And it’s fine to see you - Scott

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MessageSujet: And it’s fine to see you - Scott   Sam 24 Mar - 11:56

La première chose que je fis en sortant de l'université après une longue journée de cours, fut d'envoyer un sms à Garance, lui disant de ne pas m'attendre ce soir car je devais prendre un verre avec Scott. Bon, le Scott en question n'était pas encore au courant mais s'il daignait répondre à son téléphone je pourrais gentiment l'informer de son programme de la soirée. Après avoir appelé plusieurs fois sur son portable qui me renvoyait toujours vers sa messagerie vocale je décidais d'appeler directement son bureau pour avoir une chance de lui parler avant la fin de la soirée. Une voix de jeune femme inconnue me répondit aussitôt. Bon Dieu il fallait vraiment qu'il arrête de changer aussi régulièrement de secrétaire, c'était très perturbant pour les personnes qui essayaient de contacter sa petite personne. Ou alors il fallait simplement que j'arrête de m'habituer aux personnes qu'il engageait pour un temps indéterminé et parfois très limité. « Monsieur Peterson est occupé pour le moment, puis-je prendre votre message ? » J'insistai un moment pour la convaincre de m'annoncer moi et pas un client quelconque mais en vain. « Dites-lui simplement que je serais à Londres dans environ une heure et demie et que j'insiste pour qu'il me case dans son emploi du temps ! Ah et faites-lui écouter la messagerie de son portable, il comprendra mieux de quoi je parle. » En voiture donc et direction Londres ! Je m'imposais carrément, je le savais mais pour des personnes aussi obsédées par leur travail que l'était Scott, c'était la seule chose à faire. Finalement ce n'était pas plus mal qu'il ne m'ait pas répondu, car il m'aurait sûrement dit qu'il était impossible pour lui de faire un break boulot ce soir. J'allais donc être un argument d'autorité en chair et en os assez imposant. Du moins je l'espérais, il était hors de question qu'il m'envoie paitre. Cela faisait un petit bout de temps que nous ne nous étions pas vu et j'avais besoin de savoir comment il vivait son installation sur le sol anglais avec plus de recul que lors de son arrivée. Une fois devant l'adresse de son bureau je tentai de l'appeler une dernière fois, sinon je montais directement. Par chance il répondit. « Scott ! Je suis en bas, deux solutions s'offrent à toi, tu descends me rejoindre ou je monte faire la connaissance de ta nouvelle et apparemment très charmante secrétaire. » Réponse presque direct : « Mark ? Mon dieu, tu m'as harcelé toute l'après-midi pour m'obliger à venir boire un verre ? Quand je disais que j'avais du boulot, ce n'était pas une blague, tu sais ! Enfin bon, comme de toute façon ma très charmante secrétaire n'est pas là, donc je vais t'éviter de monter. J'arrive ! » Je l'attends un instant et le vois sortir de l'immeuble par la grande porte cochère. Je lui souris, près à m'excuser et lui sers la main. « Comment vas-tu ? Toujours pas d'envies meurtrières vis-à-vis de tes étudiants ? Garance va bien ? » Si une partie de moi considère Scott comme un véritable ami une autre ne peut s'empêcher d'avoir un statut de grand frère protecteur. Je le revois encore débarquer à Londres sans vraiment avoir d'endroit où dormir. Ce qu'il avait vécu était loin d'être drôle et je le savais parfaitement capable de s'en sortir et de passer à autre chose. N'empêche qu'il était aussi capable de prétendre que tout allait bien alors que non, pas du tout. Son travail lui prenait beaucoup de temps et lui occupait certainement l'esprit mais tout être humain normalement constitué à besoin de faire une pause à un moment donné. Et jusqu'à preuve du contraire Scott, même s'il le nierait totalement si je lui faisais la réflexion, avait l'air quelque peu fatigué. « Ça va bien écoute. Les examens approchent dangereusement alors tout le monde se met à bosser ! Garance va parfaitement bien, c'est étonnant qu'elle vive aussi bien sa grossesse d'ailleurs, mais je me prépare ça peut péter à tout moment. » Si tout se passait bien il ne restait que quatre petits mois à attendre. Je n'avais pas envie de l'avouer, mais j'étais mort de peur. « C'est rock'n'roll pour te voir dis donc ! Comment va le show biz en ce moment ? » Je le charriais, il le savait parfaitement mais il se justifia quand même : « Je sais, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu, mais redémarrer une affaire en Angleterre n'est pas une sinécure, surtout avec le ramassis de stupidité avec qui je suis sensé collaborer. » Ça je voulais bien le croire. Scott avait déjà un nom outre-Atlantique mais ici c'était différent. Dire qu'il partait de rien serait une absurdité puisque mine de rien il lui restait son nom ; n'est pas Scott Peterson qui veut. Je ne m'inquiétais pas trop pour la réussite de son business et préférais me préoccuper de l'autre partie de lui, celle où le mot 'boulot' n'apparaissait pas trop. « Prépares-toi aux crises de nerfs et aux sautes d'humeur avec Garance, ça peut arriver n'importe quand, crois-moi sur parole ! » Je ne pus m'empêcher de rire. Quelle enflure de me rappeler ça, comme si je n'y pensais pas assez ! Garance était pour le moment encore très facile à vivre mais tout ce petit bonheur risquait de vite tourner en véritable enfer à tout moment. Dernièrement elle avait commencé à sous-entendre le désir d'aller passer du temps à Paris près de sa famille et peut-être même d'accoucher là-bas. J'essayais donc tant bien que mal de lui ôter cette ridicule idée de la tête et faisais en sorte de lui montrer à quel point notre vie était merveilleuse dans notre charmant appartement Oxfordien loin de ses français bourgeois. L'affaire était délicate mais j'y travaillais. « Tu n'es pas trop mort de peur ? Tu peux me le dire, tu sais, c'est sans doute une des seules choses dont j'ai plus l'expérience que toi...avec les divorces ! Bon, on ne va pas rester planter là. Allons boire un verre ! » Je lui donnai une tape amicale sur l'épaule et lui dis : « Mort de peur moi ? C’est pas mon genre ! Non tu déconnes, j’ai jamais autant flippé de ma vie. Quelle idée de nous faire attendre neuf mois, il peut s’en passer des choses en tout ce temps... Je te demanderai des conseils en ce qui concernent les couches culottes mais j’espère ne jamais avoir à le faire pour le divorce, garde ta poisse ! » Nous fîmes quelque pas et je repris « Le Vendome Bar ça te dis ? Bon et avoues moi quand même que faire un bon break boulot était exactement ce dont tu avais besoin ! » « Partant pour le Vendome. Mais ne compte pas me faire avouer quoique ce soit ! » Je levai les yeux au ciel avec un sourire en me remettant à avancer. A d’autre ! « Même, si je te l'accorde, un break fait du bien. Il va falloir que je trouve le temps de vraiment m'installer dans mon appartement, les enfants viennent le week-end prochain normalement. » Ça me faisait tout drôle d’imaginer Scott avec ses enfant, peut-être parce que je ne les avais jamais vu, ou bien parce que ce que je connaissais de lui n’était pas vraiment l’image d’un père. J’adorais ce type, réellement, mais c’est vrai qu’en tant que mari et père de famille, l’histoire de l’humanité a vu mieux. Enfin j’étais très hypocrite de penser cela alors que j’avais moi-même eu quelques écarts avec une de mes étudiantes. Mais ce n’était pas la même chose, une ou deux fautes en 13 ans de mariage n’était pas vraiment comparable à la vie extra-conjugale de Scott que je savais très mouvementée. Toute cette histoire de divorce et de déménagement l’avait tout de même affecté et passer du temps avec sa progéniture ne pourrait que lui faire du bien ! « Mais c’est super ça dis moi ! T’as des nouvelles de leur mère ? Elle va bien ? » J’entrais dans les sujets qui pouvaient potentiellement fâcher, mais après toutes les péripéties de la procédure de divorce, je préférais me tenir au courant. Après un temps Scott me répondit : « Elle va bien à ce que j’en sais. » Son ton était sec, mais je m’y attendais, Scott n’était pas du genre à se dévoiler facilement. « Je n’ai pas beaucoup de nouvelles d’elle, tu sais. Ça fait des mois que je ne l’ai pas vu en face, je récupère les gamins chez sa sœur ou sa mère quand je les prends pour le week-end » Je l’écoutais patiemment, comme je savais si bien la faire. Cette situation me dépassait très largement et avant même qu’il ait terminé, je savais pertinemment que je ne saurais pas quoi lui répondre. « Il paraît qu’elle a plusieurs propositions d’emplois, soit comme prof d’art ou comme galeriste à Londres. Elle a toujours été douée. Mais je suis content que les gamins viennent. Je ne vais sans doute pas les reconnaître. » Je souris malgré moi. J’étais toujours très ému lorsque Scott me parlait de ses enfants. Je ne l’avais jamais vu en père de famille, uniquement en homme d’affaire, en invité à des galas chics ou en client dans un bar. Et mine de rien, voir ses enfants allait lui faire du bien. Ça lui changerait les idées, le divorce avait pris beaucoup trop de place dans sa vie déjà bien remplie par son boulot obsédant. Sa voix était de plus en plus faible et je m’apprêtais à l’interrompre lorsqu’il lâcha : « Ne parlons plus de ça, s’il te plait. » J’acquiesçai sans rien dire, respectant ainsi son ton suppliant. Il changea lui-même de sujet. «Tu dois toujours supporter les soirées mondaines de ta chère femme, Mark ? Comment va la haute société ? » Une fois devant le Vendome Bar, je tirai une chaise et m’assis en sortant mon paquet de cigarette de la poche de ma veste. « Garance se calme un peu. La grossesse je pense, elle est souvent fatiguée et ses plus jolies robes ne lui vont plus alors. Enfin elle va bientôt craquer et je pense que d’ici deux semaines ont va faire le tour des soirées chics londonienne. » Je jetai un rapide coup d’œil à la carte et repris. « Scott, mon but est absolument pas de te faire craquer donc j’accepte entièrement qu’on change de sujet, mais si tu veux parler à quelqu’un qui ne te juge vraiment pas tu sais que je suis là. »

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Dernière édition par Mark H. Buckley le Dim 22 Avr - 16:07, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: And it’s fine to see you - Scott   Dim 25 Mar - 12:19

« Marlène, mon dieu pourriez-vous un jour faire ce que l'on vous demande ! J'ai autre chose à faire que de passer ma vie à me répéter pour que vous puissiez enfin comprendre ! »
Assis à mon bureau, entouré de papiers diverses qui aurait dû être rangé depuis longtemps, j'houspillais ma secrétaire, debout devant mon bureau, les yeux baissés comme une gamine prise en faute. Encore une qui n'allait pas tenir longtemps. Je n'avais jamais réussi à en trouver une capable de tenir plus de six mois sous mes ordres, mais depuis que la boîte marchait un tant soit peu, le renouvellement de mon personnel se faisait à une vitesse telle, que je m'y perdais moi-même. Pour commencer, il aurait fallu que ces filles qui se présentaient pour avoir ce job, sachent obéir rapidement aux consignes et le plus important, sachent préparer un café correct. Vu le nombre de cafetière que j'avais bu depuis ce matin, on pouvait même dire que c'était une nécessité absolue. Il faut dire que je campais au bureau, au sens presque littéral du terme. Bien que je sois arrivé depuis près de six mois à Londres, je suis toujours à la recherche de l'appartement idéal, crise du logement oblige. En attendant, j'ai fini par louer dans un coin sympa, mais je ne me suis pas encore occupé de le meubler. J'ai un lit, que je n'utilise que rarement et c'est tout.
Le téléphone sonne et me tire de mes pensées. Je fais signe à Marlène - s'appelle-t-elle vraiment Marlène d'ailleurs ? - à travers la porte vitrée de répondre que je ne suis pas disponible. Ma messagerie vocale contient cinq messages, dont quatre de Mark et un d'une malheureuse croisée dans un bar à qui j'ai laissé par erreur mon numéro de téléphone. Je les écouterais plus tard, il faut que je finisse de remplir les nombreux dossiers qui s'empilent sur mon bureau. Je vais sans doute y passer l'après-midi et une bonne partie de la soirée, si ce n'est la nuit si mon assistante ne fait pas son boulot. De toute façon, je n'ai rien de prévu et sortir seul ce soir ne m'enthousiasme pas. Je me replonge donc directement dans des histoires de castings impossibles à démêler.
Une heure et demie plus tard, mon portable me tire à nouveau de mes dossiers. Marlène-ou-quelque-soit-son-nom est partie depuis une bonne demi-heure, après avoir refait du café. Je jette un coup d'oeil sur l'identifiant de l'appelant. Mark, encore. Comme c'est au moins la cinquième fois de la journée qu'il m'appelle, je me dis que ça doit être important et je décroche. « Scott ! Je suis en bas, deux solutions s'offrent à toi, tu descends me rejoindre ou je monte faire la connaissance de ta nouvelle et apparemment très charmante secrétaire »
Je soupire à travers le combiné. J'aurais dû m'en douter, j'ai refusé plusieurs fois d'aller boire un verre et mark peut être vraiment très têtu quand il s'agit de ce genre de choses. « Mark ? Mon dieu, tu m'as harcelé toute l'après-midi pour m'obliger à venir boire un verre ? Quand je disais que j'avais du boulot, ce n'était pas une blague, tu sais ! » Je calcule rapidement la somme de dossier qu'il me reste à remplir, avant de me décider à prendre une pause. « Enfin bon, comme de toutes façons ma très charmante secrétaire n'est pas là, donc je vais t'éviter de monter. J'arrive ! »
Quelques minutes plus tard, je suis en bas de l'immeuble. Je salue Mark d'une franche poignée de main. « Comment vas-tu ? Toujours pas d'envies meurtrières vis-à-vis de tes étudiants ? Garance va bien ? » Mark me détaille des pieds à la tête. J’ai sans doute l’air fatigué, il faut dire que je m’apprêtais entamer ma troisième nuit au bureau de la semaine. Je lui souris malgré tout. Ce genre d’inquiétude m’aurait profondément agacé chez n’importe qui d’autre que Mark, mais c’est Mark justement, et rien ne le fera changer d’attitude envers moi. Il sera toujours un peu protecteur, me surveillant de loin pour me retenir, mais se gardant bien d’empiéter sur ce que je chéris plus que tout, ma liberté. « Ça va bien écoute. Les examens approchent dangereusement alors tout le monde se met à bosser ! Garance va parfaitement bien, c'est étonnant qu'elle vive aussi bien sa grossesse d'ailleurs, mais je me prépare ça peut péter à tout moment. » Je n’ai pas vu Garance depuis de longs mois. Je sens une pointe de culpabilité me titiller, mais il me suffit de penser à la magnifique peluche qui attend la naissance du bébé, sagement posée sur mon bureau, pour étouffer mes remords. « C'est rock'n'roll pour te voir dis donc ! Comment va le show biz en ce moment ? ». Ce n’est pas que les affaires ne marchent pas, au contraire je pense plutôt bien me débrouiller, mais la plupart de mes contacts anglais dans le milieu me désespère par leur futilité, ce qui conduit à une augmentation exponentielle de ma charge de travail. « Je sais, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, mais redémarrer une affaire en Angleterre n’est pas une sinécure, surtout avec le ramassis de stupidité avec qui je suis sensé collaborer. » Je déteste me justifier, c’est pourtant ce que je fais. « Prépares-toi aux crises de nerfs et aux sautes d’humeur avec Garance, ça peut arriver n’importe quand, crois-moi sur parole ! » Les deux grossesses d’Hayden ont été épiques et je ne souhaiterais pour rien au monde revivre au côté d’une femme enceinte. Je plains intérieurement Mark, même si ces neufs longs moi lui apporteront sans doute le plus beau cadeau de sa vie. « Tu n’es pas trop mort de peur ? Tu peux me le dire, tu sais, c’est sans doute une des seules choses dont j’ai plus l’expérience que toi…avec les divorce ! » Mon ton se fait légèrement grinçant sur la fin, et je m’empresse d’enchaîner pour éviter de me retrouver sur ce terrain glissant. « Bon, on ne va pas rester planter là. Allons boire un verre !»Sa main se pose sur mon épaule en une pression amicale. Il répond mi-riant, mi-grimaçant à ma moquerie précédente. « Mort de peur moi ? C'est pas mon genre ! Non tu déconnes, j'ai jamais autant flippé de ma vie. » Je souris intérieurement, me remémorant sans peine le sentiment qui nous agite dans ce moment-là. J'ai failli demander à ma mère de venir passer le dernier mois de grossesse avec nous à New-York, tellement j'avais peur de ce qui pouvait arriver. Heureusement pour mon honneur, je me suis retenu, même si je ne remercierai jamais le hasard qui a fait loger ma soeur chez moi le jour de l'accouchement. « Quelle idée de nous faire attendre neuf mois, il peut s'en passer des choses en tout ce temps... » Je ris franchement à cette protestation, même si je ne peux être que d'accord avec lui. Neuf mois de préparation pour le père, c'est beaucoup trop : ça laisse le temps de penser à toutes les erreurs que l'on va pouvoir faire après, ce qui n'est pas la chose la plus rassurante du monde. « Je te demanderai des conseils en ce qui concerne les couches culottes mais j'espère ne jamais avoir à le faire pour le divorce, garde ta poisse ! Le Vendome Bar ça te dit ? Bon et avoues moi quand même que faire un bon break boulot était exactement ce dont tu avais besoin ! » Il y a peu de personnes avec qui je peux rire de mon divorce, mais par chance, Mark est l'un d'entre eux. « Je ne suis pas sûre d'être de très bon conseil, dans les deux cas. Je te rappelle que j'étais en voyage d'affaires pratiquement toutes les semaines quand mes gamins sont nés, on ne peut pas dire que j'ai changé beaucoup de couches. » Pas que je le regrette, mais j'aurais sans doute du plus profiter de mes gamins quand je pouvais les voir à n'importe quel moment sans que leur mère me vire de chez elle de façon brutale. « Quant aux divorces, éviter d'aller tabasser quelqu'un dans un bar, je suppose que ça facilite les choses. Casser des assiettes sur la tête de son ex, aussi tu me diras. Mais je connais des bons avocats, par contre! » Je souris franchement. Pour être franc, je devrais ajouter qu'il faut éviter d'aller voir ailleurs comme je le faisais, mais je passe suffisamment pour un salaud comme ça. « Partant pour le Vendome. Mais ne compte pas me faire avouer quoique ce soit ! » Nous avançons jusqu'au coin de la rue. « Même, si je te l'accorde, un break fait du bien. Il va falloir que je trouve le temps de vraiment m'installer dans mon appartement, les enfants viennent le week-end prochain normalement. » Ma voix se fait plus pensive et plus nostalgique. Je n’ai pas la prétention de penser que je suis un bon père et j’ai sans doute été un des pires époux que l’on puisse trouver : infidèle mais possessif, égoïste et caractériel, j’ai plus de défauts qu’on ne peut en compter. Entre nous, je peux parfaitement comprendre pourquoi Hayden a demandé le divorce et s’il s’agissait juste d’une séparation, j’aurais continué ma vie sans aucune difficulté. Mais il y avait deux enfants au milieu, mes deux enfants et jamais je ne pourrais pardonner à Hayden de m’avoir enlevé la possibilité de les voir grandir, de m’avoir forcé à être un père seulement un week-end sur deux. La voix de Mark me rappelle sur Terre. « Mais c’est super ça dis moi ! T’as des nouvelles de leur mère ? Elle va bien ? » Je ne peux m’empêcher de sourire en voyant à quel point Mark tape toujours là où ça fait mal, mais me renfrogne à la fin de la phrase. J’aimerais pouvoir répondre qu’Hayden pleure de toutes les larmes de son corps et que, mon dieu j’en suis heureux, mais je sais parfaitement que c’est faux. « Elle va bien à ce que j’en sais. » Ma voix est un peu trop sèche et je reprends plus doucement, car après tout Mark n’est aucunement responsable de la situation. « Je n’ai pas beaucoup de nouvelles d’elle, tu sais. Ça fait des mois que je ne l’ai pas vu en face, je récupère les gamins chez sa sœur ou sa mère quand je les prends pour le week-end ».Je sens ma voix se faire plus faible et plus fatiguée. La pression, la fatigue, tout ça me retombe brusquement dessus. « Il paraît qu’elle a plusieurs propositions d’emplois, soit comme prof d’art ou comme galeriste à Londres. Elle a toujours été douée » Quand je me mets à complimenter mon ex, c’est que ça va vraiment mal. « Mais je suis content que les gamins viennent. Je ne vais sans doute pas les reconnaître. » Ma voix se brise franchement et je ravale rageusement toutes mes émotions. Je refuse de laisser gagner Hayden et m’effondrer dans les bras de Mark serait avouer ma faiblesse et ma fragilité. « Ne parlons plus de ça, s’il te plait. » J’ai l’air suppliant mais j’ai bien peur que ça ne suffise pas à Mark. « Tu dois toujours supporter les soirées mondaines de ta chère femme, Mark ? Comment va la haute société ? » Ma voix est redevenu moqueuse essayent de faire oublier mon précédent moment de faiblesse. Mark acquiesce silencieusement tandis que nous arrivons au Vendôme. Nous prenons une table sur la terrasse couverte, comme les bons fumeurs que nous sommes. Je sors un briquet, le souvenir de mon père auquel je suis attaché et mon paquet de cigarette. Tandis que nous nous asseyons, Mark reprend, à mon plus grand soulagement en évitant le sujet du divorce. « Garance se calme un peu. La grossesse je pense, elle est souvent fatiguée et ses plus jolies robes ne lui vont plus alors. » Mon sourire revient à l'entente du ton soulagé qu'à Mark. Il a toujours détesté les soirées mondaines, il ne s'y est jamais senti à sa place. Je ne suis pas non plus un grand adepte des mondanités à n'en plus que faire, mais même quand j'habitais encore aux Etats-Unis, je me devais de participer à un certain nombre de soirée collé-montée. La différence, c'est qu'aux Etats-Unis, on te jugera sur ta fortune pas sur ton nom. En Angleterre, je suis un parvenu, fils d'un journaliste politique, élevé par un constructeur de chemin de fer américain et même le nom prestigieux de ma mère et ma politesse exquise n'ont pas suffi pas à faire de moi quelqu'un de recommandable. Mon mariage avec la dernière fille d'un clan irlandais a désespéré les rombières, mais m'a permis de gagner un peu de respectabilité, que j'ai perdu rapidement quand on a appris mon divorce. Je n'ose imaginer le calvaire de Mark vu sa situation à cet égard bien pire à la mienne. « Enfin elle va bientôt craquer et je pense que d'ici deux semaines on va faire le tour des soirées chics londonienne. » Je lui jette un regard compatissant. J'ai prévu d'éviter les soirées mondaines comme la peste les prochaines semaines, mais si Mark est là je pourrais peut-être venir lui apporter mon soutien moral. J'aimerais cependant éviter Hayden qui est de retour aux pays après son voyage d'affaire en France. Mon regard se repose distraitement sur la carte tandis que j'essaye d'organiser mentalement mon emploi du temps de la semaine prochaine pour pouvoir libérer un créneau, histoire de vraiment jouer mon rôle d'ami auprès de Mark et de revoir Garance. Mark jette un coup d'oeil à sa carte avant de continuer sur un ton qui me laisse présager le pire. « Scott, mon but est absolument pas de te faire craquer donc j'accepte entièrement qu'on change de sujet, mais si tu veux parler à quelqu'un qui ne te juge vraiment pas tu sais que je suis là. » Je sens mon corps se tendre. J'aurais dû me douter que le sujet ne partirai pas aussi facilement. Mark va réussir à me faire craquer, c'est un des seuls qui le peut. Je tire distraitement sur ma clope, mon autre main reposant le menu avant de venir pincer l'arrête de mon nez en un geste de fatigue dont j'ai à peine conscience. « Je sais, Mark, je sais que je peux tout te raconter. » Ma voix ne m'a jamais paru aussi lasse et désespérée « Mais je ne sais pas quoi te dire. Il n'y a rien à dire. Hayden en avait marre et elle avait sans doute bien raison » Je crache presque les derniers mots, avant de reprendre contenance, respirant profondément par le nez. « Elle n'a pas fait Columbia pour rien, elle a été suffisamment intelligence pour attendre que je me sois bien enfoncé tout seul avant d'agir. » Je me rassois au fond de mon siège, allumant de manière compulsive une nouvelle clope. La bataille d'avocat a été dure, comme le sont ce genre d'affaires en particulier aux Etats-Unis. J'ai longuement hésité à faire appel de la dernière décision de justice, qui donne à Hayden la garde presque exclusive des enfants et qui la laisse choisir les jours où je peux les voir. Mais à tort ou à raison, j'ai préféré abandonner le combat. J'avais d'autres préoccupations à ce moment-là, comme ma soeur plongée en dépression par exemple et je ne comptais pas du tout m'installer en Angleterre alors même qu'Hayden était déjà repartie. Sans chercher à me justifier, j'avoue simplement, baissant mes dernières défenses. « Je regrette parfois de ne pas m'être assez battu pour eux. » Je m'arrête quand le serveur vient prendre nos commandes.



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