It's the last time | JOSE

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MessageSujet: It's the last time | JOSE   Mar 6 Mar - 22:24

Ma tête. Ma tête cogne affreusement et j'ai la bouche sèche. Desséchée serait sûrement le terme le plus approprié. Par tous les saints, je me suis vraiment pris une méchante cuite moi. Très méchante. Les shoots de vodka et la tequila paf et tout le reste... Ca ne pardonne pas. Le cocktail est un peu trop explosif et mon estomac vide se creuse et se noue en une danse douloureuse. Les rayons du soleil agressent mes yeux à peine entre ouverts tandis que le fil des événements se renoue doucement dans ma cervelle endolorie. Je grimace, me souvenant brusquement de la raison pour laquelle je ne suis pas dans mon lit. Je ne porte rien d'autre que ma culotte de la veille et un T-shirt d'homme beaucoup trop grand pour moi. Le cliché du lendemain matin. Au moins, je sais avec qui, ce n'est pas comme si c'était la première fois. Nouvelle grimace. Il faut que j'arrête avec ce type vraiment, ça n'est plus possible. Mais je n'y peux rien moi, s'il se présente comme une appétissante friandise et qu'il s'obstine à se mettre entre moi et les mojitos... Je tourne doucement ma tête lourde, si lourde du poids des excès et possiblement des regrets. Mais ce dernier point reste discutable, il y a une raison pour qui fait que je finis régulièrement dans ses bras mais la pudeur et la morale m'interdisent de vous en donner le menu détail. Je cligne des paupières. Pas de fugue matinale et de walk of shame pour moi. Je m'apprête à ouvrir les yeux et à affronter son regard et à plus ou moins assumer les conséquence de mes actes. Je sens un frôlement contre mon bras, ouvre les yeux tout à fait, pour tomber nez à nez avec l'horrible chose velue qui partage la vie de Jason. Réflexe bien naturel je bondis, m'agite dans tous les sens, court me réfugier sur le bureau et pousse un hurlement déchirant qui a du être entendu au bout de la ville. « PUTAIN DE MERDE MAIS TU L'ENFERMES JAMAIS CETTE CHOSE? JAAAAAAAAAAAAAAASOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! » Il va m'entendre ce con !

Il surgit de la salle de bains, encore trempé et vêtu en tout et pour tout d'un caleçon. Il fond sur sa précieuse bestiole et la recueille avec douceur. « Elle est chez elle. Et elle a un prénom, pas vrai Figgins ? » Toujours recroquevillée sur le bureau, je lui lance un regard assassin. Je me contrefous du nom de cette affreuse chose poilue. Je m'efforce de ne pas la regarder, avec ses grandes pattes et... Je frissonne, regarde ailleurs et mon regard tombe sur le lit défait, souvenir lancinant de mes fautes passées. Je grimace, ce qui passera certainement pour une réaction à la relation - certes platonique mais pas très saine - que ce garçon entretient avec une araignée de compagnie. Une araignée. Domestique. De compagnie. Le monde va mal. Il reste planté là, avec sa petite bête entre les mains, la rassurant. J'émets un claquement de langue désapprobateur et reprend mes invectives brusques « Je m'en tape du nom de ta chérie, va mettre ça ailleurs. » Je le regarde enfin droit dans les yeux, le visage dur. « Maintenant. Ou je ne réponds plus de moi Baker. » « C'est pas comme si tu l'avais attendue pour ça, Foster. » ironise-t-il. Je le fusille du regard mais ne dit rien, refusant de faire le moindre geste tant que je ne serais pas assurée que la chose est enfermée. Il la dépose avec soin dans sa boîte et continue sur sa joyeuse lancée « D'ailleurs, les petites bêtes ne bouffent pas les grosses, on a au moins dû t'apprendre ça à l'école. Ça et les bonnes manières » Il va les voir, mes bonnes manières. Je bondis, anormalement irritée par la situation et me plante devant lui, le toisant de toute ma petitesse. J'esquisse un sourire en coin et rétorque sèchement « Au moins, je suis allée à l'école et j'y ai appris quelque chose. » J'ai bien conscience de la gratuite méchanceté de mes propos, mais encore une fois Jason a usé de son extraordinaire capacité à mettre mes nerfs en pelote. Je préfère ne pas m'interroger sur les raisons de cette irritabilité facile quand il est dans les parages et me détourne de lui, amorçant la quête de mes vêtements. Voilà qui risque d'être une épreuve sympathique.

Je soulève le drap du bout des doigts, presque inquiète d'y trouver un animal inconnu ou un slip sale ou que sais-je encore. La voix de Jason interrompt ma quête peu fructueuse « J'crois que c'est à toi. » Je me retourne et plisse le nez, avec cet air dédaigneux qui me va si bien. Je m'apprête à tendre la main pour m'en emparer, mais il n'a pas l'air décidé à me le rendre dans l'immédiat et j'attends donc de voir où il veut en venir. « Oh et, même si je trouve qu'il te va à ravir, tu seras gentille de me rendre mon tee-shirt. C'est pas comme si je pouvais me permettre de t'en faire gracieusement don. Et je doute qu'il te soit vraiment utile plus tard. Ou même maintenant. » Evidemment. Je lève les yeux au ciel et réprime un sourire taquin. Il l'aura voulu. Sans un mot, arborant une mine impassible qui ne laisse transparaître qu'une lueur de défi dans mes yeux, je m'exécute. J'enlève lentement le T-shirt, le dépose délicatement sur la chaise de bureau et m'avance à pas lents vers Jason. Je m'empare du petit bout de tissu et l'enfile tranquillement, sans le quitter des yeux. J'esquisse un bref sourire et demande finalement, sarcastique « Et je peux avoir le reste de mes vêtements maintenant ou tu comptes t'en servir comme moyen de pression? »

« Je ne voudrais surtout pas embarrasser sa majesté. » Il passe tout près de moi, effleurant ma peau par trop dénudée pour ne pas frissonner. Je maudis intérieurement les réactions bassement physiologiques de mon organisme et scanne la pièce du regard, tandis qu'il enfile son jean et poursuit « Mais compte pas sur moi pour te ramasser tes fringues. » Je n'en attendais pas moins. J'aperçois finalement ma robe, traînant de l'autre côté de la pièce. Je traverse le lit et tend le bras vers mon vêtement qui gît misérablement au sol. Je vais encore avoir droit à un regard désolé du chauffeur de taxi et si par chance je croise un de mes voisins bon chic, bon genre, je vais abonder un peu plus dans le sens de ma réputation. Tant pis, hors de question que je m'attarde ici plus que de raison. J'enfile ma robe et me débats avec la fermeture, qui a la bonne idée d'être dans mon dos. Evidemment. Je me suis préparée à cette soirée chez Lemon. J'ai donc une tenue qui nécessite l'assistance d'un tiers pour être enfilée. Je soupire, échange un regard avec Jason. Il ne proposera bien sûr pas son aide, ce serait trop facile. Je fais donc comme si de rien n'était et désigne le fermoir d'un geste nonchalant « Un coup de main? » J'ajoute rapidement, histoire de ne pas avoir droit à une remarque sur mes bonnes manières « S'il te plaît. »

Je ne bouge pas, attendant la contre offensive. J'ai le net pressentiment qu'il ne me laissera pas m'en tirer si facilement. Il s'approche néanmoins et je le sens esquisser un geste vers le fermoir, avant de se raviser brusquement. « Répète un peu ça, non parce que ça dans ta bouche, Rose, ça n'a vraiment pas de prix. J'ai presque envie de t'enregistrer, histoire de te ressortir ça plus tard » Je lève les yeux au ciel, pour la énième fois alors que je suis levée depuis moins de vingt minutes. On ne peut pas nier que ce garçon est très fort. M'agacer autant et quand même réussir à se réveiller à mes côtés - un peu trop régulièrement d'ailleurs - voilà qui tient d'un exploit certain. Sans me retourner, je claque impétueusement des doigts et pointe une nouvelle fois ma chute de reins, dans un geste autoritaire cette fois. « Allez, fais pas l'imbécile, je compte pas me faire de vieux os, alors plus vite tu m'aideras, plus vite tu pourras ranger ta porcherie et bichonner ta mégère. » Je sens qu'il s'éclate comme un gamin à me faire tourner en bourrique, mais il va tout de même pour s'exécuter, non sans y aller de son petit commentaire « Sois pas jalouse va, Figgins et moi, c'est purement platonique. » J'ai envie de dire encore heureux. Mais je me retiens, je ne voudrais surtout ps qu'il commence à m'expliquer pour sa sale bête est une créature adorable et pleine de qualités. Mais il ne manque pas de m'en citer une néanmoins. « Enfin, elle a au moins un truc que tu n'as pas, elle sait la boucler quand il faut. » D'un coup sec, ma robe est fermée. « Quelle bonne fille. » fais-je remarquer non sans ironie. Je me retourne face à lui, qui bloque ma route. Je n'ai pas envie d'aller crapahuter sur le lit pour atteindre mes chaussures et encore moins d'être aimable. Je l'invective donc avec rudesse « Allez, bouge de là. » Il soupire, ne bouge bien sûr pas d'un cil « Ou sinon quoi ? Non parce que franchement, c'est d'un impressionnant, je te jure, tu es effrayante. Tu pourrais aussi être aimable ou au moins polie, ça te coûtera pas plus cher. » Sérieusement? Entre tous les Hommes, il me faisait la leçon sur mes manières? Lui? Vraiment? Je ricane, prenant l'air le plus hautain, le plus agaçant que je puisse arborer. Je sais qu'il adore quand je joue ma snob britannique. « Tiens donc, tu es en mesure de m'inculquer les bonnes manières maintenant? T'as pris des cours du soir dans le domaine et tu te prends pour la Reine? Trêves de plaisanteries mon garçon, fais montre de ton extraaaordinaire galanterie et laisse moi passer. » Je lui assène un sourire étincelant d'hypocrisie et pose une main sur ma hanche, adoptant une posture résolument provocatrice et dédaigneuse.

Comme je m'en suis doutée, la réaction est immédiate et très appropriée. Soit Baker est ennuyeusement prévisible soit je le connais trop bien. Et cette deuxième option est un brin effrayante. Il s'approche donc, plonge ses yeux dans les miens. Je croise les bras sur ma poitrine, soutenant sans mal son regard brûlant. « Tu l'as déjà dit plusieurs fois depuis que tu es là, dont une il y a pas si longtemps... » commence-t-il en se penchant vers moi, avant de susurrer tout contre mon oreille « allez Foster, on apprend ça à tous les mômes. Même les américains, tu sais. Qu'est-ce qu'on dit, Rose ? » Je contrôle chaque centimètre de mon corps, pour ne pas trembler, ne pas frissonner, ne pas vaciller. J'affiche simplement ce sourire froid, distant et un tantinet angoissant. Je tourne la tête vers lui avec lenteur puis, sans crier gare me jette à son cou. L'impulsivité apparente de mon geste, mon pied qui vient se loger derrière ses jambes tandis que je l'embrasse à pleine bouche, avant que nous tombions enlacés sur le lit, je dois dire que j'ai parfaitement maîtrisé ma manoeuvre. Je prolonge un peu le baiser, par pur divertissement puis me détache un peu, à califourchon au dessus de lui. Je lui adresse un sourire triomphant puis bondit, parvenant donc à me frayer un passage par diversion. Debout, au bout du lit, je le fixe, les yeux à la fois rieurs et défiants. Je ne sais même pas si je l'invite dans ce petit jeu stupide ou si je cherche vraiment à m'en aller en vérité.

Il me regarde sans rien dire, soutient mon regard un instant, sans avoir l'air de vouloir répliquer. Je ne me défais pas de ma mine fière et arrogante et entame la marche vers la sortie. Je mets la main sur mes chaussures et m'assoit sur la chaise le temps de les enfiler, sans même esquisser une grimace lorsque les escarpins frôle mes pieds endoloris. Jason décide de me tourner le dos, boudant comme un gamin vexé. Je dois dire que je suis un petit peu déçue, je m'attendais à mieux. Je m'empare de mon sac à main qui traîne sur le bureau et me lève, fais quelques pas sans regarder en arrière. Je ne sais pas à quoi je m'attends en vérité, ce n'est pas son genre de me retenir. Et je ne le laisserai pas faire. Alors pourquoi diable suis-je en train de marcher si doucement? « N'oublie pas de claquer la porte, histoire que j'ai pas à me déplacer pour la fermer derrière toi » lance-t-il avec un pseudo dédain qui ne lui allait pas du tout. Il me passe devant avec brusquerie et fond vers la cuisine. Partir en lui laissant un mot de la fin aussi médiocre me paraît cruel et je le suis donc, un sourire narquois flottant toujours sur mes lèvres. Je m'arrête un instant, négligemment adossée au chambranle de la porte de la cuisine et lâche, cynique « Fais pas la tête Baker, t'es beaucoup moins beau comme ça. » Je souris, un peu plus sincère pour une fois. Néanmoins, je ne saurais m'attarder plus longtemps sans me corrompre et je tourne donc les talons, faisant un vague signe de la main derrière moi, tout en marchant droit vers la sortie « Oui, oui, t'en fais pas, je fermerai la porte ! »

J'arrive sur le pas de la porte et j'entends « Trop aimable, Rose ! » Je souris, me retourne une dernière fois et lui sert un sourire en coin et un clin d'oeil malicieux. « Toujours, c'est bien connu. » Avant de franchir le seuil et de claquer violemment la porte derrière moi, après tout, c'est lui qui me l'a demandé. Je m'immobilise quelques secondes sur le seuil et grimace. Ma nausée, que j'avais relativement bien contenue jusque là me saisit de nouveau. Avec violence. Oh non... Je sais d'avance que je pourrais pas héler un taxi et faire la route jusque chez moi et les soubresauts de mon estomac me conforte dans cette idée. Je déteste mon faible organisme et surtout la quantité astronomique d'alcool que j'y ai injecté, mais je n'ai pas le choix. Je fais volte-face, ouvre de nouveau la porte de l'appartement et sans me faire prier, cours littéralement jusqu'aux toilettes. Je n'ai pas le temps de me soucier du regard de Jason ou de refermer la porte. J'abandonne mon sac sur le chemin, retient mes courts cheveux comme je le peux et renvoie l'intégralité de ce que contenait mon estomac dans la cuvette. Je ne vomis quasiment jamais suite aux méfaits de l'alcool. Mais évidemment il a fallu que j'ai une mauvaise gueule de bois. Aujourd'hui. Maintenant. Ici. Le pouvoir de l'esprit sur le corps. La bonne blague. Je ferme les yeux et grimace, encore fortement indisposée et attendant un possible deuxième tour. Ain't karma a bitch.

Je regarde la cuvette d'un air absent, essayant de me concentrer sur les signes que m'envoie mon organisme. J'entends les pas derrière moi et j'attends une remarque bien sentie, d'un Jason à l'air suffisant, appuyé contre le mur. J'ai l'image en tête, le sourire, le ton. J'attends, je suis prête. Mais rien ne vient, il se contente de s'agenouiller près de moi et de poser une main compatissante sur mon bras « Ça va ? » Et bien oui à merveille, ça se voit non? Je retiens mon sarcasme, principalement parce que je préfère garder la bouche fermée. Mais aussi parce que je n'ai as le courage d'être cynique, snobinarde et imbue de ma personne, là tout de suite. Je grimace à nouveau, m'assurant que j'en ai fini avec cet épisode passablement humiliant. Au moins il ne m'a pas vu dégueuler mes tripes, même si le spectacle que j'offre n'est guère plus seyant. Je m'empare d'un morceau de papier toilette et m'essuie la bouche, avant de le jeter dans la cuvette et de tirer la chasse d'un air las. Je m'adosse contre le mur et regarde Jason une seconde avant de fermer les yeux et de murmurer « Mieux. Merci. » Je n'ai pas la force de bouger, tout ce que je voudrais c'est une douche et une sieste. Mais serait-ce raisonnable d'abuser de l'hospitalité du jeune homme? Ne va-t-il pas en profiter pour me faire payer ma faiblesse jusqu'à la fin de mes jours? J'en viens finalement à la conclusion que mes besoins vitaux se doivent parfois de passer avant mon ego démesuré et je demande donc d'un ton neutre et d'une voix blanche « M'autoriserais-tu à utiliser ta salle de bains? »

« Tu peux parler normalement tu sais, fit-il, et oui, si tu veux prendre une douche, ça peut se faire » Bien, visiblement il n'a pas l'air enclin à utiliser ma mauvaise gueule de bois comme une arme. Je me doute que cette affaire me retombera sur le coin de la figure un jour ou l'autre, mais il a la gentillesse de m'accorder un peu de répit. « Allez viens Rose » dit-il en s'empara de ma main pour me soulever. Je m'y cramponne, le sol vacillant légèrement sous mes pieds. Je secoue la tête et retrouve l'équilibre puis me laisse guider jusqu'à la salle de bains. Nous nous arrêtons stupidement sur le seuil et je lâche sa main et me dresse sur la pointe des pieds pour planter une bise sur sa joue. « Merci. » dis-je, avec une sincérité qui en viendrait à me troubler moi-même. Je referme doucement la porte derrière moi, puis me tortille pour m'extraire de ma robe avant de prendre une longue douche libératrice. J'abuse un peu du jet chaud, mais finit par sortir et m'enrouler dans une grande serviette. Je prends naturellement le chemin vers la cuisine puis me plante sur une chaise, un peu hagarde. La marche à suivre me paraît flou, j'ai encore l'esprit embrumé et l'estomac endolori. Je lorgne sur la cafetière mais ne dit rien, préférant attendre. Quoi je l'ignore, je ne sais même pas où est Jason. Je me lève finalement et me sers une tasse de café, que je bois à petites gorgées, plantée au milieu de la cuisine, enroulée dans cette grande serviette bleue. Et maintenant?

Jason remarque finalement mon intrusion et lance un « Fais comme chez toi » gentiment moqueur. « Ça va mieux ? » ajoute-t-il avec ce qui ressemble à un air concerné. Je prends le temps d'examiner la réaction de mon estomac au café et l'effet régénérant de ce dernier, puis hoche finalement la tête. « Oui, bien mieux, comme tu vois, je reprends mes bonnes manières. » Je me ressers un peu du breuvage précieux et m'affale sur une chaise, jouant de ma réputation de sans-gênes. Pour un peu je mettrais les pieds sur la table, mais je trouve ça passablement vulgaire et dénué d'intérêt. Je me contente donc de boire ce café tranquillement, pendant que mon énergie me revient. « T'inquiète pas, je vais libérer ton espace vital bientôt, il faut juste que je remette la main sur mes guenilles et je débarrasse le plancher. Enfin, je finis mon café d'abord. » A mesure que je retrouve ma force de corps et d'esprit, j'abandonne les formules de politesse on dirait. J'ajoute donc avec un sourire enjôleur et un battement de cils. « Si ça ne te dérange pas, bien sûr. »

Il hoche simplement la tête, étonnamment peu enclin à la joute verbale. Soit, un peu de répit ce n'est pas plus mal. Il quitte alors la pièce un instant et je n'y prête pas plus attention que cela, jusqu'à ce qu'il revienne en abandonnant un tas de vêtements sur la table « Maryanne est à peine plus grande que toi mais tu devrais rentrer dedans, j'imagine » Je vide ma tasse de café et déploie le jean et le T-shirt, qui m'ont l'air un rien trop grands en effet, mais plus confortables et propres que ma robe de la veille. Je souris donc et lâche un « Parfait ! » avant de m'éclipser rapidement vers la salle de bains pour fourrer la robe en question dans mon sac et me changer. Je réapparais dans l'embrasure de la porte et esquisse un mince sourire à Jason « Et bien... Je crois que je vais y aller. » Je ne bouge toutefois pas immédiatement, attendant dieu sait quoi. Je prends conscience de l'absurdité totale de mon immobilisme en voyant Jason s'approcher et s'immobiliser à une distance tout juste raisonnable « Il faut que je te raccompagne ? Mais bon, un de mes voisins pourraient te voir tu sais.. loin de moi l'idée de vouloir t'embarrasser, Foster » dit-il alors avec un immense sourire. Le mien se fait aussitôt suffisant et je ressers ma prise sur mon sac et lève fièrement le menton « Oh vu le quartier, je n'ai rien à craindre du côté de l'embarras. Par contre, je vois que diverses tâches ménagères t'attendent, je me doute que tu en as pour un moment, alors je ne retiendrai pas plus longtemps. » Je pose une main sur son bras et le serre avec tendresse en ajoutant « Merci pour ton hospitalité Baker. » Je luis sers un bref sourire sincère, avant de retrouver mon masque d'arrogance et de tourner les talons sans plus me retourner. Je franchis le seuil sans prendre le soin de refermer la porte d'entrée derrière moi et regagne mon appartement dans un état plus ou moins léthargique. Je crois qu'il faut que je dorme. Beaucoup.


Dernière édition par Rose M. Foster le Jeu 3 Mai - 3:56, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: It's the last time | JOSE   Mer 7 Mar - 18:10

Il faudrait au moins reconnaître un mérite au mec qui a inventé la douche : c'est foutrement agréable lorsqu'on a la gueule de bois. C'était là l'une des étapes importantes du rituel post-beuverie que Jason affectionnait en général, et ce matin en particulier — si on occultait le fait qu'il avait déjà manqué de s'étouffer en avalant de travers de l'eau tout en bâillant. En plus d'avoir l'impression d'avoir le crâne aussi vaste qu'un hall de gare, il était franchement crevé. Pas du genre à avoir travaillé trop longtemps — ses horaires étaient plutôt cools d'ailleurs, et il gérait plutôt bien le cumul de deux boulots — non, le genre.. bonne fatigue. Sous le jet toujours brûlant, il s'autorisa un vague sourire. Rose Foster. Quelle foutue contradiction vivante. Enfin, presque. Au fond, Jason en était convaincu, elle l'envoyait paître uniquement parce qu'au fond, elle n'assumait pas de s'envoyer en l'air avec un livreur de pizza, américain de surcroît — pauvre, pauvre petite anglaise snobinarde va. Techniquement, ça aurait dû le gaver. Ce genre de filles lui tapait sur le système. Les grands airs et le chaud-froid n'étaient pas franchement sa tasse de thé. C'était plutôt le genre d'attitudes qui lui faisait prendre ses jambes à son cou. Sa philosophie ? Évitons les emmerdes. Et sous sa jolie petite couverture d'ice queen bon chic, bon genre, Rose Foster était un nid à emmerdes. Le pire, c'est sans doute qu'il aimait ça.

Fermant le jet d'eau, il s'extirpa de la cabine de douche — tant bien que mal — et se sécha — tant bien que mal — sans cesser de bâiller. Entre Foster et une bonne nuit de sommeil, le choix était vite fait. Le bon sens aurait voulu qu'il laisse tomber — et pour une raison évidente : elle lui fichait râteau sur râteau, malgré toute sa détermination. Mais, malheureusement pour lui — et heureusement pour elle, haha ? — la jugeotte ne faisait pas partie de la — longue — liste de qualités de Jason. Too bad, n'est-ce pas ?

Il avait passé un boxer et s'apprêtait à enfiler son tee-shirt lorsqu'un hurlement lui apprit que Foster était réveillée — et bien réveillée, à en juger par la force de son cri : « PUTAIN DE MERDE MAIS TU L'ENFERMES JAMAIS CETTE CHOSE ? JAAAAAAAAAAAAAAASOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! » L'espace d'une seconde, il trouva jouissif qu'elle hurle son prénom d'elle-même, sans qu'il ait à faire quoi que ce soit. Puis, les années passées au milieu de ses quatre frangines lui ayant conféré un vague esprit chevaleresque — ou presque — il se rua hors de la salle de bains, alerte malgré la fatigue et les effets encore bien présents de la biture de la veille, pour découvrir Foster, en panique, trépignant presque sur son bureau et Figgins, cette adorable petite araignée qui partageait son existence depuis deux longues années. Il arqua un sourcil. La plupart du temps, Jason avait du mal à comprendre que les gens aient peur de Figgins. Quoi, elle n'aurait pas fait de mal à une mouche C'était par ailleurs vrai, elle ne mangeait que quelques grillons vivants ainsi que, de temps à autre, une ou deux sauterelles — uniquement les jours de fête. Se hâtant pour récupérer la mygale qui errait sur son lit, il leva les yeux au ciel. « Elle est chez elle, hein, lança-t-il à l'intention de l'hystérique. Et elle a un prénom, pas vrai Figgins ? » D'accord, parler à une araignée pouvait paraître ridicule. Mais, après tout, les vieilles filles — de tout âge — entretenaient bien la conversation avec leurs chats. « Je m'en tape du nom de ta chérie, va mettre ça ailleurs, répliqua-t-elle avant de planter ses grands yeux noisettes dans les siens. Maintenant. Ou je ne réponds plus de moi Baker » Il arqua à nouveau un sourcil avant de lui adresser un grand sourire faussement. « C'est pas comme si tu l'avais attendue pour ça, Foster, ricana-t-il avant de déposer habilement Figgins dans son terrarium, tout proche de la porte. D'ailleurs, les petites bêtes ne bouffent pas les grosses, on a au moins dû t'apprendre ça à l'école. Ça et les bonnes manières » Bon, d'accord, c'était petit. Et facile. Mais toute mignonne qu'elle était — si on lui avait demandé, il aurait plutôt dit qu'elle était bonne, question de fierté — elle savait également être très chiante. Un peu comme Kitty. Le côté snobe et la poitrine en plus.

Note mentale : ne jamais — trop — chercher Rose Foster. Ça avait beau être une fille, il ne put retenir les prémices d'un repli vers le terrarium, zone éminemment stratégique, lorsqu'elle sauta sur le sol et s'avança vers lui, avec l'air d'avoir envie de l'éventrer. Au moins. Elle avait ce petit sourire un peu hautain, un peu agacé — franchement flippant — qui n'augurait rien de bon. « Au moins, je suis allée à l'école et j'y ai appris quelque chose » largua-t-elle. Et drôle, avec ça. Décidément cette fille avait tout pour lui plaire. Presque. Elle lui tourna le dos, cherchant manifestement ses fringues. Jason prit conscience à ce moment du bordel environnant. Un vague sourire passa sur son visage. Son jean traînait là, sous ses chaussures à elle. Il ramassa son soutien-gorge et le lui tendit, sans pour autant faire mine de lui rendre. « J'crois que c'est à toi, lança-t-il, oh et, même si je trouve qu'il te va à ravir, tu seras gentille de me rendre mon tee-shirt. C'est pas comme si je pouvais me permettre de t'en faire gracieusement don. Et je doute qu'il te soit vraiment utile plus tard. Ou même maintenant » ne put-il s'empêcher de préciser. Ce n'était là que pure provocation mais il aurait dû se douter qu'elle ne le laisserait pas avoir le dernier mot. C'était compulsif, chez elle ou quelque chose du genre. Et, bien qu'il ne l'avouerait sans doute pas — même sous la torture, encore une fois, question de fierté masculine — il trouvait ça plutôt craquant. Spécialement dans ce genre de situations. Haussant les sourcils, il la regarda se débarrasser du fameux tee-shirt — non, décidément, elle était vraiment mieux sans — avant d'enfiler son sous-vêtement. « Et je peux avoir le reste de mes vêtements maintenant ou tu comptes t'en servir comme moyen de pression ? » demanda-t-elle, une bonne dose de sarcasme dans la voix, avec ce petit sourire qu'il ne pouvait s'empêcher de trouver suspect. Elle ne lui souriait pas, du moins jamais sincèrement et jamais lorsqu'elle était sobre — l'alcool détend les zygomatiques, c'est bien connu, même les plus crispés, et Foster en était la preuve vivante. Il y avait toujours une quelconque moquerie derrière chacun de ses gestes ou chacun de ses mots. A la longue, oui, ça pouvait s'avérer agaçant. Ou excitant, selon le point de vue. « Je ne voudrais surtout pas embarrasser sa majesté, glissa-t-il en la frôlant pour aller ramasser son jean, qu'il enfila. Mais compte pas sur moi pour te ramasser tes fringues » précisa-t-il en gagnant cette fois son placard d'où il extirpa un tee-shirt, vaguement semblable à celui qu'elle avait laissé sur la chaise un peu plus loin. Vaguement surpris de ne pas entendre, cette fois-ci, de réplique cinglante ou de remarque concernant son éducation, Jason s'autorisa un sourire satisfait. Il referma le placard et tenta de mettre un peu d'ordre dans sa chambre, même si, actuellement, c'était peine perdue. Se concentrer sur une tâche aussi futile et intéressante que le rangement alors qu'elle était là, tout près, à se tortiller sur elle-même pour se rhabiller ? Haha, bonne blague. « Un coup de main ? S'il te plaît ? » finit-il par entendre et — étrangement, hein — son sourire s'élargit. Il s'approcha, sans trop se poser de question et esquissa un geste pour l'aider avant de s'arrêter brusquement. « Répète un peu ça, railla-t-il, non parce que ça dans ta bouche, Rose, ça n'a vraiment pas de prix. J'ai presque envie de t'enregistrer, histoire de te ressortir ça plus tard » Plus tard. La prochaine fois qu'elle l'enverrait paître ? Ouais, probablement. Parce qu'il y avait toujours une prochaine fois. Quoi qu'elle en dise d'ailleurs. Il ne put retenir un faible ricanement lorsqu'elle lui désigna, la mine autoritaire, le bas de son dos. Décidément, si il n'aimait pas les pimbêches dans son genre, cette fille-là, Jason l'aimait bien. « Allez, fais pas l'imbécile, je compte pas me faire de vieux os, alors plus vite tu m'aideras, plus vite tu pourras ranger ta porcherie et bichonner ta mégère » fit-elle, apparemment pressée. Et agacée. A croire que la voir sortir de ses gonds avait un effet bénéfique sur son moral. C'était encore mieux qu'une douche froide un lendemain de fête. Il saisit finalement la fermeture de sa robe. « Sois pas jalouse va, Figgins et moi, c'est purement platonique, rigola-t-il, content de sa connerie — évidemment que ça ne volait pas bien haut, mais il ne fallait pas trop lui en demander à cette heure-là. Enfin, elle a au moins un truc que tu n'as pas, elle sait la boucler quand il faut » Il remonta la fermeture d'un coup sec. « Quelle bonne fille » répliqua-t-elle vertement. Ah, il y avait longtemps. Ice Queen, le retour. Il soupira, sans bouger, tandis qu'elle effectuait un demi-tour. « Allez, bouge de là » lança-t-elle ensuite, sur un ton assez peu élégant. Jason la dévisagea un instant avant d'éclater de rire. « Ou sinon quoi ? Non parce que franchement, c'est d'un impressionnant, je te jure, tu es effrayante, fit-il, faussement impressionné, tu pourrais aussi être aimable ou au moins polie, ça te coûtera pas plus cher » ajouta-t-il, sans bouger d'un iota. A ce stade-là, il s'attendait à peu près à tout, venant de sa part — du moins tant que ça restait dans l'esprit Fosterien, évidemment. « Tiens donc, tu es en mesure de m'inculquer les bonnes manières maintenant ? ironisa-t-elle avec ce petit air supérieur qu'il lui connaissait. T'as pris des cours du soir dans le domaine et tu te prends pour la Reine ? Trêves de plaisanteries mon garçon, fais montre de ton extraaaordinaire galanterie et laisse moi passer » Et c'était tout à fait ça, très Rose Foster ce petit ton condescendant et ce sourire, toujours aussi flippant. Jason arqua un sourcil, baissant les yeux sur la main qu'elle avait posé sur sa hanche. D'accord, là, il avait compris, elle usait de son côté petite pimbêche hautaine, manifestement consciente qu'il appréciait plus ou moins — franchement mais, encore une fois, fierté masculine oblige, il n'avouerait pas — ses grands airs. Il eut la vague impression d'être en train de se faire avoir. Généralement, c'était souvent quand elle se tirait sur un mot faussement gentil ou quand elle l'envoyait se faire voir qu'il ressentait ça. Là, thanks to God, il y avait moyen d'anticiper. Et d'avoir le dernier mot — le sacré Grâal de tous les mecs qui avaient dû un jour la draguer. Il réduisit le — déjà — faible espace qui les séparait et croisa son regard. « Tu l'as déjà dit plusieurs fois depuis que tu es là, dont une il y a pas si longtemps, lui glissa-t-il, à moitié hilare mais particulièrement satisfait de la tournure que prenait sa matinée, allez Foster, on apprend ça à tous les mômes. Même les américains, tu sais. Qu'est-ce qu'on dit, Rose ? » articula-t-il, insistant sur son prénom, sa bouche lui effleurant presque le lobe de l'oreille. Il avait une chance sur deux qu'elle le plante là au milieu, ou mieux — voire pire, selon le point de vue — qu'elle lui colle une gifle et se tire sans rien dire. Bon, à force, il était habitué. Mais quand même. Aussi fut-il surpris de la voir soudain si.. réactive. Si surpris qu'il la laissa faire — comme si, franchement, il aurait été capable de la repousser, là, maintenant, tout de suite — et s'écrasa sur le lit sans se formaliser sur cette soudaine fougue à laquelle il n'était guère habitué le matin. L'espace de quelques secondes, il oublia vaguement qu'elle finissait toujours par l'envoyer paître et zappa complètement le fait qu'elle prenait grand plaisir se foutre de sa gueule, uniquement conscient de la chaleur de son corps contre le sien, de sa bouche collée à la sienne, de ses mains qui vagabondaient dans le creux de ses reins, par-dessus le tissus de cette robe dans laquelle, il fallait l'admettre, elle était sacrément bien fichue.

Mais Foster restait Foster. Chassez le naturel, il revient au galop, pas vrai ? Sauf si, comme il le soupçonnait à présent, relevé sur les coudes, alors qu'elle le fixait, elle-même debout, elle s'était contentée de le manipuler pour arriver à ses fins — à savoir, se tirer vite fait et en beauté. Fronçant les sourcils, il la dévisagea. Bordel, ce qu'il avait envie d'effacer ce petit sourire satisfait et vaguement méprisant de son petit visage de poupée. Quel crétin. Il tombait à chaque fois dans le panneau. Ce n'était même pas le jeu du chat et de la souris. Non, il était tout simplement un âne bâté : elle n'avait qu'à lui tendre la carotte pour qu'il avance. Et il courait. Toujours.

Il se releva et s'écarta vivement, lui tournant le dos du même coup. Ah, elle était belle, elle était fière, sans aucun doute. Mais, quelque part, il commençait à en avoir assez de s'investir dans une partie où il tenait le rôle de l'éternel perdant. Même si la récompense était alléchante — merde, Foster, toute chiante qu'elle était, restait quand même hot.. quand même — c'était agaçant. Ce petit regard qu'elle dardait sur lui était agaçant. Cette moue satisfaite, qui paraissait clamer au monde entier ô combien Rose Foster était supérieure au reste de la population, était agaçante. Ce sourire flippant était agaçant. Elle était agaçante. Sacrément bien foutue mais foutrement agaçante. « N'oublie pas de claquer la porte, histoire que j'ai pas à me déplacer pour la fermer derrière toi » lâcha-t-il, presque dédaigneux, avant de quitter sa chambre avec pour objectif de se préparer le café qui le mettrait d'attaque pour la journée. « Fais pas la tête Baker, t'es beaucoup moins beau comme ça » entendit-il derrière lui. Il s'arrêta une seconde avant de hausser les épaules et de rallier la cuisine. Il appuya, un rien rageur, sur le bouton de la cafetière, laquelle était déjà prête depuis la veille — une habitude qu'il avait appris de sa mère. Un bref coup d'oeil par-dessus son épaule lui apprit que Foster était toujours là, appuyée au chambranle de la porte. Il soupira avant de se sortir une tasse. Qu'attendait-elle pour filer ? Généralement, elle se tirait plus vite qu'il ne fallait de temps pour le dire. Là, ça devenait presque suspect.

Sa tasse pleine en main, il effectua un demi-tour et s'appuya au plan de travail, la fixant sans aucune aménité. Elle finit toutefois par faire volte-face, agitant vaguement la main, comme pour dire au revoir. Jason ne retint qu'à moitié le ricanement que lui inspirait pareille conduite de sa part. Pas la peine qu'elle se force, il savait parfaitement qu'elle était incapable d'être simplement gentille avec lui. « Oui, oui, t'en fais pas, je fermerai la porte ! » lança-t-elle. Il leva sa tasse, vague manière de la saluer, bien qu'elle soit bien en peine de le remarquer. « Trop aimable, Rose » répliqua-t-il. On pourrait presque croire que tu es malade se retint-il d'ajouter. Non. C'était assez. Pour l'instant en tout cas. Mieux valait éviter ce genre de réflexions. Ou elle allait croire qu'il attendait, qu'il espérait plus. Ce n'était pas comme si c'était le cas hein. Pas vraiment. Enfin. Bref. Il secoua la tête, chassant là ce genre de pensées gênantes qui n'avaient strictement rien à foutre là. Elle lui adressa un sourire enjôleur, agrémenté d'un clin d'oeil qui, avouons-le, le surprit franchement. Franchement, Foster souriant, c'était déjà étrange. Foster jouant les allumeuses, c'était.. troublant. « Toujours, c'est bien connu » lança-t-elle avant de disparaître derrière la porte qu'elle referma avec une certaine violence. Il leva les yeux au ciel. Voilà. Elle était partie. Il avait la paix — ouais, c'était moins pathétique à penser qu'elle s'était malheureusement encore une fois tirée en ayant le dernier mot et qu'il restait là comme un con, à boire son café tout seul — du moins, pour un temps. Parce qu'elle reviendrait, plus ou moins prochainement. Il y aurait une autre soirée où elle boirait plus que de raison, une autre soirée où ils se trouveraient dans la même pièce, une autre soirée où elle finirait dans son lit. Il esquissa un bref sourire. Quelle sale habitude. Coucher avec elle n'était pas très sain, en fin de compte. C'était arrivé beaucoup trop pour que ça reste réellement sans conséquence.

La porte d'entrée claqua à nouveau, l'arrachant à ses pensées. Il sursauta presque, surpris, et écarquilla les yeux lorsqu'il vit Rose passer comme une furie dans le couloir, larguant son sac sur le sol sans considération aucune, pour filer aux toilettes. Il fronça les sourcils, fixant stupidement le sac à main. Que foutait-el— ah. D'accord. Il se retint d'éclater de rire en l'entendant hoqueter. Posant sa tasse à côté de la cafetière, il se rendit nonchalamment jusqu'aux cabinets, dans l'idée — certes guère élégante — de saisir l'occasion de se foutre de sa gueule que lui offrait le destin. Mais lorsqu'il la vit, accroupie, la tête presque dans la cuvette, il ne put s'empêcher d'être vaguement — vaguement hein, juste.. vaguement — inquiet. S'avançant, il se baissa et posa une main sur son épaule. « Ça va ? » lâcha-t-il. Question con. Il le sut au moment où elle franchit ses lèvres. Il y avait fort à parier qu'elle le rabrouerait avec son amabilité habituelle. Et, cette fois, il l'aurait cherché.

Pourtant, elle ne répondit pas, sans doute trop mal pour trouver une quelconque répartie. Il fronça légèrement les sourcils. Elle avait franchement une sale gueule, pour dire les choses telles qu'elles étaient. Cependant, il se garda bien de le dire, la voyant grimacer. Il y avait un temps pour tout. Et ce n'était pas l'heure des conneries. « Mieux. Merci » souffla-t-elle enfin, après s'être essuyer la bouche au moyen d'une ou deux feuilles de papier toilette qu'elle envoya s'échouer au fond de la cuvette. Il hocha brièvement la tête, bien qu'elle avait fermé les yeux, toujours — vaguement et stupidement — inquiet. « M'autoriserais-tu à utiliser ta salle de bains ? » demanda-t-elle ensuite, d'un ton un peu froid, presque professionnel. Jason ne put s'empêcher de rire. « Tu peux parler normalement tu sais, fit-il, et oui, si tu veux prendre une douche, ça peut se faire » précisa-t-il, avec un grand sourire innocent — innocent, his ass ouais. « Allez viens Rose » ajouta-t-il avant de s'emparer de son poignet pour l'entraîner à sa suite. Elle se releva tant bien que mal et le suivit finalement, sans rechigner plus que ça, ce qui l'étonna. Un peu. Juste un peu.

Silencieux, il la lâcha finalement devant sa salle de bains, se trouvant un peu couillon sur le moment. Techniquement, il pouvait — et devait — la laisser là et retourner vaquer à ses occupations matinales ô combien palpitantes. Ou alors— « Merci » dit-elle simplement, lui plantant une bise sur la joue. Oho. Laissant la porte se refermer sur Foster, il se mit à sourire, comme l'imbécile heureux qu'il était. Quel crétin. Elle finirait par le rendre chèvre, à force de souffler le chaud et le froid plus sûrement qu'une clim' en panne.

Se détournant finalement de cette fichue porte close — là, on pouvait dire qu'elle avait coupé court à tout début d'idée plus ou moins grivoise visant à lui permettre de partager sa douche — il regagna la cuisine où il prit sa tasse de café qui, thanks to god, était encore chaud, avant de gagner l'espèce de salon, vague dépotoir où se côtoyaient sa guitare, de vieux cartons datant du déménagement qu'il n'avait toujours pas ouvert, de la paperasse et les affaires que sa sœur oubliait chaque fois — consciemment, sans doute — lorsqu'elle venait passer quelques jours chez lui. C'était franchement le bordel et il était encore étonnant que le passage fut encore possible dans la pièce. Écartant du pied un carton, il attrapa d'une main les premières fripes qui trônaient sur la pile — propre, comme quoi Maryanne le faisait réellement exprès — qui à chaque visite s'élevait un peu plus. A vue de nez, Foster n'était pas plus épaisse que sa frangine. Elle ne serait sans doute pas ravie d'enfiler ces fringues-là. Mais, à moins qu'elle ne préfère remettre ce truc qui tenait plus du filet à viande — okay, okay, OKAY, il était indéniable qu'elle était canon là-dedans mais, merde, comment pouvait-elle ne serait-ce que respirer dans ce truc qu'elle osait appeler une robe ? — que du véritable vêtement ou pire — ou mieux, selon le point de vue — se balader nue, c'était tout ce qu'il avait à lui offrir. Matériellement parlant s'entend.

Il se laissa tomber sur le canapé à moitié défoncé — on fait avec ce qu'on a, hein — et descendit lentement son café, songeur. De là où Jason se trouvait, le bruit régulier de l'eau lui parvenait. Il soupira, passant une main sur sa crête, puis il étendit le bras pour atteindre la radio, qu'il alluma. Elle crachota un peu avant de finalement se mettre tout à fait en route. Il ferma les yeux, après un bâillement, se laissant bercer par la musique, mêlée aux restes des sons qui rythmaient chacune de ses matinées. Un seul restait étranger à sa routine habituelle : la douche que Foster prenait. Pourtant, pour anormal que ce fut, ça collait parfaitement avec le reste : les voitures qui passaient, dehors, la radio, les quelques craquements dans les appartements voisins. Ou alors il se faisait des idées. Ouais, c'était plutôt ça.

Lorsqu'il la vit, enroulée dans l'une de ses serviettes, Jason se releva et, abandonnant derrière lui sa tasse — sale habitude, duh — il rejoignit Foster. Un vague sourire passa sur son visage lorsqu'il constata qu'elle s'était mise à son aise. « Fais comme chez toi » lança-t-il, désignant du menton le café qu'elle était en train de se servir. « Ça va mieux ? » continua-t-il, avec intérêt, dans un stupide relent d'inquiétude. Comme si c'était utile, là, maintenant, tout de suite. « Oui, bien mieux, comme tu vois, je reprends mes bonnes manières » répondit-elle finalement, avant de se resservir en café. Il n'y avait pas à en douter, ça allait mieux puisqu'elle avait réussi à aligner onze mots là où trois auraient suffit. Appuyé contre le plan de travail, il croisa les bras sans la quitter des yeux. Un vague sourire passa sur son visage lorsqu'il la vit reprendre place sans aucune élégance sur la première chaise qu'elle avait trouvé. « T'inquiète pas, dit-elle, je vais libérer ton espace vital bientôt, il faut juste que je remette la main sur mes guenilles et je débarrasse le plancher. Enfin, je finis mon café d'abord » Il hocha le menton, histoire de lui signifier que, vraiment, ce n'était pas urgent et qu'elle ne le dérangeait pas — mieux valait qu'il se taise, sur ce coup-là.

Sans un mot, il retourna au salon — ou plutôt au milieu bordel qui portait ce nom-là —, saisit les fringues de sa frangine et revint, tant bien que mal — il allait vraiment falloir qu'il range ces foutus cartons ou quelqu'un finirait par se manger le sol en trébuchant dessus — à la cuisine les déposer — les lâcher en fait — sur la table. « Maryanne est à peine plus grande que toi mais tu devrais rentrer dedans, j'imagine » lança-t-il. Et si jamais tu as besoin de perdre un peu de poids, je serai enchanté de t'aider, faillit-il ajouter. Oui mais non. Ta gueule Jason. Excellente solution, pour une fois. Ou il aurait eu droit à une scène sur ses bonnes manières — un jour, il faudrait qu'elle arrête de penser que parce qu'il était américain, il était mal élevé, just sayin' — et elle serait restée encore trois plombes. Encore que. Ce n'était pas comme si il trouvait ça particulièrement dérangeant. L'avoir sous la main, même débitant des remarques acides, était plutôt.. sympathique ? Toujours est-il qu'il avait bien fait de la fermer. Son « Parfait ! » lancé rapidement avant de disparaître rapidement — probablement pour rallier la salle de bains — était toujours mieux qu'une bordée d'insultes élégantes sur son prétendu manque de savoir vivre.

Il ramassa la tasse qu'elle avait laissé sur la table, retourna chercher la sienne au salon — si sa mère l'avait vu, elle aurait été capable de verser une larme, sur ce coup-là — avant de les déposer dans l'évier. Il ferait la vaisselle plus tard. Ou peut-être attendrait-il que Maryanne se repointe, histoire de l'aider à se sentir chez elle en la laissant faire la vaisselle. Indécis, il regarda un instant les tasses mais Foster reparut avant qu'il n'ait réussi à se motiver. Il se tourna vers elle. C'était plutôt étrange de la voir habillée comme sa sœur. Non que Maryanne ait eu un style trop excentrique ou particulièrement remarquable mais le simple fait de savoir que c'était le jean de sa petite sœur que Foster avait sur les fesses était bizarre. « Et bien... Je crois que je vais y aller » lâcha-t-elle. Se faisait-il des idées ou restait-elle vraiment sur place, à attendre que ça se passe ? Merde, ils n'étaient pas vraiment habitués à se dire au revoir. Voire même pas du tout. Généralement, elle se tirait plutôt sans rien dire ou sur le vif. Elle ne s'attardait pas, pas comme ça en tout cas. Il fit quelques pas, la rejoignant sur le seuil de la pièce. « Il faut que je te raccompagne ? dit-il, s'arrêtant avant d'être vraiment trop près d'elle. Mais bon, un de mes voisins pourraient te voir tu sais.. loin de moi l'idée de vouloir t'embarrasser, Foster » ajouta-t-il avec un grand sourire. Il savait pourtant pertinemment qu'elle finissait toujours par avoir le dernier mot, toujours. Sauf qu'il avait légèrement tendance à l'oublier. « Oh vu le quartier, je n'ai rien à craindre du côté de l'embarras, répondit Rose. Par contre, je vois que diverses tâches ménagères t'attendre, je me doute que tu en as pour un moment, alors je ne retiendrai pas plus longtemps » continua-t-elle, étreignant son bras avec un semblant d'affection. « Merci pour ton hospitalité Baker » ajouta-t-elle, comme pour conclure. Il ne répliqua pas, ne moufta même pas devant son air de pimbêche hautaine. Il déglutit au moment où la porte se referma sur elle. Conclusion ? Encore une fois, il s'était fait avoir. Comme d'habitude.

Un sourire passa sur ses lèvres. Elle était partie avec les fringues de sa sœur sur le dos. Et il était hors de question qu'il lui en fasse cadeau. Il les lui réclamerait, d'ici quelques temps et.. advienne que pourra.
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