Oliflore ◈ What a coincidence

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MessageSujet: Oliflore ◈ What a coincidence   Sam 14 Avr - 15:36

OLIVER AND FLORE
"WHAT A COINCIDENCE"
Après avoir passé une bonne partie de la journée à faire chauffer la carte bleue de ce cher Peter, arpentant les boutiques du centre commercial de long en large, je quittais le dernier magasin, des sacs pleins les mains. A coup sûr, mon géniteur friserait la crise de nerf quand il me verrait débarquer avec tous ces paquets, mais je n'aurai qu'à prétexter que j'ignorai avoir un plafond et tout se passerait bien. « Bon alors Flore, tu viens? » me pressa l'une de mes amies, remarquant que j'avais cessé de les suivre. « Euh...Allez-y, je vous rejoins » dis-je en apercevant Oliver flâner dans la galerie marchande. « Mais Flore » protesta-t-elle « nous étions censées aller au cinéma et, la séance va bientôt commencer. Allez, dépêche-toi ! ». Depuis quand me donnait-elle des ordres, celle-là?! « Dans ce cas, allez-y sans moi. J'ai... j'ai quelque chose à faire. Allez, oust! Je vous rejoins ce soir! ». Agacée, elle tourna alors les talons et s'en alla. Une fois qu'elles furent toutes dehors, je me décidai à aller à la rencontre de la charmante petite tête blonde qui, il y a plusieurs jours déjà, m'avait fait la conversation. En effet, je me sentais toujours un peu coupable de l'avoir laissé partir comme ça la dernière fois. « Alors, on fait des emplettes? » demandai-je tout sourire en me postant devant lui. « Attends, c'est à moi que tu parles ? Nan parce que tu sais qu'on risquerais de nous voir, n'est-ce pas ? Tu n'as pas peur pour ta réputation de vilaine fille ? » répondit-il la voix teintée d'amertume, après avoir vérifié que c'était bien à lui que je m'adressai. Bien que son ton me surpris, je me devais de concéder qu'il se justifiait, compte tenu du fait que j'étais celle qui avait lancé les hostilités. Tout de même, ne puis-je m'empêcher de penser, ce comportement était à des années lumières de celui abordé par le Oliver sur lequel j'étais tombée. « Outch ! Prends-toi ça ! » répliquai-je quelques secondes plus tard, faussement amusée. « Mais tu as raison, je l'ai bien mérité. Et justement, je voulais m'excuser. C'était pas sympa de te rembarrer comme je l'ai fait. Ni même de te dire que j'avais aucune envie qu'on me voit avec toi. Je me doute que ça n'a pas du être très plaisant à entendre, mais qu'est-ce que tu veux que je te dise? Je suis comme ça. Je ne réfléchis pas. Je pense qu'à moi. Mais je suis vraiment désolée si je t'ai vexé ou quoi que ce soit. C'était vraiment pas mon attention ». Un jour je le jetais, le lendemain je m'excusai? Normal. A coup sûr il allait adorer ça! D'ailleurs et compte tenu de la tournure qu'avaient prise les choses, je n'avais certainement pas fini d'en prendre pour mon grade. « Je ne savais pas que tu étais le genre de fille à t'excuser, Flore. » finit-il par articuler, hébété par mes propos. Je voulais bien croire que je n'étais pas un modèle de gentillesse, d'ailleurs j'étais la première à l'affirmer, mais tout de même Oliver exagérait avec sa mine déconfite; cela ne résultait pas d'un miracle, non plus ! Un couple de secondes plus tard, son visage se radoucit pourtant tandis qu'il énonçait sur le ton de la plaisanterie cette fois: « Je croyais que tu étais une vilaine sorcière ? Les méchantes ne s'excusent jamais, tu sais. » Amusée par sa remarque et invraisemblablement libérée d'un poids, je laissais échapper un petit rire discret; ne parvenant pourtant pas à comprendre pour quelle sombre raison je tenais tant à ce que les choses se déroulent bien entre lui et moi. « Je l'ignorais aussi, figures-toi! Je découvre tout comme toi, avec une certaine stupeur même, que je suis capable d'éprouver des remords. Je me relâche, tu as raison. Je suis forcée de constater que tu as une très mauvaise influence sur moi et, ce n'est que la deuxième fois que l'on se parle! A cette allure là, dans quelques semaines j'intègrerai le Judging Cambridge Club » lâchai-je avec une mimique de dégoût. Ignorant ce qu'il pensait de ce groupe, j'ajoutai alors, implorante « Pitié, dis-moi que tu ne cautionnes pas cette organisation de tocards? ». Il leva alors les yeux aux ciels, visiblement amusé. « Pour qui tu me prends ? Je les trouve insupportables, exécrable même. Surtout Tara, je sais pas si tu vois qui elle est... Enfin bref, je les trouve stupide, eux et leur organisation pourri. » Si je voyais qui c'était ? Plutôt deux fois qu'une, oui. Ces personnes étaient tellement exaspérantes qu'il était impossible d'ignorer leur existence, je crois « Tu trouveras pas meilleur spécialiste que moi dans l'art de les emmerder. Je la regarde jamais, mais je dois être dernier de leur liste à chaque fois. Si tu savais tout les mauvais coups que je leur ai fait ! Je ne manque jamais d'imagination pour ce genre de choses. » poursuivit-il, avec malice. « Personnellement, j'ai plutôt eu à faire à Terence Hepburn, tu sais le grand blond. Il m'arrive parfois d'échanger avec lui, mais on ne peut pas vraiment dire que ça soit une partie de plaisir. Je crois qu'il fut un temps où il avait dans l'idée de me faire rejoindre leur groupe stupide. Et puis quoi encore?! Mais sinon, oui. Je vois parfaitement de qui il s'agit, d'ailleurs cette Tara aurait légèrement tendance à me taper sur les nerfs. De toute manière, croiser ne serait-ce que l'un d'entre eux m'énerve tu me diras! » dis-je en fronçant le nez dans une mimique incontrôlée « Quant à leur fichu liste, ils peuvent bien se la mettre où je pense » poursuivis-je un peu vulgairement. « A propos, faudra que tu me montres la manière dont t'y prends pour les mettre en rogne un de ces quatre. J'ignorais que tu étais du genre à te rebeller, mais j'ai plutôt hâte de voir ça! ». Il rougit légèrement avant de poursuivre. « Je te montrerais, à l'occasion. C'est pas bien compliqué, tu verras, il ne faut pas grand-chose pour les énerver. » Effectivement, la moindre petite incartade à leur fichu règlement leur faisait piquer une colère noire d'après ce que j'avais compris; ce que je trouvais sans dit en passant parfaitement ridicule, mais bon... « C'est si surprenant, que je sois du genre à ne pas me laisser faire ? J'ai pas l'air d'être un gamin timide et maladroit à ce point, quand même ? » lâcha-t-il ensuite au moyen d'un petit rire. « Au premier abord, c'est vrai que c'est un peu l'image que tu renvoies » répliquai-je, taquine « Mais ça a son charme, je pense. Maintenant, j'avoue que je me suis trompée sur toi. T'es bien plus drôle que ce que je pensais ». Et en plus de ça, notre haine du JCC nous rassemblait. Au final, je l'aimai bien ce p'tit gars! « Désolé, je... Je sais même pas pourquoi je rougis... Ça doit être le compliment j'imagine... Enfin si tu considères le fait d'être drôle comme un compliment... Enfin... Oh là là je m'embrouille complètement, désolé. » s'empressa-t-il de bafouiller avant de baisser la tête, confus. Posant une main sur son menton, je l'incitai alors à relever la tête et ajoutai, amusée « Personnellement, je considère ce trait de caractère comme une qualité et puis, ce n'est pas donné à tout le monde. Alors oui, c'était un compliment. Ça arrive pas souvent avec moi, donc profites-en » m'exclamai-je, en lui lançant un clin d’œil. Au fait, faudrait peut-être que je lâche tout court, non ? On avait pas l'air malin comme ça, tiens. Lui l'air piteux et moi lui tenant le menton. « Et puis franchement, arrête de t'excuser pour tout et n'importe quoi, ça commence à devenir lassant. Sois simplement toi-même, d'accord? Pas de chichi, rien. Détends-toi » dis-je tout sourire, après l'avoir lâché. « Oui, tu as raison. Pas de chichis » répéta-t-il, en souriant. « Mais... » S'interrompant une petite seconde, il sembla hésiter un instant. Lui adressant un regard rassurant, je l'incitai alors à poursuivre; ce qu'il fit « Il y a un truc qui me chiffonne. Un coup tu m'envoies balader comme une vieille chaussette, m'affirmant qu'on ne pourra jamais être amis, et quelques jours plus tard tu m'abordes en plein centre commercial et tu me présentes des excuses ! Pourquoi ? » Si seulement j'étais à même de répondre à cette question. Si seulement je savais pourquoi. « Honnêtement? J'en ai pas la moindre idée Oliver! J'imagine que j'apprécie ta compagnie » dis-je en me grattant légèrement la tête, quelques peu mal à l'aise. « Le truc c'est que j'ai pas l'habitude d'entretenir ce genre de relations avec les garçons. J'veux dire, l'autre jour on a simplement discuté, mais mine de rien, tu m'as fait beaucoup rire et, d'ordinaire ça se passe pas comme ça avec les mecs. La plupart du temps on saute cette étape et on passe direct à la vitesse supérieure. Enfin, tu vois ce que je veux dire, n'est-ce pas? » A ces mots, il hocha vivement la tête, préférant probablement éviter le sujet « Et c'était sympa. Franchement. Maintenant, ta gentillesse disons, a réveillé une part de moi avec laquelle je n'ai pas composé depuis longtemps. J'ai comme qui dirait perdu l'habitude de me comporter normalement. C'est pour ça que je t'ai envoyé balader, tu comprends? Mais comme tu me fais beaucoup rire et... AH! » pestai-je bruyamment « Tu peux être fier de toi Stylinson, je ne sais plus quoi dire maintenant! ». Il sourit, avant d'éclater de rire. Pour une fois que je me montrai parfaitement honnête, il trouvait le moyen de se moquer de moi?! Nice. J'aurai mieux fait de l'envoyer balader tiens! « Désolé » dit-il en reprenant son sérieux « mais tu me fait trop rire. Je veux dire, tu es genre toute confuse et tout, je ne pensais pas te voir comme ça un jour. » Moi non plus, qu'il se rassure. D'ailleurs si les filles m'entendaient... « Je ne prétends pas vouloir te changer, après tout, tu es toi, mais si ma compagnie t'es bénéfique, tant mieux. » Encore heureux! pensais-je, amusée. « Tu ferais bien de ne pas trop t'y habituer, t'es pas prêt de me revoir me confondre en excuses ou bafouiller avant » je fis mine de réfléchir « oulha un bon bout de temps! Enfin, j'espère. Quant à essayer de me changer, je te déconseille d'envisager un jour cette idée, c'est peine perdu mon pauvre. Si tu savais... paraît que je suis irrécupérable » lâchai-je dans un rire. « Bon et sinon? » demandai-je sans même finir ma phrase. C'est vrai ça, de quoi on allait bien pouvoir parler maintenant? Je n'étais tout de même pas narcissique au point de passer des heures à lui parler de moi. Quoi que... « T'étais pas sur le point d'acheter quelque chose, toi? Non parce que bon, on ne flâne pas devant les boutiques, juste comme ça. Enfin, moi je le fais assez régulièrement, mais je doute que ce soit ton genre. Je me trompe? ». Grimaçant, il répliqua alors avec un certain dégoût « Oh là là si tu savais. J'ai horreur de ça. Brr, le shopping alors... Le pire c'est que je suis tout seul, parce qu'évidemment Larry s'est défilé, et que je ne sais même pas par où commencer ! L'horreur ! ». Vraiment, je ne comprenais pas cette aversion qu'avaient les garçons pour le shopping. C'était une activité comme une autre. Tout aussi à même de nous changer les idées ou de nous remonter le moral que l'étaient leurs stupides jeux vidéos. « Larry? » répétai-je, intriguée. Je n'avais jamais entendu parler de lui. Vous me direz, je n'étais pas supposé connaître tout le monde. Et puis ce n'est pas comme si toute la population de Cambridge m'intéressait de toute façon. « Bien que je n'ai pas la moindre idée de qui cela peut être, je peux éventuellement te filer un coup de main. Bon je devais aller au cinéma, mais ça ne me branche pas tant que ça, au final. Donc si tu veux, je peux venir avec toi. Juste histoire de t'apporter un soutien moral, ou même de te conseiller au meilleur des cas. A toi de voir! » concluais-je, amusée. « Oui, désolé... Larry c'est mon grand frère. Il a ton âge, mais il est étudiant en histoire, alors j'imagine que vous n'avez pas du tout de cours en commun » répliqua-t-il quelques secondes plus tard, encore un peu mal à l'aise. C'est drôle, mais par moment il me faisait un peu penser à un petit garçon, avec ces mimiques gênées et ses phrases maladroites. Toutefois, il marquait un point, Larry et moi n'avions aucun cours en commun. Nous ne nous étions jamais rencontrés et il devait d'ailleurs être un garçon sans histoire, puisque je n'avais encore jamais eu d'échos à son sujet. Aussi et pour toute réponse, je me contentai de hausser les épaules. « Anyway, c'est vraiment sympa de ta part, mais je crois pas que ça va suffire... Je ne sais même pas par ou commencer » se désespéra-t-il après avoir lâché un petit rire. « T'en fais pas. Le shopping c'est ma deuxième passion de toute façon. Et puis, après la manière dont je me suis comportée avec toi, je crois que je te dois bien ça » je lâchai en grimaçant légèrement, tout en farfouillant dans mon sac pour y attraper mon portable. « Laisse-moi juste le temps de prévenir les filles que je ne viendrai pas et je suis tout à toi ». Envoyant quelques sms, j'éteignais ensuite l'appareil, sachant pertinemment que les filles râleraient à cette nouvelle. Une fois chose faite, je me retournai vers Oliver et ajoutai un sourire jusqu'aux oreilles « Alors, t'es prêt? On commence par quoi? Dis-moi tout, parce que lorsqu'il s'agit de fringues, y'a pas meilleure que moi! » A ces mots, il m'observa quelques instants, interdit. J'avais la drôle d'impression qu'il n'avait pas compris ce que je venais de lui dire; ou bien il n'avait toujours pas réalisé que j'étais d'accord pour l'aider à faire les boutiques. Quoi qu'il en soit, sa bouille déconfite m'arracha un énième sourire tandis qu'il retrouva ses esprits avant de poursuivre « Je... Heu... Il me faudrait... Une veste. Voilà, c'est ça, une veste. Tu connaitrais pas un truc ou ils vendent des fringues pour hommes simple et pas hors de prix par hasard ?». Oliver avait hésité quelques instants, avant de m'expliquer la raison pour laquelle il flânait ici. Il était visiblement troublé et bien que cela avait le don de m'amuser, j’espérai que ça ne serait pas toujours le cas si toutefois nous étions amenés à nous revoir. Bien qu'affectionnant tout particulièrement mon statut de vilaine petite garce (inutile de se mentir hein, j'en jouais énormément et j'étais extrêmement douée pour ça), j'aurais aimé qu'il se sente à l'aise avec moi. Je n'étais peut-être par prête à crier sur tous les toits que nous avions sympathisé lui et moi, mais j'appréciai quand bien même sa compagnie. Ça me changeait de passer du temps avec lui, mais dans le bon sens, parce que ça cassait ma routine. Me saisissant finalement de son bras après avoir laissé s'échapper un rire bruyant, je l'entraînai vers une petite boutique. Une fois à l'intérieur, je saluai joyeusement la vendeuse et entraînai Oliver vers le fond du magasin, ou là où se trouvait probablement la veste de ses rêves. « Voilà. Tu trouveras forcément ton bonheur ici. La qualité de leurs vêtements est acceptable et leurs prix ne sont pas trop extravagants. Quelle couleur? » j'énonçais tout sourire en commençant à fouiner dans les rayons. « Je peux peut-être vous aider? » dit soudain l'une des vendeuses. Au moyen d'un franc sourire, je lui faisais savoir que c'était parfaitement inutile, tandis qu'elle ajoutait avant de repartir « Si toutefois vous et votre petit-ami changiez d'avis, faites-moi signe ». A ces mots j'éclatais de rire, tout particulièrement lorsque je fis face à la mine décomposée de ce cher Oliver qui ne savait plus où se mettre, tant les propos de la vendeuse l'avaient surpris. Au bout de quelques secondes, j'ajoutais amusée: « Allez, tu vas t'en remettre. Et puis franchement, la méprise était toute gentille. Je veux dire, y'a pire que d'être pris pour mon petit ami. J'aurais plutôt pensé qu'elle nous prendrait pour des frères et sœurs, mais faut croire que dans ce rôle, je ne suis pas très crédible ». « Ouais... ouais, t'as raison. » lança-t-il dans un murmure, avant de tousser légèrement. Son malaise était évident, maintenant j'aurais bien aimé qu'il se détende. « Et je vois pas pourquoi tu dis ça, je suis sûre que tu pourrais tout à fait être ma grande sœur. ». A ces mots j'écarquillai les yeux, légèrement stupéfaite. Alors, ça pour le coup je ne m'y attendais pas. C'est bien la première fois que j'entendais ça. En temps normal, les mecs ne tenaient pas ce type de discours à mon égard, loin de là. Oliver était vraiment adorable. Il m'attendrirait presque comme ça. « Tu crois? J'en sais trop rien. Vois-tu je suis fille unique alors, les couches, le partage, les disputes je me demande si j'aurai été à même de supporter tout ça » je répondis, amusée. « Après, j'ai souvent déploré le fait de n'avoir ni frère, ni sœur, surtout après la m... ». A ces mots mon visage se figea. J'en avais trop dit ou peut-être pas assez, tout dépendait quel point de vue l'on choisissait d'adopter. Quoi qu'il en soit j'avais dépassé les limites que je m'étais fixée et tout en m'en rendant compte, je réalisai aussi que je ne connaissais pas suffisamment le petit blond pour agrémenter le sujet. Quand bien même il fusse adorable, je n'avais aucune envie de poursuivre. Parler de ma mère, de ma situation famille en général me mettait particulièrement mal à l'aise et puis, nous n'étions pas là pour ça. « Alors, quelle couleur ?» repris-je quelques secondes plus tard, essayant de retrouver la face. « Si tu ne te décides pas, je vais le faire pour toi! ». A mon plus grand soulagement, il ne me questionna pas. J'avais parlé trop vite, sans véritablement y réfléchir. Oliver l'avait compris et intérieurement je le remerciai de faire preuve d'une telle compréhension. Je n'étais pas prête à en parler. Je n'aimais pas ça. Les rares fois où je parlais de ma mère c'était avec Riley. Et encore Fitzpatrick me mettait tellement à bout pour que je cède que je finissais par lui hurler dessus, lui balançant des choses horribles au visage (comme quoi son père n'était peut-être qu'un enfoiré de première, mais que s'il n'était pas resté c'était avant tout parce que lui et sa mère n'en valaient pas véritablement la peine). Le pire c'est que je ne le pensais pas, mais dans des moments comme celui-ci je pouvais me montrer extrêmement blessante et quelque chose me disait que le blondinet ne méritait pas ça. Puis je n'avais pas envie d'être désagréable avec lui. Qui plus est, c'était l'une des seules personnes, le seul garçon devrais-je dire, à ignorer ma réputation et à se comporter à peu près normalement avec moi, donc... « Mais je t'en prie, Flore, fais-toi plaisir ! » finit-il par s'exclamer moqueur, tandis que je recommençai à fouiner dans les rayons. Tout en lui adressant une vilaine grimace, histoire qu'il arrête de se moquer de moi, je me saisissais de trois modèles: un marron, un bleu-marine et un gris et lui demandais son avis. « Alors? Une de celles-ci t'inspirent? ». Comme j'étais soulagée qu'il n'ait pas décidé de m'interroger ou de creuser sous la surface pour une fois. Parce qu'honnêtement, il avait la tête de l'emploi. Oliver se mit à froncer les sourcils pensif, puis il observa longuement les trois modèles que je lui proposai avant de finir par répondre, d’un ton incertain: « Heu... La grise ? ». Relevant ensuite la tête vers moi, il commença à me fixer, probablement anxieux à l’idée de savoir ce que je pouvais bien penser de son choix. « Pourquoi pas! » je répliquai quelques secondes plus tard, avant de me débarrasser des autres vestes. « Mais essayes-là. J’ai envie de voir si ce modèle te convient vraiment et s’il tombe bien sur toi ». Mêlant le geste à la parole, je l’enlevai du porte manteau et me positionnai derrière lui pour l’aider à enfiler le vêtement. Une fois chose faite, je posai mes mains sur ses épaules et le forçai à contempler son reflet. « Alors? Qu’est-ce que tu en penses? ». Impatiente qu'il me donne son avis, je me tus quelques instants. Nous étions tous les deux faces au miroir maintenant. Cette veste lui allait comme un gant et j'étais plutôt fière de mon choix, raison pour laquelle un sourire se dessina sur mon visage lorsque je remarquai qu'il avait l'air satisfait. D'un autre côté, j'avais l'étrange impression que ce n'était pas son allure qui l'intéressait, mais bien moi. Ce que je veux dire par-là c'est que sans se retourner, Oliver avait commencé à me fixer à l'aide du miroir d'une manière assez étrange et il avait l'air perdu dans ses pensées. Comportement qui me surprit légèrement sur le moment. « Heu... Ben, c'est bien, non ? » finit-il par me demander en retrouvant ses esprits. A ces mots, je lui adressai un sourire amusé, évitant toutefois de lui notifier que ses joues avaient -encore une fois- rougies dans la foulée. « C'est parfait! On dirait qu'elle a été faite pour toi! » le rassurai-je en le gratifiant d'un nouveau sourire. « Tu avais besoin d'autre chose tant qu'on est là, ou ça va comme ça? ». Pour toute réponse, il regarda en direction de l'horloge du magasin. Je fis machinalement la même chose et fus plutôt surprise de constater à quelle vitesse le temps avait passé. Récupérant mes paquets (que j'avais posé afin de l'aider à faire son choix), je me munissais ensuite de mon téléphone portable que je décidai de rallumer. « Non... Non c'est bon. Merci beaucoup. Je vais aller payer et ensuite je vais rentrer chez moi je pense. Et toi ? » me demanda-t-il quelques secondes plus tard, après m'avoir remercié. « Euh... je vais d'abord rentrer déposer tout ça » dis-je en désignant mes sacs « puis me changer, avaler quelque chose vite fait et repartir. Un ami, enfin... un type organise une soirée ce soir et il nous a proposé de passer. Tout le monde y va et, je suis plutôt d'humeur à faire la fête donc je suppose que je vais y faire un tour » me contentai-je de répondre, sans plus d'entrain. Ce n'était qu'une soirée parmi tant d'autre, après tout. « Ok, ben on se verra... enfin... à la prochaine, alors, j'imagine » bafouilla-t-il relativement mal à l'aise, tandis que nous nous dirigions vers la caisse. Adressant un sourire faussement sincère à la vendeuse de tout à l'heure (vendeuse à laquelle j'avais eu souvent à faire étant petite lorsque je venais dans cette boutique avec mon père et que je détestais), j'ajoutai à l'intention d'Oliver « Oui, bien sûr. On vit dans la même ville, on fréquente parfois les mêmes endroits, on est forcément amené à se revoir tu sais » dis-je sur le ton de la plaisanterie. « En tout cas si jamais tu as besoin de conseils en matière de shopping et que... » je m'interrompis un instant, tâchant de me souvenir du nom qu'il m'avait cité un peu plus tôt « Larry? Ne peut pas venir, tu sauras à qui t'adresser désormais. Sur ce, faut vraiment que je m'éclipse, mais... c'était plutôt... Bref ! A bientôt » concluais-je avant de tourner les talons. J'aurai tout aussi bien pu lui faire une bise avant de m'éclipser, mais quelque chose me disait que cela l'aurait mis mal à l'aise et puis de toute manière la vendeuse le pressait déjà pour qu'il paye.


Dernière édition par Flore E. Breckenridge le Mer 23 Mai - 22:21, édité 29 fois
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MessageSujet: Re: Oliflore ◈ What a coincidence   Sam 14 Avr - 19:08

S'il y a bien un truc que je déteste, c'est les centres commerciaux. A l'exception des restos et de la salle d'arcade, s'entend. Faire les boutiques, c'est une torture, je ne comprends pas le plaisir que les filles y prennent, sérieux. Je me souviens, à York, Amy me trainait tout le temps dans des milliers et des milliers de boutiques de fringues différentes. Ça prenait des heures, et la plupart du temps elle ne repartait qu'avec deux t-shirt et un jeans. Expliquez-moi l'intérêt de tout ce cirque. Mais bon, ça n'empêche qu'il faut bien se racheter des vêtements de temps en temps, surtout quand vous avez tendance comme moi à perdre vos affaires parce que vous êtes incroyablement tête en l'air. Sauf que c'est vraiment une corvée, surtout que Larry n'a même pas voulu faire l'effort de m'accompagner et qu'évidemment Alden ne peut pas puisqu'il étudie à Oxford. C'est déjà chiant, mais alors tout seul, c'est juste une véritable plaie. Mais bon, il n'est pas dans mes habitudes d'être grognon et pessimiste, alors courage, j'arrête de ronchonner maintenant. Ça me demande un petit effort, mais je finis finalement par m'intéresser plus ou moins à ce que proposent les devantures des magasins. « Alors, on fait des emplettes? » Je m'arrête brusquement et sens mon humeur se noircir à nouveau. Je prends bien le temps d'observer à droite puis à gauche, leeeeeeeeentement. Puis je me tourne à nouveau vers Flore – car oui, c'est bien Flore Breckenridge qui se tient devant moi, tout sourire. « Attends, c'est à moi que tu parles ? Nan parce que tu sais qu'on risquerais de nous voir, n'est-ce pas ? Tu n'as pas peur pour ta réputation de vilaine fille ? » Ok, je suis méchant, et ça ne me ressemble pas. Mais la situation n'est pas propice à ma joyeuseté habituelle, et en plus, la jolie blonde m'a vraiment fait de la peine la dernière fois, plus que je ne veux bien l'admettre. « Outch ! Prends-toi ça ! » Je fronce légèrement les sourcils. Parce que ça l'amuse en plus ? « Mais tu as raison, je l'ai bien mérité. Et justement, je voulais m'excuser. C'était pas sympa de te rembarrer comme je l'ai fait. Ni même de te dire que j'avais aucune envie qu'on me voit avec toi. Je me doute que ça n'a pas du être très plaisant à entendre, mais qu'est-ce que tu veux que je te dise? Je suis comme ça. Je ne réfléchis pas. Je pense qu'à moi. Mais je suis vraiment désolée si je t'ai vexé ou quoi que ce soit. C'était vraiment pas mon attention » Alors là. Si je m'attendais à ça ! Des... excuses ? De sa part ? Je n'y crois pas ! Tellement pas d'ailleurs que je sens ma colère fondre comme neige au soleil. Ce que je suis con alors. Je devrais me montrer dur avec elle, lui montrer que je ne suis pas le genre de personne que l'on peut mener par le bout du nez. Mais je n'aime pas être désagréable avec les gens. Alors évidement que je lui pardonne sur le champs. Mais bon, je ne suis pas non plus obligé de lui montrer que je ne lui en veut plus du tout, n'est-ce pas ? « Je ne savais pas que tu étais le genre de fille à t'excuser, Flore. » je lui réponds finalement, goguenard, toute trace d'amertume disparue de mon visage. « Je croyais que tu étais une vilaine sorcière ? Les méchantes ne s'excusent jamais, tu sais. » j'ajoute sur le ton de la confidence, comme si je souhaitais l'aider à en être une. Elle rit, ce qui finit de me détendre complètement. Bouh, je suis trop gentil, je finirais par le payer cher un jour. Mais je m'en fiche, je veux profiter de l'instant présent. « Je l'ignorais aussi, figures-toi! Je découvre tout comme toi, avec une certaine stupeur même, que je suis capable d'éprouver des remords. Je me relâche, tu as raison. Je suis forcée de constater que tu as une très mauvaise influence sur moi et, ce n'est que la deuxième fois que l'on se parle! A cette allure là, dans quelques semaines j'intègrerai le Judging Cambridge Club » Elle ne peut pas s'empêcher de grimacer alors qu'elle amène le sujet du JCC sur le tapis, ce qui est une réaction, somme toute, tout à fait normale. « Pitié, dis-moi que tu ne cautionnes pas cette organisation de tocards? » Je lève les yeux au ciel. « Pour qui tu me prends ? Je les trouve insupportables, exécrable même. Surtout Tara, je sais pas si tu vois qui elle est... Enfin bref, je les trouve stupide, eux et leur organisation pourri. » Un petit rire m'échappe. « Tu trouveras pas meilleur spécialiste que moi dans l'art de les emmerder. Je la regarde jamais, mais je dois être dernier de leur liste à chaque fois. » Je souris malicieusement. « Si tu savais tout les mauvais coups que je leur ai fait ! Je ne manque jamais d'imagination pour ce genre de choses. » Le JCC est décidément un grand sujet de conversation, puisqu'une fois lancée, Flore ne semble pas prête de s'arrêter. « Personnellement, j'ai plutôt eu à faire à Terence Hepburn, tu sais le grand blond. Il m'arrive parfois d'échanger avec lui, mais on ne peut pas vraiment dire que ça soit une partie de plaisir. Je crois qu'il fut un temps où il avait dans l'idée de me faire rejoindre leur groupe stupide. Et puis quoi encore?! Mais sinon, oui. Je vois parfaitement de qui il s'agit, d'ailleurs cette Tara aurait légèrement tendance à me taper sur les nerfs. De toute manière, croiser ne serait-ce que l'un d'entre eux m'énerve tu me diras! Quant à leur fichu liste, ils peuvent bien se la mettre où je pense » J'approuve d'un hochement de tête. Je suis plus que d'accord avec elle sur ce dernier point. « A propos, faudra que tu me montres la manière dont t'y prends pour les mettre en rogne un de ces quatre. J'ignorais que tu étais du genre à te rebeller, mais j'ai plutôt hâte de voir ça! » Je ne peux pas m'empêcher de rougir, fier malgré moi de voir que ce côté 'rebelle', comme elle le dit si bien, lui plait. C'est stupide, mais bon, que voulez-vous. « Je te montrerais, à l'occasion. C'est pas bien compliqué, tu verras, il ne faut pas grand chose pour les énerver. » Ça c'est clair, Tara n'a besoin que de ma vue pour s'énerver. « C'est si surprenant, que je sois du genre à ne pas me laisser faire ? J'ai pas l'air d'être un gamin timide et maladroit à ce point, quand même ? » j'enchaîne avec un petit rire, sans lui laisser le temps de répondre, ma curiosité prenant le pas sur mais bonne manières. C'est étrange. J'ai toujours eu du mal avec les filles, je ne sais vraiment pas comment me comporter quand je suis avec elles. Et pourtant, avec Flore, même si au début, j'étais plus que maladroit, je me suis vite détendu. Je me demande à quoi c'est dû. « Au premier abord, c'est vrai que c'est un peu l'image que tu renvoies » Je ne dis rien. Après tout, elle n'a pas vraiment tord. « Mais ça a son charme, je pense. Maintenant, j'avoue que je me suis trompée sur toi. T'es bien plus drôle que ce que je pensais » Je me sens rougir d'un coup, et me maudit intérieurement, mort de honte. Je me mords la lèvre et lui lance un petit regard d'excuse. « Désolé, je... Je sais même pas pourquoi je rougis... Ça doit être le compliment j'imagine... Enfin si tu considère le fait d'être drôle comme un compliment... Enfin... Oh là là je m'embrouille complètement, désolé. » Je baisse les yeux, incapable de la regarder en face. Elle doit me prendre pour le dernier des imbéciles, vraiment. Je sens sa main se poser sur mon menton, me forçant à relever la tête. C'est une situation plus qu'étrange, mais elle ne semble pas s'en rendre compte. « Personnellement, je considère ce trait de caractère comme une qualité et puis, ce n'est pas donné à tout le monde. Alors oui, c'était un compliment. Ça arrive pas souvent avec moi, donc profites-en » Elle finit par se rendre compte de la bizarrerie de la situation et me lâche le menton alors que j'esquisse un petit sourire.« Et puis franchement, arrête de t'excuser pour tout et n'importe quoi, ça commence à devenir lassant. Sois simplement toi-même, d'accord? Pas de chichi, rien. Détends-toi » Je souris complètement cette fois. « Oui, tu as raison. Pas de chichis. » Je me rembrunis. « Mais... » J'hésite une seconde avant de reprendre : « Il y a un truc qui me chiffonne. Un coup tu m'envoie balader comme une vieille chaussette, m'affirmant qu'on ne pourra jamais être amis, et quelques jours plus tard tu m'aborde en plein centre commercial et tu me présente des excuses ! Pourquoi ? » Elle ne semble pas plus que ça surprise par la question, mais elle hésite, comme si elle ne savait pas quoi dire – comme si elle-même n'en savait rien. « Honnêtement? J'en ai pas la moindre idée Oliver! J'imagine que j'apprécie ta compagnie. » me répond t-elle finalement, gênée. « Le truc c'est que j'ai pas l'habitude d'entretenir ce genre de relations avec les garçons. J'veux dire, l'autre jour on a simplement discuté, mais mine de rien, tu m'as fait beaucoup rire et, d'ordinaire ça se passe pas comme ça avec les mecs. La plupart du temps on saute cette étape et on passe direct à la vitesse supérieure. Enfin, tu vois ce que je veux dire, n'est-ce pas? » Je hoche rapidement la tête, signe qu'elle n'a pas besoin d'aller plus loin. Ce n'est pas vraiment un sujet que j'ai envie d'aborder là maintenant tout de suite. « Et c'était sympa. Franchement. Maintenant, ta gentillesse disons, a réveillé une part de moi avec laquelle je n'ai pas composé depuis longtemps. J'ai comme qui dirait perdu l'habitude de me comporter normalement. C'est pour ça que je t'ai envoyé balader, tu comprends? Mais comme tu me fais beaucoup rire et... AH! » s'écrie t-elle soudainement sans prévenir, me faisant sursauter. Je la regarde sans comprendre, perdu. « Tu peux être fier de toi Stylinson, je ne sais plus quoi dire maintenant! » Un grand sourire éclaire mon visage et j'éclate de rire. Je me reprends très vite néanmoins, ne voulant pas la vexer. « Désolé, je finis par articuler, oubliant un instant qu'elle m'a demandé d'arrêter de m'excuser à tout bout de champs, mais tu me fait trop rire. Je veux dire, tu es genre toute confuse et tout, je ne pensais pas te voir comme ça un jour. » J'enchaine sans lui laisser le temps de répondre. « Je ne prétends pas vouloir te changer, après tout, tu es toi, mais si ma compagnie t'es bénéfique, tant mieux. » j'affirme avec un petit sourire timide. « Tu ferais bien de ne pas trop t'y habituer, t'es pas prêt de me revoir me confondre en excuses ou bafouiller avant » Elle prétend y réfléchir, ce qui me fait sourire malgré moi. « oulha un bon bout de temps! Enfin, j'espère. Quant à essayer de me changer, je te déconseille d'envisager un jour cette idée, c'est peine perdu mon pauvre. Si tu savais... paraît que je suis irrécupérable » Je retiens de justesse une petite grimace. Je sais bien qu'elle ne deviendra pas la reine des bisounours du jour au lendemain. Ce n'est d'ailleurs pas ce que je lui souhaite. Mais j'aimerai juste qu'elle arrête de parler d'elle de cette façon. Je sais, moi, qu'elle n'est pas 'irrécupérable'. Sauf que la dernière fois que je me suis aventuré sur cette pente, elle m'a envoyé bouler en moins de deux secondes. Alors je n'aborderais pas le sujet aujourd'hui. « Bon et sinon? T'étais pas sur le point d'acheter quelque chose, toi? Non parce que bon, on ne flâne pas devant les boutiques, juste comme ça. Enfin, moi je le fais assez régulièrement, mais je doute que ce soit ton genre. Je me trompe? » Je grimace. « Oh là là si tu savais. J'ai horreur de ça. Brr, le shopping alors... » je réponds avec un air de profond dégout. Je soupire, un soupire de pure désespoir. « Le pire c'est que je suis tout seul, parce qu'évidemment Larry s'est défilé, et que je ne sais même pas par où commencer ! L'horreur ! » Je n'ajoute rien de plus, parce que je ne sais pas comment elle pourrait réagir, mais j'espère secrètement que Flore va me proposer son aide. Je ne suis pas sûr qu'embarquer une fille dans les boutiques soit la meilleure chose à faire, d'après ma maigre expérience en la matière, mais j'ai vraiment besoin d'aide là. « Larry? » répète t-elle d'un air intrigué. Je rougis. Je me sens trop con d'un coup. Qu'est-ce que je suis débile. Comment j'ai pu oublié que Flore et moi, c'est que la deuxième fois qu'on se parle ? Comment j'ai pu oublié qu'elle et moi, on est même pas amis ? Je ne comprends même pas ce qu'il m'arrive. Je me sens tellement bien avec elle que j'en oublie même qu'on ne sait presque rien l'un de l'autre. Mais je ne sais pas, je me sens déjà incroyablement proche d'elle. C'est... flippant, à vrai dire. Mais d'une façon qui me plait, je ne vais pas mentir. Et franchement, j'espère que ça ne s'arrêtera pas là. Je ne veux pas que ça s'arrête là. « Bien que je n'ai pas la moindre idée de qui cela peut être, je peux éventuellement te filer un coup de main. Bon je devais aller au cinéma, mais ça ne me branche pas tant que ça, au final. Donc si tu veux, je peux venir avec toi. Juste histoire de t'apporter un soutien moral, ou même de te conseiller au meilleur des cas. A toi de voir! » Je suis toujours incroyablement gêné, et sûrement encore un peu rouge, mais je lui fait quand même mon plus beau sourire, parce que c'est Flore. « Oui, désolé... Larry c'est mon grand frère. Il a ton âge, mais il est étudiant en histoire, alors j'imagine que vous n'avez pas du tout de cours en commun. » Un petit rire m'échappe mais je commence à me dandiner, gêné, alors que je continue : « Anyway, c'est vraiment sympa de ta part, mais je crois pas que ça va suffire... Je ne sais même pas par ou commencer. » je marmonne. Je fixe maintenant mes pieds, du rouge sur les joues à nouveau. « T'en fais pas. Le shopping c'est ma deuxième passion de toute façon. Et puis, après la manière dont je me suis comportée avec toi, je crois que je te dois bien ça » Je me retiens de rire en entendant la première partie – je m'en doutais un peu, je dois dire – puis grimace un peu à ce qu'elle me dit ensuite, le souvenir de l'autre jour provocant une vague de tristesse et de douleur dans ma poitrine. Elle me demande d'attendre le temps qu'elle prévienne ses amis, ce qui laisse libre cours à mon flot de pensées. Je ne sais pas trop ce qu'il se passe, n'y ce qui m'arrive. Le comportement que j'ai avec Flore me ressemble tellement peu que je me demande si je ne souffre pas de trouble de la personnalité, là, maintenant tout de suite. Je veux dire, même si notre première « rencontre » était dû au plus parfait des hasard et que sans ça, j'en serais toujours au même point (c'est à dire je-te-regarde-de-loin-en-me-demandant-si-je-serais-capable-de-t-aborder-un-jour), la façon dont je me comporte avec elle n'est pas moi. Je suis quelqu'un de naturellement sympathique avec les gens mais je suis loin d'être le garçon super sociable et à l'aise avec tout le monde, encore moins avec les jolies filles. Or, n'allons pas mentir, Flore est une jolie fille. Très jolie, même. Et pourtant, malgré quelques bafouillages et rougissement en règle, je lui parle, et je me sens, d'une certaine façon, proche d'elle. Et c'est étrange. Parce qu'elle a raison. Elle est moi, on vient de deux mondes complètement différents. On est le jour et la nuit, et nos seuls points communs sont sûrement nos cheveux blonds et nos yeux bleus. Et pourtant, nous voilà sur le point de faire les boutiques. Moi. Faire les boutiques. Avec Flore Breckenridge. Vous m'auriez dit ça il y a une semaine, j'aurais rigolé tellement fort que même Alden, de sa chambre, à Oxford, m'aurait entendu. Et croyez moi, j'ai un rire extrêmement bruyant, j'exagère à peine, là. « Alors, t'es prêt? On commence par quoi? Dis-moi tout, parce que lorsqu'il s'agit de fringues, y'a pas meilleure que moi! » Je cligne des yeux et la regarde quelques instants sans comprendre, avant de me souvenir qu'elle vient d'annuler un rendez-vous avec des amis à elle pour m'aider. Moi. Le petit geek blond, incapable de s'y retrouver dans un centre commercial. Je rougis violemment. « Je... Heu... Il me faudrait... » Je fronce les sourcils, essayant de me rappeler la raison de ma présence ici. « Une veste. Voilà, c'est ça, une veste. Tu connaitrais pas un truc ou ils vendent des fringues pour hommes simple et pas hors de prix par hasard ? » je lui demande, une pointe de supplication dans la voix. Elle éclate de rire, ce qui finit de me mettre mal à l'aise, et m'attrape par le bras pour m'entrainer dans une petite boutique que mon esprit complètement anti-shopping n'avait pas vu. Alors qu'on y pénètre, elle salue la vendeuse comme si c'était une vieille connaissance, et je commence à m'inquiéter. Bon sang, mais combien de temps passe t-elle à faire les boutiques ?! « Voilà. Tu trouveras forcément ton bonheur ici. La qualité de leurs vêtements est acceptable et leurs prix ne sont pas trop extravagants. Quelle couleur? » Elle commence à fouiller dans les rayons, et j'ouvre la bouche avant de la refermer et de froncer les sourcils. Comment ça quelle couleur ? Mais qu'est-ce que j'en sais moi ? J'en m'en fous complètement, de la couleur ! « Je peux peut-être vous aider? » Je sursaute et m'apprête à m'agenouiller aux pieds de la vendeuse pour lui demander de l'aide, oui, mais Flore l'envoie balader d'un grand sourire avant que j'ai pu faire quoi que ce soit. « Si toutefois vous et votre petit-ami changiez d'avis, faites-moi signe » Je me pétrifie sur place et sens mon visage passer du rouge tomate avant de pâlir et de se décomposer en un masque de choque et d'embarras le plus parfait. Si seulement le sol pouvait s'ouvrir sous mes pieds sur le champs... Ça me rendrait service. Vraiment. « Allez, tu vas t'en remettre. Et puis franchement, la méprise était toute gentille. Je veux dire, y'a pire que d'être pris pour mon petit ami. J'aurais plutôt pensé qu'elle nous prendrait pour des frères et sœurs, mais faut croire que dans ce rôle, je ne suis pas très crédible » Je me balance d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. « Ouais... ouais, t'as raison. » je murmure d'un ton faible. Je tousse un peu pour reprendre de la contenance. « Et je vois pas pourquoi tu dis ça, je suis sûre que tu pourrais tout à fait être ma grande sœur. » je lance sans réfléchir. Immédiatement, je me mords la lèvre, rouge pivoine à nouveau. Oh mon dieu, mais pourquoi j'ai dis ça ?! Mais ce que je suis con ! Ça me ferait du mal de réfléchir pour une fois ? C'est juste trop bizarre de balancer ça comme ça alors que c'est Flore et que... Et que... Voilà !
Elle écarquille les yeux, surprise, et je n'ai qu'une envie, disparaître. Mais très vite elle sourit, et je me détends légèrement. « Tu crois? J'en sais trop rien. Vois-tu je suis fille unique alors, les couches, le partage, les disputes je me demande si j'aurai été à même de supporter tout ça » Je fronce les sourcils. Je sais que c'est supposé être amusant mais je ne sais pas, ça me fait de la peine. J'ai toujours un peu de peine pour les enfants unique. Mon frère est un imbécile de première catégorie et il me casse fréquemment les pieds, mais je ne me verrais pas vivre sans lui. « Après, j'ai souvent déploré le fait de n'avoir ni frère, ni sœur, surtout après la m... » Son expression se fige et je la regarde, interdit. Mon cœur me crie de la pousser à me parler, à s'ouvrir à moi, mais ma raison, elle, me persuade que c'est une très mauvaise idée. Flore n'est pas prête pour ce genre de chose, définitivement pas, et pour une fois, je décide de réfléchir avant de parler, et ne lui pose aucune question, décidant d'ignorer ce qu'elle vient de dire. « Alors, quelle couleur ? » Je sursaute et me tourne vers le présentoir, ou quelque soit le nom que l'on lui donne. Je l'observe quelques instants, hagard. « Si tu ne te décides pas, je vais le faire pour toi! » Un sourire malicieux fleuri sur mon visage. « Mais je t'en prie, Flore, fais-toi plaisir ! » je lui lance d'un air goguenard. Laissons-là s'en occuper, ça m'évitera de me casser la tête avec quelque chose d'aussi débile que choisir la couleur de ma veste. Elle grimace tout en plongeant le nez dans une tonne de fringues plus grosse que moi – ok, je ne suis pas bien épais, mais tout de même – et en sort trois vestes différentes. « Alors? Une de celles-ci t'inspirent? » Je fronce les sourcils et j'observe chaque veste pendant un moment, incapable de me décider. Pas la marron, déjà, je suis pas fan de cette couleur. Bon, ça en fait une en moins. Mais après, je ne sais pas trop... J'aime bien ces couleurs, donc... Pff, j'arrive pas à croire que je suis vraiment entrain de me casser la tête avec ça. « Heu... La grise ? » je finis par répondre en relevant la tête vers la belle blonde. Mon ton est peu certain, et je lui lance un regard interrogatif, comme pour savoir ce qu'elle en pense. « Pourquoi pas! » répond-elle sur le champ. Je pousse un discret soupire de soulagement. Je ne sais pas pourquoi, mais le fait qu'elle approuve mon choix me soulage. « Mais essayes-là. J’ai envie de voir si ce modèle te convient vraiment et s’il tombe bien sur toi » Avant que j'ai pu faire ou dire quoi que se soit, elle est derrière moi et m'aide à mettre le vêtement. Je l'enfile sans vraiment réfléchir et la laisse me pousser face au miroir pour y contempler mon reflet. « Alors? Qu’est-ce que tu en penses? » Au son de sa voix, mon regard se tourne automatiquement vers elle, sans néanmoins décoller du miroir, et je la regarde à travers l'objet pendant un petit moment, silencieux. Puis, réalisant que je suis, d'une certaine façon, entrain de la fixer, je me détourne brusquement et m'observe un instant. « Heu... Ben, c'est bien, non ? » je lui demande, peu sûr de moi.
Je sais que mes joues ont rougit à nouveau, je le vois dans le miroir. Je m'attends à une réflexion de la part de Flore, mais rien ne vient, à mon plus grand soulagement. « C'est parfait! On dirait qu'elle a été faite pour toi! » Je souris, rougis un peu plus à cause du compliment et observe la veste. Non, décidément, je trouve qu'elle me va bien. « Tu avais besoin d'autre chose tant qu'on est là, ou ça va comme ça? » Je regarde l'heure affichée sur l'horloge du magasin. Déjà presque 18 heure... Je ferais mieux de rentrer, il se fait tard, sans compter que j'ai encore plusieurs rps sans réponse sur TTR... « Non... Non c'est bon. Merci beaucoup. » Je me tourne vers la blonde et lui souris. « Je vais aller payer et ensuite je vais rentrer chez moi je pense. Et toi ? » Elle me montre ses sacs d'une main. « Euh... je vais d'abord rentrer déposer tout ça puis me changer, avaler quelque chose vite fait et repartir. Un ami, enfin... un type organise une soirée ce soir et il nous a proposé de passer. Tout le monde y va et, je suis plutôt d'humeur à faire la fête donc je suppose que je vais y faire un tour » répond-elle d'un ton morne. Je me mords la lèvre pour me retenir de pouffer. Mon dieu, on dirait presque que cette soirée n'est qu'une énorme corvée pour elle, c'est à se demander pourquoi elle y va ! « Ok, ben... je commence, tout d'un coup très mal à l'aise, on se verra... enfin... à la prochaine, alors, j'imagine. » je bafouille maladroitement, trouvant soudainement mes pieds incroyablement passionnants. Nous nous dirigeons vers la caisse en silence jusqu'à ce que Flore le brise. « Oui, bien sûr. On vit dans la même ville, on fréquente parfois les mêmes endroits, on est forcément amené à se revoir tu sais » Je hoche la tête sans la regarder, souriant gentiment à la vendeuse qui me donne le prix de ma nouvelle veste. « En tout cas si jamais tu as besoin de conseils en matière de shopping et que... » Je me tourne vers Flore, que je n'ai pas regardé depuis plusieurs minutes déjà, et l'observe réfléchir. « Larry? Ne peut pas venir, tu sauras à qui t'adresser désormais. Sur ce, faut vraiment que je m'éclipse, mais... c'était plutôt... Bref ! A bientôt » Elle s'éclipse avant que j'ai pu faire quoi que ce soit, me laissant me demander ce qu'elle était sûr le point de dire avant de se raviser, et je tend l'argent à la vendeuse dont je viens de me rappeler l'existence. « Vous formez un très jolie couple, vous savez. » me dit-elle avec un petit sourire amusé. Je rougis comme une pivoine – bien évidement. « Je... Ce n'est pas... On est pas... On est juste... étudiants dans la même fac. » je bafouille, mal à l'aise. « Rien de plus. » j'ajoute d'un ton ferme. La vendeuse me lance un regard suspicieux – apparemment, elle ne me croit pas – et je me contente de hausser les épaules avant de saisir le sac qu'elle me tend et de m'éloigner dans la foule.

THE END
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Oliflore ◈ What a coincidence
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