back to basics w/ HENRI

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MessageSujet: back to basics w/ HENRI   Dim 15 Avr - 2:03

Je lisse ma robe et m’essuie la bouche, décalant délicatement ma chaise du bord de la table pour pouvoir me lever. Aussitôt, un serveur accourt dans mon dos, muni de mon manteau. Il me le tend, je glisse mes mains dans mes manches, précautionneusement. Je soupire et remercie d’un signe de tête, fermant les boutons jusqu’au col. En face de moi, Henri se lève et opère le même cinéma de bourgeois habitués. On ne fait même plus attention, à force. Ces pratiques étranges qui me choquaient quand je voyais faire mes parents sont entrées dans mes mœurs avec une facilité déconcertante. Je prends le bras d’Henri et souris légèrement. « Merci pour le déjeuner ». Sa gentillesse, voilà qui, en revanche, n’était pas franchement entré dans mes habitudes de femme mariée. « Mais de rien » Nous sortons du restaurant, et il ne tarde pas à exprimer à voix haute ce qui visiblement le chagrine depuis plusieurs jours. « Charlotte, loin de moi l’envie de vouloir te contrarier, mais il faut qu’on discute sérieusement de notre fils » Evidemment, il a raison. Peu important l’amour que je porte à mon fils et les comportements que je suis prête à accepter de lui, il est clair que sa vie prend un tournant qui le dépasse, tout aussi honorable soit-il, et qu’il faut qu’Henri & moi au moins ayons la tête claire sur le sujet. Je refuse de supporter encore les frasques de mon mari qui gâcherait joyeusement la vie de mon fils, et je refuse que les erreurs que pourraient éventuellement commettre Andy le bousille pour toujours. A la longue liste des gens que je voudrais voir s’ajoutent Megan & Tristan, mais le courage, le temps, tout me manque. « Bien sûr qu’il faut qu’on en parle ». Mais le sujet est délicat. Je soupire, gardant son bras sous le mien. « Ecoute, Henri, nos dernières expériences communes d’éducation n’ont pas franchement porté leurs fruits. Je sais que tu désapprouves cette adoption et crois-moi, s’il avait pu éviter de le faire je m’en serai portée mieux. Mais il l’a fait et c’est trop tard pour reculer. Alors promets-moi que tu te maitriseras, cette fois ». Il semble un peu vexé que je l’accuse par anticipation mais ne fait pas la remarque cependant, bien avisé qu’il peut être. « Je ne compte rien faire qui pourrait lui nuire cette fois Charlotte, j’ai compris la leçon. Ecoute… » Nous interrompons notre marche au beau milieu du trottoir et je fronce légèrement les sourcils. « S’il a envie d’élever cette petite alors, grand bien lui fasse. C’est notre unique occasion de devenir grands-parents. Mais je maintiens mes propos selon lesquels ils sont bien trop jeunes pour une telle responsabilité et, par ailleurs, je doute qu’un père bipolaire et instable soit ce dont cette gamine a besoin, et ça uniquement pour parler de mon fils ».J’hoche la tête et sers son bras, reprenant la marche tranquillement. « Je suis d’accord avec toi ». Il se mord la lèvre et je secoue la tête. « J’ai peur pour lui Henri ». Henri ne connaît pas son fils comme moi. Pour lui, Andrea est un homme fort qui excelle dans tous les domaines sans rencontrer d’embûches. Henri a beau avoir géré des nouvelles inquiétantes, a beau avoir été averti de la maladie de son fils et des inconvénients de cette dernière, il ne réalise pas encore ce que cela veut dire, au plan pratique. « Il est émotionnellement fragile, j’ai peur qu’il ne survive pas la pression qui va lui incomber dans les mois à venir. Hériter ainsi d’une petite fille, à 21 ans, alors qu’il a déjà beaucoup à faire s’il ne s’occupe que de lui, et tout ça alors même qu’il faut accompagner l’enfant psychologiquement dans le deuil qui va lui être imposé… » Je grimace, détourne les yeux. « J’ai toujours beaucoup apprécié Megan parce que je la pensais raisonnable, mais Henri j’ai l’impression qu’elle est en train de tuer notre fils ».

Lui semble avoir confiance en son fils, pour une fois, et la chose me surprend sans doute passablement. « Il survivra. Ton fils est fort, n’oublie pas ce qu’il a traversé, ne serait-ce que de mon fait ». Il semble soudain nerveux, agacé, ailleurs. J’ignore ce qu’il se passe exactement dans la tête d’Henri et tout ça restera sans doute un mystère pour moi. A quoi étaient liés ses excès ? Pourquoi a-t-il agi ainsi avec son fils ? Pour les mêmes raisons sans doute que celles qui m’ont poussé à accepter sa conduite sans broncher : par amour. Amour excessif, amour effrayant, amour qu’Andrea ressent pour son cousin, exactement comme son père. « C’est là où je voulais en venir. Henri… » J’inspire et interromps moi-même la marche cette fois-ci. « Je crois qu’Andrea a besoin de son père. Je sais que vos relations sont arrangées et qu’il t’est sans doute très reconnaissant pour l’aide apportée lors des accusations à son égard, mais je pense qu’il a besoin maintenant que tu deviennes son père, et pas seulement son avocat ou son précepteur ». Ses yeux se froncent et il semble se tendre un peu face à la rudesse de mes mots. « Il faut que tu te laisses l’aimer maintenant ». Je dépose ma main sur sa joue pour qu’il me regarde et souris légèrement. « Andy gagne à l’être. Même marié à son cousin, je t’assure. Et ça lui changera la vie si son père est à ses côtés ». Il attrape mon manteau et me rapproche de lui. « Je sais. C’est notre fils ». Il sourit et je sens le changement que j’attendais depuis si longtemps et qui s’est opéré en lui. « Je serai là pour lui. Charlotte, je serai là pour vous, désormais ». Je souris, et il tire un peu plus. J’hausse un sourcil et me tiens à distance pour ne pas céder à ses attentes. Puis je me laisse finalement faire, laissant mes lèvres retrouver les siennes comme une retrouve une vieille habitude, en souriant, sentant mes inquiétudes quelque peu dissipées.

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MessageSujet: Re: back to basics w/ HENRI   Dim 15 Avr - 2:08

« Merci pour le déjeuner ». Je dépose ma main sur celle de mon ex-femme qui me tient le bras et hausse une épaule distraite, m’autorisant un sourire. « Mais de rien ». Les déjeuners entre nous sont de plus en plus fréquents et l’option n’est pas pour me déplaire. Cependant, il subsiste certaines questions que je me dois d’aborder avec Charlotte et qui ne seront sans doute pas une partie de plaisir, ni pour moi ni pour elle. Nous nous extirpons de l’hôtel où nous avons déjeuné et retrouvons l’air froid des rues d’Oxford. « Charlotte, loin de moi l’envie de vouloir te contrarier, mais il faut qu’on discute sérieusement de notre fils ». Parce que c’est de ça qu’il s’agit, et que si je veux bien reconnaître avoir légèrement exagéré en le déclarant bon à enfermé, il me semble quand même important de souligner quelques points dans sa vie qui me paraissent hautement déraisonnables. Visiblement, elle estime nécessaire d’avoir cette conversation elle aussi et comprend bien rapidement où je veux en venir. « Bien sûr qu’il faut qu’on en parle… Ecoute, Henri, nos dernières expériences communes d’éducation n’ont pas franchement porté leurs fruits. Je sais que tu désapprouves cette adoption et crois-moi, s’il avait pu éviter de le faire je m’en serai portée mieux. Mais il l’a fait et c’est trop tard pour reculer. Alors promets-moi que tu te maitriseras, cette fois ». Je bougonne un peu, non pas parce que la demande est illégitime, simplement parce que ça me dérange presque de devoir reconnaître mes erreurs passées. J’avoue avec le recul que mon comportement était un peu extrême, mais j’étais persuadé alors de faire ce qui était le mieux pour mon fils. Je ne suis d’ailleurs toujours pas persuadé que le mieux pour lui soit d’avoir épousé son cousin puis d’élever avec lui une gamine, mais comme je semble être le seul à trouver l’idée vraiment originale, alors je suppose que je dois taire mes doutes sur le sujet. Je ricane un peu cependant, avant de répondre rapidement. « Je ne compte rien faire qui pourrait lui nuire cette fois Charlotte, j’ai compris la leçon. Ecoute… » Je m’arrête au beau milieu de la rue et me tourne vers elle. « S’il a envie d’élever cette petite alors, grand bien lui fasse. C’est notre unique occasion de devenir grands-parents. Mais je maintiens mes propos selon lesquels ils sont bien trop jeunes pour une telle responsabilité et, par ailleurs, je doute qu’un père bipolaire et instable soit ce dont cette gamine a besoin, et ça uniquement pour parler de mon fils ».

Elle tremble et reprend sa marche, comme attendue quelque part, ce qui ne semble pourtant pas être le cas. « J’ai peur pour lui Henri. Il est émotionnellement fragile, j’ai peur qu’il ne survive pas la pression qui va lui incomber dans les mois à venir. Hériter ainsi d’une petite fille, à 21 ans, alors qu’il a déjà beaucoup à faire s’il ne s’occupe que de lui, et tout ça alors même qu’il faut accompagner l’enfant psychologiquement dans le deuil qui va lui être imposé… » Elle grimace, l’idée lui semble très pénible et je ne la savais pas si réticente à laisser Andrea mener sa vie de jeune marié comme bon lui semblait. Pour moi, Charlotte signifiait l’acceptation définitive de tous les excès que nous aurions à subir. Mais il faut croire que non, finalement, certaines choses restent encore de l’ordre de l’anormal même pour une mère supportive. « J’ai toujours beaucoup apprécié Megan parce que je la pensais raisonnable, mais Henri j’ai l’impression qu’elle est en train de tuer notre fils ». Je baisse les yeux et regarde ailleurs, extirpant une cigarette de la poche intérieure de ma veste, nouvelle habitude. Elle grimace, désapprouve mais me laisse faire, c’est la gêne qui m’habite qui me pousse à tester d’autres choses pour passer mes nerfs. « Il survivra. Ton fils est fort, n’oublie pas ce qu’il a traversé, ne serait-ce que de mon fait ». Je secoue la tête de désapprobation et inspire légèrement. N en « C’est là où je voulais en venir. Henri… » De nouveau, nous marquons une pause forcée et je sens que la conversation va prendre une tournure encore plus délicate. « Je crois qu’Andrea a besoin de son père. Je sais que vos relations sont arrangées et qu’il t’est sans doute très reconnaissant pour l’aide apportée lors des accusations à son égard, mais je pense qu’il a besoin maintenant que tu deviennes son père, et pas seulement son avocat ou son précepteur ». Son précepteur ? Je fronce les sourcils et secoue un peu la tête, refusant le mot. C’est le rôle que j’ai joué pendant toutes ses années, à leurs yeux ? Le type qui n’était là que pour le forcer à être excellent ? J’ai vu mon fils grandir, j’ai senti son éloignement, son besoin de me satisfaire, le début des secrets et les périodes de mou. Je sais ces choses là, mais chez les Leroy-Duchesne, les habitudes ne sont pas les mêmes que chez les Faure. Et personne n’aurait jamais demandé à mon fils d’adopter une gamine de huit ans, dans ma famille. Je tourne les yeux mais la laisse poursuivre. « Il faut que tu te laisses l’aimer maintenant ». Sa main se pose sur ma joue et mon regard rencontre le sien de nouveau. J’inspire, expire, lentement. « Andy gagne à l’être. Même marié à son cousin, je t’assure. Et ça lui changera la vie si son père est à ses côtés ». J’acquiesce et me saisis des pans de son manteau. « Je sais. C’est notre fils ». Je souris légèrement et respire. « Je serai là pour lui. Charlotte, je serai là pour vous, désormais ». Je la tire un peu pour qu’elle s’approche. Elle résiste un instant puis laisse glisser ses bras autour de mon cou, m’offrant un sourire presque ému. Je dépose mes lèvres sur les siennes, hésitant comme lors de notre bal de promo, quand je l’ai invitée à être ma cavalière, il y a si longtemps.

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