now i'm only falling appart ♦ ANDRESTAN

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MessageSujet: now i'm only falling appart ♦ ANDRESTAN   Mer 18 Avr - 0:50

J’ai une boule dans le ventre et la gorge serrée. Garé sur le parking des locaux, j’observe le reflet de mon visage fatigué dans le rétroviseur de ma voiture. Je suis incapable de descendre, incapable d’émettre le moindre geste. Il faut que j’y aille, il faut que j’entre, que je m’excuse, que je le serre contre moi. Mes mains se crispent sur le volant et je laisse aller ma tête un instant. Tout a nettement pris en clarté, mais rien n’est franchement agréable. J’ai vécu dans mes illusions de perfection, je me suis une fois de plus laissé prendre au jeu terrible de mes croyances avérées. Je ne suis pas un père, pas plus que Tristan. Et je ne voulais pas de cette vie non plus. Parce que je ne me suis jamais posé la question de savoir ce dont j’avais réellement envie et besoin, j’ai failli perdre l’homme de ma vie, et le discours de mon père qui ne m’a jamais semblé aussi juste qu’hier me revient en mémoire par salves douloureuses. Je suis jeune, malade, en plein dans mes études et marié à un homme qui s’avère être mon cousin. Voilà ma vie, et son lot de complexités est déjà énormes. J’arrive difficilement à me gérer moi-même, et ma stabilité émotionnelle repose entièrement ou presque sur Tristan. Et j’ai voulu ajouter une gamine à tout ça, en pensant naïvement que je m’en sortirais très bien et que tout ira à la perfection. La vérité est ailleurs, loin de mes envies idéalistes. Le choix est fait et ne peut plus être modifié. Megan m’a imposé d’adopter sa fille et j’ai fourni la seule réponse que je pouvais donner : oui. Sauf que ma vie future se retrouve mise en jeu et que je risque fortement de rater l’objectif fixé. Je relève les yeux et vois Léandre quitter l’endroit. Tris a du faire appel à lui, lui a-t-il confié quoi que ce soit ? Sa détresse, son envie de me tuer ? Je soupire, enlève les clés du contact et sors de la voiture, lentement. J’ai peur, je suis bouffé, paralysé par la peur. Et s’il était trop tard ? Qu’il ne veuille plus de moi, plus comme ça ? S’il fallait faire un choix entre la lourde promesse et le mariage ? Mon cœur qui hier semblait déterminé rejette purement et simplement l’éventualité ce soir. Je pousse la porte et referme derrière moi, errant dans les couloirs que je connais si bien. J’étais ici ce matin, avec Sophie. Mon cerveau divague un peu, tandis que l’angoisse me bouffe littéralement de l’intérieur. J’arrive à la hauteur de son bureau et me rappelle de la première fois où j’ai visité le lieu. J’inspire, frappe, et pousse la porte sans attendre de réponse. « Bonsoir ». J’attends qu’il relève les yeux de ses papiers et fuis son regard presque immédiatement, baissant la tête, fermant les yeux. Il faut que je sois fort, pour lui, pour nous. Je ne peux pas être son boulet de nouveau. Ca n’est pas possible. Je m’avance, et me laisse tomber sur la chaise, en face de lui. « Tris… » ma voix se brise avant le premier round. Je respire, tourne la tête et m’autorise cinq secondes pour reprendre mes esprits. Je suis fatigué, j’ai tellement, tellement besoin de le sentir contre moi. Je veux ses bras et sa présence, je veux son amour et je veux qu’il m’aide. « Je suis désolé. Je suis désolé pour toutes ces choses que je t’ai dites hier, et je suis désolé de faire comme si tout allait bien depuis des semaines. Je suis désolé d’avoir signé les papiers de l’adoption sans t’en parler avant et ce peu importe quels étaient mes motifs. » Je laisse tomber ma tête entre mes mains et inspire. « Je veux qu’on redevienne ce qu’on était avant. Je veux partir en voyage sur un coup de tête et te faire l’amour dans le salon. Je veux qu’on se promène tous les deux et qu’on se fiche de ce que les gens disent. » Je laisse mes larmes m’échapper, incapable de les contenir, mais ne relève pas les yeux. « Je veux me construire avec toi, je veux être ton mari et pas un père, pas maintenant… Je ne veux pas foutre en l’air mon mariage avec toi et encore moins cette gamine, mais… » Je n’arrive plus à parler, juste à pleurer, comme un enfant, comme d’habitude. Je laisse la détresse masquée depuis des semaines me submerger, je laisse mon cœur protester contre ce qui ne devrait pas être.

Sa main s’empare de la mienne et ma détresse s’accentue sous le contact qu’il m’offre, sous l’égide de ce que j’aurais pu perdre si je m’étais obstiné dans cette voie là qui aurait sans doute conduit à notre perte. « J’avais besoin de te l’entendre dire. » Je baisse les yeux un peu plus, refuse de soutenir son regard. Je suis partagé entre la honte et la culpabilité, le sentiment d’avoir failli foutre en l’air la seule chose qui m’importe vraiment pour un caprice. « Andrea je ne pouvais pas te laisser t’enfoncer là dedans. J’ai essayé moi aussi, mais c’est mal. Si on doit prendre des décisions aussi importantes alors on se doit d’être conscients de ce qu’on fait, ton attitude finissait par laisser croire que tu voyais la paternité comme une aubaine et que tu n’avais plus aucun contact avec la réalité. J’ai essayé de te protéger mais... ce n’était pas bien.» J’inspire, longuement, m’autorise une pause et me remémore les paroles de mon père. C’est lui, sans doute, qui m’a ouvert les yeux sur la situation. Je serre les dents et relève légèrement la tête. « Je pensais qu’en faisant comme si tout était normal les choses finiraient par le devenir ». Je serre sa main et mon cœur accélère sa course dans ma poitrine, tellement fort que j’ai mal. « Je pensais qu’on n’avait plus le droit de penser à nous avec une si petite fille, et je… » Je soupire, passe ma main libre sur mon front. « Je veux pas te perdre ». Je relève la tête pour planter mon regard dans le sien. « Je ne peux pas te perdre. Je peux te rendre heureux, je le sais, mais toutes ces choses qui nous tombent dessus m’empêchent d’avancer ». Je soupire, les chocs émotionnels combinés aux difficultés de stabilité que je rencontre, s’ils ne m’excusent pas, peuvent au moins me servir de circonstances atténuantes. « Je suis perpétuellement à ta charge, et dès que je t’ai pris assez d’énergie pour aller mieux, quelqu’un d’autre vient me priver de stabilité ». Je crois que j’en veux un peu aux gens, finalement, moi aussi. « Tu m’as apporté tellement depuis le début, je voudrais juste pouvoir rendre mais… » Je secoue la tête. C’est comme si ça n’allait jamais être possible. « On va y arriver Andrea. Ca prendra le temps qu’il faudra. » Il se redresser et ferme l’écran de son ordinateur. J’aimerai le croire, j’aimerai penser que tout va bien se passer mais je ne vois pas comment. Les choses me dépassent et je n’arrive plus à faire le tri, mon esprit est embrouillé, trop emmêlé pour y voir clair. « On rentre ? » Je me lève à mon tour et continue à fuir son regard, hochant cependant la tête pour approuver. « Oui, on rentre ». Je frissonne un peu et relève le col de mon manteau, me dirigeant vers la porte pour sortir.

Le silence s’installe, il s’empare de ma main et nous nous dirigeons vers l’ascenseur. Je suis dans un état second, ailleurs, incapable de réfléchir convenablement. Le soulagement et la seule chose sur laquelle j’arrive à me concentrer pour l’instant : celui de l’avoir près de moi, retrouvé. Nous pénétrons l’ascenseur et les portes se referment. Il me pousse légèrement et ses bras encadrent mes épaules, mon dos heurtant la paroi derrière moi. Ses lèvres s’emparent des miennes et je ferme les yeux, glissant mes mains sur ses hanches pour le rapprocher, avide, comme un drogué un manque qu’on a voulu enfermer dans une pièce vide. Mes mains courent son dos et je ne lâche pas ses lèvres. Je tire sur sa chemise et le rapproche encore de moi, laissant mes lèvres errer sur sa mâchoire puis dans son cou, retournant prendre ses lèvres avec autant d’empressement. Je l’aime tellement, j’ignorais qu’il était possible seulement d’aimer autant. De tout ce que j’ai jamais ressenti, mes sentiments à son égard son de toute évidence les plus forts, et plus rien de ce que je suis n’aurais de sens sans lui. Ma main glisse sous sa chemise, cherchant le contact avec sa peau, tandis que mon bras libre encadre son bassin.

Ses lèvres errent le long de mon cou et je ferme les yeux, sentant le désir s’emparer de moi avec une force constante. Je libère sa taille et mes mains se glissent sur la boucle de sa ceinture, que je fais sauter sans difficulté. Je récupère ses lèvres et élimine les boutons de sa chemise, laissant mes mains errer son torse et retrouver sa peau, sa présence contre moi qui m’électrise, comme à chaque fois. Nos vêtements tombent rapidement et nos corps fusionnent, balayant la privation et le stress d’un revers de manche. Je laisse le plaisir s’emparer de moi, capturant son corps contre le mien autant que faire se peut.

Notre chambre, Oxford. Ses bras encadrent mes épaules et je caresse doucement sa main, fixant le plafond dans un état vaporeux, étrange. Je refuse de fermer les yeux, de m’endormir. Il embrasse ma tempe et se tourne vers moi, caressant mon épaule avec tendresse. « Je suis content que ce soit terminé. Je t’aime tu sais ? » J’inspire, dépose ma main sur la sienne et plante mon regard dans le sien. « Moi aussi je t’aime ». J’ai encore du mal à comprendre comment mon cerveau a pu ne serait-ce qu’envisager la séparation que je voulais nous infliger. « Je ne t’abandonnerai plus Tris, je te le promets ».



Dernière édition par Andrea S. Leroy-Duchesne le Ven 1 Juin - 22:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: now i'm only falling appart ♦ ANDRESTAN   Jeu 19 Avr - 0:42

Je joue avec mon alliance pensif, est ce que c’est vraiment en train d’arriver ? Les propos d’Andrea se répètent en boucle dans ma tête et il devient de plus en plus difficile de les ignorer. Quelque chose s’est brisé sans doute. Je nous croyais invincibles, mais le déni peut toujours tout gâcher. J’en veux à cet enfant tout en sachant que ce n’est pas là le fond du problème. Peut être que je suis tout simplement incapable de le rendre heureux. Son attitude avec Grace aurait du m’alerter j’imagine, Andrea aime les enfants, et Andrea voulait un bébé. Agacé par sa façon de se comporter en épouse comblée venant d’accoucher de son premier enfant, je n’ai pas attention aux détails, peut être que c’est cette vie là qui l’attire, que je lui vole. La facilité avec laquelle il a accepté ce changement, soulève une question bien plus dramatique, je ne suis même plus certain qu’il ait vraiment réfléchi à notre mariage. Je lâche un soupir, puis repose mon alliance sur le bureau pour la fixer avant de l’enfiler de nouveau. Nous devons nous en sortir. La journée passe lentement, et je travaille beaucoup, l’avantage de cette pose c’est qu’elle aura réussi à me rendre prolifique. Sylvain sera donc le fondateur des troublemakers, tout tient admirablement la route quand on y pense, la prochaine réfléxion sera sans doute de s’interroger sur l’avenir de sa storyline compromise avec Warren.

On toque à la porte, puis elle s’ouvre laissant présager qu’il s’agisse d’un visage connu. Je soupire, et croise alors le regard de celui que je m’empêche d’appeler depuis deux jours.  « Bonsoir ».  Je voudrais répondre mais Andrea reprends la parole après s’être installé en face de moi. « Tris… » sa voix déraille mais il ne laisse pas de silence s’installer. « Je suis désolé. Je suis désolé pour toutes ces choses que je t’ai dites hier, et je suis désolé de faire comme si tout allait bien depuis des semaines. Je suis désolé d’avoir signé les papiers de l’adoption sans t’en parler avant et ce peu importe quels étaient mes motifs. »  Je hoche la tête sans toutefois savoir si c’est le manque qui parle ou la raison, comme moi Andrea avait très honnêtement besoin de temps pour réfléchir à la situation. « Je veux qu’on redevienne ce qu’on était avant. Je veux partir en voyage sur un coup de tête et te faire l’amour dans le salon. Je veux qu’on se promène tous les deux et qu’on se fiche de ce que les gens disent. » Chose qui me semble partiellement impossible maintenant, il faut se rendre à l’évidence. Les larmes jaillissent alors de ses yeux et il lâche. « Je veux me construire avec toi, je veux être ton mari et pas un père, pas maintenant… Je ne veux pas foutre en l’air mon mariage avec toi et encore moins cette gamine, mais… »  Je prends une inspiration puis soupire avant de prendre sa main. Nous y sommes. « J’avais besoin de te l’entendre dire. » Je fais un peu pression sur sa paume et entrelace nos doigts. « Andrea je ne pouvais pas te laisser t’enfoncer là dedans. J’ai essayé moi aussi, mais c’est mal. Si on doit prendre des décisions aussi importantes alors on se doit d’être conscients de ce qu’on fait, ton attitude finissait par laisser croire que tu voyais la paternité comme une aubaine et que tu n’avais plus aucun contact avec la réalité. J’ai essayé de te protéger mais...ce n’était pas bien.»

uc
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