jose foker Ҩ they said : come as you are.. right ? so here i am, duh.

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MessageSujet: jose foker Ҩ they said : come as you are.. right ? so here i am, duh.   Dim 22 Avr - 9:23

❝ they said : come as you are.. right ? so here i am, duh ❞

Perdus. Ils avaient perdu. Et plutôt lamentablement en plus de ça. Non seulement cette défaite était stupide mais également suspecte. Et ce n'était même pas de la mauvaise foi, seulement.. merde, les organisateurs auraient quand même pu leur permettre de recommencer. N'eut-ce été à cause de cet espèce de débile qui avait décidé de faire trempette dans la Tamise alors que la Boat Race s'y déroulait. Crétin, va. Et c'était sans compter sur Alex, leur barreur, qui s'était évanoui, Dieu seul savait pourquoi. C'était sensé être une belle journée. Ouais, sensé. Autant dire qu'à présent, c'était complètement raté. Rachel l'avait bien fait comprendre, d'ailleurs. Et si Maryanne avait, pour une fois, observé un silence empli d'une certaine sollicitude ― il n'aurait su dire si ça lui était directement destiné ou si ça visait plutôt ses coéquipiers, en vérité ― leur cadette ne s'était, elle, pas privée en commentaires aussi charmants qu'acerbes. Oui, bon, ils avaient perdu. Ce n'était donc pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. « Ta gueule Rach' » lâcha-t-il finalement, d'un ton bourru, alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir à nouveau la bouche. Le visage de sa petite sœur se figea avant de virer à un étonnant et effrayant blanc craie. Il regretta presque immédiatement de l'avoir interrompue de cette manière. Elle ne se faisait pas à la vie britannique, pas encore en tout cas, et il faisait son possible pour l'aider mais il était vrai que ces derniers temps, il avait été moins présent pour elle. Il n'avait, de plus, pas le droit de lui parler comme ça. Lorsqu'elle se détourna, les yeux brillants de larmes, il croisa le regard agacé de Maryanne, qui s'élança immédiatement à la suite de la plus jeune des Baker. Jason soupira. Bordel, les filles allaient finir par le rendre dingue. Entre ces deux-là qu'il aimait pourtant tendrement et Foster, il y avait de quoi virer dingue.

Ne doutant pas que Maryanne saurait réconforter leur sœur, Jason s'éloigna à son tour de la Tamise, en compagnie de ses coéquipiers. Ils refirent le match ― enfin, la course, en fait ― le temps d'arriver à la voiture de l'un d'entre eux, Peter, avec lequel Jason était venu. « Tu me lâcheras dans Camden Town » fit-il, avant d'investir l'habitacle du véhicule, côté passager, à l'avant. Le conducteur ― et premier rameur, d'ailleurs ― acquiesça. Extirpant son cellulaire de la poche ventrale de son sweat-shirt gris floqué au nom de son université ― enfin, de celle qu'il avait représenté une heure plus tôt, sur la Tamise ― il tapa un rapide message, à l'intention de Maryanne et Rachel. Pas la peine de faire la gueule. On se retrouve dans Camden Town. Devant le MacDo. J'invite ; ). Distraitement, il l'envoya, reportant rapidement son attention sur la route. Peter le largua à une centaine de mètres à peine du lieu de ralliement dont il avait convenu ― qu'il avait donné, plutôt ― avec ses sœurs. « Merci vieux, fit-il en sortant de la voiture, et si vous passez botter le cul d'Alex, dîtes-lui bonjour de ma part ! » ajouta-t-il, avec un vague sourire, avant de claquer la porte. Bon. Direction le MacDonald's. Ce n'était pas très classe mais ses frangines devraient se contenter de ça. Il n'avait pas ce qu'on pouvait appeler une paie de ministre, même en cumulant son job à la pizzeria et ses heures au Carling le week-end. Et puis, de toute manière, même si elles venaient à se plaindre ― Rachel dirait sûrement que ce n'était pas très diététique et mauvais pour sa ligne, ou une autre connerie de filles du même acabit ― elles finiraient par engloutir un Big Mac et on en parlerait plus.

Techniquement, Rachel et Maryanne n'étaient pas sensés le faire poireauter autant. Il se trouvait devant ce fichu MacDo depuis déjà une bonne quinzaine de minutes. Elles n'avaient même pas répondu à son texto. Ni l'une, ni l'autre. Ce qui ne leur ressemblait pas. Même lorsqu'elles lui faisaient la tête, elles avaient, l'une comme l'autre, la décence d'être polie et de répondre à ce genre de messages. Il n'était pas dans leurs habitudes de lui donner une leçon en le faisant patienter dans la fraîcheur humide d'avril, alors qu'il venait de perdre LA course d'aviron de l'année. « Qu'est-ce que vous foutez, bordel ? » gronda-t-il, une fois que Maryanne eut décroché, après la seconde sonnerie, lorsqu'il eut décidé de l'appeler pour savoir ce qu'il en était. « Comment ça, où on est ? fit sa sœur, étonnée. Micah nous a ramené à l'appart, je n'ai pas fini d'emballer mes cartons, je te rappelle, Jason, puisque tu juges ce genre d'activités trop― » Il ne la laissa pas finir, sachant très bien ce dans quoi elle s'engageait. Et, franchement, il n'avait pas besoin d'un sermon là, maintenant, tout de suite. « Peu importe, l'interrompit-il, tu aurais au moins pu répondre à mon sms, Mary » Ouch, il n'avait pas prévu de faire passer cette phrase pour un reproche aussi.. accusateur. D'autant que c'était peut-être un oubli, une erreur. Elle n'avait peut-être pas vu, pas senti son téléphone vibrer. « Quel sms ? Tu ne m'as pas envoyé de sms, répliqua-t-elle, avec hauteur, et Rachel n'a pas lâché son portable depuis qu'on est parties alors.. tu as dû te tromper de destinataire, Jason » Noooon, sans blague, faillit-il répliquer. Mais ce n'était pas le moment de se mettre Maryanne à dos. Pas alors qu'elle allait emménager avec Rachel et lui, pas alors qu'elle s'était donnée à fond pour obtenir son transfert à Oxford pour eux. « Mh, bref, éluda-t-il, je vous rappelle » lâcha-t-il rapidement avant de raccrocher. Merde, à qui avait-il envoyé ce fichu texto ? Parvenant dans le dossier de ses messages envoyés, Jason n'eut même pas à chercher le dernier. Et lorsqu'il vit le nom du destinataire, il ne put retenir un juron. Foster. Bordel. Il fallait vraiment qu'il s'ôte cette fille du crâne. Voilà qu'il se mettait à taper son numéro machinalement. C'était pathétique. Vraiment pathétique. Et qu'avait-elle pensé, devant pareil texto ? Il voyait de là son petit air faussement surpris, vaguement méprisant. Argh. On ne pouvait pas dire que ça faisait du bien, d'imaginer ce genre de choses. En même temps.. avec un peu de chance, elle n'avait encore rien vu, apercevrait ledit texto que très tard dans la soirée et se foutrait de lui à l'occasion. Ouais, avec un peu de chance. Il avait vaguement envie d'emmerder la chance et de se dire, qu'au contraire, elle avait lu et qu'elle avait décidé ― bien malin serait celui qui pourrait dire pourquoi, dans ce cas-là ― de venir. Ouais, mais c'était la chance qui l'emmerdait ― pour ne pas dire autre chose ― sur ce coup-là, et bien profond, puisque Foster apparut, un grand sourire hypocrite éclairant son joli minois. « Quel standing mon cher, j'admire, lança-t-elle, MacDo, c'est la super grande classe ! » Évidemment. Elle ne pouvait pas se contenter d'être aimable, il fallait qu'elle se foute de lui, élevant, à force, l'exercice au rang d'art. Il haussa un sourcil en sentant son bras fin s'enrouler autour du sien. Il était déjà étrange qu'elle se soit pointée mais qu'elle agisse comme si, effectivement, elle avait bien l'intention de manger avec lui était carrément suspect. Quoi, elle était en manque ? Non, elle devait tout de même avoir un sacré problème pour être venue à sa rencontre en public. « Mh, fit-il, lorqu'elle lui désigna les portes vitrées du fast-food et son enseigne lumineuse. Franchement, je suis pas certain d'assumer d'être vu en ta compagnie, même ici, hein, ajouta-t-il, la mine faussement grave, surtout que c'était pas toi que j'espérais voir » Bon, ça, ce n'était sans doute pas très élégant. Mais enfin, ce n'était pas comme si il cherchait à insinuer qu'il voyait quelqu'un d'autre ou quoi que ce soit.. hein. Puisque c'était Maryanne et Rachel qui auraient dû se trouver là, avec lui. Ouais, c'est ça. Keep telling that to yourself. Il était évident que ce n'était pas le genre de manœuvres si grossièrement dénuées de subtilité utiles ― et efficaces ― sur Foster. L'air franchement sarcastique peint sur son joli minois en était la preuve. « Oh pardon, tu veux que je te laisse attendre ton ami imaginaire ? fit-elle alors qu'ils passèrent les portes vitrées. Je peux toujours m'en aller hein » C'est ça. Comme si il allait la laisser s'en aller, maintenant qu'elle était là. « L'un dans l'autre, il vaut mieux pour mon compte en banque que ce soit toi qui soit venue, répliqua-t-il, l'entraînant vers les caisses, Maryanne et Rachel mangent chacune comme quatre. Remarque, je crois pas avoir partagé autre chose qu'un verre et un pieu avec toi et on peut pas dire que tu te, mh, restreignes particulièrement non plus » ajouta-t-il sans pouvoir retenir un bref sourire. Oh, c'était très fin ça, très élégant. As always. A croire qu'en sa présence, il était incapable de retenir ce genre de conneries tout droit sorties des dernières romcoms qui abondaient sur l'étagère à DVD, chez lui, depuis que Maryanne vivait à Oxford. « Ne t'en fais pas, répliqua Rose, je coûte beaucoup plus cher en alcool qu'en bouffe. Et puis je ne pourrais jamais manger autant que vous, les américains » Presque malgré lui, Jason esquissa un sourire amusé. « Oh, j'en doute pas » fit-il, sans relever sa réflexion sur sa nationalité, alors qu'elle se tournait vers l'une des caissières qui respirait autant la joie de vivre qu'un profond dépressif. Jason ne lui accorda qu'un bref regard, concentré qu'il était sur Foster. Probablement devait-il avoir l'air profondément niais. « Une grande frites, un petit Coca et un McFleury Kit Kat avec sauce caramel » énonça Rose. La fille de l'autre côté de la caisse grimaça et poussa un soupir. Manifestement, son job l'emmerdait clairement. « Rajoutez une grande frite, un grand Coca et un Filet-O-Fish pour moi » fit-il à son tour.

Leur commande enregistrée ― sans vraiment d'entrain mais on ne pouvait pas non plus trop attendre d'une nana bossant chez McDo, hein ― et déposée sur un seul et même plateau dont Jason s'empara, ils s'éloignèrent quelque peu. « Là ? Ca conviendra à mademoiselle ? » lança-t-il en désignant, d'un bref mouvement du menton, une table libre à quelques mètres, qu'ils investirent finalement après qu'elle ait acquiescé. « Tu fais un régime pour te punir de votre défaite ? » demanda-t-elle tandis qu'ils prenaient place. Ah, enfin, ils y étaient. « Nous y voilà, soupira-t-il, tu as d'autres remarques aussi charmantes que celles-là ? Alors sois gentille pour une fois et lâche-les toutes maintenant.. Autant qu'on les expédie tout de suite, que ça te fasse bien marrer et que j'puisse ensuite bouf― manger tranquille » Sur la défensive ? Lui ? Nooooon. Bien sûr que non. Il était enchanté d'avoir perdu cette foutue course. Foster, elle, semblait trouver ça très drôle. L'espace d'une seconde, Jason crut qu'elle allait lui cracher son Coca au visage mais par bonheur, elle parvint à se retenir. « Respire princesse, fit-elle, triturant ses frites,[color=indigo] c'est pas grave. On sait bien que c'est la faute de ce pourri d'arbitres et des vilains de Cambridge. T'en fais pas, t'as été beau comme tout. » Son filet-o-fish en main, il la dévisagea, conscient qu'elle se foutait clairement de sa gueule mais.. mh. « T'as pris quelque chose ? demanda-t-il, faussement sérieux. Pour un peu, tu serais presque sympa, c'est.. bizarre. Cool mais bizarre » confessa-t-il, pensif, avant de hausser les épaules puis d'attaquer son burger au poisson. Le rire bref qu'elle émit amena sur son visage fatigué un sourire niais qu'il s'empressa d'effacer. Il passait assez souvent pour un crétin comme ça. « Je me suis dit que j'allais être gentille avec toi, expliqua Foster, le temps que tu te remettes de ton cuisant échec. Mais je peux être la même garce que d'habitude, je sais que tu a-do-res ça ! » Évidemment. Il la considéra un moment, le temps de mâcher puis avaler sa première bouchée. « Comme d'habitude ? répéta-t-il avec un petit sourire coin. Ca risque d'être un peu indécent ici, tu crois pas ? » ajouta-t-il, haussant un sourcil. « Oh tu sais, les lieux publics ça peut être... intéressant » répliqua-t-elle. Oho. Le sourire qu'elle affichait à présent, ce sourire-là n'annonçait rien de bon. C'était trop― oh damn. Elle n'avait pas os― ah, si, si, elle avait osé. C'était bien son pied déchaussé qu'il sentait aller et venir contre sa cuisse. Okay, okay, OKAY, calm down, on s'détend. Il lui fallut dix bonnes secondes pour se concentrer et se resituer. Déglutissant avec difficulté, il baissa sur son Filet-O-Fish avant de relever la tête. C'était une chose de se trouver en sa compagnie ici. C'en était une autre d'avoir un contact physique avec elle. « Mh.. j'vois, ouais, marmotta-t-il, navré si le seul truc qui m'fasse envie pour l'instant, c'est c'machin au poisson » Quoi ? Il n'allait quand même pas lui dire qu'il aurait volontiers viré le plateau, leurs frites et le reste pour la prendre sauvagement sur cette table dégueulasse, c'était.. un brin indécent. Et pas très romantique/ L'image était pas mal, pourtant. Avant qu'on n'ajoute les baies vitrées au tableau, bien entendu. Oh, et le reste des clients également. Encore que.

Il connaissait Foster l'Ice Queen du coin, la nana capable de stupéfixier n'importe qui d'un god save the queen plus vite qu'Harry Potter, Foster bourrée qui ne cherchait qu'à s'envoyer en l'air ― pour ensuite le baiser en beauté, ouais ― mais cette fille-là, merde, il ne l'avait encore jamais vu. Il était difficile de visualiser mentalement Foster essayant sciemment, dans son état normal, sobre, clean, consciente de ses actes, de l'allumer. Alors de là à imaginer qu'elle en soit réellement capable.. à nouveau, il déglutit avec difficulté, sans savoir si c'était son petit pied glissant toujours le long de sa cuisse ou son petit manège avec sa paille qui le déstabilisait le plus. Les deux, probablement. Se concentrant sur son sandwich, il mordit à nouveau dedans avec application, bien décidé à ne pas se laisser troubler. Cette bouchée-là, pourtant, fut particulièrement difficile à avaler. Il releva les yeux vers elle. « Il va t'arriver des bricoles, Foster, si tu continues » lâcha-t-il avant de reporter immédiatement son attention sur son Filet-O-Fish. Il ne put s'empêcher de relever la tête, son burger au poisson étant beaucoup moins attrayant que Rose ― quoi ? même un mec sortant d'une grève de la faim aurait délaissé son repas si une fille comme elle lui avait sorti pareil numéro de charme. Immédiatement, Jason regretta d'avoir tourné le dos au Filet-O-Fish lorsqu'il vit le large sourire qui étiraient ses lèvres fines. Sérieusement, il fallait qu'elle arrête, ou il ne répondrait plus de rien. La fatigue et la déception relatives à la course aidant, il disposait d'encore moins de volonté qu'à l'ordinaire. Non qu'il en ait jamais eu beaucoup lorsqu'il s'agissait du cas Foster but still. « Ah oui ? Et quoi au juste ? » fit-elle, prenant bien soin de continuer à le torturer en engloutissant innocemment sa glace. Qui avait dit que bouffer un McFleury n'était pas sexy ?

Il inspira profondément et reposa son Filet-O-Fish dans sa boîte en carton huileuse. « On va éviter les démonstrations, hein, articula-t-il, se voulant calme, j'tiens pas particulièrement à être menotté sans l'avoir choisi au préalable. Et j'ai pas non plus franchement envie que Maryanne ou ma mère ne l'apprennent, honnêtement » Ma Baker était bien capable de débouler pour lui passer un savon. Puis de s'occuper de Rose. Ouch, vision d'horreur. Un sourire passa toutefois sur son visage. Penser à sa propre mère. Rien de mieux pour dégriser, pas vrai ? Manifestement, Foster était plus ou moins du même avis. Ou, en tout cas, la mention de la terrible escouade de femmes Baker ― pour avoir vécu toute sa vie entre sa mère et ses sœurs, il était bien placé pour savoir combien elles pouvaient être.. effrayantes ― mit un terme au manège de Foster. Son pied reprit sa place initiale, dans sa chaussure puis elle appuya son joli minois dans la paume de sa main, les yeux dans les siens. Mh. Non, ça, c'était encore plus bizarre qu'avant. « Il va falloir être patient alors, fit-elle avant d'observer le Filet-O-Fish en fronçant le nez. C'est bon ce truc ? » Rien que du poisson pané entre deux tranches de pain, faillit-il répondre, moqueur mais.. non. Ne fais pas au autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, hein ? Eh bien, il n'appréciait pas particulièrement quand elle se foutait ouvertement de lui, ce qui n'était pas arrivé depuis, allez, au moins trente secondes. Un vrai miracle. Mieux que Jésus marchant sur l'eau, Lady Gaga dans sa robe en viande et Carlos Solis recouvrant la vue réunis. Alors il ne serait pas celui qui attaquerait à nouveau, même si il fallait avouer que Rose Foster s'intéressant à un burger, c'était quand même une jolie perche. « Disons que c'est digeste et que tu as moins de risques que le steack se barre parce que le tout est empilé par des crétins qui s'emmerdent comme des rats morts, fit-il, la chose en main, tu m'as l'air d'avoir déjà bien mangé pour quelqu'un qui n'avait pas faim, alors j't'en propose pas, je ne voudrais pas que tu sois malade. Une autre fois, peut-être » ajouta-t-il, l'air de rien. L'air de rien, my ass ouais. Sous-entendre qu'ils partageraient à nouveau un repas était déjà stupide mais insinuer qu'ils se retrouveraient à nouveau au McDo était d'un ridicule consommé et le sourire vaguement méprisant qu'elle afficha sembla le confirmer. Il enfourna ce qui restait de son sandwich au poisson. « Si autre fois il y a fit-elle et à ce instant-là, Jason reconsidéra sérieusement l'idée qu'elle ait pu ingérer quelque chose, sciemment ou non, de profondément illicite, crois-moi, je suis prête à verser beaucoup d'argent pour ne pas manger dans un endroit pareil. La pizza et les céréales passent encore, mais il ne faudrait pas non plus enterrer ma dignité » Il éclata de rire, manquant de s'étouffer. « Arrête-moi si j'me trompe mais chaque fois qu'il a été question de pizza entre nous, c'est parce que toi ou tes charmants amis bien sous tout rapport en aviez commandé, rectifia-t-il tout en s'essuyant la bouche au moyen de l'une des serviettes aussi douce que la langue d'un chat, et concernant mes céréales, j'crois me souvenir que tu sais très bien te servir toute seule, Rose » Il aurait également pu rajouter qu'aux vues de sa consommation de Crunch, elle aurait pu participé financièrement aux courses mais ça n'était pas très élégant. Enfin, ce n'était pas comme si il cherchait effectivement à être élégant avec elle. Mais quand même. Foster, par contre, ne cherchait plus à être agréable, apprit-il lorsqu'elle braqua sur lui un regard froid après avoir levé les yeux au ciel, manifestement exaspérée. Fantastique. « C'est ce que je dis, dit-elle, détachant bien chacun de ses mots comme si elle s'adressait à un môme ou à quelqu'un de mentalement atardée, je ne cuisine pas et il faut bien se nourrir mais bon, cet endroit c'est un peu trop bas sur l'échelle de la déchéance. Et désolée pour ton budget nourriture si serré, je ne manquerai pas de te faire envoyer un chèque » La garce. Ça lui coûtait donc tant d'être aimable, n'eut-ce été que pour une heure ? « Va te faire voir Foster, répliqua-t-il, aussi calme que possible, parce qu'encore une fois, crois-moi, c'est pas avec toi que j'avais envie de venir ici. J'sais même pas pourquoi tu t'es pointée. Oh, mais attends, si. Mais bien sûr, tu dois être en manque, c'est ça ? La vache, ça doit avoir atteint un sacré degré pour que tu te laisses tes principes de côté et que tu viennes ici. Tu devrais peut-être te tourner vers des gens comme toi pour te soulager, vous avez l'air d'avoir le sens du bénévolat. Y'en a bien un qui consentira à te sauter, t'as l'air d'en avoir sacrément besoin. Et j'te retiens pas, tu peux te casser » Jason, vexé ? Noooon. Pas du tout. Vraiment pas hein. Et puis ça n'était pas comme si ça pouvait la toucher, pas vrai ? Elle qui affichait toujours un calme à toute épreuve. A croire que rien ne filtrait chez elle, ce qui était plutôt effrayant, à la réflexion. Ça et son sens inné pour rabaisser ses interlocuteurs sans éprouver le besoin d'ouvrir sa jolie petite bouche. Quelle garce.

Jason ne tiqua pas devant son sourire d'ice queen, ni devant son air prétendument supérieur. Hors de question qu'il plie encore sous le stupide prétexte qu'elle lui plaisait ― et merde, oui, elle lui plaisait cette espèce de pimbêche lilliputienne, trop pour que ça reste sain ― il avait assez fait la carpette dégoulinante de mièvrerie jusque là, même si le pire semblait encore à venir. « Je te rappelle que c'est toi qui m'a inconsciemment envoyé un message Jason, fit-elle trop posément pour que ce fut normal, alors à ta place j'éviterai de trop la ramener question manque et compagnie. Et puis que je saches, tu es la preuve vivante que je ne crache pas toujours sur la marchandise d'origine douteuse. Après, si t'as un problème avec moi, ma vie et mon pognon, je t'en prie, efface-moi de ton répertoire, comme ça on évitera tout malentendu. Par contre, je ne vais nulle part, j'ai pas fini ma glace et il pleut à torrents » Cette fois, ce fut à son tour de lever les yeux au ciel. « Une erreur, articula-t-il, c'était une foutue regrettable erreur, ce sms, et pour la énième fois, il ne t'était pas destiné, inconsciemment ou pas. Je ne pas passe pas mes journées à penser à ton petit cul, Foster. Les garces dans ton genre, je m'en passerais volontiers, fit-il remarquer avec un sourire amer, j'espère juste que pour le bien de l'humanité tes parents t'ont laissé seule de ton espèce parce qu'il est clair qu'il y a un truc qui a foiré, à moment donné, dans ta conception ou ton développement, pour en arriver à être aussi mesquine. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi Rose, hein ? Pourquoi faut-il toujours que tu finisses par être méchante et hautaine ? » Okay, non. Ce n'était pas exactement là où il avait voulu en venir. Pas du tout même. Trop tard, malheureusement. Si les différentes parties de son corps faisaient la course, sa langue arriverait largement en tête et son cerveau ― quoi qu'elle en dise, il n'était pas plu con que les autres et, oui, il était doté d'une cervelle, comme tout le monde ― bon dernier. « Malheureusement chez les culs bénis comme chez les pauvres, on tend à faire beaucoup d'enfants, répliqua-t-elle, toujours aussi calme, mais tu peux être rassuré, ma sœur est l'incarnation de la brave fille, j'ai un frère en exil et un autre en pension, donc l'humanité est sauve. Et que veux-tu mon pauvre garçon, la vie est pleine de garces prétentieuses qui pourrissent la vie de leurs semblables. Il faut bien des gens pour jouer le mauvais rôle et, apparemment, je m'en tire plutôt bien non ? Et toi, tu fais le parfait alpha mâle de pacotille, vois comme le monde tourne bien ! » Jason la toisa, gardant le silence. Foster pourrait continuer à débiter de belles phrases cyniques à souhait, il n'en avait plus rien à faire. « Tu devrais vraiment songer à changer de disque, c'est même plus lourd, c'est pathétique, lâcha-t-il, ça ne te fatigue pas de sortir toujours les mêmes rengaines, toujours les mêmes sourires, de toujours chercher à contrôler ou dominer la situation ? » demanda-t-il, las de chercher à obtenir autre chose que ce foutu ton paisible et froid sur lequel elle lui débitait ces horreurs, même si c'était l'unique chose qu'elle semblait décidé à céder. « Désolée d'avoir un minimum de contenance et d'amour propre, répondit-elle donc, toujours aussi horriblement calme. En fait, non, pas désolée du tout. Que je saches, quand il s'agit de joyeusement nous envoyer en l'air, mes méthodes ne te dérangent pas, alors après, rien ne t'oblige à me faire la conversation si ça t'agace tellement hein » Seigneur ! Lui faire la conversation ? Où avait-elle vu qu'il s'agissait d'une conversation ? Probablement dans sa propre réalité parallèle où tout ce que Rose Foster énonçait était parole d'évangile, ouais. « Une conversation ? Une conversation ?! répéta-t-il, largement plus fort que nécessaire, ce qui eut pour effet d'agacer une mère de famille assise à la table d'à côté avec sa tripotée de mômes. Depuis quand est-ce qu'on a des conversations ? Parce que généralement, je te saute, tu décuves et ensuite tu débites des gentillesses pendant dix minutes, voire un quart d'heure si tu es encore dans un sale état et ensuite tu te tires jusqu'à la prochaine fois. Alors, ouais, nan, désolé, c'est pas une conversation, c'est juste un putain de cercle vicieux ! » Cette fois, en plus des gros yeux qu'elle lui fit, la mère d'à côté émit un petit cri choqué mais il n'y fit pas attention. Elle aussi pouvait aller se faire voir. Tout comme Foster et son foutu flegme britannique. Il aurait donné cher pour la voir sortir de ses gonds, pour la voir tomber le masque une fois, rien qu'une seule foutue fois. « Et c'est ma faute peut-être ? rétorqua-t-elle. Je te force ? T'es pas consentant ? Déjà, c'est mon idée à la base ? Pas que je me souviennes. Alors viens pas me faire la morale Baker, je ne te dois rien. T'es pas content tu t'en vas et tu vas trouver le pied qu'on prend ailleurs. C'est pas moi qui vais te retenir » Eh bah tiens. Alors, ça, franchement, c'était le bouquet. Non mais sérieusement, elle croyait ce qu'elle était en train de raconter ? « Pas étonnant que tu ne t'en souviennes pas puisque la plupart du temps que tu me tombes dessus, tu es complètement bourrée. Il faut t'inscrire aux alcooliques anonymes ou il s'agit juste d'obliger tes principes à fermer leur gueule le temps de te vautrer dans mon pieu ? Non parce que vraiment, quel courage Foster ! ironisa-t-il sans un sourire. Parce que jusque là, si tu t'es retrouvée dans mon lit, c'est pas parce que je suis allé te chercher. Mais bon, voyons les choses en face, à part jouer les garces, sobre, tu ne sers pas à grand-chose. Et l'impression est manifestement réciproque. Alors, tu sais quoi ? » Il extirpa son portable de la poche ventrale de son sweat et en fit défiler les contacts jusqu'à trouver son foutu nom de famille et son numéro, qu'il effaça. « Tu as raison, tu as to-ta-le-ment raison, articula-t-il avec un rire jaune avant de se lever, tu n'as rien d'exceptionnel et t'es pas non plus un modèle unique Foster. Profite bien de ta glace, aussi dégueulasse soit-elle » ajouta-t-il avant de s'éloigner, les mains dans les poches. Alors ouais, il pleuvait peut-être des sacs mais ça valait toujours mieux de se prendre une averse sur la gueule que de rester une minute de plus avec cette mégère. Aussi canon soit-elle. C'était juste une fille. Les spécimens ne manquaient pas, à Oxford, même si elle parvenait à sortir du lot. D'accord, il aurait sans doute du mal à dénicher une nana avec assez de culot pour tenter de l'agresser au McFleury en plein McDo but still. Elle l'avait dit elle-même, que s'il n'était pas content, qu'il aille voir ailleurs, qu'elle ne le retiendrait pas. Et maintenant elle essayait de l'agresser avec sa stupide glace ― glace qu'il lui avait gracieusement offert, just sayin' ― parce qu'il l'écoutait ? Bordel, cette fille, en plus d'être un nid à emmerdes, était un foutu sac de contradictions court sur pattes. Et voilà qu'elle s'était flanqué devant lui, lui bouchant le passage, manifestement énervée. Il baissa nonchalamment les yeux sur elle, intérieurement ravi par la petite crise qu'elle était en train de péter toute seule. « T'es un pauvre con Baker, lâcha-t-elle, un... » Oui ? La suite s'il vous plaît ? Quelqu'un avait-il coupé le son ou avait-il bien entendu sa voix dérailler légèrement avant de s'éteindre. Rose Foster, speechless. Une première, probablement. C'était agréable. Du moins, ça l'aurait été si elle n'avait pas subitement abattu sa main minuscule sur sa joue, y imprimant une cuisante marque rouge. La garce. Interdit et, surtout, incapable de réaliser ce qui venait de se passer, il la dévisagea, scrutant ses prunelles, puis il franchit la faible distance qui les séparait. Sans qu'il y ait réellement réfléchis, l'une de ses mains vint trouver le chemin de sa nuque et il écrasa ses lèvres, sans douceur, bien au contraire, l'espace de quelques secondes, avant de la repousser brutalement. « J'te retourne le compliment Foster, grinça-t-il sans se soucier une seule seconde d'être le point de mire de ce stupide fast-food où il espérait sincèrement ne plus jamais, ô grand jamais remettre les pieds, tu es une jolie petite conne. Et tu devrais apprendre à frapper avec un peu plus de force parce que là, franchement.. tu fais pas l'poids, t'es une miniature et tu t'bats comme un hamster » Mh. Ce n'était pas franchement le meilleur moyen de se tirer en beauté. Mais bien entendu, il avait fallu qu'elle la gâche, sa sortie théâtrale. C'aurait été parfait pourtant.

Elle semblait furieuse. Et lui, en son for intérieur, ne pouvait s'empêcher de tirer une joie mauvaise de l'éclat coléreux qui faisait briller ses yeux. « Allez, ta gueule Baker, cracha-t-elle, tu t'enfonces. Et puisque ça te fait tellement plaisir, j'me casse et je te suggère d'aller te faire foutre, pauvre tâche ! » C'était bien Rose, Rose Foster qui venait de dire ça ? C'était ça, le version furax de Foster ? Il se rembrunit tandis qu'elle tournait les talons pour détaler, envahit par un sale sentiment de culpabilité. Merde, il n'avait rien fait. C'était elle et sa foutue manie de toujours le prendre de haut, c'était.. merde, ça commençait à bien faire. Il n'avait pas à lui servir de paillasson. La question était pourquoi diable avait-il supporté son sale petit manège jusque là ? La réponse était toute faite, toute prête. Parce que Foster dans son pieu, c'était puissamment érotique. Juste pour ça. Ouais, voilà. Et immédiatement, il trouva ça con. Parce que c'était trop facile. Il n'était pas masochiste à ce point-là. Mais ça suffirait. Hors de question de mettre d'autres mots sur cette affaire-là. Qui, d'ailleurs, paraissait close, à présent. Et non, sa gorge n'était pas nouée. Il n'était pas en colère, ni après Foster, ni après lui-même. Il était calme, parfaitement calme même. C'était bien mieux comme ça.
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MessageSujet: Re: jose foker Ҩ they said : come as you are.. right ? so here i am, duh.   Mer 25 Avr - 0:33

Cette perte d'Oxford allait faire les choux gras des débats étudiants pendant les semaines à venir. Et la rivalité avec les sales vicieux de Cambridge n'allait pas s'envoler de si tôt. Franchement, c'était scandaleux, tout aurait dû être arrêté quand cette espèce de zigoto avait décidé de se jeter dans la Tamise en plein milieu de la boat race. Certes, c'est une sacrée organisation, mais ils aurait pu reporter la course. Au moins quelques heures plus tard. Refaire les choses avec équité. Tout Oxford était en émoi, étalés dans la pelouse avec quelques bières de réconfort, nous refaisions la course idéale, comme des beaufs refaisant le dernier match de foot de la Ligue de je ne sais quoi. J'en aurais presque honte, mais c'est pour la gloire de notre université. Encore une fois ternie. Ces glandus de la chorale ont intérêt à les écraser à la prochaine compétition. Je suis presque prête à aller soutenir l'équipe de cricket. C'est dire si je suis désespérée pour le sort de ma douce Oxford. J'échange des textos emplis d'amour et de haine avec ma Juliette cambridgienne, Kin la terrible. Personnellement, j'aurais digéré l'information dans quelques jours, je suis fière pour le symbole amusant que cela représente, mais je me contrefous des exploits sportifs de ma fac. L'intérêt de l'aviron, c'est quand même la belle musculature des rameurs. On va pas se mentir, les sportifs ne sont pas connus pour leur brillance, leurs excellents résultats scolaires et leurs apports aux débats profonds de notre société sur, par exemple, la situation géopolitique en Israël. Il n'y qu'à voir la gueule du beau gosse qui mange avec aplomb la bouche d'une bimbo en robe estivale absolument hors de saison. Enfin, mon short en jean n'est guère à propos au vu des nuages noirs qui se forment dans le ciel. Fichu temps anglais, il ne frappe jamais au bon moment. Mes camarades proposent je ne sais quelle virée et mon téléphone vibre. « Pas la peine de faire la gueule. On se retrouve dans Camden Town. Devant le MacDo. J'invite ; ) » Je hausse un sourcil, je n'ai pas le souvenir d'avoir fait la gueule. Enfin, on pourrait objecter que je fais toujours la gueule. Je ne réponds pas; lance un regard à mes comparses et décline leur offre. Je suis curieuse de savoir ce que ce cher Jason a derrière la tête.

Je pianote sur mon Blackberry dans le trajet en taxi, écrit un message que je n'envoie pas, avant de dire à Kin que je ne suis pas certaine de la voir ce soir. Elle glisse une blague salace dans sa réponse et je ricane sous l'oeil inquisiteur du chauffeur et arrive finalement à destination. Je me demande un peu pourquoi je suis là mais prends l'air arrogant et sarcastique qui me caractérise, sourire en coin et regard pétillant à l'appui et marche vers la silhouette reconnaissable de l'américain. « Quel standing mon cher, j'admire, MacDo, c'est la super grande classe ! » Je m'esclaffe avec suffisance, passe mon bras sous le sien et fais un signe de tête vers la devanture lumineuse, attendant qu'il me mène à notre table, en parfait gentleman. « Mh, franchement, je suis pas certain d'assumer d'être vu en ta compagnie, même ici, hein, surtout que c'était pas toi que j'espérais voir » Je souris avec une mine sarcastique et lance, juste avant que nous franchissions le seuil du soit disant restaurant « Oh pardon, tu veux que je te laisse attendre ton ami imaginaire? Je peux toujours m'en aller hein. » Provocation, je le teste. Je ne peux pas m'en empêcher. Je veux savoir s'il me renverra sous la pluie par pure fierté, s'il acceptera une trêve pour ce repas gras et économique.

« L'un dans l'autre, il vaut mieux pour mon compte en banque que ce soit toi qui soit venue, Maryanne et Rachel mangent chacune comme quatre. Remarque, je crois pas avoir partagé autre chose qu'un verre et un pieu avec toi et on peut pas dire que tu te, mh, restreignes particulièrement non plus » J'hausse un sourcil et contiens ma remarque acide sur sa pseudo erreur de destinataire. Je ne doute pas que ce soit la vérité mais le titiller là dessus serait sans doute un grand plaisir. « Ne t'en fais pas, je coûte beaucoup plus cher en alcool qu'en bouffe. Et puis je ne pourrais jamais manger autant que vous, les américains. » Je me tourne vers la caissière qui tire la gueule et lâche, passablement blasée « Une grande frites, un petit Coca et un McFleury Kit Kat avec sauce caramel. » Il commande à son tour et je le soupçonne d'ailleurs de réfréner besoins énergétiques et son envie de manger car son repas me paraît bien maigre pour un gaillard de son gabarit. Même mes gringalets de frères mangent plus que ça. « Là ? Ca conviendra à mademoiselle ? » lance-t-il en désignant une table plus ou moins propre. Je hoche la tête, on n'aura pas mieux de toute façon. « Tu fais un régime pour te punir de votre défaite? » dis-je en m'installant, avec un regard dubitatif pour son espèce de truc au poisson. Je m'empare de ma boisson que je commence à siroter à la paille, mon regard moqueur rivé droit dans les prunelles de ce cher Jason.

« Nous y voilà... Tu as d'autres remarques aussi charmantes que celles-là ? Alors sois gentille pour une fois et lâche-les toutes maintenant.. Autant qu'on les expédie tout de suite, que ça te fasse bien marrer et que j'puisse ensuite bouf― manger tranquille. » Houla, d'accord, monsieur est chatouilleux cette après-midi. Manquant de m'étouffer en essayant de dissimuler mon rire, je pose mon coca et rétorque « Respire princesse, c'est pas grave. On sait bien que c'est la faute de ce pourri d'arbitre et des vilains de Cambridge. T'en fais pas, t'as été beau comme tout. » Je grignote quelques frites, sans me défaire de mon sourire taquin et de mon oeil rieur, m'amusant follement de l'ego blessé de ce pauvre garçon en exil. « T'as pris quelque chose? » Mais qu'est-ce qu'il raconte? Je le regarde d'un air torve, tandis qu'il continue « Pour un peu, tu serais presque sympa, c'est.. bizarre. Cool mais bizarre. » Je ris doucement et réplique, un tantinet cinglante « Je me suis dit que j'allais être gentille avec toi, le temps que tu te remettes de ton cuisant échec. Mais je peux être la même garce que d'habitude, je sais que tu a-do-res ça ! »

« Comme d'habitude ? Ca risque d'être un peu indécent ici, tu crois pas ? » Je réponds à son sourire avec une mine taquine et réponds « Oh tu sais, les lieux publics ça peut être... intéressant. » Pour accompagner mon propos, j'ôte ma petite chaussure et mon pied vient se glisser avec insolence contre la cuisse de mon vis à vis, sans que mon visage ne trahisse quoique ce soit, à part peut-être un amusement certain. Je vois bien que le pauvre garçon est dans tous ses états, que sa respiration se fait plus difficile. Ce petit sentiment de pouvoir - et de plaisir soyons honnête - qui m'habite est délicieux. « Mh.. j'vois, ouais, navré si le seul truc qui m'fasse envie pour l'instant, c'est c'machin au poisson » Sans me départir de mon sourire et tout en poussant plus loin mon manège, je m'empare de ma boisson et joue avec la paille en répondant « Ah? Moi je n'ai pas très faim en fait... Enfin, je n'ai pas tellement envie de frites. » Diable, si un jour on m'avait dit que je me retrouverais dans une telle situation... Un McDo en plus. Ma foi, il faut croire que mes folles années de lycéenne borderline ne sont pas si loin derrière moi. J'observe Jason, essayant tant bien que mal d'avaler son sandwich, tandis que je termine mes frites et entame mon dessert, jouant malicieusement avec ma cuiller. Finalement, il arrive à lâcher d'une voix rauque « Il va t'arriver des bricoles, Foster, si tu continues » Je souris de toutes mes dents, si ça n'est pas une invitation. Je déguste ma glace avec insolence et glisse alors « Ah oui? Et quoi au juste? »

« On va éviter les démonstrations, j'tiens pas particulièrement à être menotté sans l'avoir choisi au préalable. Et j'ai pas non plus franchement envie que Maryanne ou ma mère ne l'apprennent, honnêtement » Ugh. Soeur, menace policière. Deux phrases parfaites pour couper la chique à n'importe qui. Et mention de la mère. Tue l'amour ultime. A croire qu'il n'a pas du tout envie de s'éclipser dans les toilettes et mettre un terme à la tension sexuelle qui n'en finit pas de grandir. Mais bon, il sait bien que je ne suis pas fille à abandonner la partie si facilement. Je cesse mes petites caresses sous la table, me rechausse et pose mon coude sur la table et ma tête sur ma main, mon regard clair planté dans le sien. « Il va falloir être patient alors... » Je fronce le nez en jetant un oeil à son burger au poisson et demande « C'est bon ce truc? » La substance a l'air franchement ignoble mais au vu de la stupide formulation de la question, je sens bien le retour de bâton là. « Disons que c'est digeste et que tu as moins de risques que le steack se barre parce que le tout est empilé par des crétins qui s'emmerdent comme des rats morts. Tu m'as l'air d'avoir déjà bien mangé pour quelqu'un qui n'avait pas faim, alors j't'en propose pas, je ne voudrais pas que tu sois malade. Une autre fois, peut-être. » Je lui assène un sourire sarcastique en réponse à son commentaire délicat sur mon appétit gargantuesque et rétorque aussi sec « Si autre fois il y a, crois-moi, je suis prête à verser beaucoup d'argent pour ne pas manger dans un endroit pareil. La pizza et les céréales passent encore, mais il ne faudrait pas non plus enterrer ma dignité. »

« Arrête-moi si j'me trompe mais chaque fois qu'il a été question de pizza entre nous, c'est parce que toi ou tes charmants amis bien sous tout rapport en aviez commandé. Et concernant mes céréales, j'crois me souvenir que tu sais très bien te servir toute seule, Rose. » Précisément ce que je viens de dire, abruti. Pizza et céréales oui, McDo c'est la limite à franchir le moins possible. Pauvre petite cervelle américaine n'ayant pas assimilée les bases du raisonnement logique. Je le toise et lève les yeux au ciel, avant de m'expliquer, en parlant lentement et prenant soin d'articuler « C'est ce que je dis. Je ne cuisine pas et il faut bien se nourrir mais bon, cet endroit c'est un peu trop bas sur l'échelle de la déchéance. Et désolée pour ton budget nourriture si serré, je ne manquerai pas de te faire envoyer un chèque. » Dire que nous avions si bien commencé ce repas... Je suis peut-être aller un peu trop loin, c'est relativement bas, même pour moi. Mais on ne se refait as hein. « Va te faire voir Foster, parce qu'encore une fois, crois-moi, c'est pas avec toi que j'avais envie de venir ici. J'sais même pas pourquoi tu t'es pointée. Oh, mais attends, si. Mais bien sûr, tu dois être en manque, c'est ça ? La vache, ça doit avoir atteint un sacré degré pour que tu te laisses tes principes de côté et que tu viennes ici. Tu devrais peut-être te tourner vers des gens comme toi pour te soulager, vous avez l'air d'avoir le sens du bénévolat. Y'en a bien un qui consentira à te sauter, t'as l'air d'en avoir sacrément besoin. Et j'te retiens pas, tu peux te casser »

Connard. Connard, connard. J'ai envie de lui foutre la baffe de sa vie. Et un bon coup de pied dans les bijoux de famille, pour la forme. Mais je garde mon calme, mon fameux flegme britannique et me contente d'un sourire suffisant. Je croise les jambes, m'adosse un peu plus contre mon siège, sans le quitter des yeux. Cet immonde salopard. « Je te rappelle que c'est toi qui m'a inconsciemment envoyé un message Jason, alors à ta place j'éviterai de trop la ramener question manque et compagnie. Et puis que je saches, tu es la preuve vivante que je ne crache pas toujours sur la marchandise d'origine douteuse. Après, si t'as un problème avec moi, ma vie et mon pognon, je t'en prie, efface-moi de ton répertoire, comme ça on évitera tout malentendu. Par contre, je ne vais nulle part, j'ai pas fini ma glace et il pleut à torrents. »

« Une erreur, c'était une foutue regrettable erreur, ce sms, et pour la énième fois, il ne t'était pas destiné, inconsciemment ou pas. Je ne pas passe pas mes journées à penser à ton petit cul, Foster. Les garces dans ton genre, je m'en passerais volontiers. J'espère juste que pour le bien de l'humanité tes parents t'ont laissé seule de ton espèce parce qu'il est clair qu'il y a un truc qui a foiré, à moment donné, dans ta conception ou ton développement, pour en arriver à être aussi mesquine. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi Rose, hein ? Pourquoi faut-il toujours que tu finisses par être méchante et hautaine ? » D'accord. Attaques personnelles, insultes à l'encontre de ma personne et de ma famille, avec en bonus un air faussement méprisant, pâle copie de ma propre mine impassible et arrogante. Gros lot. Jason Baker, décidément, voilà un garçon plein de surprises. Ma voix, pourtant calme, sonne glaciale dans ce taudis bondé et puant « Malheureusement chez les culs bénis comme chez les pauvres, on tend à faire beaucoup d'enfants, mais tu peux être rassuré, ma soeur est l'incarnation de la brave fille, j'ai un frère en exil et un autre en pension, donc l'humanité est sauve. » Je ne vais pas m'abaisser à lui expliquer que Calixte et Thomas valent des milliards de fois plus que lui, que personne, personne n'a le droit de les toucher. Il n'a pas à le savoir, ce petit con. C'est après moi qu'il en a. « Et que veux-tu mon pauvre garçon, la vie est pleine de garces prétentieuses qui pourrissent la vie de leurs semblables. Il faut bien des gens pour jouer le mauvais rôle et, apparemment, je m'en tire plutôt bien non? Et toi, tu fais le parfait alpha mâle de pacotille, vois comme le monde tourne bien ! »

« Tu devrais vraiment songer à changer de disque, c'est même plus lourd, c'est pathétique. Ca ne te fatigue pas de sortir toujours les mêmes rengaines, toujours les mêmes sourires, de toujours chercher à contrôler ou dominer la situation ? » Et là je dois répondre quoi? Oh oui mon amour, faisons la paix et embrassons nous chastement, avant de vivre heureux pour toujours, car jamais ô grand jamais je n'ai aspiré à l'indépendance et au pouvoir pour les femmes et je ne suis qu'un cliché de romcom ayant besoin de l'amour d'un homme fort pour exister? Et bien non, désolée, l'oxygène et le sarcasme me suffisent amplement. « Désolée d'avoir un minimum de contenance et d'amour propre... En fait, non, pas désolée du tout. Que je saches, quand il s'agit de joyeusement nous envoyer en l'air, mes méthodes ne te dérangent pas, alors après, rien ne t'oblige à me faire la conversation si ça t'agace tellement hein. »

« Une conversation ? Une conversation ?! » Certes, ce n'est pas notre fort. Et ça doit pas être simple avec lui. Surtout s'il se sent obligé d'hausser le ton pour l'effet dramatique comme ça à chaque fois qu'il parle plus de trois minutes. « Depuis quand est-ce qu'on a des conversations ? Parce que généralement, je te saute, tu décuves et ensuite tu débites des gentillesses pendant dix minutes, voire un quart d'heure si tu es encore dans un sale état et ensuite tu te tires jusqu'à la prochaine fois. Alors, ouais, nan, désolé, c'est pas une conversation, c'est juste un putain de cercle vicieux ! » Elle est pas mal celle là quand même. J'incendie du regard la grosse bonne femme qui nous regarde de travers, elle a rien à faire dans un endroit qui sert de la nourriture aussi grasse de toute façon et en revient à notre espèce de ridicule scène de ménage. « Et c'est ma faute peut-être? Je te force? T'es pas consentant? Déjà, c'est mon idée à la base? Pas que je me souviennes. Alors viens pas me faire la morale Baker, je ne te dois rien. T'es pas content tu t'en vas et tu vas trouver le pied qu'on prend ailleurs. C'est pas moi qui vais te retenir. »

« Pas étonnant que tu ne t'en souviennes pas puisque la plupart du temps que tu me tombes dessus, tu es complètement bourrée. Il faut t'inscrire aux alcooliques anonymes ou il s'agit juste d'obliger tes principes à fermer leur gueule le temps de te vautrer dans mon pieu ? Non parce que vraiment, quel courage Foster ! Parce que jusque là, si tu t'es retrouvée dans mon lit, c'est pas parce que je suis allé te chercher. Mais bon, voyons les choses en face, à part jouer les garces, sobre, tu ne sers pas à grand-chose. Et l'impression est manifestement réciproque. Alors, tu sais quoi ? » En temps normal j'aurais répondu avec une moue ironique, « non, quoi? » mais le coeur n'y est pas franchement. Là, mise brutalement face à mes contradictions je ne peux que me taire. Je le regarde sortir son téléphone portable et suivre mes conseils - pour une fois - sans mot dire. Je serre les dents et sens bien la chaleur et la couleur qui me montent aux joues. Putain ce que je déteste ce type. « Tu as raison, tu as to-ta-le-ment raison, tu n'as rien d'exceptionnel et t'es pas non plus un modèle unique Foster. Profite bien de ta glace, aussi dégueulasse soit-elle » Bordel de putain de bordel de merde. Sans contrôler le moindre de mes mouvements, je m'empare de mon restant de McFleury et le balance avec hargne sur Baker. Je manque ma cible et largement même, au vu de mes bras de fillette et de mes capacités sportives de haut vol. Je me lève, attrape mon sac que je cale sur mon épaule et vais me planter devant lui, immobilisé par la vague de surprise qu'a provoqué mon geste idiot dans l'assemblée. « T'es un pauvre con Baker. Un... » ma voix se brise et la colère aveugle et violente qui m'habite me réduit étrangement au silence. Et merde. Pour me donner une constance je lui flanque la baffe magistrale que je retenais depuis plusieurs minutes et reste plantée là, le souffle court et les yeux étincelants de rage. Connard.

Le silence s'installe l'espace de quelques secondes mais personne n'a le temps de bouger un cil, les employés gardent leur tête déconfite et les clients assistent au spectacle avec plus ou moins d'amusement. La colère dans les yeux de Jason est sans doute le parfait reflet de la mienne. Brusquement, il s'empara de ma nuque et pose un baiser brutal sur mes lèvres. Je n'y réponds pas, je n'en ai d'ailleurs pas le temps et il se dégage avec brusquerie. « J'te retourne le compliment Foster, tu es une jolie petite conne. Et tu devrais apprendre à frapper avec un peu plus de force parce que là, franchement.. tu fais pas l'poids, t'es une miniature et tu t'bats comme un hamster » Voilà qui est de haut niveau. Parce que je n'ai pas grandi dans les bas fonds new-yorkais et que je ne mesure pas trois mètres, je suis un hamster. Bien sûr. « Allez, ta gueule Baker, tu t'enfonces. Et puisque ça te fait tellement plaisir, j'me casse et je te suggère d'aller te faire foutre, pauvre tâche ! » Mon cri s'étouffe à moitié dans ma gorge et je quitte ce miteux McDo comme une furie et déambule dans les rues de Londres sans avoir la moindre idée d'où je vais. Loin de ce connard fini en tout cas.
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jose foker Ҩ they said : come as you are.. right ? so here i am, duh.
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