i'm lost in heaven w/ Grace, Kin & Andrea

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MessageSujet: i'm lost in heaven w/ Grace, Kin & Andrea    Dim 15 Avr - 20:56



CECI EST UNE INTERVENTION D'UN PNJ (ce compte étant anciennement utilisé à ces fins)


Je tiens la main de Papa dans les couloirs d’une fac. Il m’a expliqué que la fac, c’était là où on faisait ses études après toutes les classes de l’école. Il m’a aussi expliqué que moi, je ferai pas mes études ici, parce que ma fac serait Oxford. Il a ajouté que Papa – l’autre - serait très fier de moi si j’allais faire mes études à Oxford, parce que Papa, il aime trop trop Oxford. Mes deux papas ont été là-bas, mais ils ont aussi été en France si j’ai bien tout compris. C’est assez impressionnant d’ailleurs de faire deux facs, en tout cas je crois. On est là parce que Papa veut voir quelqu’un, January je crois. January elle elle va pas à Oxford et elle aime pas trop cette fac. Mais ça veut pas dire qu’elle est méchante ou moins douée, ça veut juste dire qu’elle a pas les mêmes goûts que Papa. Et Papa a dit que les goûts et les couleurs ça se discute pas. Il explique beaucoup de choses Papa, du coup je lève les yeux et lâche sa main pour regarder une salle de classe qui est ouverte. A l’intérieur, y’a une fille qui chante. Elle chante bien, comme Papa, Papa aussi chante bien.

Je me balade dans les couloirs depuis une demi-heure. J’appelle « Papaa » toutes les trois secondes mais personne répond, et ça commence franchement à devenir embêtant, surtout que je ne sais pas vraiment comment je fais faire pour le retrouver, et que si je ne le retrouve pas, je ne sais pas comment je vais faire pour rentrer chez moi. En plus, je ne sais pas vraiment où c’est chez moi. J’habite chez Papa avec Papa en ce moment, mais il y a quelques jours j’habitais encore chez Maman, et Lucas venait nous voir souvent. Je ne comprends pas bien ce qu’il se passe à ce sujet, c’est un peu curieux. Je trouve que tout le monde ici est très très grand et je ne me rappelle même pas de qui on était venu voir. Je soupire et me colle sur le mur en croisant les bras. « Papaa ? » Il est pénible de disparaître comme ça, et puis il y a vraiment trop de monde ici. Oh, une dame s’arrête et me fixe. « Grace ? Tu te souviens de moi ? On s'est vu à la course de bateau. » Oulala. Je ne suis pas sûre de me souvenir de sa tête et Maman m’a toujours appris qu’on ne parlait pas aux inconnus. Je me demande si les règles sont les mêmes avec Papa, et finis par me dire que oui, sans doute. Mais en même temps elle sait mon prénom et le truc de la course, du coup elle a l’air de connaître Papa elle aussi. « Tu es perdue ? » Euh... Perdue ? Je fais la moue et hoche la tête. « Avec qui tu es venue ? Avec Tristan ou Andrea ? » Oooh, elle connaît mes deux papas, en plus. Je souris un peu, encouragée. « Avec Papa ». J’acquiesce et ris un peu. « Andrea ». J’aime bien faire des blagues, surtout aux gens que je connais. Elle me tend les bras et me porte, ce qui n’est pas du luxe parce que j’ai franchement mal aux jambes à force de chercher. « Bon, on va retrouver Andrea. Il ne devrait pas être loin. » J’hoche la tête. « Il est pas parti sans moi, hein ? » Je me gratte les yeux et inspire, j’espère que non parce que là ce serait quand même un peu embêtant. « Mais non voyons ! Comment pourrait-il partir en laissant la plus adorable des petites filles hein ? » Ouf, j’ai eu un peu peur quand même je l’avoue, j’ai pas trop l’habitude de me balader dans des grands endroits, comme ici. « ANDREAAAAAAAAA ! » Je sursaute parce que la dame a hurlé fort, et puis j’éclate de rire. On dirait que tout le monde crie derrière elle à cause de l’écho, c’est ça qui me fait rire surtout. Elle sort son téléphone et j’applaudis, on dirait bien qu’elle va appeler Papa ! « Andy ? C'est Kin, prépare la rançon, je tiens Grace en otage alors retrouve nous dans la cour intérieure avec deux jus de fruits dans dix minutes. » Ouiiiiii du jus de fruit, j’ai soif en plus, ça fatigue de marcher dans les couloirs à la recherche de son père, moi je vous le dis. Kin comme elle dit qu’elle s’appelle nous emmène vers un banc dans une Cour où elle nous installe et je laisse pendre mes jambes dans le vide en les balançant un peu. « Eh bien ! On dirait que je ne suis pas prête du tout à devenir mère ! On va attendre papa ici si ça ne te dérange pas ma chérie. Tata Kin est un peu fatiguée. » Je secoue la tête. « Non, ça me dérange pas du tout. J’ai soif, il va apporter à boire Papa ? » Je souris et croise les bras. « Toi aussi tu fais des études ici et pas à… » Oups. J’ai oublié. « Comme Papa ? » Elle rit fort et je ris avec elle, visiblement j'ai fait une blague sans faire exprès. « Oxford, ton papa... tes papas font leurs études à Oxford. Et ici on est à Cambridge, une excellente université, un endroit très plaisant, si l'on oublie les crétins prétentieux qui prétendent diriger l'endroit. » Aaaah oui, Oxford, c’est vrai, j’avais oublié. J’hoche la tête à tout ce qu’elle me raconte et croise les bras, puis sursaute. « Papa est là !! »


Dernière édition par Tara M. Dayris le Sam 1 Sep - 22:54, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: i'm lost in heaven w/ Grace, Kin & Andrea    Dim 15 Avr - 21:48

« C'est bon vous pouvez sortir. »

Je soupire en rangeant mes feuilles et me prends la tête entre les mains. Je déteste faire ce genre de choses. Faire cours. En tant que doctorante je suis sensée donner certains cours, participer à des conférences, blablabla... Je n'aime pas ça, je le fais par devoir. Mais mon rêve c'est de tenir une galerie d'art. Pas d'essayer d'enseigner quelque chose. Disons pour faire court que je me suis réveillée seule, gelée et de mauvaise humeur ce matin, chose de plus en plus fréquente depuis que je suis rentrée. Je défais mon chignon, retire mon blazer d'une triste couleur, range mes ballerines dans mon sac et enfile mes stilettos avec un sourire. Aaaah ! C'est déjà mieux ainsi ! Je me ressemble un peu plus. Je range mes lunettes, mon dieu je ressemblais réellement à une prof ainsi ! Fort heureusement mes chères Jimmy Choo aux pieds et ma robe colorée refont de moi Kin Eastwood, grande prêtresse de la mode et du style. Mon sac vintage sur l'épaule, je déambule dans les couloirs, souriant aux uns et aux autres d'un air affable alors que je ne connais pas la moitié d'entre eux.

Alors que je m'apprête à rentrer chez moi, je me fige au beau milieu du couloir. « Papaa ? » Hein ? Comment ça Papa ? Qui a emmené un gosse ici ? Mes talons claquent sur la pierre et bientôt je découvre... Grace. Bon Dieu ! Mais que fait-elle ici ?! Je me penche légèrement vers elle et lui tapote l'épaule avec un sourire. « Grace ? Tu te souviens de moi ? On s'est vu à la course de bateau. » La gamine me regarde d'un air bizarre genre "j'espère que tu ne me raconte pas de c*nnerie". Bien sûr que non voyns. Mentir à un enfant c'est mal, sauf pour le Père Noël. Evidemment que j'étais à la Boat Race. Avec Méphisto en plus. Qui m'a empêchée de dire des insanités en présence de la petite grâce au ciel. « Tu es perdue ? » Evidemment qu'elle est perdue. Je me sens vraiment stupide. « Avec qui tu es venue ? Avec Tristan ou Andrea ? » Boooon ! On progresse ! Je la soulève doucement et la porte. « Bon, on va retrouver Andrea. Il ne devrait pas être loin. »

« Il est pas parti sans moi, hein ? » Je secoue la tête et la serre doucement contre moi. « Mais non voyons ! Comment pourrait-il partir en laissant la plus adorable des petites filles hein ? » Andy est incapable de cela je le sais bien. Cela dit s'il l'a laissée, je l'étrangle ! Après plusieurs minutes à parcourir la fac, je craque. « ANDREAAAAAAAAA ! » Mon hurlement se répercute sur tous les murs de la fac. Et je me tape le front de ma main libre. Mon portable, MAIS QUELLE CRUUUUCHE ! Je cherche le numéro dans le répertoire, lance l'appel et attends. « Andy ? C'est Kin, prépare la rançon, je tiens Grace en otage alors retrouve nous dans la cour intérieure avec deux jus de fruits dans dix minutes. » Je raccroche sans lui laisser le temps de répondre (ça lui apprendra à perdre sa gamine) et me mets en route. Enfin nous arrivons dans ladite cour et avisant un banc de libre, je m'y effondre et dépose Grace avec un soupir de soulagement. « Eh bien ! On dirait que je ne suis pas prête du tout à devenir mère ! On va attendre papa ici si ça ne te dérange pas ma chérie. Tata Kin est un peu fatiguée. »

« Non, ça me dérange pas du tout. J’ai soif, il va apporter à boire Papa ? »
Je hoche la tête avec un sourire et lui tapote gentiment l'épaule. Normalement oui, il devrait apporter des boissons. Il a intérêt s'il ne veut pas que je lui montre que la plus grande dramaqueen de Cambridge c'est moi ! « Toi aussi tu fais des études ici et pas à… Comme Papa ? » Je laisse échapper un petit éclat de rire et hoche à nouveau la tête. Elle est vraiment trop mignonne ! C'est vrai ça, je comprends qu'Andy et Tristan soient fous d'elle. Comme la petite Grace a de la chance de les avoir, je suppose que les avoir eux c'est comme d'avoir deux Papa Eastwood à la maison. Grands dieux ! Pauvre enfant ! Je me rends compte que je n'ai absolument pas répondu à sa question et m'éclaircis la gorge. « Oxford, ton papa... tes papas font leurs études à Oxford. Et ici on est à Cambridge, une excellente université, un endroit très plaisant, si l'on oublie les crétins prétentieux qui prétendent diriger l'endroit. » Oups. Au moins je suis restée polie. Mais que fait Saintes Bouclettes ?! Il devrait déjà être là pour m'empêcher de débiter des idioties et étancher ma soif ! Le vil personnage, il va entendre parler du pays lui ! Je suis sûre qu'on ne l'a encore jamais engueulé en mandarin... Hahaha, ça va être drôle !

« Papa est là !! »
Ouf ! Je soupire de soulagement et regarde Andrea serrer Grace contre lui comme si elle était le trésor le plus précieux du monde. Et évidemment qu'elle l'est. « Ne lâche plus jamais Papa comme ça, d’accord ? » Enfin il se tourne vers moi et je me lève, prête à faire mon petit numéro. Oh crois moi Leroy-Duchesne Faure, ça, personne ne te l'a encore fait. « Et toi, je ne sais même pas comment te remercier ». J'inspire profondément. 5, 4, 3, 2, 1... « Báichī ! Nǐ shì wánquán bù fù zérèn! Ràng háizi dúzì yīrén, dàn nǐ bù zhīdào suíshí jiānkòng tāmen ? Wǒ jǐnggào nǐ lìng yīgè xiàng zhèyàng de jìngtóu hé nǐ jiāng chéngwéi wǒ de núlìle yīgè xīngqí ! » Je l'engueule en chinois. Oui. Tout à fait. Et vous savez quoi ? De le voir avec des yeux de merlan, je trouve ça à mourir de rire. Est-ce ma remarquable maîtrise de cette langue, mon superbe accent ou bien le fait que je puisse lui dire "Imbécile ! tu es complètement irresponsable ! Laisser une enfant toute seule, non mais tu sais qu'il faut toujours les surveiller ? je te préviens un autre coup de ce genre et tu me serviras d'esclave pendant une semaine !" sans reprendre ma respiration qui le laisse admiratif ? Ma tirade enfin terminée je lui offre un sourire éblouissant accompagné d'un clin d'oeil et le laisse me serrer dans ses bras. Mrrrrr ! Pour un peu j'en ronronnerais ! Continue de me câliner ! Je n'ai hélas pas droit à ma dose quotidienne de câlins aussi j'en profite légèrement. « Je n’exagère même pas en te disant que tu m’as sauvé la vie, du coup, j'ai apporté tout le goûter » Oh mon dieu. Je l'aime. Je me rassois avec un air de gamine à qui on vient d'annoncer que Noël allait arriver en avance. « Andrea, je t'aime. Mon taux de glucose est ridiculement bas et je meurs de faim ! Si tu n'étais pas marié à Tristan, que soit dit en passant j'aime tout autant que toi, je t'épouserais ! »

« Tu m’en vois sincèrement flatté ». Je louche sur le croissant qu'il me tend et l'attrape avec un sourire gourmand. Aux amandes en plus ! « J’espère que tu n’avais rien de plus important à faire que de prendre le goûter avec nous cet après-midi ». Je mords dans la viennoiserie avec appétit et lui lance un regard blasé. Non mais ça ne se voit pas que j'apprécie terriblement le moment là ? J'avais tellement faim que j'aurais pu bouffer Grace si je n'avais pas quelques problèmes avec la notion de cannibalisme. Ok je fais une entorse à mon très strict régime, à mon hygiène de vie presque sans faille, mais là après avoir fait cours à des gens qui n'avaient rien à faire de ce que je disais, la graisse et le sucre sont mes meilleurs amis ! « Je devais juste venir voir Jane mais finalement elle a un impératif, alors il va falloir qu’on te tienne compagnie histoire de ne pas renouveler l’expérience du cache-cache improvisé et involontaire dans les couloirs de la fac ». Je bois quelques gorgées de jus de fruit pour faire passer tout ça et lève les yeux au ciel. Le JCC me restant très en travers de la gorge, notamment à cause de cette peste de Tara Dayris, je ferais mieux de me taire à ce sujet au risque de devenir très grossière si l'on me demandait mon avis. Ah et très violente aussi, je n'ai toujours pas digéré le fait d'avoir eu à nettoyer les toilettes avec mes compagnons d'infortune pendant que cette peste se gaussait. « Comment ça va ? » Je pose ma tête sur l'épaule d'Andrea et regarde Grace manger son pain au chocolat avec autant d'appétit que moi. Comment ça va ? Je ne saurais répondre sincèrement à cette question. En mentant je répondrais d'un ton joyeux que tout va bien. Mais franchement ? Je ne sais pas. Je vogue entre la mer de la tranquillité et le lac des désolations. Je suis ravie d'être rentrée, d'être enfin à la maison, que Rose ne m'en veuille pas pour ma disparition, que mon papa m'ai immédiatement pardonné... et d'un autre côté je suis complètement flippée à l'idée de croiser Rowan au point même que je n'ai pas encore osé remettre les pieds à Londres pour une session shopping. Ce qui est grave mes amis. «Mmmmh... ça va. » je réponds d'un ton paresseux. « Et toi alors ? Qu'est ce que ça fait d'être marié et papa ? Comment va Tristan ? » Je me pelotonne contre lui avec un miaulement ravi. Oui le manque de câlin nuit gravement à votre santé psychique et à votre intégrité morale. Mais je sais que je peux câliner Andy sans arrière pensée, tout comme je le ferais avec Tristan. Alors je savoure. Et bientôt je risque de serrer Grace dans mes bras en criant qu'elle est trop mignonne, trop mignonne et que tata Kin va lui offrir plein de vêtements trop mignons, trop mignons et qu'il faut absolument que je fume une cigarette pour me calmer.

« On essaye de s’y faire. C’est difficile pour lui, je crois » J'attrape la main d'Andrea et la serre doucement dans la mienne. Il faut se serrer les coudes, surtout entre dramaqueens. J'ai cru comprendre que Tristan avait beaucoup de boulot et comme je sais que ces deux-là sont fous amoureux l'un de l'autre, j'imagine que cette situation doit être insupportable. Tellement insupportable. « Sinon je suppose que ça va » Je l'embrasse sur la joue et lui souris gentiment. « Je suis sûre que ça va aller. On dit que l'amour triomphe de tout et je ne connais personne de plus amoureux que vous deux. » Délicatement je le serre contre moi et le berce doucement. J'adore Andy. Sûrement parce que nous nous ressemblons énormément. Nos réactions sont toujours démesurées. Nous sommes de vraies dramaqueens et nous l'assumons totalement. Je crois que si j'étais aussi courageuse que lui, alors je serais complètement folle amoureuse de Rowan. Bon c'est un fait que je ne suis pas capable d'assumer du tout. « Et puis tu sais mon roi, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Vous pouvez très bien me confier la petite si vous avez envie d'une soirée à deux. Après tout, ce n'est pas comme si ma vie amoureuse ne ressemblait pas au néant. » Je ris doucement mais il me semble que cela sonne faux. Je crois que je suis jalouse de leur petite vie de famille, aussi difficile à gérer qu'elle soit. C'est trop demander d'avoir quelqu'un sur qui compter ? Qui m'attende à la maison ? Et qui ne soit pas mon chat ? Oh seigneur, je vais arrêter là sinon je crois que je vais chanter All By Myself en plein milieu de la fac. Ce qui ne serait pas très bon pour ma réputation déjà bien mise à mal.

« C’est gentil, je penserai à toi la prochaine fois que je voudrais offrir à mon mari une nuit de tranquillité. » Je hoche la tête et lui souris doucement, déposant un léger baiser sur son front. Ce sera avec plaisir évidemment. Je n'ai aucune expérience avec les enfants et je suis la première à dire que jamais je n'en aurais, que je suis déjà incapable de me gérer alors les marmots jamais. Je ferais une mère abominable. Mais j'apprécie Grace. C'est une gamine intelligente. Et pas du tout capricieuse avec ça. J'aime bien être avec elle. J'ai ce sentiment étrange que je dois la protéger, ça doit être l'instinct maternel ou quelque chose dans le genre. Le genre de truc que je ne ressens normalement que pour mon chat.« Mais je pense qu’il faut lui laisser le temps à elle aussi de s’habituer à la situation » Evidemment. La pauvre petite doit en avoir assez d'être ballottée de tous les côtés. Je ne sais pas comment elle fait pour rester aussi calme. Je crois qu'elle comprend pas mal de chose et en garde un certain nombre pour elle. Ma pauvre petite Grace. « Ta vie amoureuse devrait ressembler à bien mieux que ça. Tu mérites le meilleur, toi aussi » Je sursaute et jette un regard effaré à Andrea. Il est au courant ? Non... il doit juste tirer des conclusions au hasard. De toutes manières je n'ai mis que deux personnes au courant Rose et Lysander. Et je sais qu'ils tiendront tous les deux leurs langues s'ils veulent vivre encore un peu. Je baisse les yeux, les ferme un instant et me blottit contre Andrea. Ma main glissée dans la sienne je me dis que nous nous ressemblons terriblement. Nous ne savons plus quoi attendre de l'être aimé. Je crois que j'aimerais juste ne pas l'avoir vu flirter avec une autre... Je ne serais pas partie alors, j'aurais continué à flipper dans mon coin, me reprochant d'être tombée amoureuse. Alors qu'aujourd'hui je me maudis de l'avoir aimé et de l'aimer encore. « Non. » Ma gorge se serre et je ferme les yeux plus fort. Je suis lâche et irresponsable, je suis loin de mériter le meilleur. Je reste silencieuse longtemps. Aussi longtemps que nécessaire pour être sûre de ne pas pleurer. Enfin je reprends une certaine contenance et je souris, fausse, derrière un masque joyeux. « Je n'ai pas le temps d'être amoureuse mon roi, ni l'envie. Après tout, toi et Tristan êtes les hommes de ma vie et vous êtes mariés. Je suis condamnée à rester seule avec mes paires de chaussures » j'ajoute en riant. J'avoue que cette vision est à la fois déprimante et étrangement réconfortante. M'acheter une nouvelle paire a toujours été un moyen sûr de me remonter le moral. Je n'ai jamais pris d'anti-dépresseur de toute ma vie par contre j'ai plus d'une centaine de paires de chaussures. Ajoutez à cela ma passion pour la mode et vous devinerez que je suis joliment perchée.

« Oh, vraiment ? » Je hoche la tête. « Vraiment. » Il n'est pas nécessaire de préciser que j'ignore systématiquement les messages que peut me laisser Rowan. J'ai bloqué son numéro, j'ai changé les serrures de mon appartement, je ne vais plus à Londres pour faire du shopping, bref je mène une vie saine et surtout pas dictée par la peur panique de devoir faire face à l'homme que j'ai aimé. Que j'aime encore bordel de dieu. Je tuerais pour qu'on s'envoie en l'air une dernière fois et ferais tout pour que ça ne s'arrête jamais. Je ne comprends pas, pourquoi ? Pourquoi avait-il besoin de draguer ouvertement sa secrétaire ? Pourquoi me suis-je cachée derrière cette plante (un ficus si mes souvenirs sont exacts) pour les observer ? Pourquoi n'ai-je pas débarqué en trombe dans son bureau pour lui coller la raclée de sa vie et casser les dents de cette pétasse ? Pourquoi suis-je partie ? Je n'ai de réponse qu'à cette question. Parce que j'avais trop mal, parce que je voulais tout oublier. Je n'ai pas réussi loin de là et si Rose est au courant, seul Lysander connaît les détails, mes doutes, mes peurs les plus profondes, mes regrets. « Si tu n’as pas trouvé… chaussure à ton pieds dans vingt ans, tu peux toujours venir te marier avec nous deux. On fera ça dans le secret le plus total » Je me tourne vers Andrea avec un sourire timide. Il est adorable. Lui et Tristan. Je les aime tellement tous les deux. Je les envie tellement. Ils sont peu les hommes de ma vie. D'abord il y a papa, l'indétrônable. Puis Rowan, même si j'ai très envie de le haïr de toutes mes forces je n'ai pas encore réussi. Puis Andrea et Lysander (laissons de côté le cas Tristan qui forme avec moi la Team Rocket. Oui ça vaut mieux je vous l'assure). Andy parce qu'il est mon roi, mon miroir, mon âme-soeur si l'on entend par là que nous sommes terriblement semblables. Lysander parce qu'il est secret, parce que nous avons partagé les mêmes doutes au même moment, parce qu'il m'a laissé fondre en larmes dans ses bras et ne m'a pas jugée. Parce qu'il m'a fait suffisamment confiance pour me confier à son tour ce qui lui pesait sur le coeur. « D'accord. J'en serais heureuse et très honorée. Et puis avoir pour moi les deux hommes les plus séduisants de ce pays, voilà qui me remonte le moral. En plus vous êtes assortis à mes sacs et mes chaussures, que demander de plus ? » Je ris franchement et dépose un baiser sur sa joue. C'est bon d'être avec lui, d'être avec quelqu'un qui me ressemble. J'adore Rose mais franchement, comment parler du sentiment amoureux avec... eh bien avec Rose ! Ces deux termes ne vont absolument pas ensemble, et je n'ai aucune envie de me confier ou même de me faire consoler par mes amis de Cambridge. Pour eux je veux être souriante et rayonnante de joie quoi qu'il arrive.

U.C



Dernière édition par Kin Eastwood le Ven 20 Avr - 1:50, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: i'm lost in heaven w/ Grace, Kin & Andrea    Lun 16 Avr - 0:07

J’ai perdu ma fille. Nous étions en train de marcher dans les couloirs bondés de Cambridge, où je voulais trouver Jane, et elle a lâché ma main, et ensuite je l’ai perdue. J’ai cherché dans tous les sens, refais tous les couloirs, hurlé son nom, mais rien à faire, je l’ai perdue. Je suis fou d’inquiétude, mon cœur atteint les mille à l’heure sans difficulté notoire et j’ai l’impression que je vais me noyer dans mon angoisse de façon imminente. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas qui appeler. Tris ? Surement pas, à part l’inquiéter et le déranger pour rien, je ne vois pas quelle solution il pourra m’apporter. Jane ? Elle connaît la fac, pourrait m’aider à chercher et à trouver la bonne personne ? Je secoue la tête, mort d’angoisse. Et si quelqu’un l’enlevait ? Si on nous la prenait et qu’elle disparaissait ? Je recommence mes allers retours, sentant la panique vive prendre le dessus sur la peur qui m’habitait depuis quelques secondes. Mon téléphone vibre… c’est Kin. Je fronce le nez, me demande ce qu’il lui prend de me téléphoner ainsi et… oh. « Allo ? » Sa voix ne tarde pas à me donner la réponse à mes questions. « Andy ? C'est Kin, prépare la rançon, je tiens Grace en otage alors retrouve nous dans la cour intérieure avec deux jus de fruits dans dix minutes. » Je pousse un sourire de soulagement, elle a déjà raccroché. J’explose de rire et inspire, tout va bien. Je me pose cinq secondes contre un mur, histoire de calmer les pulsations vives de mon cœur, puis me remets en marche.

Un arrêt par la cafétéria plus tard et me voilà dans ladite Cour intérieure, trois jus de fruits et des viénoiseries en poche. Grace me voit arriver et s’exclame : « Papa est là !! » Je souris un peu et tends les bras pour la soulever de son banc. « J’ai eu tellement peur… » Je secoue la tête et l’embrasse, la serrant contre moi. « Ne lâche plus jamais Papa comme ça, d’accord ? » Elle sourit et hoche la tête, j’avise Kin avec un sourire emprunt de soulagement. « Et toi, je ne sais même pas comment te remercier ». J'avise Kin qui me regarde un instant, puis se lance dans une tirade dont je ne comprends pas un mot, bien évidemment. « Báichī ! Nǐ shì wánquán bù fù zérèn! Ràng háizi dúzì yīrén, dàn nǐ bù zhīdào suíshí jiānkòng tāmen ? Wǒ jǐnggào nǐ lìng yīgè xiàng zhèyàng de jìngtóu hé nǐ jiāng chéngwéi wǒ de núlìle yīgè xīngqí ! » J'écarquille les yeux et reste figé un instant. Visiblement, ça ne doit pas être très positif, si j'en crois le ton employé. Je réinstalle Grace sur le banc et prend Kin dans mes bras pour lui exprimer ma gratitude. « Je n’exagère même pas en te disant que tu m’as sauvé la vie, du coup, j'ai apporté tout le goûter ». Je souris un peu et montre un sachet avec l'objet des mes achats dedans. Après ce moment surréaliste, je finis par rire un peu. « Andrea, je t'aime. Mon taux de glucose est ridiculement bas et je meurs de faim ! Si tu n'étais pas marié à Tristan, que soit dit en passant j'aime tout autant que toi, je t'épouserais ! » Je souris un peu et hoche la tête. « Tu m’en vois sincèrement flatté ». Je sors les viennoiseries du sac, en tend une à Grace et une à Kin. « J’espère que tu n’avais rien de plus important à faire que de prendre le goûter avec nous cet après-midi ». Je souris un peu et m’installe à leurs côtés sur le banc. « Je devais juste venir voir Jane mais finalement elle a un impératif, alors il va falloir qu’on te tienne compagnie histoire de ne pas renouveler l’expérience du cache-cache improvisé et involontaire dans les couloirs de la fac ». Je souris et lui donne un léger coup d’épaule. « Comment ça va ? » Elle laisse tomber sa tête contre mon épaule et j’inspire un peu, je me souviens toujours trop tard de ce côté réconfortant que peut avoir la présence de Kin. Je ne saurais expliquer comment, le fait est juste là, inaliénable. «Mmmmh... ça va. » Je fronce le nez, me demande si ce petit ton est lié à de grosses contrariétés ou pas. « Et toi alors ? Qu'est ce que ça fait d'être marié et papa ? Comment va Tristan ? » J’inspire, ne sais trop que répondre à ça. Evidemment, Tris est loin d’être au top de sa forme, mais Grace ne peut pas être mise au courant de ce fait certain. La petite fille joue avec son croissant juste à côté de nous, je baisse d’un ton pour entrer en voie de confidences. « On essaye de s’y faire. C’est difficile pour lui, je crois ». Je crois ? Non, j’en suis sûr. Tris se noie dans le boulot à des kilomètres de moi, chaque jour est une angoisse vive à l’idée que peut être nous ne parvenions pas à trouver notre rythme dans une vie à trois. Notre relation a toujours été très exclusive, et jusqu’à il y a peu nous avions même du mal à y inclure les autres. Alors une petite fille, je n’ai sans doute pas eu la meilleure idée de mon existence en lui imposant la paternité. Le choix était pourtant impossible à opérer d’une autre manière. J’ai plus confiance en les capacités de Tris à devenir un père fantastique qu’en les capacités des autres gens à rendre Grace heureuse. L’équation est complexe, et malgré le fait de courir derrière mon mari, il n’y a rien que je puisse faire pour l’instant, ce qui est aussi désolant que frustrant. « Sinon je suppose que ça va ». Elle se blottit contre moi, nous avons finalement l’air de faire abstraction d’une belle partie de la vérité, tous les deux.

« Je suis sûre que ça va aller. On dit que l'amour triomphe de tout et je ne connais personne de plus amoureux que vous deux. » Elle me sert contre elle et j’inspire, profitant de quelques instants de répit que m’offre mon cerveau fatigué de se torturer. J’espère de tout mon cœur qu’elle a raison et que nous réussirons à nous en sortir, que Tris reviendra à moi comme avant, comme quand tout était normal et pas complètement dérivant. Je jette un coup d’œil à Grace qui mange son goûter et ferme les yeux quelques secondes pour profiter du calme. « Et puis tu sais mon roi, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Vous pouvez très bien me confier la petite si vous avez envie d'une soirée à deux. Après tout, ce n'est pas comme si ma vie amoureuse ne ressemblait pas au néant. » Elle rit un peu, semble ironiquement contrariée pourtant. J’apprécie l’offre, de tous les gens qui nous entourent, rares sont ceux qui sont vraiment supportifs. Et encore, je n’ai rien dit à Lys dont j’ignore quelle sera la réaction, ce qui en réalité m’angoisse très légèrement. C’est mon meilleur ami et quelques soient les étapes par lesquelles on est passés, il me semble qu’il a le droit de savoir et moi, le droit de supporter sa réaction quelle qu’elle soit. Je soupire, puis inspire. « C’est gentil, je penserai à toi la prochaine fois que je voudrais offrir à mon mari une nuit de tranquillité. » Je souris un peu, baisse d’un ton. « Mais je pense qu’il faut lui laisser le temps à elle aussi de s’habituer à la situation ». Je fronce le nez et me redresse un peu. « Ta vie amoureuse devrait ressembler à bien mieux que ça. Tu mérites le meilleur, toi aussi ».

« Non. » Elle marque une pause, une longue pause emprunte de tout un tas de choses que je ne saurais prendre le temps d’analyser maintenant. J’ouvre le bras pour encadrer ses épaules et inspire un peu. J’ignore en réalité les contours de sa vie sentimentale de manière générale, je sais juste que tout ça n’est jamais simple. Et Kin m’a toujours été d’une écoute particulièrement attentive et, il faut bien le dire, très réconfortante. Je n’ai pas eu le temps de prendre mes bases en Angleterre et suis bien conscient de dépendre en grande partie de Tristan, en ce qui concerne au moins ma vie sociale. Mais si je peux me targuer de quelques belles rencontres, alors la jeune femme en fait très certainement partie, et c’est bon de savoir que parfois on peut compter un peu sur les autres, aussi, surtout dans la situation dans laquelle je me trouve, où tout est sujet à problèmes et contraintes pour Tristan. « Je n'ai pas le temps d'être amoureuse mon roi, ni l'envie. Après tout, toi et Tristan êtes les hommes de ma vie et vous êtes mariés. Je suis condamnée à rester seule avec mes paires de chaussures » Je ris un peu, amusé par la remarque. « Oh, vraiment ? » Je fais la moue, hausse une épaule. « Si tu n’as pas trouvé… chaussure à ton pieds dans vingt ans, tu peux toujours venir te marier avec nous deux. On fera ça dans le secret le plus total ». Je lui fais un clin d’œil et dépose un baiser léger dans ses cheveux, souriant. « D'accord. J'en serais heureuse et très honorée. Et puis avoir pour moi les deux hommes les plus séduisants de ce pays, voilà qui me remonte le moral. En plus vous êtes assortis à mes sacs et mes chaussures, que demander de plus ? » Je ris un peu, amusé, et l’enlace de nouveau avec tendresse. Il est agréable de se changer les idées avec plus de légèreté, et la seule sur laquelle je peux vraiment compter pour ce faire à Oxford étant Carolyn Stowe, je suppose que parcourir les kilomètres qui me séparent de Cambridge devient nécessaire. Même avec Jane, il devient compliqué de savoir si tout ça rentre dans le cercle de tolérance qu’elle a tracé autour de moi ou pas. Je sais qu’elle ne me laissera jamais tomber, je sais aussi malheureusement que mes excès sont nombreux et difficiles à supporter pour n’importe quelle personne normalement constituée. « Tu seras la présence maternelle de Grace pour nous je suppose, Tristan a un peu trop tendance à me prendre pour une femme ces derniers temps », je plaisante, amusé, mais triste. J’ai l’impression que notre complicité s’effrite au fil des catastrophe.
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i'm lost in heaven w/ Grace, Kin & Andrea
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