« Sometimes I don't make sense » • Lia & Emile.

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MessageSujet: « Sometimes I don't make sense » • Lia & Emile.   Sam 3 Mar - 13:12



Lia Logan and Emile Westfield

Assise en tailleur sur un banc de Grantchester Meadows, Heaven observait d’un air las la pluie qui s’abattait sur la ville. Encore.
La brune sentait les petites gouttes dégouliner le long de ses cheveux noués en un chignon lâche, sur les vêtements qu’elle avait soigneusement enfilés le matin même, et même son sac de cours n’avait pas été épargné. Cependant, elle ne faisait rien pour s’abriter et tenter de limiter les dégâts. La brune se fichait bien d’être trempée, à vrai dire : elle était si blasée de constater que la météo n’avait pas changé depuis son départ que se faire mouiller de la tête aux pieds n’était qu’un insignifiant détail dans la vague d’émotions qui l’assaillait. S’il y avait bien une chose qui ne lui avait pas manqué, en Angleterre, c’était bien la pluie. Et de très loin. Les Britanniques avaient beau répété qu’on finissait par s’habituer à ce fait avéré au fil du temps, mais Emile ne partageait pas ce point de vu : les dix-huit ans de sa vie qu’elle avait passé à Oxford, puis à Londres, ne lui avaient pas permis de ne plus soupirer tous les matins en s’apercevant qu’un nouveau jour pluvieux venait de commencer. Absolument pas. La demoiselle avait même été exaspérée de constater que ce phénomène touchait même la ville où elle s’était installée en Septembre. Levant la tête vers le ciel gris, la demoiselle ferma les yeux, la pluie continuant à s’abattre sur Cambridge et sur ses paupières.
Elle était sortie de cours il y a maintenant quinze minutes de cela. Heaven n’avait pas eu le courage de passer par son appartement pour déposer ses affaires de cours, et s’était donc échouée quelque part dans les rues non loin de son université, attendant patiemment son heure. La brune devait retrouver Lia, une de ses amis d’université, au Bar Room Bar dans une poignée de minutes, et elle n’avait rien trouvé de mieux à faire que de s’asseoir sous la pluie sur le premier banc croisant son chemin pour attendre. Elle aurait pu directement aller au bar, oui, mais son cerveau était trop fatigué pour avoir fait ce rapprochement. Trop penser, ce n’était plus dans les capacités mentales d’Heaven. La criminologie allait finir par la tuer, sans mauvais jeu de mots.
Dire qu’elle s’ennuyait ferme, assise là sur son banc à observer la pluie la mouiller jusqu’à l’os, serait peut-être un peu excessif, mais elle n’en était pas loin. Si elle aimait ces moments de calme où elle pouvait réfléchir seule – si c’était encore possible – sans que personne ne vienne la déranger, la demoiselle finissait par compter le nombre de personnes qui passaient devant elle sans la voir pour éviter de s’endormir toute seule. Emile s’amusait les observer, à commenter intérieurement leurs tenues et à essayer de deviner leurs vies, inventant au fil des minutes des scénarios de plus en plus proches des pièces de Shakespeare. C’était un moyen comme un autre de tuer l’ennui, tout du moins, c’est ce qu’elle tentait en vain de se persuader. Heaven n’était pas encore prête à s’avouer qu’elle avait définitivement perdue la raison. Trop dur à admettre !
Décidant qu’il était temps pour elle de mettre les voiles, Emile se mit debout avec difficultés avant de remonter la rue dans laquelle elle se trouvait. Elle aurait pu faire le chemin jusqu’au Bar Room Bar les yeux fermés, tellement elle était habituée d’y aller maintenant, que ce soit pour hanter les lieux, retrouver Lia, d’autres amis ou bien se changer les idées. En l’espace de six mois, Heaven avait posé ses marques, chose qui lui avait demandé plus d’un an et demi à New York. Elle était faite pour vivre en Angleterre, maintenant qu’elle était confrontée à la réalité, elle l’admettait sans plus aucune protestation. Emile soupira, avant de traverser la route, pour finalement pousser la porte du Bar Room Bar, complètement mouillée. Sans hésiter, elle monta la flopée de marches qui s’offrait à elle pour rejoindre le premier étage, où elles s’étaient donné rendez-vous avec Lia, dans une ambiance lumineuse et agréable.
Elle aperçut Lia de loin, puis s’avança vers elle. Non seulement elle s’était ennuyée pendant plus de vingt minutes, mais en plus elle était en retard et complètement trempée (volontairement). Classique.
« Liaaa ! Désolée d’être en retard, la pluie a voulu me tuer et j’étais à sa merci » dit-elle quand elle arriva à sa hauteur.
Elle s’affala sur la chaise à côté de la brune, puis soupira.
Bien entendu, l’excuse était minable. Emile n’avait même pas cherché à trouver quelque chose de plausible pour expliquer son retard. Elle n’allait quand même pas lui dire qu’elle avait été incapable de regarder sa fichue montre tandis qu’elle s’amusait (ou pas) à regarder les gens passer devant elle pour imaginer une succession d’histoires dignes de Roméo et Juliette !
A la réflexion, si, elle aurait pu. Tant pis.
« Ou presque » ajouta-t-elle en fronçant le nez.
Heaven retira sa veste et la posa sur sa chaise, tellement trempée qu’elle aurait pu remplir un verre d’eau en l’essorant. Elle se tourna vers Lia pour poser son regard bleu sur elle, et lui fit un sourire réservé pour les sous-entendus tels que Je-suis-complètement-abrutie-t’as-le-droit-de-me-frapper.
« Tu tiens à ce qu’on puisse sortir en marchant droit d’ici ou pas ? » demanda-t-elle en toute innocence en réfléchissant à ce qu’elle pouvait bien commander.
Au moins, elle posait la question. Lia n’aurait pas à l’accuser de tentation ou de quoi que ce soit !


Dernière édition par H. Emile Westfield le Sam 17 Mar - 18:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Sometimes I don't make sense » • Lia & Emile.   Dim 4 Mar - 7:33

Mais quel temps merveilleux ! Je fais la moue en jetant la couverture qui me couvrait. Je jette un coup d'oeil à mon imposant manuel d'architecture pratique qui vient de s'échouer sur le sol. Bien, réviser sur le canapé avec trois heures de sommeil dans le nez et un cas de flemme aiguë, très mauvaise idée. 17h22. Bien, bien, très bien. Je ne suis pas encore en retard, c'est toujours ça. Néanmoins j'ai perdu un temps considérable. Et s'il y a bien une chose que je n'ai pas en ce moment - à vrai dire, depuis la rentrée, voire l'an dernier - c'est bien du temps, à plus forte raison du temps à perdre. Entre le boulot que je dois fournir pour la fac, qui ne se compte peut-être pas en heures effectives pharaoniques, mais plutôt en heures passées à la bibliothèque universitaire, mon boulot à Londres qui me prend trois à quatre jours par semaine, les va et vient entre mes divers domiciles parentaux, mes cours de tennis, les réunions du comité d'accueil et le peu de vie sociale qu'il me reste... Parfois je me dis que mon hyperactivité est une chance et que je perds ainsi moins de temps à dormir ou paresser que la plupart de mes congénères de l'espèce humaine. Ceci étant, même pour moi, trois heures de sommeil et à peine une de sieste, c'est relativement peu. Il faut que je me remette d'aplomb.

Rompant avec toutes mes règles de vie et mon patriotisme latent, je décide de me faire un café, ne voyant pour une fois pas d'autre moyen de tenir le coup, sans m'user complètement nerveusement. C'est mauvais de compter sur ses nerfs et blabla, mon médecin m'a expliqué cette histoire, mais j'étais captivée par les poissons de son aquarium et n'ai pas écouté un traître mot. J'avale néanmoins consciencieusement mes cachets, avant de filer sous la douche. Quand je sors de là, me sentant clairement revigorée et prête à affronter le monde - et l'heure qui tourne - un regard vers l'extérieur me signifie que je n'aurais pas à faire de grands efforts au niveau capillaire. Aucun intérêt à élaborer une coiffure un tant soit peu sophistiquée avec un temps pareil. La pluie et la météo m'indiffèrent au possible, dans la mesure où ça ne contrecarre pas mes plans. Et le plan, c'est d'être prête assez vite pour ne pas être en retard. Emile ne m'en voudra certainement pas, mais ce n'est pas une raison. J'enfile donc un slim, un top élégant, un gilet, des escarpins, sautille à travers mon appartement pour trouver ma deuxième boucle d'oreille, une dernière vérification, histoire de ne rien oublier d'important, comme un porte-feuille par exemple et me voilà en route.

Je trottine sous la pluie, saute dans un taxi et me félicite d'avoir réussi à courir entre les gouttes. J'aurais peut-être pu faire quelque chose de décent de mes cheveux finalement... Ouais, ne tentons pas le diable. Je m'arrête devant le Bar Room Bar et fonce à l'intérieur, sans prendre le temps de regarder si Emile m'attend dehors. Je fonce vers le deuxième étage, personne. Moi qui me croyait en retard. Je commande une Tequila Sunrise et deux shots du liquide ambré, histoire de tuer le temps comme il se doit et une Emile trempée jusqu'aux os fait son entrée quelques minutes plus tard. Je la regarde avec surprise, elle est vraiment mouillée, comme si elle venait de piquer une tête dans la rivière. Elle se laisse tomber sur la chaise à mes côtés, visiblement exténuée. Je ne comprends pas vraiment pourquoi elle se donne la peine de pondre une excuse qui n'en ai pas vraiment une, mais sa petite mine de chaton mécontent m'arrache un rire cristallin. Je pose mon cocktail de côté, alors qu'elle me demande comment je compte finir la soirée. Avec un sourire en coin, je pousse l'une des teq paf vers elle et rétorque « Pas spécialement. Allez, bois, ça te réchauffera ! » Je lui glisse un clin d'oeil entendu et avale mon propre shot, l'incitant à m'imiter. Bien, voilà une bonne chose de faite. « Alors mon petit, si je comprends bien, ce soir on boit? » Que tout soit bien clair et que je ne lance pas de débat enlevé sur la formation caractéristique des boys band ou les ridicules prénoms que les stars se sentent obligées de donner à leur progéniture.
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