Si toi et moi on a pu s’en sortir alors eux aussi. Puisse cet appartement leur inspirer la même idée que nous quand on s’y retrouve tout seuls. » Il m’adresse un clin d’œil, sûr de lui, et se lève pour disparaître en me laissant avec ma mission.


***
La décoration me prend peu de temps, parce que je sais exactement quoi faire et comment. La dernière fois que j’ai vérifié, Rose était faite à peu près sur les mêmes bases que Tristan. Si leurs personnalités diffèrent en de nombreux points, je sais qu’ils partagent aussi beaucoup et que le grandiose caché derrière la simplicité peut faire son effet aussi bien que l’exubérant. Le résultat est classe, romantique et je dois le dire, je suis assez fier de moi. La porte de l’appartement finit par claquer au moment où je mets en place la dernière bougie. « Waow, tu aurais fait un hétéro très prisé. » Je ris un peu, hochant la tête et songeant aux moments où j’ai effectivement fait l’hétéro très prisé. Je laisse un ricanement m’échapper tandis que lui revient avec une bouteille ciglée Hastings-Bass, et une bouteille de Champagne. « Je pense qu’on peut sacrifier celle-ci, pour Rose. Je leur mets du champagne à disposition aussi. » J’acquiesce, tandis que lui m’entraines vers la cuisine pour continuer à m’exploiter comme il se doit, me forçant même à l’aider à cuisiner. Non pas que je sois mauvais à la cuisine, mais ça n’est pas franchement ce que je préfère faire. « Tu as dit quoi à Rose ? » « J’ai prétexté une affaire urgente à traiter à ton sujet. » Il hoche la tête, l’excuse était bidon mais ça restait encore le plus simple et le plus crédible. Il n’est pas rare que j’ai par le passé demandé l’aide avisée de Caro, et Rose ne serait que la suivante sur la liste si jamais d’aventure je rencontrais un problème quelconque au sujet de mon mariage ou de mon mari. Non pas que les autres gens ne soient pas qualifiés pour le rôle, mais les deux meilleures amies de Tristan en connaissent un rayon et sans doute même plus encore que ce que je veux bien leur concéder. La sonnette retentit dans l’appartement et je laisse à Tristan le soin de me devancer pour aller ouvrir tandis que je laisse la préparation dans ses plats de présentation. Je me lave les mains en écoutant d’une oreille distraite et lointaine les protestations de Rose qui vient d’entrer dans l’appartement. « C'est quoi ce cirque? Je vous préviens, je refuse d'être juge d'un concours capillaire ou de tenir la chandelle ! » Les bruits diminuent, ils ont vraisemblablement changé de pièce. J’attrape ma veste et attends le deuxième coup de sonnette qui ne tarde pas lui non plus à retentir. Cette fois, je m’avance dans l’entrée pour rejoindre Tristan qui accueille l’américain. « Entre. » Il le laisse entrer, le règle et m’attrape par le bras en me poussant dehors après avoir piqué la pizza. Nous nous retrouvons sur le pallier tandis que lui ferme la porte à clés. Je ris un peu, amusé et secoue la tête. « Qu’est ce qu’on fait de cette trois fromages maintenant ? » J’hausse une épaule et le prends par le bras. « On trouve un endroit pour la manger ».

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MessageSujet: Re: j'ose foker andrestan w/ les deux meilleurs couples du forums (oui oui)   Sam 12 Mai - 23:08

Affalée sur mon lit, un paquet de Golden Grahams et une bouteille de Coca à portée de main, je m'apprête à passer la soirée à regarder des vidéos débiles sur youtube voire me coltiner le replay d'une mauvaise émission de télé réalité. En clair, je vais regarder des gens qui sont encore plus pathétiques et stupides que moi pour faire du bien à mon ego éraflé. Beau programme. Mais c'est alors que mon téléphone vibre dans les tréfonds de mes couvertures et j'hésite à plonger pour consulter le message. Je m'y résous néanmoins et quelle n'est pas ma surprise en voyant le nom d'Andy s'afficher. Le sms stipule qu'il veut me voir au sujet de Tristan. Je fronce les sourcils, intriguée. Qu'est-ce qu'il peut bien me vouloir? J'ose espérer qu'il ne compte pas sur moi pour régler une scène de ménage ou planifier une surprise pour la Gay Pride, je ne m'en sens pas spécialement d'humeur. Mais poussée par la curiosité, j'enfile un jean et un pull et réponds que j'arrive.

Après un bref trajet en taxi, me voilà devant leur immeuble. Je sonne et monte jusqu'à l'appartement d'Andrea et ne masque pas mon étonnement en ouvrant la porte. Bougies, ambiance romantique à souhait, champagne et repas de roi. Grands Dieux, qu'est-ce qu'ils ont encore inventé? « C'est quoi ce cirque? Je vous préviens, je refuse d'être juge d'un concours capillaire ou de tenir la chandelle ! » Tristan s'envole vers sa chambre et revient avec une superbe robe et une paire de chaussures élégantes. J'ai l'impression de les avoir déjà portées d'ailleurs, je crois que c'est signé Léandre. « On t’expliquera, enfile ça on a plus vraiment le temps de discuter, Andrea et moi on doit se changer aussi. » De quoii? Je me retrouve dans la salle de bains, un peu perdue. « Vous voulez m'épouser moi aussi? » dis-je à travers la porte, tout en obtempérant. « Tu verras bien ! » est sa seule réponse. Soit, je vais donc enfiler cette robe rouge plutôt flatteuse et me faire belle pour Dieu sait quelle raison.

J'entends du bruit dans le salon et me demande si Faure n'est pas en train de faire une fête surprise d'une quelconque nature. En quel honneur allez savoir, il se passe des choses inexplicables dans la tête de ce garçon. J'arrange rapidement mes cheveux dans le miroir de la salle de bains et réapparaît enfin, en lançant « Bon tu vas m'expliquer mainte... » Mais ce n'est pas Tristan qui m'attend. Jason. Je savais bien que cette petite affaire sentait l'arnaque. « Qu'est-ce que tu fais là? Ils sont passés les deux autres, que je leur mette ma main dans la figure? » Dix contre un qu'ils s'étaient fait la malle. « Qu- oh. Ouais. Partis il me semble. Avec les clés » Evidemment. Les cons, les cons. Je fonce à travers le salon sans un regard pour Jason, m'empare de mon sac, cherche mon téléphone portable et appelle Tristan à la hâte. Bien entendu, il ne se risque pas à répondre. « Faure, quand je sortirai de cet appartement - et crois moi je sortirai même si je dois passer par la fenêtre - je vais te mettre la main dessus et ça va très très mal se passer pour toi. Tu peux aussi dire à ton amoureux de faire gaffe à ses boucles parce que je suppose qu'il est dans le coup. Etre gays ne vous donne pas le droit de vous prendre pour mes meilleures copines et interférer avec ma vie PRIVEE. Tu vas prendre cher Faure. » Je raccroche brutalement avant de me laisser tomber sur un fauteuil et de voir le petit mot laissé sur la table basse. J'en rirais presque si ça ne je n'étais pas tellement énervée. Avec un rire plus que jaune, je tends la note à l'américain et lance sarcastique « Charmante attention non? »

« Eh bien, tes amis ont une drôle de façon de te témoigner leur affection. Te coincer ici, avec moi. C’est.. tellement charmant » Une fois n'est pas coutume, je suis on ne peut plus d'accord. Parce que, évidemment, retenir les gens contre leur volonté et les forcer à se parler est la meilleure des solutions. D'autant que nous n'avons plus rien à nous dire, il a été très clair sur cette question à Londres. Faure a juste regardé trop de mauvaise télévision. Mon téléphone vibre à nouveau et un message de l'instigateur de ce plan machiavélique apparaît sur l'écran « C’est pour ton bien Foster, et quoi que tu en dises je fais partie de tes meilleures copines. T’as passé ta semaine à râler et à déprimer, fallait bien quelque chose. Et je tiens aussi à te signaler que le vin sur la table fait partie d’une cuvée spéciale de ce bon vieux Bart et que nous vous l’offrons avec plaisir. You know you love us, xoxo, the troublemakers. » Je vais le frapper. Franchement, proprement, en plein sur le nez. Un bon coup de poing comme Calixte m'a appris à les balancer. J'envoie valser mon Blackberry sur le fauteuil et me penche vers la table pour mettre la main sur la dite bouteille. Du blanc sec. J'ai beau maugréer, cet abruti me connaît bien. Je me sers généreusement et Jason a la bonne idée de l'ouvrir « Et j’imagine qu’ils ne t’ont pas filé le double des clés ? Inutile d’espérer sur d’éventuels talents en serrurerie, ça ne doit pas être le genre de- » Oui de? Je lui lance un regard mauvais et avale une grande gorgée de vin, doutant que cela suffise à apaiser mes nerfs en pelote. « Ça ne doit pas être le genre de ta famille » La douceur de son ton ne m'empêche pas de grimacer et de répondre en prenant soin de montrer ma plus belle façade de sale garce snobinarde, puisque c'est apparemment tout ce qu'il veut voir de moi, enfin de ma personnalité, « Effectivement, je n'ai passé les A-levels en crochetage de serrure et puis, je préfère m'évader par la fenêtre, plus mélodramatique. Cela dit, on est un peu haut je pense. » Je sais que c'est possible de chez moi, comme ça l'a été confirmer par l'expérience Stowe, mais ici, point de gouttière et point de salut. On est pas dans la merde tiens. « Au moins on nous a fait à manger. Et j'ai de quoi boire. »

« N’oublie pas de manger, ouais, histoire d’éponger ce que tu vas boire » J'hausse un sourcil, tourne à nouveau la tête vers lui, qui m'ignore ostensiblement. « Tu sous entends que je ne sais pas boire Baker? » Je lâche un soupir et ajoute « Tu peux aussi me regarder quand j'te parle, c'est très mal élevé de tourner le dos comme ça. » Quelque chose me dit que ça va - encore - mal finir cette histoire. « Il me semble que tu t’es déjà prononcée quant à mon éducation » Certes, et il semblerait que tu n'as pas beaucoup progressé dans le domaine. Mais je garde ma remarque pour moi, histoire de ne pas jeter d'huile sur le feu. Il se décide finalement à me faire face, pour me donner une leçon de morale, ô joie. « Et la seule chose que j’aurai pu sous-entendre, c’est que tu bois trop, Et c’est un fait. Tu bois trop. Ou alors c’est uniquement quand je suis dans les parages, peut-être ? » Je vide mon verre et m'en ressers un autre, plus par provocation qu'autre chose et rétorque, après avoir ôté mes escarpins et m'être lovée dans le fauteuil. « Alors en fait, Tristan a engagé un barman pour me faire débuter une cure de désintoxication? Quel sens de l'humour ce garçon ! » Je plisse le nez avec une moue arrogante et ajoute « Et ne te donne pas plus d'importance que tu n'en as, mon taux d'alcoolémie n'a rien à voir avec ta présence. »

« Sans doute, oui. Tu n’as besoin de personne » Ce n'est pas tout à fait exact. Mais au sens où je n'ai pas besoin de lui, j'opine du chef en tendant mon verre vers lui, l'air de dire que c'est là ce que je me tue à lui dire. « D’où tout ça, j’imagine » Raide comme un bâton et avec un sourire qui tient plus de la grimace de douleur qu'autre chose, il n'offre pas un spectacle des plus dignes. Je lève les yeux au ciel et réplique « Tout ça quoi au juste? » Mon alcoolisme nouvellement diagnostiqué peut-être... « Je sais pas, ton comportement depuis qu’on se connaît, ce plan foireux, tout le bordel que tu as foutu dans ma vie depuis que je te connais.. enfin, façon de parler » Haha, oui bien sûr, c'est moi la grande méchante de cette affaire, je gâche sa vie, je hante ses nuits, je lui coupe l'appétit et je l'empêche de mener à bien les rêves et ambitions qu'il ne possède pas. Evidemment. « Et j’aimerais sincèrement que tu sois rien qu’une fouteuse de merde snobinarde. Ça me simplifierait la vie à un point inimaginable » Je le regarde silencieusement pendant quelques secondes et vérifie le nouveau message que viens de recevoir. Kin. Qui me somme de goûter le gâteau qu'elle a fait. Cette garce est dans le coup, bien entendu. Ca fait toujours plaisir de savoir que mes amis prennent très à coeur d'interférer dans ma vie pour ce qu'ils croient être mon bien. J'adore être piégée et utilisée comme un personnage de Sims, vraiment. J'ignore le sms et me concentre à nouveau sur Jason, pesant ses propos soigneusement. « Navrée de te décevoir. Mais tu peux être apaisé non? Après tout, plus de plan foireux comme tu dis, tu peux mener la vie grandiose qui t'attend au tournant, libéré de l'emmerdeuse que je suis. »

Je retourne pianoter sur mon téléphone, découvrant avec horreur l'étendue de la conspiration sur facebook. Ils vont me le payer mais alors cher. Très très cher. De rage, j'éteins l'appareil et le laisse trôner sur la table basse, le fusillant du regard comme si ça pouvait changer quoique ce soit. La voix de Jason me tire de mes pensées noires et meurtrières « Je viens de te dire que― » Oui? « Ça t’écorcherait de dire, ne serait-ce qu’une fois, ce que tu penses au lieu de cracher ce genre de phrases ? Non parce que, oui, j’ai compris que tu n’as pas une haute opinion des gens comme moi et je suis probablement stupide, comme tu passes ton temps à le sous-entendre mais je continue à ne pas comprendre pourquoi tu ne m’as pas jeté la deuxième fois. Ni les fois d’après, d’ailleurs. C’est quoi ton problème, Rose ? » Vaste question. J'avale quelques gorgées de vin et pose mes yeux sur lui. Je ne sais franchement pas quel est mon problème. En revanche je dis ce que je pense, je ne suis simplement pas certaine de ce que c'est. Et ça m'écorcherait sans doute de prendre le temps d'y réfléchir et de lui dire. Pourquoi donc fallait-il qu'il soit aussi mélodramatique? Neuf mecs sur dix auraient été ravis d'avoir un plan cul dans mon genre, mais il fallait évidemment que je tombe sur le seul qui fait des montagnes pour tout et veut comprendre et parler comme une midinette de comédie romantique. Etre séquestrés par des gays ne doit pas nous transformer en mauvais spin off de séries adolescentes pleine de romance contrariée. Pas de romance ici, que de la contrariété. « Je ne crache rien du tout, c'est comme ça que je m'exprime, c'est ce qui fait mon charme que veux-tu. Ceci dit, je n'ai pas le moindre problème et il n'y a rien à comprendre. J'aime coucher avec toi mais je n'aime pas m'encombrer de compagnie. Je ne donne pas de rendez-vous, je ne propose pas de partir en vacances à la mer, je ne tiens pas la main en flânant dans les rues, je ne vais pas dîner. Je t'appelle en pleine nuit parce que j'ai envie de toi. C'est comme ça, c'est tout, il n'y a rien à comprendre et ça n'était pas un problème jusqu'à ce que tu essaies de tout analyser. »

« C’est ça, oui. Encore une fois, tu n’as besoin de personne, pas vrai ? » En gros oui, c'est ça. « Et moi je n’ai pas besoin de ça. Alors débrouille-toi pour que la bande de fils à papa qui te sert d’amis pense avoir eu ce qu’elle voulait et fais-nous sortir d’ici rapidement parce que je ne vais certainement pas passer la soirée avec une fille aussi charmante que toi » Je ricane d'un air mauvais à ces mots. Il me connaît tellement mal, moi et mes snobs d'amis. « Parce que tu crois qu'ils vont venir nous ouvrir la porte parce qu'on l'a décidé? C'est mignon, mais malheureusement non, Faure viendra nous libérer quand il l'aura décidé et c'est tout. » Je me lève et me dirige vers la table où se dresse des petits plats. J'ai cru comprendre via facebook qu'il y avait des cuisses de grenouille au menu et hors de question que je touche à ça. Mais les toasts au caviar, tout de suite, c'est plus intéressant. Je m'attable et commence à grignoter avant d'ajouter « Tu ferais tout aussi bien d'en profiter, y a du caviar et du champagne. Je te recommande toutefois de ne pas toucher au dessert, c'est Kin qui l'a fait. » Je ne desserre pas les dents, mais au moins j'ai fait l'effort d'être polie et de ne pas avoir encore une fois la même dispute. Je ne fais pas dans la scène de ménage à répétition en général, quand je m'engueule avec quelqu'un, soit ça s'arrange suite à ça, soit je ne lui adresse plus la parole pendant quelques années. Et je suis fatiguée de m'entendre dire que je suis une sale garce arrogante et snobinarde, c'est pas comme si c'était nouveau ou que je n'étais pas au courant. Je soupire et liquide la fin de la bouteille de vin, accompagnée de la panoplie de toasts. S'ils ne m'avaient pas autant énervée, je les remercierai presque de leurs bons soins dis donc. Mais je crois que l'énervement gagne.

Apparemment, l'humeur générale est à l'effort, puisque Jason se décide à arrêter de bougonner et vient me rejoindre. Il est même aller jusqu'à enlever sa veste. Bien, il commence à accepter notre triste sort. « La catcheuse cuisine mal ? » J'esquisse un sourire et entame les toasts au saumon, puis réplique « Non, non... Mais disons que je n'ai pas trop confiance en sa recette. » Dieu seul sait ce qu'elle a pu mettre dans ce gâteau au gingembre, comme l'indique le menu. Jason n'a peut être pas complètement tort, mes amis sont perchés. « Peur qu’elle ne cherche à t’empoisonner ? Tu n’aurais quand même pas mis une fille pratiquant des sports aussi dangereux sur ton testament ? » Je vais jusqu'à rire doucement cette fois-ci et réponds en continuant à manger avec entrain « Bien entendu qu'elle est sur mon testament. Et moi sur le sien. Elle est vraiment vraiment très riche. Mais non, elle ne nous empoisonnera pas, mais bon c'est un gâteau au gingembre... Donc va savoir quels autres... aphrodisiaques elle a pu mettre dedans. » Pendant un instant, je crains que Jason ne s'étouffe dans son champagne et que nous soyons évacués des lieux par les secours. Mais il parvient à s'en remettre « Oh vraiment, des aphrodisiaques ? » Je hoche la tête avec un sourire en coin et termine mon verre de vin. Je vais d'ailleurs faire une pause à ce niveau là, j'ai quand même une bouteille d'avance. « J’imagine qu’il ne serait pas bien élevé de ne pas tout manger » Il cherche quand même là, non? Ou c'est moi qui me fait des films. Je laisse de côté le batracien mariné et plonge un couteau dans le dessert, avant d'en tendre une part à Jason « Je t'en prie, goûte. Et si c'est sans risque, j'en prendrais un peu aussi... »

Uh, cette séquence tourne encore une fois à la mauvaise comédie romantique. « .. peut-être à peine trop sec mais ça s’mange » Il pousse le vice à jouer les critiques culinaires en plus. Allons bon. Je coupe à mon tour une part de gâteau et commence à déguster. Vrai que ce n'est pas mauvais. « C'est plutôt bon et les toasts aussi étaient délicieux. Ca change du McDo quoi. » Manoeuvre risquée. A voir. « Avoue quand même que c’est probablement moins fun à balancer sur les gens. Encore que ça.. » Je jette un oeil au plat suspect et m'empare d'une des cuisses de grenouille, que je dépose soigneusement dans l'assiette. Je suis indubitablement tenté par une bataille de bouffe dans les règles de l'art - car je demeure une fille grossière et mal élevée bien que snob - mais tâcher le travail de Léandre tiendrait du crime. Je coupe un minuscule morceau de la bête et lâche dans un souffle. « Haut les coeurs... » Je goûte et... mouais. Ca n'a rien d'extraordinaire, d'une façon ou d'une autre. « Pas transcendant, je préfère le gâteau. » Je m'en ressers d'ailleurs une part pour faire passer le goût. « Quel courage Foster ! » J'incline la tête sur le côté, faussement modeste. Je suis moi même épatée par ma bravoure culinaire. « Bon et ensuite ? Ils attendent qu’il y ait des blessés pour mettre fin à tout ça ? » Il s'obstine donc à croire que Tristan viendra avant l'heure prévue... Brave garçon. « Ca ne les empêcheraient pas de nous garder enfermés. J'te le dis, profite du gâteau et du champagne et prends ton mal en patience, on peut rien faire d'autre de toute façon. »

« Ça risque de devenir chiant. Très chiant » maugrée-t-il après avoir consulté son téléphone. Hum oui, en effet. Dommage, vraiment que la fenêtre ne soit pas une option. « On peut toujours faire un Scrabble, Tris en a forcément un quelque part. » dis-je, non sans ironie. Putain ouais, on va se faire chier. Ou se mettre sur la gueule. Choix cornélien. « Un scrabble mais quelle originalité ! J’ai toujours été très bon à ce jeu-là. J’imagine que toi aussi.. question d’entraînement hein » Qu'on ne vienne pas me dire que le sous-entendu n'était pas clair là. J'esquisse un sourire en coin et glisse « Oh oui, j'ai un entraînement d'enfer. » Je me lève alors, le laissant en compagnie du champagne et me dirige vers un meuble du salon. En toute logique, un plateau de jeu ça se garde dans la pièce à vivre, non? Je tombe sur quelques livres, un jeu de cartes et une boîte dont je préfère ignorer le contenu, si c'est celle à laquelle je pense. Je me redresse et fais un pas de plus vers la chaîne stéréo. « Oh apparemment, ils ont même prévu la musique dis donc. » La machine est allumée, un disque est inséré dans le lecteur. J'appuie sur le bouton play, curieuse. L'air de la chanson est plus que reconnaissable. You Can Leave Your Hat On. Classe, du grand Faure.

« You Can Leave Your Heat On ? Sérieusement ? Ça et la cuisine étrange de ta copine.. super subtil » entends-je ricaner dans mon dos. Je me retourne et me retrouve quasiment nez à nez avec Jason. On a progressé depuis le moment où il évitait soigneusement de croiser mon regard. Peut-être que les propriétés du gingembre ne sont pas usurpées après tout. Sans me défaire de mon sourire en coin je m'appuie contre l'étagère avec désinvolture et réponds « Ca y ressemble en tout cas oui. Il faut excuser Tristan, sa carrière dans le porno a laissé quelques traces de mauvais goût. » Je souris, guettant sa réaction face à cette petite révélation au sujet de Faure. Ce n'est pas franchement un secret remarque, il le sait peut-être déjà... « Charmante image. J’ignorais que tu pouvais faire ce genre d’allusions » Je le fixe un instant, penchant la tête sur le côté, dubitative. Je comprends alors sa remarque et éclate de rire. « Et moi je ne savais pas que tu avais l'esprit aussi... mal tourné. » Et c'est le moins qu'on puisse dire. « Tu n’imagines même pas à quel point » J'avais pourtant l'impression d'imaginer assez bien là. Malicieuse, je me détache de l'étagère et fais un pas vers lui et dis dans un souffle « Ah bon? Je croyais pourtant que nous avions... fais le tour de la question dirons-nous. » La distance entre nous se réduit encore un peu et, instinctivement, je retiens légèrement mon souffle. « Il faut toujours faire une deuxième inspection.. question de sécurité » Mon sourire s'élargit et se fait plus mesquin qu'aguicheur. Je m'approche encore, pose une main contre son torse, avant de me dresser sur la pointe des pieds pour lui chuchoter « Mais je crains fort que tu aies toi-même saborder les chances que cela arrive. »

Brusquement, il s'empare de mon poignet et me regarde plus froidement que jamais. On en vient donc toujours aux mains finalement. « Je te rappelle que c’est toi, Rose Foster, qui m’a agressé du haut de ton mètre cinquante de hamster » Agresser, tout de suite les grands mots. Une pauvre glace à travers la figure ne lui aurait sans doute pas fait de mal « Un mètre cinquante quatre, s'il te plaît. » Je dégage ma main emprisonnée et recule quelque peu, continuant à sourire avec toute l'arrogance qui me va si bien « Et c'est toi, Jason, qui a volontairement décidé de te priver de... » Je défais les quelques attaches qui retiennent ma robe, décidément Léandre a un sens de la confection absolument parfait, et cette dernière s'échoue sur le sol. « ça. » Je ne sais pas exactement pourquoi c'est l'idée qui m'est venue en premier. Sans doute n'ai-je jamais été très douée pour parler. Et la provocation, ça me réussit bien en général. Toutefois, il ne se laisse pas impressionné - enfin disons qu'il retrouve rapidement ses esprits - et se contente de se laisser tomber dans le fauteuil « Tu as l’air d’une petite allumeuse avec ce fond sonore » C'est sans doute la musique qui a inspiré mon subconscient alors. Un vague sourire aux lèvres, je vais me servir une nouvelle part de gâteau et une coupe de champagne, puis me love confortablement dans le canapé « Et bien, n'est-ce pas précisément ce pour quoi tu me prends? »

Donc a priori, ils n'étaient pas partis pour jouer au Scrabble mais plutôt pour s'engueuler. Joie. « Pour être tout à fait précis, je ne te prends pas vraiment là. Et puis bon, une allumeuse, c’est un peu comme un petit roquet. Ca n’a que de la gueule. » Elégante comparaison. « Oh je crois avoir démontré à maintes reprises que j'ai certes beaucoup de gueule, mais je n'ai pas que ça. » Je fais valser mes jambes et les étends sur la longueur du canapé, m'adossant à l'accoudoir afin de pouvoir vraiment regarder Jason en face. Et lui offrir une vue imprenable en passant. Je pose l'assiette sur la table et me contente de le fixer d'un air placide, ma coupe de champagne intacte à la main. Bring it dude. « Certes, en plus d’avoir deux bras, deux jambes et une paire de seins pas si exceptionnelle que ça, tu as un sale caractère » J'incline la tête et boit une petite gorgée, lui accordant volontiers cet indéniable argument. « Mais je suis aussi très douée au lit. » dis-je avec un clin d'oeil taquin. « Tout est relatif, Foster » Oh c'était facile ça. Je lève les yeux au ciel sans répondre et c'est alors que la musique change. Sexual Healing. De mieux en mieux. Je soupire d'un air amusé et ajoute « Ils nous ont carrément prévu une playlist on dirait. Voilà qui promet... » Et je parie que ça va de mal en pis en plus. « Tu veux peut-être parier ce qui te reste de fringues sur le titre du prochain morceau ? » Je glisse un regard vers lui et rétorque simplement « En toute équité, le prochain à enlever ses vêtements devrait être toi. » Pas de raison que le spectacle soit à sens unique « Je ne vois absolument pas pourquoi. Tu as décidé toute seule de te désaper. Je vois pas l’intérêt de nous mettre sur un même pied d’égalité hein » Je prends une mine faussement courroucée et, posant une main sur ma poitrine, je me redresse et m'écrie « Allons bon, tu es contre l'égalité des sexes maintenant? Vil personnage ! »

Il rit, ce qui sonne étrangement agréable à mes oreilles. Je m'efforce de ne pas y penser et écoute la suite, vaguement souriante « Pardon Foster, j’ignorais que tu étais une fervente militante féministe, encore que, ça collerait parfaitement avec le reste » Le reste? Ma personnalité enchanteresse et ma délicatesse naturelle? C'était sans doute insultant et un peu cliché comme raisonnement, toutes les militantes féministes sont des lesbiennes qui font la gueule. « D’ailleurs, j’ai ôté ma veste » ajoute-t-il pour toute défense. Je lui lance un regard qui signifie clairement "ne te fous pas de moi Baker" et rétorque « Comme je le disais, c'est très inégal. Mais soit, on a encore le temps de faire évoluer les choses, non? » Il se cale confortablement dans le fauteuil et réponds simplement « Bien sûr, il doit te rester approximativement quarante-cinq secondes pour te tromper en donnant un titre avant de te retrouver à poil » Il n'en démordrait donc pas. Et le pari sera tenu. Je réfléchis un instant, quelle serait l'escalade ultime après Joe Cocker et Marvin Gaye? « Bon très bien... Hum... Sex bomb? » Ca ne m'étonnerait qu'à moitié. « Prévisible, j’imagine » En effet. Je souris devant son air un brin contrarié et me lève pour faire quelques pas vers lui et poser une main compatissante sur son épaule. « Je le connais par coeur que veux-tu. Sois pas trop déçu hein. » Son regard se dresse vers moi et s'attarde là où il avait prit soin de ne pas regarder. « En même temps, Foster.. ce n’est pas comme si ce que tu as à présenter m’était réellement inconnu » Je m'installe sur l'accoudoir du fauteuil, une mine mi-boudeuse, mi-insolente sur le visage « Certes, certes mais qui sait, tu as peut-être la mémoire courte. » Je prends un malin plaisir à le voir faire tant d'efforts pour se contenir. Je crains fort d'être tout aussi vicieuse que mes chers amis en fin de compte. Mais je l'assume assez bien pour être honnête. « Et toi tu devrais peut-être arrêter le gâteau au gingembre » Je souris et passe une main sur sa joue avec douceur, avant de me redresser pour rejoindre la fameuse table en verre. Je m'y assois et lance « Je ne crois pas que ce soit le gingembre. Le vin à la limite... »

Voir sa mine contrite, les efforts visiblement herculéens qu'il fournit pour ne regarder que ma tête et ne pas se laisser aller me met vraiment d'une bonne humeur malsaine. « Mh. Oui. Je crois t’avoir déjà dit que tu buvais trop » parvient-il à articuler avec peine. Je hausse une épaule, lascive et indifférente. « Tu peux toujours essayer de me faire faire une rehab... » La blague est inévitable « But I won't go, go, go. » Je conçois que c'est mauvais, mais pas besoin de faire une tête pareille non plus. « C’est.. effrayant » Je fronce les sourcils et passant une main innocente dans mes cheveux je le regarde d'un air interrogateur « Quoi donc? Je ne chante pas si mal que ça quand même. » Je chante même très bien, mais ce n'est pas la question. Il s'attarde sur ma silhouette indécemment dénudée avant de lancer « C’est effrayant de constater à quel point tu peux être sadique. » Un sourire déplaisant, qui s'allie parfaitement à cette description, apparaît sur mon visage alors que je m'approche une nouvelle fois de lui. Une main sur chaque accoudoir je me penche pour lui susurrer à l'oreille « Et tu es loin d'avoir tout vu. » Je retiens ma respiration, qui risque de se saccader d'un instant à l'autre et tente de profiter du trouble de Jason. Mais malheureusement, c'est un jeu à double tranchant et il n'est pas le seul à souffrir un début de martyr. Il a toutefois gagné une maîtrise de lui assez impressionnante, il y a quelques temps de ça, ils auraient quasiment conclu l'affaire. « Et je préférerais ne rien voir, crois-moi » dit-il d'une voix dont les tremblements sont habilement dissimulés. Mais il semblerait que je ne le connaisse que trop bien déjà. « Vraiment? » Je ponctue ma question d'un baiser dans sa nuque, puis d'un autre sur son cou, un suivant sur sa joue, enfin un dernier, tout près de ses lèvres et j'ajoute « Comme c'est dommage... »

Il prend mon menton entre sa main et me regarde un instant, visiblement en proie au doute. Avant de me repousser avec une certaine douceur. « Arrête Foster, tu sais très bien que c’est ridicule » Oui. Insensé. Stupide. C'est suivre bêtement le chemin tracé pour nous. Mais ce n'était pas comme si les occupations abondaient ou que la tension sexuelle était parfaitement supportable. Merde à la fin. Depuis quand les hommes n'étaient plus d'accord pour baiser purement et simplement sans poser de questions? Je ne peux pas juste être la salope de service, il faut que ce type soit pas très très net aussi. Je baisse néanmoins la tête et effleure délicatement ses lèvres, plus dans une caresse qu'en un vrai baiser. « Oui... malheureusement, oui. » Je tends le bras pour m'emparer d'un sweat qui traîne - le sien comme par hasard - et l'enfile avant de retourner au canapé et à ma coupe de champagne. Triste soirée en perspective. « Tu as l’intention de boire cette bouteille-ci aussi ? » La voix de l'américain me tire de mes pensées et je ne prends même pas la peine de le regarder, me contentant d'hausser vaguement les épaules « Eventuellement. Mais ne t'en fais pas, il en reste encore plein. » Qu'il ne vienne pas encore une fois me reprocher de trop boire, sinon il allait se le prendre dans la figure le champagne. « Evite de te tâcher, je ne tiens pas à endosser ta réputation d’alcoolique » Il me tourne encore le dos. Il me traite encore d'alcoolique. Ce coup-ci je vais pas le rater. Je me lève d'un bond, bouteille en main et me dresse de toute ma hauteur pour la vider consciencieusement sur sa jolie tête vide. Il l'aura voulu.

Il se retourne, évidemment très énervé. Je le suis aussi et je le serais encore plus si on m'avait vidé du champagne dessus. Nos regards se croisent emplis d'une colère farouche et d'un désir tout aussi sauvage. La question est de savoir laquelle des deux émotions l'emportera. « Foster, tu- » Mais la phrase ne se termine pas et, non sans brusquerie, il m'empoigne par le col et nos lèvres se heurtent. Je lâche la bouteille qui s'en va rouler sous un meuble pour placer mes bras autour de sa nuque et m'y accrocher avec force. Le baiser se fait plus profond, plus fougueux et il n'est absolument plus question de retourner en arrière maintenant. Ce serait se mentir que de dire que ce n'est pas exactement ce dont nous avions envie depuis la fin de notre semblant de repas. J'ai bien conscience que c'est une erreur des plus stupides à mesure que mes mains s'aventurent sur le corps de Jason pour lui ôter son T-shirt, mais ma matière grise n'est pas ce qui me guide en cet instant précis. Nous aurons tout le temps de nous engueuler et de nous répéter que ça ne peut pas continuer plus tard. Mais là, maintenant tout de suite, j'ai besoin de cette chaleur, de cette violente adrénaline à travers mon corps. Ses mains trouvent naturellement leur place autour de ma taille, dans mes cheveux, le sweat et son t-shirt tombent bien vite, tandis que nos mouvements s'accélèrent en une danse que nous ne connaissons que trop bien. Aussi intelligent que ça semble, je ne peux pas m'arrêter et me contente donc de fermer les yeux et de rejeter ma tête en arrière, le laissant s'emparer de mon cou avec rage. Mes ongles se plantent dans son dos, ma bouche retrouve la sienne avec violence et je déboutonne son pantalon sans trop d'égards. Je poursuis mes caresses sur son torse, titillant le dernier vêtement qui lui reste. Les baisers sont de plus en plus brefs et rapides et nous reculons finalement jusqu'à nous laisser choir dans le canapé. Bientôt, je me retrouve étendue en soutien-gorge sur ce canapé et j'arrête définitivement toute activité cérébrale. Ce n'est définitivement plus la raison qui me reste qui me guide ce soir et l'appel ce corps contre le mien annihile toute autre pensée. Je sais que la frustration et la colère que j'éprouve depuis quelques temps sont liées à cette petite activité qui m'avait manqué. Et je sais que l'admettre est éminemment difficile. Et quoiqu'en passe mes amis ce n'est en m'acculant dans un coin qu'ils obtiendront quoique ce soit. Mais je ne réfléchis pas, là, tout de suite, alors que les derniers bouts de tissus s'envolent et que nos corps se rapprochent pour finalement se rejoindre. Pleinement, parfaitement. Je soupire d'aise en m'accrochant au cou, au dos de Jason et me demandant pourquoi tout ne peut pas être aussi simple que ça.

Le plaisir intense, simple, indéniable et immédiat qui se consume dans les derniers gémissements d'extase. Il aurait fallu que ce moment dure plus longtemps. Cet instant suspendu où les choses sont tellement évidentes, limpides. Pas de bavardages inutiles qui ne sont pas notre fort. Pas de disputes. Juste lui et moi. Mais toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin. Je reprends mon souffle, les yeux rivés sur le plafond et ma main caressant toujours machinalement sa tête. « Et maintenant? » Ma voix n'est qu'un faible chuchotement, mais je sais pertinemment qu'il m'a entendu. Ce qui ne veut certes pas dire qu'il me répondra. D'ailleurs, il se contente de se redresser et de s'installer au bout du canapé dans un soupir. Je ne pourrais être plus d'accord, mais ce n'est pas comme si nous avions vraiment le choix. De mon côté, je me recroqueville dans mon coin, jambe pliées sous moi. Je le regarde, passe nerveusement une main dans mes cheveux. Et merde. On va peut-être devoir faire un scrabble finalement. Machinalement, je récupère mes sous-vêtements et le sweat qui traînent par terre et les enfile en vitesse, plus pour m'occuper que par véritable pudeur. Je n'ai plus grand chose à cacher à Jason de toute façon. Je m'étends de nouveau, pose mon coude sur l'accoudoir et ma tête sur ma main avant de lâcher dans un soupir blasé « Je crois que je vais m'atteler à ce bon vin, histoire de m'occuper et avec un peu de chance, m'endormir et cuver. »

« Mais je t’en prie, fais donc. Tu peux aussi me ranger, des fois que ma présence te gêne Foster, maintenant que tu as eu ce que tu voulais » Je lâche un profond soupire, ferme les yeux et me masse un instant l'arrête du nez. Il ne comprend décidément jamais rien cet idiot. Je me sers un verre, m'efforce d'en boire seulement quelques petites gorgées puis réponds d'une voix étonnamment calme « Je n'ai jamais dit ça. Ce n'est pas comme si tu allais quelque part, alors pour l'amour de Dieu assieds-toi, bois un coup et tais-toi. De toute façon, je refuse d'avoir encore une fois cette conversation. » Je n'en ai honnêtement pas la force et encore moins l'envie. Je doute fort qu'il se contente de saisir cette occasion de terminer la soirée au calme, mais sait-on jamais, il est peut-être moins insupportable qu'il n'y paraît. « Tu as un sérieux problème avec l’alcool » commence-t-il, ce qui me pousse à me redresser d'un bond rageur. Il n'en a pas marre à la fin? « Non, c’est bon, laisse tomber, ne dis rien, je m’en fous » Je fais quelques pas, serre le poing avec hargne et finalement me retourne vivement pour me planter devant lui et lui cracher ma façon de pensée « Alors tu vas bien m'écouter, parce que je ne le répéterai pas. J'en ai plus qu'assez de m'entendre dire que je suis une sale garce pleine aux as, alcoolique et allumeuse, saches que je suis déjà parfaitement au courant et que si j'avais envie de changer quelque chose, ce serait fait. Mais ce ne sont pas tes petites remarques hypocrites qui y feront quoique ce soit, donc ce serait vraiment, mais alors vraiment très gentil à toi si tu pouvais arrêter de me faire chier en permanence. Tu vis avec ou tu te tais et par pitié, lâche-moi un peu. »

« Ça y est, tu as fini ? » Je serre les dents sans mot dire, n'ayant en réalité pas envie d'entendre sa répartie. Je veux simplement être claire. « Pas la peine de monter sur tes grands chevaux, Foster. Je ne vois pas pourquoi je devrais te ménager puisqu’au fond, si on est coincé ici, c’est entièrement ta faute. Si mes commentaires te déplaisent, c’est ton problème. Je n’ai absolument pas l’intention de te caresser dans le sens du poil. Non que tu sembles en avoir eu envie jusque là, d’ailleurs. Va donc biberonner, t’avoir juste sous mon nez est perturbant » Je le regarde un instant avec des yeux presque étonnés, puis éclate de rire, bruyamment, longuement. Tellement de conneries dans un si bref discours, ça tient du record. « Comme d'habitude, tout est ma faute et tu n'es qu'une pauvre victime de ma terrible personne. Pour rappel, il faut être deux pour jouer à ce jeu là. Alors, arrête. Arrête de faire comme si tu n'y étais pour rien, que tu ne fais jamais rien de mal et que... » Les mots s'étranglent, j'en ai bien trop à dire. Je me contente donc de conclure d'une voix froide « Arrête, s'il te plaît. » Une fois n'est pas coutume, il accepte ma requête et se détourne sans rien ajouter. Evidemment, je ne veux pas simplement qu'il se taise, mais étant donné que je serais bien incapable de dire ce que je veux, là maintenant, je me contente de reculer et de reprendre le chemin de la salle de bains. Je remets les vêtements dans lesquels je suis arrivée, ce simple jean et prends une seconde pour m'asseoir sur le bord de la baignoire et reprendre mon souffle. Je pense pouvoir affirmer que le super plan de mes enfoirés d'amis a échoué. Si je ne les aimais pas tant, je les détesterais volontiers. Je quitte toutefois mon petit repère, dépose soigneusement la veste de Jason sur une chaise, éteins la stéréo et, après m'être emparée du premier bouquin que j'ai trouvé, m'assois dans un fauteuil et attends. Ca promet d'être long, mais nous n'avons tristement rien de plus à nous.


Dernière édition par Rose M. Foster le Mer 16 Mai - 0:52, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: j'ose foker andrestan w/ les deux meilleurs couples du forums (oui oui)   Dim 13 Mai - 4:19

En fin de compte, le boulot se révélait être une véritable bouffée d’air frais. Exit Maryanne et son hystérie quotidienne, exit Rachel et ses petits problèmes existentiels, et tout le reste. Il avait beau aimé ses soeurs, elles devenaient chiantes. Ou ’était lui qui les supportait de moins en moins. Ou alors c’était avec la gent féminine qu’il avait un problème. Bref. Passons. Bosser lui permettait généralement de penser à autre chose. Ça n’en avait pas l’air comme ça mais il était fou de constater à quel point livrer de pauvres pizzas occupait l’esprit. Les gens étaient plutôt sympa en plus. En général, en tout cas. C’était sans doute l’arriver du repas qui les faisait sourire but still, c’était sympa. C’était toujours mieux que d’avoir ― presque ― droit à une douche de McFlurry. Et en plus il était payé. Que demander de plus ? La réponse à cette question, il la trouva lorsqu’il découvrit Tristan Faure, l’un des chaaarmants amis de Ro- de Foster, sur le seuil d’un appartement auquel on l’avait envoyé livrer une trois fromages. Ce qu’il aurait souhaité, c’était que cette bande d’imbéciles snobs raye l’adresse du Domino’s Pizza de leur adresse et qu’ils se mettent aux sushis. Ce serait plus simple pour tout le monde, à commencer par lui. « Entre » lui dit Faure avant de lui tendre un billet sans un mot de plus. Jason l’empocha sans broncher, habitué maintenant à ce genre comportements propre à certains anglais d’Oxford ― comprendre Faure et sa bande de fils et filles à papa pleins aux as et convaincus que l’univers aurait dû s’arrêter de tourner chaque fois qu’ils en décidaient ainsi ― tandis que l’autre s’emparait de la pizza. Voilà, voilà, il l’avait, sa pizza, il avait payé. Maintenant, il s’agissait de déguerpir le plus vite possible, histoire d’éviter les, mh, mauvaises rencontres. Faure, très alerte ce soir, s’était emparé du bras d’un type aux cheveux frisés en qui Jason reconnut Andrea Leroy-Duchesne. Il le gratifia d’un bref signe de tête puis amorça un demi-tour afin de dégager vite fait. Mais au moment où il s’apprêtait à quitter prestement la place avec autant de dignité qu’on pouvait en accorder au livreur de pizza du coin, Faure disparut derrière la porte, la pizza et Leroy-Duchesne en main. Le cliquetis bien reconnaissable d’une porte qu’on ferme à clés ― et plutôt à double tour qu’un seul ― se fit entendre.

Merde, à quoi ils jouaient là ? « Mais.. mais vous êtes cons ! » lâcha-t-il avant d’avancer pour attraper la poignée. Mais.. mais ils avaient vraiment fermé cette foutue porte ? Ils l’avaient vraiment enfermé ? C’était quoi, leur petite distraction du soir ? Allons nous payer la tête du crétin d’Américain que se tapait Foster ? Très drôle, vraiment. Hilarant. Mais ce qui était encore plus drôle ― façon de parler.. parce que pour tout dire, il ne mourrait pas vraiment d’envie de rire, là ― ce fut d’entendre la voix de Rose Foster dans son dos, voix qu’il commençait à connaître trop bien. « Bon tu vas m'expliquer mainte... » et le reste de sa phrase disparut sans doute subitement lorsqu’elle l’aperçut. Effectuant à nouveau un demi-tour, il se tourna vers elle, tombant nez à nez avec une version fosterienne un peu trop classe pour être normale. Qu’est-ce qu’elle fichait dans ce.. cette.. ce truc rouge ? Non, en fait, la question était plutôt qu’est-ce qu’elle foutait là ? « Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle et, en temps normal ― du moins si elle avait été habillée normalement puisque sa vision d’une Rose Foster normale ne prenait pas vraiment en compte des fringues. Ils sont passés les deux autres, que je leur mette ma main dans la figure ? » Il lui fallut dix bonnes secondes pour se situer et lever les yeux vers les siens. « Qu- oh. Ouais. Partis il me semble. Avec les clés » marmonna-t-il en haussant les épaules comme si, bien entendu, il n’y avait rien étrange dans le fait que Faure les ait enfermé. En même temps.. il s’inquièterait de ça dans quelques secondes, lorsqu’il aurait digéré le spectacle là.

Mais bien vite ― un peu trop vite à son goût.. mais il ne se risquerait certainement pas à le dire, question de fierté ― Foster disparut de son champ de vision pour se ruer sur son sac pour littéralement agresser son portable. Il faillit lui dire que le téléphone ne lui avait rien fait mais en entendant son ton si.. froid et agressif, Jason préféra la boucler. Elle serait bien capable de lui faire passer l’envie de parler avec autre chose de bien plus dangereux qu’une simple glace. « Faure, l’entendit-il dire, quand je sortirai de cet appartement - et crois moi je sortirai même si je dois passer par la fenêtre - je vais te mettre la main dessus et ça va très très mal se passer pour toi. Tu peux aussi dire à ton amoureux de faire gaffe à ses boucles parce que je suppose qu'il est dans le coup. Etre gays ne vous donne pas le droit de vous prendre pour mes meilleures copines et interférer avec ma vie PRIVÉE. Tu vas prendre cher Faure. » Nul besoin de sortir de Columbia pour comprendre qu’elle était vraiment en colère. Aussi, c’est prudemment qu’il s’approcha, sans mot dire, tandis qu’elle s’affalait sur un fauteuil. Il avançait en chemin miné là. Foster était un peu comme un schrapnel, en fin de compte, l’enveloppe sexy en plus, capable de vous péter à la gueule et de ne rien épargner. Très franchement, il ne voulait pas d’un McDo bis. Pas du tout, même. Il s’en était bien sorti la première fois, hors de question qu’elle ne réussisse à le blesser une seconde fois. Façon de parler, hein. « Charmante attention non ? » lança-t-elle, visiblement pas ravie, en lui tendant une note manuscrite. Jason la survola, ne pouvant s’empêcher de ricaner, vaguement amer : « eh bien, tes amis ont une drôle de façon de te témoigner leur affection. Te coincer ici, avec moi. C’est.. tellement charmant » Il reposa le papier sur le plateau en verre de la table basse sur laquelle elle l’avait pris avant de balayer la pièce du regard. « Et j’imagine qu’ils ne t’ont pas filé le double des clés ? Inutile d’espérer sur d’éventuels talents en serrurerie, ça ne doit pas être le genre de- » La regarder était une très, très, très mauvaise idée. Peut-être Jason devrait-il reconsidérer l’opinion qu’il avait de Tristan Faure, en fin de compte. Il déglutit avec difficulté et secoua légèrement la tête, les sourcils froncés. « Ça ne doit pas être le genre de ta famille » reprit-il, sans réelle agressivité cette fois. Rachel avait raison, en fait. Une robe bien choisie était capable de faire des prouesses sur l’humeur.

Mais pas sur celle de Foster en tout cas, qui balança rageusement son malheureux et innocent portable avant de s’adresser à lui, masque d’ice queen oxfordienne visée sur son fichu visage : « effectivement, je n'ai passé les A-levels en crochetage de serrure et puis, je préfère m'évader par la fenêtre, plus mélodramatique. Cela dit, on est un peu haut je pense » Too baaaaad. Non. Ta gueule Jason. Pense au McFlurry. Et à la gifle. Il soupira, sans répondre. « Au moins on nous a fait à manger. Et j'ai de quoi boire » Attendez. Non. Oh non, il n’allait pas manger avec elle une seconde fois. Hors de question. Non. Foster, c’était une page tournée. C’était derrière lui ― façon de parler ― c’était fini. Tout comme il n’avait pas l’intention de rester à proximité si elle commençait à descendre cette bouteille de vin. Merde, il ne savait que trop bien comment ça finissait quand elle se mettait à boire. Lui lançant un regard peu amène, il recula de quelques pas les bras croisés. « N’oublie pas de manger, ouais, histoire d’éponger ce que tu vas boire » marmotta-t-il, lui tournant presque le dos. Il ne fallait pas qu’il la regarde. Ou il allait se comporter très, très stupidement. « Tu sous entends que je ne sais pas boire Baker ? demanda-t-elle et instantanément, il regretta d’avoir ouvert la bouche. Tu peux aussi me regarder quand j'te parle, c'est très mal élevé de tourner le dos comme ça » continua-t-elle. Il inspira, hésitant un instant à se tourner pour lui faire face. Non. Mauvaise idée. « Il me semble que tu t’es déjà prononcée quant à mon éducation » dit-il, articulant exagérément avant de finalement ― fatalement ― se retourner. « Et la seule chose que j’aurai pu sous-entendre, c’est que tu bois trop, reprit-il posément, les bras croisés. Et c’est un fait. Tu bois trop. Ou alors c’est uniquement quand je suis dans les parages, peut-être ? » Il arqua un sourcil, un vague sourire factice aux lèvres. Mauvaise idée, aussi, de s’enganger sur ce terrain-là. Il la regarda vider son verre puis s’en servir un nouveau avec la désagréable qu’elle se foutait royalement de sa gueule. Ce qui était sans aucun doute le cas, comme d’habitude. Sale habitude. Il n’aimait pas beaucoup ça. Pas du tout.

Cette fois, Jason ne broncha pas, se contentant de la regarder s’installer sur un fauteuil, désormais pieds nus. Le Rose Foster Show commençait, manifestement. « Alors en fait, Tristan a engagé un barman pour me faire débuter une cure de désintoxication ? Quel sens de l'humour ce garçon ! » Il ne releva pas, s’exhortant au silence et, surtout, au calme. Inutile de précipiter les choses, elle saurait très bien arriver toute seule au point où lui balancer quelque chose lui semblerait essentiel. De toute façon, maintenant qu’il avait posé les yeux sur elle, difficile de penser assez rationnellement pour aligner deux phrases assez mordantes pour lui valoir une nouvelle agression alimentaire. Ou même une gifle. Encore que. Par prudence, il préféra placer le sofa entre eux deux. Sait-on jamais. Même un hamster était capable d’être dangereux. « Et ne te donne pas plus d'importance que tu n'en as, mon taux d'alcoolémie n'a rien à voir avec ta présence » continuait-elle tandis qu’il évaluait mentalement ses chances de sortir de ce foutu appartement sans se faire agresser. Elles étaient maigres si il entrait encore une fois dans ce stupide petit jeu. Haussant les épaules, il détourna le regard, histoire de retrouver un semblant de constance et d’éviter tout acte ou parole stupide. « Sans doute, oui, fit-il, vaguement crispé puisque même si il en avait l’habitude, entendre dire qu’il était plus ou moins aussi essentiel qu’un kleenex usagé restait assez peu agréable. Tu n’as besoin de personne » Et ça n’était pas une question. Une affirmation pure et simple, lâchée avec plus d’amertume que prévu. Tant pis. Puisqu’ils étaient là.. « D’où tout ça, j’imagine » conclut-il avec un bref rictus, sans toutefois regarder Foster. Question de sûreté. Ce qui ne l’empêcha pas de capter son petit manège, du coin de l’oeil, et il n’en fut que conforté dans l’idée qu’il ne fallait absolument pas la regarder. « Tout ça quoi au juste ? » Presque malgré lui, il tourna la tête dans sa direction pour découvrir l’étrange grimace qui tordait ses traits d’ordinaire si calmes. Un pauvre sourire étira brièvement les lèvres de l’Américain. « Je sais pas, ton comportement depuis qu’on se connaît, ce plan foireux, tout le bordel que tu as foutu dans ma vie depuis que je te connais.. enfin, façon de parler » Il la dévisagea un instant avant de plonger les mains dans les poches de son jean. « Et j’aimerais sincèrement que tu sois rien qu’une fouteuse de merde snobinarde. Ça me simplifierait la vie à un point inimaginable » Elle ne répondit pas et, ne l’entendant pas, Jason finit par lui glisser un regard discret. Une fois encore, elle était après son stupide téléphone. Il leva les yeux au ciel, se détournant rapidement une nouvelle fois avant qu’elle ne reporte son attention sur lui. « Navrée de te décevoir. Mais tu peux être apaisé non ? Après tout, plus de plan foireux comme tu dis, tu peux mener la vie grandiose qui t'attend au tournant, libéré de l'emmerdeuse que je suis » Mais quelle.. quelle conne. Abandonnant une fois encore ses bonnes résolutions ― à croire que c’était une habitude, à son contact ― il la fusilla du regard. « Je viens de te dire que― » Il s’interrompit avant de sortir une grosse connerie. « Ça t’écorcherait de dire, ne serait-ce qu’une fois, ce que tu penses au lieu de cracher ce genre de phrases ? Non parce que, oui, j’ai compris que tu n’as pas une haute opinion des gens comme moi et je suis probablement stupide, comme tu passes ton temps à le sous-entendre mais je continue à ne pas comprendre pourquoi tu ne m’as pas jeté la deuxième fois. Ni les fois d’après, d’ailleurs. C’est quoi ton problème, Rose ? » Oulah, non. Ne pas utiliser son prénom. Mauvaise idée. C’était de sa faute à elle, après tout. Foutue snobe.

Merde, ne pouvait-elle pas lâcher son stupide portable ? La mine furieuse qu’elle affichait l’inquiéta vaguement. Enfin, au moins, ce n’était pas après lui qu’elle en avait cette fois, alors le reste, il n'en avait pas grand-chose à faire. Son blackberry échoua, plus ou moins violemment, sur la table basse, écran noir, probablement éteint. Excellent. Il y avait du progrès. « Je ne crache rien du tout, c'est comme ça que je m'exprime, c'est ce qui fait mon charme que veux-tu. Ceci dit, je n'ai pas le moindre problème et il n'y a rien à comprendre. J'aime coucher avec toi mais je n'aime pas m'encombrer de compagnie. Je ne donne pas de rendez-vous, je ne propose pas de partir en vacances à la mer, je ne tiens pas la main en flânant dans les rues, je ne vais pas dîner. Je t'appelle en pleine nuit parce que j'ai envie de toi. C'est comme ça, c'est tout, il n'y a rien à comprendre et ça n'était pas un problème jusqu'à ce que tu essaies de tout analyser » Oui, non, le progrès, vite fait hein. « C’est ça, oui. Encore une fois, tu n’as besoin de personne, pas vrai ? » Il marqua une légère pause, le temps d’aller prendre place le plus loin possible d’elle et de son sale caractère, rester debout devenant légèrement inconfortable. « Et moi je n’ai pas besoin de ça, ajouta-t-il, non sans une once de dédain, en la fixant. Alors débrouille-toi pour que la bande de fils à papa qui te sert d’amis pense avoir eu ce qu’elle voulait et fais-nous sortir d’ici rapidement parce que je ne vais certainement pas passer la soirée avec une fille aussi charmante que toi » Le ricanement qu’elle lâcha n’augurait rien de bon. « Parce que tu crois qu'ils vont venir nous ouvrir la porte parce qu'on l'a décidé ? C'est mignon, mais malheureusement non, Faure viendra nous libérer quand il l'aura décidé et c'est tout » Fantastique. Il n’ajouta rien, se contentant d’un soupir agacé. Rectification, il ne réviserait pas l’avis qu’il avait sur Tristan Faure. Ce type était vraiment tordu mais Jason se garderait bien de partager cette pensée avec Foster. Non qu’elle en ait eu envie, par ailleurs.

Il l’observa distraitement se lever, tenant fermement la bouteille de vin, et gagner la table où, contre toute attente, elle s’installa. « Tu ferais tout aussi bien d'en profiter, y a du caviar et du champagne, annonça-t-elle, je te recommande toutefois de ne pas toucher au dessert, c'est Kin qui l'a fait » Oho, que de politesse. Voilà qui avait dû lui coûter, tiens. Malgré l’envie qu’il avait de le faire remarquer, Jason garda le silence et, après une brève hésitation, vint la rejoindre. Il se débarassa de sa veste qu’il abandonna sur le dossier de sa chaise puis il jeta un bref coup d’oeil aux plats qui s’étalaient là. Du caviar. Eurgh. Comment les gens pouvaient engloutir ainsi des substances jaunes dégoulinantes, sur les cheveux de Caro de poisson ? Et quel aspect. Il se contenterait de boire, finalement, contrairement à Foster qui, en plus d’avoir fini à elle toute seule la bouteille de vin, s’était attaquée aux toasts. Une coupe en main, il la regarda manger, vaguement dégoûté. « La catcheuse cuisine mal ? » s’enquit-il, très peu adepte des grands blancs dans une conversation, même animée. Il avait un souvenir plutôt net de cette fille, là, Kin. Drôle mais flippante. Vraiment. Ce qui se confirma lorsque Foster lui répondit, non sans un bref sourire. « Non, non... Mais disons que je n'ai pas trop confiance en sa recette » Définitivement flippante. Il ne put s’empêcher de vaguement sourire à son tour avant de porter sa coupe de champagne à sa bouche. « Peur qu’elle ne cherche à t’empoisonner ? ricana-t-il tout en remplissant à nouveau son verre. Tu n’aurais quand même pas mis une fille pratiquant des sports aussi dangereux sur ton testament ? » A ce stade-là, il s’attendait encore plus ou moins à recevoir une gifle. C’était possible en tout cas. Qu’elle commence à rire, ça l’était déjà un peu moins. Mais il n’allait pas cracher dans la soupe, c’était agréable à entendre. « [color=Bien entendu qu'elle est sur mon testament. Et moi sur le sien. Elle est vraiment vraiment très riche. Mais non, elle ne nous empoisonnera pas, mais bon c'est un gâteau au gingembre... Donc va savoir quels autres... aphrodisiaques elle a pu mettre dedans[/color] » Il manqua de s’étouffer avec son champagne en l’entendant et, bien malgré lui, se mit à tousser, ricanant à moitié. Bruit très étrange, soit-dit en passant. « Oh vraiment, des aphrodisiaques ? » Bon, que cette fille soit une nana très dangereuse ne l’empêchait pas d’être bonne cuisinière et de regorger d’idées. « J’imagine qu’il ne serait pas bien élevé de ne pas tout manger » ajouta-t-il. Sans parler du gaspillage, haha. Il haussa tout de même un sourcil lorsque sa compagne d’infortune entama ledit dessert au couteau. « Je t'en prie, goûte. Et si c'est sans risque, j'en prendrais un peu aussi... » Bah voyons. Si il ne mourrait pas étouffé dans les deux minutes suivant ingestion, c’est ça ? Bah. Pourquoi pas. Il se saisit de la part tendue, effleurant brièvement la main de Foster, avant d’entamer le gâteau précautionneusement. « .. peut-être à peine trop sec mais ça s’mange » commenta-t-il, aussi innocemment que possible. Elle se servit à son tour, l’étonnant encore une fois. « C'est plutôt bon et les toasts aussi étaient délicieux, fit-elle une fois qu’elle eut, elle aussi, goûté le plat suspect. Ça change du McDo quoi » Il tiqua. Inutile de lui rappeler que ce n’était pas elle qu’il avait voulu emmener manger là-bas, ce jour-là, elle était trop bornée pour l’enregistrer. « Avoue quand même que c’est probablement moins fun à balancer sur les gens, répliqua-t-il avant de porter son regard sur ce qui ressemblait à.. à des trucs persillés. Encore que ça.. » Oh non. Non. Mauvaise, mauvaise, MAUVAISE idée. Ouais mais idée pourtant. Et en la voyant prendre une de ces choses qui, franchement, avait une sale gueule, l’espace d’une seconde, Jason eut peur pour lui-même ― des fois qu’elle ait pensé à la même chose que lui ―, avant qu’elle ne dépose la chose dégoulinante de sauce dans son assiette. « Haut les cœurs... » fit-elle avant d’avaler la.. chose. Vu la tête qu’elle tira ensuite, ça ne devait pas être bien fameux. « Pas transcendant, je préfère le gâteau » lâcha-t-elle avant de s’en servir une seconde part. Jason venait de finir la sienne. « Quel courage Foster ! » ne put-il s'empêcher de sortir. Hors de question qu’il ne joue les aventuriers culinaires et ne goûte ces trucs bizarres.

Il prit le temps de descendre une nouvelle coupe de champagne avant d’oser reprendre de ce fameux gâteau prétendument aphrodisiaque. Comme si ils en avaient besoin, soit-dit en passant. « Bon et ensuite ? Ils attendent qu’il y ait des blessés pour mettre fin à tout ça ? » Sérieusement. Il avait du boulot à faire, merde, sans compter qu’il y avait les filles à l’appart. « Ça ne les empêcheraient pas de nous garder enfermés, fit Foster, réduisant à néant ce qui lui restait d’espoir concernant une sortie rapide. J'te le dis, profite du gâteau et du champagne et prends ton mal en patience, on peut rien faire d'autre de toute façon » Oh bordel. Il soupira avant d’extirper son portable de la poche droite de son jean pour prévenir Maryanne, la plus responsable des trois hystériques qui squattaient chez lui. Elles ne se soucieraient probablement pas de savoir qu’il se trouvait coincé avec Rose Foster. Encore que. Il aurait droit à un sermon plus tard, bien que toute cette histoire se déroulait, jusque là, indépendamment de sa volonté. « Ça risque de devenir chiant. Très chiant » lâcha-t-il en rangeant son cellulaire. « On peut toujours faire un Scrabble, proposa-t-elle, moqueuse, Tris en a forcément un quelque part » Bah voyons. Il secoua légèrement la tête, amusé. « Un scrabble mais quelle originalité, fit-il, une nouvelle coupe en main, j’ai toujours été très bon à ce jeu-là. J’imagine que toi aussi.. question d’entraînement hein » Tout ça était bien trop dénué de finesse et de subtilité. Foster ne semblait pas dupe, par ailleurs, aux vues du vague sourire qu’elle afficha. Le champagne était peut-être une mauvaise option, en fin de compte. « Oh oui, j’ai un entraînement d’enfer » répliqua-t-elle avant de quitter la table. Sans blague, faillit-il dire mais il parvint à se retenir, la suivant des yeux. Inutile de nier plus longtemps, cette robe lui allait bougrement bien. Et elle serait encore mieux ailleurs, loin, par terre de préférence mais.. mais il fallait qu’il arrête de boire. « Oh apparemment, ils ont même prévu la musique dis donc » lança l’anglaise, le sortant définitivement de ses pensées. Précautionneusement, il déposa sa coupe vide sur la table et se leva à son tour, tandis qu’une chanson s’entamait. Foster avait manifestement fini par s’en remettre à la chaîne hi-fi, faute d’une boîte de Scrabble puisque, oui, elle était vraiment partie à la recherche du jeu. « You Can Leave Your Heat On ? Sérieusement ? ricana-t-il après s’être approché d’elle. Ça et la cuisine étrange de ta copine.. super subtils » Ce n’était évidemment pas là l’une des qualités des amis de Rose Foster. Étonnant.

Il allait le faire remarquer lorsqu’elle se retourna. Mh. C’était une chose de s’adresser à son dos ― ou à une définition large de son dos, puisque ce n’était pas franchement ses omoplates qu’il fixait en parlant ― mais c’en était une autre de l’avoir en face à face. Il réajusta rapidement son regard alors qu’elle s’appuyait nonchalamment contre l’étagère derrière elle. « Ça y ressemble en tout cas oui, répondit-elle et il fallu deux bonnes secondes à Jason pour se rappeler de ce qui avait été dit avant. Il faut excuser Tristan, sa carrière dans le porno a laissé quelques traces de mauvais goût » Quelques traces, voyez-vous ça. Il ne put s’empêcher de sourire, sans pour autant reculer. « Charmante image. J’ignorais que tu pouvais faire ce genre d’allusions » Bon, d’accord, c’était dégueulasse et ce n’était sans doute pas ce qu’elle avait voulu dire. Mais quand même. Penchant la tête, elle ne sembla pas comprendre immédiatement, ce qui élargit le sourire de Jason. Pour une fois que c’était elle, la gourde. Elle éclata finalement de rire, captant enfin ce qu’il avait voulu entendre. Son rire était.. bizarrement agréable. Weird. « Et moi je ne savais pas que tu avais l'esprit aussi... mal tourné » fit-elle à son tour. Évidemment. Ce n’était pas comme si elle y avait prêté particulièrement attention anyway. « Tu n’imagines même pas à quel point » lâcha-t-il simplement, sans exactement la regarder dans les yeux. Quoi ? Ce fichu bout de tissus rouge n’aidait pas. Pas plus que ce pas vers lui qu’elle venait de faire. Ou que ce sourire un rien aguicheur. « Ah bon ? Je croyais pourtant que nous avions... fait le tour de la question dirons-nous » Le ton de sa voix non plus n’aidait pas. Pas du tout. Instinctivement et avant même d’en avoir formulé mentalement l’idée, il effectua lui aussi un pas en avant, réduisant presque au néant la distance qui les séparait. « Il faut toujours faire une deuxième inspection.. question de sécurité » Merde, il n’aurait pas dû boire. Dans ce cas-là, il aurait capté rapidement qu’il y avait quelque chose de louche dans cette main qu’elle avait posé sur son torse. « Mais je crains fort que tu aies toi-même saborder les chances que cela arrive » murmura-t-elle. La garce. Il haussa un sourcil, s’emparant de sa main ou, plutôt, de son poignet libre. « Je te rappelle que c’est toi, Rose Foster, qui m’a agressé du haut de ton mètre cinquante de hamster » répliqua-t-il sans la lâcher. « Un mètre cinquante quatre, s'il te plaît » rectifia-t-elle, récupérant violemment la liberté et l’usage de sa main. Sans doute payait-elle son toubib pour les obtenir, ces quatre centimètres. Ça ne changeait rien. Elle ne faisait pas franchement le poids, au premier abord. « Et c'est toi, Jason, reprit-elle, qui a volontairement décidé de te priver de... » Ses mains papillonnèrent sur sa robe qui glissa subitement sur le sol. « Ça »

Stupéfait, il cilla plusieurs fois avant de réaliser qu’elle venait bel et bien de se déshabiller sous ses yeux. Très classe comme technique de frustration. Conscient, pour une fois, qu’elle cherchait à avoir encore une fois le dernier mot, il recula prudemment et se laissa tomber dans le fauteuil qu’elle avait elle-même occupé quelques minutes plus tôt. « Tu as l’air d’une petite allumeuse avec ce fond sonore » Commentaire pas très charmant, certes. Mais vrai. N’ajoutant rien de plus, il l’observa aller prendre une nouvelle part du gâteau au gingembre de sa copine catcheuse ainsi qu’une coupe de champagne, ce qui n’était probablement pas une excellente idée. Elle vint ensuite se poser sur le canapé, sans toutefois avoir remis sa foutue robe rouge. Très bien. Parfait même. Elle voulait jouer ? Game on, il était prêt. « Et bien, n'est-ce pas précisément ce pour quoi tu me prends ? » Un sourire presque trop innocent éclaira le visage de Jason. « Pour être tout à fait précis, je ne te prends pas vraiment là, fit-il, pianotant sur le bras du fauteuil. Et puis bon, une allumeuse, c’est un peu comme un petit roquet. Ça n’a que de la gueule » Et il la côtoyait depuis assez longtemps pour pouvoir affirmer que Rose Foster n’était pas un caniche nain passant son temps à hurler. « Oh je crois avoir démontré à maintes reprises que j'ai certes beaucoup de gueule, concéda-t-elle,[color=indigo@ mais je n'ai pas que ça[/color] » et le tout agrémenté d’un jeu de jambes à réveiller un mort. Calm down. On se détend Jason. Il inspira profondément, se concentrant tant bien que mal sur son visage et non sur le reste de son corps. « Certes, parvint-il à articuler, en plus d’avoir deux bras, deux jambes et une paire de seins pas si exceptionnels que ça, tu as un sale caractère » Elle s’accorda une gorgée de champagne, ce qui avait des airs des confirmation. En même temps, il aurait été difficile pour elle de le nier. « Mais je suis aussi très douée au lit » continua-t-elle avec un clin d’oeil plutôt étrange sur elle. A nouveau, Jason haussa un sourcil. « Tout est relatif, Foster » répondit-il avec un vague sourire. C'eût le don d’énerver la principale intéressée qui leva les yeux au ciel. A moins que ce ne soit la nouvelle chanson qui ne fut à l’origine de son agacement ? « Ils nous ont carrément prévu une playlist on dirait. Voilà qui promet... » En effet, ouais. « Tu veux peut-être parier ce qui te reste de fringues sur le titre du prochain morceau ? » proposa Jason en ricanant. « En toute équité, le prochain à enlever ses vêtements devrait être toi » répliqua l’anglaise, sans plus d’agressivité que ça. Ben voyons. Où avait-elle vu de l’égalité entre eux ? « Je ne vois absolument pas pourquoi, fit-il en haussant les épaules, tout sourire. Tu as décidé toute seule de te désaper. Je vois pas l’intérêt de nous mettre sur un même pied d’égalité hein » Elle se redressa vivement, une main sur le coeur, l’air choqué. Trop pour que ce soit vrai. « Allons bon, tu es contre l'égalité des sexes maintenant ? Vil personnage ! » Il éclata de rire, de bon cœur et ce pour la première fois de cette foutue soirée. « Pardon Foster, j’ignorais que tu étais une fervente militante féministe, minauda-t-il, encore que, ça collerait parfaitement avec le reste » Ou, plutôt, ç’aurait été cohérent. Bref. « D’ailleurs, j’ai ôté ma veste » ajouta-t-il avec un regard pour ladite veste qui reposait sur le dossier de sa chaise. Bon, d’accord, ça, ce n’était pas très fair-play mais encore une fois, ils n’avaient jamais vraiment joué avec les mêmes avantages. Reportant son attention sur Foster, il capta son regard qui disait plus ou moins clairement qu’elle n’était pas dupe. Depuis quand n’avait-il pas droit de se foutre, lui aussi, de sa gueule de temps à autre ? Là aussi régnait un cruel manque d’équité. « Comme je le disais, c'est très inégal, fit-elle, mais soit, on a encore le temps de faire évoluer les choses, non ? » Il acquiesça en souriant, les mains croisées sur le ventre. « Bien sûr, approuva-t-il, tout en innocence, il doit te rester approximativement quarante-cinq secondes pour te tromper en donnant un titre avant de te retrouver à poil » Et non, il n’en démordrait pas. C’était entièrement sa faute si elle se trouvait dans cette, mh, tenue à l’heure actuelle. « Bon très bien... Hum... Sex bomb ? » proposa-t-elle. C’était plausible, après les deux morceaux auxquels ils avaient eu droit là. D’un autre côté, Faure avait l’air d’être un mec plutôt perché. Et c’était un rien trop simple, comme choix. Trop simple mais évident, manifestement.

« Prévisible, j’imagine » marmonna-t-il, un rien contrarié, en entendant Tom Jones déblatérer les paroles de sa stupide chanson. Le sourire de Foster ne lui échappa pas. Circonspect, il la regarda se lever et venir à lui sans mot dire. « Je le connais par cœur que veux-tu, lâcha-t-elle, visiblement ravie, en posant une main sur son épaule. Sois pas trop déçu hein » Il leva lentement les yeux vers elle, s’attardant plus que nécessaire là où il ne fallait pas. « En même temps, Foster.. ce n’est pas comme si ce que tu as à présenter m’était réellement inconnu » Dire qu’il connaissait plutôt bien ce qu’il avait sous les yeux aurait été plus exact. Un brin prétentieux, peut-être mais vrai. « Certes, concéda-t-elle en prenant place sur l’accoudoir du fauteuil, mais qui sait, tu as peut-être la mémoire courte » A ce stade-là, une douche froide allait être nécessaire. Foster voulait mener la danse, fort bien, mais il ne céderait pas. Il n’était pas son sex toy sur pattes. Déglutissant avec difficulté, il pria mentalement pour ne pas flancher et s’écarta autant que le lui permettait le foutu dossier du foutu fauteuil de ce foutu Faure, les yeux dans les siens. « Et toi tu devrais peut-être arrêter le gâteau au gingembre » Rose Foster en allumeuse shootée aux aphrodisiaques était définitivement un spectacle perturbant et ce, à tout point de vue. Il frémit au contact de sa main fine, sur sa joue. « Je ne crois pas que ce soit le gingembre, fit-elle tout en se levant, le lâchant trop vite pour qu’il ait pu tenter de la retenir.. si jamais il en avait eu envie, évidemment. Le vin à la limite... » Elle prit place sur la table basse. L’espace d’une seconde, Jason se demanda si elle supporterait leurs deux poids avant de bien vite écarter cette idée pour se concentrer sur Foster. Son visage, surtout. « Mh. Oui. Je crois t’avoir déjà dit que tu buvais trop » bredouilla-t-il en croisant les bras, les sourcils vaguement froncés. La situation semblait l’amuser, elle, au plus haut point et elle paraissait prendre un malin plaisir à le torturer. La garce, songea-t-il une nouvelle fois devant son petit mouvement d’épaule aguicheur. « Tu peux toujours essayer de me faire faire une rehab, lança-t-elle avant d’ajouter :but I won't go, go, go » Pitié. Pas ça. Il se passa une main sur le crâne, secouant vaguement la tête, presque amusé. « C’est.. effrayant » lâcha-t-il. Qu’elle ait un sens de l’humour aussi déplorable ou qu’il ait à ce point envie de lui sauter dessus ? Mh. Excellente question. « Quoi donc ? fit-elle, jouant cette fois avec ses cheveux.[color=indigo] Je ne chante pas si mal que ça quand même[color=indigo]n’avait, en l'occurrence, pas prêté des masses attention à sa voix. Ce n’était pas ce qu’il avait remarqué, en tout cas. « C’est effrayant, répéta-t-il avant de poursuivre, baissant légèrement les yeux sur les courbes que sa foutue robe rouge était sensée cacher au départ, de constater à quel point tu peux être sadique » Et ce petit sourire qui venait de se peindre sur son visage en était la preuve parfaite. La garce, la garce, la- hola. Qu’est-ce que- où allait-elle comme ça ?.. droit sur lui. Presque. S’appuyant sur les deux accoudoirs, elle se baissa à sa hauteur et à cet instant, Jason sut qu’il ne sortirait pas d’ici sans avoir fait une grosse connerie. Une très grosse connerie. Il baissa les yeux, préférant fixer ses maigres chevilles plutôt que toute autre partie de son anatomie qui l’aurait conduit, à coup sûr, au faux-pas, avant de finalement baisser les paupières, histoire d’éviter tout risque. « Et tu es loin d'avoir tout vu » lui murmura-t-elle à l’oreille. D’accord, d’accord, très bien. Il fallait qu’il discipline ses pensées et les idées plus ou moins indécentes qu’elle lui inspirait là, mais surtout qu’il reste d’un calme olympien. On ne touche pas avec les mains. Même pas avec les yeux. Il inspira profondément avant de répondre, d’une voix à peu près maîtrisée : « et je préférerais ne rien voir, crois-moi » Mensonge, certes. Et alors ? Elle cherchait encore une fois à avoir le dernier mot, le contrôle de la situation. Hors de question de céder. Quitte à passer de longues et douloureuses minutes dans un jean trop serré. Il ne s’abaisserait pas à lui sauter dessus, malgré l’envie particulièrement urgente qu’il avait de le faire. Envie dont elle avait dû se rendre compte, d’une façon ou d’une autre puisqu’elle demanda, du ton de celle qui n’est pas dupe : « vraiment ? » juste avant de poser ses lèvres dans son cou, sans prévenir. Il frémit, sans très bien savoir si c’était parce qu’il était surpris ou juste parce qu’il attendait ça au moins depuis que Foster avait quitté sa robe rouge. Sa bouche voyagea jusqu’à la commissure de ses lèvres, lui faisant vivre un véritable enfer. « Comme c'est dommage... » susurra-t-elle, ignorant royalement la sienne, de bouche. Il lâcha un grognement, bien malgré lui, avant de s’emparer de son menton d’une main, sans réellement réfléchir. Il était sensé rester stoïque ou tout du moins, essayer. Il avait plus de volonté que ça bordel. Sans compter que l’idée de servir de petite distraction du soir alors qu’elle l’avait prise pour un con quelques minutes plus tôt lui déplaisait. Il écarta finalement son visage de poupée du sien. «Arrête Foster, soupira-t-il, tu sais très bien que c’est ridicule » En vérité, ce qui était ridicule, c’était surtout de ne pas sauter sur l’occasion. Ou plutôt sur Rose Foster. What-thefuck-ever. Elle baissa finalement la tête, effleurant au passage ses lèvres. Il se crispa. Oh non. Non. Non. Il fallait très vite éloigner de céder à cette envie qui, à bien y réfléchir, confinait au besoin là. Il. Ne. Fallait. Pas. Céder. « Oui... malheureusement, oui » fit-elle et il ne put retenir un soupir lorsqu’elle s’éloigna. De soulagement ? Presque. Et ce fut de courte durée. Elle ne trouva rien de mieux que de choisir son pull à se mettre sur le dos. Sérieusement. Il aurait presque préféré qu’elle remette sa stupide robe. « Tu as l’intention de boire cette bouteille-ci aussi ? » marmonna-t-il, passablement énervé, lorsqu’elle s’empara du champagne avant de retourner sur le canapé. « Éventuellement, répondit-elle en haussant les épaules. Mais ne t'en fais pas, il en reste encore plein » Bah voyons. Il se leva avec une certaine difficulté et lui tourna le dos, refusant de donner à son imagination plus que fertile d’autres raisons de le trahir. « Evite de te tâcher, lança-t-il sans se retourner, je ne tiens pas à endosser ta réputation d’alcoolique » Quoi, c’était un fait, cette fille buvait comme un trou. Et elle n’appréciait manifestement pas qu’on le lui fasse remarquer mais ça, il était au courant.

Ce qu’il avait oublié, c’était cette fâcheuse tendance à balancer des choses sur les gens lorsqu’elle était énervée. On aurait pu facilement croire qu’aux vues de son amour pour le champagne, elle éviterait de s’en défaire d’une manière aussi brutale et puérile. Jason comprit bien vite, en sentant ledit champagne dégoûliner sur son crâne, que non. Après un demi-tour, il la fusilla du regard. Merde, pour qui se prenait-elle cette petite idiote pétée de thunes ? Qu’elle s’offusque de l’avoir pour seule compagnie, d’accord, ouais, il était capable de le concevoir et de le comprendre. Qu’elle se paye sa tête, d’accord, il pouvait tolérer. Mais qu’elle se mette à jouer à ce stupide petit jeu, non. Pourtant là, face à elle, alors qu’elle était droite comme un i, dressée sur la pointe de ses pieds pour parvenir à sa hauteur, semblant fine énervée, la seule idée qui lui venait à l’esprit, c’était de la prendre brutalement contre le mur le plus proche. Ou même cette fichue table en verre. N’importe quel support ferait l’affaire. Mauvaise idée. « Foster, commença-t-il, vaguement menaçant, tu- » Le reste de sa phrase se perdit dans les tréfonds de sa gorge dans un vague grognement. Il leva le bras et attrapa le col de son pull pour la tirer à lui. Sa main libre trouva le chemin de sa nuque frêle et il écrasa sa bouche, sans réelle ni douceur. C’était allé trop loin cette fois. Ça allait toujours trop loin avec elle d’ailleurs. A croire que c’était une habitude, un truc pré-écrit ou une connerie du genre.

C’était, en tout cas, inévitable à présent qu’elle ne l’avait pas repoussé, s’accrochant à lui avec force. Encore une fois, il fallait qu’elle ait le contrôle de la situation, qu’elle obtienne, qu’elle décide, qu’elle prenne. En l'occurrence, bien qu’il ne l’avouerait pas même sous la torture, Jason était d’accord pour lui donner tout ce qu’elle voulait. Lui céder, c’était avoir ce qu’il désirait. C’était là un parfait échange de bons procédés. Primaire et agressif, certes, mais excellent. Aussi abandonna-t-il son tee-shirt à ses petites mains nerveuses avant de la débarasser de son sweat, quittant brièvement ses lèvres. Refusant de lui laisser une chance de s’éloigner, des fois qu’elle ne ressente l’envie subite de jouer à nouveau les petites allumeuses, il enserra sa taille d’un bras tandis que son autre main se perdit dans ses cheveux. Ses lèvres trouvèrent naturellement le chemin de son cou, qu’il malmena un instant sans se soucier une seule seconde des éventuelles marques que sa bouche et surtout ses dents pourraient y laisser. Elle l’avait cherché, après tout.

Son pantalon ne tarda pas à rejoindre le reste de leurs vêtements sur le sol alors qu’ils se dirigeaient dangereusement vers le sofa. Les petites mains de Foster courrant sur sa peau, triturant de temps à autre l’élastique de son boxer, eurent définitivement raison de son refus d’obtempérer. Ils se laissèrent tomber ensemble sur le canapé après y avoir buter. Bon sang. Encore dix secondes de plus et il allait exploser. Vraiment. Fébrile, presque trop, il dut se faire violence pour ne pas lui arracher ce stupide sous-vêtement qui la couvrait en le glissant le long de ses jambes. Merde, elles lui avaient presque manqué, ses jambes. Ça et le reste. L’admettre à voix haute était inutile et hautement impossible actuellement mais ça restait indéniable. Retrouver le contact de Foster, son odeur et ses soupirs s’accordant aux siens était enivrant. Cette partie-là était la plus facile, au fond. Pas besoin de mot, rien, juste leurs souffles et leurs corps mêlés, bataillant sans tendresse ni caresse. C’était probablement très con d’y prendre autant de plaisir avec une fille qui savait se montrer aussi exécrable. Whatever. Jurant entre ses dents, il se laissa finalement tomber contre elle, la tête dans le creux de son cou. Il lui fallut une bonne dizaine de secondes pour recouvrer ses esprits et comprendre réellement ce qui venait de se passer. Merde. Il prit soudain conscience de leur position à tous les deux, de la main de Foster qui continuait d’aller et venir sur son crâne à lui, du bordel environnant et, surtout, d’où ils se trouvaient. « Et maintenant ? » demanda-t-elle dans un souffle. Évidemment qu’il devait y avoir une suite. D’ordinaire, elle filait fissa de son appartement, après une ou deux phrases lâchées rapidement. D’ordinaire, ils n’étaient pas contraints et forcés de rester dans la même pièce. D’ordinaire, tout se terminait au moment où leur étreinte cessait. Là, c’était une fin mi-figue mi-raison. C’était une fin sans l’être. Ils allaient devoir rester là, sous le même toit. Awkward.

Sans répondre à la question de Foster, Jason la lâcha, repoussant du même mouvement ses mains et s’assit sur le bord du sofa. Un soupir lui échappa. C’était foireux, comme situation. Mieux valait en terminer rapidement avec tout ce qui pouvait mettre mal à l’aise, comme leur trop grande proximité et cette absence de fringues. Il y remédia vivement, sans mot dire avant de rallier le fauteuil qui faisait figure place-forte. Ils avaient vraiment merdé là. Non que ce soit arrivé par hasard. Mais quand même. Étouffant un bâillement, il la vit se réinstaller sur le canapé, elle aussi habillée. « Je crois que je vais m'atteler à ce bon vin, annonça-t-elle, manifestement lasse, histoire de m'occuper et avec un peu de chance, m'endormir et cuver » Charmant. Absolument charmant. « Mais je t’en prie, fais donc. Tu peux aussi me ranger, des fois que ma présence te gêne Foster, maintenant que tu as eu ce que tu voulais » Elle parut vaguement agacée. Tant mieux, ils étaient deux. « Je n'ai jamais dit ça. Ce n'est pas comme si tu allais quelque part, alors pour l'amour de Dieu assieds-toi, bois un coup et tais-toi. De toute façon, je refuse d'avoir encore une fois cette conversation » Et, bien entendu, ce que madame veut, madame obtient, hein. Foutue anglaise. « Tu as un sérieux problème avec l’alcool, soupira-t-il avant de lever la main, les yeux mi-clos, non, c'est bon, laisse tomber, ne dis rien, je m'en fous » Il s'enfonça un peu plus dans le fauteuil, se massant les tempes. Jason la vit vaguement se lever et n’y fit pas plus attention que ça jusqu’à ce qu’elle vienne se planter face à lui, poing serré, l’air furieuse. Méfiant, il se redressa, craignant presque qu’elle ne se mette en tête de le frapper. C’était une idée stupide, avec un gabarit comme le sien. « Alors tu vas bien m'écouter, commença-t-elle, clairement en colère, parce que je ne le répéterai pas. J'en ai plus qu'assez de m'entendre dire que je suis une sale garce pleine aux as, alcoolique et allumeuse, saches que je suis déjà parfaitement au courant et que si j'avais envie de changer quelque chose, ce serait fait. Mais ce ne sont pas tes petites remarques hypocrites qui y feront quoique ce soit, donc ce serait vraiment, mais alors vraiment très gentil à toi si tu pouvais arrêter de me faire chier en permanence. Tu vis avec ou tu te tais et par pitié, lâche-moi un peu » Il haussa un sourcil, la jaugeant du regard. « Ça y est, tu as fini ? ricana-t-il. [color=steelblue]Pas la peine de monter sur tes grands chevaux, Foster. Je ne vois pas pourquoi je devrais te ménager puisqu’au fond, si on est coincé ici, c’est entièrement ta faute. Si mes commentaires te déplaisent, c’est ton problème. Je n’ai absolument pas l’intention de te caresser dans le sens du poil. Non que tu sembles en avoir eu envie jusque là, d’ailleurs[color], ajouta-t-il avant de désigner le canapé d’un bref mouvement du menton, va donc biberonner, t’avoir juste sous mon nez est perturbant » D’accord, ça n’avait rien de bien élégant. Mais sérieusement, ça commençait à bien faire. Et elle pouvait le regarder avec ces grands yeux surpris et rire autant qu’elle le voulait ― bien qu’il aurait été bien incapable de trouver ce qui était si hilarant, sur ce coup-là ― ça ne changerait rien. Cette situation lui tapait copieusement sur le système, c’était assez épuisant, à la longue. « Comme d'habitude, tout est ma faute, lâcha-t-elle avec hauteur, et tu n'es qu'une pauvre victime de ma terrible personne. Pour rappel, il faut être deux pour jouer à ce jeu là. Alors, arrête. Arrête de faire comme si tu n'y étais pour rien, que tu ne fais jamais rien de mal et que... » Il fronça les sourcils, intrigué. Rose Foster n’était pas le genre de filles que les mots troublaient. Du moins, c’était l’impression qu’elle donnait, à aller toujours droit au but sans faire de fioriture. « Arrête, s'il te plaît » dit-elle finalement, avec une froideur qui tranchait franchement avec la brève impression de fragilité qu’elle avait donné l’instant précédent. Voilà, c’était ça, le plus agaçant. Il fallait toujours qu’elle recommence brutalement à jouer l’ice queen chaque fois qu’elle commençait à tomber le masque. A force, c’était fatiguant. Il était néanmoins conscient que c’était sa foutue manière d’être et que ce n’était certainement pas parce qu’il la sautait une ou deux fois la semaine qu’il y changerait quoi que ce soit. Et c’était frustrant, vraiment. Il ne répondit donc pas, se contentant de détourner la tête, bien décider, cette fois, à l’ignorer royalement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ou, en tout cas, jusqu’à ce que cet imbécile de Faure se repointe et leur ouvre.
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