You again... ft Noah (& Nataniele)

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MessageSujet: You again... ft Noah (& Nataniele)   Dim 4 Mar - 15:05

Aujourd'hui était un de ces rares jours où Joanne avait pu aller chercher sa fille à l'école. Comme d'habitude lorsqu'elle le faisait, elle emmena Lucy au parc avant de rentrer avec elle à pieds vers l'appartement qu'elle partageait avec Neil. Sur la route, Lucy réclama un goûter et Joanne décida qu'elle avait bien besoin d'un café alors elle fit un détour par la Starbucks du coin, histoire d'enrichir un peu plus la chaîne agro-alimentaire. Et puis, c'était l'endroit préféré de la petite qui adorait leur gâteau au chocolat. Elles s'assirent à une table et alors que la fillette racontait sa trépidante journée, Joanne aperçut du coin de l'œil une silhouette bien trop familière. Noah. Bon dieu. Baisser la tête fut sa première pensée, suivie de "barre-toi d'ici", toute aussi nase. Surtout qu'il se retournait déjà, gobelet en carton à la main. Alors, trop tard pour reculer, la jeune maman lança d'un air surpris : "Noah ? Qu'est-ce que tu fais ici ?" Ses yeux se posèrent aussitôt sur Lucy. Bon, ouf, ce n'était toujours pas marqué sur son front "Hello. Je suis ta fille, t'as vu ?" Mais quand même, c'était le genre de secrets qu'elle aurait voulu qu'il ignore. Le plus longtemps possible, du moins. Alors qu'elle fixait sa fille, Joanne entendit Noah dire : "Je suis venu chercher un café, comme tu le vois. Aux dernières nouvelles ça n'avait rien d'illégal. Ça me fait... plaisir de te voir. Comment tu vas ?" Il avait l'air tout aussi surpris qu'elle mais pas tout à fait aussi mal à l'aise (quoiqu'il avait toujours su le cacher). Elle s'efforça de sourire en répondant sur un ton qui se voulait léger : "Oui, je vais bien. Et toi ?" Elle voulut se taire, en rester là, qu'il décampe et quitte sa vie sans trop de dégâts mais elle s'entendit rajouter aussitôt : "Tu habites dans le coin ?
- Pas exactement, non. Disons que j'alterne entre Oxford et Londres. Quand mon emploi du temps ne me permet pas de rentrer chez moi, je passe la nuit ici, dans mon appartement. Et toi, tu vis, enfin vous vivez dans le quartier ?"
l'entendit-elle lui répondre.

Et elle avait tout sauf envie d'enchaîner tant ses pensées s'emmêlaient à cet instant. Chaque regard que posait Noah sur Lucy lui tordait le cœur et elle avait la désagréable impression d'étouffer. Finalement, elle prit une légère inspiration, détourna les yeux une seconde puis se lança. "Oui..." commença-t-elle avant d'être interrompue par la voix fluette de Lucy : "Maman. Qui c'est le monsieur ?" Joanne s'efforça de lui sourire en répondant : "C'est Noah..." Ton père. "Un... vieil ami..." Elle se tourna alors vers Noah et acheva les présentations par un : "Noah, voici Lucy. Ma fille." La tienne, aussi.

Les yeux posés sur Noah, elle le vit pâlir à l'annonce de cette nouvelle. La gorge de Joanne se serra aussitôt et elle détourna les yeux dans une vaine tentative de reprendre ses esprits. Elle craignait les paroles qui pouvaient suivre. Pendant de longs mois, elle avait rêvé qu'il revienne, de lui annoncer qu'il avait une fille et même qu'ils l'élèvent ensemble. Et puis, elle s'était fait une raison et à présent, sa seule présence la terrifiait ; elle ne voulait pas voir le monde qu'elle s'était acharnée à construire s'écrouler. Et, plus que tout, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il disparaîtrait à nouveau, laissant derrière lui une simple lettre. Il s'adressa finalement à Lucy : "Bonjour Lucy. C'est un plaisir de faire ta connaissance." Puis il se tourna vers elle et elle sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Elle se sentit rougir lorsqu'il lui parla : "Elle est adorable, Joanne. On dirait toi, petite. Quel âge a-t-elle ?" La jeune mère frissonna et elle crut étouffer. Elle mit de longues secondes à lui répondre : "Trois ans... et demi." Elle se détourna aussitôt vers Lucy pour lui demander : "Tu as fini, ma puce ?" Vaine diversion pour tenter de remettre de l'ordre dans son esprit, ne pas fondre en larmes après toutes ces années, résister à l'envie de fuir qui montait en elle.

Elle fixait toujours sa fille quand Noah lui répondit : "Tu es pressée ?". Son ton était bien trop léger au goût de Joanne. Elle tourna la tête vers lui, oublia de cacher son malaise derrière un sourire. L'espace d'une seconde, elle se demanda si, après avoir passé tant d'années à l'aimer, elle n'en était pas venue à le haïr. Ça aurait été plus facile, sans doute. Elle n'avait même plus envie de lui balancer son café à la figure, ni même de lui mentir. Elle aurait voulu qu'il comprenne, pour une fois, ou tout simplement qu'il la prenne dans ses bras pour la rassurer, comme il savait si bien le faire. Finalement, la jeune femme fronça les sourcils et lança d'une voix légèrement étranglée : "Qu'est-ce que tu t'imaginais, Noah ? Que tu réapparaitrais et que tout serait comme avant ? Tu es parti, bon sang. Et excuse-moi si je l'ai pas digéré." Et pour une fois, juste une, elle avait bien envie de partir à son tour, de le laisser là, à ruminer ses dernières paroles, tant pis si elle passait pour une folle au beau milieu du café. Elle se tourna alors une nouvelle fois vers Lucy et lui prit la main : "On s'en va, chérie."

Alors que la fillette la regardait sans franchement comprendre elles devaient partir alors qu'elle n'avait pas fini le goûter promis, Joanne sentit la main de Noah se serrer autour de son avant-bras pour la retenir, alors qu'il lâchait : "Attends" Elle se tourna alors vers lui et ses yeux tombèrent sur un couple qui les fixait, légèrement ahuris. De quoi combler l'agacement qui montait en elle ; elle leur lança un regard noir. Et cette exaspération ne fit que croître lorsque Noah tenta d'argumenter : "Pour commencer, je ne m'imaginais rien du tout Joanne. Parce qu'en me levant ce matin, je ne m'attendais absolument pas à te voir. Pour être tout à fait honnête, j'évite même de penser à toi" Quelque part au milieu de son blabla, elle leva les yeux et soupira, le poussant à corriger le tir. "Ce n'est pas ce que je voulais dire. Enfin si, mais pas dans ce sens-là. Je sais que j'ai merdé, d'accord, mais... j'étais jeune, paumé et... j'en sais rien. Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? J'ai été égoïste et lâche. J'ai tout bêtement pas pensé à toi. Je suis désolé, Joanne" "Je suis désolé", elle avait rêvé qu'il prononce ces mots, qu'il reconnaisse ses tords, réels ou qu'elle avait noircis avec le temps. Mais ils ne lui firent pas le bien qu'elle espérait ; si elle fut légèrement sonnée par ce qu'il venait de dire, elle se reprit assez rapidement. Rien n'avait changé et ce n'était pas quelques mots qui effaceraient toutes ces années passées à espérer de l'attention, de l'amour puis tout simplement sa présence. Elle réalisa alors à quel point elle avait été stupide de s'accrocher à cet espoir de gamine, celui qu'il pourrait vraiment être le père de Lucy, au point de refuser que Neil l'adopte alors qu'il la considérait comme sa propre fille. Elle secoua alors la tête et dégagea son bras, elle tenta de maîtriser le ton de sa voix pour lui répondre : "Tu es désolé ? Mais pour combien de temps, Noah ? Parce que ton problème, comme tu l'as si bien dit, c'est que tu es lâche, et que tu ne penses qu'à toi. Alors, combien de temps avant que je reçoive une autre de tes lettres d'adieu ? J'ai pas envie de revivre ça, c'est tout." Et encore moins de faire vivre ça à sa fille.

Lorsqu'elle vit Noah se décomposer, Joanne se demanda si elle n'y était pas allée trop fort. Il se mit à bafouiller : "Je..." tout en passant une main sur son front. La jeune femme se pinça la lèvre, hésitant à ajouter quelque chose pour tempérer ses propos précédents. Mais Noah s'était déjà repris et continua : "De toute évidence, tu t'es déjà fait ta propre opinion de moi. Mais je comprends parfaitement. Tes craintes et, le fait que tu n'es plus confiance en moi. Et j'en conviens, rien de ce que je pourrais dire ou faire, n'y changera quoi que ce soit. Mais si tu penses réellement que je suis naïf au point d'espérer qu'un simple désolé suffira, alors tu te trompes Joanne. La vérité, c'est que ce qui s'est passé entre nous m'a mis extrêmement mal à l'aise à l'époque. J'étais dans une période compliquée de ma vie et, j'avais peur de ce qui pourrait se passer entre nous si je reprenais contact avec toi. Je n'étais pas sûr d'avoir envie que ça se passe, tu comprends? Alors, oui j'ai été lâche et égoïste, probablement une vraie tête à claque. Mais ce gars-là n'existe plus Joanne. J'ai changé, mûri" Cette fois-ci, ce fut à son tour de ne pas savoir quoi répondre. Elle détourna les yeux pendant quelques secondes. Heureusement qu'ils étaient au milieu d'un café, et que Lucy était là, sinon, elle se serait déjà écroulée, en pleurs, avec comme seul espoir celui qu'il la prenne enfin dans ses bras. Il lui avait tellement manqué... Et il réapparaissait alors qu'elle n'avait plus aucune place à lui accorder dans sa vie. Il ne comprenait pas, à quel point elle l'avait attendu, toute sa vie, mais encore plus ces quatre dernières années. Il ne pouvait pas savoir qu'à chaque fois qu'elle posait les yeux sur sa fille, elle ne voyait que lui et devait vivre avec son fantôme et rongée par les regrets et les questions sans réponse. Elle aurait voulu tout lui dire mais ça serait remettre à nouveau sa vie entre ses mains. Et Noah avait raison sur une chose : elle n'était pas prête à lui faire confiance à nouveau. Finalement, elle le fixa à nouveau pour lui demander simplement : "Qu'est-ce que tu veux, Noah ?"

Joanne avait cessé, depuis de longs mois déjà, d'espérer quoi que ce soit quand il s'agissait de Noah. Aussi ne fut-elle pas surprise lorsqu'il commença avec un soupir : "Je n'en sais rien Joanne" Elle ne pensait pas qu'il continuerait, elle fut donc légèrement surprise de l'entendre poursuivre : "Je n'en ai pas la moindre idée. J'aimerais te dire que je suis désolé et, que je vais me battre pour te récupé... enfin pour reconstruire notre amitié, mais tu as visiblement mieux à faire et, tu as parfaitement raison. C'est sur ce genre de choses qu'il te faut te focaliser. Moi, je n'en ai jamais vraiment valu la peine de toute façon et, je suis heureux que tu sois ENFIN passée à autre chose. C'était mieux pour toi, je n'ai jamais fait guère mieux que te faire souffrir de toute façon. Alors, pour être tout à fait honnête, tout ce dont je sois sûr à l'heure actuelle c'est que je suis content de te revoir, de te savoir heureuse et épanouie. Et bien évidemment c'est indéniable que tu m'as énormément manqué aussi" Elle le fixa, incertaine. Elle aurait voulu lui rire au nez et lui dire d'ouvrir les yeux. Tout ce qu'elle s'était efforcée de construire, cette petite vie apparemment parfaite dans laquelle elle tentait de vivre n'était qu'un pauvre substitut à ce qu'elle voulait véritablement : lui. Noah Coolidge, d'aussi loin qu'elle se souvienne. Elle s'était toujours imaginée heureuse et épanouie avec lui et elle avait cru que ses rêves s'exauçaient l'espace de ces quelques heures qu'elle avait pu passer dans ses bras. Elle aurait voulu que Neil fasse battre son coeur comme Noah avait été capable de le faire, parce qu'il était tout ce qu'elle aurait pu désirer, pour elle comme pour sa fille. Et il était trop tard pour faire marche arrière et sauter dans les bras de cet homme qui l'avait repoussée, encore et encore. Lucy devait avoir un père, une famille, de la stabilité. Neil offrait tout cela, pas Noah... "Je ne peux rien te promettre, Noah..." se décida-t-elle finalement à lui dire. Puis elle s'entendit ajouter, dans un souffle, comme si elle s'excusait : "Je vais me marier."

La réaction de Noah ne se fit pas attendre ; on aurait dit qu'il venait de se prendre un coup de poing dans le ventre. Joanne connaissait parfaitement cette sensation et elle se demanda aussitôt pourquoi elle lui avait fait cet aveu. Parfois, elle s'était imaginée jubiler à l'idée de le voir souffrir, comprendre ne serait-ce qu'un millième de ce qu'elle avait vécu. Mais elle n'avait pas pu plus se tromper, et c'est le cœur serré qu'elle l'entendit demander : "Te marier ?" Elle se contenta de hocher la tête pour lui confirmer la nouvelle. Elle le fixa pendant les longues secondes durant lesquelles il encaissa la nouvelle, mal à l'aise. La jeune femme ne savait pas quoi dire ou faire. Finalement, Noah souffla un simple : "Félicitations" Elle ne répondit rien et le sourire qu'elle tenta de lui adresser se transforma en une légère moue. Et puis l'Anglais poursuivit en demandant : "Tu... vous avez arrêté une date?" Oh oui, tout était planifié : le dix septembre, dans une demeure près de Bordeaux. La vue était magnifique, de quoi combler ses rêves de gamine - elle avait même droit au prince charmant en prime. La date lui parut soudainement horriblement proche. Elle fit un pas vers Noah tout en balbutiant : "Je..." C'est alors qu'il s'écria soudainement : "La ferme !" Elle avait oublié ce que cela faisait, que de se prendre des insultes qui sortaient de nulle part. Curieusement Nataniele ne lui avait pas manqué une seconde. Elle cherchait quelque chose à dire lorsqu'il s'écarta en lançant : "Je... Je crois que je vais y aller. C'est... " Joanne se retint tout juste de jurer et le regarda s'éloigner pendant une seconde, se demandant si elle devait le retenir ou pas. Elle connaissait la réponse raisonnable - mais elle avait été raisonnable toute sa vie, non ? Alors, elle attrapa la serviette en papier qu'on lui avait donnée avec son papier, sortit un stylo de son sac et nota rapidement son numéro. Elle attrapa alors Lucy pour la prendre dans ses bras et s'empressa de suivre Noah. Elle remarqua sa silhouette dans la rue et cria son nom, dans l'espoir qu'il s'arrête. Elle pressa le pas pour le rattraper et fourra la serviette dans sa main en lui disant : "Appelle-moi." Elle s'écarta avant de revenir à nouveau vers lui et lui adresser un regard sévère en ajoutant : "Fais-le. Vraiment..." Elle hésita quelques secondes avant de terminer par un : "Il faut qu'on parle." Voilà, désormais il avait à nouveau le contrôle : il pouvait l'appeler, ou non. Disparaître à tout jamais de sa vie ou pas. Elle n'était pas certaine d'apprécier ce dans quoi elle s'était engagée ; tout devenait trop vite compliqué avec Noah. Pour ne pas lui laisser la chance de répondre quoi que ce soit, elle se hâta de se retourner et partir dans le sens inverse pour traverser la rue, Lucy toujours dans les bras.


Dernière édition par Joanne Scott-Thomas le Lun 9 Avr - 12:47, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: You again... ft Noah (& Nataniele)   Dim 4 Mar - 22:20

L'après-midi touchait à sa fin. Ayant passé une journée particulièrement éreintante, je m'étais octroyé le loisir de quitter le travail plus tôt - ce qui était parfaitement possible lorsque l'on était, tout comme moi, son propre patron-, impatient à l'idée de rentrer sur Oxford et profiter enfin de ma maison. En effet, j'avais été tellement accaparé par le label et les affaires de l'entreprise que je copossédais que je n'avais pas eu une minute à moi ces deux dernières semaines. De fait, je n'avais pas pu rentrer à la maison. Fort heureusement, j'avais eu la présence d'esprit d'acquérir un appartement dans le centre de Londres en début d'année, et bien que je pensais au départ à le louer, j'étais désormais ravi de ne pas l'avoir fait. Ainsi pouvais-je trouver confort et repos quand mon emploi du temps ne me permettait pas de rentrer. Ce qui malheureusement avait tendance à se répéter. Quoi qu'il en soit, j'étais sur le point de quitter Londres quand je fus pris d'une envie soudaine de caféine. Il fallait dire que la vitrine du Starbucks Coffee me faisait de l’œil depuis plusieurs jours déjà et, maintenant que j'avais le temps de me poser quelques minutes je n'allais pas laisser passer ça. Toutefois, je demeurais assez pressé et décidais de prendre un café à emporter. Tandis que je me retournais fin prêt à m'en aller, une voix m'interpella. « Noah, qu'est-ce que tu fais ici ? ». Joanne ? Ah ba ça pour une surprise, s'en était une. Et de taille en plus. « Je suis venu chercher un café, comme tu le vois. Aux dernières nouvelles ça n'avait rien d'illégal. Ça me fait... plaisir de te voir. Comment tu vas? » répondis-je en jetant un regard intrigué vers l'adorable petite fille qui se tenait à ses côtés. « Oui, je vais bien et toi ? » répondit-elle d'un ton léger. Elle avait beau essayer de se comporter le plus normalement possible, l'expression de son visage trahissait sa gène. De toute évidence, elle ne s'attendait pas à me croiser et, je doutais alors qu'elle soit ravie de me retrouver. « Tu habites dans le coin? » ajouta-t-elle quelques secondes plus tard, me laissant à peine le temps de répondre à sa première interrogation. « Pas exactement, non. Disons que j'alterne entre Oxford et Londres. Quand mon emploi du temps ne me permet pas de rentrer chez moi, je passe la nuit ici, dans mon appartement. Et toi, tu vis, enfin vous » me corrigeais-je en jetant un regard furtif à la petite fille - qui de toute évidence était la sienne. Je l'avais bien compris, je n'étais pas stupide. Certes la perspective qu'elle puisse avoir une famille et donc un mari me procurait un léger pincement au coeur, mais soit, les choses étaient faites ainsi. « vivez dans le quartier? ». « Maman qui c'est le monsieur » demanda subitement la petite fille, interrompant ainsi Joanne. « C'est Noah » reprit-elle tandis que je jetais un regard attendri vers la petite « un vieil ami. Noah voici ma fille, Lucy ». Et cette révélation me fit l'effet d'un électrochoc. Bien que je m'attendais à cette réponse, bien que j'avais déjà compris, je me sentis pâlir. Il fallait dire que la petite était le portrait craché de sa mère aussi. Exceptés peut-être ses yeux, elle lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Elle était magnifique. Tout simplement magnifique. « Bonjour Lucy » répondis-je contre toute attente « c'est un plaisir de faire ta connaissance » ajoutais-je en lui souriant. Puis et me tournant vers Joanne, je reprenais « Elle est adorable, Joanne. On dirait toi, petite. Quel âge a-t-elle ? » Moi curieux ? Pas le moins du monde... Probablement perturbée par le fait que je découvre qu'elle avait une fille ou préoccupée par quelque chose de totalement différent, elle mit un certain temps à me répondre. Son mal être s'accentuant de seconde en seconde. « Trois ans... et demi » dit-elle enfin. A ces mots, je baissais un semblant la tête, prenant le temps d'y réfléchir. Si mes souvenirs étaient à peu près correctes, Joanne avait eu sa fille moins d'un an après que je sois parti; était-elle de fait enceinte lorsque nous avions ? Je frissonnais à cette pensée, toujours écœuré par ma lâcheté et la regardais se tourner vers sa fille et la presser « Tu as fini, ma puce ? » continua-t-elle sur sa lancée, faisant son maximum pour éviter de me regarder. Si ma compagnie l'ennuyait tant que ça, pensais-je alors, déçu par sa réaction, il lui suffisait de me le dire et de s'en aller « Tu es pressée ? » rétorquais-je alors, faussement amusé. « Qu'est-ce que tu t'imaginais, Noah ? Que tu réapparaitrais et que tout serait comme avant ? Tu es parti, bon sang. Et excuse-moi si je l'ai pas digéré. » répondit-elle du tac au tac, ma dernière remarque l'ayant visiblement irritée. Ce qui était plutôt compréhensible compte tenu du contexte, si on y repensait. La prochaine fois, je n'aurai qu'à tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler. - Ou bien tu pourrais aussi te contenter de la fermer - « Écoutes Nataniele, t'es gentil, mais pas maintenant s'il te plaît ! ». Et tandis que je dialoguais avec moi-même, Joanne attrapa quant à elle la main de la petite et ajouta, plus déterminée que jamais « On s'en va, chérie. ». Il ne m'en fallut pas plus pour reprendre mes esprits, ce pourquoi je m'emparai alors de son avant bras. « Attends ! » ordonnais-je presque, me moquant bien du fait qu'un couple de clients nous observait à ce moment-là « Pour commencer, je ne m'imaginais rien du tout Joanne. Parce qu'en me levant ce matin, je ne m'attendais absolument pas à te voir. Pour être tout à fait honnête, j'évite même de penser à toi » Elle leva les yeux aux ciels, accompagnant son geste d'un long soupir, doublement exaspérée cette fois. - Pauvre andouille - maugréa Nataniele. « Ce n'est pas ce que je voulais dire. Enfin si, mais pas dans ce sens-là. Je sais que j'ai merdé, d'accord, mais... j'étais jeune, paumé et... j'en sais rien. Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? J'ai été égoïste et lâche. J'ai tout bêtement pas pensé à toi. Je suis désolé, Joanne ». Me toisant méchamment du regard, elle secoua véhément la tête avant de se détacher de moi « Tu es désolé ? Mais pour combien de temps, Noah ? Parce que ton problème, comme tu l'as si bien dit, c'est que tu es lâche, et que tu ne penses qu'à toi. Alors, combien de temps avant que je reçoive une autre de tes lettres d'adieu ? J'ai pas envie de revivre ça, c'est tout. » Bam. Electrochoc. Ma mine se décomposa, je crois. D'ailleurs, que voulait-elle que je réponde à ça ? Parce qu'elle avait parfaitement raison, j'avais conscience de ça. « Je...» bafouillais-je, en portant ma main à mon front, subitement incapable de rétorquer quoi que ce soit. « De toute évidence, tu t'es déjà fait ta propre opinion de moi. Mais je comprends parfaitement. Tes craintes et, le fait que tu n'es plus confiance en moi. Et j'en conviens, rien de ce que je pourrais dire ou faire, n'y changera quoi que ce soit. Mais si tu penses réellement que je suis naïf au point d'espérer qu'un simple désolé suffira, alors tu te trompes Joanne. La vérité, c'est que ce qui s'est passé entre nous m'a mis extrêmement mal à l'aise à l'époque. J'étais dans une période compliquée de ma vie et, j'avais peur de ce qui pourrait se passer entre nous si je reprenais contact avec toi. Je n'étais pas sûr d'avoir envie que ça se passe, tu comprends? Alors, oui j'ai été lâche et égoïste, probablement une vraie tête à claque. Mais ce gars-là n'existe plus Joanne. J'ai changé, mûri » Et quand tu seras fin prête à te comporter comme une adulte toi aussi, peut être que nous pourrons enfin en discuter. Non. J'avais bien fait de ne pas énoncer ça, auquel cas elle m'aurait trucidé sur place. Il n'empêche que lui dire que j'étais un autre homme et, continuer de la scruter du coin de l'oeil ne changerait rien à la colère qu'elle avait emmagasiné contre moi. J'étais dans de beaux draps! « Qu'est-ce que tu veux, Noah? » finit-elle par me demander au moyen d'un regard insistant. Si seulement, je le savais. Les choses auraient été tellement plus simples si seulement je l'avais jamais su, maintenant que j'y repensais. « Je n'en sais rien Joanne » répondis-je en soupirant légèrement « Je n'en ai pas la moindre idée. J'aimerais te dire que je suis désolé et, que je vais me battre pour te récupé... enfin pour reconstruire notre amitié, mais » je m'interrompis un instant, posant un regard attendri sur la petite « tu as visiblement mieux à faire et, tu as parfaitement raison. C'est sur ce genre de choses qu'il te faut te focaliser. Moi, je n'en ai jamais vraiment valu la peine de toute façon et, je suis heureux que tu sois ENFIN passée à autre chose. C'était mieux pour toi, je n'ai jamais fait guère mieux que te faire souffrir de toute façon. Alors, pour être tout à fait honnête, tout ce dont je sois sûr à l'heure actuelle c'est que je suis content de te revoir, de te savoir heureuse et épanouie. Et bien évidemment c'est indéniable que tu m'as énormément manqué aussi » soufflais-je, mal à l'aise.

« Je ne peux rien te promettre, Noah... » poursuivit-elle, incertaine. Mais je ne te demande rien, manquais-je de rétorquer, alors qu'elle me coupait la parole, balançant un inaudible et confus : « Je vais me marier ». A ce moment-là, je crois bien que je sentis la terre se fendre sous mes pieds, ou bien était-ce seulement mon cœur qui venait de se briser? Toujours est-il que l'air m'a subitement manqué et, que j'ai dû appuyer ma main sur le dossier d'une chaise pour ne pas tomber. « Te marier? » bafouillais-je, encore sous le choc de cette annonce soudaine. D'un autre côté, ma réaction n'avait aucun sens. Joanne avait déjà fondé une famille, alors sceller son destin au père de sa fille n'était qu'une formalité. Il n'empêche que cette nouvelle m'avait chamboulée. « Félicitations » soufflais-je quelques minutes plus tard, sans vraiment le penser. « Tu... vous avez arrêté une date? » - Pourquoi, tu comptes être invité ? BORDEL NOAH ! Réveille-toi, tu viens de te faire couper l'herbe sous le pied ! Pauvre Gland ! A défaut de passer à autre chose, tu aurais bien mieux fait de reprendre contact avec elle. Regarde où ton orgueil à la con nous a mené. BORDEL ! - « La ferme ! » m'écriais-je alors, sans vraiment le vouloir. Le pire dans toute cette histoire c'est qu'en croyant m'adresser à Nataniele, c'est sur Joanne que j'avais hurlé. -Bien joué- ricana l'autre allumé. « Je... Je crois que je vais y aller. C'est... », mêlant le geste à la parole, je me dirigeais alors vers la sortie, conscient qu'une fois de plus je me comportais comme un lâche en prenant la fuite. Un couple de minutes plus tard, elle cria pourtant mon nom. Bien trop mal à l'aise, je décidai de ne pas répondre, préférant accélérer le pas et, m'en aller. Loin d'elle. Loin de ses projets de mariage, de sa nouvelle vie. Loin de tout ça. Mais c'était sans compter sur la ténacité légendaire de Joanne, qui se lançait déjà à ma poursuite, sa fille dans les bras. Fatigué de fuir, je m'arrêtai alors quelques minutes, la laissant reprendre son souffle tandis qu'elle terminait sa course et se rapprochait de moi. Une fois à ma hauteur, elle me glissa alors un petit bout de papier dans le creux de la main droite. Un « appelle-moi » de circonstances se mêla à ce geste, tandis qu'elle tournait les talons, s'apprêtant à rebrousser chemin. Je restai quelques minutes à observer le bout de papier en question, peu convaincu moi-même que je trouverai le courage de la rappeler.. Mais elle revint subitement vers moi et ajouta « Fais-le. Vraiment... Il faut qu'on parle ». Que l'on parle ? Mais de quoi ? Il y avait tellement de choses sur lesquelles il était inutile de revenir, tellement de non-dits, de problèmes qui existaient entre nous, que je doutais qu'une vaine conversation parvienne à les régler tous. Mais trop tard, elle avait déjà traversé la rue, s'éloignant pour de bon cette fois. Je la regardais donc s'éloigner, impuissant. La balle était dans mon camp.


THE END
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