It's all our fault [Rowan]

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MessageSujet: It's all our fault [Rowan]   Sam 5 Mai - 15:48



It's all our fault
« Rowan & Kin »


Je suis un monstre. Et je jubile. Cela faisait une éternité que je n'avais pas fait chauffer la carte gold-caviar-chaussures de papa. Et dieu que c'est bon. Mes sacs à la main, j'ai l'impression d'être Carrie Bradshaw. Et ma virée à New York avec Rose n'a rien arrangé, le mode futile a été activé après avoir été endormi pendant trop longtemps. J'ai fini par revenir à Londres, par reprendre mes bonnes vieilles habitudes, bien plus amusantes que de voir un psy comme papa le voulait. Et puis quoi encore ? Pourquoi dépenser de l'argent pour parler à un type bizarre alors que je peux m'offrir les nouvelles Jimmy Choo ? Ou mieux encore des Louboutin ? D'ailleurs j'ai mes escarpins chéris aux pieds et je me sens invincible. Non seulement ces chaussures sont une arme de séduction massive, mais en plus un bon coup de talon aiguille peut faire bien des dégâts. Certains l'ont appris à leurs dépends et Jason seul sait que je peux me battre aussi bien en tailleur Chanel et escarpins vernis qu'en vieux jean et Rangers toutes pourries. En y repensant il faudra vraiment que je discute du cas "Jose" avec Tristan. Enfin, la question ne se pose pas pour l'instant, je vais attraper un taxi et rouler chez mon petit couple préféré qui se remet à peine d'une grave crise. J'en profiterai pour rappeler à Andrea qu'il devra m'épouser si je ne suis pas casée dans dix ans et que par conséquent je serais l'épouse des deux hommes les plus gays et les plus convoités d'Angleterre. Joie. Mon portable sonne et je décroche avant de répondre d'un ton joyeux. « Rose chériiiiie ! » Je babille joyeusement et ne regarde absolument pas devant moi. Pour quoi faire ? Les gens s'écartent !

Je continue de discuter joyeusement avec mon oxfordienne de meilleure amie (ciel, quelle infamie ! Elle aurait pu avoir la décence d'être à Cambridge !), vantant mes achats avec une évidente satisfaction de gamine pourrie gâtée, lui faisant l'inventaire de mes superbes chaussures, de mon nouveau sac et de cette robe vintage absolument divine que je porte actuellement. Elle me félicite, glisse qu'elle préfère largement la Kin victime de la mode à la Kin yeux de panda qui a débarqué chez elle quelques mois auparavant. Oui forcément, il est plutôt rassurant de voir que je lutte férocement contre la dépression et toute forme d'engagement sentimental en faisant du shopping, surtout après une disparition de près de six mois. « Enfin ma chérie tu sais très bien que la dépression me va très mal au teint. Je ne saurais être moi même qu'avec des chaussures hors de prix et les fringues qui vont avec. » je souris. « D'ailleurs je dois absolument te montrer mes nouvelles acquisitions et... » j'ajoute avant de lamentablement rentrer dans quelqu'un. Je titube légèrement sur mes talons de douze centimètres et retrouve un équilibre certain avant de me figer. Oh. Mon. Dieu. J'aurais pu percuter n'importe qui, même tonton Karl qui m'aurait arraché les yeux pour avoir seulement osé faire un croche-pied à l'un de ses mannequins sous coke. Mais non. Il a fallu que je rencontre la seule personne au monde que je ne voulais surtout pas voir. « Je te rappelle plus tard. » je lâche d'un ton abrupt avant de faire face à Rowan. J'hésite. Attaque frontale ou bien fuite sur le côté ? La culpabilité me prend à la gorge et je me rappelle douloureusement que je suis partie sans donner de nouvelle et que je me fais un devoir d'effacer ses messages sans les écouter dès qu'il m'en laisse un. Et puis je me souviens que je l'ai vu flirter avec sa pétasse de secrétaire et que, tout est de sa faute (et de la mienne aussi), et que je n'aurais jamais dû m'impliquer à ce point dans une relation. « Bonjour Rowan. » je parviens à lâcher froidement.
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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Mar 29 Mai - 22:53



« Bordel, tu crois vraiment que ça m’intéresse ce genre de choses ? » Rowan marchait tranquillement dans les rues de Londres en vociférant des insultes à son téléphone. La colère avait envahi chaque fibre de son corps pour finir par ne plus le quitter. Il pestait contre sa secrétaire. Une fois encore cette gourdasse s’était plantée sur un rendez-vous, elle n’avait pas pris la bonne adresse et avait essayé de se justifier pitoyablement auprès de son employeur en bafouillant un mensonge sans queue ni tête. Rowan commençait très sérieusement à en avoir marre. Il se pinça l’arête du nez et inspira fortement signe de son agacement. Ce n’était véritablement pas le jour pour le mettre en colère et manque de chance pour la jeune fille au bout du fil, ça allait tomber sur elle.

L’homme esquiva une bande d’enfants en se plaquant sur le mur à droite et commença son discours par une pluie de reproches. La dame accompagnant ces bambins lui lança un regard réprobateur auquel il répondit par une grimace signifiant très clairement qu’elle devait se mêler de ses affaires plutôt de celles des autres. « C’est pourtant simple, non ? Je te demande d’être attentive au moins une fois quand tu prends un appel. C’est si compliqué que ça de prendre en note un message avec les coordonnées de la personne ainsi que son nom ? Ton cerveau de blonde atrophiée ne comprend pas quoi dans cet ordre pourtant simple ? … Non mais… » Rowan lâcha un autre soupir. « Ne te mets pas à pleurer bon sang ! C’est pas… Non, ce que je disais c’est que c’est pas… » Il recula le téléphone lorsqu’il entendit sa secrétaire se moucher plutôt bruyamment. Il leva les yeux au ciel en se demandant ce qu’il avait bien pu faire au bon Dieu pour mériter une empotée pareille. « Marielle ! Arrête de pleurer s’il te plaît ! Je ne peux pas en caser une là ! Tu as noté plus précisément où il habitait ce client ? … Co… Comment ça tu sais pas ? » Cette fois, il se mordit la langue pour éviter de lui hurler dessus une énième fois. « Oui, bah tu ferais mieux de bien chercher parce que tu risques ta place, là. »

Rowan continuait de marcher, le portable toujours accroché à son oreille et sa mallette dans sa main libre. Il pénétra dans Hyde Park dans l’espoir de ne pas avoir à faire demi-tour. « Parfait. J’y suis dans un peu plus de dix minutes pour rattraper la monstruosité que tu as commise. » Il raccrocha d’un coup sec et accéléra le pas. Son Iphone vibra une première fois notifiant qu’elle lui avait envoyé le plan avec l’adresse exacte. L’avocat esquissa un sourire en se souvenant pourquoi il l’avait engagé : elle était bien une des seules à savoir se servir convenablement de l’informatique. La tête perdue dans ses pensées, il poursuivit son chemin et percuta violemment quelqu’un. Alors qu’il s’apprêtait à sauter à la gorge de cette personne qui le mettait encore plus en retard, il ne put s’empêcher de bloquer. Là, devant lui se tenait Kin. Sa Kin. Celle qui l’avait quitté. Celle qui n’avait pas donné de nouvelles durant six mois. Plusieurs sentiments traversèrent l’homme à cet instant : la colère puis la joie et pour finir la frustration. Elle le salua d’un ton froid. Il ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire en baissant la tête.

« Bonjour Kin. » répondit-il simplement.

Il hésita à faire pleuvoir une tonne de questions : où était-elle allée durant six mois ? Pourquoi n’avait-elle pas donné de nouvelles ? Qu’avait-il fait ? Avait-elle pensé à lui ? Et à son père ? N’avait-elle eu aucune culpabilité à laisser son père seul et mort d’inquiétude ? Rowan prit sur lui sentant toujours la colère contre sa secrétaire l’habiter. Il se racla la gorge et poursuivit en la provoquant du regard.

« Comment vas-tu depuis le temps ? »

Dis, est-ce que je t’ai manqué ? Avait-il envie de souffler.

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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Mer 30 Mai - 11:34

Je recule d'un pas. Là j'hésite franchement à courir le marathon de ma vie. Même avec des talons aiguilles de douze centimètres. Avouons-le je ne suis pas prête (et je ne le serais sans doute jamais) pour cette confrontation. Point positif, il ne me saute pas à la gorge, n'essaye pas (encore) de me séquestrer, de toutes manières je n'ai repéré aucun agent embusqué. Je me sens réellement coupable, bien plus que lorsque j'ai débarqué chez Rose complètement paumée. C'est à elle que j'aurais dû donner des nouvelles. Lui ne les méritait pas. « Bonjour Kin. » Je ne réponds pas. J'ai terriblement envie de retirer ce sourire suffisant de son visage. J'ignore s'il s'agit d'un sourire suffisant ou s'il est réellement content de me voir. J'en doute puisque je n'ai pas donné de nouvelle pendant plus de six mois. Et même maintenant que je suis rentrée j'efface scrupuleusement ses messages sans les écouter. Même si je l'avoue, voir son nom sur mon portable me fait toujours sursauter et que je meurs d'envie de décrocher, juste pour l'entendre parler. Je vais me payer une cure de désintox. Andrew sera ravi de m'aider d'autant plus qu'il a ramassé la pauvre loque que j'étais dans un des couloirs de la fac tant j'étais incapable de tenir debout. J'ai terriblement merdé sur ce coup-là. Plus jamais je ne me laisserais aller au point de ne pas pouvoir marcher. La menace de finir sous perfusion m'a suffit, je préfère encore mourir plutôt que de me retrouver avec des aiguilles dans le bras.

« Comment vas-tu depuis le temps ? »

Je le fixe d'un air vaguement incrédule. Bien ? Il croit que je vais bien ? Je suis partie six mois sans donner de nouvelles, il croit vraiment que je me porte comme un charme après ça ? Apparemment il ne se doute de rien, je suis persuadée qu'il doit se considérer comme innocent, blanc comme neige, l'apanage des avocats je suppose. De se trouver des excuses. Je lâche mes sacs et sans que je puisse me contrôler, ma main part. Elle heurte sa joue violemment et brusquement je prends conscience de toute la rage qui m'habite. Toute cette colère que je contiens depuis que je l'ai vu avec sa secrétaire. Toute cette colère, cette douleur qui m'a poussée à faire les choses les plus stupides de mon existence à savoir partir sans donner de nouvelle pendant six mois, me faire tatouer alors que j'étais complètement imbibée d'alcool (mais ça je ne le regrette pas), déprimer au point de ne plus pouvoir manger, me retrouver en position de faiblesse face à Andrew, devoir compter sur lui (ce boy-scout causera ma perte).

« A ton avis ! » je finis par exploser. « Tu crois vraiment que je vais bien ? »

Après plus de six mois d'abstinence j'avoue que j'ai tendance à être très agressive pour peu qu'on m'en donne l'occasion. Et mes retrouvailles plus ou moins tragiques avec Andrew n'ont pas arrangé les choses. En général les gentils garçons m'ennuient. Mais pas celui-là. Il a réussi à me faire craquer il y a cinq ans et à me mettre dans son lit. A suivi une grande période d'ignorance teintée de mépris de ma part mais il ne m'en a pas tenu rigueur, le charmant imbécile. Toujours le coeur sur la main, adorable, toujours prêt à prendre soin des autres, c'est d'un garçon comme lui que j'aurais dû tomber amoureuse. Pas de Rowan. Et pourtant ma main tremble alors que je recule à nouveau, prenant conscience que ce geste dicté par la colère et la douleur prouve bien que je ne me suis pas du tout détachée de lui, alors que c'était ce que je voulais le plus. Je désirais l'oublier, ne plus l'aimer, ne plus me sentir blessée par ce que j'avais vu. Ne plus me sentir blessée de devoir jouer les éternelles inaccessibles auprès de mes camarades, me coltinant une réputation de frigide totalement usurpée. Et pourtant...

« Plus de six mois sans donner de nouvelles et tu le prends comme ça ! Tu pourrais au moins faire semblant d'être triste ou soulagé ou en colère ! Mais non, tu te fiche tellement de mon existence que j'ai simplement droit à un pitoyable comment ça va ! »

Là j'en suis au point de ne plus contrôler grand chose. Ni mes poings serrés au point de faire blanchir mes jointures, ni ma voix qui monte dangereusement, ni mon regard qui doit sûrement trahir ma colère mais aussi la déception de n'être pour lui qu'une passage, oui juste une passade qu'il a dû oublier en six mois. J'aurais dû coucher avec Andrew pour lui jeter à la figure qu'un mec plus jeune que lui c'est tellement mieux. Même si c'est un mensonge. Sinon je ne serais pas devenue amie avec Jimmy, je lui aurais sauté dessus sans le moindre état d'âme. Pareil avec Andrew. J'aurais pu devenir la pire traînée de Cambridge. Mais non. Je suis pitoyable. Complètement intoxiquée et terriblement en manque de lui. Je sais que dans quelques minutes les larmes rouleront sur mes joues et je veux absolument éviter ça. Kin Eastwood ne pleure pas. Sauf en présence de sa meilleure amie et du boy-scout de service. Mais pas devant l'homme qu'elle aime et qu'elle déteste. Jamais.

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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Sam 2 Juin - 11:32

Les questions qu’il se posait quelques minutes auparavant tournaient toujours dans sa tête et il se mordait la langue pour éviter de les lui poser. Il ne pouvait pas montrer son affection, son inquiétude encore d’actualité à son sujet. C’était impensable. Il n’avait jamais aimé de sa vie et c’était dans les bras de la fille de son meilleur ami qu’il avait découvert les prémices de l’amour.

Il l’observa se mettre en colère. Vider sur lui ce qu’elle avait sur le cœur depuis un bon moment. Il savait qu’en restant le plus stoïque possible, il allait la faire sortir de ses gonds. C’était bien joué. Il la laissa s’emporter jusqu’à ce que la gifle arrive. La tête tournée sur le côté, il encaissa, laissant peu à peu la colère prendre le dessus sur son calme difficilement maitrisable. Rowan lui lança un regard très peu amical. Il empoigna le poignet de Kin et la rapprocha de lui.

« Et mes centaines de messages laissés sur ta boîte vocale ? Et les milliers de sms que j’ai pu t’envoyer ? C’était pas une preuve que j’étais mort d’inquiétude ça ! Mais tu n’as jamais daigné à me répondre, ni à retourner mes appels. Jamais. » Souffla-t-il contre son visage. « J’ai dû consoler ton père, j’ai dû essuyer ses crises de panique pendant que mademoiselle était Dieu sait où ! Alors Kin, ne viens pas me faire une leçon de morale quand tu ne sais pas dans quel état j’ai pu être pendant six mois ! » Il la relâcha.

L’avocat massa sa joue et jura intérieurement, comment allait-il expliquer cette marque à son client si jamais ce dernier lui en posait la question. Ce n’était réellement pas sa journée. Il aurait mieux fait de rester allonger dans son lit à écouter les grands airs de Mozart un verre de whisky sur sa table de nuit.

« J’ignore totalement pourquoi tu es partie comme ça. J’ignore parfaitement ce qui a pu se passer, mais venir m’en parler était-ce trop te demander ? » Continua-t-il, un grondement sourd montant dans sa gorge. « On t’a cru morte. MORTE, Kin ! » ses yeux lançaient des éclairs. « Tu n’imagines vraiment pas dans quel état j’étais. » Répéta-t-il.

Tous deux avaient cette colère qui présageait de nombreux dégâts.

« Où est-ce que tu étais ? » Explosa-t-il, il ne pouvait plus se retenir. « Où étais-tu partie pendant six longs mois ? Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que tu partes ainsi ? Je crois que tu me dois des explications faute d’en avoir donné à ton père ! » Il serra un peu plus fort la poignée de sa mallette, sentant le plastique lui rentrer légèrement dans la peau.
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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Sam 2 Juin - 17:05


Lorsqu’il saisit mon poignet, plutôt brusquement, et me tire vers lui, je n’ai qu’une envie, me dégager et m’enfuir. Rowan n’est pas un homme « gentil ». Enfin du moins il n’est pas comme Andrew, d’une douceur et d’un calme exemplaires quelle que soit la situation. Non Rowan est comme moi. Il ne sait pas faire preuve de mesure lorsque ça nous concerne. Il est passionné et dans ce cas précis, ce n’est pas une bonne chose pour moi. Je suis à peine surprise de voir tant de violence dans ses yeux, tant de colère et pourtant je me refuse à penser que cela pourrait être… parce que je lui ai fait peur, que je lui ai manqué. Non, s’il est en colère c’est parce qu’il vient de se prendre une gifle et que j’ai gentiment piétiné son ego comme il a piétiné mon cœur. « Et mes centaines de messages laissés sur ta boîte vocale ? Et les milliers de sms que j’ai pu t’envoyer ? C’était pas une preuve que j’étais mort d’inquiétude ça ! Mais tu n’as jamais daigné à me répondre, ni à retourner mes appels. Jamais » Je frissonne et j’essaye de reculer mais j’ai l’impression d’avoir du plomb dans les jambes. Il est près. Trop près. Trop près pour ma santé mentale. J’ai envie de lui hurler que je n’ai même pas pris la peine de rassurer mon père, alors lui ! Pourquoi l’aurais-je appelé lui plutôt que l’homme le plus important de ma vie ? Celui qui me voit encore comme une enfant, et c’est à bien des égards ce que je suis, celui qui tuerait pour me protéger, celui qui massacrerait certainement son meilleur ami s’il savait.

« J’ai dû consoler ton père, j’ai dû essuyer ses crises de panique pendant que mademoiselle était Dieu sait où ! Alors Kin, ne viens pas me faire une leçon de morale quand tu ne sais pas dans quel état j’ai pu être pendant six mois ! » Enfin il me relâche et je reste immobile un instant avant de reculer, me massant le poignet avec une grimace de douleur. Il n’y est pas allé de main morte, je suis sûre que demain j’aurais de jolies marques bleues très tendances. Je le regarde, un peu perdue, hésitant entre me mettre en colère à nouveau et balbutier des excuses minables du même genre que j’ai pu sortir à Rose. Ma meilleure amie et Rowan ont le chic pour me faire culpabiliser à mort. D’elle je peux l’accepter. De lui non. Pas cette fois. Pas alors qu’il est le seul coupable. Ma vie est un véritable fiasco depuis que je suis rentrée. Autrefois jeune fille parfaite à tous les égards, je me prends maintenant à défier ouvertement le JCC alors que j’en partageais autrefois les idéaux. J’ai successivement fini à moitié morte dans les couloirs, pleuré dans les bras d’un boy-scout avec qui j’ai couché il y a de ça cinq ans, fini par passer quelques jours chez des copains gays puisque je n’étais pas capable de me nourrir seule et j’ai terminé chez le doyen pour avoir constellé de peinture une petite garce qui le méritait bien. Autant dire que je tiens Rowan pour responsable de tous ces désastres.


« J’ignore totalement pourquoi tu es partie comme ça. J’ignore parfaitement ce qui a pu se passer, mais venir m’en parler était-ce trop te demander ? On t’a cru morte. MORTE, Kin ! Tu n’imagines vraiment pas dans quel état j’étais. Où est-ce que tu étais ? Où étais-tu partie pendant six longs mois ? Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que tu partes ainsi ? Je crois que tu me dois des explications faute d’en avoir donné à ton père ! » Je relève la tête, la rage me prenant à nouveau à la gorge et je m’avance à nouveau vers lui, prête à lui donner des réponses. « Tu veux savoir pourquoi je n’ai rien dit à papa ? Parce qu’il s’agissait de TOI ! Et uniquement de TOI ! J’ai eu la décence de préserver votre amitié en ne lui disant rien, mais j’aurais peut-être dû m’abstenir ! » En réalité si je n’ai rien dit, c’était surtout pour ne pas faire de peine à papa. Je crois que ça l’aurait achevé. « C’est de TA faute si je suis partie ! ET DE TA PETASSE DE SECRETAIRE ! J’étais venue te voir et je… je… » Ma voix se brise et cette fois je crois que je n’ai plus aucune fierté. Rowan m’a tout pris et a tout détruit. Mon cœur, ma confiance, mon ego. Les larmes roulent sur mes joues et je les essuie d’un geste rageur mais maladroit, tant je tremble. « Tu étais tellement occupé à flirter avec elle que tu ne m’as même pas vue. J’ai déposé Méphisto chez papa et j’ai sauté dans le premier avion. » Je ramasse mes sacs en évitant soigneusement son regard et lui tourne le dos, bien décidée à partir et à ne plus jamais le revoir. « Et tu veux que je te dise ? Ces derniers temps, j’aurais vraiment préféré être morte. » Oui, ce serait plus simple que de jouer la comédie en prétendant que je vais bien. Parce qu’en six mois je n’ai pas réussi à me détacher de lui, même en étant à l’autre bout du monde.
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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Ven 8 Juin - 11:47

« Tu veux savoir pourquoi je n’ai rien dit à papa ? Parce qu’il s’agissait de TOI ! Et uniquement de TOI ! J’ai eu la décence de préserver votre amitié en ne lui disant rien, mais j’aurais peut-être dû m’abstenir ! » Rowan pinça ses lèvres. Sa faute ? Bon Dieu qu’avait-il pu bien faire. « C’est de TA faute si je suis partie ! ET DE TA PETASSE DE SECRETAIRE ! J’étais venue te voir et je… je… » Il sentit les couleurs déserter son visage. Alors c’était pour ça. Pour ça qu’elle était partie s’enterrer à l’autre bout du monde ou il ne savait trop où. Mais depuis, tellement de choses avait changé, il l’avait viré parce que, comme toutes les autres, elle était d’une incompétence rare. Il avait engagé la gourdasse qui avait tenu jusqu’à maintenant pour la simple et bonne raison qu’elle savait à peu près bien maîtriser l’informatique. Alors la pétasse de secrétaire était loin, très loin. Il se traita mentalement d’abruti fini. « Tu étais tellement occupé à flirter avec elle que tu ne m’as même pas vue. J’ai déposé Méphisto chez papa et j’ai sauté dans le premier avion. » C’était son portrait tout craché. « Bordel. » Jura-t-il entre ses dents et suffisamment bas pour éviter qu’elle ne l’entende. Il avait véritablement tout fait foirer entre elle et lui. Pourquoi avait-il dragué l’autre déjà ? Il ne s’en souvenait même plus. Un autre point qu’il devra aborder si jamais il lui prend l’envie d’aller voir un psy un jour. Il l’observa récupérer ses affaires et commencer à s’éloigner sans rien faire. Que pouvait-il bien dire ? Que pouvait-il bien faire pour l’arrêter ? Il avait bien une idée, mais elle allait lui virer une autre gifle voire pire. « Et tu veux que je te dise ? Ces derniers temps, j’aurais vraiment préféré être morte. » Rowan releva la tête, son cœur ayant manqué un battement, il jeta sa mallette sur le sol et rattrapa la jeune fille.

Il la tourna face à lui, la maintenant par les bras. « Je ne sais pas ce que tu veux entendre, je ne sais pas non plus comment me faire pardonner, mais je suis désolé. Je pense sincèrement ce que je dis. Je suis désolé de t’avoir blessé, je ne sais plus pourquoi j’ai essayé de flirter avec elle, mais sache qu’elle ne travaille plus pour moi. Elle a viré, je l’ai viré. » Il la regardait profondément dans les yeux avec l’irrésistible envie de commettre une fois encore l’irréparable. Il retira sa main droite de son bras pour venir caresser tendrement sa joue, redécouvrir sa peau si douce qui lui avait tant manqué. Avec hésitation, il se pencha et déposa un simple baiser sur ses lèvres, répétant sans cesse qu’il était désolé. Rowan s’en voulait et il se rendait compte qu’il tenait à elle plus qu’à quiconque. Il savait que c’était mal, qu’elle en avait vingt de moins que lui, que c’était la fille de son meilleur ami, mais il n’avait pas choisi que ça lui tombe dessus comme ça. Lentement, il recommença de l’embrasser, essayant d’apprivoiser petit à petit la personne qu’elle était.

Rowan finit par poser son front contre le sien attendant probablement sa mise à mort. « Je ne suis qu’un con et je ne m’excuserai jamais assez pour tout ce que j’ai pu te faire. » Il devenait faible en sa présence, il était réduit à être esclave de la jeune fille jusqu’à la fin de ses jours. Elle lui redonnait cette jeunesse qu’il croyait avoir noyé dans les verres de Whisky et les cigares et la perdre, il ne le supporterait pas. La main posée sur son bras glissa jusqu’à celle de Kin et lentement, il enlaça ses doigts avec les siens. Prêt à être repoussé, insulté, frappé, blessé. Il le méritait peut-être au fond. « Je sais que je suis difficilement pardonnable, que je ne le suis peut-être pas. » Ajouta-t-il finalement.

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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Ven 8 Juin - 15:35



Mes doigts serrent convulsivement les poignées des sacs et j'essaye en vain de contrôler ma respiration, les larmes qui coulent, mon coeur en miettes. Je n'arrive même plus à être en colère, ou plutôt la lassitude et la douleur l'ont un peu étouffée. Je n'aurais jamais dû tomber amoureuse. Pas de lui. J'aurais dû éviter cette relation, y mettre fin dès notre première nuit, mais ça avait bon, trop bon pour que j'y renonce. J'aurais dû tomber amoureuse d'un gentil garçon comme Andrew. Je me serais engagée dans une romance sûrement un peu mièvre mais beaucoup moins douloureuse que cette situation. Cette situation qui s'est dégradée au point de m'atteindre physiquement et plus seulement mentalement. J'ai mal. Je ne comprends pas pourquoi, comment j'ai pu faire une chose aussi stupide que de tomber amoureuse. Du meilleur ami de mon père, d'un homme de vingt ans de plus que moi. C'était stupide. Et paradoxalement, je parviens vaguement à comprendre qu'il ai pu me faire mal à ce point. Nous n'avions jamais prétendu être dans une relation exclusive. Et pourtant je ne suis jamais allée voir ailleurs. Je n'ai pas réussi, même après sa trahison. Même quand Andrew a pris soin de moi.

Les larmes roulent sur mes joues et je ne pense qu'à une chose : prendre un taxi qui m'emmènera à Oxford ou à Cambridge, qu'importe, mais loin de Londres. Je ne veux pas rester davantage, je suis même prête à disparaître à nouveau. Je n'aurais jamais dû revenir en réalité et si j'avais su à quel point cette confrontation me ferait souffrir, alors j'aurais posé mes valises définitivement chez Jimmy. Et je me serais fait tatouer le prénom de papa sur le bras pour faire bonne mesure. Un gémissement de détresse m'échappe lorsque je sens Rowan me retenir. Non ! Je refuse de le regarder dans les yeux. Si j'étais un peu plus en forme, alors oui là je serais en mesure de lui résister, de me débattre et peut être même de lui en coller une dont il garderait la trace à vie. Mais là je lutte pour rester debout et c'est sans volonté que je le laisse me tourner vers lui, n'essayant même pas de lui cacher mes yeux débordants de larmes. Qu'il me regarde donc, qu'il contemple tout le mal qu'il m'a fait, qu'il me fait.

« Je ne sais pas ce que tu veux entendre, je ne sais pas non plus comment me faire pardonner, mais je suis désolé. Je pense sincèrement ce que je dis. Je suis désolé de t’avoir blessé, je ne sais plus pourquoi j’ai essayé de flirter avec elle, mais sache qu’elle ne travaille plus pour moi. Elle a viré, je l’ai viré. »
Je reste muette, oscillant entre douleur sourde et maigre consolation que cette révélation. Je n'en peux plus. Je veux que ça s'arrête, quitte à mourir sur le champ, peu m'importe, je veux que ça s'arrête. Je suis même sur le point de le supplier de me lâcher. Oui je n'en suis plus à ça près, je n'ai plus la moindre fierté. La caresse de ses doigts sur ma joue m'arrache un frisson et je manque de m'effondrer. Je me rends compte à quel point cela m'a manqué, à quel point ce simple contact m'est presque indispensable pour me sentir bien. Mes doigts se détendent et mes sacs tombent à nouveau sur le sol, mes yeux se ferment alors que ses lèvres glissent sur les miennes en un baiser tendre, plus tendre que tous ceux qu'il a pu me donner auparavant. Je suis incapable de réagir. De le gifler, de lui hurler qu'il n'est qu'un salaud. De répondre à son baiser. J'entends à peine ses excuses, j'ai l'impression d'être entourée de coton. Un autre baiser et je suis toujours incapable de bouger, peinant même à respirer. Je ne dois pas refaire de crise, je dois rester calme. Mais comment le pourrais-je alors que j'ai l'impression d'avoir été sous l'eau pendant tout ce temps et qu'il est ma première bouffée d'oxygène depuis maintenant trop longtemps ?

Il s'écarte enfin et pose son front contre le mien alors que je garde les yeux fermés, tentant vainement de retrouver une respiration normale. « Je ne suis qu’un con et je ne m’excuserai jamais assez pour tout ce que j’ai pu te faire. » Je veux ouvrir les yeux. Je n'y arrive pas. Je reste simplement tremblante, haletante, contre lui. Je ne parviens même pas à savoir si je veux lui pardonner ou non. Pour quoi faire ? Qu'est ce que cette décision pourrait bien changer ? Tout redeviendra comme avant c'est ce qu'il essaye de me dire ? C'est impossible. Impossible. J'ai l'impression que toute mon insouciance m'a été enlevée d'un seul coup et que je suis brusquement entrée dans l'âge adulte. Ses doigts enlacent les miens et je me laisse faire, vulgaire poupée de chiffon que l'on embrasse, que l'on manipule et que l'on jette lorsqu'on en a assez. « Je sais que je suis difficilement pardonnable, que je ne le suis peut-être pas. » Je serre faiblement sa main. Et m'effondre contre lui, incapable de rester debout. Je m'accroche à ses épaules maladroitement, plongeant enfin mon regard dans le sien, les larmes coulant encore et toujours sur mes joues. J'ai envie de lui hurler de m'aider mais j'en suis bien incapable. J'ai envie de lui dire de me coller dans un taxi et de ne plus jamais chercher à me revoir. J'ai envie de débarquer chez papa et de pleurer dans ses bras jusqu'à ce que je m'endorme. Ou chez Tristan et Andrea. J'ai besoin qu'on me serre fort en me disant que ça va aller, peu importe qui. J'ai besoin que cesse cette douleur qui me ronge et me tue à petit feu. Je ne suis pas faîte pour la dépression et pourtant je nage en plein dedans depuis plus de six mois. « Pourquoi ? » je murmure enfin. « Pourquoi... est-ce que tu m'as fait ça ? Je sais que... qu'on avait jamais parlé d'une relation exclusive, que c'était juste pour le sexe, » j'ajoute dans un sanglot. « Mais pourquoi ? Pourquoi ça me fait si mal ? Pourquoi... je n'arrive pas à aller voir ailleurs alors que toi... que t... oui... » Les mots m'échappent et soudain je n'ai plus la moindre force. Tout devient noir. Je sombre dans l'inconscience.

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MessageSujet: Re: It's all our fault [Rowan]   Dim 1 Juil - 13:11

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