the world is black. → rooooooose.

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MessageSujet: the world is black. → rooooooose.    Lun 16 Avr - 23:29

Un énième soupir se fit entendre de la part de mon agent. Il ne semblait pas comprendre mon besoin de voir ma cousine. Selon lui, j’aurais tout le loisir de discuter avec elle après mes rendez-vous professionnels. « Elle sera toujours là dans deux jours, Olivia » me répétait-il en levant les yeux au ciel d’une manière aussi exagérée que mon comportement semblait l’être à ses yeux. C’était un homme qui avait toujours montré une grande patience avec moi, comprenant parfaitement ma cruelle envie de vouloir rester discrète dans ce monde de paillettes. Pourtant, plus le temps passait, moins il paraissait compréhensif. Je savais qu’il ne pouvait plus supporter mes multiples caprices que la plupart des journalistes s’amusaient à parodier dans leurs articles de presse. Je me prenais pour la Madonna que je n’étais pas. Pour la Angelina Jolie que je ne serais jamais. Je n’avais évidemment pas la prétention de me comparer à elles et je ne l’aurais jamais. Mais ça, personne ne le savait. On semblait me connaitre mieux que je ne pouvais l’être de moi-même. Ils savaient mieux que moi ce que je pensais sur telle ou telle célébrité, sur tel événement et sur tel projet. Je n’avais plus mon mot à dire, l’on réussissait très bien à deviner ce que je souhaitais. Conneries. Je ne cherchais pas à démentir ses rumeurs, leur laissant libre court à l’imagination si débordante de mes détraqués. Je n’avais aucune raison de le faire. Je détestais m’adresser en public. Et encore plus depuis que j’étais devenue aussi célèbre que Miley Cyrus. A chaque faux pas, je me faisais littéralement incendié. Trop, c’était trop. Il me fallait cette bouffée d’air qui faisait illusion dans cette vie qui ressemblait plus à celle d’un prisonnier qu’à une jeune fille d’une vingtaine d’années. J’en avais besoin et je ne comptais pas me laisser faire.

Mon froncement de sourcils le figea un instant. Certains employés étaient virés pour moins que ça, aux Etats-Unis. Connaissant parfaitement le monde impitoyable des petites stars qui prenaient rapidement la grosse tête, mon agent ne répliqua pas. Je n’étais pas un tortionnaire, je n’oserais jamais et pourtant, il préféra ne pas s’y risquer. Tant mieux. Il me demanda néanmoins quelques minutes pour annuler la plupart de mes rendez-vous avec un visage décontenancé. J’acquiesçais vivement, toujours assise sur mon fauteuil. Je le désespérais. J’en étais consciente et d’une certaine manière, j’en jubilais presque. Un franc sourire sur mon visage termina de le calmer. Il ne résistait jamais. Un regard tendre et c’était aussitôt dans la poche. Néanmoins, la tension remonta d’un cran lorsque j’entendis son interlocuteur à l’autre bout du fil élever d’un ton. Cette idée ne semblait pas lui plaire. Absolument pas. Je faisais partie des nombreuses surprises de l’émission, qu’il comptait dévoiler à un public en délire. Selon lui, la plupart des jeunes avaient décidé d’y assister, rien que pour moi. Nous nous échangeâmes un regard. Tentant de me convaincre par un long geste de la tête, je haussai des épaules, signe qu’il se débrouillerait sans moi. Hors de question d’abandonner cette visite chez Rose. Plutôt mourir.

Il me fallut plusieurs heures pour quitter Londres, direction Oxford. Bonnet sur la tête et lunette de soleil par un temps nuageux, un cocktail très douteux mais qui eut un franc succès, puisque je n’eus aucun problème à l’aller. J’avais pris un taxi, mais même avec ça, je n’étais pas rassurée. Il me laissa devant l’immeuble. Un vague coup d’œil d’un jeune homme légèrement intrigué me poussa à détourner rapidement les yeux et à disparaitre le plus rapidement possible dans l’établissement. Je savais qu’il ne m’avait probablement pas reconnu et pourtant, mon cœur s’était mis à tambouriner à vive allure. J’étais parano. Je le savais. Et ça me tuait. Montant les escaliers d’un pas plus tranquille, maintenant que j’étais saine et sauve, je repris un instant mon souffle et toquai à la porte. Oh, je sentais que ce week-end allait être un grand événement. Et que j'allais très certainement le regretter.


Dernière édition par Olivia M. Foster-Graham le Ven 27 Avr - 1:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the world is black. → rooooooose.    Ven 27 Avr - 1:28

Et voilà qu'on frappe à ma porte. C'est la combientième fois cette semaine? Mardi soir, Tristan est venu pour une réconciliation au sommet devant Britain's Got Talent, donc une heureuse visite. Chris a ensuite finalement daigné me faire un rapide coucou entre ses autographes, ses groupies et le semblant de travail qu'il prétend avoir. Kin est venue pleurer sur mon épaule hier et nous avons découvert une demi-douzaine de nouveaux sites de shopping en ligne, je crains d'ailleurs que ma meilleure amie soit la victime d'une fraude à la carte bleue dans les jours à venir. Gemma est venue récupérer quelques affaires à elle la semaine passée et nous avons orchestré une girls night avec Bonnie. C'est donc officiel, mon appartement est un hall de gare. Franchement, c'est à croire que je suis amie avec tous les riches sans domicile fixe du coin. Scènes de ménage, début d'alcoolisme et peine de coeur, je crois qu'ils remplissent toutes les catégories possibles de potes qui viennent s'échouer sur votre canapé. Je songe investir dans un clic-clac d'ailleurs, la chambre d'amis est souvent snobée et les draps ne sont jamais faits. Je me demande qui peut venir, la plupart des habitués ont déjà fait leur défilé ces derniers jours. Resterait Jason. Mais nous nous sommes... vus à la boat race et nous ne sommes pas foncièrement du genre à donner dans la régularité. Et il ne viendrait pas chez moi comme ça, sans prévenir. Enfin, quoique. Mais je ne pense pas que ce soit lui. Ma cousine? Voilà une possibilité, elle n'est pas venue se plaindre des drames de sa vie de superstar depuis un moment et j'ai vu un reportage sur elle la vieille dans la page people du JT. Fugue de son hôtel, Dieu sait où elle s'est envolée, encore un caprice de la jeune Foster-Graham scandent les journalistes. Les cons. Y a que moi qui ai le droit de dire à ma cousine qu'elle a la grosse tête et qu'elle vire parano.

Je quitte donc le bar de ma cuisine américaine et mon repas frugal - notons que pour une fois je me nourris d'autres choses que de céréales et de fruits - puis ouvre la porte. Je ne suis pas surprise d'y reconnaître la blonde figure de ma fameuse cousine, grossièrement dissimulée par un bonnet des lunettes de soleil « T'as un look d'enfer chérie, entre donc, je voudrais pas te voir arrêtée pour outrage sur la voie publique ou crime contre la mode. » Je m'écarte et la laisse passer, elle connaît la maison après tout. Je m'empare de son sac et le bazarde sans distinction dans la chambre d'amis, qu'elle est une des seules à vraiment utiliser « Le lit est pas fait, c'est pas un hôtel ici, tu trouveras des draps et compagnie dans le placard. » Je regagne la cuisine et désigne du menton le plat de pâtes qui trône sur le plan de travail « Si jamais sa Majesté a faim... Moi je m'occupe des rafraîchissements. » Je dégote une bouteille de vin blanc et nous en sert deux verres, copieusement. Je n'ai pas de verre à vin de toute façon, il faudra faire avec mes grands verres de table. Je m'assois de nouveau et replonge dans mes pâtes au ketchup avec entrain, non sans lancer enfin le coeur véritable de la conversation, Olivia Mary Foster-Graham herself « Alors, c'est pourquoi l'échappée belle ce coup-ci? » Je me sais un peu brusque avec ma cousine, mais je dois dire que les aléas de sa vie de star me passent légèrement au dessus de la tête et je trouve qu'il y a plus grave que de devoir prendre une photo avec des fans qui nous admirent. Mais j'adore Liv, malgré tout et mes manières familières ne sont qu'une manière pour moi de lui démontrer toute mon affection. Et puis, elle ne vient pas crécher chez moi innocemment, elle sait bien que ça ne lui fait pas de mal de se faire secouer les miches de temps en temps. Elle a besoin de ma délicieuse personne pour l'aimer, l'insulter, la charrier et lui faire bouffer des trucs douteux et caloriques. Je suis un modèle de cousine dévouée je trouve.
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