Oliflore ♪ It's just something that you do

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MessageSujet: Oliflore ♪ It's just something that you do   Jeu 5 Avr - 0:11

« HAHA JE T'AI ENCORE BATTU ! LARRY STYLINSON, TU ES OFFICIELLEMENT UN LOOSER ! » je m'écrie avec un grand sourire tout en laissant tomber ma gameboy sur le canapé et en me levant d'un bond, tout content. Alors que je démarre une petite danse de la victoire – je pourrais pas vraiment vous expliquer en quoi ça consiste parce qu'il faut bien avouer que... ben... ça ressemble à rien – mon frère se renfrogne et attrape un cousin qu'il me balance en pleine figure. « Tais-toi ! J'étais dans un mauvais jour, c'est tout ! » Je suis pris d'un fou rire qui m'oblige à me plier en deux. « Tu es toujours dans un mauvais jour ! » Avant que j'ai pu faire quoi que ce soit, mon frère s'est jeté sur moi et nous roulons au sol. « OLIVER RUPERT STYLINSON, TU VAS SOUFFRIR ! » Il commence à me faire des chatouilles, ce qui n'améliore pas mon état. Dans l'incapacité de répliquer, je baisse les armes. « Arrête ça c'est horriiiiiiiiiiible ! Steuplé Larry ! Je me reeeeeeeends ! » Avec un gloussement, il me relâche et je me relève en essuyant rapidement mes yeux devenus humide à force de rire. « Tu sais bien que je suis hyper chatouilleux ! » je lance tout en enfilant mes chaussures. « Ben justement, c'est tout l'intérêt ! » me répond t-il avec un clin d'œil. « Tu vas où ? » demande t-il en voyant que je m'apprête à sortir. « Besoin d'un peu d'air frais. T'as qu'à t'entrainer pendant ce temps, même si ça changera pas grand chose parce que je te laminerais quoi qu'il arrive. » je réponds avec un sourire. Je me baisse brusquement, évitant ainsi avec justesse le coussin qu'il vient de me balancer. « Soit prudent, hein. » Je lève les yeux au ciel. « Mais ouiiiiiiii t'inquiète ! » Sur ces paroles réconfortantes, je m'éclipse avant de recevoir un autre projectile sur la figure. Dehors, il fait beau, et même si je sais que ça ne va sûrement pas durer, je me dois d'en profiter, c'est pourquoi je décide de me rendre au parc. Malgré que ce soit le milieu de l'après-midi et que le temps soit ensoleillée, il n'y a pas trop de monde, j'en profite donc pour m'allonger sur un banc afin de profiter de la chaleur.

Je ne suis pas quelqu'un de calme, non, je suis plutôt une pile électrique, incapable de tenir en place, mais je dois avouer que le soleil qui tape agréablement sur ma peau et le vague brouhaha des jeux d'enfants m'engourdissent l'esprit. Et je suis d'ailleurs bel et bien entrain de m'endormir quand je sens quelqu'un s'écraser de tout son poids sur moi... J'ouvre les yeux, surpris. Pendant un instant, nos visages sont très proches, mais la belle blonde relève très rapidement la tête. « Je suis désolée » me dit-elle tout en se relevant. « c'est ma faute, j'étais distraite. Rien de cassé ? Dis... on se connaît? » Je dois être entrain de rêver. Oui, non, ça doit être ça. Enfin, je veux dire, c'est la seule raison rationnelle expliquant le fait que Flore Breckenridge vienne de me tomber dessus. Flore. Breckenridge. Cette même Flore que je rêve d'aborder depuis que je suis à Cambridge. « Je... heu... C'est... heu... » je bafouille maladroitement tout en me levant de mon banc. Je suis rouge comme une tomate, je le sais, je le sens. Pathétique. Vraiment, Oliver, tu es pathétique. Je ferme les yeux et prends une grande inspiration. Elle doit être entrain de se foutre de moi, c'est sûr. J'ouvre les yeux et me mords la lèvre. « Je... Je crois que je vais aller là-bas et laisser ma honte me tuer tranquillement... » dis-je tout en m'éloignant à reculons, essayant par tout les moyens de ne pas croiser son regard, avec le stupide espoir que peut-être va t-elle me retenir. Un petit rire amusé lui échappe, ce qui n'améliore pas du tout mon état. Je crois que je n'ai jamais eu l'air plus stupide dans ma vie qu'aujourd'hui. Et pourtant, je suis le roi quand il s'agit de me tourner en ridicule, que ça soit fait exprès ou pas. « Attends ! T'es pas obligé de t'en aller, je n'ai encore jamais mordu personne tu sais. En plus de ça, je te dois des excuses. Je n'aurai pas du te rire au nez comme je l'ai fait. C'est juste que... je sais pas. A voir ta tête on aurait dit que t'avais vu un fantôme ou quelque chose comme ça. Faut croire que je te fais plus d'effet que tu voudrais bien le croire » Ahahah. Si elle savait. Elle me fait tellement d'effet, justement, que je n'arrive même pas à articuler un seul son. Je me contente de rester planté là, à l'observer, aussi à l'aise qu'un poisson hors de son bocal. « Dis, faut pas nous faire une syncope, je plaisantais, te formalise pas. Rassure-moi, tu sais ce qu'est une plaisanterie, n'est-ce pas? T'es sûr que ça va ? » Allez Olive. Courage. Tu peux le faire. Ce n'est qu'une fille. Ok, non, mensonge, ce n'est pas juste une fille, mais reprends-toi avant qu'elle ne te prenne vraiment pour le dernier des imbéciles. « Oui, oui, je... C'est juste que... Je ne m'attendais pas à... ça. » je parviens à articuler en montrant le banc d'un geste de la tête. « Je... Moi c'est Oliver, et toi ? » je lui demande avec un sourire embarrassé. Comme si je ne savais pas déjà qui elle était, ce que je suis crédible. Franchement, si elle avale ça, c'est qu'elle a vraiment besoin de lunettes. Je veux dire, ok, quand elle est alentour, je me fais le plus invisible possible – et croyez-moi, c'est pas facile du tout – mais il n'empêche qu'elle a forcément remarqué mes regards insistants sur sa personne. Et attention, hein, je ne suis pas un voyeur ni rien, c'est juste que je ne sais pas... c'est... c'est Flore. « Enchantée Oliver. Moi c'est Flore » Je sais. « Et mise à part te faire écraser par des jolies filles, tu fais quoi dans la vie ? » me demande t-elle sur le ton de la plaisanterie. J'hésite quelques instants. « Heu... Je suis en première année de maths à Cambridge. On est dans la même fac, donc c'est comme toi en fait. Enfin, pas vraiment comme toi, non, puisque tu n'es pas en première année et que j'imagine que tu n'étudies pas les maths mais... j'en sais rien à vrai dire... Enfin tu m'as compris. Non ? » je m'embrouille, le ton interrogateur vers la fin. J'ai hésité à prétendre ne pas savoir qu'on est à Cambridge tout les deux, mais je pense qu'elle n'aurait jamais cru ça et je me serais tapé la honte. Même si à vrai dire, je me demande si ça n'aurait pas été moins pathétique qu'à présent. « Oui, j'ai compris ! » Elle rit, encore. Est-ce qu'elle se moque ? Comment le saurais-je ? « Mais tu sais, il va falloir que tu te détendes un peu, parce que là. T'es à deux doigts de faire une attaque. T'en as l'air en tout cas! J'ai l'air si méchant que ça, dis-moi ? » Je m'apprête à répliquer, mais elle ne m'en laisse pas le temps. « Mathématiques ? C'est intéressant ça ? Enfin je veux dire, c'est pas un peu barbant ? Déjà que la médecine parfois c'est chiant, alors les chiffres, franchement...» Une petit rire m'échappe, je sens que je commence à me détendre. « C'est une question de goût, j'imagine ! Moi j'adore ce que je fais, alors je ne m'ennuie jamais en cours. Mais c'est vraiment parce que tout ce qui est maths, informatique et électronique ça m'a toujours passionné. » je réponds avec un sourire, m'asseyant sur ce fameux banc. J'enchaîne, un peu plus à l'aise : « Et tu n'as pas l'air méchante du tout, au contraire. Et si tu fais allusion aux rumeurs qui trainent sur toi dans Cambridge, je pense que je préfère juger une personne par moi-même plutôt que par ce qu'en disent les ragots. » Je lui souris avec gentillesse. C'est vrai quoi, fuck les rumeurs.
Elle semble... troublée par ma remarque. Je me demande bien pourquoi. Peut-être est-elle gênée par mes compliments ? « Merci » Je lui répondrais bien un 'de rien' tout joyeux, mais quelque chose me retiens. Comme si elle n'avait pas tout a fait fini de parler. « Mais tu sais pour être tout à fait franche, la majorité de ces rumeurs sont belles et bien fondées. Désolée de te décevoir Oliver, mais je suis une vilaine fille, exécrable au possible. Considérant que c'est une réputation que j'ai choisi, j'assume ce qui se dit. Même si parfois les gens exagèrent un peu les choses, en général ce ne sont pas que des ragots. Mais merci de m'avoir laissé ne serait-ce que le bénéfice du doute. C'est plutôt rare de rencontrer des personnes aussi gentilles » J'ouvre la bouche pour lui répondre, prêt à la défendre contre elle-même, mais elle ne m'en laisse encore une fois pas le temps. « Intelligent, mignon et sympathique, mais c'est que tu aurais tout pour toi mon petit Oliv'. Juste un conseil ? Tu devrais éviter d'espionner les filles, c'est pas très joli. Ça fait un peu peur aussi » Je me mords les lèvres et sens le rouge revenir au galop sur mes pauvres petites joues. « Je... heu... mais... c'est... » je bafouille lamentablement. Je détourne mon regard de celui de Flore et prend une grande inspiration avant de plonger mes yeux bleus dans les siens. « J'aurais du me douter que tu savais. C'est vrai que je ne suis pas le mec le plus discret du monde. Mais je ne t'espionnais pas, je te jure ! Je ne suis pas un voyeur ni rien ! C'est juste que... dès que je suis arrivé ici, je n'ai pas pu détacher mon regard de toi. Pas parce que je suis amoureux ou que j'ai envie de sortir avec toi mais... Je t'admire énormément. Et quoi que tu dises, le fait que tu te traite toi-même de 'vilaine fille' ou autre 'exécrable' est la preuve que tu ne l'es pas autant que tu le crois. » Je pousse un léger soupir. « Je ferais mieux d'y aller. » je murmure en me levant. Avant que j'ai pu m'éloigner vraiment, je sens sa main sur mon bras qui me retiens. J'ignore mon cœur qui accélère malgré moi et me tourne vers elle. « Reste » m'ordonne t-elle. Elle enchaîne très vite sur un discours digne des plus grand orateurs. « Enfin je veux dire, tu peux rester. Il n'y aucun malaise. De même, tu n'as pas à te justifier à mon sujet. Tu ne faisais rien de mal. Au contraire, ton comportement me faisait plutôt rire qu'autre chose, alors t'en fais pas. C'est cool. Toutefois, une chose m'échappe. Que tu aies eu envie de sortir avec moi, que tu te sois amouraché même ne m'aurait absolument pas choquée. Parce qu'au risque de passer pour une narcissique nymphomane, ce que je suis peut-être, remarque j'ai l'habitude de tout ça. Tu penses bien que ce n'est pour rien que je fais tout ce cinéma. Mais là, excuse-moi, je ne vois absolument pas en quoi je suis admirable » elle marque une courte pause, sortant un paquet de clope de son sac. « T'es vraiment un drôle de petit gars! » termine t-elle en me tendant le paquet. Je lui fait non d'un signe de la tête et me rassoit sur le banc, face à elle. « Je vais prendre ça pour un compliment. » je lui lance avec un clin d'œil. J'enchaîne rapidement. « Et je t'avoue que... Je n'en ai foutrement aucune idée. Mais quoi qu'il en soit, il y a quelque chose en toi que j'admire, c'est comme ça, et ça m'attriste que tu ai un si piètre avis de toi, franchement. C'est pas parce que tu fais des conneries en ce moment que t'es pas une fille bien ! Alors ok, peut-être qu'actuellement t'as décidé de jouer les narcissiques nymphomanes comme tu le dis si bien, mais en quoi ça fait de toi quelqu'un de mauvais ? Je suis sûr que derrière cette façade se cache une fille adorable, elle a juste trop peur de se montrer au grand jour, c'est tout. » Je me demande si je ne suis pas allé un peu trop loin en lui disant ça. Après tout, je ne la connais pas du tout. Mais franchement pour le moment je m'en fous un peu. « Bien. Je suis flattée, mais je crois que tu me surestimes, Oliver » C'est peut-être vrai. « Sincèrement, tu te trompes à mon sujet. D'ailleurs, il serait préférable que tu en admires une autre. Quelqu'un qui le mériterait vraiment, tu vois ? Et crois-moi, je ne cherche pas à être modeste en te disant ça. Je ne suis pas quelqu'un de fréquentable. Je ne suis pas quelqu'un de bien. D'ailleurs il y a de fortes chances que je t'ignore la prochaine fois qu'on se croise à la fac. Alors, t'es adorable, mais arrête de te faire des idées sur moi. Je suis loin d'être aussi parfaite. Crois-moi » Un petit sourire amusé fleurit sur mon visage. « Je n'ai jamais dit que je te trouvais parfaite. » Je pousse un petit soupire et enchaîne. « Tu tiens tant que ça à ce que je ne t'adresse plus la parole jusqu'à la fin de mes jours et que je te déteste ? » Elle met du temps à répondre. Je me demande à quoi elle pense. Mais je n'ai pas le courage de lui poser la question. J'imagine que j'ai bien trop peur de sa réaction. « C'est un peu ça, oui » lâche t-elle finalement. Je sens mon cœur se serrer brusquement, et retiens une grimace. Ouh, on peut dire que ce n'est pas le genre de choses agréables à entendre. « Disons que c'est le déroulement logique des choses. Je suis la vilaine sorcière, tu es le gentil chevalier. Métaphoriquement parlant, bien sûr. Parce que cela va s'en dire, physiquement, je m'apparente plus à une princesse, mais oublions ces mièvreries. Tout ce que je veux dire, c'est que je ne tiens pas nécessairement à ce que tu me haïsses, mais c'est comme ça que c'est censé se dérouler. On ne fréquente pas les mêmes personnes, on ne joue pas dans la même cour. On appartient à des mondes différents. Par conséquent, on est pas censé s'entendre. Mais, je suppose que je ne peux pas t'obliger à me détester... Donc, fais ce que tu veux. Mais, il ne faudra pas venir pleurer » Je l'observe quelques instants sans rien dire. Je me rends compte que quoi que je fasse, quoi que je dise, elle n'en démordra pas. Je ne crois pas que ce soit moi le problème, pas vraiment. Je ne crois pas que je la soule ou quoi. Mais je ne sais pas, elle place une telle barrière entre nous, je n'ai aucune chance. « Ok, j'ai compris. » je répond finalement d'un ton neutre. Je me lève sans lui laisser le temps de répliquer. « J'imagine qu'on se verra la prochaine fois que tu me tombera dessus dans ce cas. » Ma voix est plus dure que je ne le voudrais. Mais peut-être est-ce parce que cette fois, je n'espère pas qu'elle me retienne. Elle ne le fera pas.

THE END


Dernière édition par Oliver R. Stylinson le Sam 14 Avr - 12:19, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: Oliflore ♪ It's just something that you do   Jeu 5 Avr - 20:28

Spoiler:
 
Toujours hébétée par le comportement de Peter, qui s'était subitement découvert une nature de père (qui est l'andouille qui disait : mieux vaux tard que jamais ?!), j'accordais peu d'importance à ce que je faisais, si bien que je finis par me prendre les pieds dans un banc, m'affalant sur un jeune homme qui s'y reposait, ou méditait ou... Bref, je me retrouvais dans une situation plus qu'embarrassante, en d'autres termes. Notre position étant des plus délicates, je relevais légèrement la tête histoire de dissiper le malaise « Je suis désolée » finissais-je par articuler, me relevant complètement dans la foulée « c'est ma faute, j'étais distraite. Rien de cassé ? Dis... » ajoutais-je en le regardant d'un peu plus près « on se connaît? ». A ces mots, sa mine se décomposa. Son teint virant successivement au blanc, puis au rouge pivoine. De toute évidence, et bien que je m'en amusais de mon côté, il avait été bouleversé par notre soudaine proximité. Tandis qu'il bafouillait un incompréhensible « Je... heu... C'est... heu... » son visage se tordit dans une expression disgracieuse et, n'y tenant plus, je laissais échapper un rire discret. Enfin, disons plutôt qui se voulait discret. Parce que je n'étais pas vraiment la fille la plus discrète de la planète. Il n'empêche que cette fois-ci, je n'avais pas pour ambition de mettre quiconque mal à l'aise. C'est simplement que sa bouille déconfite et les mimiques qui traduisaient sa gêne m'amusaient. Toujours est-il qu'à cause de ma réaction, il s'enfuyait. « Je... Je crois que je vais aller là-bas et laisser ma honte me tuer tranquillement... » Comprenant difficilement pour quelle raison il m'évitait, je repartais dans un nouvel éclat de rire, le regardant s'éloigner, plus rouge que jamais « Oh c'est pas vrai... » pestais-je de manière à peine audible, tentant tant bien que mal de calmer mes nerfs « Attends ! T'es pas obligé de t'en aller, je n'ai encore jamais mordu personne tu sais. En plus de ça, je te dois des excuses. Je n'aurai pas du te rire au nez comme je l'ai fait. C'est juste que... je sais pas. A voir ta tête » poursuivis-je « on aurait dit que t'avais vu un fantôme ou quelque chose comme ça. Faut croire que je te fais plus d'effet que tu voudrais bien le croire » Il continuait de me regarder, muet comme une carpe. Oh, bon sang ! « Dis, faut pas nous faire une syncope, je plaisantais, te formalise pas. Rassure-moi, tu sais ce qu'est une plaisanterie, n'est-ce pas? » Pauvre de lui ! Mais comment pouvais-je espérer qu'il se calme ou ne décroche ne serait-ce qu'un seul mot si je continuai de le martyriser comme ça?! « T'es sûr que ça va ? » Désignant le banc sur lequel nous nous étions malencontreusement rencontrés, il finit par répondre: « Oui, oui, je... C'est juste que... Je ne m'attendais pas à... ça. » embarrassé. Ca j'avais compris, oui. Mais honnêtement, il n'y avait pas de quoi en faire toute une histoire. Il aurait pu, plus mal tomber. Retrouvant un semblant de contenance, il ajouta alors le sourire crispé « Je... Moi c'est Oliver, et toi ? ». Quel vilain menteur! pensais-je alors, amusée par sa mauvaise foi. Je n'étais pas complètement stupide et, je l'avais déjà surpris un couple de fois, alors qu'il m'observait avec insistance, tapis dans les couloirs de la fac. Enfin, je pouvais tout aussi bien me tromper, mais maintenant que j'y repensais, cela expliquait pour quelle raison j'avais eu l'étrange impression de le connaître tout à l'heure. Enfin bref. Le pauvre Oliver était déjà suffisamment mal à l'aise, mieux valait donc éviter d'en rajouter. « Enchantée Oliver. Moi c'est Flore » Mais ça tu le sais déjà mon chou, pas vrai ? « Et mise à part te faire écraser par des jolies filles, tu fais quoi dans la vie ? » lâchais-je sur le ton de la plaisanterie, essayant de détendre l'atmosphère dans une tentative désespérée. « Heu... Je suis en première année de maths à Cambridge. On est dans la même fac, donc c'est comme toi en fait. Enfin, pas vraiment comme toi, non, puisque tu n'es pas en première année et que j'imagine que tu n'étudies pas les maths mais... j'en sais rien à vrai dire... Enfin tu m'as compris. Non ? » Voilà qui est mieux, pensais-je tandis qu'il terminait sa tirade. L'adorable blondinet (oui, bon d'accord ! Il était un peu trop sage pour moi c'est vrai, mais tout de même ! Il était plutôt pas mal dans son genre) semblait avoir des difficultés à s'exprimer clairement, voir même à garder son calme, en ma présence. Ce que je trouvais plutôt drôle et, intéressant. Peut-être me trouverais-je alors, une nouvelle source d'amusement? Et attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'avais aucunement prévu de mener la vie dure à ce cher petit. Du moins, pas pour l'instant « Oui, j'ai compris ! » répondis-je, en riant « Mais tu sais, il va falloir que tu te détendes un peu, parce que là. T'es à deux doigts de faire une attaque. T'en as l'air en tout cas! J'ai l'air si méchant que ça, dis-moi ? » Non, pas du tout ! T'es juste considérée comme la pire garce du coin, mais à part ça, t'es adorable ma belle ! Charmante, même. « Mathématiques ? C'est intéressant ça ? Enfin je veux dire, c'est pas un peu barbant ? Déjà que la médecine parfois c'est chiant, alors les chiffres, franchement...». Réalisant que je venais tout juste de parvenir à lui extirper un petit rire, je souriais, satisfaite « C'est une question de goût, j'imagine ! Moi j'adore ce que je fais, alors je ne m'ennuie jamais en cours. Mais c'est vraiment parce que tout ce qui est maths, informatique et électronique ça m'a toujours passionné. » m'expliqua-t-il, tandis qu'il faisait quelques pas en arrière et prenait place sur le fameux banc. Jetant un rapide coup d’œil à l'objet, je me plus à penser qu'il était en phase de devenir un banc mythique et, rejoignais Oliver, m'asseyant à côté de lui, cette fois-ci. « Et tu n'as pas l'air méchante du tout, au contraire. Et si tu fais allusion aux rumeurs qui trainent sur toi dans Cambridge, je pense que je préfère juger une personne par moi-même plutôt que par ce qu'en disent les ragots. » Et bien, pensais-je tandis qu'il terminait sa phrase, je crois bien que c'est la plus gentille des choses qu'un inconnu m'ait jamais dites. « Merci » soufflais-je, troublée. Oui et bien quoi ? Je n'avais pas l'habitude qu'on se montre si gentil avec moi, d'ailleurs j'étais rarement si gentille. Serais-je en train de me radoucir? « Mais tu sais pour être tout à fait franche, la majorité de ces rumeurs sont belles et bien fondées. Désolée de te décevoir Oliver, mais je suis une vilaine fille, exécrable au possible. Considérant que c'est une réputation que j'ai choisi, j'assume ce qui se dit. Même si parfois les gens exagèrent un peu les choses, en général ce ne sont pas que des ragots. Mais merci de m'avoir laissé ne serait-ce que le bénéfice du doute. C'est plutôt rare de rencontrer des personnes aussi gentilles » Aussi naïves, aussi « Intelligent, mignon et sympathique, mais c'est que tu aurais tout pour toi mon petit Oliv'. Juste un conseil ? Tu devrais éviter d'espionner les filles, c'est pas très joli. Ça fait un peu peur aussi ». Flore Breckenridge ou l'art et la manière de faire rougir. « Je... heu... mais... c'est... » bafouilla-t-il, (de nouveau) mal à l'aise, avant de reprendre « J'aurais du me douter que tu savais. C'est vrai que je ne suis pas le mec le plus discret du monde. Mais je ne t'espionnais pas, je te jure ! Je ne suis pas un voyeur ni rien ! C'est juste que... dès que je suis arrivé ici, je n'ai pas pu détacher mon regard de toi. Pas parce que je suis amoureux ou que j'ai envie de sortir avec toi mais... Je t'admire énormément. Et quoi que tu dises, le fait que tu te traite toi-même de 'vilaine fille' ou autre 'exécrable' est la preuve que tu ne l'es pas autant que tu le crois. » J'ouvrais la bouche, d'or et déjà prête à protester contre ce qu'il venait de me dire. Parce que bien que je sois flattée par ses propos, il se trompait. Et NON, je n'étais pas celle qu'il croyait. Tout du moins, je refusai que les gens me voient de cette manière. Je ne voulais plus être cette adolescente gentille et, brisée par la vie. Je ne voulais plus être faible, point final! C'était d'ailleurs pour cette raison que je m'étais créé ce personnage rocambolesque et glacial. Manquerait plus que le blondinet découvre le pot-aux-roses. Ça m'apprendra à être trop gentille, tiens ! pestais-je intérieurement, tandis qu'il murmurait un « Je ferais mieux d'y aller » qui ne me laissa pas le loisir de rétorquer quoi que ce soit. C'est donc ainsi qu'il se leva. Dans un geste rapide, j'attrapai alors son bras. « Reste » lâchais-je, de manière presque autoritaire «Enfin je veux dire, tu peux rester. Il n'y aucun malaise. De même, tu n'as pas à te justifier à mon sujet. Tu ne faisais rien de mal. Au contraire, ton comportement me faisait plutôt rire qu'autre chose, alors t'en fais pas. C'est cool. Toutefois, une chose m'échappe. Que tu aies eu envie de sortir avec moi, que tu te sois amouraché même ne m'aurait absolument pas choquée. Parce qu'au risque de passer pour une narcissique nymphomane, ce que je suis peut-être, remarque » dis-je en riant « j'ai l'habitude de tout ça. Tu penses bien que ce n'est pas pour rien que je fais tout ce cinéma. Mais là, excuse-moi, je ne vois absolument pas en quoi je suis admirable » poursuivis-je en sortant mon paquet de cigarettes de mon sac « T'es vraiment un drôle de petit gars! » concluais-je en lui tendant le paquet. Sait-on jamais s'il voulait s'en griller une avec moi. « Je vais prendre ça pour un compliment » me lança-t-il dans un clin d’œil, tandis que je ramassais quant à moi mon paquet. Parce qu'en plus de ça monsieur ne fumait pas?! Mais quel jeune homme exemplaire, dites-moi ! « Et je t'avoue que... Je n'en ai foutrement aucune idée. Mais quoi qu'il en soit, il y a quelque chose en toi que j'admire, c'est comme ça, et ça m'attriste que tu ai un si piètre avis de toi, franchement. C'est pas parce que tu fais des conneries en ce moment que t'es pas une fille bien ! Alors ok, peut-être qu'actuellement t'as décidé de jouer les narcissiques nymphomanes comme tu le dis si bien, mais en quoi ça fait de toi quelqu'un de mauvais ? Je suis sûr que derrière cette façade se cache une fille adorable, elle a juste trop peur de se montrer au grand jour, c'est tout. » Je l'avais écouté peindre mon portrait sans l'interrompre une seule fois, mais c'est presque malgré moi que mes sourcils s'étaient froncés à l'entente de paroles telles que fille bien ou adorable. Ces qualificatifs ne me correspondaient tellement pas. Tout ce qu'ils me remémoraient était une personne que j'avais connue il y a bien longtemps. Une personne qui aujourd'hui n'existait plus. Une personne que je ne voulais plus voir, une fragilité, une faiblesse qui se terraient au fond de moi. Et les choses me convenaient parfaitement comme ça. Alors, bien qu'Oliver ait l'air adorable, j'allais finir par perdre mon calme s'il persistait dans cette voie. Pourtant (et bizarrement), je n'avais aucune envie de me montrer désagréable. Je regrettai d'ailleurs à mon tour qu'il ait une si haute opinion de moi. S'il apprenait à me connaître, il tomberait de haut, croyez-moi « Bien. Je suis flattée, mais je crois que tu me surestimes, Oliver » repris-je quelques secondes plus tard, tirant de plus belle sur ma cigarette « Sincèrement, tu te trompes à mon sujet. D'ailleurs, il serait préférable que tu en admires une autre. Quelqu'un qui le mériterait vraiment, tu vois ? Et crois-moi, je ne cherche pas à être modeste en te disant ça. Je ne suis pas quelqu'un de fréquentable. Je ne suis pas quelqu'un de bien. D'ailleurs il y a de fortes chances que je t'ignore la prochaine fois qu'on se croise à la fac. Alors, t'es adorable, mais arrête de te faire des idées sur moi. Je suis loin d'être aussi parfaite. Crois-moi ». Quand allait-il ENFIN comprendre qu'il se méprenait à mon sujet? « Je n'ai jamais dit que je te trouvais parfaite » reprit-il tout sourire. « Tu tiens tant que ça à ce que je ne t'adresse plus la parole jusqu'à la fin de mes jours et que je te déteste ? ». Et qu'est-ce que c'était supposé signifier au juste ? Était-ce l'une de ces questions pièges, auxquelles je n'avais jamais su répondre et qui me rebutaient? Non parce qu'honnêtement, ce n'était pas tant une question de volonté, mais plutôt de réalité, maintenant que j'y repensais. En d'autres termes, les personnes comme moi, ne fréquentaient pas les gentils garçons dans son genre. Vous connaissez l'expression, on ne mélange pas les torchons et les serviettes? Bien, c'était un peu ce dont il s'agissait ici. J'étais une garce invétérée, lui était plutôt drôle et gentillet. En faisant le calcul, on se rendait parfaitement compte que ça ne fonctionnerait jamais. Ni une camaraderie, ni une franche amitié ne pourrait déboucher de cette rencontre. Autant se rendre à l'évidence. Lorsque nous retournerions à la faculté, je ferai comme si nous n'avions jamais discuté. Je redeviendrai cette fille hautaine et exécrable, parce que c'était celle que j'étais et, j'avais peine à comprendre pour quelle raison Oliver refusait de l'accepter. Ce qu'il pouvait être borné. « C'est un peu ça, oui » lâchai-je finalement, en écrasant ma cigarette « Disons que c'est le déroulement logique des choses. Je suis la vilaine sorcière, tu es le gentil chevalier. Métaphoriquement parlant, bien sûr. Parce que cela va s'en dire, physiquement, je m'apparente plus à une princesse, mais oublions ces mièvreries. Tout ce que je veux dire, c'est que je ne tiens pas nécessairement à ce que tu me haïsses, mais c'est comme ça que c'est censé se dérouler. On ne fréquente pas les mêmes personnes, on ne joue pas dans la même cour. On appartient à des mondes différents. Par conséquent, on est pas censé s'entendre. Mais, je suppose que je ne peux pas t'obliger à me détester... Donc, fais ce que tu veux. Mais, il ne faudra pas venir pleurer » concluais-je en lui lançant un clin d’œil amusé. « Ok, j'ai compris. J'imagine qu'on se verra la prochaine fois que tu me tombera dessus dans ce cas. » répondit-il d'un ton relativement sec tandis qu'il se levait. Je le regardai alors s'éloigner, incapable de faire quoi que ce soit. J'aurai bien voulu lui demander de rester, mais à quoi bon ? Comme je lui avais gentiment fait remarquer, nous n'avions rien à faire ensemble lui et moi. Alors, je l'ai simplement laissé s'en aller, quelque peu attristée de l'avoir blessé toutefois. Encore une fois, Oliver avait l'air adorable et, à le voir s'éloigner comme ça, l'air si déçu, je me sentis étrangement coupable. C'était bien la première fois que je regrettai mes actes. Faut croire que je n'étais pas aussi insensible que ça et, qu'il avait peut-être vu juste, au final. Je devenais de plus en plus faible, mais qu'allait-on faire de moi?!

THE END.
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Oliflore ♪ It's just something that you do
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