party, drugs, memories ♦ LUCY

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MessageSujet: party, drugs, memories ♦ LUCY   Dim 11 Mar - 17:19

Carling. Il est 23h passées, je rôde devant, une cigarette non allumée glissée au bord des lèvres. J’hésite à entrer. Je suis fatigué, ramassé, tué, et la partie de poker de cette nuit n’a rien arrangé du tout. J’ai l’impression de rentrer d’une course à pieds géante qui a duré des jours et qui ne prend fin qu’aujourd’hui. Il faut que j’entre, j’ai au moins deux clients à l’intérieur. Mais je n’aime pas venir ici. Ce bar grouille d’étudiants et de gens normaux que je n’ai absolument pas envie de fréquenter au-delà du strict nécessaire, c'est-à-dire quelques secondes sur un banc pendant un échange subtil. Je glisse ma cigarette derrière mon oreille et lisse ma veste de costume – parce que je ne sors clairement jamais sans une veste de costume, peu importe mon état de fatigue. Je finis par entrer, et le bar est plein, exactement comme à son habitude. Des tonnes de gens viennent inlassablement ici tous les jours, s’assoient à la même table, consomment le même verre, s’échappent sur les coups de minuit, une heure du matin histoire d’être capable d’aller en cours le lendemain et recommencent éternellement leur cycle, comme si troubler une habitude était réellement paralysant.
Je soupire, m’installe au bar, commande un verre. Glisse un petit sachet blanc en dessous du billet que je tends pour payer. Clive, au bar, m’adresse un sourire entendu. Il ne paye pas, pas pour l’instant, c’est un accord tacite entre nous. C’est lui qui m’envoie de nouveaux clients sérieux, je lui dois beaucoup. Je soupire, siffle mon shot d’une seule trace, tandis que lui m’apporte un cocktail – comme les habitudes ne se perdent pas, toujours un fort d’abord. Je m’empare de mon verre et fais pivoter la chaise, m’interrompt dans mon geste. La stupeur me frappe en pleine tête, soudainement. J’écarquille les yeux, les ferme pour les rouvrir. Ca alors. « Clive, tu sais qui c’est, la fille qui chante ? » Il se rapproche et hoche la tête, en essuyant un verre. « Lucy Thompson. On est envahis de français ces temps-ci, elle chante souvent ici. Comme l’autre là, Leroy-Duchesne ». J’hausse un sourcil, j’en ai rien à foutre de l’autre, la coïncidence présente est trop belle pour ne pas être observée. J’acquiesce pour qu’il puisse retourner vaquer à ses occupations et attends que Lucy termine sa chanson. Ca alors, vraiment. Je m’arme d’un sourire en coin, non sans me rappeler que la dernière fois qu’on s’est vu n’était pas une entrevue particulièrement agréable. Je me glisse à côté d’elle, à la table qu’elle vient de rejoindre et lance d’une voix charmeuse, pianotant sur la table. « Ca alors. Je t’offre un verre ? » J’attends qu’elle se tourne vers moi et qu’elle réalise, lui assène un clin d’œil. « Comme la première fois. » Je ris légèrement et hausse un sourcil expectatif. « Comme la quoi ? Oh putain. » Elle se tourne vers moi et semble soudainement réaliser à qui elle s’adresse. Les différents stades de surprise par lesquels elle passe sont assez amusants à étudier et m’arrachent un rire sceptique. Elle a changé, grandi. Elle est visiblement devenu plus forte, aussi. La colère finit par effacer tout le reste cependant. « Eliott ?? Puis-je savoir ce que tu fous là ? Genre dans MA ville et dans MON Carling ? Si c’est une blague, c’est pas marrant du tout. Dégage. Tu sais faire je crois. » Je ris doucement pendant qu’elle s’éloigne pour se précipiter vers le bar. Je lui laisse quelques secondes d’avance, et puis je la rejoins, me hissant sur le tabouret à côté d’elle. « Arrête de me regarder comme ça et passe moi une teq sunrise Clive. » Le pauvre Clive dépose sa boisson devant elle et je sors un billet pour régler la note. « J’avais dit que je te payerai un verre ». Je n’arrive pas à me débarrasser de mon sourire. « Alors comme ça Oxford est devenue TA ville ? » Mon ton est léger, insolent. C’est plaisant de l’avoir de nouveau en face de moi malgré tout ce qui s’est passé, et j’aime la force de son caractère qui la pousse à être aussi téméraire et impulsive. « Je suis ici depuis un moment pourtant, Clive connait même mes habitudes d’alcoolique. » Je lui adresse un clin d’œil en même temps que l’on m’apporte un nouveau verre, hilare. « Oxford est MA ville, le Carling est MON QG, JE chante ici, JE bois ici, JE rencontre des gens ici, JE viens avec mes amis et Clive connait surtout MES habitudes d’alcoolique, il prépare MES tequilas sunrise à l’avance et ME les amène sur scène pendant que JE chante. TU es mon passé, TU as foutu la merde dans MA vie et RIEN ne te donne le droit de ressurgir comme ça dans MON Carling. » Ses paroles se terminent presque en hurlements, heureusement la musique est déjà trop forte pour que qui que ce soit nous porte une attention délibérée. Elle respire et semble cependant se ressaisir un instant. « Je te rappelle que la dernière fois qu’on s’est vus tu t’es cassé sans me dire où t’allais, le jour de mon anniversaire hein. Donc tu ferais mieux de lâcher ce sourire minable, t’as aucune raison d’être fier. » Elle se tourne vers le bar, visiblement excédée. Je soupire, ça n’est pourtant pas mon intention, mais je dois avouer que mon égo légèrement maniaco aime le fait que je sois toujours aussi troublant malgré les années qui ont passé. « Cliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive, une tequila sunrise, tu vois bien que j’ai fini celle là non ? » Je m’assois et perds donc mon sourire insolent à regret. « Oh je t’en prie, ne me dis pas que la grande Lucy Thompson vit dans le passé depuis tout ce temps ? » Je soupire, frappe un coup sec sur le bois du bar pour recommander un verre, quelque chose me dit que je vais en avoir besoin. « Tu as l’air effectivement de t’être approprié la ville, je ne vois pas en quoi je pourrais être une menace quelconque pour toutes ces… choses qui t’appartiennent ». Je lui adresse un clin d’œil amusé, descend le verre que Clive m’apporte en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je sais très bien que ma présence la trouble, sans quoi une œillade hypocrite aurait soldé cette entrevue depuis bien longtemps. Et franchement, l’idée m’amuse. « Goldsmith, mon chat, il s’agirait de grandir. Le fait est que, si je me souviens bien, la dernière fois que l’on s’est vus tu as petit un essayé de me refilé une drogue pas claire avant de petit deux me lâcher comme une merde. Donc avant de la ramener avec ton petit sourire tout fier là, tu ferais bien d’essayer de te trouver une excuse valable, ce qui va être très compliqué. Quand à toi Clive, je sais que tu écoutes, tu as intérêt à fermer ta gueule et à m’offrir une tequila vite fait bien fait avant que j’appelle les flics pour qu’ils vérifient ce que tu as comme substances illégales sur toi. » J’hausse un sourcil dubitatif, je me souvenais bien sûr de sa capacité à débiter tout un tas de paroles à la suite comme ça, de là à dire que la sensation m’est restée familière, ce serait un mensonge. Je soupire en posant mes bras sur le comptoir, avalant une nouvelle gorgée de mon verre. « Lucy, Lucy, Lucy… » Je secouant la tête avec regrets. « Si tu avais grandi comme tu me conseilles si bien de le faire, tu ne serais pas aussi obnubilée par ces réponses que tu cherches. » J’hausse une épaule, clairement insolent, terminant mon verre et le claquant contre le bar pour en avoir un autre. Le pauvre Clive en a pris pour son grade. « Je n’ai pas d’excuse valable. » Je me retourne, pour m’appuyer sur le bar de dos. « Tu étais jeune et tu ne voulais pas profiter en conséquence, moi si. » Je soupire, me mords un peu la lèvre. « Intérêts divergents ? » Je lui adresse un regard curieux, je suis presque sérieux, c’est sans doute la pire partie de l’histoire. Irrésistible, les années m’ont presque contraint à oublier à quel point cette fille pouvait être étonnante dans ses grands moments, ce qu’elle ne tarde pas à rappeler à ma mémoire défectueuse par le plus simple des chemins. « Par respect pour tes dents, je ne prendrai pas la peine de répondre. Je crois vraiment que je vais finir par mettre un poing dans cette jolie figure. Et je vise très bien, même bourrée, ce que malheureusement pour toi, mais aussi pour moi, je ne suis pas actuellement. » Elle se retourne pour me planter là, se ravise finalement. « Et non, je ne dirais pas intérêts divergents plutôt hum… Idée complètement conne. Que ce soit l’idée de m’avoir laissée t’aimer ou l’idée d’avoir essayé de me faire prendre ces machins. Ou les deux d’ailleurs, qui sait. Adieu, cette fois ci, c’est moi qui me casse ! » Je dois avouer qu’elle n’a pas totalement tord. L’idée était sans doute égoïste et irréfléchie, et l’acte légèrement déplacé. Mais j’étais jeune, et les gens jeunes font des conneries, tout le monde sait ça. Elle tourne les talons et s’évade vers la foule, je la suis du regard un instant, méditant ces paroles et bougonnant légèrement. Je commande un autre verre qui aidera l’amertume à passer et soupire avec force. La vraie connerie n’était pas de vouloir profiter de la vie, mais elle a raison sur un point : la laisser m’aimer était inconscient, se prendre au jeu de l’amour et des relations sérieuses était idiot de ma part. La vie est faite de telle façon qu’il est parfois impossible de vivre une situation normale de façon optimale, et ma relation avec Lucy était basée sur ce principe tragique qui nous dicte que parfois, malgré les circonstances, il vaut mieux fuir. Ce que j’ai fait, mais trop tard. Je claque mon verre vide sur le bar et file à mon tour vers la piste, écartant les mecs en chaleur qui l’entourent, tandis qu’elle danse, de dos, avec l’envie visiblement réelle d’oublier ce qu’il vient de se passer. Je glisse mes mains sur sa taille et l’approche de moi, souffle dans son cou, murmure. « Tout oublier, juste quelques heures. Dis moi que tu n’en as jamais eu envie, Lucy. » Mon ton est moins insolent, la proposition est on ne peut plus sérieuse.

La réaction se fait violente, immédiate. Sa main rencontre ma joue dans une claque théâtrale et vraiment douloureuse, pas seulement pour moi semblerait-il. Je reprends mes esprits et me redresse, avisant son air vraiment agacé tandis qu’elle se secoue la main pour parer à une quelconque douleur. « Aie aie aie… » Je me masse la joue en grimaçant, ce n’est sans doute qu’un juste retour des choses. « Écoute-moi bien, au cas où je n’aurais pas été assez claire. Je ne veux plus te voir. Jamais. Je suis peut être devenue une trainée, mais je décide encore des personnes avec qui je couche. Et là, maintenant tout de suite, j’ai plutôt plus envie de mon ami Médor que de toi. Fous-toi ça dans la tête et DEGAAAAAAAAAAAAAAAAAGE » J’ai à peine le temps de relever les yeux vers l’ami Médor dont elle parle, qu’elle se jette sur moi, sans doute pour une opération désespoir. Je bloque ses mains qui m’assènent des coups de poing réguliers et secoue la tête. « Du calme, Thompson, qui a parlé de trainée ? » Je tire ses poignets pour la rapprocher sensiblement de moi. Mes lèvres effleurent son cou et son oreille. « Pas moi, en tous cas, j’ai proposé de penser au bon vieux temps. Si tu étais une trainée, j’aurais tourné les talons sans rien demander de plus ». Je souris un peu et libère ses mains pour attraper sa taille, la tirant vers moi, claquant rapidement mes lèvres sur les siennes. « Ne t’énerve pas ». Je recule immédiatement de quelques pas. « C’était mon hommage aux époques révolues ». Clin d’œil, mais mon désir pour elle reste cependant semblable à celui que je ressentais à l’époque et la situation est légèrement frustrante.

Elle soupire, ne tarde bien évidemment pas à répondre. « Tu cherches la merde, j’espère que tu en as conscience. Tes hommages, garde les, les époques révolues ne sont pas dites révolues pour rien tu sais… Et puis en plus, t’es moche. » Je croise les bras, hausse un sourcil, déjà franchement amusé par son cirque. C’est sans doute la pire insulte que j’ai entendu de toute ma vie. « Je ne sais pas ce que j’ai bien pu te trouver à l’époque. » Je ricane et secoue la tête, glissant ma main sur sa joue un instant, l’enlevant presque aussitôt pour ne pas mourir assassiné tout de suite. « Quelle répartie, Thompson ». Je secoue la tête. « Tu mens toujours aussi mal en tout cas, excuse moi de te le faire remarquer ». J’inspire, me frotte un peu le menton. « C’est dommage que tu sois aussi braquée, je suis sûre que toi et moi on pourrait faire plein de belles choses, ensemble ». Je m’approche de nouveau, m’apprêtant à recevoir l’offensive. « Je sais que tu as toujours autant envie de moi. Comme toutes ces fois, en Irlande. Exactement de la même façon ». Je souris un peu, souffle et m’écarte. Mais ça ne prend pas, elle s’écarte de moi et décide visiblement de jouer les saintes nitouches pour s’éloigner à pas rapides. Je reste planté là, le Carling est plein d’étudiantes en tout genre que je peux parfaitement ramener chez moi, mais échouer à ce jeu là avec Lucy a quelque chose de hautement vexant, allez savoir pourquoi. Je croise les bras et hausse un sourcil curieux en la voyant faire soudainement demi-tour. Elle comble les quelques mètres qui nous séparent et ses mains glissent autour de mon cou. La surprise ne me laisse pas inactif, mes mains se déposent sur ses hanches tandis qu’elle scelle nos lèvres. Une étrange sensation me parcourt, indescriptible, tandis que je la rapproche de moi autant que faire se peut. Elle rompt l’instant assez rapidement, colle sa bouche contre mon oreille. « Une nuit. Une nuit et tu disparais. Juste en souvenir de l’ancienne moi qui t’a aimé. Et pour me rappeler pourquoi je ne veux plus de toi. » J’ai à peine le temps de sourire, amusé, que ses lèvres trouvent les miennes de nouveau. Je glisse ma main sous son t-shirt pour caresser sa peau, provocateur, et me laisse faire sans demander mon reste, incapable d’analyser l’envie qui ne relève pas du désir et qui vient de naitre au creux de mon ventre. « Oh, et ta gueule. Aucun commentaire. Si tu ouvres la bouche, je me casse. Clair, net, précis. Rien à ajouter. » Je ris légèrement tandis que ma main dérive dangereusement dans son dos. « Une nuit, pas de conversation. J’ai compris ». Je la tire un peu pour retrouver ses lèvres et l’entraine doucement pour la faire danser, collant mes yeux dans les siens, provocateur. Mais sa conscience lui revient soudainement, comme si elle voulait réellement me faire devenir fou. « Lol. Ce coup-ci c’est moi qui me casse. Un point partout Goldsmith. » Je ricane un peu, elle m'embrasse une dernière fois et s'éloigne dans la masse de la foule. Intelligente, Lucy a grandi bien plus que je ne l'aurais pensé. Je ricane un peu, agacé, elle me payera cher ce coup là. Je m'empare de mon téléphone pour lui envoyer un message, tape rapidement Game on sur mon boitier, et le range, attrapant une fille au vol que je colle contre moi pour danser.



Dernière édition par Eliott A. Goldsmith le Mar 22 Mai - 23:02, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: party, drugs, memories ♦ LUCY   Mar 13 Mar - 0:18

Je marche d’un pas rapide et jette ma cigarette dans le caniveau Il est 21h59, je dois chanter à 22 heures et il est absolument hors de question que je chante le ventre vide. J’entre dans le Carling, salue rapidement le vigile de l’entrée et me dirige directement vers le bar. « Hey Clive, Gemma ne travaille pas aujourd’hui ? » « Non elle a pris sa soirée pour son amoureux. » Je souris. J’adore Chandler et je shippe chanma presque autant qu’andrestan. « Ils sont mignons hein ! Je veux bien une teq sunrise s’il te plait. Et puis le signe de d’habitude si j’ai besoin de m’hydrater pendant que je chante hein ! » Je tape deux fois mon épaule gauche avec ma main droite pour lui remettre le signe en tête. Il pousse mon cocktail vers moi et acquiesce. « Oui, bien sur ! » « Merci ! » Je monte sur scène et me présente rapidement avant de commencer à chanter. Je reste dans l’anglophone aujourd’hui avec Bob Dylan, Amy Winehouse, les Beatles et Lana Del Rey pour la première fois. Au bout d’une heure et demie de concert et de cinq ou six cocktails, je m’arrête quelques secondes. « Les habitués savent ce qu’il va se passer maintenant. » Je fais un signe aux musiciens qui m’accompagnent et un grand sourire à la salle. « First I was afraid, I was petrified, kept thinking I could never live without you by my side… » Tout le monde reprend en cœur. Mon public est en gros toujours le même et il est bien habitué à mes chansons fétiches, I will survive en tête de liste. « Oh no nooot I, I will survive, oh as long as I know how to love I know I’ll stay alive cause I’ve got all my life to live, and I’ve got all my love to give, and I survive yeaaaaaaaaaaaaaah eeeeeeeeeh » Je descends de la scène sans autre commentaire superflu et me dirige vers le bar. « Ca alors. Je t’offre un verre ? » Je me retourne avec un grand sourire, prête à dire oui, comme d’habitude. « Comme la première fois. » « Comme la quoi ? Oh putain. » Je réalise d’un coup. Comment est-ce possible ? Je plisse les yeux pour en être sure, mais c’est bien lui. Je l’ai assez vu dans ma vie pour en être sure. « Eliott ?? Puis-je savoir ce que tu fous là ? Genre dans MA ville et dans MON Carling ? Si c’est une blague, c’est pas marrant du tout. Dégage. Tu sais faire je crois. » Je ne sais pas trop ce que je raconte, ma tête tourne un peu. Je me dirige vers le bar. « Arrête de me regarder comme ça et passe moi une teq sunrise Clive. » Il obtempère et je m’assois sur un tabouret en évitant soigneusement de regarder derrière moi. Un billet se pose sur le comptoir. Je me retourne. Eiott. Encore. Evidemment. « J’avais dit que je te payerai un verre. Alors comme ça Oxford est devenue TA ville ? » Son sourire m’exaspère. Je lui jette un regard noir et ne réponds pas. Comment peut-il venir me parler comme ça ? « Je suis ici depuis un moment pourtant, Clive connait même mes habitudes d’alcoolique. » Je hausse un sourcil. J’avais oublié. Je suis certainement toujours la gentille Lucy dans sa tête. Je me retourne vers lui. « Oxford est MA ville, le Carling est MON QG, JE chante ici, JE bois ici, JE rencontre des gens ici, JE viens avec mes amis et Clive connait surtout MES habitudes d’alcoolique, il prépare MES tequilas sunrise à l’avance et ME les amène sur scène pendant que JE chante. » Je hausse la voix au fur et à mesure de mes paroles sans même m’en rendre compte. « TU es mon passé, TU as foutu la merde dans MA vie et RIEN ne te donne le droit de ressurgir comme ça dans MON Carling. » Je ne sais même pas vraiment pourquoi je dis ça. Mes propos n’ont ni queue ni tête, je m’en rends bien compte. Je respire pendant quelques secondes et reprends d’un ton plus calme. « Je te rappelle que la dernière fois qu’on s’est vus tu t’es cassé sans me dire où t’allais, le jour de mon anniversaire hein. Donc tu ferais mieux de lâcher ce sourire minable, t’as aucune raison d’être fier. » Je me retourne vers le bar et hurle. « Cliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive, une tequila sunrise, tu vois bien que j’ai fini celle là non ? » « Oh je t’en prie, ne me dis pas que la grande Lucy Thompson vit dans le passé depuis tout ce temps ? » Je hausse un sourcil. Si tu savais chaton… Je refuse de lui répondre et regarde droit devant moi en buvant mon cocktail à petites gorgées. Je n’ai aucun intérêt à perdre le contrôle de moi-même maintenant, je le sais.« Tu as l’air effectivement de t’être approprié la ville, je ne vois pas en quoi je pourrais être une menace quelconque pour toutes ces… choses qui t’appartiennent ». Je compte jusqu’à neuf dans ma tête, tentant vainement de rester calme, puis me tourne une nouvelle fois vers Eliott. Je me redresse et lui lance mon regard de « je-suis-un-milliard-de-fois-plus-cool-que-toi-tu-n’es-rien-dégage-d’ici ». « Goldsmith, mon chat, il s’agirait de grandir. Le fait est que, si je me souviens bien, la dernière fois que l’on s’est vus tu as petit un essayé de me refilé une drogue pas claire avant de petit deux me lâcher comme une merde. Donc avant de la ramener avec ton petit sourire tout fier là, tu ferais bien d’essayer de te trouver une excuse valable, ce qui va être très compliqué. » Je me retourne vers le comptoir. « Quand à toi Clive, je sais que tu écoutes, tu as intérêt à fermer ta gueule et à m’offrir une tequila vite fait bien fait avant que j’appelle les flics pour qu’ils vérifient ce que tu as comme substances illégales sur toi. » Je reprends ma respiration tandis que Clive s’affaire derrière le bar. « Lucy, Lucy, Lucy… Si tu avais grandi comme tu me conseilles si bien de le faire, tu ne serais pas aussi obnubilée par ces réponses que tu cherches. Je n’ai pas d’excuse valable. Tu étais jeune et tu ne voulais pas profiter en conséquence, moi si. Intérêts divergents ? » Je vide ma tequila d’un trait et me lève. Je regrette la paire de talons que j’ai hésité à mettre plus tôt et qui m’auraient hissée à la même taille qu’Eliott. Je lui adresse mon sourire le plus hypocrite. « Par respect pour tes dents, je ne prendrai pas la peine de répondre. Je crois vraiment que je vais finir par mettre un poing dans cette jolie figure. Et je vise très bien, même bourrée, ce que malheureusement pour toi, mais aussi pour moi, je ne suis pas actuellement. » Je me dirige vers la piste de danse bondée, dans le but de me perdre dans la foule. Je me retourne au dernier moment. « Et non, je ne dirais pas intérêts divergents plutôt hum… » Je fais semblant de réfléchir. « Idée complètement conne. Que ce soit l’idée de m’avoir laissée t’aimer ou l’idée d’avoir essayé de me faire prendre ces machins. Ou les deux d’ailleurs, qui sait. Adieu, cette fois ci, c’est moi qui me casse ! » Je me faufile parmi les dizaines de personnes qui se déhanchent au son d’une musique pitoyable et cherche quelqu’un de ma connaissance. Personne. Tant pis. Je m’introduis dans un groupe à grande dominante masculine et danse avec eux. Ils sont plus moches les uns que les autres mais très gentils, braves selon le jargon. Je jette un coup d’œil autour de moi, l’éclairage est trop fable pour que je puisse savoir si Eliott m’a suivie. Je me déhanche tranquillement au rythme d’une musique d’intérêt discutable mais plutôt sympathique. J’essaie de comprendre les noms de mes nouveaux « amis ». Peine perdue. Je les renomme intérieurement. Le roux, c’est Ron. Le boutonneux, Fred. Le plus moche, Médor, parce qu’il a vraiment une tête de chien. Le moins pire, Peter, parce que c’est le seul dont je comprends le réel prénom. Je leur hurle que je m’appelle Lucy mais ils hochent la tête comme s’ils le savaient déjà. Je souris. Ma notoriété dans ce bar me fait chaque fois plus plaisir. Alors que je chante les Black Eyed Peas avec Médor (qui malgré sa laideur a une plutôt jolie voix), je sens deux mains sur ma taille. Je refuse de jeter le moindre regard derrière moi. Il y a une chance sur deux pour que ce soit Eliott et je ne prends pas ce risque. « Tout oublier, juste quelques heures. Dis moi que tu n’en as jamais eu envie, Lucy. » Je me retourne et lui mets la plus grosse gifle dont je sois capable. Je sautille sur place en soufflant sur ma main droite. « Aie aie aie… » La douleur se calme au bout de quelques secondes. « Écoute-moi bien, au cas où je n’aurais pas été assez claire. Je ne veux plus te voir. Jamais. Je suis peut être devenue une trainée, mais je décide encore des personnes avec qui je couche. Et là, maintenant tout de suite, j’ai plutôt plus envie de mon ami Médor que de toi. Fous-toi ça dans la tête et DEGAAAAAAAAAAAAAAAAAGE » Je le bourre de petits coups de poing qui ne lui font aucun mal, j’en ai bien conscience. J’essaie de me convaincre de mes paroles. Au fond, je crève d’envie d’accepter sa proposition, je le sais bien. Hors de question de l’admettre cependant. « Du calme, Thompson, qui a parlé de trainée ? » Il attrape mes mains et me tire vers lui. J’essaie de me dégager tant bien que mal, sans grand succès. « Pas moi, en tous cas, j’ai proposé de penser au bon vieux temps. Si tu étais une trainée, j’aurais tourné les talons sans rien demander de plus ». Il lâche mes mains pour m’enlacer la taille et m’embrasser rapidement avant de reculer précipitamment. Au moins il a un peu peur de reprendre une claque. Je ne réponds pas. Je prends un air supérieur et feins un ennui mortel, dissimulant ainsi plus ou moins la vitesse des battements de mon cœur. « Ne t’énerve pas C’était mon hommage aux époques révolues » Je soupire. « Tu cherches la merde, j’espère que tu en as conscience. Tes hommages, garde les, les époques révolues ne sont pas dites révolues pour rien tu sais… » Je hausse les épaules. « Et puis en plus, t’es moche. » Je laisse échapper un petit rire. « Je ne sais pas ce que j’ai bien pu te trouver à l’époque. » Ta gueule Lucy, ta gueule. Je m’auto-désespère. Les mecs aussi mignons que lui sont plutôt rares, je le sais parfaitement et je suis persuadée qu’il le sait aussi. Je ne suis pas crédible une seconde. Ma puérilité me ferait presque rire si elle n’était pas aussi débile. Je sens sa main sur mon visage mais choisis de ne pas y prêter attention. Je me contente de lui jeter un regard noir. « Quelle répartie, Thompson. Tu mens toujours aussi mal en tout cas, excuse moi de te le faire remarquer. C’est dommage que tu sois aussi braquée, je suis sûre que toi et moi on pourrait faire plein de belles choses, ensemble. » Il s’approche de moi, une fois de plus. Je ferme les yeux et respire doucement sans rien répondre. « Je sais que tu as toujours autant envie de moi. Comme toutes ces fois, en Irlande. Exactement de la même façon. » Connard. Il me connait trop bien. Je ne prends pas la peine de répondre. Je secoue la tête et m’écarte de lui. Je fais un petit signe de main et me casse vers le vestiaire où j’ai laissé mon manteau dans l’idée de partir le plus loin possible de lui. J’ai un instant d’hésitation. Mon esprit est embrumé, pas tellement par l’alcool mais plutôt par les souvenirs et l’indécision. Je tourne la tête et jette un coup d’œil à Eliott, planté à l’endroit où je l’ai laissé. Et puis merde. Je ne suis pas Lucy Juliet Thompson pour rien. Où est l’intérêt d’avoir une réputation de nympho si on ne se tape même pas les mecs dont on a envie ? Je parcours les quelques mètres qui me séparent d’Eliott en quelques secondes et l’embrasse. Je me hisse sur la pointe des pieds, ma bouche contre son oreille. « Une nuit. Une nuit et tu disparais. Juste en souvenir de l’ancienne moi qui t’a aimé. Et pour me rappeler pourquoi je ne veux plus de toi. » Je l’embrasse une nouvelle fois, plus longuement. « Oh, et ta gueule. Aucun commentaire. Si tu ouvres la bouche, je me casse. Clair, net, précis. Rien à ajouter. » Il rit et glisse une main dans mon dos. Je frissonne mais n’en laisse rien paraître. Je suis beaucoup moins sure de moi d’un seul coup. « Une nuit, pas de conversation. J’ai compris. » Il m’entraine vers la piste, se colle contre moi. Je secoue la tête. Non. Je ne peux pas. Changement de plan. Je me hisse sur la pointe des pieds vers lui, l’embrasse et approche doucement ma bouche de son oreille. Je chuchote. « Lol. Ce coup-ci c’est moi qui me casse. Un point partout Goldsmith. » Ma répartie m’impressionne et je ris un peu. Je pose une dernière fois ses lèvres sur les siennes, lui fait un signe de main et me noie dans la foule, on ne peut plus fière de moi.
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