new world ♦ IONA

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MessageSujet: new world ♦ IONA   Mar 8 Mai - 17:21

Il est tôt, et je me brule les lèvres dans un café trop chaud. Je soupire, le jette dans la poubelle sur mon passage et hausse une épaule. Je n’ai jamais été le genre de fille à boire du café à tout va, de toute façon. Je déteste même ça en fait, de l’odeur jusqu’au goût en passant par la dépendance pitoyable de la plupart des gens pour le liquide. J’ai cette éternelle impression que tout le monde considère ça comme une espèce d’échappatoire divine à la fatigue. Mais moi, je ne suis même pas fatiguée, juste complètement à côté de la plaque. Je suis rédactrice en chef d’un journal de Londres, j’ai des gens dans mon équipe et je dois les diriger en évitant, si possible, de faire couler l’ensemble. L’entreprise s’est avérée jusqu’ici assez délicate, et le fait d’avoir mon beau-frère réticent et soupçonneux dans les pattes n’arrange rien à la chose.
Je soupire, pénètre l’immeuble un peu vieillot qui abrite nos locaux. Je suis la première, je fais l’ouverture et la fermeture tous les jours. Je soupçonne Julian de rester tard exprès pour me contrarier même les soirs où nous n’avons rien à faire, mais me cache bien de lui faire la remarque, tout aussi bien que je suis planquée dans mon bureau. J’ouvre tout, allume les lumières, range deux trois trucs qui trainent et m’assure que le ménage a été convenablement fait, avant de gagner mon propre bureau. Je dois rencontrer une candidate pour remplacer le stagiaire nul que Julian tenait absolument à virer aujourd’hui. Je compte bien prendre quelqu’un qui me plait à moi, et non pas quelqu’un qui répond à ses critères hautement psychorigides. Je m’installe, sort son CV et le dépose devant moi.

Je pianote quelques informations sur mon ordinateur et laisse les minutes défiler. Ma secrétaire me salue à son arrivée, les autres s’installent. Je prépare du thé pour deux et des gâteaux achetés au passage que j’installe sur mon bureau. Cette candidate est particulièrement inspirante pour moi et j’espère bien qu’elle aura, elle aussi le déclic. Elle vient d’horizons bien plus réputés que mon petit journal bancal et l’expérience ne peut être qu’un point positif, surtout pour nous. Ma secrétaire finit par m’informer. « Mademoiselle Stowe est la pour vous, Madame ». Je souris, me lève. « Faites la entrer ». Une jeune femme se glisse à l’intérieur de mon bureau et je m’avance vers elle en lui tendant une main joviale, lui offrant un sourire positif. « Bonjour Mlle, je suis ravie de vous rencontrer. Installez-vous, je vous en prie ». Je m’assois moi-même en face d’elle et lui propose le thé préparé. « Servez-vous. Vos références sont excellentes, qu’est-ce qui vous amène parmi nous ? » « Merci » Elle attrape la théière et me sert aimablement une tasse avant de se servir elle-même, prenant son temps pour répondre à la question que je viens de lui lancer. Aucune idée particulière ne m’anime en réalité, juste l’étonnement banal de constater qu’une jeune femme dynamique et apparemment très qualifiée ait envie de venir travailler dans un petit journal local qui rencontre un certain nombre de difficultés et d’imprévus auxquels il n’est pas toujours aisé de faire face. « Disons que j'ai été contrainte de démissionner de mon poste. Je n'ai aucune envie de leur faire de la mauvaise publicité alors, je ne m'étendrai pas sur le sujet sauf si vous me le demandez, mais pour faire court: disons que mon supérieur ne s'est pas montré des plus professionnels avec moi...» Elle marque une pause, j’acquiesce lentement. Je me fiche pas mal de savoir ce qu’il s’est passé avec son ancien employeur, en fait, j’ai toujours considéré à l’instar de James qu’il fallait faire confiance à son instinct. Or mon instinct a clairement approuvé la lecture de ce CV qu’elle m’a fait transmettre et c’est déjà un très bon point de départ que d’avoir une personne qualifiée pour le job en face de moi. Voilà une idée qui devrait en plus satisfaire Julian. « En tous les cas, je vous remercie infiniment de me recevoir ». Je souris un peu, hoche la tête. « Je vous en prie ». J’avale une gorgée de thé et inspire un peu. « Je préfère vous prévenir tout de suite, votre CV comporte énormément de qualifications que nombre d’entre nous ici n’ont pas ». Je pianote un peu sur mon bureau. « Nous sommes un petit journal, et si vous connaissez un peu son histoire vous savez aussi que beaucoup remettent en cause ma place à sa direction. Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas aussi douée que votre ancien patron. Vous travaillerez dur et je n’ai clairement pas les moyens de vous verser un salaire astronomique ; aussi je comprendrais parfaitement que vous préfériez aller postuler ailleurs. » Autant poser les cartes directement, l’équipe est compétente mais pas qualifiée, en dehors sans doute de Julian qui est en plus de ça objectivement doué.

Elle sourit un peu, laissant entendre que les problèmes d’ordre financiers n’en sont pas vraiment pour elle, ce qui me rassure légèrement – j’aurais peur de laisser passer une perle, en réalité. J’ai entendu ce qu’a dit Julian, même s’il y avait sans doute des moyens plus pédagogiquement corrects de le dire, et je pense qu’il a raison. Nous manquons de passionnés, de professionnels passionnés capables de flairer les bonnes affaires, comme James aurait aimé que nous en ayons. « J'en ai eu vent, effectivement. Mais pour être tout à fait honnête, je m'en moque. A mon humble avis, aimer son travail et évoluer au sein d'une entreprise qui n'essaiera pas de changer ce que vous êtes c'est tout ce qui importe. Qui plus est, vous m'avez l'air de faire une patronne admirable; bien plus honnête et louable que la plupart des requins que j'ai eu le déplaisir de rencontrer ces derniers mois. Enfin, je trouve que votre journal a beaucoup de charme. Alors, à moins que je ne fasse pas l'affaire, je ne vois aucune raison d'aller postuler autre part » Je souris un peu en avalant une gorgée de ma tasse de thé, hochant la tête avec un soulagement non dissimulé. « Et vous m’en voyez ravie ». J’inspire et sors un léger dossier que je lui tends. « Un contrat de travail. Je ne vois pas de raison de vous faire aller ailleurs, vous êtes la personne qui manque à ce journal. Vous pouvez commencer demain si vous en avez envie, je me ferai un plaisir de vous faire visiter les lieux si ça vous tente ».

« Alors, où je signe? ». Mon rire se joint au sien tandis que je termine ma tasse de thé, ravie par la conclusion de cette matinée déjà bien entamée. « Pour la visite c'est avec grand plaisir. De même et si ça ne tenait qu'à moi, je commencerai tout de suite! » J’hausse les sourcils et m’interromps dans mon geste, amusée. « Prenez le contrat chez vous, lisez le et ramenez le demain signé et parafé, ça ira ». Je lui adresse un clin d’œil et pousse ma chaise. « Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous restiez parmi nous aujourd’hui si vous en avez envie ». Je me redresse et inspire, lisse ma jupe et referme la veste de mon tailleur, tenue correcte exigée, même ici ; surtout ici. « Nous avons déjà un bureau libre pour vous ». « Vraiment? Parce que si c'est le cas, merci. C'est avec plaisir que je vous suis. Et puis en connaissant les lieux, je ne pourrais être que plus efficace demain matin » J’ouvre la porte et l’invite à sortir en hochant la tête calmement. J’apprécie tout cet enthousiasme plus que je ne serai capable de le dire, l’ambiance générale de la rédaction étant plutôt aux tensions diverses que les gens véhiculent ici, et surtout Julian sans que je n’ose l’accuser ouvertement. « Suivez moi, je ne vous présenterai pas toute l’équipe tout de suite nous sommes sur les coudes, mais votre bureau est au fond du couloir ». Je l’entraine en saluant les gens auprès desquels nous passons. « Voilà, c’est ici », je lance en ouvrant la porte « Non loin du bureau de Julian avec lequel vous serez forcée de travailler. Il est l’adjoint à la rédaction, je suis sûre que vous réussirez à vous le mettre dans la poche ». Je l’espère, en tout cas.«L'adjoint à la rédaction, hein? S'il est aussi sympathique que vous l'êtes, je n'ai aucun soucis à me faire! Et puis, je suis tellement ravie que vous m'aillez offert ce poste que je pourrais supporter n'importe quoi et n'importe qui, je crois! » Je grimace un peu et me tourne vers elle. « Je ne l’ai jamais connu franchement sympathique, mais je suppose que c’est un traitement de faveur qu’il me réserve. » Je soupire un peu et la laisse découvrir la pièce. « Cet endroit est parfait ! Je sens que je vais me plaire ici! » Je souris, encourageante, oubliant Julian un instant. « Je suis ravie que l’endroit vous plaise ! »
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Dernière édition par Cameron Roxon-Kennedy le Ven 18 Mai - 21:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: new world ♦ IONA   Sam 12 Mai - 0:41

Je m'étais levée particulièrement tôt ce matin et pour cause, je devais me rendre à un nouvel entretien d'embauche. Ayant changé plusieurs fois de tenue, j'avais fini par opter pour une robe bleue marine et des ballerines couleur crème, adoptant ainsi un look sobre et élégant. Qui plus est mon chignon approximatif venait compléter cette touche douce et décontractée que j'avais désiré apporter à ma tenue. Pour avoir accumulé les rendez-vous du type ces dernières semaines, je savais mieux que quiconque qu'il était primordial de ne pas faire de chichis. La première impression que l'on se faisait de vous était la seule qui importait réellement; raison pour laquelle il ne fallait surtout pas en faire des tonnes et tenter d'impressionner son monde à tout prix. Surtout pas avec son physique, auquel cas les employeurs vous catalogueraient immédiatement dans la catégorie des jeunes femmes certes jolies, mais aussi complètement stupides. Hors, je n'avais pas particulièrement envie de finir standardiste. J'excellais dans mon domaine, mon curriculum vitae en témoignait parfaitement, il ne me restait plus qu'à assurer en face en face ou là où j'avais échoué les fois précédentes. J'avais à peine le temps d'avaler un café et de me brosser les dents qu'il était déjà l'heure de partir. En réalité, j'avais encore un peu de temps devant moi, mais puisque je voulais arriver en avance, autant me mettre en route dès maintenant. [...]

On me reçut très rapidement et découvrir à qui j'avais à faire, dissipa cette grosse boule de stresse qui s'était logée dans le bas de mon ventre. « Bonjour Mlle, je suis ravie de vous rencontrer. Installez-vous, je vous en prie » me dit mon interlocutrice après m'avoir salué. « Bonjour » répliquai-je tout sourire, avant de la suivre à l'intérieur. Prenant place, je la laissais poursuivre, tout en regardant brièvement la table qu'elle me désignait. « Servez-vous. Vos références sont excellentes, qu'est-ce qui vous amène parmi nous ? » En plus de nous maître à l'aise, ils se donnaient du mal. J'avais rarement vu ça. « Merci » répondis-je en me saisissant de la théière. Au moyen d'un signe de la tête, je lui demandais si elle en désirait elle aussi et lui en versais une tasse, avant de me servir. Esquissant un sourire gêné, je poursuivis: « Disons que j'ai été contrainte de démissionner de mon poste. Je n'ai aucune envie de leur faire de la mauvaise publicité alors, je ne m'étendrai pas sur le sujet sauf si vous me le demandez, mais pour faire court: disons que mon supérieur ne s'est pas montré des plus professionnels avec moi...» Je marquais une courte pause, avant de reprendre « En tous les cas, je vous remercie infiniment de me recevoir ». « Je vous en prie » me répondit-elle simplement, tandis qu'elle avalait une gorgée de son thé. Trempant moi-même mes lèvres dans le breuvage, je réalisai qu'il était encore un peu chaud à mon goût, raison pour laquelle je reposai discrètement ma tasse sur la table. « Je préfère vous prévenir tout de suite, votre CV comporte énormément de qualifications que nombre d'entre nous ici n'ont pas » énonça-t-elle quelques secondes plus tard, avec une franchise qui m'étonna. La plupart des propriétaires de journaux et/ou magazines que j'avais rencontré ces derniers mois ne s'étaient pas montrés si aimables et encore moins honnêtes face à moi. Raison pour laquelle j'étais à la fois soulagée et ravie de l'entendre tenir un discours comme celui-là. « Nous sommes un petit journal, et si vous connaissez un peu son histoire vous savez aussi que beaucoup remettent en cause ma place à sa direction. Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas aussi douée que votre ancien patron. Vous travaillerez dur et je n'ai clairement pas les moyens de vous verser un salaire astronomique ; aussi je comprendrais parfaitement que vous préfériez aller postuler ailleurs. » Gagner énormément d'argent n'ayant jamais été ma motivation principale, je souris dans un premier temps, histoire de lui faire comprendre que ça n'avait aucune importance. Le principal n'était-il pas d'aimer son métier, après tout? Quitte à choisir je préférai de loin me lever le matin pour occuper un poste qui me passionnait quand bien même il me rapportait des clopinettes, que de faire partie d'une grande entreprise, recevoir un salaire colossale et y aller à reculons. « J'en ai eu vent, effectivement » je lâchai dans un premier temps, buvant une gorgée de mon thé -qui avait refroidi- cette fois. « Mais pour être tout à fait honnête, je m'en moque. A mon humble avis, aimer son travail et évoluer au sein d'une entreprise qui n'essaiera pas de changer ce que vous êtes c'est tout ce qui importe. Qui plus est, vous m'avez l'air de faire une patronne admirable; bien plus honnête et louable que la plupart des requins que j'ai eu le déplaisir de rencontrer ces derniers mois. Enfin, je trouve que votre journal a beaucoup de charme. Alors, à moins que je ne fasse pas l'affaire, je ne vois aucune raison d'aller postuler autre part ». Un grand sourire se dessina alors sur son visage et je crus même y déceler une once de soulagement. De toute évidence, elle craignait que leurs petits soucis financiers ne soit un problème, justement. Si seulement toutes les grandes pointures du métier pouvaient se montrer aussi intègres que mademoiselle Roxon-Kennedy déplorai-je intérieurement alors, notre branche ne se porterait que bien mieux. Enfin, l'être humain était mû par la recherche du profit maximal depuis trop longtemps maintenant pour que cela change. « Et vous m'en voyez ravie » s'empressa-t-elle de poursuivre, avant de me tendre un petit dossier. Sentant la boule qui s'était logée au fond de mon ventre s'éclipser, je parvins à peine à cacher mon soulagement. Et ce n'était rien à côté de la joie que je ressentis en l'entendant poursuivre. « Un contrat de travail. Je ne vois pas de raison de vous faire aller ailleurs, vous êtes la personne qui manque à ce journal. Vous pouvez commencer demain si vous en avez envie, je me ferai un plaisir de vous faire visiter les lieux si ça vous tente ». Et comment que j'en avais envie! J'étais peut-être au chômage depuis peu, mais pour une jeune femme active tel que moi c'était tout bonnement insupportable. Qui plus est, je trépignai déjà d'impatience à l'idée de travailler pour ce journal. Me saisissant d'un stylo qui traînait sur la table, je répliquai tout sourire « Alors, où je signe? ». Amusées, nous nous mîmes toutes deux à rire et tandis que je retrouvai mon sérieux je réagis à ce qu'elle venait de me dire. « Pour la visite c'est avec grand plaisir. De même et si ça ne tenait qu'à moi, je commencerai tout de suite! ». Je faisais rarement preuve d'autant d'enthousiasme, mais la demoiselle avait su me mettre en confiance et puisque je mourrais d'envie de travailler ici, il m'apparaissait parfaitement inutile de faire des chichis. « Prenez le contrat chez vous, lisez le et ramenez le demain signé et parafé, ça ira » reprit-elle quelques secondes plus tard tout sourire. « Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous restiez parmi nous aujourd'hui si vous en avez envie. Nous avons déjà un bureau libre pour vous » poursuivit-elle en se levant de sa chaise. « Vraiment? » je répliquai enthousiaste, en ramassant le dossier dans mon sac. « Parce que si c'est le cas, merci. C'est avec plaisir que je vous suis. Et puis en connaissant les lieux, je ne pourrais être que plus efficace demain matin ». Sur ces belles paroles, elle ouvrit la porte et m'invita à la suivre. Je m'exécutai sans plus de cérémonie. Faut dire que j'étais si impatiente de retourner travailler qu'un rien m'enthousiasmait.

« Suivez-moi, je ne vous présenterai pas toute l'équipe tout de suite nous sommes sur les coudes, mais votre bureau est au fond du couloir ». Pour toute réponse, je me contentai d'acquiescer d'un signe de la tête, tout en prenant soin de sourire aux personnes qu'elle saluait. Autant leur faire bonne impression dès le départ, n'est-ce pas? « Voilà, c'est ici » dit-elle en arrêtant sa course. « Non loin du bureau de Julian avec lequel vous serez forcée de travailler. Il est l'adjoint à la rédaction, je suis sûre que vous réussirez à vous le mettre dans la poche ». Espérons que le courant passe aussi bien avec lui qu'avec la jeune femme, enfin on verra bien. «L'adjoint à la rédaction, hein? » je répétais, un peu ailleurs. « S'il est aussi sympathique que vous l'êtes, je n'ai aucun soucis à me faire! Et puis, je suis tellement ravie que vous m'aillez offert ce poste que je pourrais supporter n'importe quoi et n'importe qui, je crois! » je conclus sous le ton de la plaisanterie. Puis j'entrais dans la pièce et en fis un rapide tour d'horizon. « Cet endroit est parfait ! Je sens que je vais me plaire ici! »
uc.
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