it's a wonderful life ♦ HEAVEN

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MessageSujet: it's a wonderful life ♦ HEAVEN   Jeu 3 Mai - 20:39

Fin de journée, je suis installé sur le fauteuil du comptoir et laisse distraitement filer le temps. Il est tard, la boutique fermera dans une petite demi-heure. J’ai congédié Violet et j’ai pris sa place à la gestion pour qu’elle profite un peu de la soirée, après tant d’efforts combinés et menés de front ces dernières semaines, elle mérite bien quelques soirées pour elle. Les clients viennent rarement en fin de journée sans prévenir de leur passage et tout laisse à penser que rester ouvert est superflu, je ne me résous cependant pas à fermer en avance. Je crois que tout ça est finalement très rassurant dans son genre. Je suis ici, à Londres, dans ma propre boutique, et ma vie professionnelle va comme sur des roulettes, ce qui n’est pas nécessairement le cas des autres aspects de celle-ci. Je bois un café en regardant les gens pressés qui rentre chez eux. Je crois que je suis nostalgique, en ce moment. J’ai 25 ans, et je vis esseulé à Londres. Je ne sors pas, ne bois pas, ne fais pas la fête et ne pars pas en vacances sur un coup de tête. Ca fait des siècles que je n’ai pas mis un pied dehors pour faire autre chose que rencontrer des clients à leurs domiciles, pour faire des robes sur mesure ou aller chercher du tissu à l’autre bout de l’Angleterre. Je pousse un léger soupir et me redresse pour terminer mon café, jetant un œil à mon téléphone. Aucune nouvelle. Les examens approchent, les vacances aussi. Bientôt, tout ça sera terminé et tout deviendra beaucoup plus simple aussi, je pourrais dignement espérer retrouver une vie à peu près digne d’un jeune homme et pas d’un vieillard de soixante ans. Sans rien, même mon père est plus fun que moi…

Je relève la tête, surpris d’entendre la porte s’ouvrir. Un sourire étire mes lèvres et je quitte ma chaise, laissant mon café derrière le comptoir, caché. « Heaven ». Je m’avance vers la jeune femme et lui offre un sourire réjoui. « Tu vas bien ? Quel bon vent t’amène ? » « Oh, j’étais à Londres pour la journée, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un crochet par chez toi. Sinon, toi ? » Je souris un peu et hausse une épaule. « La routine, trop de boulot, comme d’habitude. J’ai donné un peu d’air à mon assistante aujourd’hui du coup je suis assigné à résidence pour les quelques heures à venir ». Je soupire légèrement, pas de protestation, plutôt parce qu’il est à double tranchant que de posséder des obligations professionnelles propres. C’est à la fois gratifiant et terrifiant de responsabilité. « Ca me fait plaisir de te voir ». Mon sourire s’élargit un peu, je sais qu’elle entretient un rapport un peu conflictuel avec le monde qui est le mien, je suis pourtant persuadé qu’elle devrait être capable de s’épanouir comme moi je le fais actuellement. « Je crois que tu connais déjà cette collection », je lance. Elle est déjà venue la voir, d’après mes souvenirs. « Les futurs nouveautés sont à l’étage ». Je ris doucement et ferme la porte du magasin en affichant mon retour prochain. « Je t’emmène ? » « Avec plaisir ! Et oui, j'ai déjà vu celle-là. Je t'avais acheté quelques pièces aussi. Ca te dérange pas, hein, t'es sûr ? Sinon je peux repasser. Ou attendre la vraie date de sortie, aussi. » Je secoue la tête et rit un peu, au contraire, ça me fait plaisir de voir du monde de temps à autre, en dehors des clients et surtout des clientes habituées qui se croient rapidement tout permis. « Non, tu ne me déranges pas, et ta passion fidèle pour mes futures collections non plus. Au contraire, ça me flatte que tu fasses le déplacement, ça veut dire que je ne fais pas trop d’horreurs ». Je lui jette un clin d’œil amusé et l’entraine vers les étages, les combles, lieux sacrés. Qui pourrait croire qu’une si grande collection nait simplement sous les toits trop chauds d’un immeuble ? Il faudra sans doute que je songe à acheter un atelier plus grand dans le futur, mais pour l’instant, j’ai autre chose à penser. « Ca commence là », je siffle en montrant les premiers portants.


uc


Dernière édition par Léandre T. Von Brezen le Ven 18 Mai - 20:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: it's a wonderful life ♦ HEAVEN   Jeu 17 Mai - 18:02

Voyant l’après midi toucher à sa fin, je levai les voiles du bar où je m’étais installée, fourre-tout au bras, verre vide, quelques pièces sur le comptoir.
Le vent fouetta mon visage quand je sortis, mais cela ne m’empêcha pas d’adopter une allure vive et un pas décidé. J’avais passé de longues heures à lire assise dans mon coin dans un lieu reculé de Londres, buvant thé sur thé, et je ne m’étais pas aperçu qu’il était déjà aussi tard. J’allais peut-être arriver alors que tout serait fermé, qui sait. Je serais sans doute obligée de camper devant le magasin jusqu’au petit matin pour le voir, toucher ses créations du bout du doigt pour finalement acheter un foulard et lui montrer des carnets de croquis. Secouant la tête pour chasser ces pensées de mon esprit, guère enthousiaste à l’idée de louper mon train pour Cambridge afin de hanter la capitale pour les prochaines heures à venir, j’accélérai l’allure et tournai à une intersection. Plus qu’une poignée de rues. J’y étais presque.
Je fus soulager de constater que la boutique de Léandre était toujours ouverte, et c’est avec un sourire aux lèvres que je parcourais les derniers mètres qu’il me restait en conservant mon rythme soutenu, comme si j’allais voir les rideaux se baisser sous mes yeux. Un jour, j’apprendrais ses horaires d’ouverture. Un jour, oui.
Je poussai doucement la porte, mais cela ne l’empêcha pas de tout de suite relever la tête vers moi. Il vint directement à ma rencontre, surpris de ma venue, et je poussai un petit soupir de satisfaction.
« Heaven. Tu vas bien ? Quel bon vent t’amène ? »
J’avais beau avoir répété une bonne centaine de fois que je préférais Emile, il se tuait toujours autant à m’appeler par mon premier prénom. Comme la moitié de Cambridge, à la réflexion, mais je préférai ne pas y penser.
« Oh, j’étais à Londres pour la journée, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un crochet par chez toi. » dis-je. « Sinon, toi ? »
Sous-entendu et toi comment tu vas ? T’as des nouvelles pièces à me montrer ? J’étais persuadée que mes yeux devaient trahir mon excitation à l’idée de trainer ici pour les minutes à venir.
Dans mon sac, mon carnet de croquis me souffla que j’étais également là pour autre chose, mais je l’ignorai. Après tout, cela n’intéressait peut être pas Léandre de voir les tenues que j’avais pu dessiner il y a des mois de ça. Ca ne l’intéressait peut-être pas de mettre la main sur un carnet que j’avais tenu pendant des mois et que j’avais délaissé en m’installant à Cambridge.
Il haussa les épaules et me répondit d'un ton joyeux.
« La routine, trop de boulot, comme d’habitude. J’ai donné un peu d’air à mon assistante aujourd’hui du coup je suis assigné à résidence pour les quelques heures à venir. Ca me fait plaisir de te voir. »
Je lui adressai un sourire en hochant la tête, de telle manière à dire implicitement moi aussi ça me fait plaisir de te voir. Généralement, c''était toujours compliqué, le réel. On pouvait adorer des vêtements, mais pas forcément supporter le créateur. Cela avait été le cas avec mon ancienne patronne, Emilie Harris, une créatrice de renom à New York. Elle faisait des vêtements magnifiques, mais cela avait été un véritable choc des cultures quand je l'avais rencontré et quand j'avais travaillé pour elle.
Cela avait été tout simplement horrible, mais j'avais adoré.
« Je crois que tu connais déjà cette collection. Les futurs nouveautés sont à l’étage. Je t’emmène ? »
Il rit tout en fermant momentanément la porte du magasin. J'hochai la tête avec amusement.
« Avec plaisir ! Et oui, j'ai déjà vu celle-là. Je t'avais acheté quelques pièces aussi. » dis-je.
J'étais incroyable. Mais passons.
« Ca te dérange pas, hein, t'es sûr ? Sinon je peux repasser. Ou attendre la vraie date de sortie, aussi. »
Je lui lançai une petite grimace. J'avais toujours adoré être une privilégiée, à voir les nouvelles collection en avançant, à pouvoir me permettre des commentaires, toujours positifs, cependant j'avais toujours eu une peur folle qu'il en ait marre de moi, que je devienne trop envahissante, voir même trop excitée.
Mais dans tous les cas, il ne me l'avait jamais fait sentir. Raison de plus pour assurer mes arrières.


uc.
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