« Where are you and I'm so sorry... I miss you » ┃Ionaïs [FIN]

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MessageSujet: « Where are you and I'm so sorry... I miss you » ┃Ionaïs [FIN]   Mer 14 Mar - 23:55


La porte de l'appartement s'ouvrit dans un bruit sourd. Thaïs entra dans son habitat et constata encore le vide qui y régnait. Depuis une semaine déjà cet endroit ne lui paraissait plus convivial comme auparavant. C'était avec automatisme qu'elle se traîna jusqu'au salon puis posa son sac au sol avant de s'affaler complètement sur le divan. Son regard se hasarda sur le lieu puis elle soupira doucement. Elle lui manquait. Depuis leur dispute, Iona l'évitait indéniablement. Elle ne répondait même plus à ses coups de téléphones, ni à ses nombreux textos. En même temps, après ce que Thaïs avait fait, c'était tout à fait compréhensible. Pourtant, elle pensait pouvoir l'appréhender tout de même, pouvoir lui parler et s'expliquer. Mais comment lui dire que sa réaction avait été dû à une crise alors que Thaïs elle-même ne voulait pas croire qu'elle était malade ? C'était une situation très difficile pour elle, mais elle ne pouvait nier le sentiment de tristesse qu'elle éprouvait depuis une semaine sans la présence de Iona à ses côtés. Un coup d'oeil à son téléphone pour remarquer que Iona ne lui avait pas répondu puis elle se leva du canapé. Il était bientôt dix heures du soir et elle n'était pas encore arrivée à la maison... Thaïs se décida d'aller prendre une douche pour enfiler un habit plus adéquat, préparant alors à se coucher encore toute seule.

Quelques minutes avaient suffit à la jeune femme pour se changer. Elle sortit de la salle de bain, frottant sa chevelure ébène mouillée contre sa serviette. Lorsqu'elle entendit un bruit vers la chambre de Iona. Elle releva la tête dans la direction de sa chambre et aperçut de la lumière. Iona était rentrée... Comme un automatisme, sans vraiment réfléchir, elle se dirigea vers sa porte tout en passant sa petite serviette autour de sa nuque. Se positionnant devant l'antre de Iona, elle hésita un instant. Est-ce qu'elle devait vraiment frapper ou... Non, le doute devait être balayé. Elle avait tellement espéré lui parler depuis une semaine qu'elle n'avait pas le droit de reculer maintenant qu'elle avait la chance enfin de la recroiser. Sa main droite se leva et elle toqua doucement à sa porte. L'attente lui parut longue et elle essayait tant bien que mal de rester calme face à cet obstacle devant elle, pourtant elle ressentait tout de même beaucoup de nervosité. « Je suis fatiguée Thaïs. Je n'ai pas envie de parler » Les yeux verts ancrés sur sa porte, elle resta statique. Elle pouvait ressentir la froideur de Iona bien qu'elle ne l'ait pas en face d'elle. Le ton de sa voix était assez explicite. Son autre main vint se serrer contre sa poitrine au niveau de son cœur qui se déchira à nouveau. Baissant le regard, elle ne put tout de même se résoudre à partir. Elle était juste... elle était juste mal sans Iona. ❝ Je suis désolée... ❞ Elle restait un moment devant la porte, ne sachant plus réellement ce qu'elle devait faire. Plusieurs scènes se faufilaient dans sa tête. Et si Iona n'allait jamais plus lui adresser la parole ? Cette pensée là lui glaçait le sang. Comment pouvait-elle continuer à vivre normalement sans Iona ? Oui, Thaïs était du genre à s'imaginer les pires scénarios qu'elle pouvait vivre et celui-ci était de loin la plus cauchemardesque. La perdre serait alors un vrai coup dur pour elle. « Tu sais qu'il va m'en falloir bien plus que ça, n'est-ce pas? » Thaïs releva sa tête en direction de Iona. Une lueur d'espoir venait d'apparaître devant elle et cela lui réchauffa le cœur. « Il va falloir que tu m'expliques Thaïs, parce qu'honnêtement je ne comprends pas. Ce comportement, cette méchanceté gratuite, c'est tellement pas toi. Alors, pourquoi ? » C'était la bonne question à poser. Cependant, comment pouvait-elle lui expliquer alors qu'elle-même ignorait complètement la nature de son comportement ? Se leurrant totalement sur l'attitude qu'elle avait eu, car au fond, elle savait pertinemment pourquoi elle avait agit d'une façon monstrueuse ce soir là. Ce qui revenait à la difficulté de lui donner une raison valable de sa conduite auprès de son amie Lula. ❝ Je... ❞ commença-t-elle après s'être assise sur le lit en face de Iona. ❝ ... sais que je n'ai pas été d'une grande sympathie ce soir là... Je ne comprends pas moi non plus ce qui m'est passé par la tête en traitant ainsi Lula... Je sais que je suis impardonnable... Je... ❞ Elle s'arrêta un instant, tout en crispant ses mains qui étaient posées sur ses genoux, les yeux baissés sur la couverture du lit. Comment pouvait-elle s'en sortir ? Elle ne pouvait pas dire qu'elle avait eu une crise parce que pour elle, elle n'était plus malade. Alors comment trouver les mots pour que Iona ne puisse plus la détester ? ❝ Je ne me conduirai plus de la sorte... je te le promets... mais ne m'en veux plus je t'en supplie... ❞ Enfin elle osa relever le regard vers elle, tout en renvoyant de la tristesse sur ses yeux. Elle savait qu'elle demandait peut-être un peu trop, mais elle ne pouvait pas se passer de Iona. ❝ Tu me manques tellement... et je m'en veux de m'être comportée comme une garce de première alors que je ne suis pas comme ça... crois moi... ❞ dit-elle en posant une main sur la sienne.

« Je sais tout ça, Thaïs. Je te connais, du moins je croyais te connaître et, c'est pour ça que ta façon de te comporter m'a autant mise en colère. Lula est mon amie. Elle est drôle, gentille, intéressante et, si tu lui avais laissé ne serait-ce que le bénéfice du doute, je suis certaine que tu l'aurais adorée toi aussi. »
Oui peut-être... Cependant, rien qu'à l'entente du prénom de Lula, Thaïs ressentit une certaine colère la prendre au tripe. Elle était du genre jalouse comme fille et cela faisait parti de son caractère assez bien trempé. Une jalousie qui pouvait ruiner une relation, elle avait déjà vécu cela avec Lia il y avait des années de cela. « Quant à ce que tu as fait dans la boîte, je veux bien te pardonner Thaïs, je ne demande que ça. Maintenant, tu dois me promettre que cela ne se reproduira plus et, plus encore tu dois me dire pourquoi tu as fait ça. Et je t'en prie ne mets pas ça sur le compte de l'alcool, parce que je ne te croirai pas. Tu sais bien que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ? Je veux dire, si quelque chose n'allait pas dans ta vie, tu m'en ferais part ? Je suis à même de tout entendre, tu sais. Enfin je crois... » Thaïs garda tout de même sa main sur la sienne, ne voulant absolument pas la lâcher. Elle avait écouté attentivement Iona et elle avait compris ce qu'elle lui demandait de faire. C'était normal qu'elle veuille une explication sur son comportement mais Thaïs n'avait pas d'excuse. Enfin, la seule excuse qu'elle pouvait lui dire c'était qu'elle avait fait une crise à cause de sa maladie borderline mais ça, elle ne pouvait pas lui dire comme elle était convaincue qu'elle n'était plus malade. Bref, cercle vicieux. ❝ Iona, je ne sais pas pourquoi j'ai réagi ainsi... ❞ Commença-t-elle doucement, ❝ Je suis jalouse de nature et c'est un trait de caractère que j'ai du mal à gérer lorsque je tiens réellement à quelqu'un... ❞ D'un coup Thaïs se sentit quelque peu... comment dire... gênée ? Oui c'était en quelque sorte ce genre de sentiment qu'elle éprouvait. Elle lui avait fait une petite confidence sans vraiment chercher à le vouloir. Elle savait que Iona comptait énormément pour elle mais elle ne l'avait jamais dit haut et fort.

Elle leva le regard un instant vers elle voyant nettement l'air surpris de Iona en entendant ses mots. « Jalouse? » c'était sûr qu'elle n'allait pas comprendre, d'ailleurs Thaïs n'arrivait pas non plus à mettre un raisonnement clair sur ses propos. Pourquoi elle se sentirait jalouse des autres personnes qui approchaient sa belle colocataire ? Elle était pourtant amoureuse de Kael, non ? « Mais de quoi Thaïs? Explique-moi s'il te plaît. Parce qu'honnêtement, je ne comprends pas un traître mot de ce que tu es en train de me dire. Enfin si je comprends, mais ça n'a pour moi, aucun sens. J'entends par là que tu ne peux pas être jalouse de l'une de mes amies! Enfin, ce n'est pas comme si nous nous fréquentions toi et moi. Ce n'est pas comme si nous étions engagées dans une relation. On peut avoir plusieurs amis et d'ailleurs, Dieu Merci » Thaïs l'écoutait déblatérer, buvant ses paroles mais elle était surtout obnubilée par la façon dont Iona parlait. Comme si cette dernière l'hypnotisait complètement. ❝ ... ❞ elle se devait de lui dire quelque chose dans ces conditions là ? Elle se devait de lui expliquer clairement sa façon de penser n'est-ce pas ? Alors pourquoi au lieu de parler, son visage s'était avancé vers Iona ? Silencieuse. Puis ses lèvres touchèrent les siennes doucement tandis que sa serviette autours de son cou tomba lentement sur la couverture.

Enfin. Enfin, elle avait pu toucher ces lèvres qu'elle avait tant rêvé. C'était un sentiment étrange d'avoir atteint ce but même si ce n'était pas du tout ce qu'elle avait prévu de faire. Bien sûr, elle s'était imaginée embrasser un jour ou l'autre la belle Iona, mais cela restait imaginatif, rien de plus. Jamais elle n'aurait pensé ne serait-ce qu'une seconde qu'elle puisse faire ce geste là. Pourtant, elle l'avait fait sans vraiment le vouloir d'abord. Mais au fond d'elle-même cette envie ne l'avait jamais quitté. Sentant que Iona ne reculait pas face à cette avance, Thaïs fit durer encore quelques instant ce moment d'intimité jusqu'à ce qu'enfin Iona s'éloigna d'elle, assez vivement. « Je peux savoir ce qui te prend ? Je... on en a déjà parlé Thaïs, tu sais pertinemment que je ne suis pas ce genre de fille. Je veux dire... Ne recommences plus jamais ça! » Thaïs la regardait sans rien dire, redescendant de son nuage avec un sentiment d'incompréhension. Pourquoi l'avait-elle embrassé alors que Kael était son petit-ami ? Et pourquoi lorsqu'elle pensait à Kael, l'image de Iona balayait complètement la certitude de ses sentiments obsessionnels vis à vis du jeune homme ? À rien y comprendre. Lorsque Iona s'en alla de la chambre, Thaïs resta légèrement abasourdie quelques secondes puis se décida à la rejoindre, la regardant prendre la bouteille de vodka en main, se servant un verre puis le buvant cul sec. Elle hésitait un instant à reprendre la parole. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui dire maintenant ? Des excuses encore ? Sachant que ses excuses ne semblaient pas avoir d'impact sur sa colocataire même si elles étaient sincères. ❝ Je ne le referai plus. ❞ dit-elle tout simplement, restant derrière elle, l'observant se saouler peu à peu. Elle se rapprocha d'elle, s'appuyant contre le plan de travail. ❝ Écoutes, je suis désolée de t'avoir choqué avec ce baiser mais tu ne devrais pas boire... Je ne le referai plus, je te le promets. On a qu'à oublier ce qui vient de se passer... ❞ Elle pensait que leur relation allait s'améliorer après ça, mais bien sûr ces espoirs étaient vaines puisque les mots qu'elle sortait semblaient aggraver d'avantage la situation. Elle vit Iona lui faire volte-face « Oublier?! Je ne crois pas que nous puissions oublier ce qui vient de se passer Thaïs. Écoutes, je veux bien faire des efforts et essayer de te comprendre, mais j'arrive plus à te suivre. D'abord, tu me fais une crise de jalousie et maintenant ça? A quoi ça rime? » Elle sursauta légèrement lorsque la belle posa son verre violemment sur la table. Thaïs commençait à perdre pied. Iona lui posait trop de question dont elle n'avait pas la réponse. Elle ne comprenait pas pourquoi elle agissait ainsi. Elle ne pouvait pas non plus lui dire qu'elle avait un problème, qu'elle était malade et que ses agissements n'avaient aucuns sens parfois vu qu'elle se leurrait sur ses propres problèmes. D'ailleurs elle ne pouvait pas lui dire non plus ce qu'elle ressentait réellement pour elle puisqu'elle même ne se rendait toujours pas compte qu'elle avait des sentiments pour Iona. Bref, compliquée ce bout de femme. Fuyant son regard, elle ne savait plus quoi lui dire ayant l'impression de la perdre de plus en plus. ❝ Je n'en sais rien ! ❞ sorti-t-elle soudainement. ❝ Qu'est-ce que tu veux que je te dise hein ? Je n'ai pas de réponse, je ne sais pas pourquoi je suis comme ça avec toi ! Je suis juste désolée de te mettre dans cet état là et ça me bouffe de te faire du mal alors que jamais je n'ai voulu te heurter ! Je veux arranger les choses parce que ça me tue d'être dans cette situation avec toi mais je n'y arrive pas !! Je fais tout de travers et je... ❞ elle se pinça les lèvres, retenant son chagrin tant qu'elle pouvait à l'intérieur ❝ C'est moi le problème, je le conçois... mais tu me manques tellement tu sais... ❞ elle releva enfin le regard vers elle ❝ Je ferai tout ce que tu veux pour qu'on puisse de nouveau être comme avant... je t'en prie, ❞ hésitante, elle laissa toute de même sa main se poser doucement sur l'une des siennes ❝ dis moi ce qu'il faut que je fasse pour qu'on soit comme avant... ❞ Pourtant Iona l'enleva, se retirant d'elle pour rejoindre le sofa du salon. Comme un petit toutou, Thaïs la suivit en silence. Elle ne savait pas ce qu'elle allait lui dire et d'ailleurs elle appréhendait les paroles de Iona... Tu parles d'une retrouvailles. Elle pensait que tout allait s'arranger entre elles, qu'elles ne pouvaient pas rester plus d'une semaine sans l'une et l'autre. Et pourtant, cela semblait encore plus compliquée d'être ensemble dorénavant... « Moi aussi j’aimerai que les choses reviennent à la normale Thaïs et je vois bien que la situation te contrarie toi aussi, mais… on peut plus continuer comme ça. Je suis désolée. Je suis désolée parce que je vais me sentir obligée de faire des soirées dans ton dos de peur que tu n’agresses mes amis. Je suis désolée parce que chaque fois que tu vas me frôler, je vais m’écarter de peur que tu essaies de m’embrasser à nouveau. Je suis désolée et triste parce que je ne te reconnais plus Thaïs. Je suis désolée parce que je me rends compte que je n’aime pas la fille que tu es devenue. Elle m‘insupporte autant qu’elle me fait peur et je crois qu’il serait préférable, peut-être même vital que l’on prenne… » Plus elle écoutait ce que disait Iona, plus elle sentait le poids de la tristesse l'accaparer de plus en plus ainsi que la nette impression qu'un couteau fit pression sur son coeur petit à petit. « Ce serait mieux que l’on prenne nos distances toi et moi. Dès demain, je vais retourner à l’hôtel. Ça vaut mieux, crois-moi » Ce fut le coup fatal qui l'acheva. Elle sentit les larmes couler sur ses joues et pourtant elle restait silencieuse et immobile. Elle ne savait pas quoi dire d'autre, d'ailleurs quoi ajouter à ça ? Elle allait partir loin d'elle et cette fois-ci, ça semblait être pour longtemps... Elle resta stoïque face à cette annonce alors que Iona se leva du sofa pour s'éloigner d'elle.


FIN


Dernière édition par Thaïs Cross le Ven 7 Sep - 0:49, édité 22 fois
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MessageSujet: Re: « Where are you and I'm so sorry... I miss you » ┃Ionaïs [FIN]   Dim 18 Mar - 0:35


J'avais passé la journée dehors, plus par nécessité que par envie à dire vrai. Cela faisait des jours, des semaines, allez soyons fous des mois même, que je recherchai un emploi. Depuis cette sombre histoire qui m'avait poussé à démissionner, plus rien ne m'occupait. Bien sûr, je n'avais rien dit à mes proches trop honteuse de la situation, ce pourquoi je feignais chaque matin aller au boulot. D'ailleurs, le fait que j'ai quelques économies personnelles, m'était d'un grand secours dans toute cette affaire. Si on ajoutait à cela le fait que j'avais arpenté la quasi-totalité des journaux et magazines de la région et qu'à chaque fois on m'avait fermé la porte au nez, il y avait de quoi être démoralisée. D'autant plus que j'avais des années d'expérience professionnelle à mon actif et, un curriculum vitae des plus complets. De plus, je m'étais violemment disputée avec Thaïs et, depuis je l'évitais. N'acceptant toujours pas la manière dont elle avait pu se comporter, il m'arrivait même de découcher. Préférant de loin la compagnie d'une connaissance ou d'une chambre d'hôtel vide à la sienne. Pourtant, nos longues discussions et nos fous rires me manquaient. Mon appartement, ma chambre et mon lit me manquaient terriblement eux-aussi, ce pourquoi j'avais décidé de rentrer dormir. Toutefois, j'avais pris soin de dîner dehors, espérant qu'elle serait couchée lorsque je rentrerai. Malheureusement pour moi, ce n'était pas le cas. Les lumières de l'appartement étaient encore allumées et, c'est en rejoignant ma chambre que j'entendis la douche couler. Si je m'enfermais et que je restais silencieuse, peut-être bien qu'elle ne remarquerait pas que j'étais là, avais-je bêtement pensé. C'était sans compter sur sa ténacité, puisque près d'un quart d'heure/vingt minutes plus tard, elle venait frapper. « Je suis fatiguée Thaïs. Je n'ai pas envie de parler » avais-je alors pesté, d'un air lassé. « Je suis désolée... » finit-elle par bredouiller. Je ne répondis rien sur le coup, parce qu'effectivement je n'avais pas envie d'en parler. Mais surtout, parce qu'elle allait devoir faire bien plus que cela si elle tenait vraiment à se faire pardonner. Il allait falloir qu'elle s'explique, c'est vrai. Mais en l'écoutant s'excuser, j'avais aussi perçue une certaine tristesse dans sa voix et, bizarrement cela m'avait apaisé. Je n'étais pas d'un naturel méchant et, quoi qu'il ait bien pu se passer ce soir-là, ça me faisait de la peine de la voir dans cet état. Aussi décidais-je de baisser -provisoirement - les armes. « Tu sais qu'il va m'en falloir bien plus que ça, n'est-ce pas? » répondis-je contre toute attente, en lui ouvrant la porte. « Il va falloir que tu m'expliques Thaïs, parce qu'honnêtement je ne comprends pas. Ce comportement, cette méchanceté gratuite, c'est tellement pas toi. Alors, pourquoi ? ». Mêlant le geste à la parole, je regagnais mon lit, l'invitant à s'asseoir à côté de moi. C'est alors qu'elle commença à se confondre en excuses. Bien que toujours en colère, je décidais de l'écouter jusqu'au bout. Après tout, j'avais voulu qu'elle s'explique, alors. « Je sais que je n'ai pas été d'une grande sympathie ce soir là... Je ne comprends pas moi non plus ce qui m'est passé par la tête en traitant ainsi Lula... Je sais que je suis impardonnable... Je... » Tandis qu'elle énonçait ces mots, elle entreprit de se tortiller les mains. De toute évidence, elle était nerveuse. Si nerveuse, si triste même, que je m'en voulais presque. « Je ne me conduirai plus de la sorte... je te le promets... mais ne m'en veux plus je t'en supplie.. ». Puis elle leva les yeux vers moi. Ne quittant pas son regard, je la laissais terminer. Dubitative, toutefois. « Tu me manques tellement... et je m'en veux de m'être comportée comme une garce de première alors que je ne suis pas comme ça... crois moi... » conclut-elle en posant sa main sur la mienne. Surprise par son geste, je me laissais alors gagner par un léger soubresaut. Laissant passer quelques secondes, pour bien réfléchir à la portée que pourrait avoir mes mots, je finissais par déclarer, plus calme que jamais « Je sais tout ça, Thaïs. Je te connais, du moins je croyais te connaître et, c'est pour ça que ta façon de te comporter m'a autant mise en colère. Lula est mon amie. Elle est drôle, gentille, intéressante et, si tu lui avais laissé ne serait-ce que le bénéfice du doute, je suis certaine que tu l'aurais adorée toi aussi. Quant à ce que tu as fait dans la boîte, je veux bien te pardonner Thaïs, je ne demande que ça. Maintenant, tu dois me promettre que cela ne se reproduira plus et, plus encore tu dois me dire pourquoi tu as fait ça. Et je t'en prie ne mets pas ça sur le compte de l'alcool, parce que je ne te croirai pas. Tu sais bien que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ? Je veux dire, si quelque chose n'allait pas dans ta vie, tu m'en ferais part ? Je suis à même de tout entendre, tu sais. Enfin je crois... » La vérité est que j'avais décidé de me montrer plus clémente, plus douce avec elle. D'abord, parce que j'en avais assez de lui faire la guerre. Ensuite, parce que nos crises de fou rires et nos discussions passionnées me manquaient. Enfin, parce qu'elle était mon amie et qu'il fallait que je la mette en confiance si je voulais réellement comprendre ce qui avait bien pu lui passer par la tête. « Iona, je ne sais pas pourquoi j'ai réagi ainsi » commença-t-elle par énoncer, peu sûre de ce qu'elle allait bien pouvoir me dire. De toute évidence, son comportement détestable lui échappait à elle aussi. Toutefois, tourner autour du pot ne changerait rien à la situation. « Je suis jalouse de nature et c'est un trait de caractère que j'ai du mal à gérer lorsque je tiens réellement à quelqu'un... » Jalouse ? Pouvait-on être jaloux, même lorsque cela ne s'agissait que d'amitié ? Je n'en avais pas la moindre idée, ou tout de moins cette façon de voir les choses m'échappait. Pour la simple et bonne raison que la jalousie n'était pas un sentiment qui m'était familier. Plus encore, parce que notre relation n'avait jamais dépassé le stade de l'amitié. Bien sûr, elle avait de maintes fois essayé de me séduire, mais j'avais pensé jusqu'alors que cela n'était qu'un jeu, une plaisanterie de laquelle elle s'amusait. D'ailleurs je m'en amusais moi aussi. « Jalouse? » finissais-je par répéter, quelques peu hébétée. « Mais de quoi Thaïs? Explique-moi s'il te plaît. Parce qu'honnêtement, je ne comprends pas un traître mot de ce que tu es en train de me dire. Enfin si je comprends, mais ça n'a pour moi, aucun sens. J'entends par là que tu ne peux pas être jalouse de l'une de mes amies! Enfin, ce n'est pas comme si nous nous fréquentions toi et moi. Ce n'est pas comme si nous étions engagées dans une relation. On peut avoir plusieurs amis et d'ailleurs, Dieu Merci ». Elle m'écouta attentivement, mais ne trouva rien à répondre. « ... ». A défaut de me dire quoi que ce soit, elle se rapprocha de plus en plus de moi, toujours silencieuse. Et c'est alors qu'elle m'embrassa. Surprise par son geste, je ne réagis d'abord pas, faisant durer notre baiser presque malgré moi. Au bout de quelques secondes, je retrouvais pourtant mes esprits et détournais la tête, tiraillée entre l'envie de la gifler ou bien celle de prendre la fuite. Je n'en fis pourtant rien, subitement gagnée par un rire nerveux. Puis, passant mes mains sur mon visage, je bafouillais, consternée. « Je peux savoir ce qui te prend ? Je... on en a déjà parlé Thaïs, tu sais pertinemment que je ne suis pas ce genre de fille. Je veux dire... Ne recommences plus jamais ça! » ordonnai-je en m'éloignant d'elle. Il est vrai que ce n'était pas dans mes plans de me mettre en colère, mais elle m'avait mise extrêmement mal à l'aise. Raison pour laquelle je rejoignais la cuisine pour me servir un verre d'eau. « Il va me falloir plus que ça... » soupirai-je en sortant une bouteille de vodka du placard. Non, mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? Elle était devenue complètement folle ou quoi ?! Tandis que je portais le breuvage à mes lèvres, je l'entendis arriver dans la cuisine. « Je ne le referai plus » souffla-t-elle en m'observant m'enfiler mon verre d'une traite. S'approchant doucement de moi, elle ajouta alors, une main appuyée sur le plan de travail « Écoutes, je suis désolée de t'avoir choqué avec ce baiser mais tu ne devrais pas boire... Je ne le referai plus, je te le promets. On a qu'à oublier ce qui vient de se passer... ». Oublier ce qui venait de se passer? OUBLIER?! Plus facile à dire qu'à faire. Je n'étais pas du genre à me formaliser de ses plans dragues gentillets ou du fait qu'elle se montre plus ou moins tactile avec moi, parce que je savais pertinemment que ça n'irait jamais plus loin que ça. Tout du moins je le croyais, jusqu'à ce soir. Et le fait que Thaïs soit bisexuelle ne m'avait jamais posé aucun problème, mais cette fois elle avait dépassé les bornes et, je ne pouvais clairement pas laisser passer ça. « Oublier?! » je répétai en lui faisant volte face. « Je ne crois pas que nous puissions oublier ce qui vient de se passer Thaïs. Écoutes, » je dis en soupirant. « Je veux bien faire des efforts et essayer de te comprendre, mais j'arrive plus à te suivre. D'abord, tu me fais une crise de jalousie et maintenant ça? A quoi ça rime? » je conclus en reposant mon verre de manière brutale.

« Je n’en sais rien ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise hein ? Je n'ai pas de réponse, je ne sais pas pourquoi je suis comme ça avec toi ! Je suis juste désolée de te mettre dans cet état là et ça me bouffe de te faire du mal alors que jamais je n'ai voulu te heurter ! Je veux arranger les choses parce que ça me tue d'être dans cette situation avec toi mais je n'y arrive pas !! Je fais tout de travers et je... ». Elle marqua une courte pause avant de relever les yeux vers moi. Elle avait l’air affreusement triste et je détestai ça. Maintenant, je n’avais pas le choix. Je connaissais suffisamment bien Thaïs pour savoir qu’elle continuerait à prendre les choses avec légèreté si je ne me fâchais pas, mais la situation avait été trop loin pour que je me contente de passer l’éponge. « Je ferai tout ce que tu veux pour qu'on puisse de nouveau être comme avant... je t'en prie ». Elle posa alors sa main sur la mienne. « Dis moi ce qu'il faut que je fasse pour qu'on soit comme avant... ». Tout en retirant ma main, je fis un pas en arrière avant de rejoindre le salon et de m’asseoir dans le sofa. De là, je passais mes mains sur mon visage, fatiguée de tout ça. Thaïs m’avait rejoint en silence et elle s’assit près de moi, toujours en attente d’une réponse qui malheureusement ne venait pas. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas. « Moi aussi j’aimerai que les choses reviennent à la normale Thaïs et je vois bien que la situation te contrarie toi aussi, mais… on peut plus continuer comme ça. Je suis désolée. Je suis désolée parce que je vais me sentir obligée de faire des soirées dans ton dos de peur que tu n’agresses mes amis. Je suis désolée parce que chaque fois que tu vas me frôler, je vais m’écarter de peur que tu essaies de m’embrasser à nouveau. Je suis désolée et triste parce que je ne te reconnais plus Thaïs. Je suis désolée parce que je me rends compte que je n’aime pas la fille que tu es devenue. Elle m‘insupporte autant qu’elle me fait peur et je crois qu’il serait préférable, peut-être même vital que l’on prenne… » Bon sang, jamais je n’aurai pensé que cela serait si dure de prendre cette décision ou de lui dire tout ça. Ma parole c’était bien pire qu’une rupture! « Ce serait mieux que l’on prenne nos distances toi et moi. Dès demain, je vais retourner à l’hôtel. Ça vaut mieux, crois-moi ». C'est ainsi que je me levai du sofa, rassemblait mes affaires et quittant l'appartement, laissant une Thaïs abasourdie par la nouvelle de mon départ.


FIN
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